Sexisme, streaming et jeux vidéo : la parole aux joueuses
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
J'étais H Alors oui, nous sommes enregistrés. Très bien. Madame et monsieur les rapporteurs, chers collègues, mesdames, nous poursuivons ce matin nos travaux consacrés à la place des femmes dans l'univers du jeu vidéo.
Après avoir auditionné les syndicats représentatifs du secteur, des chercheuses ainsi que l'association Women in Game, Women in Games France, excusez-moi, nous avons souhaité aujourd'hui donner la parole aux premières concernées, les joueuses et les streameuses elles-mêmes. Par streameuse, j'entends les joueuses qui diffusent en direct des sessions de jeux vidéos sur des plateformes dédiées telles que Twitch ou Steam et interagissent en temps réel avec leur public. Je souhaite la bienvenue à Anna Bressin, référente événementielle Woman in Games France que nous connaissons bien.
Ultia, streameuse professionnelle qui sera en visioonférence. Mama Prica, créatrice de contenu de jeux vidéos sur Twitch, animatrice d'émission et ambassadrice de l'association afrogameuse. Mama Paprika, excusez-moi, j'ai dit quoi ?
Mama Pica ? J'ai résumé, excusez-moi, c'est joli aussi mais Mama Paprika, on comprend mieux pour le coup. [rires] Et Clémence Dunot, journaliste et autrice spécialisée en culture web, jeux vidéo et espsort.
Je vous remercie toutes les quatre pour votre présence parmi nous ce matin et donc oui effectivement nous voyons Ultien. Je vous remercie donc toutes les quatre. Je renouvelle ce remerciement pour votre présence ce matin.
Nous souhaitons partir des réalités vécues, parfois très dures, pour comprendre ce que signifie concrètement être une femme dans les espaces du jeu vidéo et du streaming. Quelles sont les difficultés rencontrées par les femmes dans les communautés de jeu ? En particulier en ligne harcèlement, propos et violence sexiste et sexuell.
Les femmes représentent aujourd'hui la moitié des joueurs de jeux vidéo et elles sont même devenues majoritaires parmi la génération Z des 16 30 ans. Pourtant, cette présence massive ne se traduit ni par la même visibilité, ni par la même reconnaissance, ni par les mêmes opportunités, notamment dans les espaces les plus exposés tels que le streaming. Car le streaming est aujourd'hui devenu un espace de travail, de notoriété et de carrière.
Or, les femmes n'y représentent qu'environ 10 % des streamers dans un marché pourtant en pleine expansion. Cette sous-représentation pose une question fondamentale. Pourquoi alors qu'elle joue autant les femmes sont-elles si peu visibles dans ces espaces ?
La réponse n'est pas à chercher du côté d'un manque d'intérêt, d'ambition ou de compétences. Les femmes qui jouent et plus encore celles qui stream se heurent à une série d'obstacles spécifiques. Une légitimité sans cesse remise en cause, une exposition accrue aux commentaires sexistes, une crédibilité professionnelle plus difficile à établir, un accès plus compliqué aux sponsors, aux opportunités et surtout une violence en ligne qui structure profondément leur trajectoire.
Cette table ronde est importante à plus d'un titre. D'abord parce que le jeu vidéo s'inscrit dans un contexte plus large, celui d'une société où le sexisme et les violences sexistes et sexuelles reste omniprésent. Ensuite, parce que le streaming concentre ses tensions, c'est un espace de visibilité maximale, donc aussi de risque maximal.
Lorsqu'on est une femme, les joueuses et les streameuses font face à un environnement toxique. Un sondage mené par l'iop en mars 2023 montre que 40 % des joueuses déclarent avoir subi des comportements sexistes ou des propos à connotation sexuelle dans leurs échanges en ligne. Une proportion qui s'élève à 66 % chez les joueuses de jeux de combat.
Cela peut aller de remarques sexes jusqu'à des menaces d'agression sexuelle en passant par des propos obsènes ou encore des commentaires à caractère sexuel. Ces expériences ont des effets très concrets sur les trajectoires des femmes puisqu'elles poussent ces dernières à adopter des stratégies d'évitement et de protection pour échapper à des interactions hostiles comme ne pas utiliser la messagerie vocale, contourner certains modes de jeu, rester entre proches ou masquer leur identité de genre. Autrement dit, elles produisent un phénomène massif d'invisibilisation.
Cette invisibilisation a un coût immense. Moins de présence dans les scènes publiques, donc moins d'opportunités et de reconnaissance et par conséquent moins de carrière possible. Parfois, ces environnements toxiques conduisent au pire.
Je pense bien sûr à ce que vous avez vécu, Ultia, après avoir dénoncé des propos sexistes et misogynes tenus lors du Z Event de 2021, vous avez subi des raides de haine d'une ampleur exceptionnelle, des dizaines de milliers de messages d'insultes, de menaces, de harcèlement. Votre expérience est malheureusement loin d'être un cas isolé. Les premières condamnations ne sont intervenues qu'en 2025 et encore elles n'ont concerné que trois personnes, ce qui paraît profondément choquant.
Des outils existent bien sûr, le digital service act au niveau européen et la loi Senine en France qui impose des obligations nouvelles aux plateformes constituent des avancées importantes. Mais une question demeure. Ces outils sont-ils aujourd'hui à la hauteur de la réalité vécue ?
Depuis que nous menons nos auditions, beaucoup de témoignages, beaucoup de données objectives nous invitent à en douter. La question est donc celle de l'effectivité des règles de droit face au sentiment d'impunité que procure encore trop souvent le pseudo anonymat. Simplicité et rapidité des signalements, visibilité des sanctions qui doivent être suffisamment dissuasives, protection réelle des victimes et responsabilité concrètes des plateformes dans l'organisation et la modération de ces espaces.
Face à l'ensemble des sujets évoqués, votre présence aujourd'hui est donc précieuse pour nous permettre de mieux comprendre cette réalité et pour nous aider à identifier des leviers d'action concrets en matière de formation, de prévention, de modération, de responsabilisation des acteurs, mais aussi d'accompagnement et de sécurisation des carrières. Au fond, la question qui nous est posée est simple. Comment faire en sorte que pour les femmes, jouer, streamer, être visible, créer du contenu et réussir à en vivre ne soit pas plus coûteux, plus risqué et plus épuisant que pour les hommes ?
Pour répondre à cette question, je me tourne donc vers nos quatre invités. Avant de vous céder la parole, je tiens à préciser que cette audition fait l'objet d'une captation audiovisuelle en vue de sa retransmission en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sénat. Je laisse dans un premier temps la parole à Anna Bressan pour une présentation générale et une mise en perspective du sujet.
À vous Anna. Madame la présidente, madames et monsieurs les rapporteurs, mesdames et messieurs, les sénateurs et sénatrices, merci pour votre invitation une nouvelle fois. Je vais vous proposer, comme vous l'avez dit, un état des lieux du streaming et de la création de contenu en France, en particulier sur les plateformes Twitch et YouTube avec un objectif clair.
Expliquer ce que c'est, comment ça fonctionne et surtout pourquoi ce secteur reste loin d'être paritaire à tous les niveaux. En détaillant les freins spécifiques, ce qui pèse sur les femmes et je structurerai mon propos en citant. En premier, une définition du streaming et de sa place centrale dans le jeu vidéo.
En second, les usages et la logique de la communauté. En 3è, la description de l'économie et le métier. 4è point, présentation du tunnel de parité où la parité se perd étape par étape. 5e, le cadre de modération et les limites de l'effectivité.
Et enfin, je terminerai par le harcèlement, la santé mentale, le phénomène des relations parasociales et le changement culturel. Alors, je vais vous demander peut-être de passer les slides. Merci.
Alors, commençons par la définition du streaming. Quand on parle du streaming, on mélange souvent deux réalités. D'une part, la vidéo à la demande, donc ce qu'on va appeler VOD.
Regarder un contenu quand on veut, par exemple des vidéos sur YouTube hors direct, c'est important. des replays, par exemple, des bestof, des documentaires. D'autre part, vous allez avoir la diffusion en direct, ce qu'on va appeler le live, notamment sur Twitch, mais aussi sur une partie un peu plus spécifique de YouTube, ce qu'on va appeler YouTube Live.
La spécificité du live, c'est l'interaction en temps réel via le chat. C'est un média hybride réunissant divertissement, conversation et surtout façonnant la communauté. Pourquoi le streaming est indissociable du jeu vidéo ?
Le jeu vidéo est un outil culturel et social. On joue, on regarde jouer, on apprend, on discute, on commente une mise à jour, un tournoi, une sortie. Le streaming est devenu un outil de découverte de jeux, un média de communauté et un moteur d'engagement pour l'ort et les jeux services.
Sur Twitch, les contenus les plus regardés restent très structurés par le jeu vidéo. Par exemple, comme on a pu l'aborder rapidement avec le rapporteur Adelsian, il y a énormément de personnes qui s'intéressent donc aux jeux comme le jeu GTA GTA V dont on attend aussi prochainement la sortie. League of Legends Valorant et par des formats conversationnels plus classiques comme le format judge chatting, c'est-à-dire des lives surtout dédiés à l'échange et à la discussion avec des communautés.
Un format qui et bien fidélise grandement. Merci. Maintenant, on va passer à la partie des ugages.
L'arrcomure que 70 % des Français de plus de 15 ans et plus consomme des vidéos sur les réseaux sociaux, plateformes et peu de partage. Et surtout, YouTube occupe une place immense. L'ARCOM indique 47 % des usages sont au moins hebdomadaires.
Côté audience, des chiffres récents relayés par une étude médiamétrique datant d'octobre 2025 évoque 43 millions de personnes de plus de 15 ans ayant regardé YouTube sur le mois de septembre, y compris sur les TV connectées. Et c'est une précision qui est importante car la télévision connectée est aujourd'hui le premier support de consommation de YouTube aux États-Unis et le second en France où il progresse très rapidement. Toujours dans le baromètre de l'ARCOM, quand on quand on isole les usages live, le format React en direct représente 15 % des consommations pour les Français.
D'autres contenus live représentent quant à eux 19 % de la part de consommation des Français. Donc même si tout le monde ne regarde pas Twitch, chaque jour, le format live est désormais intégré aux habitudes de consommation et de sociabilisation numérique. Maintenant pour la partie rôle model et là on va commencer à entrer dans le sujet de la place des femmes.
Des figures qui deviennent des rôles modèles pour la jeunesse. Le streaming fabrique des figures qui deviennent donc des rôles models pour une grande partie de cette jeunesse, parfois avec un impact comparable voire supérieur à des à des animateurs de médias traditionnels du fait de la proximité, la régularité et la présence quotidienne. Néanmoins, un point essentiel et souvent mal compris, c'est que ce mestier est structurellement dépendant des plateformes et des réseaux sociaux.
La trajectoire d'un créateur ou d'une créatrice repose sur des règles qui ne lui appartiennent pas. Des règles de monétisation, des règles de visibilité, des règles de modération et des changements de politique parfois rapides et unilatéraux. Cette dépendance pousse à devenir multiplateforme, c'est-à-dire à multiplier non seulement les plateformes, mais aussi les formats live, VOD, format cours, extrait sur les réseaux, non pas par effet de mode, mais par effet de survie.
Si une plateforme change ses règles, perd en audience ou fragilise un compte, c'est toute l'activité qui peutiller et cette multiplateformisation peut consulter pardon constituer un frein plus fort pour les femmes de façon très concrète. D'abord, les espaces d'exposition d'avantage de points d'entrée pour les messages sexualisés, intrusifs, les attaques coordonnées, donc davantage de charge, de protection et de modération. Ensuite, elle suppose une charge de travail continue : produire, monter, publier, animer la communauté, gérer les partenariats.
Or, cette exigence de régularité déterminante pour les algorithmes se combine souvent avec des contraintes supplémentaires, une prudence accrue sur l'exposition personnelle, accès plus inégal aux réseaux sociaux et parfois une responsabilité familiale. Cette dépendance rend les créatrices plus vulnérables au risque de sanction ou de déférencement. Une vague de signalement abusif, une controverse, une erreur ou un changement de règles peut faire chuter la visibilité du jour au au lendemain.
Or, quand on est déjà en situation minoritaire dans l'accès aux audiences et aux revenus, ces chocs ne sont pas difficiles à amortir, ils n'en sont que un filet économique encore plus difficile à anticiper, ayant moins d'intermédiaire et un coût de reconstruction de communauté beaucoup plus élevé. Il y a également, on peut revenir à la slide précédente, pardon, je terminer le point. Il y a également dans cet écosystème un développement des agences de talent.
Les agences de talent se structurent par ce que l'écosystème s'est professionnalisé. Négociation de contrat, protection juridique, médiation avec les marques, organisation de tournage, gestion de crise. Elles peuvent être protectrices, encadré, sécuriser, négocier, soutenir, mais elles peuvent aussi accroître la symétrie si elles accentuent la course à la performance et à la dépendance de la plateforme.
Et on y arrive à ce fameux tunnel de parité que j'ai pu citer en amont. Pour expliquer pourquoi le streaming n'est pas paritaire à tous les niveaux, il faut raisonner comme un tunnel. La parité se perd étape par étape.
À l'entrée, vous avez une part du public qui est quasi paritaire. 49 % des femmes qui sont joueuses et qui regardent des contenus. Pourtant, elles sont moins nombreuses à se lancer dans le streaming car le coût d'exposition et le risque de violence pour les raisons précédemment citées, y sont beaucoup plus élevés.
Parmi elles, celles qui persévèrent sont encore moins à atteindre et à maintenir une régularité dû à la charge des multiplateformes, la pridence par l'exposition et les mesures de protection qui consomment énormément de temps et d'énergie. Enfin, quand elles arrivent au sommet de la pyramide, l'écart est documenté selon Streamet qui indique qu'en 2023, les femmes ne représentaient qu'environ 10 % des top 1000 des plus grands streamers sur Twitch. Et pour ce qui est de la question de la pérennité, elles sont davantage susceptibles de faire des pauses ou de s'arrêter ou de s'autocensurer car l'addition pression plus attaque plus solitude pèse plus lourd.
Le point important, on peut avoir une audience diverse et un vivier large sans que cela traduise une égalité de conditions et même une égalité d'accès à la visibilité. Sur YouTube, des rapports d'impact économique sertent d'indicateur de filière sur l'écosystème qui est devenu donc une industrie avec des emplois directs et indirects autour de la création de contenu comme l'illustre ce chiffre de 24000 emplois liés à l'écosystème en France. Je vais continuer en poursuivant sur une synthèse.
Les freins ne sont donc pas seulement culturels, ils sont structurels. Une exposition accrue aux violences, un surcoup dû à la modération et la protection, des biais de perception avec cet éternel refrain sur les compétences qui sont dues à notre genre. Un accès inégal au réseau, au sponsoring et à l'accompagnement.
En France, les affaires médiatisées autour du cyberassement de streameuse illustrent concrètement ce que signifie en coup humain professionnel et en autocensure, les difficultés pour les femmes et les analyses institutionnelles sur les violences sexistes dans le numérique document ce mécanisme d'éviction et de découragement. Et j'anticipe votre question. Avons-nous des chiffres qui vont pouvoir nous indiquer la répartition homme-femme ?
Et c'est ici qu'on touche une limite majeure pour l'action publique. Les données des revenus sont rarement disponibles de façon transparente, comparable et ventilé notamment par genre et par pays. On sait que la distribution des revenus dans le streaming est très concentrée.
Une minorité capte l'essentiel des gains tandis que la majorité est complète avec d'autres emplois. Mais surtout, il faut se le dire clairement, on ne vit généralement pas du streaming au sens strict. Pour beaucoup de créateurs et de créatrices, on ne vit qu'à partir finalement de ces revenus de collaboration, de sponsoring dû au partenariat de marque, aux opérations spéciales, au placement, au contrat d'ambassadeur et j'en passe.
Or, cette économie hors plateforme est encore moins documentée et la ventilation homme-femme en France est difficile à objectiver publiquement sans accès à des données structurées. C'est typiquement un sujet où le DSA via ses obligations de transparence peut aider à améliorer le pilotage public avec une meilleure visibilité sur les systèmes et procédures et pour les grandes plateformes des informations plus structurées sur le fonctionnement du service ce qui pourrait à terme éclairer les conditions de monétisation et les éventuels écarts. Pour la seconde slide, je vais parler très rapidement de la modération.
Il me semble que vous avez auditionné récemment euh bien la ARCOM. Donc au niveau des obligations légales, quelles sont-elles ? Quelles sont les lois qui s'appliquent ?
Celles que nous connaissons ? le droit français historique, la LC, le droit européen donc le DSA, vous l'avez précédemment cité madame la sénatrice. Et pour aller plus en en profondeur sur la loi française récemment nommée SEN promulgué donc le 21 mai 2024, elle s'inscrit dans ce mouvement qui désigne l'Arcominateur national du DSA et renforce aussi l'arsenal contre les cyberviolences. sur le plan pénal, le harcèlement, y compris en meute comprenant donc les raides numériques est incriminé avec notamment la possibilité de suspension bannissement des comptes comme peine complémentaire avec des durées pouvant aller jusqu'à plusieurs mois et davantage en cas de récidive.
Ce dispositif explicitement vise explicitement à frapper les harceleurs sur leur caisses de résonance numérique. Mais dans la pratique, les attaques sont souvent coordonnées hors plateforme via des multicomptes et circulent entre Twitch, YouTube, TikTok, Instagram, Discord et bien d'autres. Et la viralité d'un extrait peut multiplier l'exposition d'une créatrice.
C'est pourquoi une approche par plateforme ne suffit pas. Il faut une approche écosystémique comprenant le flux d'audience, de circulation de contenu et les coordinations des attaques. Les plateformes ont donc des outils de silanement, mais sont-elles pour autant efficaces ? pouvons être vite dépassé par le signalement, le blocage, le bannissement, des filtres automatiques de modération humain.
Tous ces cas de figure existent mais l'efficacité se mesure à trois choses : la vitesse de traitement, la capacité à empêcher la récidive, la protection réelle des victimes. Et pour ce dernier point, l'épuisement dû aux procédures rend l'opération bien plus compliquée. Or, l'actualité desa montre que l'Union européenne juge parfois ses mécanismes insuffisants.
Des médias ont rapporté des accusations de manquement à des obligations de transparence et des mécanismes efficaces sur certaines plateformes. Ce point est crucial. La modération n'est pas un outil, c'est une politique industrielle avec des ressources, des objectifs et des arbitrages.
J'arrive à ma dernière partie. celle centrée sur la santé mentale. Comment protéger les streameuses dans un métier qui devient déjà solitaire ?
C'est très paradoxal. On est en public en permanence mais souvent seul devant sa caméra avec une pression continue de performance, d'algorithme et de monétisation. Face au harcèlement, cela peut produire comme effet de l'hypervigilance, un épuisement, un isolement de l'autocensure et parfois donc un arrêt d'activité.
Sur les risques numériques, l'ARCOM documente l'exposition des mineurs au risque en ligne, ce qui éclaire aussi la normalisation des comportements toxiques et la nécessité d'une prévention large. De nombreux acteurs de de terrain document l'ampleur des cyberviolences et l'importance de dispositifs d'aide et de signalement. Concrètement, protéger la santé mentale des streameuses aujourd'hui, c'est soutenir la modération. via de la formation, des moyens et de la coordination.
Encourager des procédures victimes friendly, je m'explique, prendre en charge et bien un allègement ou en tout cas une réduction de la lourdeur administrative qui je vous l'ai expliqué peut encore une nouvelle fois être perçu comme un frein. Également renforcer la lutte contre le doxing et la récidive. Le harcèlement numérique se traduit bien souvent.
Malheureusement on a un harcèlement réel. et valoriser enfin des relais collectifs de syndicat, d'associations avec un accompagnement juridique et psychologique. Le streaming intensifie donc les relations aussi parasociales, ce sentiment de proximité, de relation alors qu'un lien le lien est unilatéral.
Ce n'est pas nouveau dans les métiers de l'image, mais la régularisation, pardon, la régularité et l'interaction en direct rendre le phénomène plus puissant. Des travaux académiques sur les relations parasociales avec les youtubeurs existent et des associations de protection des public notamment des jeunes alertent sur les dérives possibles de l'attachement à des idoles numériques. Le phénomène touche particulièrement les créatrices car elles sont plus souvent sexualisées et assignées à une disponibilité émotionnelle.
Cela se traduit par des demandes d'attention, des crises de jalousie, des intrusions et une pression affective accrue. Et enfin, avantdernière slide, c'est un point fondamental. La sexualisation et l'objectification ne sont pas une dérive marginale.
Ce sont des normes culturelles et persistantes. Dans le streaming, elles se traduisent par des commentaires sur le corps, des soupçons de légitimité, un double standard moral et une instrumentalisation de la visibilité. Changer le regard social exige des mesures claires de la part du public avec des messages forts, une tolérance zéro sur les violences et la banalisation sexiste, une responsabilisation des plateformes via les dynamiques qu'elles peuvent amplifier et un soutien à la visibilité des rôles modiels diversifiés.
Et pour conclure, le streaming est donc devenu un média de masse structuré par le jeu vidéo qui produit des communautés et des métiers et une économie réelle. Mais la parité ne se joue pas seulement dans les publics, elle se joue dans la sécurité, la visibilité et la capacité à vivre du métier. Aujourd'hui, l'accès au top et à la monétisation reste très inégal pour les femmes.
Le cadre juridique évolue. La question est désormais celle de l'effectivité des obligations, de la mesure et de la coopération opérationnelle avec les plateformes. Je vous remercie et je reste à disposition pour vos questions.
Merci beaucoup. qui ne manqueront pas de venir mais nous allons auditionner tout le monde avant de poser des questions. Je me tourne donc maintenant vers Ultia qui est avec nous par visconférence et qu'on peut peut-être mettre en grand écran.
Bonjour. Donc je bah merci d'être d'être avec nous et c'est à vous. Merci à vous pour l'invitation surtout.
Euh merci beaucoup Anna pour la prise de parole parce que c'était très très intéressant euh et j'ai appris des choses [rires] alors que c'est quand même un sujet sur lequel on se prononce beaucoup et je pense que je peux parler pour mama paprika et moi-même. Euh ça fait vraiment des années que on se retrouve toutes les deux essentiellement pour ce genre de prise de parole. Finalement, on a très peu travaillé toutes les deux au quotidien, mais quand on quand il s'agit de parler des femmes sur internet, on est toutes les deux là, quoi.
Euh donc ça me fait plaisir de la voir. Donc bonjour à tous. Merci beaucoup de m'avoir donné la chance de parler aujourd'hui.
Euh moi je vais être un peu plus concise et je vais peut-être plus parler en fait de la réalité du terrain. Euh en tout cas ce que ce que je sais c'est que je rejoins vraiment concernant alors déjà je vais peut-être me présenter. Je suis le TIA.
Je suis streameuse depuis euh 2017 et c'est mon métier depuis 2020. Un petit moment que je suis sur la plateforme Twitch. Au début, je voulais pas forcément que ça soit mon métier, mais ensuite bon bah voilà, c'est arrivé.
Euh et oui, en effet, au Event 2021, il y a eu un tournant pour ma carrière puisque j'ai dénoncé une situation sexiste qui avait lieu sur place à un événement caritatif en public. Euh et euh c'est quelque chose qui m'a valu des années de harcèlement qui ont du mal aujourd'hui encore à à se calmer. Euh surtout puisque au début ça a été complètement entretenu par d'autres streamers de la plateforme euh qui euh ne n'arrêtait absolument pas cette vague de harcèlement.
Au bout de plus d'un an de harcèlement quotidien et me ne me sentant plus du tout à ma place euh dans les événements de mes pères, j'ai décidé de porter plainte parce que je ne savais plus quoi faire et que c'était vraiment pas du tout dans un souci de justice au sens strict sensu quoi juste parce que je je savais plus quoi faire. Enfin c'est vraiment ça. Bon ben peut-être essayons la plainte.
Et c'est vrai que c'était démarches administratives extrêmement longues, lourdes, fatigantes et parfois avec très très peu de logique. Et c'est là que je soutiens les propos de Anna Bressant parce qu'en fait je pense que là on en est plus au stade où il faut faire de la modération et des outils pour éviter le sexisme sur les plateformes. Ça c'est un pensement en fait. déjà euh c'est déjà mis en place hein, il y a déjà énormément d'outils.
Quand euh je parle à Twitch euh la plateforme sur laquelle j'exerce au quotidien des problèmes euh de sexisme, de misogynie, que ça soit de racisme et d'homophobie que je ne subis pas du coup, mais que je sais que mes pères peuvent subir, euh et bien euh il me parle sans cesse des outils de modération. Oui. OK.
Quand est-ce que vous faites sauter les comptes ? Quand est-ce que vous donnez un accès à la police facilement ? aux adresses IP, aux personnes qui sont derrière ces comptes.
Quand est-ce que vous empêchez la possibilité de se recréer un compte ? Quand est-ce que vous faites des choses qui traitent le sujet en amont ? Parce qu'au bout d'un moment, le pensement ça vient pas euh annihiler le sexisme ou toute fa toute autre forme de discrimination.
Donc ça c'est vraiment le point que je porte auprès de Twitch quotidiennement maintenant. Et aussi par rapport à la police. Moi la police quand elle a mené mon enquête pendant des années, elle m'a dit que la pl la plateforme avec laquelle cit le plus dur de rentrer en contact, non, ce n'est pas Twitter.
Bah c'est Twitch en fait. C'est Twitch qui répondait le moins. C'est Twitch qui donnait le moins les informations personnelles des utilisateurs derrière les comptes.
Et c'est ce qui a fait qu'à mon procès, alors même qu'il y avait 800 personnes dans mon dossier, euh il y en a eu que trois le jour J qui étaient présentes pour ce fameux procès. Voilà. Euh donc cette lourdeur administrative qui est super compliquée en plus.
Bon alors là ça sort un peu du cadre du jeu vidéo mais en fait je tiens à dire que le sexisme c'est dans tous les milieux. C'est pas que dans le milieu dans lequel j'exerce aujourd'hui et c'est un petit peu le même partout finalement. Et là, par exemple, moi un de mes harceleurs, il a pris euh de la prison avec surcis et une un éloignement en fait, que ça soit physique ou numérique avec moi.
Le enfin 45 minutes en sortant du tribunal, il avait déjà continué à me harceler sur mes réseaux. Et en fait le seul moyen de porter enfin le seul moyen de faire en sorte qu'il ait quelque chose suite à à cet éloignement là qui lui a pourtant été promulgué par le tribunal en fait c'est de retourner au flic. C'est de reporter plainte à nouveau, de réexpliquer.
J'ai déménagé depuis donc de changer de commissariat, de réexpliquer tout depuis le début et de reporter plainte contre ce mec. Ça, je sais pas à quel point c'est pertinent ce que je suis en train de dire, mais moi c'est ce qui m'affecte le plus au quotidien, c'est vraiment cette lourdeur administrative. Aujourd'hui, le tribunal a prononcé quelque chose contre ce gars-là.
Il peut plus me faire de mal, il peut plus me parler, il a plus le droit. Mais s'il le fait, je suis obligée de reporter plainte. Moi, je trouve ça complètement absurde et puis c'est super énergivor, j'en peux plus, j'ai pas la force.
Donc vous l'aurez deviné, je suis pas allé le faire. Euh donc il continue à me harceler sur mes réseaux, c'est super. Et le seul moyen que j'ai, c'est de le bloquer.
Donc ce fameux pensement dont je parlais tout à l'heure, c'est-à-dire bah en fait l'enlever de mes réseaux, quoi. Voilà. Super.
Euh donc voilà, donc c'est ça rejoint ces fameuses normes culturelles à déconstruire dont parlait Anna tout à l'heure. Et c'est ça en fait qui est super important, c'est un problème systémique et sociétal et on est obligé de de le traiter en amont. Je tiens aussi à mettre un point sur le cercle vicieux que ça représente pour nous les femmes sur la plateforme Twitch en tout cas euh puisqu'on a en effet moins de présence en ligne, moins de mise en avant par nos pères masculins de qui hélas nous avons grand besoin pour afficher ben notre bah nous en fait notre visibilité tout simplement.
Et en fait, eux doivent se positionner clairement, mais on peut pas les forcer à le faire et puis surtout que c'est pas trop leur souci finalement. Mais on est obligé aujourd'hui de valoriser la diversité des rôles modèles, comme le disait Anna tout à l'heure euh via justement nos pères masculins qui eux ont de la visibilité, qui eux peuvent être entendus. Et ça me désole aujourd'hui de dire que j'ai besoin d'eux mais en fait c'est le cas puisque le peu de fois en fait toutes les fois où mes vagues de harcèlement ont été diminuées et où ça a marché dans le temps, c'est quand un homme a pris la parole.
Sinon ça ne marche pas. C'est que quand un homme a pris la parole. c'est quand des hommes ont pris la parole suite à ma prise de parole du coup au 2021 que j'ai continué à me faire harceler si eux aussi étaient dans une position de harcèlement et si eux sont dans une position de mais qu'a fait donc qu'a donc fait Ultia pour mériter ça vous devriez pas la harceler et ben là mon harcèlement diminue.
Le seul moyen que j'ai trouvé pour arrêter mon harcèlement, c'est le fait de faire entendre ma voix. Et puis alors moi je depuis tout à l'heure je parle, je suis une des plus grosses streameuses de la plateforme et du coup je suis privilégiée en fait parce que les messages il se noie dans dans un énorme flow de messages parce que j'ai une équipe de modération parce que je suis tankquée aussi maintenant depuis des années que je travaille sur la plateforme et aussi et surtout parce que je suis écoutée parce qu'aujourd'hui je suis là avec vous en train de parler de mon problème parce que je suis écoutée par Twitch avec qui j'ai un rapport privilégié et un contact direct ce qui n'est pas le cas de mes homologues féminines. Et puisque ça aussi c'est le cercle vicieux hein.
Là les filles se font plus harceler mais les filles sont moins grosses sur la plateforme et les femmes du coup n'ont pas de lien avec privilégié en tout cas avec Twitch. Et donc voilà, j'aimerais faire entendre aussi la parole des personnes qui peuvent pas se permettre d'être entendu en fait et et qui et qui se prennent ça de plein fouet constamment quoi. Je pense à peu près avoir fait le tour de ce que je voulais vous dire mais si vous avez des questions, surtout n'hésitez pas.
Alors j'en ai juste une pour l'instant puisque les questions viendront après. Vous êtes tanké dites-vous. Pouvez-vous me le traduire en français ?
Enfin voilà, en français c'est natorial. [rires] Oui, pardon. Je pense que aujourd'hui j'ai malheureusement je pense que voilà, j'ai plutôt un profil où j'ai les épaules d'encaisser tout ça euh et que de part non seulement bah juste ma personne ma personne mais aussi le fait de d'avoir des années d'expérience sur la sur la plateforme en avoir fait mon travail de d'avoir du recul sur ça de voilà je pense qu'on n pas toutes peut-être que ma paprika pourra mieux je pense qu'on est d' tanqué le profil d'un tank.
C'est bon. Non mais voilà, c'était c'était ça. Désolé pour désolé pour Non mais il y a aucun problème.
Ça nous permet d'enrichir notre vocabulaire. Je enfin en tout cas ça manquait au mien. Euh non non super c'était très bien c'était très clair et merci beaucoup et je pense qu'on aura effectivement des questions ensuite.
Mais je laisse maintenant la parole à maman Paprika. Il y a deux boutons chez moi, je sais pas pourquoi. Bonjour, merci beaucoup pour cette invitation et des bisousia.
Dommage que tu sois pas là, mais écoute, les emplois du temps. Euh donc, je m'appelle Mama Paprika. C'est le pseudonyme que j'utilise sur les réseaux depuis 2020, euh l'année où j'ai commencé à faire du streaming.
Je fais principalement du jeu vidéo, euh du jeu vidéo indépendant euh principalement sur PC et j'ai la chance également d'être animatrice d'émission pour la chaîne Twitch d'arte et également pour la chaîne Première Outre Mè. J'ai deux émissions avec ces différents médias et j'ai également le privilège d'être ambassadrice de l'association afrogameuse qui lutte pour plus de diversité dans le secteur du jeu vidéo dans son ensemble. Ça va être au niveau des professionnels, des créaturistes de contenu mais également au niveau des joueurs et des joueuses et des représentations dans les dans les jeux vidéos.
Le nom afrogameuse, il il se concentre évidemment sur les personnes afroodescendantes euh genrées au féminin, mais en vérité, c'est pour plus de diversité dans son ensemble. Les intersectionnalités, elles sont elles sont présentes dès là. H dans mon parcours, moi je m'estime extrêmement chanceuse parce que je n'ai commencé à subir du sexisme dans le cadre du jeu vidéo qu'à partir du moment où je suis arrivée sur Twitch.
Avant ça, j'ai eu ces ces opportunités euh géniales d'entrer dans des cercles de joueurs fans de RPG à travers des forums, tout ça où encore là, j'étais vraiment l'une des l'une des rares femmes présentes, mais j'ai été entourée de d'une gentillesse et d'un accompagnement dans ma culture vidéoludique qui s'est faite vraiment avec douceur, sans volonté de nuire ou de me sexualiser. Mais c'est à partir de Twitch effectivement où je me suis dit "Ah, OK, parce que je suis une femme noire dans déjà bah ce que disait déjà Ult dans la société mais alors dans un milieu qui est celui de Twitch rattaché encore très majoritairement aux jeux vidéos. Mais aujourd'hui, vous pouvez faire absolument tout ce que vous voulez sur Twitch et c'est ça la beauté aussi de la plateforme.
Je me suis retrouvée en face d'une violence euh concentrée sur un canal qui était le mien. Parce qu'en fait quand on est sur Twitch, quand on est sur sa chaîne, on est chez soi, on a ses propres règles, on a sa direction artistique, on a tout, on a sa petite communauté euh et en fait on se fait attaquer euh précisément ici par rapport à ce qu'on est, ce qu'on représente, ce qu'on pense, ce que les autres aussi pensent qu'on représente. Euh par exemple, bah il y a encore de semaines, j'ai eu quelqu'un qui est arrivé sur ma sur ma chaîne pour me dire "Coucou ma star, tu me montres tes seins ?" Voilà, c'est la personne a eu la gentillesse de dire coucou, c'est déjà c'est déjà pas mal.
Euh pareil, il y a aussi ce gros point. Donc je disais, je suis une femme noire et je suis fière de le de le dire sans sans détour. Je subis de la misogie noire sur euh la sur la plateforme.
Donc la misogie noire, c'est l'intersection entre le racisme associé aux femmes noires et le simple fait d'être une une femme où je vais avoir des euh des wesh Euh voilà, euh d'où tu viens, retourne dans ta case, tout ça, ce genre ce genre de choses. Et ce ne sont pas des euh des cas qui sont euh isolés. Euh je vais en profiter, vu que j'ai cette euh cette opportunité d'écoute, euh de parler de euh deux cas.
Euh le cas d'une collègue euh qui fait également partie de l'association afrogameuse qui euh elle avait à l'époque je crois 10 personnes sur son live. Elle était en train de fêter ses 6 mois de la création de sa chaîne et elle a euh fait un jeu qui s'appelle Gartic Phone. C'est un mélange entre un Pictionary et euh le le téléphone arabe en fait.
C'est ça. Donc vous avez l'opportunité de donner une phrase et quelqu'un va dessiner pour ensuite le faire deviner à d'autres personnes. Elle a ouvert son son serveur Discord pour que des personnes qui étaient présents sur sa chaîne puissent participer.
On rappelle, il y avait 10 personnes. Ça faisait 6 mois euh qu'elle qu'elle avait créé sa chaîne. Il y a deux personnes, deux hommes qui se sont joints à la partie adorable, tout ça, il y a pas de problème.
Ils sont en vocal avec elle sur son sur son serveur. La malchance a fait que sur l'écran donc de cette de cette nombre d'afrogameuses apparaît la phrase donc qu'elle devait dessiner à savoir un négroïde condamné à mort par pendaison. Voilà, c'est ce qui est arrivé évidemment. panique générale.
Et là, à ce moment-là, les deux personnes prennent la parole, ont des propos raciste, colonialiste, ont fait également une gloire au maréchalpin, voilà, avant de se faire de se faire kicker, donc c'està-dire d'être sorti de la conversation, banni, tout ça. Et l'autre cas là en l'occurrence ça va pas être un cas de de misogie noire ou même de racisme mais ça va être un cas de LGBT phph phobie. J'ai euh pareil une collègue et amie euh qui euh il y a pas très longtemps en fait s'est fait hacker son compte où euh c'était forcément ciblé parce que la personne connaissait les usages de Twitch, a commencé à utiliser euh son compte PayPal, donc de la personne euh qui streamait euh pour s'envoyer des subs afin que alors pour envoyer des subs, excusez-moi.
Euh Twitch fonctionne sur une base des d'abonnements où en fait les personnes peuvent donner de l'argent pour offrir des abonnements, ce qui va soutenir la chaîne en l'occurrence. Et là, la personne utilisait le propre compte de la streameuse pour donner des sub donc à sa propre chaîne, donc en fait pour l'alerter. Et on est sur des on est sur des 5 subs, 20 sub. 20 subs c'est plus 100 € on va dire.
Voilà. Donc, connaissant la personne qui est dans une grande précarité, autant vous dire que moi j'étais en train de jouer en plus avec elle à ce moment-là, donc hop, elle arrête le stream et là en fait la personne prend euh possession de de sa chaîne et commence à diffuser des images pornographiques. Et je pourrais pas m'empêcher de penser que c'était une attaque ciblée parce que c'est une personne non binaire qui se genre au féminin.
Et on pourrait pas m'enlever ça d'idée. Et en fait, ça c'est deux cas. Il y en a un qui date d'il y a 4 ans, il y en a un qui date de il y a 3 semaines comme ça.
Donc il y a vraiment cette cette volonté de nuire où euh les femmes, les personnes non binaires ainsi que les personnes non blanches subissent au quotidien sur Twitch. Ultia, elle a dit euh il y a des outils de modération euh qui qui existent et euh j'ai la chance également, je vais très souvent dire que j'ai de la chance parce que je suis extrêmement chanceuse d'avoir un lien direct également euh avec Twitch malgré ma petite communauté. J'ai eu l'opportunité de créer des liens avec eux directs et donc de pouvoir euh bah déjà bah signaler le cas de le cas de mon ami euh que ça soit par rapport euh à l'acte raciste ou alors à la l'acteophobe.
Et on me dit oui, il faut signaler, faut faire c, faut faire ça, faut monter des dossiers, tout ça. C'est extrêmement procédural, c'est extrêmement coûteux. Et actuellement, je vois une vraie baisse d'attention dans la modération de la la plateforme Twitch.
Quand on signale des messages euh qui sont vraiment à caractère raciste, sexiste, homophobe, on va recevoir des retours qui sont on n' pas vu de d'infraction et donc il n'y aura pas de conséquence. Mais le temps de réaction de ces messages indique une automatisation justement de de ces de ces réponses et on est là. Mais c'est pas possible parce qu'en plus moi c'est le truc que je que je demande à faire à ma à ma communauté avant tout quand on voit ce genre de message avant de bannir parce que bannir quelqu'un ça le bannit de sa propre chaîne mais ça n'empêche pas de véhiculer de la haine sur les autres. que je demande de signaler avec des bons comment des des citations vraiment choisir la bonne catégorie de signalement parce que en signalant en fait c'est à ce moment-là qu'on peut faire sauter le compte et donc empêcher cette personne de nuire.
Trop souvent, je reçois des euh des retours qui me disent que non, il y a pas d'infraction alors que des fois il y a des il y a des pseudonymes arabophobes, négrophobes, des propos homophobes, sexistes, racistes et et moi c'est vraiment un point d'intention que que j'ai et que je reporte très souvent aux équipes de de Twitch quand j'ai l'occasion de les de leur parler et je fais partie de ces personnes qui n'ont pas peur d'adresser les choses. Donc je vais directement dans leur DM en leur disant faut faire quelque chose là à ce moment-là. Euh ça a été dit aussi précisment je pas du cocalan voilà [rires] on a on a un petit un petit timing à à tenir.
Je suis maman aussi là-dessus et j'ai je ne peux pas cacher ma maternité parce que j'ai un enfant, un enfant sa vie et un enfant des fois ça débarque en stream. Voilà. Donc on est en train de jouer tout ça et là on entend un maman et hop.
Donc j'ai dû mettre en place des euh des systèmes de euh de de comment de filtre euh qui pixellisent complètement l'image pour pas qu'on voit euh justement mon enfant. Euh je le genre pas. Euh je l'ai jamais appelé par son prénom parce que j'estime que euh c'est sa vie privée et déjà que il y a tellement de de malveillance qui existe de manière omniprésente sur les réseaux euh déjà que je subis de plein fouet.
Alors je vais sûrement pas le faire subir subir à mon enfant. Euh c'est c'est un point qui est assez important parce que ça me limite aussi dans euh comment mes heures de streaming. Je profite du fait que l'enfant est 7 ans et donc que l'enfant aille à l'école.
Donc je cale vraiment mes heures de streaming sur sur son planning. Euh mais je sais que ça peut aussi représenter des freins au niveau des opportunités. Déjà parce que je suis une femme, déjà parce que je suis noire, déjà parce que je suis maman.
En fait euh les marques, elles vont penser marketing, elles vont penser euh comment euh appétence pour euh pour les gens et en fait qui a envie de suivre une maman déjà s'il y a pas de faut savoir que j'ai à peu près je sais pas peut-être 10 % de ma communauté qui est dans la parentalité donc je vois pas trop encore le le problème. Même en parlant de ça, je fais partie des rares personnes qui malgré euh on va dire ses contraintes et surtout malgré cette petite communauté que que j'ai, j'ai des opportunités commerciales parce que j'ai la chance de traiter avec des personnes qui euh donnent leur chance en fait tout simplement parce qu'elle voit la personne, elle voit le contenu qui est proposé et elle se détache complètement des statistiques et des contraintes market parlant que peuvent représenter une femme dans le secteur du jeu vidéo. Mais un point qui a été aussi remonté par Anna et et par Ultia, c'est les difficultés législatives qui existent, les recours qu'on peut avoir justement lorsqu'on subit du harcèlement.
Euh en 2021 ou 2022, j'ai euh fait partie des nombreuses victimes d'une vague de harcèlement euh qui euh consistait à euh spammer, c'est-à-dire envoyer énormément de messages dans le chat. C'était des menaces de mort, des menaces de viol et moi la petite particularité c'est qu'il y avait également un aspect raciste. Voilà, j'avais cette ce privilège là d'être d'être attaqué spécifiquement là-dessus et j'ai fait un recours auprès de Pharaos.
J'ai déposé une plainte auprès de Faros et euh vous allez comprendre à quel point je suis chanceuse. Mais dans l'heure d'après, j'ai une enquêrice qui m'a appelé pour justement traiter le traiter le sujet disant que je faisais partie de nombreuses personnes qui avaient qui avaient déposé déposé un un recours euh et qu'il fallait que j'en j'encourage les autres personnes à faire comme moi, tout ça. Et même là, c'est extrêmement compliqué de faire un dépôt à faros. on peut pas mettre de pièces jointes.
Donc euh je sais pas si ça a évolué depuis mais j'avais pas la l'opportunité de de faire des pièges jointes. Donc j'ai dû faire un oui transfert en mettant tous les dossiers, tous les tous les screenshots. Je sais que il y a une volonté du côté de ces institutions euh de prendre en charge comme elles peuvent nos plaintes, nos nos angoisses dans face à ces face à ces violences qu'on qu'on subit.
Et quand je vois le nombre de personnes qui sont justement affectées au bureau de Pharaos, je me dis qu'effectivement c'est normal qu'il soit débordé. C'est normal que je sais pas combien de personnes reçoivent un une réponse ne serait-ce qu'un vu de la part de de Faros. Je pense que c'est minime.
Il doit y avoir peut-être je sais pas 98 % de non lu. Et et moi je fais partie encore de ces de ces chanceuses. Donc je pense qu'il y a vraiment cette faut aller vers ces faire tr qu faut aller vers ces institutions institutions là leur donner les moyens que ça soit en terme de personne que ça soit également en terme de de de moyens budgétaires pour faire en sorte que toute personne soit en capacité de se sentir à l'aise protégé parce que pourquoi les gens viennent nous voir en stream c'est pour apporter un contenu certes, mais aussi une humeur, une ambiance et avoir ce stress, cette boule au ventre de quand on lance lance son stream et de de se dire qu'en fait allez aujourd'hui peut-être que je vais me prendre une fléchette et même si c'est des piqus et on se dit "Allez, je suis bien entourée et tout ça, ça nous touche quand même." C'est forcément on reçoit 1000 commentaires qui qui prennent la gentillesse.
On va évidemment retenir le seul qui nous alors j'allais dire quelque chose mais voilà qui nous qui nous embête plus qui dit des choses méchantes. Voilà et c'est quelque chose vers lequel il faut faut vraiment faut vraiment aller faut faut continuer à aider justement ces ces faire ces faire ces efforts là. Et je rejoins également Ulsia euh sur l'aspect Boys Club.
C'est comme ça qu'on l'appelle en fait aujourd'hui, c'est-à-dire le groupe de garçons euh qui euh ont l'impression que euh ils n'ont pas de je de de rôle à jouer dans justement cette sous-représentation euh des euh des des femmes et des personnes non blanches également euh autour euh autour de ces personnes. Moi, j'ai un jeu. Dès qu'il y a un événement qui se fait, je compte et les femmes, les personnes non binaires si jamais elles sont elles sont outé et les personnes non blanches.
Et je vois et je je vais prendre par exemple le l'exemple du du Z Event de l'année dernière. Il y avait certes plus de personnes mais il y avait toujours autant de femmes que l'année précédente. C'est-à-dire il y avait quoi ?
Il y avait 40 streamereuses, il y avait 12 streameuses, quelque chose comme ça. On est sur moins de 30 enfin moins d'un/ tiers alors que on est là, on est là, on existe et moi dès que je fais une émission où on me demande de des recommandations de personnes, je je mets en avant les les personnes comme je peux. J'ai cette j'ai cette chance de pouvoir mettre en avant des personnes, je le fais.
Et la réponse que j'ai le plus souvent en face, c'est "Ah, on n'y a pas pensé parce qu'on les a pas trouvé." Non, vous avez pas cherché tout simplement. Et il y a vraiment ce cet effort à faire des côtés du côté des institutions, du côté des marques de mettre en avant les personnes parce que ces personnes, elles existent.
Euh les joueuses également existent et il faut les écouter. Et je pense que ça potentiellement ça passe aussi par du marketing aussi. Le jeu vidéo est associé au garçons à cause du marketing des années 80 90.
Maintenant, je pense que même au niveau marketing et ça passe par les marques, les studios, mettez en avant les femmes pour que justement ce cette ce biais cognitif qui est celui que le jeu vidéo est un média et un loisir pour les garçons change complètement. Très bien, merci beaucoup. Euh et donc bah maintenant notre dernière intervenante est Clémence Dunot.
Je vous laisse la parole. Merci madame la présidente, monsieur et madame les rapporteurs, mesdames messieurs. Mon amour du jeu vidéo, je le tiens de mon père.
Il a jamais été un grand bavard. Il parlait assez peu de sa passion pour les jeux. À la place, il me laissait regarder quand il jouait et ce depuis toute petite.
Je m'installais à côté de son bureau dans son immense ordinateur gris rectangulaire à l'ancienne. Il jouait à Baldurs Gate Diablo civilisation et j'adorais le regarder. Tout me semblait fascinant.
La musique parfois épique ou angoissante, les visuels pourtant vieillot qui m'émerveillaient. Je vous dirais pas que je comprenais tout pour mon âge, mais le regard des jouets n'avait jamais rien d'ennuyux. À 7 ans, ma patience a été récompensée puisque j'ai eu le droit à ma première console, une Game Boy.
Et n'étant pas particulièrement bilingue à l'époque, je n'avais pas noté euh le nom et jusque- là, rien ne m'avait indiqué que potentiellement jeux vidéo n'était pas pour moi. Comme je voyageais beaucoup seule et voyais peu mon père, j'étais toujours ravie de pouvoir lui montrer les derniers Pokémon que j'avais attrapé et c'était un lien très fort que j'avais et que j'ai toujours avec lui. Peu à peu, j'ai aussi développé mes propres goûts, préférant les histoires fantastiques de Baldur Gate au combat incessant de Diablo, la tranquillité des Sims aux jeux de course et les descentes de ski de SSX3 aux parties de FIFA.
Ce qui est sûr, c'est que ces mondes et ces histoires m'ont fait grandir tout autant que mes lectures ou les dessins animés que je regardais à l'époque. Ils m'ont donné une culture, une appréciation des arts numériques et un amour des récits interactifs. Euh à partir du lycée, j'ai un petit peu délaissé les jeux vidéos euh déjà parce que l'idée que c'était un truc de garçon avait commencé à faire son chemin, mais aussi parce qu'on m'avait fait croire que les jeux vidéos c'était pas quelque chose de sérieux.
Ce qui était sérieux en revanche, c'était le journalisme, les relations internationales. Donc j'ai commencé par suivre cette voix jusqu'à ce que des années plus tard, on me propose de travailler au service pixel du monde. Et c'est là que j'ai réellement pris conscience que les jeux vidéos n'avaient rien d'une lubi, que c'était une industrie culturelle majeure dans laquelle les femmes avaient déjà toutes leur place et que finalement le vrai problème était, comme on me l'a dit, c'est nous avoir fait croire que on n'avait pas notre place, que c'était un monde de garçon.
Et le pire, c'est que certains continuent d'essayer de nous faire croire ça. Quand on arrête, pardon, quand on nous conseille d'arrêter de jouer plutôt que de subir du harcèlement, quand on nous dit que c'est difficile de s'identifier au personnage féminin alors qu'on a passé notre vie à s'identifier à des hommes parce qu'il y avait que ça, quand on nous renvoie systématiquement à notre corps ou notre genre dans notre travail pour nous dire que ça doit être plus facile quand on est une femme, qu'on aurait peut-être du favoritisme sur les réseaux, quand on nous regarde avec méfiance, quand on dénonce nos agressions comme si peut-être c'était un petit peu de notre faute, qu'on cache notre identité en ligne parce qu'on sait ce qu'on risque si on le se montre. Tout ça contribue à créer un climat de peur et de violence qui dissuade, inquiète et peut parfois détruire les femmes qui essaient de s'épanouir dans ce milieu.
Comme collègues, il me semble important de noter que ce n'est pas limité aux jeux vidéos évidemment et qu'essayer de résoudre ces problèmes structurels de violence faites aux femmes en s'attaquant uniquement aux médias et non à ses racines sociétales ne permettra jamais un changement profond et durable dans le secteur. Je terminerai ma courte intervention en posant quelques pistes de réflexion qui me semblent importante. la question du coup de l'application des lois déjà en vigueur qui sont encore trop peu connues ou trop peu appliqué la protection de la santé mentale des femmes comme l'a dit Anna qui travaille sur internet qui sont livrées à elle-même dans un métier très solitaire et très violent l'éducation du public aussi sur les mécanismes psychologiques dont on parlait comme les phénomènes parasociaux qui nourrissent certains comportements violents et qui sont aussi exacerbés sur les plateformes de streaming. la mise en place d'un dialogue avec les entreprises privées du secteur pour aller au-delà des simples interdictions et bien sûr la question des aides financières notamment accordé à des associations qui luttent pour le droit des femmes dans ce milieu et je vous remercie et je suis prête comme mes collègues à répondre à toutes vos questions et à détailler plus amplement ce que je viens d'aborder.
Très bien, merci beaucoup pour toutes vos interventions. Je vais laisser la parole au rapporteur qui veut commencer Adelsian. Merci.
Merci madame la présidente. Mesdames, merci beaucoup pour votre présence et euh même virtuel ou en dématérialisé, on vous voit sur l'écran euh à nos côtés. Merci beaucoup pour ces euh cette présentation.
On a déjà eu l'occasion de d'échanger à nombreuses reprises. J'étais allé au Woman Games Forum pour échanger aussi avec les personnalités féminines qui sont impliquées dans le dans le monde des jeux vidéos. Je crois qu'on arrive à un moment assez important de notre de nos travaux puisque nous avons vraiment souhaité dans un premier temps travailler sur la place des femmes au sein de l'industrie du jeu vidéo.
Nous avons pu travailler aussi sur la question des stéréotypes qui sont véhiculés à travers le jeu vidéo lui-même dans la construction des personnages féminins à travers les époques, que soit on en parlait tout à l'heure de la NES l'année, voilà et aujourd'hui ces personnages féminins parfois des personnages féminins volontaires, ambitieuses, déterminé mais parfois évidemment très sexualisé qui s'inscrivent dans une forme de stéréotype qui euh peut avoir ensuite des implications sur les comportements des uns et des autres, sur les réseaux. Et aujourd'hui la pratique du live qui est lui, je pense, on l'a dit, je crois hier quand on a eu de cette audition, le le jeu vidéo ne porte pas en lui des germes négatifs, mais il est l'incarnation d'une société comme le monde du cinéma, comme le monde de la télévision, comme les réseaux sociaux. Et à un moment euh la question euh du streaming euh et c'est là où j'ai besoin de de vos éclairages et euh ce réceptacle de toutes tous les comportements les plus négatifs.
On a parlé de racisme, on a parlé de sexisme, on a parlé de misogynie qui s'exprime de manière totalement délétaire et sans et sans barrière. et euh les témoignages que nous avez apportés, vous aussi à travers plutôt une une expérience journalistique euh doit nous interroger sur la manière dont d'un point de vue législatif à terme euh mais on est au je pense que la sénatrice Bilon pour en parler, c'est la question aussi de notre capacité à travailler sur les enjeux de l'anonymat de manière générale, sur les réseaux sociaux, sur cette capacité. Le pseudony je crois que c'est un terme que vous utilisez régulièrement.
Moi, j'avais trois points sur lesquels je voulais vous interroger. C'est alors madame est partie là, je la vois plus. Elle a dû faire un petit [rires] parce que justement elle a été comme vous victime de de d'attaque très violente.
On a parlé de plusieurs dizaines de milliers de commentaires sexistes. Moi, j'étais frappé du fait que la communauté a bougé quand un homme a pris la parole pour la défendre. Donc, c'est très très significatif.
Euh ouais, je la vois à nouveau. Vous êtes de retour ? Oui.
Moi ma question s'adressait à à vous toutes, c'est vous avez parlé, excusez-moi, j'ai dû m'absenter urgemment, mais Pas de problème. Pas de problème. Vous avez parlé d'une modération en baisse sur Twitch.
La grande difficulté, c'est que quand on est en live, bien sûr, on évidemment les commentaires font partie de l'économie du live. C'est-à-dire que ça montre qu'il y a une dynamique, qu'il y a du monde qui est impliqué, que ça bouge. Euh vous avez parlé d'une modération en baisse sur Twitch que vous avez constaté récemment.
Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement comment avec Twitch vous travaillez sur ces questions de modération ? Est-ce qu'il y a des personnes alors est-ce que ce sont vos équipes directement ? Est-ce que vous avez évoqué vous votre profil aujourd'hui qui est plutôt bien installé dans l'économie du live et donc vous avez des équipes autour de vous qui vous aident à monérer mais est-ce que Twitch est en capacité ? on en vient à la responsabilité, je pense régulièrement à la fois des des plateformes en elles-mêmes.
On a pu le voir dans des choses dramatiques qui se sont passées sur d'autres sur Kickstarter, je pense en particulier où là la responsabilité de la plateforme a été mise en cause mais avec très très peu d'impact au final, sinon entre guillemets la bonne volonté de la plateforme. Donc voilà, vous parlez de la modération en basse sur Twitch. Qu'est-ce qui peut être possible de porter dans les prochains prochains mois sur cette nécessité de d'importer de d'imposer au aux plateformes une plus grande régulation ?
Et enfin ma deuxième question pour pas être trop long, quand vous évoquez la question de la place des femmes dans les événements live comme The Event, est-ce que euh vous voyez justement des euh dans la lutte contre les sexisme dans le jeu vidéo des propositions qui pourraient être portées ? Vous l'avez dit, je crois c'est trois condamnations seulement dans le cadre des attaques qui ont été menées. Pour votre part, je pense que Pha, vous avez évoqué la chance que vous avez eu d'avoir une réponse rapidement, mais des moyens peut-être trop faibles, une ergonomie pas très pas moderne de la voilà, c'est bien transfert, mais c'est vrai que télécharger des des pièces jointes en ligne, c'est plus simple.
Euh de votre point de vue, est-ce que euh il y a des choses à à mener pour justement renforcer euh cette prise en en charge de la parole euh des femmes sur les réseaux sur sur les plateformes en ligne lorsqu'elles sont attaquées ? Ultia, je te laisse répondre. J'allais dire la même chose pour toi.
Alors euh merci, c'est gentil. Donc oui, alors alors moi personnellement, c'est pas comme M pappr, j'ai pas constaté qu'il y avait un problème récent avec Twitch par rapport à la modération. je le trouve plutôt constant.
Euh, j'aimerais juste amener un point ou que j'ai pas mentionné tout à l'heure. En fait, le problème avec Twitch, c'est le fait que ça soit américain et que nous on soit situé en France. Alors, faut savoir un truc, c'est que aux États-Unis et dans les autres pays, ils ont absolument pas le même cas de harcèlement.
Le harcèlement sexiste, raciste et homophobe est particulièrement fort en France. C'est Twitch France qui nous l'a dit. Et d'ailleurs les US eux quand Twitch France essaie de porter le souci, les US sont en mode "Mais vous les Français, c'est trop bizarre, on sait pas ce qui se passe en fait." Et ça c'est un vrai truc, c'est inhérent à la France.
Euh et aussi faut savoir un truc, c'est que les Américains avec leur puritanisme, c'est un problème parce que le dog whistle, je sais pas si vous savez ce que c'est le dog whistle, c'est quand on utilise un autre terme pour dire quelque chose. Donc par exemple, tout à l'heure mama paprika le disait, le NW c'est interdit de le dire mais euh sur Twitch ou où des insultes homophobes très grave aussi, c'est interdit. Mais en fait, si on décide de remplacer ce mot par un autre qui est de notre langage courant, et ben en fait, on peut tout à fait harceler une partie d'une communauté et continuer à être euh bah harcelé en fait tout simplement.
Moi, c'est ce qui s'est passé pour un gros streamer de la plateforme qui a continué à à faire du dog whistling. Il il mentionnait jamais mon prénom. Il connaissait très bien les règles de Twitch.
Il ne mentionnait jamais mon pseudo. Il ne mentionnait jamais mon prénom. jamais rien qui était lié à moi, mais il parlait de moi quand même et on savait très bien qu'il parlait de moi.
Et du coup, quand on signale ça à Twitch, Twitch en mode "Ouais, mais on n' pas de matière." Donc en fait c'est une plateforme américaine donc du coup les règles sont les règles. Si c'est pas euh strictensus qu'on avait dit euh qui était préjudiciable sur la plateforme, ça ça sera pas modéré.
Eux, eux, ils s'en fichent en fait tant qu'on contourne les règles, il y a aucun problème avec ça. Euh donc bah la modération, j'ai pas trop d'idées supplémentaire hein parce que je trouve que voilà, celle qui est déjà en place en fait, elle a ses failles qui sont celles que je viens de donner là. C'est histoire de de déporter le problème, par employer des mots pour dire d'autres mots.
Et puis aussi, il y a aussi un truc, c'est que la plateforme Twitch euh on ne peut signaler quelque chose que si c'est en live et observé par euh quelqu'un de la plateforme. Donc par exemple, le streamer qui a participé à mon harcèlement euh euh ces dernières années, il a enlevé ses rediffusions. Donc du coup, aucun moyen de retourner à postériori sur la rediffusion.
Il a enlevé les clips. Et pourquoi il a enlevé les clips ? C'est bizarre.
Parce que ben parce qui sont extraits de la chaîne. Ça peut être drôle, ça peut être ça peut être marquant, enfin voilà, que sais-je ? il enlève la possibilité de faire ça, donc d'extraire des petits morceaux de son live et le mec, vu que son contenu est clivant, aucun staff de Twitch ne veut rester sur son live parce que je sais pas si mama paprika c'est le cas, mais nous parfois on a du staff Twitch qui vient sur nos lives pour regarder le live en fait tout simplement.
Et donc si demain par exemple je fais quelque chose de préjudiciable sur la plateforme, ma chaîne elle saute directe parce que il y a quelqu'un qui regarde, parce qu'il y a quelqu'un qui signale. Sauf que ces gens-là, ils prêchent des convaincus constamment. Donc les gens qui les regardent, ils signalent rien et les gens de Twitch veulent pas se taper leur contenu pourri.
Donc du coup, ils sont pas là non plus en fait. Donc en gros, ils agissent en toute impunité sans aucun moyen de de à cause du fait que ça soit en direct en fait et qu'il y a aucune trace. Ils le savent très bien, ils le font exprès et ils contournent plus ils utilisent le doc whistle.
Donc bah je sais pas je sais pas com c'est pas moi qui travaille pour Twitch quoi. Donc je pas trop de propositions sur pour pour arrêter ça. Euh peut-être faire en sorte qu'il y ait des des gens de Twitch qui restent sur les lives des personnes dites problématiques puisqu'on sait très bien he ces personnes-là exercent depuis des années maintenant et puis après bon bah voilà il y a tout un problème avec la police hein.
C'est c'est vraiment terrible. Moi je l'ai eu pour ma plainte. J'ai eu de la chance d'être tombée sur une femme incroyable parce que la personne qui a pris ma plainte dans un premier temps m'a demandé mon numéro de téléphone et si c'était possible de faire des parties de Mario Kart avec moi.
Euh donc voilà. Et est-ce que c'est possible qu'on se revoit ? Euh moi c'éit la première fois que j'allais à la police de toute ma vie en fait.
Donc je savais pas que ça se faisait pas de prendre le numéro de téléphone du flic euh pour passer en première la prochaine fois. Et j'avais pas compris en fait hein, j'étais un peu débile visiblement et naïve sans doute. Donc du coup la femme ensuite qui a qui a qui a très gentiment pris ma plainte a été fantastique, incroyable.
Vraiment merci beaucoup à elle. Et puis ensuite ça a nouveau été un homme à la gendarmerie. J'ai cru queon allait avoir des atomes crochus parce que en tout cas un lien en fait puisqueon était tous les deux nés à Reince en fait pas du tout.
Il m'a demandé d'expliquer ce que c'était le féminisme. Quand je lui ai expliqué que c'était tout simplement l'égalité entre les hommes et les femmes. Il m'a dit "Ah bon mais vous êtes sûr ? votre définition ça.
Je lui ai dit ben non pas du tout. Il m'a dit donc là j'ouvre un dictionnaire, je regarde la page féminisme et je vois ce que vous me dites là. Égalité entre les hommes et les femmes.
Je dis ben oui. Il tape sur le dictionnaire enfin en ligne quoi. Et il trouve que c'est ça la définition.
Donc le mec découvre le féminisme, il travaille à la gendarmerie au crime contre l'humanité. Après ça tout est normal. Donc voilà.
Ensuite, c'est du harcèlement en ligne, donc ça continue. Sauf qu'en fait, le gars fonctionne avec une clé USB puisqu'on est en 1993 et impossible d'alimenter en ligne un fichier qui se met constamment et au bout d'un moment, faut arrêter la plainte parce que ben [rires] genre c'est du harcèlement en ligne, ça continue mais bon bah faut s'arrêter. Donc du coup, ils sont trois au tribunal.
Voilà. Et quand on parle de formation, c'est parfait. Je contente de vous faire rire en tout cas.
Je je voudrais rajouter un un petit truc juste pour sur le fonctionnement justement de Twitch et de la modération. Euh en fait, il y a une modération qui effectivement est automatisé par Twitch et en fait la plupart des streamereuses utilisent euh enfin utilisent euh demandent à des spectateurs la plupart du temps de faire de la modération supplémentaire aussi euh parfois rémunéré et parfois pas rémunéré. Pardon, excusez-moi, c'est pour bien comprendre.
C'est une option. Non, c'est pas une option. En fait, il y a le le fonctionnement de Twitch fait qu'il y a une sorte de modération, on va dire, automatique.
Euh et en fait, la plupart des streamers et des streameuses demande à certains de leurs spectateurs ou des personnes qui sont volontaires de faire de la modération manuelle. Euh voilà, en tout cas, c'est une pratique qui est quand même largement répandue parfois qui donc certains modérateurs sont rémunérés et d'autres le font de façon bénévole. Voilà, c'est important de le signaler.
J'ai aussi juste quelques chiffres euh par rapport à la modération. Selon Twitch, c'est à peu près 16 % en Europe des signes allemands qui étaient considérés comme légitimes et qui ont entraîné une action de modération. Euh faut savoir que d'autres plateformes donc plus récentes comme la plateforme Kick euh qui est entraîne tout un tas de questions supplémentaires, elle a seulement 3 % de signalements qui sont considérés comme légitimes et qui entraînent une action de modération.
C'est un peu terrible de le dire mais d'une certaine façon, on a l'impression que Twitch par rapport à certains concurrents est presque un bon élève. Je mets des gros guillemets euh voilà, en tout cas sur la modération. Euh et je voulais juste ajouter un petit un petit truc sur la question euh de pourquoi sur le streaming il y a justement autant de sexisme.
Il y a quelque chose qui me semble important. Il faut pas oublier que la communauté des gamers des joueurs s'est construite pendant longtemps sur une forme de victimisation. C'est que dans les années 80 à 2000 dans les médias, dès qu'on parlait des euh plateformes de streaming, dès qu'on parlait des joueurs de jeux vidéos, il y avait une vraie moquerie présente.
Et donc en fait, il y a cette idée que la communauté du jeu vidéo s'est quand même construite en réaction à ça et toujours dans la défense euh défense des streamers qu'ils apprécient, défense de leurs jeux vidéos et parfois même à Outrance, il y a une sorte de communauté très euh voilà, dès qu'ils sont attaqués, enfin dès qu'ils se sentent attaqués, ils vont répondre en masse. Et en tout cas, ça c'est quelque chose qui est très très présent en tout cas dans la communauté des joueurs en France. Voilà.
Oui oui oui. Euh bah déjà je suis amplement d'accord avec Ultia. Euh moi le fait que j'ai précisé qu' j'ai trouvé qu'il y avait un véritable manque euh c'est par rapport à la modération, c'est-à-dire la réponse de Twitch suite à un signalement, c'est vraiment par rapport à ce temps de réaction de réponse où moi des fois je pouvais attendre il y a il y a pas il y a quoi il y a 3 ans, je pouvais attendre peut-être 10 15 minutes voire une demi-heure avant d'avoir un retour.
Généralement, en plus le retour il était positif. Là, en espace de 30 secondes, j'ai un retour qui est qui est négatif et malgré les signalements en en continu. Euh là où euh je mets un point, je pense euh au niveau euh légal, c'est euh il y a un adage dans le streaming et même dans la création de contenu qui dit qu'on a la communauté qu'on mérite.
Et quand j'entends Ultia parler du fait que il y a ce streamer qui fait du dog whisle, on va dire ce parce qu'on sait très bien qu'il y en a plusieurs et que si j'ai bien compris et tu pourras me me reprendre Ultia, mais ce streamer a été cité à plusieurs occurrences par des par les personnes qui étaient incriminées dans ton dans ton procès. le fait que tout sauf une Ah voilà, toute sauf une, le fait qu'il n'y ait pas de responsabilité qui soit faite sur enfin qui soit donné à au créateur de contenu parce que là, il s'agit d'un d'un streamer mais je pense que c'est l'intégralité par rapport aux agissements de leur communauté. Quand on voit un lien euh concret et fort euh que potentiellement dans les 800 personnes qui ont été identifié par Ulti lors de son procès, s'il y a ne serait-ce que 30 % de personnes qui sont issues d'une même communauté, faut se poser la question, quelle est la responsabilité justement de la personne qui gère la communauté ?
Parce que derrière ça, les personnes vont dire quelque chose que je trouve détestable à savoir ils vont dire "Je suis pas votre parent. Je suis pas votre daron, je suis pas votre daron. Pardon, mais quand on accueille en son sein, c'est pour ça que je précisais en en amont le fait que sa chaîne Twitch, en fait, on est chez soi, c'est les gens qu'on invite chez soi, c'est on a un cadre, on a des règles. et le fait de de voir ce genre de personne donc qu'on accueille en son sein, qu'on accueille au sein de sa communauté, avoir ce genre de de comportement et se dire que c'est pas son dos, c'est pas sa responsabilité, moi je pense que là il y a un véritable trou dans la raquette au niveau légal parce que si on se rend compte qu'il y a une vraie responsabilité de la part d'un d'un créateur d'une créatrice de de contenu par rapport à ça, par rapport aux agissements de sa communauté.
Je pense que c'est il y a il y a un véritable point sur lequel il faut mettre parce que bah on l'a dit le métier de streamer streameuse c'est quelque chose qui est réel qui commence en plus à avoir de plus en plus un poids marketing au niveau des marques. Si on voit justement son image rattachée directement à une communauté et qui est liée là cette fois-ci légalement, les marques vont se désintéresser de la de la personne et bah pourquoi pas brider sa chaîne, la faire sauter, bannir. Mais je pense qu'il y a là-dedans outre effectivement des des très certainement des une un besoin de de moyens humain et budgétaire au niveau des la modération de de Twitch.
Mais comme le disait Ultia, vu que c'est une entreprise américaine, il y a pas du tout les mêmes règles qui sont qui sont imposées. Euh et qu'on attend vraiment la violation d'une loi, une agression pour que euh les euh les comment les signalis sont soient soient pris en compte, je pense qu'il y a vraiment ce point de responsabilité des créaturistes de contenu à avoir sur les agissements de leur communauté. Marie Mercier.
Merci madame la présidente. Alors, je trouve ça effectivement plus que regrettable que vous ayez accueilli comme ça par des professionnels qui pour moi ne le sont peut-être pas vraiment. Pourrait aller souvent à la brigade concernant la violence aux personnes, pour aller à Faros.
Pour reprendre vos termes, j'ai sans doute eu la chance moi, de voir des gens particulièrement concernés et extrêmement attentifs à à leur travail, à leur métier. Donc ça c'était un propos liminaire. Est-ce que Ultia, vous avez eu des harcèlements venant de femmes ?
Probablement qu' il y en a pas. Ou alors est-ce que une femme peut prendre un pseudo homme ? Parce qu'on voit le contraire.
Mais est-ce que celui-là ça ça pourrait exister ? C'est une question que je me suis posée en ensuite ah pardon, je pense je pensais que [rires] ensuite vous vous avez donc eu un procès, il y a une condamnation, il y a une peine. Euh il me semble que la violation d'obligation là aussi c'est c'est quand même une une infraction.
Donc on a peut-être un travail à faire de ce côté-là. Le fait que vous soyez obligé de redéposer plainte enfin me chiffonne un peu. Donc je crois que là il faut qu'on creuse.
Mon mon autre question, vous n'utilisez pas cet outil qui pourrait être le blocage de cette odieuse personne. Ça veut donc dire que bloquer ne sert à rien. Donc c'est pas la peine d'avoir ça puisque peut-être qu'il va rentrer par une autre une autre porte, un autre moyen.
Donc vous ne l'utilisez pas. Est-ce vraiment utile ? D'autres d'autres remarques.
C'est c'est amusant ça. Quand vous dites que votre enfant rentre et vous dites "Je suis en train de jouer." Alors quand on est je pense que vous voulez dire je suis en train de travailler.
C'est c'est rigolo ce mot que vous souvenez vous jouez. Donc en fait votre travail c'est le jeu. Le jeu est un travail.
Je voudrais essayer de comprendre un petit peu mieux ça dans dans votre tête et si votre enfant se destine à faire le bah ce même travail que vous, est-ce que vous pensez que c'est bien, que c'est que que c'est une carrière qui peut être intéressante, qui ouvre beaucoup de possibilités, qui peut être très épanouissante ou est-ce que c'est vraiment un monde très à part ? parce que vous vous avez un langage très à part pour moi qui ne suis pas du tout une joueuse, il faut que vraiment je décrypte, il me faut un décodeur parce que vous avez vraiment des mots qui vous appartiennent, des communautés donc on essaie de de comprendre un peu ce fonctionnement. Donc ça, j'ai trouvé ça tout à fait intéressant de quand vous de de dire de dire ce mot-là.
Est-ce que vous pouvez nous éclairer toutes les deux sur ces remarques que Oui, bien sûr. En fait, moi littéralement, je joue aux jeux vidéo. Euh c'est mon travail, c'est mon travail.
C'est celui d'Ilia aussi. Et on a aujourd'hui la chance de pouvoir allier notre travail et notre passion pour les jeux vidéos. On a un métier passion, ça c'est très drôle.
Euh moi, en plus euh vous m'avez posé la question de savoir si jamais mon enfant euh voulait euh faire du streaming ou autre chose, je l'encouragerai. Je l'encouragerai parce que c'est j'ai la chance d'avoir assez de bouteilles justement pour lui inculquer les les défenses que que l'enfant a besoin d'avoir pour commencer mais également l'encourager. Moi, je vois pas de limite à ce que à ce que mon enfant débute le streaming.
Évidemment, je vais attendre sa majorité euh avant de commencer quoi que ce soit parce que là actuellement euh je crois que c'est minimum 13 ans pour avoir un compte Twitch que ça soit en tant qu'utilisateur ou en tant que streamereuse. Donc moi, j'attendrais quand même un maximum là-dessus parce que faut prendre le temps. Tout ça, c'est une envie.
Et puis surtout enfin se lancer dans streaming, c'est pas forcément faire carrière, c'est avant tout partager des moments avec des personnes. Effectivement se forger une communauté, c'est-à-dire bah se rendre compte que il y a des gens qui ont la même appétence pour les jeux mais aussi les sujets de discussion parce que pareil comme je disais, on parle beaucoup de jeux vidéos mais on peut tout faire sur Twitch. On peut lire des livres, on peut réagir à des reportages, on peut faire du sport, on peut faire de la musique, on peut on peut absolument tout faire.
Et moi, j'ai pas de contrainte là-dessus. Euh mon enfant joue aux jeux vidéos aussi. Je suis toujours présente par contre quand quand l'enfant joue parce que c'est c'est quelque chose que j'aime bien.
Euh l'enfant est pas forcément à droit, donc [rires] je suis là pour récupérer la manette au bon moment. Mais c'est un moment surtout enfin de de partage. C'est une passion que j'aime j'aime voir quand Liel quand Yel est en train de J'ai réussi maman.
Tout ça c'est un c'est un vrai plaisir et si un jour mon enfant me dit "J'ai envie de me lancer dans le streaming dans la création de contenu", je serai là. Je vois pas en fait à quel moment il faut l'empêcher de de se lancer dedans. Je vais compléter ma remarque.
Est-ce que vous pensez que partager avec des êtres humains en vrai dans la vraie vie, c'est pas intéressant aussi ? Où est-ce qu'on pourrait finalement faire une école ? l'école en streaming, plus d'école euh comme le télétravail. [rires] Voilà, je pousse la réflexion jusque là puisque vous faites du sport, vous faites tout en streaming.
Est-ce qu'on peut pas Je suis caricaturale hein, c'est pour pousser la réflexion, il faut penser hors cadre si on veut essayer d'être un petit peu novateur. Bah à ce moment-là, ben plus besoin d'école. Chacun est chez soi avec son streaming.
Tout le monde fait tout chez soi. Non, parce que euh si je pousse si je pousse le le lien également dans ce que vous dites en fait, bah internet n'a pas n'a pas de n'a pas d'essence en fait finalement parce que internet c'est avant tout et au départ rapprocher les gens et diffuser de l'information qu'importe où on est sur la planète, même dans l'espace. Et pour moi euh le streaming n'est pas un moyen de palier à une relation qu'on peut avoir, ce qu'on appelle in real life, IRL.
Euh donc dans la vraie vie, pour moi, c'est quelque chose qui est à part, c'est du divertissement. Euh et comme je disais, faire du sport, tout ça, on est aussi euh face à des personnes qui parfois n'ont pas la possibilité de rencontrer des personnes et puis c'est un plaisir juste de parler. Euh moi pour moi, enfin moi dans mon dans mon dans comment dans ma sur ma chaîne euh lorsque euh il y a beaucoup de monde qui arrive, euh je dis on est en train de c'est le moment balto, balto comme les les bartabats euh d'époque, euh il y en existe encore énormément et parce que pour moi, c'est ce moment où il y a des personnes qui n'ont pas forcément la possibilité de bah de sortir, de rencontrer des gens tout simplement parce que elles sont isolées ou même des personnes qui sont au travail tout ça, on accompagne juste en fait il y a beaucoup de personnes qui voient le streaming comme un podcast interactif, c'est-à-dire qu'ils sont en train de de travailler, ils sont en train de faire leur vie, tout ça et ils nous écoutent.
Il y a pas forcément de d'interaction qui est demandée pour faire du streaming. Notre audience, par exemple, moi je vais avoir entre 80 et 100 personnes qui vont me qui vont me regarder. Je vais peut-être avoir que 20 25 personnes qui vont me parler.
Il y a pas forcément d'interaction qui est faite, mais c'est un divertissement. C'est un divertissement. On peut le voir exactement comme la télévision.
C'est juste que la différence c'est qu'on est sur un contenu chaud donc du live comparé à un contenu froid qu'on peut retrouver sur la télévision ou encore et encore il y a du direct à la télévision mais sur YouTube ou autre chose. Imagineriez pas un monde uniquement en streaming ? Personnellement non.
J'ai trop d'attage, j'ai trop l'envie de voir les les gens pour faire ça, enfin pour ça. Et c'est du divertissement et peut-être que ça va faire un lien avec l'aspect parasocial de de ce qui est de par rapport au métier de de créaturisme de contenu, mais non, je ne vois pas un monde complètement dématérialisé. Annique Billon et ensuite Béatrice, comment ?
Merci. Merci madame la pris bah pourra répondre dans l'ensemble donc je laisse à Oui ben voilà. Merci madame la présidente.
Merci à vous mesdames pour cette présentation. Alors moi une première question très simple. Vous nous avez dit mamica que c'était votre pseudo.
La la réunion de ce matin est enregistrée. Donc désormais tout le monde sait qui il y a derrière ce pseudo en réalité. Non.
Alors c'est Oui. Non mais sur les chaînes on la voit donc juste c'est son nom qui est pas connu mais pas pris c'était la première question. Non non c'est c'est c'est visible.
OK [rires] très bien. Deuxième question. À partir du moment où il y a toute cette ce développement de racisme, de sexisme, de violence, ne pensez-vous pas que finalement si ça se développe sur comme ailleurs dans la pornographie ou dans d'autres circuits, si ça se développe, n'est-ce pas ?
Parce qu'il y a finalement un public pour cela ? Est-ce que le public vient chercher cela aussi dans la communauté ? C'est une question que je me pose parce que lorsqueil y a quelque chose qui se développe, c'est qu'il y a des clients.
Donc est-ce que il y a un une clientèle, un public pour cela sur le streaming ? Et j'ai des questions un petit peu techniques parce que mon degré semble-t-il de connaissance du streaming et du fonctionnement est peut-être un peu léger. Je voudrais d'abord euh vous poser des questions extrêmement précises sur comment s'organise votre travail.
Euh c'està-dire est-ce que vous avez euh estimé qu'il vous fallait une formation spécifique pour développer ce travail ? Ensuite, quelle est votre rémunération ? Ensuite euh la question également euh vous vous êtes en auto-entrepreneur, vous êtes en quel système ? et puisque il a été question beaucoup dans nos travaux travaux législatifs de budget et de retraite, comment cotisez-vous pour la retraite par exemple et quelles sont les règles de déontologie que vous vous appliquez que vous appliquez ?
Est-ce qu'il y a un cadre spécifique que vous appliquez à votre communauté ? Quelles sont vos limites dans l'exercice de votre métier ? Et puis juste par rapport aux rèes numériques, on le voit, on a légiféré notamment sur la haine en ligne. on arrive à bloquer la haine en ligne désormais pour ma part ayant été et régulièrement victime j'ai un rendez-vous tout à l'heure avec une entreprise d'ailleurs pour cela, ayant été victime de raides numériques depuis 2021 régulièrement des raides extrêmement violents, des raides massifs. le blocage auquel faisait référence notre collègue et rapporteur Marie Mercier.
Lorsqu'on nous dit il faut bloquer, il faut se rendre compte que quand vous avez des dizaines de milliers de messages sur X sur sur tout un tas de réseaux sociaux, c'est juste impossible de bloquer. Il faudrait embaucher une armée pour réussir à bloquer les comptes. Donc est-ce que Faros finalement a suffisamment de moyens ?
Est-ce que on est en capacité ? Est-ce qu'il faut modifier ? Qu'est-ce qu'il faut modifier dans la loi pour que les dépôt de plainte soit plus fluide ?
Est-ce qu'on a besoin d'outils nouveaux pour pouvoir lutter contre toutes ces violences, toute cette agressivité, toutes ces attaques que vous avez pu subir et donc vous avez témoigné ? Je vous remercie mesdames. Je laisse la parole à Béatrice Boisier.
Vous euh Non, c'est rien. Excuse-moi Béatrice Goselin. C'est c'est je sais pas pourquoi j'ai B [rires] je crois qui est une femme très bien par ailleurs mais qui n'est pas toi Béatrice Gossin.
Merci à vous de ce présentation. Alors, je vousais m'excuser mais je suis vraiment complètement étrangère au jeu, donc je n'ai pas votre vocabulaire et c'est vrai que moi, c'est tout un dictionnaire qu' me qui me manque. Donc, vous avez parlé tout à l'heure ITA, de cette plateforme Switch qui est une plate qui est une personne plateforme américaine et vous disiez que pour éviter d'être contrôlé et d'être bloqué, ils utilisent des termes qui sont des synonymes mais qui sont tout aussi violents.
Et on peut faire le la comparatif avec ce qu'on a vu sur le masculinisme où tout ce qui est possible est très accessible est en fait aussi sur la ligne rouge. C'est-à-dire, on n'utilise que des mots qui sont possibles, mais ça n'empêche pas d'être sur des propos qui qui sur le fond aussi violents. Est-ce que bah alors c'est une c'est une question he qu'est-ce qu'on pourrait faire au niveau législatif pour justement voir que ces passerelles existent et qu'elles empêchent de de de d'avoir des plaintes même si elles sont très compliquées mais on peut les poser quand on n passé ses limites.
Mais qu'est-ce qui pourrait être fait pour que justement on nit pas cette porosité entre ce qui est possible dans les termes et ce qui ne l'est pas ? Merci. Alors là pour le coup euh je peux répondre maintenant ?
Pardon ? Oui. Ultra, allez-y.
Euh là pour le coup, je pense que c'est pas tant d'un point de vue plainte parce que moi par exemple, j'ai pas porté plainte contre ce streamer parce que bah c'était tellement pas tangible en fait son harcèlement que je savais que ça mènerait nulle part. Euh cela dit, je pense que c'est plutôt du côté de Twitch. Moi, pour moi, Twitch ne risque rien à lui dire "En fait, quand tu dis ce mot, pour dire ce mot, ça va pas, ça nous va pas.
On sait très bien ce que tu dis. On te voit. On a compris que c'était homophobe, raciste ou misogyne, peu importe.
On a compris ce que ça voulait dire. Tu es vu, on te voit et on ne va pas te mettre en avant et on va t'enlever ton partenariat. Par exemple, parce qu'il existe une possibilité de partenariat sur Twitch aujourd'hui, si on fait assez de vues sur la plateforme, on a un petit logo, un petit macaron officiel qui fait que on est reconnu par la plateforme, on est partenaire Twitch et on peut avoir des avantages en particulier avec ce partenariat.
Pourquoi on n'enlèverait pas le partenariat à cet homme-là par exemple ? Pourquoi on narrêterait pas juste tout simplement de le mettre en avant ? Voilà.
Mais je pense pas hélas hein, que d'un point de vue légal, on puisse faire quelque chose contre le dog whistling, donc le fait de d'appeler quelque chose par autre chose pour contourner la loi. Euh je ça je sais pas franchement, je pense que c'est pas dans mes corps de trouver une solution sur ce truc malheureusement quoi. Et sur les questions d'Anic Billon, les unes et les autres.
Donc entre autres, est-ce que vous avez un statut d'auto-entrepreneur par rapport à ça ? Comment ça se gère ? Moi, je suis en auto-entreprise, donc je déclare mensuellement à l'URSAF qui me permet de cotiser un petit peu.
Euh c'est comme ça, moi ma rémunération, elle se base sur euh les donc les abonnements qui se font sur ma chaîne. Donc c'est euh au bon vouloir des personnes de ma communauté. Euh j'ai la chance également d'avoir des collaborations avec des marques donc on ce qu'on appelle des des OPSP, des opérations spécial où en fait on va mettre en avant euh un contenu euh selon un cahier des charges précis contre une rémunération fixe.
Moi, je demande à chaque fois avoir une rémunération fixe dessus, sachant qu'il y a la possibilité aussi d'avoir un pourcentage sur les ventes qui se qui se font. Euh et a quoi tout comme question sur l'organisation ? Oui, l'organisation.
Euh l'organisation. Alors moi, je suis quelqu'un de très tranquille. Euh j'ai la chance d'avoir une communauté qui euh comprend mon rythme de vie, mais en fait au niveau de l'organisation, j'ai pas fait de formation.
Par contre, j'en donne je donne des formations maintenant sur comment se lancer sur Twitch, comment modérer tout ça, comment animer en live. Mais moi, j'ai pas fait de formation. J'ai juste allumé mon ordinateur, allumé ma caméra, allumé mon micro.
Je me suis lancée et en fait au fur et à mesure on se on se forme soi-même par rapport aux différents sujets avec lesquels on est à l'aise et euh ceux aussi qu'on ne veut pas aborder. Et ça rejoint justement ce que vous ce votre question sur la déontologie. Euh moi, j'ai euh ce qu'on appelle une ligne éditoriale et à peu près tous les créaturistes de contenu en ont en ont une à savoir.
Je vais euh aborder euh des sujets, je ne vais pas en aborder d'autres, je vais proposer certains contenus, je ne vais pas en en proposer certains. Euh il y a par exemple, moi vous me verrez jamais faire de sport sur ma chaîne parce que je n'aime pas ça tout simplement. s'il y a pas forcément d'autres d'autres raisons.
Euh il y a des euh moi par contre, j'ai aucun problème à parler de sujet d'actualité, de sujet politique. C'est c'est un endroit où je suis à l'aise et je sais que ma communauté l'est aussi à beaucoup d'égards et je trouve que justement les échanges ça va ça va être très bisounours ce que je vais dire mais moi j'évolue en même temps que ma communauté et j'ai la chance d'avoir une communauté assez diversifiée pour justement aborder différentes thématiques, différents sujets pour qu'on puisse justement en en parler ensemble. Mais déontologiquement vraiment moi la base par contre c'est mon enfant.
Je ne crée pas de contenu qui implique mon enfant. Je ne montre pas son visage sur n'importe quel réseau. Euh je ne crée pas du contenu avec elle.
Euh il en va de même avec le reste de ma famille. Je je je me dis que bah c'est pas ils ont pas à être impliqués dans dans tout ça directement. Il y a aucun prénom euh qui sort.
Moi, s'il y a des personnes de mon entourage qui sont sur mes réseaux, que ça soit sur Twitch ou ailleurs, euh ils ont ils ont la pleine conscience de la chose et ils ont le j'ai leur autorisation au préalable. Mais voilà, je Et oui, alors moi j'avais une petite question complémentaire parce que effectivement vous dites que euh votre communauté habitué à votre rythme, vous commencez quand euh et euh ça fait un peu référence au euh aux agences de talent qui cherchent de la performance et on a eu ici il y a quelques années une mission d'information sur l'ubérisation et globalement euh les femmes étaient plutôt discriminé parce qu'elle pouvait pas se connecter au bon moment et qu'il y a des heures sur lesquelles c'est plus efficace que sur d'autres et donc du coup ça peut être incompatible avec le fait que ben cette heure-là c'est peut-être le moment où on emmène son enfant à l'école et donc bah on n'est pas connecté à ce moment-là ou c'est le soir enfin donc est-ce que ça c'est quelque chose qui pourrait euh agir justement chez les streameuses ce manque de performance qui serait lié à des horaires différents Alors pour la partie effectivement des streameuses, ell vivent quand même pour l'essentiel. Là, on a la chance d'avoir des profils qui ont une certaine communauté et qui sont déjà bien installés.
Mais pour l'essentiel des forces, on est sur des femmes qui euh ont besoin d'un emploi à côté, qui font ça vraiment si elles arrivent à en percevoir une rémunération, c'est minime. La enfin le nombre de femmes qui perçoivent par exemple ne serait-ce qu'un SMIC sur la plateforme Twitch ou YouTube, euh ça représente à peine à peine 5 %. parce que les il y a que 10 % de femmes qui arrivent à vivre grâce à ce travail- là de streameuse.
Et encore une fois, ce n'est pas les revenus générés via Twitch en lui-même, c'est via ses collaborations commerciales, que ce soit en direct, donc une marque qui contacte directement la streameuse ou via une agence. Mais cette agence- là va prélever évidemment également elle aussi une part de rémunération d à cette mise en relation et l'organisation de les des collaborations et des contrats. Et il est vrai que il y a un entoooit et cet entreoislà il suppose que la streameuse, la créatrice de contenu doit se rendre disponible.
Déjà, on a un parti événementiel, divertissement, on sait qu'on peut être prévenu relativement tard. Aujourd'hui, je pense qu'ulia, elle fait partie de ces rare personnes avec mameka qui sont sollicité un mois, de mois à l'avance et qui sont déjà bouclés même à cette période-là. Pour autant, les opportunités professionnelles peuvent souvenir à n'importe quel moment, d'autant plus dans la partie création de contenu et événementiel.
Et donc ça suppose une disponibilité permanente pour ne pas louper ces moments euh de euh bah de d'événements, ces opportunités euh de financement. Et c'est vrai que quand on est une femme, on n'a pas forcément cette disponibilité-là de par le fait qu'on est plus souvent cenonné à un rôle à la maison pour gérer l'organisation et d'autant plus quand on a un enfant. Peut-être une petite précision.
C'est vrai que parfois on oublie que en fait les streamers et streameuses qui réussissent sur la plateforme sont vraiment une portion extrêmement minime pas juste des spectateurs, mais des personnes qui euh euh qui en entre guillemets travaillent enfin qui ont ce pass-temps de streamer. vraiment plus de 90 % des streamers et streameuses le font devant quasiment aucun public, ne perçoivent aucune rémunération et sont c'est plus vraiment un passe-temp et en fait et ces personnes-là sont aussi importantes, je pense, à prendre en compte parce que potentiellement peuvent être aussi susceptibles de subir plus facilement des raides ou alors des commentaires et elles sont complètement isolées aussi sur ces plateformes là. Et pour le coup là, c'est vraiment une activité passion et pas du tout un travail.
Donc je pense qu'en fait ce qui est difficile c'est qu'il y a vraiment un peu les deux cas de figure. L'immense majorité des streamers en fait sont très seuls et font ça voilà un peu tout seul dans leur coin devant une à deux personnes qui peuvent regarder de temps en temps. Euh et une plus petite partie euh bah cumule justement un peu plus le les entre guillemets les les views et donc les le richesses.
Je sais pas c'est pas le terme mais merci. Et ce qui est d'ailleurs très paradoxal, c'est qu'il y a énormément de communication qui est fait pour valoriser ces profils-là féminins par les plateformes alors que finalement elle représente une minorité euh de ces créatrices qui arrivent à en vivre. Et donc c'est toujours très intéressant de mettre ça en parallèle parce que c'est de la même chose qu'on peut retrouver finalement dans l'écosystème du jeu vidéo où vous allez avoir énormément de consommatrices donc qui sont là de façon paritaire à jouer et à consommer et pour autant on ne les retrouve jamais dans les entreprises mais elles sont valorisées.
Donc on a tendance à croire que si la situation s'améliore et qu'elle va même pour le mieux alors que au final elle régresse et même je dirais qu'elle subit par les temps qui courent au niveau que soit des politiques et même donc de cette montée des extrêmes de la misogénie que je ne vous apprends plus des difficultés beaucoup plus réelles et encore très actuelles. Et je rebondis rapidement sur le fait que Pha aujourd'hui euh nous on l'a contacté plusieurs fois et on a très très peu de réponses parce qu'on sait qu'ils sont débordés. Et là on est sur des cas encore une fois euh c'est vrai que ce mot revient souvent lors de cette audition.
Euh beaucoup de des de des femmes ici ont eu la chance de pouvoir avoir des liens directs. Nous, on sait que on est régulièrement aussi contacté par d'autres petites streameuses, influenceuses qui ont des communautés alors qui sont déjà quand même assez conséquentes, une dizaine, quinzaine de milliers d'abonnés sur différentes plateformes, mais du jour au lendemain, elle se retrouve donc euh au centre d'un scandale, d'une vidéo, des propos qui ont été montés en épingle, détourné, elles subissent une vague de harcèlement et quand là on contacte Pharaos, ils ne peuvent pas les aider parce que le phénomène n'est pas assez important. Il y a une hiérarchie malheureusement des violences et ça on le constate et on le regrette profondément et Pharaos le regrette aussi mais comme on a pu l'aborder rapidement, il y a énormément de sollicitations et si ce n'est pas une personnalité très connue, ça demande encore plus d'effort d'aller sur ses sur son compte, de prendre connaissance de son profil parce que forcément il n'est pas médiatisé donc on ne sait pas qu'est-ce qu'il lui reproché.
On ne connaît même pas cette personne, comment la défendre ? Et cette personne-là, en attendant nous envoie des messages euh de panique, d'abandon et nous, on est totalement démuni parce que même si on a beau avoir des liens privilégiés, que ce soit avec les plateformes, avec euh et bien aussi les modérateurs et l'État, pour autant l'action réelle derrière n'est pas n'est pas possible. Euh nous avons alors puisque nous travaillons sur le masculinisme, nous avions auditionné Pharaos.
Euh mais effectivement c'est vrai que Faros même si il y a une plateforme pour le contacter en direct pour pour moi c'était vraiment du second niveau. C'estàd que la première plainte elle est censée être en police et en gendarmerie. Et évidemment euh les le policier qui vous a reçu comme il vous a reçu ou le gendant qui ne sait pas ce que c'est que le féminisme euh sont enfin des très mauvais exemples et et on on se bat tous les jours pour qu'il soit formé.
Euh voilà, comme nous on apprend des mots avec vous, eux, on essaie de leur apprendre des mots. Féminisme, égalité, euh violence intrafamiliale. 80 % de victimes sont des femmes.
On on fait aussi notre travail d'acculturation vis-à-vis d'eux et enfin en tout cas, on demande régulièrement au ministère de l'intérieur de le faire. Donc, je vois que il y a encore du progrès à faire. il se forment, ils se forment mieux, hein.
Moi je vois dans mon département, ils ont même appris le mot contrôle coercitif. Donc on avance vraiment bien mais pas partout et pas de façon égale. Et donc euh alors on aura peut-être plus de chance sur les les le jeu vidéo parce que pour le coup peut-être que un certain nombre connaissent mieux que il ne connaissent le féminisme.
Mais encore que je sais pas si votre gendarme connaissait mieux les jeux vidéos que le féminisme mais on entend bien. et Pharaos effectivement qui a aidé à juste je reprends la partie masculinisme à déjouer trois attentats l'année dernière trois attentats masculinistes à un rôle très important mais ils sont censés lutter contre tellement de choses effectivement qui sont clairement pas assez nombreux et c'est pourquoi pour moi je pense que ils ne doivent ils ne devraient être qu'en seconde ligne pour que le gendarme et le policier qui vous accueille sache déjà poursuivre quoi sans avoir besoin de d'avoir Pharaos et que Pharaos intervienne bah quand il y a un vrai risque d'attentat, quand il y a quand il y a je pense entre autres au problème de de viol d'enfant, enfin de voilà des choses très très graves. Il faudrait qu'effectivement les les gendarmes et les policiers sachent lutter contre le harcèlement que je dirais presque classique aujourd'hui.
Oui. D'autant plus que cette action globale, elle est très importante puisqueen fait on parle beaucoup de Twitch mais il n'y a pas que Twitch, il y a effectivement YouTube Live, il y a la plateforme Kick qui a quand même aussi beaucoup fait parler d'elle. Euh, il y aura toujours d'autres plateformes, d'autres réseaux sociaux qui vont reprendre euh où en fait où il va y avoir les mêmes euh les mêmes actions, les mêmes problèmes.
Et donc effectivement, il faut qu'il y ait un une action euh transverse et légale plutôt que directement uniquement se contenter euh de discuter avec les plateformes, même si évidemment c'est très important. Et puis bah il est l'heure de de Donc sur le une réponse sur l'intérêt au nom du blocage d'un harceleur. Bah oui.
Non mais je pense qu'il y a un intérêt réel à bloquer les harceleur. Euh mais là effectivement Ultial dit c'est Twitch doit aussi faire son travail pour faire que l'espace soit safe. Moi, j'ai appris des auditions de ce matin que le harcèlement sexiste, raciste et homophobe était particulièrement fort en France et qu'on ne retrouvait pas ailleurs.
Donc c'est bah c'est intér assez intéressant de se demander pourquoi pourquoi particulièrement chez nous. Euh j'ai aussi entendu une chose qui m'a marqué que les violences sexistes étaient encore plus importantes probablement sur les jeux de guerre. Euh et quand on sait que derrière, puisqu'on a aussi fait une table ronde il y a peu de temps sur les viols de guerre qui sont devenus une véritable arme de guerre, on se dit que sil commence déjà au moment où il jouent, effectivement, on peut comprendre que quand ils arrivent sur les champs de bataille, ils soient pas beaucoup plus doux.
Euh et donc voilà. Et j'ai bien entendu aussi la poursuite si récidive. Alors, je pense que quand il y a récidible, faut forcément aller le signaler puisque les policiers sont pas forcément mais ça devrait pouvoir être light, on est d'accord pour tout de suite faire tomber.
Alors, je sais pas si la personne sur la pour laquelle du coup vous n'avez pas porté plainte Ultia avait par exemple du surcis ou je sais pas à quoi il a été condamné, mais je sais qu'il y a une loi qui arrive qui va faire que Dorén avant à la première cartale, le surcis tombe vraiment et rapidement. Alors pardon, j'ai pas la personne auprès de qui je n'ai pas porté plainte non de contre laquelle vous n'avez pas porté plainte celui qui a récidivé en fait et du coup vous n'avez pas porté plainte contre lui contre lequel j'ai pas à nouveau porté plainte bien sûr. Oui oui oui oui évidemment.
Euh c'était quoi la question du coup ? Il avait été est-ce qu'il avait par exemple du surcil dans ses condamnations ? Oui très bien.
Du surcil dans ces condamnations. Voilà. Alors on va attendre que la loi la loi surpasse mais le principe c'est que dorénavant quelqu'un qui récidive son surcis tombe immédiatement.
Donc peut-être que ça peut calmer ça parce que moi je alors ça pourra à ce moment-là ça pourra valoir le temps le le coûpt d'aller porter plainte. Oui, oui, peut-être, probablement. Oui, oui, vous avez raison.
Et alors, je voulais juste dire que je disais pas que c'était inutile de bloquer ou que je ne bloqué plus. Moi aussi, hein, je bannis définitivement sur ma chaîne. Je bloque énormément.
Enfin, ça c'est une certitude. C'est juste que cette personne-là, je voulais pas la bloquer parce que bah, comme elle a interdiction de me contacter, je voulais au contraire qu'elle puisse potentiellement le faire pour que elle puisse potentiellement être punie en fait. Mais euh du coup voilà, c'est pour ça.
Tout à fait. OK. Ben écoutez, il me reste à vous remercier euh pour cette table ronde qui était assez intéressante et qui vient euh euh on je l'avais dit quand euh on avait reçu Woman Games, la première table ronde qu'on avait eu franchement nous avait expliqué que non, finalement tout était idylique.
Il y avait effectivement une bonne modération, des contenus, des chats et cetera. Bon, on voit que ce monde n'est pas si dilink, qu'il est et qu'on peut donc l'améliorer. Et en tout cas, c'est ce à quoi nous essayons de contribuer.
Donc vous nous y aidez et merci beaucoup pour vos interventions et puis bah comme je conclus toujours notre rapport sera remis au mois de juin et espérons qu'il sera utile et qu'il viendra aussi vous accompagner par ailleurs. Merci. Merci beaucoup.
Dominique Verien