Edwige Diaz : "Il y a un acharnement judiciaire contre le premier parti de France !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse partielle
Comment vous réagissez-vous tout simplement à ces perquisitions ?
- 1:20RelanceRéponse partielle
On va prendre les choses dans l'ordre, parce que vous avez dit mise en scène, acharnement, harcèlement, persécution.
- 1:23FerméeRéponse directe
Mais sur le fond des choses, vous reconnaissez avoir un recours à des prêts de particuliers.
- 2:20RelanceRéponse directe
Vous dites, oui, nous faisons appel à des particuliers pour nous financer parce qu'on n'a pas le choix, à des particuliers qui vous ont régulièrement prêté de l'argent. Et donc ?
- 2:35FerméeRéponse partielle
Parce que la justice considère la loi interdit les prêts habituels.
- 4:10OuverteRéponse partielle
Alors précisément, la commission des comptes de campagne et les enquêteurs aujourd'hui étaient là aujourd'hui pour vérifier précisément si ça rentrait dans le cadre de la loi.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« on est là dans un acharnement judiciaire, dans une opération de harcèlement »
- 0:23Invité politiqueFait
« une persécution à l'égard du premier parti d'opposition, à l'égard du premier parti de France »
- 1:36Invité politiqueFait
« aucune banque ne souhaite nous prêter »
- 1:41Invité politiquePromesse
« Je vous rappelle aussi une promesse d'Emmanuel Macron de 2017, la banque de la démocratie, qu'on attend toujours »
- 1:58Invité politiqueFait
« nous avons demandé à nos adhérents, à nos sympathisants, à nos militants de nous prêter de l'argent. Et bien évidemment, nous avons remboursé ces prêteurs »
- 3:12Invité politiqueFait
« en France, pays de l'État de droit, je vais me baser sur l'article 5 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui dit que tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché »
- 3:28Invité politiqueFait
« Moi, je ne connais aucun article dans les codes français qui disent qu'un particulier ne peut pas prêter un parti politique »
- 3:49Invité politiqueFait
« on essaye d'inventer une loi a posteriori »
- 3:52Invité politiqueFait
« en France, il y a un principe de sécurité juridique, c'est qu'il n'y a pas de rétroactivité de la loi »
- 4:01Invité politiqueFait
« ce que nous avons fait, il n'y a rien d'illégal »
- 4:40Invité politiqueFait
« ce n'est pas du tout ce que nous avons fait »
- 5:23InvitéFait
« une volonté réitérée de mettre à mort financièrement le Rassemblement national »
- 5:47InvitéFait
« Une perquisition d'un siège de parti politique, ce n'est pas du tout inédit »
- 7:21Invité politiqueFait
« Marine Le Pen est condamnée à une exécution provisoire en matière d'inéligibilité, sans que ça ne repose sur aucun texte »
- 10:36InvitéFait
« Le Parlement européen leur reproche d'avoir utilisé leur crédit de frais de fonctionnement en favorisant des sociétés, en ne respectant pas toujours la règle des appels d'offres »
- 10:45InvitéChiffre
« une société qui a emporté un appel d'offres sans avoir concouru, en allant jusqu'à 3,6 millions ou 4,3 millions d'euros d'argent dépensé »
- 12:16Invité politiqueFait
« On ne finance pas deux sociétés proches du GUD »
Temps de parole
- Edwige Diaz52 %
- Invité27 %
- Présentateur18 %
≈ 2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir Edwige Diaz. Merci d'être là. Vous êtes députée de Gironde, vice-présidente du Rassemblement national. Comment vous réagissez-vous tout simplement à ces perquisitions ?
Comme beaucoup de Français, j'ai reçu beaucoup de messages aujourd'hui de Français indignés qui ont été choqués par cette mise en scène qui, comme nous, considèrent qu'on est là dans un acharnement judiciaire, dans une opération de harcèlement et pas une persécution à l'égard de n'importe qui, une persécution à l'égard du premier parti d'opposition, à l'égard du premier parti de France. Donc voilà. Écoutez, on va voir ce que tout cela donne. Mais c'est vrai que le dispositif était spectaculaire, bien médiatisé. Et finalement...
– Médiatisé, pardon, c'est Jardin de Mardella qui a révélé la perquisition.
– Non, ben oui, enfin, beaucoup de monde est arrivé. On a quand même tous les policiers.
– À partir du moment où Jardin de Mardella a dit une perquisition au RN, oui, nous on arrive.
– Vous savez, parce que vous savez très bien comment ça se passe. En fait, ça serait de toute façon fuité, sorti dans la presse, etc. Mais la question qu'il faut se poser, en fait, c'est à quoi sert cette perquisition ? Parce que si... Donc là, on nous parle de contrats de prêts. Ces contrats de prêts, donc ces conventions de prêts, elles ne sont pas secrètes pour la Commission nationale des comptes, des financements publics.
– On va prendre les choses dans l'ordre, parce que vous avez dit mise en scène, acharnement, harcèlement, persécution. – C'est la vérité. – On parlera de ça dans un instant, notamment avec Christophe. Mais sur le fond des choses, vous reconnaissez avoir un recours à des prêts de particuliers.
– Alors oui, et c'est tout à fait normal. Pourquoi ? Parce que nous sommes un parti républicain et nous avons vocation à nous présenter aux élections. Pour cela, il faut financer nos campagnes. Je voudrais juste rappeler qu'aucune banque ne souhaite nous prêter. – C'est toujours le cas aujourd'hui. – Et c'est toujours le cas, malheureusement, aujourd'hui. Je vous rappelle aussi une promesse d'Emmanuel Macron de 2017, la banque de la démocratie, qu'on attend toujours.
Donc pour vivre, pour exister, pour défendre nos convictions, pour répondre à l'appel de millions de Français qui nous font confiance, nous avons demandé à nos adhérents, à nos sympathisants, à nos militants de nous prêter de l'argent. Et bien évidemment, nous avons remboursé ces prêteurs. – C'est pour ça que je vous pose la question. En fait, si l'État, la justice, la commission des comptes avaient besoin de ces conventions, de ces contrats de prêts, il fallait juste qu'elles nous envoient un mail. Et nous, on lui aurait répondu par mail. Il n'y avait pas besoin d'envoyer un policier armé et de magistrats au siège du LN.
– Vous dites, oui, nous faisons appel à des particuliers pour nous financer parce qu'on n'a pas le choix, à des particuliers qui vous ont régulièrement prêté de l'argent. – Et donc ? – C'est précisément le cœur du problème. – Parce que la justice considère la loi interdit les prêts habituels. Alors attendez, j'explique simplement à tous les spectateurs. Un parti peut recevoir de l'argent prêté par un particulier, aucun problème. La justice dit que ça ne peut pas devenir habituel. Or, les signalements qui ont été transmis par la commission des comptes de campagne, ce sont des Français qui vous ont prêté au moins à cinq reprises de l'argent.
Et là, la commission dit, peut-être qu'à cinq reprises, on est dans le caractère habituel, auquel cas ça tomberait sous le coup de la loi.
– Alors, je vais vous répondre. Là, en fait, on est quasiment en train d'accuser des honnêtes gens, des adhérents du Rassemblement national, de devenir des banquiers clandestins.
– Non, on soupçonne le Rassemblement national, pas ces Français-là en l'occurrence.
– Ben non, parce qu'en fait, c'est eux qui ont été entendus par la justice aussi. Vous voyez, moi ce que je sais, c'est qu'en France, pays de l'État de droit, je vais me baser sur l'article 5 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui dit que tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché. Ça veut dire, en gros, que tout ce qui n'est pas interdit est autorisé. Moi, je ne connais aucun article dans les codes français qui disent qu'un particulier ne peut pas prêter un parti politique.
– Non, mais un particulier ne peut pas prêter de manière habituelle et en termes pénales. – En termes pénales habituelles, ça veut dire à partir de deux.
– Non, non, non, non, alors justement, la notion n'est pas définie, il n'y a pas de jurisprudence en la matière, et donc là, en fait, on essaye d'inventer une loi a posteriori. Sauf qu'en fait, en France, il y a un principe de sécurité juridique, c'est qu'il n'y a pas de rétroactivité de la loi, donc vous ne pouvez pas être condamné après pour des faits que vous avez commis avant. Donc ce que nous avons fait, il n'y a rien d'illégal. Pourquoi il n'y a rien d'illégal ? Parce qu'il n'y a aucun texte qui prévoit justement, qui définit précisément la notion de prêteur habituel.
– Alors précisément, la commission des comptes de campagne et les enquêteurs aujourd'hui étaient là aujourd'hui pour vérifier précisément si ça rentrait dans le cadre de la loi. Il y a un autre point, c'est que ces prêts ne peuvent pas devenir des dons cachés. Or, d'après nos informations, parmi ces prêts, certains datent de 2007, il y a 18 ans, et ils n'ont toujours pas été, pour certains, remboursés. Et la justice peut s'interroger et se dire, tiens, au bout de 18 ans, est-ce que finalement, on n'a pas maquillé un don en prêts ?
– Alors ce n'est pas du tout ce que nous avons fait, mais surtout, en fait, pourquoi ne pas nous avoir invités à une réunion, convoqués éventuellement ? Mais en fait, pourquoi débarquer au siège du RN avec 20 policiers et 2 magistrats ? Voilà, en fait, c'est cette mise en scène qui est un petit peu déconcertante et qui en tout cas a indigné une bonne partie des Français qui, oui, ont envie de rentrer en résistance.
– Vous avez raison évidente de risque de destruction, preuve, enfin, je vais revenir sur le droit, c'est pour ça que la perquisition existe, c'est parce que c'est fait dans le cadre de la loi pour éviter un risque éventuel de destruction. – Mais on va écouter sur ce point-là, Jordan Bardella. – Il n'y a pas de risque de destruction.
– On va écouter, je dis à Jordan Bardella ce soir, c'était en direct sur BFM TV, depuis Strasbourg, et on entendra Christophe Barbier là-dessus. Écoutez Jordan Bardella.
– Une volonté réitérée de mettre à mort financièrement le Rassemblement national. Je laisse les Français qui nous écoutent ce soir en tirer les conclusions, mais j'ai un peu le sentiment, comme beaucoup de Français ce soir, que dans la France d'Emmanuel Macron, mieux vaut être trafiquant de drogue qu'opposant politique.
– Mieux vaut être trafiquant de drogue qu'opposant politique ? Jordan Bardella dit que c'est inédit, c'est inouï ce qui se passe au Rassemblement national.
– Non, ça c'est faux. Une perquisition d'un siège de parti politique, ce n'est pas du tout inédit. Il y en a eu assez récemment. On se souvient tous de 2018, la France insoumise, la République c'est moi, le siège de LFI perquisitionné. Et justement perquisitionné pour éviter des destructions de preuves. Il faut venir par surprise, c'est un peu comme la garde à vue, ça sert presque à protéger aussi les droits de la défense et la menée de l'enquête. Il y a eu en 2014 une perquisition au siège de l'UMP, dans l'affaire Big Malion, déjà le financement d'une campagne présidentielle, celle de Nicolas Sarkozy en 2012.
Il y a eu, si on remonte un peu plus le temps, on est toujours sous la Vème République qu'évoquait Jordan Bardella, en 1992, la perquisition le 14 janvier par le jugement de Rienbeck du siège du Parti Socialiste, Ruth Solferino, qui venait de changer de patron, Moroy avait passé le flambeau à Fabius, et là encore c'était la trésorerie qui était visée et la perquisition a eu lieu devant les caméras.
On pourrait même remonter plus loin, alors ce n'est pas la Vème, c'est la IVème, mais en mai 1952, non seulement on perquisitionne le siège du Parti Communiste français, qui était à l'époque, ce qui est aujourd'hui la place Cossut, rue de Châteaudin, mais on incarcère le patron du PC de l'époque, Jacques Duclos, qui faisait l'intérim, Maurice Thorez ayant eu un pépin de santé, parce qu'on a trouvé deux pigeons morts dans sa voiture, on le soupçonnait d'espionnage. On l'incarcère pendant quelques jours, et l'affaire se dégonfle. Donc ce que subit le RN aujourd'hui n'est absolument pas inouï ni inédit.
– Mais écoutez, si c'est choquant, c'est choquant quand il y a quand même un hasard de calendrier qui interpelle. – Il n'y a pas de hasard de calendrier, c'est… – Écoutez, si un petit peu quand même, en tout cas c'est ce que les gens nous disent. – L'enquête a démarré en juillet 2000, bonjour, un hasard de calendrier. – Écoutez, cette semaine, on a une nouvelle affaire qui arrive du Parlement européen. Marine Le Pen est condamnée à une exécution provisoire en matière d'inéligibilité, sans que ça ne repose sur aucun texte. Et là, en fait, voilà, on a quand même le Premier Parti de France, un parti aux portes du pouvoir, qui, oui, subit un acharnement judiciaire. – Le hasard du calendrier.
– Qui interroge. – Mais ce que je veux vous dire, vous savez, c'est qu'en fait, ils essaieront de nous barrer la route. – Qui ils ? – Le système, vous voyez, nos opposants politiques, qui n'arrivent pas à nous battre. – Vous pensez qu'un juge obéisse au pouvoir politique ? – Écoutez, en tout cas, je ne sais pas, mais en tout cas, c'est ce qu'un certain nombre de Français pensent. Et moi, ce que je veux dire à ces Français qui nous font confiance, c'est que, voilà, même si le système, là, il n'arrive plus à nous battre dans les urnes. Alors, peut-être qu'il va essayer de nous battre dans les prétoires, mais je veux dire aux Français que nous sommes plus que jamais déterminés. – C'est sûr.
– Et que je les invite à nous rejoindre en prenant leur adhésion au sein du Rassemblement national.
– Madame la députée, ce qui est étrange aussi, vu de l'extérieur, c'est qu'après l'affaire des kits parlementaires, où là aussi, on s'est demandé si ces kits vendus très chers aux députés, c'était vraiment légal, il y a eu tout un débat, et l'affaire s'est terminée. Après l'affaire des assistants parlementaires, oui, elle s'est bien terminée, après l'affaire des assistants parlementaires européens, qui, elle, pour l'instant, s'est mal terminée, mais ça sera en appel l'année prochaine. Sur des faits de 2019-2024, ceux que vous reprochent l'Europe, et sur des faits de 2021-2023, vous continuez à être au moins imprudent.
Pourquoi ne pas avoir interrogé la Commission nationale des comptes de campagne ? Bonjour, nous avons besoin de faire des emprunts auprès de nos adhérents, ce sont des emprunts rémunérés de temps, sur telle durée, est-ce que ça vous semble légal ou pas ?
Ce que nous n'avons fait n'est pas illégal. Donc en fait, on ne va pas nous imaginer que quelque chose pourrait être illégal, et envoyez-la à la Commission des comptes de campagne. Ça se fait couramment demander d'apprendre. Vous savez, tout le temps, à chaque élection, nous envoyons nos comptes à la Commission. En fait, donc si la Commission avait vu quelque chose d'anormal, eh bien, elle aurait fait la procédure contradictoire. Elle nous aurait envoyé des questions, nous aurions apporté des réponses, et nous aurions eu, finalement, une solution. Là, il n'y en a pas, vous voyez. Donc on nous accuse de quelque chose sans fondement juridique.
Mais je vous dis, tout ça est mis en scène pour essayer, en fait, de déstabiliser le Rassemblement national, pour tenter de nous décrédibiliser, et presque de nous criminaliser, quelque part. C'est ça qui est grave, en fait, dans un état de droit.
Quand vous parlez du système, quand vous dites « il », le système, c'était Jean-Philippe Tanguy, je crois qu'il disait, le système est parti dans des bases d'œuvres, aujourd'hui, et quand on vous dit « vous accusez qui », on vous dit « je ne sais pas ». Vous ne pouvez pas dire « il », « le système », « il y a un complot contre nous », et dire derrière « je ne sais pas ». Si vous visez quelqu'un précisément, qui visez-vous ce soir, quand vous voyez débarquer 20 policiers au siège du RN ?
En tout cas, ce que je dis, c'est curieux, mais les Français se feront leur opinion. Moi, ce que je veux vous dire, c'est que, bien évidemment, nous répondrons à la justice, comme nous l'avons systématiquement fait. « Nous nous défendrons, et rien n'altérera notre détermination à remporter les prochaines élections, parce que je crois que c'est plus que jamais nécessaire dans un pays qui est clairement en dérive antidémocratique. »
Mais est-ce que c'était le même système qu'avait perquisitionné chez LFI, au Modem, au Parti Socialiste ? Je ne sais pas. Christophe, ce qui est troublant, là encore, c'est qu'une affaire peut en cacher une autre.
Oui, une affaire peut en cacher une autre. On a évoqué celle des assistants parlementaires. L'appel, c'est dans un an. Et puis, il y a eu, ces derniers jours, une affaire qui a surgi à nouveau au Parlement européen, qui vise le RN et ses alliés du groupe Identité et Démocratie. Ça, on est entre 2019 et 2024. Le Parlement européen leur reproche d'avoir utilisé leur crédit de frais de fonctionnement en favorisant des sociétés, en ne respectant pas toujours la règle des appels d'offres. Il y a même une société qui a emporté un appel d'offres sans avoir concouru, en allant jusqu'à 3,6 millions ou 4,3 millions d'euros d'argent dépensé. Là, les sommes sont différentes.
Telle que l'a révélé, confirmé, franc-tireur, ce qui est le plus choquant politiquement, c'est que les deux sociétés qui seraient favorisées par ces crédits qui leur ont été fournis, ce sont deux sociétés liées au GUD. Le GUD, c'est le groupement Union Défense. C'est donc un groupuscule d'extrême droite. C'est Frédéric Chatillon. Donc, si c'était avéré, pour l'instant, l'enquête commence à peine, bien sûr.
Merci de le préciser.
Ça voudrait dire d'abord que toute la stratégie de dédiabolisation, on ne travaille plus avec eux, on ne veut plus les voir, s'effondrerait, parce que là, c'est 2019-2024, c'est il n'y a pas si longtemps, et qu'en plus, après avoir été alerté sur les assistants parlementaires, que ça n'était pas régulier, ce qui a donné l'affaire qu'on citait, le RN a continué avec des pratiques pour le moins opaques et imprudentes. C'est pour ça que cette affaire me semble plus grave que celle des prêts des particuliers, où en effet, on est sur un terrain jurisprudentiel qui, pour l'instant, n'est pas établi.
Mais vous voyez, en fait, je vous parlais tout à l'heure qu'il n'y a pas de hasard dans le calendrier. En fait, tout arrive en même temps. Donc en fait, tout vise à jeter, quelque part, une suspicion sur le Rassemblement national. Moi, je m'étonne qu'on arrive à mi-2025 et qu'on nous ressorte un dossier qui va de 2019 à 2024, alors que chaque année, chaque année, les comptes des groupes politiques au Parlement européen sont certifiés et sont ensuite approuvés par le bureau du Parlement européen. Deux sociétés du GUD, une animée politique que vous financez avec l'argent de l'Europe. On ne finance pas deux sociétés proches du GUD. En fait, il y a des partenaires commerciaux.
Et ce que je veux vous dire, et vous avez certainement une bonne mémoire comme moi, rappelez-vous qu'il y a quelques années, Jordan Bardella avait dit qu'il arrêterait de travailler avec ces sociétés. C'est exactement ce qu'il a fait. Sauf que vous savez, en droit commercial, eh bien, il y a des contrats. Vous ne pouvez pas interrompre un contrat tout de suite quand vous le décidez. Donc en fait, il fallait aller jusqu'à la fin du contrat. Sur des appels d'offres qui sont de 2-3 ans ? Et sur l'appel d'offres, et sur les appels d'offres, écoutez, oui, je suis obligée de le dire. Il y a quelques années, pas toutes les sociétés voulaient travailler avec le Rassemblement national.
C'est injuste, c'est de la discrimination, mais c'est pourtant un fait.
Mais Marine Le Pen, elle-même, avait dit qu'elle voulait en finir avec ces relations. Mais c'est vrai, monsieur. Elle l'avait dit en interne, c'est terminé.
Eh bien, c'est ce que je vous dis. Mais vous ne pouvez pas. On est en 2025. Ce que je vous dis, c'est qu'on est en 2025. Il n'y a plus de relations contractuelles avec ces sociétés. Mais qu'au moment où nous avons pris cette décision pour des motifs légitimes, eh bien, du coup, il fallait aller jusqu'à exécution du contrat. En fait, parce qu'en France, on ne fait pas ce qu'on veut. Vous savez, il y a un droit commercial.
Christophe, encore un point. Est-ce que politiquement, ça peut changer les choses ? On parlait déjà, avec les risques qui pèsent sur la candidature de Marine Le Pen, de plan B comme Bardella. Est-ce qu'on pourrait avancer dans l'alphabet ?
Alors, sur l'affaire des prêts, comme sur l'affaire européenne, compte tenu du rythme de la justice, des recours possibles, pour 2027, non. du parti, ça serait une mise en examen. Je ne suis pas sûr que ça l'empêcherait d'être candidat par les temps où nous vivons. Il n'y aura pas de condamnation définitive de quiconque dans ces affaires. D'ici 2027, il faudrait que la justice aille à une vitesse qu'elle ne nous a pas habitués à pratiquer. Ensuite, il est jeune, Bardella. Il a un avenir politique long devant lui. Là, oui, si cette affaire, si ces affaires devaient se développer, ça finirait par le rattraper. Et puis, pour qu'on dise que le plan B est grillé, il faut qu'il y ait un plan C.
Et on ne voit pas vraiment lequel. Parce que quelqu'un qui a la popularité, l'expérience et le charisme de Le Pen ou de Bardella au RN, malgré tout le talent, bien sûr, des parlementaires, on n'en voit pas. Ah si, il y a une personne qui a le nom, qui a la popularité, qui a la célébrité, c'est Marion Maréchal, ex-Le Pen. Mais elle n'est plus au RN. Et justement, mais là, c'est un hasard du calendrier, lundi, le RN a décidé d'exclure tout accord avec le parti de Marion Maréchal-Le Pen pour les municipales. Donc ça semble mal parti pour en faire un plan C ou même un plan D. Pour l'instant, le RN reste au système D.
Le système D, comme des brouilles, et pour certains, le système D, comme délictueux.
Ah pour certains, j'ai dit. Ou comme défense, question de parler. Ou comme défense. Mais je veux juste vous dire que nous ne serons pas sauvés par une question de temporalité. Sous-entendu, nous sommes coupables, mais parce que la justice est longue, on ne sera pas condamnés après les élections. Je vous remercie de le dire. Là, pour l'instant, il n'y a même pas de mise en examen, vous voyez. Il y a juste une ouverture d'enquête, certes très médiatisée, mais pour l'instant, il n'y a rien.
Il peut y avoir des non-lieux assez rapides
grâce aux perquisitions. Eh bien, écoutez, c'est ce que je souhaite. En tout cas, ce que je veux dire, c'est que nous serons sauvés par la démonstration de notre innocence parce que nous sommes, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, des gens honnêtes. Et c'est certainement pour cette raison que de plus en plus de Français nous font confiance. Je les en remercie. Et je tiens vraiment à remercier toutes les personnes qui nous ont envoyé des messages de soutien aujourd'hui. Ça nous a fait chaud au cœur.
Juste une question. Vous dites que toutes ces affaires-là n'existeraient pas si les banques françaises vous prêtaient de l'argent ?
En tout cas, ce que je veux dire, c'est qu'évidemment, si on était traité comme tous les partis politiques démocratiques en France, eh bien, ça serait beaucoup plus facile pour nous. Parce que là, du coup, ça construit une affaire. Mais surtout, ça nous fait perdre beaucoup de temps et beaucoup d'énergie. Je vais vous poser la question.
Est-ce qu'il faudrait obliger les banques françaises à vous prêter de l'argent ?
Écoutez, oui. C'est un peu ce qu'avait promis Emmanuel Macron en 2017. Mais malheureusement, c'est une promesse de plus sur laquelle il s'est assis.
Est-ce que ça ne s'arrange pas pour les municipales ? Les candidats se lancent. Là, ils vont ouvrir leur compte.
Oui, mais ce n'est pas pareil. Pour les élections municipales, ce sont les candidats qui financent. Voilà, ce sont les candidats qui vont chercher. Oui, oui. Ce sont des sommes plus petites. Et en plus, en dessous de 9000 habitants, il n'y a pas de compte de campagne. Oui.
Edwige Diaz