Jules Torres dénonce un discours aux armées d'Emmanuel Macron qui «n'était que politique»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Contre le sofa, solo divani, de qualité, voilà ! Uniquement des canapés de qualité, vérifiez les conditions au magasin.
Europe 1, Eliott Deval et vous ?
16h19 sur Europe 1, si vous nous rejoignez, nous étions en train de parler juste avant cette courte pause d'Emmanuel Macron. Le patriotisme, oui le nationalisme, jamais ! Voilà l'une des formules qu'il faudra retenir de son dernier discours aux armées ce lundi à Paris. Le chef de l'ATAR a mis en avant ses engagements tenus et s'est dressé contre la tentation du repli nationaliste. Alors est-ce que c'était un message adressé par exemple à Marine Le Pen ? Je pose la question à Jules Torres. Ah oui c'est directement adressé, vous pensez à Marine Le Pen par exemple ?
Je pense que cette mauvaise phrase d'Emmanuel Macron qui a en réalité inspiré de Romain Garry, vous savez la fameuse phrase de Romain Garry, le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres. Donc là je pense qu'Emmanuel Macron a voulu faire un petit peu la même chose et je pense en effet que c'est une attaque assez frontale puisque vous l'avez dit, c'est son dixième discours aux armées, l'année prochaine il ne sera pas là. La favorite de l'élection présidentielle désormais candidate Marine Le Pen est la grande favorite de cette élection.
Et forcément j'y vois un message aux forces armées pour dire que le nationalisme est quelque chose de dangereux, en tout cas c'est ce qu'Emmanuel Macron croit, et que le seul le patriotisme est bon. Moi je pense au contraire que le nationalisme oui, que le patriotisme oui, mais que l'européisme non.
Et c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron, même si, c'est vrai on peut le dire, il a doublé le budget des armées depuis 2017, même s'il se garde bien de dire ce qu'il y a eu les premiers mois, et vous l'avez justement rappelé Elliot, cette passe d'armes avec Pierre Devilliers qui a amené à la démission du chef d'état-major des armées pour une histoire de 250 millions d'euros, parce que c'est quand même de ça qu'on parle. Pierre Devilliers est parti parce qu'Emmanuel Macron demandait aux armées une baisse et une coupe de 250 millions d'euros pour ensuite passer le budget des armées de 27 à 58 milliards en 9 ans. Donc c'est pour ça qu'on ne comprend pas cette genèse.
Et puis ensuite, le grand projet d'Emmanuel Macron, on sait, c'est un projet fédéraliste, un projet de souveraineté européenne, mais je pense qu'il y a bon nombre de personnes au sein des armées, peut-être pas dans les généraux, peut-être pas dans les personnes qui dirigent, mais en tout cas parmi les militaires qui ne croient pas à ce sujet de souveraineté européenne, parce que s'il y a bien une chose qui relève de notre souveraineté nationale, s'il y a bien une chose qui relève du patriotisme et du nationalisme, c'est bien l'armée, c'est bien la dissuasion nucléaire, et c'est bien le sacrifice militaire.
Donc je pense qu'Emmanuel Macron n'a fait que de la politique dans ce discours-là, et que ce n'était certainement pas un discours aux armées.
Selon le dictionnaire Larousse, le nationalisme, qu'est-ce que c'est ? C'est un mouvement politique d'individus qui prennent conscience de former une communauté nationale en raison des liens, la culture, la langue, qui les unissent, et qui peuvent vouloir se doter d'un État souverain. Voilà, jusque-là, je pense que 99% des Français, selon Larousse, sont fédéralistes. La question est évidemment aux auditeurs d'Europe 1, au 01, 80, 20, 39, 21. Elisabeth Assayag, qu'est-ce que vous retenez de ce discours aux armées d'Emmanuel Macron ?
Je trouve ça dommage qu'il oppose, comme disait Jules, le patriotisme avec le nationalisme, parce qu'on pense tous à cette fameuse phrase de Romain Garry. Et finalement, si on pense aux Français, ça sous-estime, ça ne rend plus légitime l'aspiration des Français à une protection identitaire, à des frontières strictes. Et finalement, il assimile, quand il fait cette opposition, il assimile indument, sans raison, ce désir de protection nationale à un nationalisme agressif. Donc je trouve ça dommage, on peut être plus nuancé.
Théorie politique qui affirme la prédominance de l'intérêt national par rapport aux intérêts des classes et des groupes qui constituent la nation ou par rapport aux autres nations de la communauté internationale, c'est aussi l'autre définition. Mais alors, certains pourraient lui répondre, le patriotisme, oui, l'européisme, jamais. Parce qu'au nom de la souveraineté européenne, de l'intérêt, selon lui, de l'Europe, des milliards vont être dépensés, parfois sur des causes, bien que des Français ne jugeraient pas forcément prioritaires. Et ces milliards-là, ils n'iront pas à la santé. Et...