Emmanuel Macron face au Congrès du Parlement
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Retour sur le congrès de Versailles ce soir au téléphone sonne. Retour sur le contenu du discours d'Emmanuel Macron devant les députés et les sénateurs cet après-midi. Une sorte de discours de la méthode du quinquennat à venir. Le chef de l'État a confirmé sa volonté de mener à bien certaines réformes institutionnelles et cela sans perdre de temps. Proportionnelle, réduction du nombre de parlementaires, droits de pétition, limitation du cumul des mandats dans le temps, suppression de la Cour de justice de la République, des annonces. Mais peu de précision. Une chose est sûre, Emmanuel Macron est un homme pressé qui a entendu les critiques même si c'est pour mieux les rejeter.
Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bel an, répond ce soir Jean-Luc Mélenchon qui a bolcotté la séance. Alors on va revenir sur cette intervention sur le fond et sur la forme avec nos invités. Le politologue Brice Tinturier, directeur général délégué d'Ipsos. Bonsoir Brice Tinturier. Bonsoir. Le constitutionnaliste Dominique Rousseau, professeur à Paris 1. Bonsoir Dominique Rousseau.
Bonsoir.
Et Frédéric Mettezot, chef du service politique de France Inter. Bonsoir Frédéric.
Bonsoir à tous.
Pour les interroger ou pour donner votre avis tout simplement de solution, un message sur franceinter.fr ou sur Twitter avec le mot d'hier Stelson ou alors le téléphone 0145 24 7000.
Claire Servageant, le téléphone sonne.
Et tout de suite une première question, celle d'Isabelle qui nous appelle de Dijon. Bonsoir Isabelle. Bonsoir à tous. Est-ce que vous avez suivi l'intervention tout d'abord cet après-midi, peut-être à la télévision ?
Non, je ne l'ai pas suivi. J'ai suivi vos journaux, différents journaux, donc j'ai eu tous les éléments. Mais en liminaire, j'aurais souhaité quand même qu'on replace le sujet dans le cadre de la réforme constitutionnelle de juillet 2008, afin de faire mieux comprendre aux auditeurs ce qui permet au président de prendre la parole devant les représentants de la nation quand ils le souhaitent.
Parce que pour vous, c'est une bonne chose que le chef de l'État s'exprime ainsi ?
Je ne sais pas. Moi, j'applique la loi constitutionnelle de 2008. Il a le droit de le faire. Il fait ce qu'il veut.
Voilà. Merci beaucoup. Merci Isabelle. On va demander peut-être à Dominique Rousseau, qui est professeur de droit constitutionnel, d'où vient cette réforme ? C'est Nicolas Sarkozy ?
Alors, c'est le président Nicolas Sarkozy qui, effectivement, a fait voter la révision constitutionnelle en 2008 et qui, parmi les différentes propositions, a fait adopter celle permettant au président de la République de s'adresser en personne aux parlementaires réunis au Congrès en Versailles. Alors, jusqu'à présent, tous les chefs d'État, dans toutes les républiques françaises, tous les chefs d'État pouvaient s'adresser aux parlementaires. Mais ils le faisaient par un message qui a été lu par le président de l'Assemblée nationale et qui a été lu par le président du Sénat.
Alors, cette interdiction pour le président de la République de venir lire en personne son discours, ça remonte en fait à la Troisième République. C'est Adolphe Thiers qui était président de la République par intérim et qui, à l'époque, était en même temps député. Et Adolphe Thiers était un orateur remarquable, ce qui fait que lorsqu'il parlait, il retournait l'Assemblée. Et il y a de ses petits copains, le duc de Breuil, à l'époque, qui a profité de son absence, une journée, pour faire voter une loi interdisant désormais au président de la République de prendre en personne la parole devant l'Assemblée nationale.
Donc, vous voyez, ça ne vient pas, ce n'est pas la théorie de la séparation des pouvoirs, ce n'est pas la raison pure qui a conduit à ce sens des circonstances politiques particulières.
Frédéric Mettezot. J'ajouterais deux autres circonstances. Une politique particulière, pour reprendre l'expression du professeur Rousseau, c'est qu'à partir de 2002, nous sommes entrés dans le quinquennat. Le temps politique étant plus court, il fallait que le président de la République ait plus d'occasion, plus d'opportunités pour s'exprimer. Ça, c'est la première. Et puis, la deuxième, c'est un contexte. Il ne faut pas oublier ça. Il ne faut jamais oublier le contexte médiatique dans lequel se font les évolutions politiques. Dans les années 60, le général de Gaulle invente la conférence de presse parce qu'il y a la télévision.
En 2008, on invente ce discours parce qu'on est à l'heure des télévisions d'information continue. Et il faut ce genre d'événement qui permet de borner, de jalonner le quinquennat. Nicolas Sarkozy était à l'époque, et Emmanuel Macron aussi, un président de son temps.
Et ça a été utilisé deux fois, Brice Tinturier, depuis l'adoption de cette réforme de Nicolas Sarkozy. Une fois Nicolas Sarkozy qui est allé devant le Congrès, une autre fois François Hollande.
Oui, tout à fait. Et je crois que c'est d'autant plus important là que nous avons un président de la République qui entend ne pas s'adresser via les médias trop souvent ou trop directement aux Français. Donc, il y a une soléminité. Il y a aussi des moments où il compte expliquer quelles sont les bases du quinquennat qu'il entend conduire. Et je crois que c'est ce qu'il a fait aujourd'hui. Et on voit bien que l'usage de la parole présidentielle est un usage très maîtrisé qui se veut aussi très contrôlé, si ce n'est rare dans le temps, en tous les cas adapté à des moments précis. Et là, c'était devant la représentation nationale réunie en Congrès.
On va poursuivre évidemment, mais on repart au standard de France Inter. Cette fois, c'est Georges qui nous appelle du Pas-de-Calais. Bonsoir Georges. Bonsoir à tous. Alors, suite à la première question, on a expliqué d'où venait cette réforme. Vous, vous posez des questions par rapport aux Etats-Unis, c'est ça ?
Je pose la question de l'américanisation de la vie politique française qui me paraît galopante et que M. Macron semble accélérer. Il y avait déjà les primaires qui ont d'ailleurs fait flop. On voit M. Macron qui chante la marseillaise les yeux mi-clos mystiquement et la main sur le cœur. On le voit inviter Trump le 14 juillet. On le voit convoquer le Congrès et s'adresser au Congrès devant les deux chambres à l'américaine pour une espèce de discours de l'Union qui court-circuit de son Premier ministre. Donc là, il y a une distorsion, il me semble, par rapport à la Constitution qui dit que c'est le Premier ministre qui détermine, enfin le gouvernement qui détermine la politique de la nation.
Et tout ça quand même aussi avec des contenus derrière parce qu'il y a aussi, par exemple, le fait que l'anglais devient envahissant dans le discours du gouvernement. On ne comprend même plus ce qu'ils se disent entre eux tellement c'est truffé d'anglicisme.
Alors il y a beaucoup de questions dans votre question, Georges.
Juste pour finir sur un mot simplement, est-ce qu'il n'y a pas un projet au-delà de la forme qui est quand même d'américaniser de plus en plus notre pays, y compris sur le plan social, modèle anglo-saxon, autant et compagnie.
Merci Georges pour cette question à multiple entrée parce qu'effectivement il y a plusieurs questions dans votre question. Il y a les institutions, il y a le fonctionnement du pays, il y a aussi le style du président. On va peut-être commencer par là, Brice Tinturier, sur le style Macron qui aurait tendance un petit peu à imiter Barack Obama dans les mises en scène, la photo présidentielle, la photo officielle, etc.
Oui, on dit souvent ça et il est vrai qu'on peut trouver un certain nombre d'analogies entre le style d'Emmanuel Macron et ce que faisait Barack Obama. Malgré tout, moi j'ai plutôt le sentiment qu'Emmanuel Macron revient à l'esprit de la Vème République. Et une forme d'exercice de la fonction présidentielle, on dit plus verticale, en tous les cas qui utilise, use d'un certain nombre de symboles pour réaffirmer une fonction présidentielle distincte de la fonction de Premier ministre. Et je crois que c'est aussi ce qu'on a vu cet après-midi avec un président qui n'est pas allé dans le comment. Le comment on l'aura demain à travers le Premier ministre, mais qui a fixé le cap.
Et il est assez paradoxal d'avoir entendu très souvent le reproche fait soit à Nicolas Sarkozy d'être dans une frénésie de prise de parole, soit à François Hollande de ne pas donner le cap. Et de constater que là, quand on a un président de la République qui cherche au moins à poser les fondamentaux de ce qui va être son quinquennat, on a d'autres critiques qui arrivent sur le thème de l'américanisation de la vie politique française. Et je comprends vraiment la parole et le témoignage de votre auditeur parce qu'il y a d'autres symboles sur le langage, sur une façon de faire qui peuvent donner ce sentiment.
Qu'il y a également le contenu de la politique qui est aussi, je crois, dans le collimateur de notre auditeur. Mais il me semble que c'est quand même beaucoup plus conforme à l'esprit de la Vème République, en réalité, qu'à une américanisation de la vie politique.
Frédéric Mettezot ?
Parmi ce que disait... Dans ce que disait Georges, il y a effectivement des choses qui peuvent nous faire penser à cette américanisation. Alors il y a la main sur le cœur en chantant la marseillaise, ça fait hurler Alain Finkielkraut, par exemple. Il y a aussi, on peut citer les primaires, qui étaient...
Il lui est pour tout et n'importe quoi, lui.
Une forme... Il y avait les primaires qui sont effectivement, entre guillemets, importées des États-Unis. Il y a ce statut de la première dame que voudrait créer Emmanuel Macron. D'ailleurs, est-ce que ça s'appellera statut de la première dame ou du premier conjoint ou de la première conjointe ? Parce que peut-être qu'un jour, le conjoint sera un monsieur, donc il faudra voir...
En tout cas, il n'en a pas parlé aujourd'hui.
Non, il n'en a pas parlé aujourd'hui. Donc, il a parlé des pères fondateurs de l'Europe aujourd'hui. Donc, il y a quelques éléments qui peuvent faire effectivement penser à cette américanisation. Ensuite, le fait d'inviter Trump au 14 juillet, Donald Trump, pardon. Bon, ça, c'est normal d'inviter un président d'un pays étranger, surtout 100 ans après l'engagement des soldats américains dans la Première Guerre mondiale. Et il y a une chose, en revanche, où je suis tout à fait d'accord avec Bristain Thurier, c'est qu'Emmanuel Macron, je pense, n'a absolument pas envie de changer la Constitution dans un sens qui l'a flébillé. Elle est parfaite pour lui.
Il n'est pas responsable devant le Parlement. Il ne peut pas être renversé. Il ne peut pas être démis de ses fonctions, sauf à vraiment quelques conditions très très précises. Il ne peut pas y avoir d'impingement. Et puis, globalement, en France, le Parlement est beaucoup moins puissant qu'aux Etats-Unis. Et je n'ai pas l'impression qu'Emmanuel Macron veuille lui donner plus de puissance, plus de prérogatives. Oui, plus de puissance, non.
Dominique Rousseau, sur l'aspect constitutionnel des choses, peut-être la comparaison avec les Etats-Unis, vous êtes d'accord avec ce que vient de dire Frédéric Mettezot ?
Pas tout à fait. Il n'y a pas d'une imitation de... Il faut arrêter de comparer la France avec les Etats-Unis. Ou à la limite, il faut mieux imiter Barack Obama que Donald Trump. Mais il faut éviter la comparaison dans la mesure où les Etats-Unis sont un Etat fédéral. Et par conséquent...
Et le discours sur l'État de l'Union s'inscrit dans ce cadre-là ? Absolument.
Donc, on ne va pas faire un État de l'Union puisque nous ne sommes pas un Etat fédéral. De même pour les primaires. Les primaires sont organisées sur toute une année, État par État. Donc, on ne peut pas comparer les primaires en France et les primaires aux Etats-Unis. Américanisation, non. Je redis que le message du président de la République au Parlement, après l'élection du président de la République et après l'élection de l'Assemblée nationale, est une tradition. Je rappelle que François Mitterrand, il n'était pas américaniste, François Mitterrand a adressé un message à l'Assemblée nationale le 8 juillet 1981 à 11h du matin.
Et à 15h, le même jour, Pierre Moroy, Premier ministre, a fait sa déclaration de politique générale. Et que disait le message de François Mitterrand ? Je le résume. Mes 110 propositions sont désormais la charte du gouvernement et mes 110 propositions sont désormais la charte du législateur. Donc, parlementaires, appliquez mes 110 propositions. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau ? De nouveau, il y a simplement que Emmanuel Macron est venu le dire en personne.
Il y a quand même la forme solennelle d'un président qui se déplace et de tous ces parlementaires qu'on fait venir à Versailles. Ce n'est pas rien, ça c'est quand même quelque chose. Surtout, alors pardonnez-moi de poser la question, mais pour quelle annonce particulière, Brice Tinturier ? Qu'est-ce qu'on a appris cet après-midi ? C'est un petit peu la répétition du programme présidentiel d'Emmanuel Macron, globalement.
Oui, mais c'est quand même important. On a appris un certain nombre de mesures, d'engagement pour des mesures qui certes avaient déjà été évoquées pendant la campagne présidentielle, mais qui vont façonner différemment notre vie politique. La réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, ce n'est pas une petite mesure. L'introduction d'une dose de proportionnelle, ce n'est pas non plus quelque chose de...
Non, mais ce que je veux dire, c'est que c'était des choses qui avaient été dites au moment de la campagne.
Oui, mais je crois que ce qui est important, c'est que finalement, ce qui a fait aussi le succès d'Emmanuel Macron, c'est la volonté de transformer la façon dont la vie politique fonctionnait dans notre pays. Et ce que je retiens quand même prioritairement du discours de tout à l'heure, c'est qu'il remet l'accent sur ces éléments-là. Donc pour le coup, il y a à la fois une cohérence et une continuité, mais aussi une précision, un engagement supplémentaire sur la direction donnée et sur un certain nombre de priorités. Le calendrier n'est pas totalement un donné non plus, puisqu'il s'est engagé à aller vite, y compris s'il devait passer par une procédure référendaire.
Donc là, je trouve qu'il y a quand même quelque chose d'important qui a été annoncé. Ce n'est pas un discours pour rien. Ce n'est pas un discours qui ne ferait que redire des choses déjà dites. C'est un discours qui pointe des priorités, notamment dans le fonctionnement de notre vie politique et nos institutions.
Un petit mot, Frédéric Mettezot, de la façon dont ce discours a été accueilli par les parlementaires présents, parce que parfois, certains orateurs ont droit à des applaudissements régulièrement au gré de ce qu'ils disent. Ce n'est pas forcément un tel cas là.
Non, il n'y en a pas eu beaucoup. Tout d'abord, c'est toujours difficile dans un congrès de voir comment réagit l'hémicycle, parce que les parlementaires ne sont pas placés par groupe, par couleur politique. Ils sont par ordre alphabétique. Vous ne pouvez plus avoir, comme dans un stade de football, la tribune Est et la tribune Ouest. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, nous avons, je ne sais plus quel est le pourcentage de nouveaux parlementaires. Le cadre est tout de même assez solennel, assez écrasant, assez impressionnant. Donc, on se dit, vous savez, c'est comme quand on est au théâtre. Est-ce qu'il faut applaudir là ou à une cérémonie religieuse ?
Est-ce qu'on se lève ou est-ce qu'on s'assoit ? Là, nous étions dans une grande cérémonie laïque et républicaine. Sans doute que le cadre n'a pas aidé. Et puis, dernière chose, il y a eu quelques moments un petit peu comiques. Par exemple, quand on était à peu près à une heure de discours, donc c'était censé être la durée du discours. Emmanuel Macron a terminé sur une heure et demie. Une heure vingt-huit-huit, voilà, exactement. Quand Emmanuel Macron a terminé une phrase qui pouvait ressembler à une perro raison, des gens ont commencé à applaudir. Alors, du coup, d'autres se sont dit, on va suivre. Et puis non, ce n'était pas terminé. En fait, tout ça est assez codifié.
Mais les codes, ça s'apprend.
Dominique Rousseau, sur les annonces qui ont été faites, on va revenir sur chaque point tout à l'heure. Pour vous, il y avait de la matière cet après-midi ?
Ah, il y avait de la matière. Et contrairement à ce qu'on entend, ou ce que peut-être vous avez dit tout à l'heure, autant Emmanuel Macron respecte effectivement la logique des institutions de la Ve République et dans une perspective gaulo-mitterrandienne, autant si les réformes qu'il a annoncées ce soir sont votées, ça va transformer radicalement le fonctionnement des institutions. La proportionnelle. S'il y a la proportionnelle et selon la dose, ça veut dire qu'il n'y a plus de majorité automatique à l'Assemblée nationale. Et s'il n'y a plus de majorité automatique à l'Assemblée nationale, ça veut dire qu'il faudra négocier.
Négocier des accords, négocier des majorités d'idées, comme disait Edgar Ford, et vous changez la pratique. La constitution c'est important, mais, c'est Michel Neuvray qui le disait, la véritable constitution d'un pays c'est la loi électorale. Vous supprimez le scrutin majoritaire et vous mettez la proportionnelle, alors ça va dépendre de la dose, vous changez totalement le fonctionnement des institutions. Le scrutin majoritaire c'est des députés godillots, le scrutin proportionnel c'est des députés qui s'assument comme législateurs et contrôleurs. Et vous changez la pratique des institutions.
Le droit de pétition, le droit de pétition pour les citoyens, ça va permettre aux citoyens de demander l'inscription, par exemple, à l'ordre du jour du Parlement, d'un certain nombre de propositions législatives. La transformation du Conseil économique et social qui va devenir l'institution unique de la consultation. Je pense qu'il y a là, il y a vraisemblablement l'influence de Jean-Paul Delevoye, qui était le président du conseil d'ancien président et qui était le conseiller d'Emmanuel Macron. Donc ça va changer profondément le fonctionnement. Diminuer le nombre des lois pour donner de la place au contrat.
On retrouve, il a parlé de république contractuelle, c'est très important, on retrouve l'inspiration et de Chabandelmas dans son discours de la nouvelle société du 16 septembre 69, on retrouve Mendès, Mendès France, on retrouve Rocard, l'autonomie, l'humanisme, la confiance dans la société civile. Il y a véritablement, si ces réformes sont votées, je dis bien si ces réformes sont votées...
On a appris quand même à se méfier, parce que la proportionnelle, c'est tout le monde ou presque...
Oui, mais là il l'a annoncé. Il l'a annoncé ? Non, je crois qu'il y aura quelque chose sur la proportionnelle, il ne peut pas annoncer lors d'un discours aussi important l'introduction d'une dose de proportionnelle et ensuite ne plus le faire. En revanche, c'est la question de la dose de proportionnelle qui est fondamentale, parce que dans l'esprit de ce qu'il a annoncé aujourd'hui, on a plutôt le sentiment qu'il s'agit de mettre un peu de proportionnelle pour qu'il y ait une meilleure représentation des différentes sensibilités politiques du pays. Mais justement, un peu peut-être pour ne pas transformer véritablement le fonctionnement et l'esprit de la Ve République.
Donc on peut s'attendre à ce qu'on reste sur un scrutin majoritaire qui soit la dominante et qui ait simplement un petit peu plus de respiration. Si c'est cela, il y aura une meilleure représentation au sens de reproduction de la société et de ses sensibilités, mais il n'y aura pas une transformation en profondeur du fonctionnement de la vie politique.
Et on est d'accord, Dominique Rousseau, qu'il n'y a pas besoin d'une réforme de la Constitution
pour changer le mode de scrutin. C'est une loi. Donc il n'y a pas besoin de modifier la Constitution pour changer le mode de scrutin. Et je suis d'accord, tout va dépendre de la dose.
Est-ce que c'est 10 ? Est-ce que c'est 15 ? Est-ce que c'est 20 ? Jusqu'où ça ira ? Et puis il y a autre chose de très important, c'est que quand on annonce qu'on va réduire le nombre de parlementaires, ça veut dire qu'il va falloir revoir les circonscriptions, donc de retailler de nouvelles circonscriptions. Et ça, c'est un enjeu aussi extrêmement important parce qu'en fonction du type de redécoupage que vous faites, vous pouvez là aussi avantager certains territoires ou certaines sensibilités politiques ou pas.
On a justement Alexis qui est au téléphone et qui veut nous parler de la question du nombre de parlementaires. Bonsoir Alexis, c'est à vous.
Bonsoir. Je vous entends là. C'est magique. Le nombre de parlementaires, ça a un bon problème parce que c'est pas le nombre de parlementaires qui est en jeu, qui est décisif. C'est les lois qu'on vote à l'Assemblée. Et je trouve que M. Macron démarre très mal ses réformes. Ou alors il doit faire un référendum parce qu'avec tout ce qu'on nous annonce, c'est le plateau des grandes références, tout ça, mais je trouve que c'est un peu antidémocratique, tout ça.
Pour vous, c'est pas ça l'essentiel, c'est ça ?
Et comment je veux dire, ils prennent pas le taux d'instention des gens qui votent pas ou qui votent pour les extrêmes. Et je crois que c'est très dangereux. Alors... Eh ben merci Alexis.
Merci beaucoup de nous avoir appelés. On va peut-être poser la question à Brice Tinturier qui s'occupe de ses prafistes. Peut-être qu'Alexis est un petit peu un prafiste dans l'âme, je ne sais pas.
Alors peut-être que réduire le nombre de parlementaires va justement satisfaire une partie de la population qui considère qu'il y a de l'inefficacité, de la gabegie et que pour réconcilier les Français avec leur système politique, il faut en passer par cela. C'est un reproche récurrent de la part des Français qui consiste à dire il y a des privilèges, mais il y a aussi un train de vie et un nombre de parlementaires qui est inutile. Donc je crois que, ne serait-ce que pour cela, c'est quelque chose que je mettrais plutôt dans la colonne favorable à la démocratie plutôt qu'antidémocratique.
Maintenant, il est vrai, vous avez raison monsieur, il est vrai que le discours ne porte pas sur le contenu là. et c'est aussi une forme de respect de la division des fonctions entre le Premier ministre et le Président de la République. Le Président de la République fixe le cap, le Premier ministre va dire comment il va parvenir à ce cap et là on rentrera dans le dur des lois, des réformes, des propositions et on verra bien si effectivement elles permettent de remettre dans le champ politique tous ces abstentionnistes que vous avez rappelés et qui sont effectivement extrêmement nombreux, qui traduisent un rapport très distancié maintenant à notre vie politique.
Frédéric Mettezot.
Il y a un autre travail important du Parlement que Emmanuel Macron souhaite valoriser ou revaloriser, c'est celui de contrôle et d'évaluation des lois déjà votées et puis l'évaluation du travail de l'exécutif. Il a dit que les grandes lois devraient être évaluées tous les 1 à 2 ans. Là pour le coup, il y a un côté très entrepreneurial, très managérial et puis aussi la possibilité de donner...
Et même des anciennes lois. Voilà, c'est ce que j'allais dire.
Des anciennes lois.
Qui ne donnent pas satisfaction. On pourrait même bien voir.
Après, à qui ça ne donne pas satisfaction et pour quelles raisons ? C'est toute la question et c'est peut-être aussi ce qui peut inquiéter notre auditeur Alexis. Quelles seraient les lois qui ne donnent pas satisfaction ? Chacun voit la satisfaction à sa porte.
Une question, Dominique Rousseau par rapport à tout ce qui a été annoncé. Réduction du nombre de parlementaires, réduction d'un tiers pour les trois assemblées, limitation du cumul des mandats dans le temps pour les parlementaires. Il y a cette histoire aussi de droits de pétition qu'il souhaite mieux prendre en compte. Avant de revenir en détail là-dessus, petite question sur la façon dont ça doit être adopté par le Congrès. Il a laissé entendre qu'éventuellement, ça pouvait passer par un F1N. Est-ce qu'il peut y avoir un package général, pardon pour l'anglicisme, de toutes ces réformes ou est-ce qu'il faut y aller au cas par cas ?
Les deux sont possibles. Les deux sont possibles mais si on comprend bien le discours du président de la République, ça sera un ensemble. Et donc, un groupe de travail autour du ministre de la Justice va se mettre en place pour faire des propositions à l'automne. Ensuite, il y aura un débat à l'Assemblée nationale et un débat au Sénat. Il faut que le texte de la réforme de la révision constitutionnelle soit adopté en termes identiques et par l'Assemblée nationale et par le Sénat. Je vous rappelle qu'il y a des élections sénatoriales en septembre. Donc, il faudra attendre l'élection sénatoriale.
Et ensuite, effectivement, le président de la République aura le choix entre faire ratifier la révision par le Congrès ou par le référendum. Tout va dépendre finalement de la majorité puisque pour que la révision soit ratifiée, il faut qu'il y ait la majorité des trois cinquièmes au Congrès où il est sûr de l'obtenir et à mon avis il passera par le Congrès où il voit que les députés freinent ou les parlementaires freinent pour la réduction des mandats et à ce moment-là il passera par référendum.
Je crois que dans ces annonces et dans ce discours il y a une obsession qui est l'obsession de l'efficacité et pour cela il faut aller à la fois vite mais il faut aussi prendre des mesures qui permettent de mieux travailler et par exemple l'argumentation autour de la réduction du nombre de parlementaires par Emmanuel Macron tout à l'heure elle s'appuie sur cette idée que le Parlement travaillera mieux si les élus sont moins nombreux mais ont davantage de personnes qui peuvent les assister dans leur travail de contrôle ou d'élaboration de la loi et on voit bien que de ce point de vue Emmanuel Macron il le dit d'ailleurs avec une formule assez méchante cherche à s'opposer à la fois à l'agitation dit-il qui a pu y avoir dans des quinquennats précédents ou à l'immobilisme et Nicolas Sarkozy et François Hollande sont clairement désignés et ça nous montre à quel point il veut aller vite et être efficace parce qu'il sait très bien qu'il peut ensuite basculer dans l'agitation stérile ou dans l'immobilisme qui vous revient en boomerang très très rapidement.
Il a sévèrement critiqué les prédécesseurs au détour de pas mal de phrases il n'apprécie pas non plus beaucoup les critiques de l'opposition ça on a compris ça cet après-midi Frédéric Mettezot
Oui pour ce qui est des députés communistes insoumis pour ces parlementaires UDI il y en a eu quelques-uns écologistes il a parlé de désertion tout de même le mot est fort Il a parlé aussi
d'opposition purement théorique d'effet de tribune voilà voilà
il se souvient aussi avec ces mots très durs de ce qu'il a vécu pendant le vote de la loi dite Macron la loi Macron de libéralisation de l'économie et d'assouplissement du code du travail d'un certain nombre de normes où dans les couloirs il le racontait à l'époque où il parlait encore aux journalistes il racontait que dans le couloir des parlementaires de droite et du centre il lui disait nous sommes d'accord avec vous mais qu'arrivés en séance il ne votait pas parce qu'effectivement il y avait ces oppositions théoriques et deux principes
une question de Martine qui nous appelle de Fontenay-aux-Roses à propos des députés qui ne sont pas venus aujourd'hui bonsoir Martine
bonsoir bienvenue à vous merci de prendre ma question alors tout à l'heure Brice Tinturier parlait de réconcilier les français et le parlement moi je me demandais l'effet que va se faire sur les français l'attitude des députés alors il y a la France insoumise les députés communistes et je crois un député UDU qui ont fait grève aujourd'hui de leur travail de parlementaires et je pense que ça contribue à l'antiparlementarisme et plus précisément je voulais savoir s'il est prévu une sanction financière pour ces députés qui ont fait grève moi j'ai fait beaucoup grève dans ma vie et quand j'ai fait grève on m'a systématiquement retenu une journée de salaire donc je voulais savoir ce qui était prévu pour le cas de ces parlementaires qui ont fait grève aujourd'hui
merci Martine alors je ne sais pas s'il faut parler de faire grève dans le cas des parlementaires mais en tout cas pour cette absence est-ce que vous savez Dominique Rousseau quel est le règlement des assemblées
non à ma connaissance il n'y a aucune sanction financière prévue pour absence au congrès en tous les cas c'est un peu différent à l'Assemblée nationale c'est deux règlements intérieurs différents
il n'y a pas de règlement intérieur spécifique au congrès
il y a une autre question aussi dans ce qu'évoque Martine à l'instant qui est de savoir comment cette absence ce boycott voulu de la part notamment des députés de la France insoumise peut être perçu par les français et s'il va être compris et même approuvé par une partie d'entre eux ou au contraire être perçu négativement et nourrir du coup aussi une forme parce qu'il nourrirait une forme d'antiparlementarisme moi je crois qu'aujourd'hui il y a dans ce pays d'abord des blocs qui sont extrêmement différents mais il y a un désir qui n'est pas unanime mais qui est majoritaire de donner sa chance à ce nouveau gouvernement et que la posture consistant à dès le départ écarter délibérément toute capacité même d'écoute dans un moment aussi important et aussi solennel ne sera pas forcément très bien accepté je fais en tous les cas cette hypothèse par la très grande majorité de nos concitoyens il y a des français qui sont résolument et dès maintenant dans une opposition à ce gouvernement il y a 33% environ de français qui nous disent je m'oppose à ce gouvernement mais si opposer ne signifie pas qu'on approuve le fait de ne même pas écouter ce que dit le président de la république au moment de l'annonce de ce que vont être les grandes lignes de son quinquennat
il y a quand même aussi la question du statut de l'opposition de la façon dont l'opposition a été traitée ces derniers jours à l'assemblée et ça c'est une question qui peut interroger il y a eu la question des caisseurs etc peut-être que pour la France insoumise c'était aussi une façon de se rappeler au bon souvenir de la majorité là aujourd'hui
oui certainement mais je crois que pour la France insoumise comme pour le Front National l'idée est de dès le départ de bien montrer qu'il n'y aura aucune concession et qu'on sera dans un combat politique extrêmement important en dépit de la faible représentation politique des oppositions parce qu'elles sont fragmentées et différentes ces oppositions mais une fois qu'on a dit ça et qu'il est tout à fait légitime les oppositions peuvent être là pour s'opposer et elles ont le droit évidemment de choisir leur mode d'opposition il ne me semble pas en revanche que se comporter de cette façon dès le début soit quelque chose qui sera forcément immédiatement mis à leur clé je crois que c'est plutôt sur des points durs et précis que les français comprennent qu'il y ait une opposition pas dans une attitude de principe a priori
Louis-Amico soit prêt en revanche
alors ils choisissent leur mode d'opposition mais c'est leur argumentation qui pose problème parce que dire qu'il se comporte que Macron se comporte comme un pharaon ou comme Bonaparte c'est totalement décalé par rapport à la réalité de son comportement qui est plutôt mitterrandien ou gaulo-mitterrandien et c'est décalé par rapport à son discours il a quand même dit dans son discours que l'esprit qu'il animait c'était l'esprit girondin c'était le contrat c'est à dire l'inverse de Bonaparte l'inverse du jacobinisme donc il y a un décalage il y a une argumentation en plus on a beaucoup reproché à Emmanuel Macron de ne pas parler aux journalistes depuis qu'il a été élu mais sa première grande déclaration publique il la réserve à qui ?
à la représentation nationale réunie dans ses institutions le congrès donc il y a quelque chose de paradoxal pour dans l'argumentation ils peuvent ils peuvent critiquer la réforme du droit du travail ils peuvent critiquer la prolongation de l'état d'urgence ils peuvent critiquer le contenu de la politique évidemment mais là l'argumentation me paraît complètement décalée par rapport au projet ou à la vision qui est portée
alors il y a Alain qui veut participer au débat il nous appelle de Bourg-en-Bresse bonsoir Alain
oui bonsoir Claire très très fier et très heureux de vous parler ma journaliste préférée d'Inter on s'en va c'est ma fête aujourd'hui non je vous le dis avec beaucoup de respect je vous le dis avec beaucoup de respect parce que je suivais le trésor et vous êtes vraiment la meilleure la meilleure de votre presse ah bah je vous embrasse non ma question moi c'est la liberté de la presse je me fais beaucoup de soucis pour la liberté de la presse dans les propos qui ont été rapportés à 16h, 17h et 19h dans les journaux d'Inter le président de la république veut vraiment avoir la mainmise sur les journalistes qui font leur travail les vrais journalistes et c'est un petit peu dommage parce que bon on se rend compte par expérience que tous les vrais journalistes qui ont fait des enquêtes à la sortie ils avaient raison que ce soit France Inter avec Benoît Colomba que ce soit Megapart que ce soit le canard enchaîné Charlie Hebdo lorsqu'ils accusent tel ou tel et bien à la sortie contrairement à ce que dit le président de la république ces gens ils sont condamnés ils ont fouté alors que je ne sais pas ce qu'en passe pour vous inviter
et bon on va leur poser la question un grand merci Alain merci pour cette question Frédéric Mettezot effectivement la presse n'a pas été épargnée cet après-midi mais par rapport aux affaires
oui Emmanuel Macron a parlé d'une société de délation il a parlé de de chasse à l'homme ça m'a rappelé mes années adolescentes mais ça m'a rappelé François Mitterrand qui parlait de l'honneur d'un homme livré au chien en parlant de Pierre Bérégovoy après que ce dernier se soit suicidé se soit donné la mort donc effectivement il a eu des mots très forts très durs en tant que journaliste effectivement on peut être interpellé parce que le but d'une rédaction comme France Inter et je vais uniquement parler de la nôtre qui a reçu ce coup de fil fort aimable comme vous le savez de l'éphémère garde des Sceaux François Bayrou le but de France Inter n'est pas de faire une chasse à l'homme le but de France Inter est de faire un travail de journaliste de s'intéresser à tous les partis politiques de s'intéresser à toutes les strates de la société que ce soit des entreprises des syndicats donc effectivement je pense en tant que journaliste que les propos tenus aujourd'hui sont déplacés un travail de journaliste c'est tout sauf de la délation la délation c'est anonyme la délation ce n'est pas sourcée la délation c'est l'impossibilité d'avoir un débat argumenté une enquête journalistique c'est tout le contraire et en tout cas pour ce qui est de France Inter nous travaillons toujours en vérifiant les sources en recoupant je vous rappelle que c'est France Inter qui a sorti l'affaire Beaupin qui a été classée sans suite uniquement par prescription mais le parquet a bien reconnu que les faits étaient sans doute constitués nous avions à l'époque sollicité toutes les parties prenantes donc encore une fois pour Radio France c'est un travail sérieux qui est mené
voilà pour la défense des journalistes Brice Tenturier pas d'interview du 14 juillet cette année la pensée complexe du président ne se prête pas à l'exercice bon on n'arrive pas à l'interroger ça veut dire quoi ça ?
non mais effectivement ça traduit bien un autre rapport je crois aux médias il vient là devant le congrès il délivre ce qui est sa vision et ce qu'il compte faire mais on n'est pas dans un exercice ensuite comme on l'a eu depuis 40 ans au mois du 14 juillet d'interview où le président de la république est soumis à une série de questions de contestations et il ne se livre pas il ne veut pas se livrer à cet exercice en tous les cas pas actuellement et moi je suis tout à fait d'accord avec l'idée que les affaires ne sortent que parce qu'il y a des journalistes pour les faire sortir s'il n'y a pas cette pression là et cette investigation qui vient de l'extérieur ça ne se fait pas tout seul et la controverse est quand même quelque chose qui nourrit aussi le débat démocratique donc le pouvoir doit être interpellé il l'est par les oppositions à l'assemblée mais il est important également qu'il puisse y avoir un échange devant l'ensemble des français et qui est conduit en général par des journalistes
voilà pour cette précision Dominique Rousseau j'ajoute quand même qu'Emmanuel Macron a annoncé qu'il souhaitait carrément supprimer la cour de justice de la république juste un petit mot à ce sujet là
écoutez ça c'est une bonne idée de supprimer cette cour de justice de la république qui était je vous le rappelle une juridiction il faut mettre des barbelés puisqu'elle était composée pour moitié de politique et pour moitié de juge c'est celle qui a déclaré Christine Lagarde coupable mais dispensée de peine c'est une juridiction d'exception et je pense que pour la responsabilité des ministres c'est plutôt bien qu'elle soit supprimée
on repart une dernière fois au standard cette fois c'est Antoine qui est en ligne il nous appelle de Montpellier bonsoir Antoine
oui bonsoir je voulais vous poser une question à deux volets finalement la première était de savoir si le congrès de cet après-midi n'était pas en quelque sorte anachronique dans le sens où l'essentiel du discours du président de la république portait sur la moralisation de la vie publique qui fera l'objet d'un projet de loi porté par un ministre devant les deux assemblées et le deuxième volet de ma question c'était sur le fait que le président s'est exprimé la veille du discours de politique générale du premier ministre et est-ce que finalement ce n'est pas aussi dans ce sens anachronique voilà sur un plan formel
merci beaucoup Antoine sur le fait qu'il ait parlé avant le premier ministre il en est justifié Bristard Surier Dominique Conceau oui
d'abord il l'a complètement expliqué et il n'empiète pas je crois sur le contenu il n'est pas rentré dans le détail des mesures il est resté moins je crois sur la moralisation de la vie politique que sur le fonctionnement du système politique il a annoncé un certain nombre de choses qui peuvent contribuer fortement à l'évolution on l'a dit du fonctionnement de notre système politique et puis M. Rousseau a rappelé qu'il n'y a pas là une nouveauté non plus ni quelque chose d'a priori scandaleux dans le fait de s'adresser à la représentation nationale avant le premier ministre Mitterrand l'a fait et c'est une pratique traditionnelle qui n'emprunte pas aux Etats-Unis dans notre pays
une petite question sur le style Macron si vous le permettez au-delà des annonces qui ont été faites ce président aime bien parler culture philosophie histoire on a eu droit à quelques envolées lyriques cet après-midi c'est quelque chose de nouveau qui veut répondre là-dessus
nouveau non on disait aussi que François Mitterrand était un homme de culture et souvenez-vous de cette conférence de presse je ne sais plus exactement la date mais de Georges Pompidou parlant du suicide de Gabriel Russier et il a cité je crois après 15 longues secondes de recueillement il a cité je crois le poème de René Char ou Paul-Édouard René Char ou Paul-Édouard je ne sais plus je crois que c'est plutôt René Char donc on a on a des c'est dans la tradition ça fait du bien d'avoir des il vaut mieux ça que casse-toi non ?
il y a quelque chose
d'important je crois qu'il se joue dans l'exercice de la fonction présidentielle les français véritablement depuis une décennie avec deux types de critiques très différentes mais avaient le sentiment que la dignité de la fonction présidentielle n'était pas exercée comme elle aurait dû l'être sous Nicolas Sarkozy et qu'avec François Hollande on avait un président qui n'était pas justement dans ses envolées lyriques mais qui était trop dans la boîte à outils et il est important trop normal trop dans la technique trop technique trop technique et pas assez dans cette volonté d'expliquer le chemin et le sens et je pense que pour les français on peut ensuite admirer ou pas ce type de rapport à la fonction présidentielle mais il est important qu'il y ait cette fierté et un président lettré ça fait partie d'une forme de tradition dans ce pays qu'on le veuille ou pas
Dominique Rousseau vous avez 15 secondes on a beaucoup reproché
à François Hollande de ne pas faire de la pédagogie de sa politique combien de fois on lui a reproché de ne pas mettre en récit ce qu'il faisait je pense que ce qu'a fait aujourd'hui Emmanuel Macron c'est précisément de donner un sens à son mandat et de faire le récit de ce qu'il allait faire et ça ça me paraît important je pense qu'on est toute société a besoin comme disent les psychanalystes d'une institution qui dise ce qui est et depuis 10 ans on n'avait pas une institution qui disait ce qui est et là on l'a eu verticalité et horizontalité
Frédéric Mettezot 10 secondes
oui aujourd'hui on avait le discours d'Emmanuel Macron on est dans la stratosphère demain discours de politique générale du premier ministre retour dans l'atmosphère
avec des euros on parlera peut-être d'argent demain merci beaucoup Frédéric Mettezot merci Brice Tinturier merci Dominique Rousseau merci à tous ceux qui ont appelé ce soir merci à Jérémy Younes qui m'a aidé à préparer cette émission réalisation ce soir Jérôme Boulet à la technique Loïc Frapsos et Sacha Troppe merci aussi aux standardistes de l'émission
Emmanuel Macron