Raphaël Glucksmann : Le candidat « de l’espérance » pour 2027 ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Lucas Planav. Bonjour Maxime. Bonjour à tous.
Journaliste au JDD. Ce sera demain en kiosque et si on veut lire le JDD ou le JD News. C'est donc sur le site internet.
Et bonjour François Cooc. Bonjour à tous. Analyste essayiste et enseignant.
Je le disais Raphaël Luxman, c'est la suite des meetings des candidats à l'élection présidentielle. Alors il y en a qui s'échauffent, il y en a d'autres qui se déclarent, il y en a d'autres qui essayent de voir s'ils auront la capacité d'eux. Visiblement, c'est dans cette catégorie là que s'inscrit Raphaël Glman.
Je rappelle qu'il s'est donné 3 mois avant de savoir si oui [grognement] ou non c'était une bonne idée de se déclarer. Ben tentative en tout cas de force cet après-midi avec un meeting. Ça suit Jean-Luc Mélenchon le weekend dernier et encore avant Jean-Luc Mélenchon c'était Gabriel Atal.
Est-ce que messieurs autour de la table François Coas Naverne quand il y a Raphael Gluzman qui dit vouloir essayer de de faire une épreuve en tout cas de de force est-ce que c'est crédible François Coque ? En tout cas, c'est un tour de force puisque monsieur Gluxman va tout à la fois euh cet après-midi faire un meeting de lancement de campagne et un dernier tour de piste parce que cette candidature faut très honnêtement euh est morner. On ne peut pas faire ce qu'a fait monsieur Gluxman euh il y a 15 jours à à la télévision, au journal télévisé de l'une des principales chaînes de jadis, c'est-à-dire venir à la télévision et dire "Je vais me donner 3 mois pour savoir si je suis ou non candidat." Alors même que les circonstances politiques auraient imposé qu'il se déclare ce soir-là.
Je rappelle que le soir de son passage à la télévision, c'était le soir d'un sondage qui plaçait justement euh une interrogation sur le deuxème tour avec monsieur Mélenchon euh au touche à touche touche avec le candidat du du bloc central. Et donc monsieur Gluxman aurait eu les la légitimité, les arguments politiques pour se déclarer à ce moment-là. à tout le moins, il aurait pu dire bah et laisser entendre que lors du meeting du 13 juin, il allait se se déclarer et au lieu de ça, ben il a renvoyé la balle 3 mois plus tard.
C'est pas une façon très euh sérieuse de faire un manque de courage, c'est un manque de puissance. On peut pas y croire quand on accepte pas dans cet inter de se glisser. Ce sont surtout tous les doutes qui existent au sein même de son équipe de campagne, au sein des différentes formations qui sont susceptibles de l'accompagner et puis auprès des Français qui ont rejailli à travers monsieur Gluxman lui-même.
H Lucas PAV, est-ce que vous êtes aussi sceptique que le camarade François Coque à l'instant vis-à-vis de Raphaël Gluxman ? Non, mais absolument d'accord sur ce point-là. Je je lis une interview de de Graxman cette semaine dans le Parisien où il dit "On va gagner, je veux être président de la République." Et au final, il est pas candidat mais il fait un meeting de lancement de campagne.
Il va sur il va il va à la télé pour faire une annonce de candidature qui n'en est pas une. Donc déjà, c'est sûr que quand on hésite autant à y aller, c'est qu'on n pas très sûr de nos chances et ça donne pas un ça envoie pas un bon message aux électeurs. Maintenant, Raphael Gusman tout de même reste crédité dans de nombreux sondages d'un score assez conséquent autour des 10 % et il veut croire en ses chances.
Je lis toujours dans cette même interview au Parisien qu'il attaque en premier lieu les candidats du centre Gabrial en disant que tout ce qui est passé par le macronisme n'aura pas lieu d'être en absolument. Et donc là déjà on voit où il se place. Euh il y a quand même une des tumultes déjà dans sa précampagne avec cette fameuse note confidentielle qui a fuité il y a quelques semaines.
Une note d'un de ses collaborateurs qui indique qu'il devrait plutôt se tourner vers un électorat aisé, plus âgé et délaisser finalement les banlieux et un électorat qui est plus populaire et et amené à voter à gauche pour Jean-Luc Mélenchon. Euh voilà, il se place finalement comme un un un candidat social libéral. C'est le candidat de l'espérance, j'ai envie de vous dire.
Chacun espère ce qu'il veut quoi. Oui, c'est ça le candidat de l'expérience. Il le dit dans le Parisien.
En réalité, tout commence maintenant par ce grand meeting qui tiendra donc à Aubert Viller. Est-ce que vous pensez même qu'il a l'espace politique ? Parce que depuis tout à l'heure, on parle oui, le bloc central de la gauche, mais qu'est-ce que pense Raphaël Luuksman ?
On parle de cette note qui avait fuité pour la totalité des Français. Bon, lui il essaie de le dire hein d'une certaine manière que il y a un refus d'être du côté de Jean-Luc Mélenchon. Il y a une ligne beaucoup plus sociale, beaucoup plus on va dire beaucoup plus laïque sur un certain nombre de sujets.
Mais où est l'espace selon vous François Coque de Raphaël Luxman d'exister politiquement ? Je veux dire d'avoir une singularité ? Lucverne évoquait le fait que Raphaël Gemman est effectivement toujours crédité de 11 %.
Mais je dis toujours crédité de 11 % c'est-à-dire que finalement son espace est déjà gelé. il n'arrive pas à le faire grossir quand bien même il est en campagne en réalité depuis déjà plusieurs plusieurs mois. Or dans cet espace de la gauche, on sait que bah désormais il y a une prime au vote utile dans la dernière phase de de campagne.
Et l'adversaire de monsieur Gluxman aujourd'hui s'il se maintient dans cet espace là c'est le vote utile qui pourrait aller vers Jean-Luc Mélenchon. Or Jean-Luc Mélenchon dispose d'un socle non seulement plus large que celui de monsieur Gluxman, mais surtout éminemment plus qualitatif. euh le socle de monsieur Mélenchon ne va pas s'effriter.
Et donc si monsieur Gluxman n'est pas capable d'élargir son espace politique, c'est-à-dire pas capable de sortir finalement [grognement] des personnes auxquelles il s'adresse aujourd'hui qui a un électoral très social, démocrate, un petit peu embourgeoisé puisque comme vous venez de le rappeler, il refuse de s'élargir aux catégories populaires, et bien dans ce cas-là, il y a pas d'espace politique nouveau et il ne pourra s'adresser lui aussi qu'à un socle. Or, la clé de l'élection de 2027, c'est ce ne sera pas le socle comme ça a été le cas en 2017 avec monsieur Macron, madame Le Pen ou monsieur Mélenchon. Ce ne sera pas le socle comme ça a été le cas en 2022.
C'est celui qui arrivera à imposer un récit qui donne une perspective majoritaire. Et ça, ça change tout. Saf que monsieur est tout sauf le candidat qui permet de faire ça.
Mais ce que vous dites François Cooc, visiblement, il semble en avoir conscient parce que Raphaël Gusman l'assure dans le Parisien ce matin, il y a deux lignes qui s'imposent à gauche. À un moment, il va falloir en choisir une et si jamais c'est la ligne Gluxman par rapport à la ligne de Jean-Luc Mélenchon avec laquelle on peut avoir des désaccords mais qui dessine ce que vous appelez un récit, la Nouvelle-France, que ce soit à l'international, que ce soit au niveau économique, même au niveau européen, il y a une certaine forme de cohérence et il y a un horizon, on va dire, qui est tout dessiné. Quel est l'horizon de Raphaël Gusman ?
Il y a il y a deux lignes qui s'opposent à gauche mais il y a 15 candidats. C'est ça aussi la problématique. Il y en a un dont on est sûr qu'il ira, c'est Jean-Luc Mélenchon.
De l'autre côté, on a encore cette semaine Karim Bombran qui annonce ses vélités présidentielles. On a Bernard Casneu qui est toujours en retrait mais qui pourrait surgir à tout moment. On a un François Hollande dont on dont on parle des ambitions présidentielles qui se préparent aussi en coulisse.
Donc voilà à qui Raphaël Gusman va devoir faire la concurrence. H je pense aussi que tout de même vous parlez de qu'est-ce qui le distingue dans son espace. c'est notamment ses positions fortes sur le conflit euh euh entre la Russie et et l'Ukraine.
Euh mais tout de même, moi je pense que Raphaël Gusman et notamment quand on arrivera dans le dans le gros de la campagne et qu'il y aura des gros débats à gauche, on lui rappellera notamment peut-être son passé de conseiller en Geéorgie très libéral tropisme atlantiste qu'on voit infusé et aussi son et aussi sa position qui paraîtrait dans le système. Faut quand même rappeler que Raphael Luxman est le compagnon de de Léa Salamé qui présente le vinur de de l'une des plus grands chaînes de France. Tout ça donne une impression de candidat du système pendant que en beaucoup de candidats pourraient se dire que ça c'est sa vie privée.
On a le droit d'avoir sa compagne qui réussit dans les médias et ça que beaucoup finalement il ils font peuvent faire un distingo entre l'homme politique et sa vie privée quand même elle a [raclement de gorge] une exposition importante pour quelqu'un qui attaque beaucoup Emmanuel Macron et la Macronie. C'est sûr que c'est un argument qu'on va qu'on va retourner contre lui. En tout cas, il devra se mettre en retrait.
Donc de toute façon, on va en parler et surtout on va en parler parce qu'il y a rien qui imprime en fait chez Gluxman. C'est-à-dire que moi, je vous mets au défi de me sortir une des propositions sur économique ou social du candidat Gluxman. Qu'est-ce qu'il met aujourd'hui sur la table qui va permettre de faire cristalliser le débat politique, qui va permettre à ses adversaires de venir débattre avec lui de ceci qui va permettre aux Français de s'en saisir et de se dire tiens c'est peut-être une bonne idée ou peut-être que ça n'en est pas une.
Il y a rien finalement c'est quand même une coquille vide. Ben il y a des slogans, il y a des slogans. Voilà l'espérance, des grands mots, des sa pas trop ce qu' en fait lui reproche certainement avec un peu de mauvaise foi d'être le candidat qui va peut-être réussir à faire l'union des centres quoi.
C'est-à-dire que ça va être une forme de nouveau baou, c'est-à-dire ceux qui sont pas trop à gauche, pas trop à droite. Voilà. Non mais c'est c'est ça, c'est ça pour vous François Coc.
Est-ce que c'est une idée crédible ou c'est vraiment de la mauvaise foi politique totale Je crois qu'aujourd'hui tous ceux qui envisagent d'en faire le moins possible pour occuper l'espace central sont finalement en train de reprendre à leur compte le Mélenchon qui disait que son parti et son mouvement était gazeux. Voilà, ces gens sont gazeux eux aussi, mais ils vont ils vont s'évaporer dans une campagne dans laquelle à un moment donné les Français vont vouloir pas simplement que les candidats dessinent des objectifs, mais ils vont vouloir dans cette campagne, je crois réellement du concret parce que c'est une campagne qui va être très particulière, ne l'oublions jamais, elle va se passer au moment de la triple crise, la crise internationale, la crise économique qui vient et dont on va ressentir les effets le plus fort à partir de la rentrée de septembre et la crise démocratique qui est celle de la paralysie de de la démocratie minoritaire à laquelle nous somm est-ce que vous poursuivez la la métaphore chimique à l'instant faite par François Coque ou je sais pas quel type de gaz ce serait je pense qu'on est plutôt sur de voilà du de la badoie finement pétillante et ça manque un peu de gaz justement et d'ailleurs on peut le dire il y a eu des rendez-vous manqués déjà dans cette précompagne de de Raphael Gusman il y a quelques semaines il y a notamment eu un débat avec Eric Zemour dont il est ressorti sur LCI où voilà où il a été beaucoup critiqué où on a où il il a manqué de de de de finalement de de punchline de de grosses phrases. Pourtant, il avait il avait une grande une grande opportunité là de de se démarquer dans la campagne.
Il y a eu le rendez-vous manqué du JT. On verra maintenant il y a pas le rendez-vous manqué du 3 mois dans dans celui de 3 mois. Il est censé peut-être voir.
Oui, peut-être qu'il mettra un de semaines de plus pour voir, on sait jamais. Mais vous voyez même aujourd'hui son meeting, si je dis pas de bêtises, il est en fin de journée à 18h. C'est en Île-de-Fance.
Vous vous voulez séduire qui ? Il y a personne qui va pouvoir venir faire l'all-retour. Les gens n'ont pas forcément l'argent pour se payer un hôtel.
Et en programmer une semaine après celui de Jean-Luc Mélenchon à quelques kilomètres de là. Et donc inévitablement il va y avoir comparaison et inévitable inévitablement monsieur Gluxman va perdre. Donc bon le choc des Gimag ça risque en effet de se faire de cette manière.
Merci beaucoup Lucap Naviste au JDD d'avoir été dans ce studio ce matin et merci à vous François Coque analyste politique essayiste et enseignant. Mon cher Luc, on retrouve le JDD demain.
Raphaël Glucksmann