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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 7 avril 2026 2 minAutoproduit

Sans moyens supplémentaires, une justice rapide ne sera jamais équitable - Estelle Mercier

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Depuis le 2 avril 2026, les tribunaux français raisonnent d'un silence inhabituel. Les avocats, robes noires déployées, ont posé leur dossiers et leur plaidoyers. Leur grève, reconductible et massive, n'est pas un simple mouvement de plus.

Elle est le cri d'alarme d'une profession qui voit s'effriter pierre après pierre les fondements d'une justice équitable. La raison, l'examen de la loi sûre au Sénat dès demain et l'instauration d'un PLD des coupables dont l'extension au crime les plus graves soulève de nombreuses questions. Les avocats, soutenus par une partie des magistrats et des associations de défense des droits dénoncent une justice expéditive et une remise en cause du droit un procès équitable avec des audiences qui pourraient se tenir sans témoin ni expert réduites à une demi-journée et où les prévenus, surtout ceux en détention provisoire pourraient être poussés à accepter des peines réduites par nécessité.

Le risque, c'est le déséquilibre entre célérité de la justice et respect des droits des victimes et de la défense. Le risque, c'est que cette réforme pensée sans moyens supplémentaires ne conduise à une justice administrative plutôt qu'à une justice rendue au nom du peuple où l'on gère des flux plutôt que des vies et des destins. [applaudissements] Car le problème, c'est l'état actuel de la justice française et l'insuffisance des moyens humains, les locaux inadaptés et les tribunaux engorgés. sans moyens supplémentaires.

Une justice rapide ne sera jamais une justice digne et équitable. Pour exemple, monsieur le ministre, il y a un an, je vous questionnais sur le projet de cité judiciaire à Nancy que les magistrats avocats et justiciables espèrent depuis des années. Un an plus tard, nous attendons toujours votre réponse.

Faut-il continuer à augmenter les moyens ? La réponse évidemment oui. Et nous devons augmenter nos moyens pour l'ensemble du service public de la justice vis-à-vis des autres pays qui nous entourent.

C'est absolument euh indispensable. Sur l'organisation de la justice criminelle, il y a le projet de loi que je propose pour trouver le bon moyen de pouvoir juger non pas de façon expéditive, mais peut-être deux fois plus rapidement. Si quelqu'un qui aujourd'hui attend 6 ans pour un viol, demain attendra 3 ans, je pense que nous ferons bon office pour la victime qui doit se reconstruire, pour l'accuser qui vit en détention provisoire et pour la société qui attend des réponses.