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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 8 min

Budget 2026, censure… L’interview 4V de Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot, semaine décisive pour les budgets, est-ce que la censure est pour vous une option ? Je sais que vous êtes sénateur, vous ne la voterez pas, mais la censure du gouvernement est-elle une option ?

0:11
Yannick Jadot

C'est une option, mais c'est une option au dernier recours. Je pense qu'aujourd'hui il y a une négociation, il y a une négociation parlementaire. Je pense que la méthode aujourd'hui n'est pas la bonne, c'est-à-dire que de fonctionner uniquement par amendement, on voit bien que le budget peut partir absolument dans tous les sens. Je pense qu'il faut à l'Assemblée nationale, entre le bloc gauche et le bloc central, il faut une négociation beaucoup plus structurée autour des grands équilibres. Qu'est-ce qu'on veut faire de ce budget ? On parle régulièrement de l'hôpital, c'est une purge avec ce budget. Qu'est-ce qu'on fait pour que les gens en France soient soignés ?

Première préoccupation des Françaises et des Français, le logement. Effondrement de la construction de logements sociaux, effondrement du budget de la rénovation thermique, tout ça est très mauvais pour le pouvoir d'achat et pour l'emploi. Donc qu'est-ce qu'on veut faire et quels sont les grands équilibres ? Qui doit payer ? Qui doit contribuer pour qu'à la fois on réduise le déficit et qu'on s'occupe des Françaises et des Français, leur santé, leur logement, leur énergie ?

1:15
Présentateur

La démarche des socialistes de négocier, alors vous n'êtes pas pour négocier amendement par amendement, négocier globalement, mais cette démarche des socialistes, vous la validez plutôt ?

1:23
Yannick Jadot

Moi, je n'avais pas, je souhaitais, j'étais plutôt pour qu'on ne vote pas la censure. Mais le premier vote, parce que je pense qu'à partir du moment où, moi je suis un parlementariste, à partir du moment où on donne la possibilité au Parlement de tenter de trouver des compromis, c'est ce que nous défendons depuis juillet 2024, depuis la désolution, nous défendons l'idée qu'on peut trouver des compromis à l'Assemblée. Donc tentons d'en faire la démonstration. Après, vous voyez bien que là, il y a une difficulté, c'est-à-dire que le bloc central à l'Assemblée, les macronistes élargis, ils disent, nous, tant qu'on n'a pas d'instruction du Premier ministre, le corps nu, on ne peut pas négocier.

Et le corps nu dit, ça doit se passer à l'Assemblée. Donc là, il y a un hiatus au sein du bloc central qui fait que ça ne fonctionne pas. Et on ne pourra pas avoir de bon budget votable par qui que ce soit si on fonctionne par amendement. Donc il faut qu'il y ait une négociation globale sur les équilibres, comment on protège les classes populaires, les classes moyennes, comment on investit contre le dérèglement climatique pour le logement, pour la santé, et comment, en même temps, on réduit le déficit.

2:30
Présentateur

Sondage délicat pour la gauche ce week-end, on l'a vu. Sondage dans lequel on se rend compte que Raphaël Glucksmann semble aujourd'hui être le seul à pouvoir, à gauche, concurrencer Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que toute la gauche non-éléphie, si je puis dire, doit se ranger derrière lui ?

2:49
Yannick Jadot

Ma position, c'est que la relation de Jean-Luc Mélenchon à la démocratie est tellement dégradée que... On ne peut plus cheminer avec lui. Y compris lui, il a théorisé, l'histoire des deux gauches, deux candidats. Donc il nous faut une candidature sociale-écologique. Donc c'est Raphaël Glucksmann, c'est Marine Tondelier, c'est François Ruffin, et d'autres. Il nous faut absolument... Il y a une jadeau ? Moi, j'ai fait une candidature en 2022. Il faut s'y préparer. C'est un exercice extrêmement difficile, une présidentielle. Moi, je veux contribuer à cette candidature sociale-écologiste. Et faire en sorte qu'elle soit au second tour de l'élection présidentielle. Il n'y a pas d'électorat.

3:32
Présentateur

Moi, je veux contribuer. Oui. Est-ce que ça pourrait être vous ? Non.

3:36
Yannick Jadot

Aujourd'hui, moi, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle.

3:39
Présentateur

Mais Marine Tondelier, vous avez dit, ça peut être Marine Tondelier. Glucksmann, Marine Tondelier a déclaré sa candidature. Vous n'êtes pas sûr de la soutenir ?

3:46
Yannick Jadot

Moi, j'attends de... Vous savez, il y a un enjeu. Marine Tondelier a beaucoup de qualités. Incontestablement. Elle fait le boulot pour l'écologie. Elle fait le boulot pour le parti. Non. Non, mais moi, j'ai un problème de ligne politique sur sa candidature. C'est qu'aujourd'hui, elle veut rassembler de Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Glucksmann. Ça n'existera pas. Donc, on illusionne les électrices et les électeurs. Donc, à un moment donné, on va les décevoir. Et surtout, ça nous empêche de travailler rapidement à une candidature sociale-écolo. Donc, comme vous l'avez dit, la gauche, non. Or, Jean-Luc Mélenchon. Et vous verrez que comme il n'y a pas d'électorat...

Irréconciliable à gauche, eh bien, une bonne candidature sociale-écolo bénéficiera du vote utile, pourra être au second tour, et c'est la seule candidature de gauche qui peut battre Jordan Bardella ou Marine Le Pen au second tour.

4:38
Présentateur

Climat, la drôle de guerre. Sous-titre, sommes-nous condamnés à une France caniculaire dirigée par l'extrême droite ? Est-ce qu'on peut lutter aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut lutter contre les deux en même temps ? Est-ce qu'on peut lutter pour le climat et lutter contre le populisme ?

4:52
Yannick Jadot

Vous n'avez pas précisé que c'est mon dernier livre. C'est votre dernier livre. C'est toujours bien, c'est toujours bien.

4:57
Présentateur

Ça me paraissait... Ah, c'était pas évident. Non.

5:01
Yannick Jadot

Je crois qu'aujourd'hui, on a trois mouvements qui fonctionnent en même temps. On a à la fois le renoncement sur le climat, l'affaissement de la démocratie et la montée des extrêmes droites. Et donc, on voit que tout ça se résume au fond à une forme d'impuissance politique de celles et de ceux qui gouvernent à agir à la fois pour le quotidien des Françaises et des Français. Donc, ils sont en colère. Il y a de la rage. Ils se sentent méprisés et ils veulent renverser la table avec l'extrême droite. Il y a un affaissement démocratique avec le complotisme, les réseaux, les médias concentrés.

5:35
Présentateur

Vous n'êtes pas journaliste. Le constat, c'est nous qui le faisons. Vous êtes homme politique. On a le sentiment qu'aujourd'hui, on a du mal à lutter contre les deux à la fois. Beaucoup de gouvernements, pour lutter contre le populisme, renoncent à l'écologie.

5:48
Yannick Jadot

Eh bien, c'est la faute.

5:50
Locuteur

Quand...

5:51
Yannick Jadot

Ce que je dis dans ce bouquin, c'est qu'il faut changer notre manière. C'est notre manière de porter les politiques écolo. Pendant longtemps, on a été des lanceurs d'alerte. Et c'était nécessaire. C'était un cycle de l'écologie que la société soit conscientisée.

6:02
Présentateur

Ça s'est réglé. Le constat est partagé.

6:04
Yannick Jadot

Le constat est partagé. Aujourd'hui, il nous faut montrer que les politiques écolo, ce n'est pas seulement les générations futures. Ce n'est pas seulement un principe moral essentiel. C'est le pouvoir d'achat. C'est la santé. C'est la capacité à vivre dans l'entreprise, dans son village, dans sa ville, de manière digne. Et paisible. Je vous parlais tout à l'heure du logement. Voyez, si on dit aujourd'hui, on va construire du logement social, on va faire de la rénovation thermique, on va permettre à chacune et chacun d'habiter dans un logement digne. Ça va créer de l'emploi, ça va faire des économies et ça va réduire nos consommations d'énergie, donc la Russie ou Poutine.

Et ça va nous permettre de lutter contre le dérèglement climatique. Voyez, j'inverse la proposition. Je ne dis pas, il faut absolument lutter contre le dérèglement climatique. Et à la fin, je dis, il faut s'occuper du logement. Je dis, occupons nous des Français et de tous les bénéfices de la lutte contre le dérèglement climatique. Quand on parle de l'artificialisation des sols, vous savez le fameux ZAN, point de friction, plutôt que de dire, il faut éviter l'artificialisation des sols et à la fin, on tombe sur les commerces de proximité. Revitalisons nos centres-villes et on arrêtera de détruire des terres agricoles.

Donc, au fond, si on change de logiciel, si on change de posture, on lutte pour le climat, on s'occupe des gens. Donc, on lutte contre l'extrême droite et on revitalise la démocratie. C'est l'objectif de ce bouquin, montrer que tout est lié. Climat, démocratie, c'est le même combat.

7:36
Présentateur

Merci beaucoup Yannick Jadot, sénateur de Paris et auteur de Climat, la drôle de guerre chez De Noël. Bonne journée à tous.

Budget 2026, censure… L’interview 4V de Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris — Yannick Jadot · Pourquijevote