Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRadio France (sur Site radio)· 25 septembre 2026 5 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

Ouverture au public du Mur des noms : "on a fait comme un ouf de soulagement" dit l'historienne Frédérique Neau-Dufour

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut dire ce matin que c'est un vide enfin comblé ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Ce mur des noms, il a suscité tout de même des polémiques, justement sur ce sujet, dès 2017.

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Il n'y a donc pas que des noms de malgré nous privés de sépulture, il y a toutes les autres victimes de la Seconde Guerre mondiale ?

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Ça veut dire que vous incitez les familles, finalement les descendants de victimes de la Seconde Guerre mondiale, à donner des archives ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous espérez qu'il y ait des visites, notamment d'écoliers, de collégiens, de lycéens du Grand Est, dans ce nouveau site de mémoire ?

  • 4:08OuverteRéponse directe

    Il y a encore des actions à mener, selon vous, dans les prochaines années, pour notamment la reconnaissance des Malgré-nous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35InvitéFait
    « on a fait comme un ouf de soulagement hier, parce que cette demande, certes elle a plus de 20 ans, mais je dirais même elle a presque plus de 80 ans »
  • 0:42InvitéFait
    « depuis 1945, tous ceux qui n'avaient pas de sépulture attendaient qu'on ait un endroit où on puisse mettre les noms et un endroit pour se recueillir »
  • 2:12InvitéChiffre
    « Cette base de données, en 2023, elle faisait 38 000 noms, elle en fait aujourd'hui 44 000 »
  • 4:23InvitéFait
    « les prises de position du Président de la République, lors des commémorations de la libération de Strasbourg en 2024 »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur31 %
  • Présentateur 25 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

9h,

0:00
Présentateur

ici matin, 7h45, ici Alsace, on parle ce matin avec votre invitée Sophie, de l'ouverture au grand public d'un nouveau lieu de mémoire pour les victimes alsaciennes de la seconde guerre mondiale. Installée au pied du mémorial d'Alsace-Moselle, le mur des noms a ouvert ses portes hier pour la première fois au grand public à Chirmec. Bonjour Frédéric Nodufour. Bonjour. Vous êtes historienne et responsable de la politique mémorielle du Grand Est. Ce site, c'est une demande depuis plus de 20 ans, notamment des descendants d'incorporés de forces Alsaciens et Mosellans, victimes de la seconde guerre mondiale. Est-ce qu'on peut dire ce matin que c'est un vide enfin comblé

0:35
Invité

? Oui, on a fait comme un ouf de soulagement hier, parce que cette demande, certes elle a plus de 20 ans, mais je dirais même elle a presque plus de 80 ans, puisque depuis 1945, tous ceux qui n'avaient pas de sépulture attendaient qu'on ait un endroit où on puisse mettre les noms et un endroit pour se recueillir. Et je crois que la mission est accomplie. On a rencontré un grand nombre de descendants qui étaient extrêmement émus et qui ont dit maintenant, voilà, on sait où venir et on sait où se recueillir.

1:00
Présentateur

Ce mur des noms, il a suscité tout de même des polémiques, justement sur ce sujet, dès 2017. La question était de savoir mettre ou non les noms des Malgré nous. Il a fallu faire accepter cette idée.

1:12
Invité

Oui, la polémique est

1:13
Locuteur

née

1:13
Invité

du fait que le premier projet rangeait tout ce petit monde par ordre alphabétique, si je puis dire. Et ce qui était un peu problématique, c'est que par les hasards de l'alphabet, on pouvait trouver côte à côte des gens qui étaient à la fois dans la Wehrmacht, incorporés de force, et puis à côté des gens qui avaient été éventuellement tués par cette même Wehrmacht. Et donc ça, visiblement, c'est quelque chose qui n'était pas entendable par les victimes, ce qu'on peut complètement comprendre. Et donc l'idée a été de reprendre le projet et de faire en sorte que tous ces morts qui ont la même place, qui ont la même valeur, il n

1:43
Locuteur

'y a

1:43
Invité

pas de hiérarchie parmi les morts, que tous ces morts puissent avoir leur place, mais qu'on explicite les destins individuels et les raisons de leurs morts. Et à partir du moment où on explique, les choses sont acceptables. Il n'y a donc

1:54
Présentateur

pas que des noms de malgré nous privés de sépulture, il y a toutes les autres victimes de la Seconde Guerre mondiale, Alsaciennes et Mosellanes, déportés juifs et résistants. Ce mur a nécessité un gros travail scientifique.

2:06
Locuteur

C

2:06
Invité

'est un considérable travail scientifique qui a commencé en 2008 pour établir la base de données. Cette base de données, en 2023, elle faisait 38 000 noms, elle en fait aujourd'hui 44 000. Et chaque jour, on entre de nouvelles personnes dans cette base de données, parce que des gens, des descendants de troisième génération, parfois, se rendent compte qu'un hommage n'a jamais été rendu à leurs proches, qui a pu être une victime civile aussi des bombardements, et donc ils nous contactent. Et ensemble, on travaille pour compléter cette liste, mais c'est un travail qui va durer encore des décennies.

2:39
Présentateur

Ça veut dire que vous incitez les familles, finalement les descendants de victimes de la Seconde Guerre mondiale, Alsacienne et Mosellanes, à donner des archives, des documents, finalement rangés peut-être dans un placard, oubliés. Alors je pense aux petits-fils, aux petites-filles de ces victimes.

2:56
Invité

Oui, c'est un travail qui est mené main dans la main avec les descendants. C'est quelque chose d'assez merveilleux d'ailleurs, d'assez émouvant, parce qu'on a eu des vrais contacts avec ces familles, et sans elles, on est aveugles. Nous,

3:06
Locuteur

on

3:06
Invité

ne connaît pas chaque histoire individuelle, on a une vision très globale, et ils nous apportent des renseignements, ils corrigent des données. Donc c'est un travail vraiment de dialogue qui prend du temps, donc il ne

3:15
Locuteur

faut

3:15
Invité

pas que les gens s'affolent.

3:16
Locuteur

Si

3:16
Invité

on ne répond pas tout de suite, on est parfois un peu submergé, mais c'est une submersion pour la bonne cause.

3:21
Présentateur

Ce mur des noms, il vient d'ouvrir pour la première fois au grand public hier à Chirmay. Est-ce que vous espérez qu'il y ait des visites, notamment d'écoliers, de collégiens, de lycéens du Grand Est, dans ce nouveau site de mémoire ?

3:34
Invité

Un des objectifs, c'est que des élèves puissent venir, puissent s'en saisir, et on a déjà commencé à mettre en place des actions de médiation, avec des élèves, avec des artistes, pour qu'ils participent à la construction de cérémonies, pour qu'ils participent à la recherche de noms, à la rédaction de petites biographies. Donc il y a tout un tas de chantiers très différents que l'on peut engager, avec des partenaires comme l'Office national des combattants et des victimes de guerre, avec le rectorat qui est très impliqué, avec les associations mémorielles. Donc c'est tout un tissu qui, à l'échelle de la région, se met en place, oui.

4:08
Présentateur

Il y a encore des actions à mener, selon vous, dans les prochaines années, pour notamment la reconnaissance des Malgré-nous. Ce lieu de mémoire

4:17
Locuteur

en

4:17
Invité

est un ? Il y a encore un gros travail à mener, qui a été entamé, on l'a vu, avec les prises de position du Président de la République, lors des commémorations de la libération de Strasbourg en 2024. Mais il y a encore beaucoup à faire, parce qu'on sent que dans le reste du territoire, cette histoire, elle reste globalement méconnue. Et je pense que ce monument mémoriel, qui est un peu une innovation en termes numériques, peut aussi devenir un exemple qui soit emprunté dans les autres régions. Et à ce titre, ça montre que l'Alsace et la Moselle, elles savent réfléchir différemment et faire un premier pas pour rendre compréhensible et lisible cette mémoire.

Donc j'espère que cette main tendue va être prise dans le reste du territoire. Merci beaucoup

4:55
Présentateur

Frédéric Naudufour d'avoir été en direct avec nous ce matin dans le studio d'ici Alsace. Vous êtes, je le rappelle, historienne et responsable de la politique mémorielle du Grand Est. Merci beaucoup. Merci. Interview que vous réécoutez, si vous en avez envie, sur notre site. Et vous pouvez aussi la partager ici, .fr, page.