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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 26 mai 2023 26 min

TotalEnergies et la crise climatique, ISF vert, sobriété... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Agnès Pannier-Runacher

Bonjour Agnès Pannier-Runacher.

0:05
Présentateur

Bonjour Laurent Sénéchal.

0:06
Agnès Pannier-Runacher

Cette Assemblée Générale ne doit pas avoir lieu. C'est le mot d'ordre des activistes qui sont en train d'essayer de bloquer l'AG, en l'occurrence des actionnaires de Total Energy, avec déjà des perturbations au petit matin des échauffourées avec les forces de l'ordre. Ces ONG, elles appellent à bloquer, empêcher la tenue de l'AG, comme elles l'ont fait d'ailleurs plus tôt dans la semaine pour l'énergéticien Shell. Il faut s'attendre maintenant à voir ce type d'événements, d'actions, d'images, se multipliaient à chaque Assemblée Générale d'énergéticiens ?

0:35
Présentateur

Je crois qu'il faut distinguer la forme et le fond. La forme, c'est des actions qui ne sont pas anticipées, qui ne sont pas annoncées et qui créent du désordre à l'ordre public. Puis le fond, c'est la question que posent ces actions et qui est une très bonne question. Et moi, je le dis très clairement, des entreprises qui sont aujourd'hui positionnées sur le secteur du pétrole ou sur le secteur du gaz doivent se réinventer. Elles doivent sortir des énergies fossiles. C'est ce que nous dit le GIEC, c'est ce que nous dit toute la politique que nous menons pour lutter contre le dérèglement climatique. Et elles n'auront aucun avenir. Et je l'ai dit à Patrick Pouyanné pour Total.

Si elles ne sont pas capables de tracer ces trajectoires de sortie des énergies fossiles et de décarbonation.

1:23
Invité

On va y arriver sur la trajectoire précisément de Total Énergie. Mais sur les actions coup de poing sur la forme, pour vous, c'est légitime comme moyen d'expression ? C'est l'expression légitime d'une exaspération ou c'est de la violence ?

1:36
Présentateur

À partir du moment où la manifestation n'est pas annoncée, on est dans une expression désorganisée. Alors même que des activistes ont posé le débat au sein de l'Assemblée Générale. Et ce débat, il est intéressant. C'est-à-dire que vous avez une résolution qui a été déposée par des activistes. Vous allez avoir un vote sur...

1:55
Agnès Pannier-Runacher

Des activistes actionnaires de Total.

1:57
Présentateur

Tout à fait. Il suffit d'une action.

1:58
Agnès Pannier-Runacher

Très petits actionnaires, oui.

1:59
Présentateur

Vous avez un vote qui va avoir lieu sur la politique climatique de Total. Et c'est dans ce cadre-là que le débat peut avoir lieu. Et qu'effectivement, on peut mettre la pression sur Total. Je ne suis pas sûre que le débat dans la rue, finalement, apporte grand-chose. Là où, effectivement, nous devons avancer. Et nous devons amener les entreprises du gaz et du pétrole à nous dire comment ils vont contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Et je veux le dire ici avec le Président de la République, nous travaillons, en vue de la COP28 et du sommet de Paris, justement à obtenir des engagements des entreprises de ces secteurs-là.

Parce qu'à un moment, il va falloir embarquer toutes les entreprises

2:38
Invité

et tous les pays qui émettent des gaz à effet de serre. Et en ce qui concerne Total Énergie, Patrick Pouyanné vous répond par anticipation, en quelque sorte, chez nos confrères de La Croix hier, en disant qu'il y a une stratégie de 100 gigawatts de renouvelables produits par la compagnie d'ici 2030. C'est une fois et demie la puissance du parc nucléaire français et c'est plus qu'EDF et ENGIE, dit Patrick Pouyanné. C'est un acteur de la transition énergétique, déjà ?

3:00
Présentateur

Alors, Total investi dans les énergies renouvelables, mais l'ancheuse s'est allée plus vite, plus fort et surtout plus rapidement.

3:08
Agnès Pannier-Runacher

Vous n'êtes pas convaincu par la trajectoire de Total ?

3:11
Présentateur

Je pense qu'ils peuvent aller plus vite, plus fort, plus rapidement. Je pense qu'ils doivent mettre le paquet sur les énergies renouvelables. C'est une question absolument essentielle pour la planète, mais c'est aussi une question de survie de l'entreprise.

3:23
Invité

Et arrêter d'investir dans le pétrole en attendant ?

3:26
Présentateur

Là encore, ce sont des trajectoires qui se construisent dans le temps. Nous, nous avons pris notre responsabilité en tant que pays, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, la France a arrêté l'exploitation des hydrocarbures. En France, ça a interdit l'exploitation des hydrocarbures et elle a interdit les subventions aux projets fossiles.

3:43
Agnès Pannier-Runacher

Total doit renoncer, par exemple, à son projet controversé dans le sud de l'Afrique ?

3:48
Présentateur

Alors, sur ces sujets-là, je crois qu'il faut éviter d'être donneur de leçons. Je le dis par rapport à l'Ouganda, plus que par rapport au projet de Total ou qui pourrait être porté par un autre pétrolier. Moi, je le vois bien quand je suis à la COP 27, quand j'étais à la COP 27. Les pays africains, ils nous disent qu'on a besoin de moyens de développement. Et arrêtez de nous donner des leçons, vous, Européens, alors qu'au fond, aujourd'hui, votre bilan en termes d'émissions est moins bon que le nôtre.

Et notre responsabilité en tant que pays européen, et c'est ce que nous faisons aussi avec l'Allemagne, avec le Royaume-Uni, avec même les États-Unis, c'est d'investir dans des pays qui, aujourd'hui, pourraient développer des énergies fossiles pour les amener plutôt à sauter cette phase de développement et aller directement sur les énergies renouvelables ou alors pour les accompagner et les sortir des énergies fossiles. Je donne un exemple. L'Afrique du Sud, c'est 6 milliards d'euros qui sont investis pour sortir l'Afrique du Sud du charbon, dont une partie qui est financée par la France. Ça, c'est très concret et c'est très efficace.

Et c'est comme ça qu'on pourra, effectivement, sortir et créer des chemins de développement pour des pays qui, aujourd'hui, font partie des plus pauvres au monde.

4:58
Agnès Pannier-Runacher

Alors, pour financer la transition écologique, il y a une idée qui a émergé dans le débat et qui est issue, d'ailleurs, d'un proche d'Emmanuel Macron, l'un de ceux qui a écrit son programme économique en 2017, l'économiste Jean Pizani-Ferry. Il plaide, pour taxer les plus hauts revenus, parce que ce sont aussi les plus hauts pollueurs, la création d'une sorte d'ISF écologique. Est-ce que c'est une idée qui pourrait faire son chemin au sein de la majorité ? On a déjà entendu certains députés de l'aile gauche être favorables à cette idée.

5:24
Présentateur

Alors, moi, je voudrais d'abord dire ce que dit le rapport Pizani-Ferry, parce que tout le monde se focalise sur cet élément-là. C'est un rapport de plus d'une centaine de pages qui est particulièrement intéressant et qui nous dit plusieurs choses. La première chose, c'est la marche à franchir est immense dans les dix années qui viennent. Et elle va supposer énormément d'investissements.

5:43
Agnès Pannier-Runacher

66 milliards d'euros supplémentaires par an, c'est le coût estimé par l'économiste de la transition énergétique.

5:48
Présentateur

La deuxième chose, et qui me paraît très importante, c'est que derrière cette transition énergétique, il y a aussi des opportunités économiques. Et moi, je le vois au quotidien dans mon métier. La relance du nucléaire, par exemple, c'est 100 000 recrutements que nous allons réaliser dans les dix années qui viennent. Donc, il faut bien mettre en regard ces deux choses. Il y a à la fois des efforts que nous allons devoir faire, et ces efforts, ils sont dans le court terme. Mais il y a également toutes les opportunités de création d'emplois, de réindustrialisation de notre pays, que nous devons mettre en regard. Et c'est aussi ça qu'il faut mettre en perspective. Ensuite, sur le financement.

Sur le financement, il dit trois choses. Il dit, aujourd'hui, investir, c'est en fait créer de la richesse demain. Et peut-être que cette dette particulière qui est créée au regard de l'investissement dans les énergies vertes, entre autres, et dans la décarbonation, ça doit être regardé d'une manière différente que de la dépense budgétaire classique. Je pense que c'est une idée intéressante. C'est d'ailleurs une idée qu'avait portée le Président de la République au niveau de l'Union européenne. Il dit une deuxième chose, c'est qu'il faut revoir toutes les niches fiscales qui sont en faveur des énergies fossiles. C'est un exercice qu'on va encore faire en 2024, comme on l'a fait en 2023.

On rebalaye... 10 milliards d'euros, il en manque encore 56 par an. Et c'est beaucoup. Les 56 milliards d'euros, ce n'est pas forcément de l'argent public. Ça peut être de l'argent public et de l'argent privé.

7:11
Agnès Pannier-Runacher

Mais est-ce que ça peut être un ISF ? C'est le mot, l'expression...

7:13
Présentateur

Alors ça, c'est le troisième point. Moi, je le redis, nous sommes le pays qui taxons le plus fort, quasiment au monde, les hauts revenus. Et donc, avant de se précipiter, parce que c'est un peu l'effet facile, il n'y a qu'à, il suffit d'augmenter les taxes, je préfère que la France, effectivement, réoriente massivement ces niches, enfin, ces soutiens fiscaux vers la décarbonation... Et encore une fois, ça ne suffit pas. ...il est réduit au niveau... Encore une fois, vous avez un effet d'entraînement sur le secteur privé. Vous savez qu'en règle générale, dans une politique publique, quand on dit qu'on met un euro, ça peut faire x3, x4 au niveau du privé.

Donc, ça peut être assez massif, quand même.

7:51
Agnès Pannier-Runacher

Mais vous n'êtes pas favorable à vos impôts ?

7:53
Présentateur

Je pense que...

7:54
Agnès Pannier-Runacher

Un nouvel impôt...

7:55
Présentateur

Je préfère une France qui soit championne des emplois, ce qui est le cas aujourd'hui, et ce qui est aussi le résultat d'une politique de baisse, des impôts, en particulier sur les entreprises, qu'une France qui soit la championne des impôts.

8:07
Agnès Pannier-Runacher

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, invitée du 8h30, 8h41. C'est le Fil Info avec Maureen Suignard.

8:13
Invité

Elle a été enlevée de force par son père hier matin en Isère. Et il y a une petite fille de 10 ans, n'a toujours pas été retrouvée. L'alerte enlèvement est donc toujours en cours. Les informations, les photos sont sur franceinfo.fr. Plusieurs ONG environnementales veulent bloquer l'Assemblée générale du groupe pétrolier Total Énergie à Paris. Déjà des échauffourées ce matin entre manifestants et forces de l'ordre. Sur le fond, ces entreprises n'auront aucun avenir si elles ne sont pas capables de tracer une trajectoire en dehors des énergies fossiles. C'est ce qu'affirme sur France Info la ministre de la Transition énergétique.

Des vaccins pour protéger les canards de la grippe aviaire et les empêcher de transmettre le virus. Le ministère de l'Agriculture assure que deux vaccins très efficaces ont été trouvés. Les fabricants doivent encore décrocher les autorisations de mise sur le marché. Une esplanade au nom de Bernard Tapie, celle qui mène au Vélodrome à Marseille. C'est le maire qui l'annonce alors que l'OM fête aujourd'hui le 30e anniversaire de son titre en Ligue des Champions. Les supporters le réclamaient notamment depuis la mort de l'ancien dirigeant du club Bernard Tapie. France Info

9:21
Présentateur

Le 8.30 France Info Néhile à la trousse Laurin Sénéchal

9:27
Invité

Toujours avec Agnès Pagné-Hunaché, ministre de la Transition énergétique, on continue à évoquer ce rapport rendu par l'économiste Jean Pisani-Ferry. La transition, dit-il, c'est 85% de financement et 15% de sobriété. Sur ce levier de la sobriété, qu'est-ce qu'il va falloir faire mieux ou différemment pour optimiser à plein les effets de la sobriété ?

9:48
Présentateur

Alors, peut-être rappeler ce qu'est la sobriété. La sobriété, c'est au fond un changement de comportement sans utiliser des technologies, comme le cas de l'efficacité, et qui nous permet d'économiser de l'énergie.

9:58
Invité

Les entreprises, c'est un chacun qui fait un effort.

10:01
Présentateur

Avec le plan sobriété que nous avons lancé avec la Première Ministre l'année dernière, on a économisé, au cours de l'hiver, 12% de gaz et d'électricité au cours de cet hiver.

10:10
Agnès Pannier-Runacher

On a fait, au fond... La température égale, c'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'il a fait plus doux...

10:13
Présentateur

En corrigeant, évidemment, les effets climatiques, parce que ce serait trop facile, l'hiver ayant été assez doux. Donc, on a fait en 30 ans, en 3 mois, ce qu'on n'avait pas fait en 30 ans. Mais on a commencé par ce qui était le plus immédiat. Le plus immédiat, c'est baisser la température à 19 degrés, c'est fermer les éclairages des grands bâtiments la nuit.

10:35
Agnès Pannier-Runacher

Et ce n'est pas le ralentissement de l'économie aussi qui a quand même contribué à cette sonarité ?

10:38
Présentateur

Alors, ce n'est pas ce qu'on voit. Parce que ce qui est très intéressant, c'est que cette baisse de la consommation, elle a été particulièrement marquée dans le secteur tertiaire et dans les résidentiels, c'est-à-dire dans des endroits, dans des bâtiments, où, en réalité, il n'y avait pas un lien direct avec l'activité économique. Et d'ailleurs, vous avez pu le constater, au moment où nous baissions notre consommation d'énergie drastiquement, la croissance était toujours présente dans notre pays. Et deuxième chose intéressante, ça continue.

C'est-à-dire qu'on voit que depuis le début de l'année, nous continuons à baisser, par rapport à ce que nous consommions ces cinq dernières années, notre consommation d'électricité, notre consommation de gaz.

11:15
Agnès Pannier-Runacher

C'est toujours 12% en gros ?

11:17
Présentateur

Non, ce n'est pas dans les mêmes proportions. Parce qu'en fait, là où on avait le plus économisé, c'est sur le chauffage. Et comme on a arrêté de chauffer depuis quelques semaines, effectivement, on voit bien la différence. D'ailleurs, dès qu'il y a un pic de froid, on revoit les effets de correction, de baisse de consommation d'énergie.

11:33
Agnès Pannier-Runacher

Alors, comment on fait pour arriver durablement à 15% ? Quel objectif chiffré par Jean-Pizani Ferry ?

11:38
Présentateur

Alors, moi, je vais lancer un temps 2 de ce plan sobriété. Encore une fois, ce plan sobriété, il fait partie des quatre leviers de notre stratégie énergétique pour atteindre la neutralité carbone. Et ce temps 2, il va adresser le sujet de l'été. Quel comportement devons-nous mettre en place pendant l'été pour économiser l'énergie, notamment être sobre en climatisation ? Deuxième chose, nous aurons un rendez-vous aussi à l'hiver prochain, là encore, pour aller plus loin que ce que nous avons fait.

Il y a notamment deux sujets sur lesquels on n'est pas allé assez loin, sur le court terme, qui sont clairement le numérique, parce que c'est un peu la boîte noire pour tous ceux qui ne sont pas spécialistes, et le carburant. Sur le carburant, il faut qu'on accélère, sur le covoiturage, vous savez qu'on a lancé avec Clément Beaune et Christophe Béchut un plan covoiturage. Il faut qu'on accélère sur le fait d'avoir une conduite éco-conduite, meilleure, plus douce, lever le pied sur les routes. Et c'est nous ce que nous demandons, en tant qu'État, nous demandons aux fonctionnaires, lorsqu'ils sont dans leur cadre professionnel, de lever le pied sur l'autoroute.

12:45
Invité

L'Espanier-Runacher, vous évoquez l'été. Est-ce qu'on va avoir les mêmes images que l'été dernier, où il y avait des brigades qui étaient envoyées pour vérifier, par exemple, que les magasins fermaient bien la porte quand ils climatisaient leurs locaux ? Est-ce que c'est ça aussi la sobriété ?

12:58
Présentateur

La sobriété, c'est ne pas gaspiller de l'énergie de manière choquante. Et beaucoup de Français s'étaient émus de ces images, effectivement, de rues commerçantes où, à la fois, il faisait 19 degrés à l'intérieur des magasins et, en même temps, la porte était grande ouverte sur une rue qui était à 30 degrés. Et je pense que ça, c'est aujourd'hui insupportable. Donc, oui, moi, j'ai pris un décret qui permet de donner tous les moyens aux maires des villes d'intervenir. Je pense qu'il y a un temps de pédagogie. Il faut expliquer, tout le monde n'est pas au courant des décrets. Donc, il s'applique, évidemment, pour l'été prochain. Tout le monde n'est pas au courant des décrets.

Il faut en parler au sein des associations de commerçants et dans les villes. Mais derrière, il faut donner ces leviers de sanctions. Parce que quand vous avez un commerçant qui ne joue pas le jeu, ça donne le sentiment à ceux qui respectent la consigne de fermer les portes, qui sont moins attractifs pour les clients, alors qu'eux, ils font l'effort de fermer leurs portes tandis qu'ils climatisent.

13:59
Invité

Mais pour atteindre l'objectif, pardon, qui est de 10% de consommation énergétique en moins d'ici 2024, est-ce que ça veut dire qu'il faudra faire plus dès cet été et dès cet hiver ? Ou est-ce qu'il faudra faire la même chose ? Est-ce que ce sera les mêmes recommandations ?

14:11
Présentateur

Non, il faut aller plus loin. Il faut évidemment aller plus loin. Et surtout, il faut passer d'une sobriété qu'on construit dans le court terme à une sobriété qui s'ancre dans le long terme. C'est-à-dire que la sobriété, lorsqu'on dit que vous pouvez passer au vélo ou que vous pouvez utiliser les transports en commun, encore faut-il avoir les infrastructures qui permettent de faire du vélo en sécurité, donc des pistes de vélo et des transports en commun. Les changements d'usage, les changements de comportement, ils doivent s'appuyer aussi sur un aménagement de la ville, un aménagement du territoire qui est favorable à la sobriété.

Je dirais qu'il y a quasiment une notion d'éco-conception de nos politiques publiques. Quand on installe un nouveau équipement public, il faut tout de suite penser la manière dont on y accède et s'assurer qu'on y accède avec des transports en commun ou avec une piste de vélo ou avec des moyens de transport qui ne sont pas la voiture. Emprisonner les Français dans la voiture, ce n'est pas une solution. Et donc il y a une responsabilité des collectivités locales et de l'État pour trouver des solutions et faire en sorte que les Français... C'est le prochain levier, moins utiliser la voiture.

15:14
Invité

C'est l'un des leviers principaux.

15:16
Présentateur

Ça va être un des leviers importants. Et moi, je pense que les Français qui aujourd'hui sont obligés d'utiliser leur voiture ont raison de nous dire, très bien, moi je chiche, permettez-moi de décarboner, mettez-moi une voiture électrique pas chère, permettez-moi d'accéder aux transports en commun, des transports en commun fiables et qui desserrent bien l'endroit où je vis.

15:34
Agnès Pannier-Runacher

Il faut aussi adapter les infrastructures énergétiques aux grandes chaleurs. L'EDF a obtenu des dérogations l'été dernier pour rejeter une eau un peu plus chaude dans les cours d'eau. C'est l'eau qui est censée refroidir les centrales électriques. Il y a eu des dérogations. Par exemple, la Garonne, la température avoisine parfois les 28 degrés l'été. EDF vous dit, c'est déjà le niveau maximal défini pour les rejets. Est-ce que ça veut dire que ces dérogations vont devenir la norme ?

15:59
Présentateur

Je pense qu'on va travailler effectivement sur une évolution de ces dérogations. Alors, je vais peut-être préciser certaines choses. L'été dernier, nous avions pris des dérogations. Elles ont été très peu utilisées. Et on parle de dizaines de degrés, pas de 1 ou 2 degrés supplémentaires. Mais effectivement, il y a un travail qui est fait sur l'adaptation de tout notre système énergétique au réchauffement climatique. Les réacteurs nucléaires sont un sujet.

Mais il y a d'autres sujets, notamment tous les investissements que nous allons devoir faire sur le réseau pour mettre en sécurité et avoir des postes de distribution électrique qui soient capables de résister à des montées de température, d'avoir des réseaux de transport qui soient capables de résister à des changements de température rapides et violents. Aujourd'hui, on n'a pas une infrastructure. qui a été construite pour varier entre moins quelques degrés et jusqu'à 40 ou 45 degrés.

16:56
Agnès Pannier-Runacher

Mais si je vous entends, vous allez changer les normes de dérogation, les règles de dérogation aux normes environnementales ? Vous allez changer les niveaux ? Non, ce n'est pas ça que je dis.

17:03
Présentateur

Je dis qu'on est en train de travailler à adapter notre système énergétique au réchauffement climatique.

17:09
Agnès Pannier-Runacher

C'est-à-dire que les centrales se refroidissent de manière plus efficace. C'est ça que vous dites ?

17:14
Présentateur

Tout à fait. Qu'il y a les centrales nucléaires, mais qu'il y a aussi le réseau, qu'il y a aussi l'éolien marin. On est en train de regarder est-ce que le réchauffement climatique, est-ce que nous savons aujourd'hui du climat et du changement du climat, et de nature à diminuer l'efficacité des éoliennes marines. Et pour ce qui est des centrales nucléaires, c'est EDF qui va faire des investissements ?

17:32
Agnès Pannier-Runacher

Pour que ces centrales se refroidissent de manière plus efficace ? C'est EDF qui paiera ?

17:37
Présentateur

Vous savez, une entreprise qui est la propriété de l'État à 100% et qui est son bras armé stratégique, à la fin, c'est l'État qui paie.

17:45
Agnès Pannier-Runacher

Bientôt à 100%, c'est une question de jour, c'est le 8 juin.

17:47
Présentateur

Exactement.

17:48
Agnès Pannier-Runacher

Ça changera quoi concrètement d'ailleurs ? Quelques pourcents en plus pour l'État ?

17:52
Présentateur

C'est le fait effectivement d'être l'actionnaire principal et de donner le sens de la stratégie et d'avoir une stratégie de long terme. Parfois, lorsqu'on a des minoritaires qui sont plutôt intéressés par le court terme, il peut avoir de l'attention. Là, c'est l'État stratège. C'est l'État stratège à la tête d'un EDF qui doit être notre bras armé énergétique.

18:15
Agnès Pannier-Runacher

Agnès Pannier-Runacher, vous restez avec nous, invitée du 8.30. Il est 9h moins 10, c'est l'heure du fil d'info avec Maureen Suignard.

18:20
Invité

Casino a 4 mois pour négocier avec ses créanciers. Procédure engagée alors que le distributeur est endetté à hauteur de plus de 6 milliards d'euros. Casino qui annonce aussi céder un nombre significatif de magasins au groupe Intermarché, sans plus de précision pour le moment. La plateforme sera mise en place en juillet pour les usagers des RER et des Transiliens qui ont un abonnement pour qu'ils soient indemnisés. Les usagers des Transports parisiens pourront recevoir entre 10 et 91 euros après les grèves qui ont touché le réseau dans la région parisienne. Il avait pris les armes pour défendre Donald Trump et diriger des troupes pour tenter de prendre le capitole d'assaut.

C'était en janvier 2021. Stuart Rod, figure de l'extrême droite américaine, est condamné à 18 ans de prison. Il dit être un prisonnier politique. C'est la condamnation la plus lourde prononcée dans cette affaire. L'exploit de Lucas Pouille, le français de 29 ans, passe les qualifications et gagne sa place pour le grand tableau de Roland-Garros, lui qui est sorti d'une dépression et est tombé au 670e rang mondial. France Info

19:30
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Lorrain Sénéchal.

19:36
Invité

Avec Agnès Tannier-Vunaché, ministre de la Transition énergétique. Il y a quelques instants, on me dit qu'il va falloir adapter les infrastructures énergétiques électriques en l'espèce de la France pour résister aux vagues de chaleur. Est-ce qu'il est encore possible d'avoir une électricité peu chère quand on demande à EDF de relever le défi environnemental, de construire de nouvelles centrales, et avec aussi la fin programmée de ces quotas d'électricité peu chères, l'arène prévue pour l'après 2025 ? Est-ce qu'il faut faire le deuil d'une électricité pas chère en France ?

20:07
Présentateur

Alors, je pense au contraire que ce que nous sommes en train de faire, c'est-à-dire de développer des nouvelles capacités de production qui aujourd'hui permettent de produire de l'électricité à un prix qui est inférieur à celui sur les marchés internationaux. Des éoliennes marines, on vient d'accorder, enfin de signer un appel d'offres, en dessous de 50 euros du mégawatt-heure. C'est une action qui est favorable pour le pouvoir d'achat, favorable pour la compétitivité des entreprises, et favorable pour la planète.

Donc nous avons intérêt à développer le plus rapidement possible des capacités de production qui sont compétitives, c'est les énergies renouvelables, et demain ça sera le nucléaire.

20:46
Invité

Mais il y a quand même un mur d'investissement à court terme, avec aussi une demande qui est faite à EDF de produire de plus en plus, parce que, notamment, électrification du marché de l'automobile.

20:55
Présentateur

Tout à fait, mais aujourd'hui EDF a une réserve de production sur la base de ces réacteurs existants qui est considérable. Et sur le marché automobile, je veux dire aussi que derrière, c'est des créations d'emplois. Je vais inaugurer mardi prochain la première gigafactory de batteries électriques avec Bruno Le Maire et Roland Lescure. C'est à 20 minutes de chez moi en plus, donc j'en suis particulièrement fière. C'est un projet sur lequel j'ai travaillé d'arrache-pied dans le Pas-de-Calais, tout à fait, d'ouvrin Billy Berclot. J'ai travaillé d'arrache-pied pendant plusieurs années, et c'est une très grande fierté de voir cette gigafactory. C'est 2000 emplois à terme, 2000 emplois à terme.

21:33
Agnès Pannier-Runacher

Mais est-ce que ça compensera les suppressions d'emplois que vont entraîner la fin du moteur thermique en Europe pour les voitures neuves en 2035 ?

21:40
Présentateur

C'est l'objectif, et vous voyez qu'on a anticipé. Quand on s'est saisi de ce sujet-là avec Bruno Le Maire en 2018, tout le monde nous riait au nez. Tout le monde nous expliquait, il n'est pas possible de construire des batteries électriques en France. Le marché est aujourd'hui totalement dominé par la Chine, la Corée et le Japon. Vous n'y arriverez pas. La réalité, c'est qu'on est en train d'y arriver. On y a mis les moyens, on y a mis beaucoup de discussions avec les constructeurs, et Total d'ailleurs, qui est partie prenante de ce consortium. Et aujourd'hui, on va être en capacité de produire des batteries électriques. On va le faire à Douai, on va le faire à Dunkerque.

Et on a annoncé, le président de la République a annoncé il y a quelques semaines à Dunkerque, un quatrième investissement d'un investisseur taïwanais pour des batteries électriques.

22:29
Invité

Mais ça ne dit pas, est-ce qu'on saura faire de l'électricité pas chère et suffisamment pour répondre à tous ces besoins ?

22:34
Présentateur

Ça, c'est l'enjeu de la loi de programmation énergie-climat. Vous dites vous-même, dans Figaro, il y a un mur énergétique en 2030. Oui, tout à fait. Je le dis et je l'assume parce que ce mur énergétique, on est capable de le passer. On est capable de le passer, mais ça suppose de prendre des décisions courageuses aujourd'hui. Pourquoi produire plus ? Vous demandez à EDF

22:49
Invité

d'aller plus vite dans la remise aussi. C'est deux choses.

22:53
Présentateur

C'est à la fois baisser notre consommation d'énergie, la sobriété, l'efficacité énergétique et notamment la rénovation thermique. C'est mettre le paquet sur ces leviers-là et c'est produire plus d'énergie renouvelable et sur notre parc existant de nucléaire. C'est possible. Et notamment en allant plus vite

23:08
Agnès Pannier-Runacher

sur la maintenance des réacteurs puisqu'on a vu cette idée qu'il y a beaucoup de réacteurs fermés. C'est possible à condition

23:12
Présentateur

d'utiliser tous les leviers. C'est-à-dire que nos oppositions qui nous disent non mais moi je veux bien le faire mais sans les énergies renouvelables. Ça n'existe pas. Moi je veux bien le faire mais sans le nucléaire. Ça n'existe pas. On va falloir que chacun sorte de ses postures et c'est un des enjeux des groupes de travail que j'ai lancés. Vous savez que la Première ministre est très engagée dans la planification écologique qu'elle nous a demandé d'accélérer, d'organiser des concertations, qu'elle est déterminée à avoir un plan pour l'été.

Eh bien par rapport à ça, effectivement, avec les représentants d'un certain nombre de groupes politiques, on met le sujet sur la table, on dit voilà les contraintes, on est capable de le faire, c'est créateur de dizaines de milliers d'emplois mais derrière il va falloir prendre ses responsabilités et sortir des postures contre le nucléaire ou contre le renouvelable.

23:58
Agnès Pannier-Runacher

On a craint les pénuries cet hiver qui ne sont jamais venus. Le pire est à venir nous dit déjà le Qatar en termes d'approvisionnement en pétrole et en gaz en Europe. Est-ce qu'il faut craindre des pénuries l'hiver prochain ? Est-ce que vous vous y préparez déjà ?

24:09
Présentateur

Moi, depuis janvier je me prépare et je prépare avec les énergéticiens français à passer l'hiver prochain. Pourquoi ? Parce qu'il faut renforcer notre résilience par rapport à la consommation d'énergie fossile. C'est très concret, c'est remplir les stocks, le stockage de gaz, c'est préparer, continuer à travailler sur la sobriété, donc la baisse de notre consommation qui a été le levier qui nous a permis très clairement et RTE, notre expert, le dit de passer l'hiver dernier.

24:38
Agnès Pannier-Runacher

Et les températures douces qui nous ont aidés.

24:40
Présentateur

Oui, mais pas seulement. Encore une fois, sachons reconnaître ce qui a été bien fait. RTE nous dit le plan sobriété a permis d'éviter 12 signaux éco-wattes rouges, c'est-à-dire 12 tensions majeures sur le réseau électrique. Nous l'avons fait collectivement avec les grandes entreprises, avec les grandes collectivités locales, avec les administrations et avec les Français et je veux les remercier. Et quand le Qatar dit

25:01
Agnès Pannier-Runacher

le pire est à venir, vous n'y croyez pas ?

25:04
Présentateur

Non, je dis il ne va falloir pas baisser la garde et c'est très exactement ce que nous faisons. J'étais hier en visio avec tous les préfets de région pour préparer notamment l'hiver prochain. Mais je constate que EDF nous indique être en meilleure posture en termes de production électrique nucléaire l'hiver prochain. Je constate que nos stockages de gaz sont plus élevés aujourd'hui qu'il l'était l'hiver dernier. Je constate également que la sobriété se continue et ce sont des signaux qui sont positifs et on va continuer à travailler dans cette direction.

25:35
Agnès Pannier-Runacher

Merci Agnès Pannier-Runacher bonne journée à vous.

25:37
Présentateur

Merci. Merci.