Présidentielle : Édouard Philippe, favori trop tôt ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue, c C'est Sens Public, votre rendez-vous quotidien de débats, chroniques et reportages. 90 minutes, deux grands thèmes seulement pour donner à nos experts le temps de donner du sens à l'actualité avec au sommaire de ce 31 mars notre baromètre politique qui replace Edouard Philippe au premier rang des candidats à la présidentielle.
C'est même le seul qui pourrait l'emporter face à Jordan Bardella au second tour, mais ce costume de favori n'est-il pas trop lourd à porter ? De Jospin à Juppé en En passant par Strauss-Kahn, nombreux sont ceux qui ont trébuché avant de passer la ligne d'arrivée. Est-ce forcément une malédiction ?
On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, cette question sur les risques de guerre où éclatera la prochaine étincelle à Taïwan, en Turquie, à Cuba ou dans l'Arctique. Nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale stratégique et notre sécurité internationale.
Cette immense île non sécurisée fait en réalité partie de l'Amérique du Nord, à la frontière nord de l'hémisphère occidental. C'est notre territoire. Face à un allié aussi critique et imprévisible que Donald Donald Trump face aux menaces russes, à la pression économique chinoise.
Comment la France et l'Europe peuvent -elles s'imposer ? C'est une plongée dans le nouveau désordre mondial que l'on vous propose dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, vous pouvez participer, scanner notre QR code.
Pour commencer, on vous raconte l'histoire d'un ancien Premier ministre qui retrouve le premier rang dans la course à l'Elysée. Jérôme Rabier. Il était il y a quelques semaines menacé dans son fièvre du Havre mais se retrouve désormais au plus haut dans les sondages.
Edouard Philippe signe la plus forte progression dans l'étude Odoxa-Mascaré pour Public Sénat et la presse régionale, avec Avec 36 % d'adhésion, il monte à la deuxième marche, juste derrière Jordan Bardella et devant Marine Le Pen. Mais surtout, il se détache dans les intentions de vote au premier tour et atteint la barre des 21%, loin devant ses poursuivants de gauche et Bruno Retailleau, lui pronostiquant une qualification pour un duel face à Jordan Bardella. Tout sauf une surprise pour le patron des députés Édouard Philippe est dans le jeu des candidats un de ceux qui est placé, il a été Premier ministre du premier gouvernement d'Emmanuel Macron, on sait les capacités, les les qualités qui sont les siennes, attention aussi à ne pas saturer l'espace de « il a gagné ».
Alors que la droite et le centre s'interrogent sur une candidature unique à la présidentielle. Edouard Philippe pourrait être un trait d'union. entre ceux qui ont soutenu Emmanuel Macron et les LR dont il est issu.
Oui, ça fait partie des possibilités, je vous le disais. Aujourd'hui, après sa victoire au Havre, Edouard Philippe, qui avait conditionné aussi la suite de sa candidature présidentielle au score qu'il pourrait faire dans sa ville du Havre. Aujourd'hui, on voit que ça a redynamisé sa candidature.
Tous à droite ne sont pas d'accord pour se ranger derrière l ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron. Mais Edouard Philippe a un avantage de poids. Il est désormais donné gagnant au second tour face à Jordan Bardella, et c'est le seul candidat dont c'est le cas, avec 52 2 % d'intention de vote.
Mais à plus d'un an de l'échéance, la route est longue pour celui qui connaît bien les soubresauts d'une campagne présidentielle et qui s'est déclaré candidat depuis un an et Parti horizon sur le travail et l'emploi, conseiller municipal à Neuilly. Expert à l'Institut Montaigne, avocat associé chez Flichy Granger et co-auteur avec Bertrand Martineau de ce livre « Le travail et la solution » publié chez Hermann. Valérie Lecable, bonsoir, bienvenue Vous êtes éditorialiste au Libre Journal, c'est le nouveau nom de ce site d'information depuis quelques jours.
Jonathan Boucher-Pétersen, bonsoir Jonathan, bienvenue, éditorialiste politique à Libération. Et pour sens public, baromètre, Odoxa, mascaré pour la presse quotidienne régionale et Public Sénat, comment expliquer Céline Braque ce rebond d'Edouard Philippe ? Il y a clairement un effet municipal puisque c'est vraiment quand quand on voit ce que nous observions dans notre baromètre politique du mois dernier et le baromètre politique ce mois-ci, eh bien il y a une progression très nette en popularité sur notre cote d'adhésion des Édouard Philippe, de plus 8 points.
Et puis, ça se traduit clairement en intention de vote. Effet municipal parce que le fait d'avoir remporté le Havre, très clairement, ça lui profite. Ça fait que, de nouveau, il est visible.
De nouveau, les Français qui se sentent du centre ou de partis de droite considèrent que ça peut être leur candidat. Et puis, double effet municipal parce que le fait que le rassemblement national est objectivement remporté un nombre de communes important lors de ces municipales et que subjectivement les français considèrent que c'est le seul parti qui est vrai vraiment gagnant de ces municipales, ça fait peur à certains, ça concrétise pour beaucoup un risque Rassemblement national et ça remobilise autour d'Edouard Philippe. Avec le temps qui passe, Franck Morel, Edouard Philippe est-il de moins en moins l ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron ?
Est-ce qu'il cherche à gober cette étiquette quand même ? On est toujours le fruit d'une histoire et le fruit d'un parcours politique. Donc il ne cherche pas à le gommer, d'autant plus que la période durant laquelle il a été Premier ministre a été une période qui a été assez riche en réformes.
Je peux témoigner par exemple, puisque j'étais son conseil social, de la réforme du code du travail, la réforme de la formation professionnelle qui a boosté l'apprentissage et une période durant laquelle on n'a pas à rougir des résultats en termes de maîtrise des déficits, puisqu'on en parle beaucoup en ce moment, ou de baisse du taux de chômage. Donc effectivement je pense que le moment venu c'est des choses qu'il faudra mettre en avant mais en même temps un candidat...
Il a su s'en détacher aussi...
Il a su s'en détacher parce qu'il a sa propre identité et il veut mettre en avant évidemment sa propre identité, de centre droit donc effectivement. Et puis le moment venu c'est aussi sur un projet qu'un candidat est jugé. Donc effectivement il faudra mettre en avant ce projet.
Moi je voudrais dire une chose, autant il fallait garder la tête froide quand les sondages étaient moins bons, il faut aussi garder la tête froide quand les sondages sont meilleurs. Alors évidemment on ne va pas...
Vous n'allez pas bouder votre plaisir. On ne va pas bouder son plaisir bien Bien évidemment on prend ça avec beaucoup de satisfaction. Et surtout je voudrais remondir sur un point que vous notiez, c'est qu'Edouard Philippe était le seul de tous les candidats qui sont testés en tout cas dans le sondage en question, qui était tête de liste aux élections municipales.
Donc qui avait pris la décision de se présenter devant les électeurs. Et ça c'est quelque chose effectivement sur lequel il capitalise de manière légitime. Alors c'est vrai que c'est aussi le verbatim ou le récit du corps d'Édouard Philippe depuis, un peu avant d'ailleurs le second tour et depuis cette victoire au Havre.
Mais on peut considérer qu'il y a une sorte de prime au risque finalement pris par Édouard Philippe en se présentant face aux électeurs. Il y a eu une formidable communication en tout cas parce que c'est vrai qu'il y a eu ce sondage où on l'a vu en difficulté et finalement ça a mobilisé son électorat et le parti communiste n'est pas passé. Mais ce que je voudrais ajouter, que vous avez très bien dit d'ailleurs, c c'est qu'il y a une vraie dynamique pour les vainqueurs des municipales d'une façon générale.
Si vous regardez Emmanuel Grégoire, il prend aussi 7 points de code de popularité. Éric Ciotti en prend beaucoup aussi. Donc il y a eu vis-à-vis de l'opinion et vis-à-vis des Français dans la code de popularité des hommes politiques, une progression forte au moment des élections municipales.
Et comme vous l'avez dit, comme étant Philippe était le seul parmi les candidats possibles à l'élection présidentielle à être vraiment en lead sur ces élections municipales, peut-être que la prudence qu'on peut avoir aujourd'hui c'est de se dire qu'il a cumulé les deux et que c'est lui qui parmi les candidats était le seul à avoir cet avantage là donc peut-être on s'en reparle dans quelques mois pour être sûr que ça tient quoi et que c'est pas juste l'effet municipal qu'il a cela dit juste juste un mot c'est formidable comme rebond. C'est assez exceptionnel dans l'histoire politique de voir quelqu'un qui a autant dégringolé et qui reprend 8 points derrière, c'est pas tous les jours. Donc rien que ça... – Mais ça dit peut-être aussi quelque chose de la volatilité de l'opinion. – Oui – Oui mais c'est une belle performance qu'il faut souligner. – Avec un Jordan Bardella qui reste à un niveau élevé, il atteint la cote d'adhésion de 38 % qu'il ne l'a jamais atteinte depuis que nous le testons. – Oui, c'est l'intérêt de ce baromètre.
C'est vraiment un travail sur le long terme. Et donc, ce n'est pas une fragilisation de Bardella qui explique que du coup, Edouard Philippe se remet à être...
Après, dans le récit, pardon, vous l'avez évoqué, le fait qu'il y ait eu un sondage qui nous disait qu'Edouard Philippe va peut-être perdre pour que finalement il l'emporte, ça a sans doute mobilisé son électorat et puis ça permet d'avoir un joli récit de victoire. Ça n'a pas été fait exprès, non. Ah je ne dis pas ça Pour occuper avec un peu de délectation le rôle de la mauvaise langue.
Allez-y ! Je crois que si on reprend un tout petit peu de recul au-delà d'un mois, c'est surtout la fin du trou d'air pour Édouard Philippe. C'est-à-dire qu'il y a déjà eu bien des sondages.
Et pendant longtemps, c'est ce qui faisait son statut d'homme fort de la présidentielle, c'est qu'il était largement à 21, voire au-dessus dans certains sondages, que malheureusement pour lui, il a parlé, il s'est un petit peu découvert, il a pris ses distances de façon jugée maladroite, ça chacun un on peut avoir son avis vis-à-vis d'Emmanuel Macron. – Quand il avait évoqué l'hypothèse d'un départ anticipé du Président. – Ça a été vécu non pas comme une prise de distance, mais comme une forme de déloyauté.
Voilà, donc il y a une forme boostée par tout ce qu'on a raconté de cette séquence municipale, de retour à la normale. Et je constate que dans le même temps, celui qui lui conteste un peu cet électorat, c'est quand même en premier lieu Bruno Retailleau, qui, quand il était ministre de l'Intérieur, était sondé à 14, et aujourd'hui est plutôt à 8. Il y a une une conjonction.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait un souffle, Édouard Philippe. C'est sûr, c'est qu'il y a la fin d'un trou d'air. Alors on va continuer d'en parler.
Vous allez tous pouvoir aller un peu plus loin dans vos analyses. Mais on regarde un autre élément de ce baromètre. Si on compare Édouard Philippe à d'autres candidats du camp présidentiel ou du camp macroniste il est à 47 % quand Gabriel Attal est à 36 % la question c'est quelle personnalité ferait de bons candidats pour leur camp Gérald Darmanin à 32 Alors, on a beaucoup parlé de l'effet municipal.
C'est une braque si on analyse peut-être...
Et c'est là que ce baromètre est intéressant sur la durée, ce qui forme le socle de sympathisants d'Edouard Philippe. Et peut être ce qui pourrait être aussi une forme de faiblesse dans ce socle. Qu'est-ce que vous pouvez en dire ? la droite et du centre au premier tour et au second tour, c'est ça qui donne ce 52-48 % en sa faveur, à pouvoir rassembler derrière son nom des électeurs, y compris de Jean-Luc Mélenchon, qui se disent qu'au fond, on va peut-être se mobiliser pour éviter le rassemblement national.
Donc il arrive à avoir, pour le moment en tout cas, je pense que Jonathan a raison de le dire cette figure de rassembleur. Ça, c'est vraiment sa force. Sa faiblesse, c'est en effet, dès qu'il se met à évoquer des propositions possibles en vue de la présidentielle, il dévisse systématiquement dans l'opinion.
Et donc il ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens, parce qu'au fond, pour le moment, en termes de positionnement, les Français considèrent que c'est un centriste moins le mépris que leur envoie Emmanuel Macron. En tout cas, c'est ce qu'imagine l'opinion. Maintenant, quand il voit qu'en termes économiques, il a l'air d'être encore plus libéral qu'Emmanuel Macron et la retraite à 67 ans lui a fait grand mal.
Eh bien, immédiatement, il perd des points dans l'opinion. Donc c'est la grosse faiblesse d'Edouard Philippe. – Oui.
Franck Morel, est-ce qu'il nous promet forcément du sang et des larmes et que c'est pour ça qu'il prend le temps avant de donner le détail de son programme ? – Alors, il part d'un pari qui me paraît sain, c'est que nos compatriotes sont prêts à entendre la vérité sur l'état de notre pays et sur les réformes qui sont nécessaires et qui en découlent je voudrais apporter un petit correctif si vous me le permettez par rapport à ce que vous disiez la première fois qu'édouard philippe s'est exprimé de manière un peu construite sur les retraites dans la période dans les sondages. Le trou d'air que vous évoquiez tout à l'heure, il a été consécutif à la déclaration qu'il avait faite sur la démission du président de la République, ce qui est autre chose.
Sur les retraites, il n'avait pas perdu dans les sondages dans la période qui a immédiatement suivi. Donc après, il faut voir ça sur le long terme, bien évidemment. Vous avez raison, il faut voir ça sur le long terme.
Et l'élection, c'est un marathon suivi d'un sprint. Donc effectivement, il va falloir travailler sur la montée en puissance progressive des propositions qui seront mises sur la Mais le pari de départ, c'est effectivement de parler à l'intelligence de nos compatriotes et de ne pas être démagogue. Et donc de mettre sur la table un certain nombre de propositions qui viseront notamment à rendre soutenable notre modèle social, bien C'est un marathon avec des haies, en plus.
Exactement, avec des haies et avec des moments. Si on est dans l'image athlétique ou sportive. Absolument, et avec des moments, c'est-à-dire qu'il y a des moments où un certain nombre de propositions vont être mises sur la table.
Il a commencé dans la période récente, d'ailleurs. Mais est-ce qu'il les retarde, ces propositions ? Je pense qu'il y a une gestion du temps, en tout cas.
On a fait le teasing peut-être un petit peu tôt, parce que comme il y a une gestion du temps, vous allez voir, ça va dépoter, vous allez voir, là on n'est plus dans la demi mesure...
Non, mais je suis d'accord avec vous. Il y a une gestion du temps parce qu'il y a un souci de ne pas dévoiler toutes ses cartouches tout de suite et de dévoiler son programme progressivement. C'est déjà potentiellement une cible, lui ou un Jordan Bardella, à partir du moment où il est donné favori.
Donc, plus il dévoile ses cibles, ses pistes de programme, plus il devient...
Mais c'est toujours difficile de faire la course en tête et c'est vrai qu'il sort quand il commence à descendre des propositions qui ne sont pas toujours totalement à droite, mais je trouve qu'à droite en un seul mot, pas à droite en un seul mot, pas à droite en deux mots. Oui, c'est simplement en cas de second tour, il l'emporterait. Encore une fois, photographie, on aurait pu commencer par là, à l'instant je voudrais souligner un paradoxe c'est que comme l'a dit céline braque il est le seul pour lesquels au second tour quand vous regardez la gauche peut voter c'est C'est lui qui va chercher...
Il y a 29 % de socialistes qui trouvent qu'il a une bonne cote de popularité. Et d'ailleurs, à l'inverse, quand vous regardez à gauche, le seul pour qui il a droit de vote, c'est Raphaël Glucksmann. Donc ce sont les deux qui s opposent comme ça, enfin en tout cas en popularité, je pense que ça doit se retrouver dans les votes.
Et quand vous regardez les mesures qu'il a prises quand il était Premier ministre, c'était pas du tout ça. Parce qu'en fait, il avait fait l'âge pivot à 67 ans qui a quand même mis à mal la réforme de retraite à point qui était quasiment en train d'être bouclée et qui a provoqué un rejet et qui a fait qu'on n'a jamais pu faire cette réforme. Et la deuxième chose, souvenez-vous, la taxe carbone avec les gilets jaunes c'est Edouard Philippe au départ quand même.
Donc ce que je veux dire, c'est qu'effectivement quand il parle, il a une sorte de maladresse politique, il a un positionnement politique qui est plus à droite que l'image qu'il a. C'est assez étonnant finalement, puisqu'il attire la gauche comme celui qui est capable de battre Bardella et il n'a pas l'effet repoussoir d'un retaillot qui a été très violent sur l'immigration. Sur les sujets d'immigration, il est extrêmement consensuel par exemple et assez modéré.
Dans le Parisien, il pousse un peu le curseur quand même. Mais effectivement, je suis d'accord que quand la vraie campagne commencera, il sera en risque par rapport à ce paradoxe. On va regarder dans une minute comment ça se passe du côté des réseaux sociaux avec notre partenaire Mascaret.
Vous vouliez rajouter un mot, Jonathan ? Sur le décalage entre la sympathie que l'homme peut susciter, je pense qu'il a une image d'homme public qui est plutôt très favorable, il a des qualités. L'homme politique dans son positionnement idéologique, ça a toujours été plus compliqué.
Il y a juste un tout dernier mot pour dire que sa force au second tour, et je l'ai déjà dit dans cette émission, c'est que la gauche fait le barrage républicain et que la droite ne le fait plus. Et ça, c'est quand même vraiment une différence. Certes, il est testé au second tour avec 21 % et la gauche est prête à voter pour lui, mais elle est surtout prête à faire barrage une nouvelle fois contre Jordan Bardella ou Marine Le Pen.
Ce qu'il faut préciser, c 'est que la gauche ne fait pas barrage quand c'est Retailleau. Elle fait barrage quand c'est Édouard Philippe. C'est ça aussi.
La question, c'est que la droite fait barrage qui que ce soit. Ce n'est pas barrage qui que ce soit. On regarde du côté des réseaux sociaux comme prévu avec Yves Sansy qui est avec nous en duplex, senior partner chez Mascaré.
Ce qui est intéressant, bonsoir Yves, heureux de vous retrouver sur notre antenne. Vous avez regardé les données sur un an, c'est ça qui m'intéresse ? Sur les personnalités et plus citées sur les réseaux sociaux, qui ressort en tête sur une année C'est toujours Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella.
Et même aussi, comme vous l'avez très bien dit, il y a une sorte de reset qualitatif, on va dire, sur à la fois sur les parties et sur les personnalités. Il y a une telle domination de ce qu'on appelle les engagements sur les réseaux sociaux. Vous savez, les mentions, c'est les volumes, c'est le nombre de fois où on cite, et les engagements, c'est les réactions que ça suscite.
Alors je vais vous donner un exemple. Dernièrement, donc depuis un mois déjà, c'est pratiquement 66 millions d'interactions. Mélenchon, c'est 62 millions.
Édouard Philippe, c'est 10 millions d'interactions à côté. D'accord Donc, en termes de ce qu'on appelle cet engagement et donc les volumes de conversations qui sont générés, on retrouve depuis un an ces deux têtes d'affiches avec une accélération, une montée d'Edouard Philippe un petit peu bien sûr mais une accélération de Mélenchon et Bardella qui sont les super champions de cet engagement. D'après sur le contenu Yves, d'un mot en étant assez rapide est-ce qu'il y a une forme de je ne sais pas quel terme employer d'ailleurs pour reprendre ce que nous décrivait Céline tout à l'heure de valeur refuge autour d'Edouard Philippe, ou de commentaire peut-être un peu plus neutre, un peu plus consensuel ?
Comment vous l'analysez ? Céline l'a très bien expliqué. En fait, il y a très peu d'attractivité positive. chez Édouard Philippe, donc assez peu d'engagement.
Par contre, il n'a pas du tout les irritants politiques de ces deux principaux concurrents que je citais tout à l'heure. Il n'a pas du tout les irritants politiques de ces deux principaux concurrents que je citais tout à l Par exemple, au niveau des sentiments, évidemment il a un score bien supérieur à Mélenchon et Bardella. Donc ça signifie que, n'ayant pas ces irritants politiques, on comprend que, puisqu'on dit au premier tour qu'on élimine ce qu'on aime pas et les moins aimés, quoi qu'il en soit, même si c'est Mélenchon et Bardella dont on parle le plus, ben c'est eux aussi. et Edouard Philippe fait office de réceptacle, on va dire des anti-RN et FN au deuxième tour.
C'est un peu son côté un peu plus lisse que ses concurrents qui représente un avantage à ce moment-là au deuxième tour puisqu'il attire les gens qui ne sont pas contre lui et contre ses adversaires. Merci beaucoup Yves Sonsi, seigneur partenaire chez Mascaret, notre partenaire chaque mois dans ce baromètre avec Odoxa et la presse quotidienne régionale. Alors, une émission politique comme la nôtre, elle se nourrit évidemment de sondages, mais enfin bon, ça ne nous empêche pas d'être prudents.
On va se poser la question de la malédiction des favoris. Démonstration avec Clémentine Louise qui nous rejoint sur ce plateau. Bonsoir Clémentine, bienvenue.
L'histoire évidemment nous apprend à prendre ses chiffres avec des pincettes. Oui c'est en 2022 le duel Macron-Le Pen avait été bien anticipé. En mars 2016, avant l'élection d'Emmanuel Macron, c'était Alain Juppé qui arrivait en tête des sondages avec 31 % des intentions de vote.
Il était suivi de Marine Le Pen et de François Hollande. Un trio dont il ne restera au second tour que Marine Le Pen. Personne n'aurait imaginé qu'Alain Juppé perdrait la primaire de la droite face à François Fillon qui sera lui-même ensuite rattrapé par des affaires et personne n'aurait imaginé non plus qu'Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, réaliserait une telle parcée au moment de la dégringolade aussi de François Hollande. – Tiens, François Hollande justement dont on ne parlait pas un an avant son élection en 2012. – Non, à l'époque, en 2011, c'était Dominique Strauss-Kahn, le grand favori.
Un sondage, Tenesov, le plaçait à 62%, un autre à 64%. DSK avait un boulevard à ce moment-là, mais c'était sans compter son arrestation au sofitel de New York qui le poussera à jeter l éponge et puis à laisser la place au deuxième nom sur les listes du Parti Socialiste, un certain François Hollande. Alors il y a des contre-exemples.
Une année plutôt bien anticipée, c'est 2007. Oui, cette fois-ci très bien anticipé le duel Sarkozy Royal était déjà annoncé en octobre 2005 avec au premier tour Nicolas Sarkozy donné entre 28 et 30%, Ségolène Royal à 22%, Nicolas Sarkozy est même donné vainqueur au second tour avec 53 % des voix et là les sondeurs ont été très forts puisque c'est précisément le score qui le fera. Bon mais la plus grosse erreur ou la plus grande surprise des venues des instituts de sondage, celle dont tout le monde se souvient bien sûr c'est ?
En 2002 bien sûr, aux sorties du second tour, quand s'affiche non pas le visage de Lionel Jospin à côté de celui de Jacques Chirac, mais celui de Jean-Marie Le Pen. Énorme surprise à ce moment-là. Personne ne l'avait prédit.
C'était la première fois que le Front national se qualifiait au second tour d'une élection présidentielle. Et aujourd'hui, ça nous semble assez loin quand on voit que l'ERN s'est qualifié au second tour des deux dernières présidentielles. Merci beaucoup Clémentine.
Pourquoi c'est...
Je vais un peu vous poser la même question. On a commencé à y répondre, mais je veux bien qu'on rentre dans le détail. Valérie Lecap, pourquoi c'est si difficile d'être le favori ?
Parce qu'on risque de lasser l'opinion. Alors cette question, elle se pose vraiment pour un Édouard Philippe qui a démarré très, très tôt, il y a plus d'un an et demi candidat officiellement. Parce qu'on devient la cible forcément de tous les autres.
Pourquoi c'est si difficile ? Écoutez, c'est difficile parce que c'est une course de lenteur. Enfin ça dure extrêmement longtemps.
Édouard Philippe a été Premier ministre il y a des années. Il se Il se prépare depuis des années. Son programme est prêt, il ne le sort pas.
Il faudrait faire un parallèle aussi, c'est que c'est Gilles Boyer qui est son plus proche conseiller encore aujourd'hui et qui était déjà le plus proche conseiller d'Alain Juppé. C'est ce que c'est qu'être le favori et de ne pas l'emporter. Voilà, donc est-ce qu'il va réussir cette fois-ci à faire autrement ?
Dans ceux qui ont été cités, on a oublié de citer Baladur, qui est aussi quelqu'un qui ressemble un peu comme style de personnalité, c'est-à-dire ce côté un peu plus centriste, en même temps libéral, etc. Et ce qu'on peut ajouté, par rapport à ce qui a été dit sur les réseaux sociaux et qui se retrouvent dans votre sondage, c'est que le taux de soutien est beaucoup plus fort envers les extrêmes. Le taux de sympathie envers Édouard Philippe est important, mais son taux de soutien, c'est-à-dire d'adhésion et d'implication est beaucoup moins fort.
Donc c'est beaucoup plus volatile. On peut penser que...
Pour l'extrême droite, pas pour l'extrême gauche. Pardon ? S'il n'y a pas de soutien de l'extrême Il y a un soutien de Mélenchon et il y a un soutien de Bardella qui sont plus forts.
Sur les réseaux sociaux ? Non, je parle dans votre code d'adhésion que j'ai regardé de près. Il y a un projet extrême.
L'électorat Mélenchon à l'égard de Mélenchon et l'électorat Le Pen à l'égard de Le Pen. C'est ça, ils ont un noyau dur d'électeur qui est très engagé, beaucoup moins volatile et d'ailleurs c'est assez amusant parce qu'on voit que ce soit pour Bardella, Le Pen ou Ciottier, la limite, il y a un vaste communicant et ça marche à tous les coups en fait et c'est vrai aussi à l'extrême-gauche. Et on voit bien qu'entre les deux, c'est beaucoup plus fluctuant, on est juste dans de la sympathie et du coup, c'est plus volatile et du coup, c'est pour ça que ce qui est crucial, c'est quelle campagne ils vont en faire.
Elle n'a pas démarré là quand même. Je vous donne la parole tout de suite, mais Céline Braque, vous vouliez réagir ? Oui, parce que je voulais réagir à la chronique que vous avez faite, parce que je suis à la fois tout à fait d'accord et complètement opposée à ce qui vient de dire.
C'est-à-dire que tout à fait d'accord, parce qu'évidemment, un un an de la présidentielle, on est dans des scénarios de politique fiction. C'est une photographie à l'instant T. Et vraiment, ce qui peut me choquer, c'est quand on dit...
Par exemple, dans le cas de François Hollande, en l'occurrence, ou bien de Sarkozy. Les sondeurs ont été très forts. Non, enfin, on ne revendique pas de donner le nom du vainqueur un an avant.
Et en revanche, ce qui est hyper intéressant, c'est ce qu'on peut faire d une dynamique. Et il ne faut pas non plus dire qu'une dynamique en faveur d'un candidat serait lui... qu'il serait en sa défaveur.
C'est faux. Et donc, là, ce qui se passe, c'est qu'Edouard Philippe, là, a de nouveau une bonne dynamique et à lui d'en faire quelque chose. Mais vous voyez ce que je veux dire ?
Oui, bien sûr, mais ça pose...
Il y a une vraie question. C'est toujours bizarre de présenter les sondages comme si c'était des pronostics et de dire là ils ont tort et là ils ont raison. On essaie toujours d'avoir cette pénance, mais vous avez raison de de le rappeler Céline, 100 % d'accord.
Il y a quand même cette histoire de dynamique qui est finalement essentielle dans ce qu'on est en train de décrire et le rôle que des sondages peuvent jouer dans cette dynamique. Question de Marion qui nous écrit d Les sondages ont-ils pesé dans la sélection des candidats, dans l'organisation des primaires ? – Oui, c'est vraiment. – Évidemment, à partir des sondages joueurs. – Alors si on parle de sondage qui crée l'opinion, c'est évidemment une facilité, mais ils jouent un rôle dans une dynamique. – Il nourrisse le récit médiatique en tout cas. – Ils mesurent l'opinion les sondages avant de créer l'opinion. – Je voudrais reprendre sur un point parce qu'on a parlé de la malédiction du favori.
Mais il y a peut-être un point sémantique à éclaircir, qui est le favori Vous l'avez dit tout à l'heure, pour l'instant dans les sondages, celui qui est en tête et de très loin, c'est Jordan Bardella. Là vous êtes en train de refiler la patate chaude du favori. Non mais je voudrais surtout prétextualiser C'est ça.
Est-ce qu'on a vu...
On a cité plusieurs élections présidentielles précédentes et plusieurs mesures de sondage concernant ces élections présidentielles. Je n'ai pas souvenir que pour un candidat qui n'est pas sortant, il y ait eu un tel niveau dans les sondages, au premier tour un an avant l'élection je n'ai pas souvenir, même Baladur je ne crois pas quand vous regardez, il n'était pas au-dessus de 35 à la même période un an avant l Je suis extrêmement précis d'avoir été au vœu de Baladur à Matignon quand il était Premier ministre. Et j'ai vu un truc que je n'avais jamais vu de ma vie, c'est les journalistes l'applaudir parce que c'était le futur président de la République.
Oui, bien sûr. Ça m'a marquée dans ma Et Baladur, déjà, était d'une certaine manière ressentie comme une forme de sortant, puisqu'on était en cohabitation. Donc les cohabitations, c'est toujours un peu particulier.
Mais en tout cas, même Baladur, à mon avis, mais je n'ai pas souvenir qu'on ait eu un tel niveau, au-dessus de 35, en tout cas, un an avant l'élection. Donc, en réalité, alors effectivement, vous dites c'est refilage de patates choses, peut-être, mais en tout cas, l'élection n'est pas faite, on voit bien qu'on est dans la marge d'erreur, d'ailleurs, sur les seconds tours, sur la mesure des seconds tours et qu'il y a une bonne dynamique. Donc ça, c'est plutôt on va prendre ça positivement.
Il va falloir continuer sur cette lancée, continuer sur la gestion de cette dynamique, sur le fait d'assurer le socle qui est ainsi mesuré. Mais ne qualifions pas tout de suite, activement je dirais, de favori, quelqu'un qui n'est pas forcément favori au regard effectivement...
Oui mais il vaut mieux de nous faire un second tour...
Bien sûr Effectivement, parce que là c'est là qu'on voit, qu'on mesure justement les dynamiques. Parce que précisément ce n'est pas pour le moment des pronostics et je suis bien d'accord, mais ça permet de pouvoir tirer des leçons...
Juste un mot rapide, on est dans une élection extrêmement particulière parce qu'il ne s'agit pas de choisir le meilleur candidat, il s'agit de choisir celui qui pourra battre Jordan Et ça change tout, en fait. Parce qu'on n'est pas dans je préfère, c'est le meilleur, etc. C'est qui, dans le paysage politique aujourd'hui, est capable qu'il n'y ait pas le Rassemblement national en France.
Je crois que dans l'esprit de ceux qui ne sont pas les électeurs du RN, c'est ça qui les anime. Ca donne quelque chose de particulier. Je voudrais juste dire que c'est quand même très particulier aussi parce que comme personne ne veut faire de primaire, les sondages vont jouer beaucoup plus qu'avant parce qu'Edouard Philippe se revendique des sondages pour ne pas aller à la primaire.
Donc c'est quelque chose sur lequel il va s'appuyer très fortement pour essayer d'être le candidat. Vous allez pouvoir répondre à un dernier thème autour d'Edouard Philippe, à cette question puisque Salomé nous écrit de Romainville, Edouard Philippe est-il favorable à une primaire du centre et de la droite ? Vous allez pouvoir répondre dans un instant, Franck Morel, mais d'abord on écoute la députée renaissance des Yvelines Prisca-Tévenot, soutien de Gabriel Attal qui rappelle l'objectif d'une candidature unique. « Au sein du bloc central, ce bloc historique dans lequel nous avons l'habitude de travailler ensemble, aussi bien horizon, modem et bien évidemment renaissance.
Que nous puissions faire vivre au cours des semaines et des mois qui vont venir aussi bien les projets que les candidats pour ensuite nous retrouver d'ici la fin de l'année, début d'année prochaine pour déterminer l'unité qui fera la nôtre aussi bien autour d'un projet commun et d'une candidature unique. Une chose est sûre, avec Gabriel Attal nous ne serons jamais de ceux qui participent à la désunion et qui mettraient en risque ce duel que nous voulons absolument éviter pour les Français l'année prochaine. On parle de la gauche dans une minute, mes réponses à la question sur les premières.
Très rapidement, Edouard Philippe est favorable à l'union du bloc central, il l'a été en 22, il l'a été en 24. Et tout ce qui permettra d'aller dans le sens d'une candidature qui représente le plus largement le bloc central, si possible une candidature unique, sinon pas plus de deux candidats effectivement, et quelque chose qui va dans ce sens-là. Mais il est assez sceptique sur les possibilités d'organiser une primaire.
Ce n'est pas un secret, il s'est exprimé sur le sujet. Et effectivement, tout procès qui permettra d'avoir un élan...
On l'a vu aux municipales, d'ailleurs, les villes dans dans lesquelles il y avait une union, un candidat unique du bloc central, sont des villes dans lesquelles les résultats ont été meilleurs. Ça fait partie des candidats qui sont favorables à l'union, virgule derrière eux. C'est pour ça qu'il est difficile.
Ils sont nombreux. Non mais c'est toujours ça qui est difficile et c'est bien ça que c servent les primaires, donc c'est vrai qu'il y a une difficulté. Et juste d'un mot pour boucler sur le récit médiatique, ça agace les Français en fait.
C'est-à-dire que si le principal argument d'Edouard Philippe, c'est de dire c'est le seul qui est dans la marge d'erreur face à Jordan Bardella, ça tient quelques temps, ça fait quelques unes, ça satisfait certaines personnes. Il va falloir s'engager sur le fond. Et ça devient presque une faiblesse parce qu'on a le sentiment qu'on ne parle pas du fond et qu'il y a une forme de captation par les médias d'un rendez-vous qui est d'abord un rendez-vous entre des candidats et des électeurs, donc attention. – Alors on va ouvrir un chapitre consacré à la gauche et on va revoir des intentions de vote au premier tour.
Encore une fois, si l'élection avait lieu là, cette semaine, dans quelques jours, on regarde les candidatures avec...
Alors donc là, on a fait...
Bon, j'ai choisi une configuration avec une candidature d'Edouard Philippe et de Bruno Retailleau. On a un Jordan Bardella qui arrive en tête au premier tour. Edouard Philippe en deuxième position.
Jean-Luc Mélenchon, troisième, Raphaël Glucksmann juste derrière et Bruno Retailleau à 8%. On parle de la gauche. On a finalement un écart assez important dans ce sondage entre Edouard Philippe et celui qui pourrait arriver troisième et on va commencer par vous donner une information qui vient de nos confrères du Parisien.
Interview de Boris Vallot qui préside le groupe des députés socialistes. Il se dit en colère, il attaque très clairement le chef du Parti socialiste Olivier Faure, il menace de démissionner des instances, il réclame une désignation interne d'un candidat socialiste en amont de la présidentielle et le lancement d'une plateforme programmatique de la gauche non-mélenchoniste. Valérie Lecable, c'est le ferment de la division qui remonte à gauche Non, pas de la division Ah, quand même un peu Non, c'est plutôt une bonne nouvelle parce qu'à gauche ce qu'on appelle la petite primaire ou la primaire de la gauche en tout cas est totalement contestée par pratiquement tout le Parti socialiste maintenant sauf son dirigeant Olivier Faure et il y a un consensus au sein du Parti socialiste pour avoir un un candidat issu du Parti socialiste.
Est-ce que c'est du Parti socialiste ou de la social-démocratie, ce qui permet d'inclure Raphaël Glucksmann dedans, éventuellement Bernard Cazeneuve, je ne sais pas s'il le souhaite encore. Mais donc, c c'est le processus qui a été lancé par la direction du Parti socialiste d'Olivier Fort. C'est une contestation claire et nette et une attaque claire et nette de Boris Vallot, qui était son ancien copain normalement, du processus lancé par Olivier Faure en faveur d'une primaire dont en réalité personne ne veut au Parti socialiste.
Ce que vous nous dites Jonathan c'est que au-delà d'être éventuellement divisé, le vrai la vérité de la gauche c et d'être minoritaire. Oui, c'est quand même pas un détail pour créer une dynamique mobilisatrice, on y assiste, donc on n'est plus en 81, on n'est plus en 2012, dans une époque qui était bien différente. J'ai entendu Gilles Fickenstein, le patron de la fondation Jean Jean Jaurès, il y a quelques jours, la Fondation Jean Jaurès qui mène chaque année avec le Cevipof, une étude assez étoffée auprès de 12 000 Français, qui évoquait un signe de la droitisation du pays.
Quand on demande aux Français de se positionner sur un arc politique, on se rend compte qu'il y a 28 % des français après une gauche qui est diverse mais seulement 28 % des français qui se définissent de gauche il y en a 18 qui se définissent au centre et 41 % qu'ils se définissent à droite pareil diversité les droites ou 28 % c'est très peu c 'est très très peu d'ailleurs si Si on met bout à bout les intentions de vote qu'on vient de voir, donc Nathalie Arthaud, Fabien Roussel, Jean -Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Raphaël Luxman dans l'État, dans le sondage Odoxa, on arrive à un petit 30%. C'est un étiage en plus qui est vrai selon toutes les études. Oui, on le retrouve un peu partout.
Est-ce que ça rend impossible la qualification d'un candidat de gauche pour le second tour ? Pour toutes les raisons qu'on a dites, pas forcément. Beaucoup de choses restent à écrire, mais dans la perspective d'une finale face au RN, on le disait, Edouard Philippe continue à avoir clairement quelques longueurs d'avance, notamment parce qu'il est le seul donné vainqueur.
Je pense que c'est quand même un argument qui est assez massue. Donc il est crédité de 21 % en cas de candidature Retailleau, ce qui est quand même moins que les 22 % obtenus par Jean-Luc Mélenchon en de 2022, pas non plus l'oublier. Mais à cette époque-là, le leader insoumis faisait figure de vote utile à gauche.
Pour dire les choses assez simplement, même si Mélenchon 12 % ou Glucksmann 10%, qui n'un comme l'autre d'ailleurs aux deux extrémités de la gauche joue une stratégie qui n'a rien d'unitaire arriver à se qualifier au second tour, la perspective d'une victoire de la gauche, quel que soit son candidat, ne semble pas exister. Donc Mélenchon, qui en l'état est quand même le tracteur qui apparaît comme le plus puissant pour le premier tour et à la fois la personnalité la plus rejetée par l'ensemble des Français et ça se confirme semaine après semaine. Ils seraient notamment balayés dans un duel de deuxième tour face au RN, alors que les électeurs de droite et en partie ceux du centre ne veulent plus entendre parler de quelques barrages républicains que ce Et alors donc cette idée de primaire unitaire, on évoquait à l'instant que certains à gauche, certains défendent.
Oui, moi je ne l'appellerais pas forcément la petite primaire, je dirais que les autres ont des petits scores aussi à côté, donc ils n'ont pas tué le game comme on dit. Donc on l'a dit Mélenchon mais aussi que Duxmann refuse d'y participer. Ça c'est une posture de principe, c'est à la fois leur droit mais c'est aussi leur responsabilité dans le regard de beaucoup d'électeurs de gauche.
Résultat cette primaire, il ne faut pas se mentir, elle a du pont dans l'aile, d'autant qu'une bonne part des socialistes, on pourra revenir d'ailleurs sur les propos de Boris Vallaud, mais les socialistes à commencer par François Hollande qui est une des voix les plus bruyantes sur le sujet. Il se verrait qu'il se verrait d'ailleurs bien être candidat, ça va créer des débats avec Raphaël Glucksmann. Donc les opposants internes d'Olivier Faure n'en veulent pas.
Tout comme les communistes d'ailleurs, au fond les seuls à la défendre sont les axes insoumis des personnalités comme François Ruffin ou Clémentine Autain, les écolos qui ont pourtant désigné Marine Tondelier comme leur candidate et seulement une partie du PS. Pourtant si une primaire allant de Ruffin à Glucksmann, que souvent la formule utilisée un peu fourre-tout, voyez le jour, on peut imaginer que ça pourrait, on ne sait jamais, créer une forme de dynamique à gauche. Elle en a besoin.
Alors puisqu'on continue de faire de la politique fiction, on adore ça, quel serait selon vous le meilleur vainqueur d'une telle primaire ? C'est là où je m'engage et je fais hurler tout le monde. Donc si par exemple François Ruffin l'a remporté, mais bien sûr il pourrait peut-être apparaître comme le vote utile à gauche, en tout cas c'est quelqu'un qui se place dans une forme de barycentre entre Raphaël Luxemann d'un côté et Jean-Luc Mélenchon.
Je crois savoir que de l'autre côté, c'est la force d'Edouard Philippe d'être au point d'équilibre des droites. Il allierait une radicalité programmatique qu'on ne peut pas lui contester. Une démarche unitaire qui s'inscrirait quand même d'une manière ou d'une autre dans les pas du nouveau Front populaire.
Le tout avec qu'un enrobage social-démocrate, puisque lui-même utilise le mot à la une du Nouvel Obs il y a quelques mois, loin des outrances mélanchéeniennes. Tout ça c'est très hypothétique, je suis le premier à le reconnaître et la vraie question pour la gauche dans sa diversité, c'est d'abord de trouver les mots et les propositions pour redevenir majoritaire dans le pays et ça, même si la campagne sera longue et qu'elle va faire bouger les lignes, ça ne se fait probablement pas en un an. Merci beaucoup Jonathan.
Céline Braque, si on regarde, tiens justement parlons de François Les personnalités politiques, alors vous avez posé cette même question. Quelle personnalité politique ferait de bons candidats pour leur camp à l'élection présidentielle ? Et vous avez scindé gauche radicale d'un côté, gauche modérée de l'autre.
Si on regarde du côté de la gauche radicale, si on regarde du côté de la gauche Oui, alors pour l'instant, on le met en compétition. En effet, avec Jean-Luc Mélenchon et au sein de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, pour le moment, est bien préféré à François Ruffin, à 78 le choisissent au sein de son camp versus 56 % pour François Ruffin. Ça, c'est au sein de la radicale.
Je crois qu'on a vu s'afficher le chiffre chez les Français, mais c'est pas grave, c'est juste que ce soit bien clair pour nos téléspectateurs. Pour les Français, en effet, pour aller dans le sens de ce que dit Jonathan, François Ruffin, lui, pour le coup, fait 26 % versus 17 % pour Jean-Luc Mélenchon, c 'est le chiffre que vous avez. Évidemment, le problème de Jean-Luc Mélenchon auprès de l'ensemble des Français, auprès de la gauche modérée, c'est énormément de rejet.
Ça fait des semaines et des semaines et des mois et des mois que que Jean-Luc Mélenchon est la personnalité la plus rejetée de notre palmarès politique. Ce qui est paradoxal, dans l'éditorial que vient de faire Jonathan, que je respecte beaucoup par ailleurs, c'est qu'il démarre en nous expliquant que la gauche est extrêmement faible et que pour pouvoir l'emporter, il faut pouvoir mordre sur la partie centre de l'autre. On a dit tout à l'heure qu'Edouard Philippe était le seul à aller chercher 29 % des socialistes à gauche.
Donc, et d'en conclure que le mieux c'est d 'aller chercher quelqu'un de la gauche radicale. Franchement, c'était...
Attends, laissez-moi terminer. On peut mettre tout le monde dans la gauche radicale si c'est pas François Hollande mais ça limite un peu la discussion. Non, non, non, mais c'est pas ça, c'est que Vous pouvez pas...
Non, mais si vous éliminez, par exemple, Raphaël Glucksmann, qui est en retard, et vous avez tout à fait raison, on en parlait tout à l'heure, au sein de son propre camp, il n'est que 5e au sein de son propre camp, ce qui est pas très bon, mais il il récupère aussi 25 % sur le centre-droit. Donc, si vous voulez...
Si vous dites que la gauche en France, c'est même pas...
Tous les seconds tours testés, Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella, ils Il ne dépasse pas 26%. Je pense que Raphaël Glucksmann doit faire 35. Donc, en fait, si vous voulez...
Il est à 41. Il est beaucoup plus élevé. Juste pour ne pas s'enfermer.
Donc, si vous voulez dire d'un côté la gauche est très basse, mais il faut voter extrême-gauche pour l c'est là où je pense que c'est une grille d'analyse qui est biaisée, c'est-à-dire si tout ce qui n'est pas le Parti socialiste qui n'a pas été en situation de se présenter lors de la dernière présidentielle c'est de l'extrême gauche c'est un peu décalé par rapport à ce qu'est l'électorat de gauche ce que je dis c'est qu'il y a une demande mais Jean-Luc Mélenchon en tout cas est la partie la plus radicale des candidats sur la table je suis le premier à le dire je ne crois même pas que ce soit un sujet de débat en revanche, est-ce que François Ruffin est le clone de Jean-Luc Mélenchon ? Non, loin de – Allez, querelle de Gours, on l'a bien compris. Et question de stratégie.
Mais derrière ça, moi ce qui m'intéresse aussi et ce qu'on voit dans les études, le baromètre, notre baromètre d'Oxa, ou les études d'opinion en En général, Franck Morel, c'est qu'effectivement, quand un candidat de gauche, quel qu'il soit, se retrouve face à un Jordan Bardella au second tour, il n'y a plus de front républicain qui fonctionne. Comment vous l'analysez ? – Effectivement, je pense que ça questionne sur la capacité de rassemblement des différents candidats potentiels et de leur capacité à s'adresser à l'électorat de l'autre versant.
Vous l'avez dit tout à l'heure, les candidats potentiels de gauche et même de centre-gauche comme Glucksmann, où le Cazeneuve n'est pas testé mais je pense que ça produirait quand même des résultats de même type, ont du mal à attirer à eux dans un second tour face à l'extrême droite un certain nombre d'électeurs de la droite classique on va dire. Je ne sais pas si ça en dit sur la droite, ça en dit sur beaucoup de choses, ça en dit sur la capacité je pense d'un candidat parce qu'un candidat il s'adresse à l'ensemble de nos compatriotes et donc ça en dit sur l'attractivité de ce candidat par rapport à son compatriote. Quand la gauche vote Macron par deux fois, ce n'est pas par attraction pour Emmanuel Macron, c'est par l'absence de rejet le conduisant à ne pas voter pour lui.
Non, c'est par identification d'un risque. Si par hasard, Glucksmann était devant Édouard Philippe. Ce n'est pas la configuration d'aujourd'hui.
Est-ce que vous pensez que les électeurs d'Édouard Philippe pourraient voter Glucksmann face à Jordan Bordela ? C'est ça la question qui se pose aujourd'hui. Une large partie, oui, bien sûr.
Et est-ce qu'il voterait François Ruffin ? Ah, ça, ça serait plus compliqué. Eh bien voilà, c'est tout.
C'est QFD en fait. Allez, on trouve un peu les arguments du pauvre quand même. Quasiment la fin du débat et c'est Céline Braque qui va pouvoir conclure sur cette notion de front républicain, effectivement de l'électorat de droite et de centre-droite.
Ce n'est pas exactement le même électorat qui rechigne peut-être un peu plus qu'avant à s'opposer à une victoire du Rassemblement national. Comment vous l'analyse ? C'est une tendance de fond, d'une certaine façon ?
Oui, c'est une tendance de fond. D'élection en élection, c'est bien ce qu'on a constaté. Et aussi parce que les représentants politiques de la droite ont d'abord très clairement considéré qu'il y avait un front républicain à construire face au Rassemblement national, puis ils considéraient qu'il ne fallait pas faire de choix, puis ensuite dit qu'au fond, la France insoumise ou un candidat qui serait soutenu par la France insoumise était au moins aussi dangereux que le Rassemblement national.
Donc en effet, les électeurs de droite et du centre-droit de plus en plus considèrent que si c'est un candidat de gauche qui se présente face au Rassemblement national, qui de son côté s'est très fortement dédiabolisé, encore plus avec Jordan Bardella qu'Aven et avec Marine Le Pen, et bien évidemment ils préfèrent ne pas choisir ou voter Jordan Bardella. On l'a vu dans tous les sondages avant les municipales où il y avait une porosité qui était absolument sans précédent entre les électorats, quelles que soient les postures des appareils. Merci beaucoup à tous et à bientôt sur notre antenne.
Votre livre, Franck Morel, le travail et la solution, c'est aux éditions Herman et Valérie Lecam. On vous lit donc dans Libre Journal. C'est le nouveau nom de ce site d'information dirigé par Laurent Joffrin.
A très bientôt sur Public Sénat. C'est l'heure du second débat de ce sens public en partenariat avec le magazine
Édouard Philippe