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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 18 mars 2025 63 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéJusticeSolidarités & famille

Bayrou s’embourbe… Retailleau s’envole - C dans l’air - 19.02.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quelle serait la teneur de ce deal caché entre M.Le Pen et R.Ferrand ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    N'est-ce pas embêtant que le président du Conseil constitutionnel soit un proche d'E.Macron et ait passé un deal secret avec M.Le Pen ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    F.Bayrou a pointé du doigt S.Royal et E.Guigou. Factuellement, a-t-il raison ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi O.Faure a emboîté le pas de LFI en demandant la démission de F.Bayrou ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    B.Retailleau est la 3e personnalité politique préférée des Français. Comment l'expliquez-vous ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    L.Wauquiez attaque B.Retailleau sur sa présence au gouvernement. Est-ce une faiblesse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00I.BrossatFait
    « Quel est le deal caché, l'accord de couloir, le marchandage d'arrière-cuisine qui s'est noué pour aboutir à cette abstention de l'extrême droite? »
  • 3:30A.BouilhaguetFait
    « Le 31 mars, il y aura la décision de justice concernant le procès des assistants parlementaires à l'UE de M.Le Pen, du RN. Il y a une peine éventuelle d'inéligibilité à exécution provisoire. »
  • 5:30F.BayrouFait
    « Si je ne savais pas, d'autres savaient. Quel était le gouvernement à cette époque? C'est le gouvernement socialiste de 97 à 2002. Le ministre de la Justice était E.Guigou. S.Royal était chargée de l'Enseignement scolaire. »
  • 7:00F.BayrouFait
    « Il a menti devant la représentation nationale à 3 reprises en 1 semaine. »
  • 9:00R.FerrandFait
    « Acceptez l'idée qu'avoir partagé des engagements ne crée pas nécessairement un lien de vassalité. »
  • 11:00B.RetailleauFait
    « Quand il y a la chienlit, il y a le désordre. Partout en France déferlent les stupéfiants. »
  • 13:00B.RetailleauFait
    « Tous les peuples européens veulent qu'on reprenne le contrôle de l'immigration. »
  • 15:00J.-L.MélenchonFait
    « Ils ne sont plus nos alliés. »
  • 17:00O.FaureFait
    « Je crois que J.-L.Mélenchon a fait un choix. Il a décidé depuis longtemps d'être candidat à l'élection présidentielle. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.de Tarlé: Bonsoir.

C'est officiel: R.Ferrand est nommé président du Conseil constitutionnel, grâce au RN, qui s'est abstenu de voter contre. Tollé à gauche et à droite, qui dénoncent une trahison et un arrangement entre M.Le Pen et R.Ferrand.

A droite, les couteaux sont tirés entre L.Wauquiez et B.Retailleau.

B.Retailleau devient la 3e personnalité politique préférée des Français, devant E.Philippe.

F.Bayrou se débat dans l'affaire des violences sexuelles dans l'institut Bétharram. Il charge le PS, accusé de négligence quand le scandale a éclaté en 1998.

Pour répondre à vos questions, nous accueillons J.Jaffré, politologue et chercheur associé au Cevipof. A.Bouilhaguet est éditorialiste politique à franceinfo.

S.Dépierre, vous êtes journaliste politique à LCP. B.Sananès, vous êtes politologue et président du cabinet d'études et de conseil Elabe.

Droite et gauche dénoncent un accord caché entre M.Le Pen et R.Ferrand.

Le RN a refusé de voter contre la nomination de R.Ferrand au Conseil constitutionnel. Voici ce qu'en disait cet après-midi I.Brossat, sénateur communiste de Paris. - I.Brossat: Quel est le deal caché, l'accord de couloir, le marchandage d'arrière-cuisine qui s'est noué pour aboutir à cette abstention de l'extrême droite?

La question se pose avec d'autant plus d'acuité qu'une des 1res audiences que R.Ferrand pourrait présider porte sur une question de constitutionnalité relative, d'une peine d'inéligibilité d'un élu. C'est l'un des enjeux du procès pénal de madame Le Pen. - A.de Tarlé: Il faut nous expliquer, A.Bouilhaguet.

Quelle serait la teneur de ce deal caché entre M.Le Pen et R.Ferrand, qui est un proche d'E.Macron et qui est nommé président du Conseil constitutionnel? - A.Bouilhaguet: Le 31 mars, il y aura la décision de justice concernant le procès des assistants parlementaires à l'UE de M.Le Pen, du RN.

Il y a une peine éventuelle d'inéligibilité à exécution provisoire. Elle est inéligible à partir du moment où cette peine est livrée. Ca pourrait remettre en cause son éventuelle candidature à la présidentielle de 2027.

L'opposition, car il y a les communistes, mais aussi Les Républicains, pointe ça et parle de deal caché. Je ne pense pas qu'il y ait de deal caché. Le RN a fait ses petits calculs.

Pour eux, ce n'est pas le moment de commencer à compliquer les choses. Le casting de R.Ferrand leur convient.

Ce n'est pas X.Bertrand. Ce n'est pas un chiffon rouge, R.Ferrand.

Ce matin, j'ai discuté avec un cadre du RN qui nous disait: "Il est courtois. Ca se passe bien avec lui. Il va avoir des dossiers à traiter.

Ce n'est pas le moment de commencer à avoir de mauvaises relations." Pas de deal caché, mais des intérêts communs. - A.de Tarlé: N'est-ce pas embêtant que le président du Conseil constitutionnel, l'une des plus hautes juridictions du pays, qui est censée dire le droit, que son président soit entaché d'être un proche d'E.Macron et, en plus, d'avoir passé un deal secret avec M.Le Pen? - J.Jaffré: Sur le 1er point, c'est incontestable.

C'est un très proche d'E.Macron. Sur le 2d point, rien n'est établi et rien ne permet de l'affirmer. - A.de Tarlé: Il a une dette envers M.Le Pen, qui n'a pas baissé le pouce. - J.Jaffré: Prouver le deal, c'est autre chose.

Ca veut dire qu'on s'est mis d'accord. Rien ne le prouve. J'en doute fortement.

Là où je vous suis entièrement, c'est que le fond de l'affaire, c'est un affaiblissement du Conseil constitutionnel, de sa légitimité, de son droit institutionnel. C'est le garant, une sorte de cour suprême française, qui doit décider en dernier ressort de la régularité des lois, des élections, des candidatures. Ce qui me stupéfie, c'est qu'avec l'abstention des députés du RN, R.Ferrand n'échappe qu'à une seule voix du fait qu'il était "black boulé".

Il faut 3 cinquièmes des suffrages exprimés dans le cumul des 2 commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat pour rejeter une candidature. C'est dans la révision constitutionnelle de 2008. - A.de Tarlé: Donc il avait beaucoup d'opposition contre sa personne. - J.Jaffré: Oui, et contre sa position politique.

L'envie d'envoyer un camouflet pour E.Macron pèse lourd. Chez LR, le mot d'ordre de L.Wauquiez, c'était de durcir les relations avec les macronistes.

B.Retailleau participe à un gouvernement qu'ils considèrent comme macroniste. On parlera dans un moment de B.Retailleau.

Affaiblissement du Conseil constitutionnel...

Soyons lucides. R.Ferrand est mal élu dans sa fonction.

Ca peut s'oublier très vite dans ce genre de choses. Il y a un soupçon des 2 côtés. C'est ça qui pose problème dans les décisions que le nouveau Conseil pourra prendre.

Il y a 9 membres. Le président n'a que 1 voix parmi les 9 membres pour la décision, sauf partage égal. C'est peu probable avec 9 membres.

Il y a un soupçon d'être trop macroniste d'un côté...

Quelle que soit la décision, Ferrand sera attaqué. - A.de Tarlé: On dira que Ferrand valide ou invalide pour montrer qu'il n'est pas à la botte de M.Le Pen.

On dira que c'est une décision politique mais pas un droit. B.Sananès, votre opinion? - B.Sananès: S'il prend une décision perçue comme favorable à M.Le Pen, on dira que c'est un renvoi d'ascenseur.

S'il prend une décision négative, on dira que ça aura été pour se dédouaner. On ne statuera pas en se disant que c'est une décision fondée sur le juridique, ce qui doit être la mission du Conseil constitutionnel. - A.de Tarlé: Le Conseil constitutionnel est souvent critiqué, accusé de faire de la politique et d'empêcher de mettre en place des lois. - B.Sananès: C'est un débat sur pas mal d'institutions.

Demain, il y aura le rapport de la Cour des comptes. Ce sera intéressant de voir ce rapport. Il y a 20 voix de plus contre la nomination de R.Ferrand que pour la nomination.

Ca montre qu'il s'agit d'un vote contre E.Macron en grande partie. S'il n'y avait pas eu un accord moins secret que celui dont on parle avec G.Larcher, le président du Sénat, R.Ferrand ne serait pas président du Conseil constitutionnel.

On n'oublie pas qu'hier et ce matin, L.Wauquiez avait indiqué que les députés LR voteraient contre la nomination de R.Ferrand.

Les sénateurs LR n'ont pas dû faire tout à fait le même choix. On va lire ça aussi sous l'angle de notre 2e sujet de tout à l'heure: la bataille Wauquiez-Retailleau. - A.de Tarlé: C'est une élection à tiroirs.

B.Retailleau ne se prononçait pas sur cette affaire. Il disait qu'il était au gouvernement et qu'il ne se mêlait pas du législatif.

On a aussi L.Wauquiez, très opposé à la nomination de R.Ferrand. - S.Dépierre: Il l'a dit très clairement.

Il n'a pas fallu beaucoup pousser les députés. Il était très remonté contre la nomination de R.Ferrand.

Dans leur sillage, ils ont quand même emmené un certain nombre de sénateurs LR. C'est ça qu'il fallait regarder. Si tous les sénateurs LR avaient suivi la nomination de R.Ferrand, peut-être que ça serait passé.

Les résultats montrent que là aussi, des voix ont fait défection. Ca va dire des choses sur la suite, pour le gouvernement. Le Sénat est normalement plus facilement acquis au gouvernement.

C'est peut-être un rappel que la droite veut peser. L.Wauquiez a toujours joué plus dans l'opposition.

Il veut toujours marquer son opposition, même s'il est dans le socle central de ce gouvernement, même s'il a des Républicains au gouvernement. L.Wauquiez estime qu'il faut marquer sa différence avec les macronistes.

Il a vu une occasion en or et il s'en est saisi. - A.de Tarlé: On a pu compter les pro-Wauquiez et les pro-Retailleau. - A.Bouilhaguet: L.Wauquiez a fait de la politique à 100 %.

Le match va commencer. Il en veut à mort à B.Retailleau.

Normalement, il y avait un partage des genres. "A toi le gouvernement et à moi le parti." Il a voulu mettre B.Retailleau au pied du mur en lui disant: "Voilà pourquoi tu ne peux pas être chef du parti.

Tu es lié au gouvernement. Tu ne peux pas dire que R.Ferrand n'est pas un bon candidat.

Tu vas devoir l'adouber. Ca va à l'encontre de nos intérêts. C'est un proche d'E.Macron.

On est ses opposants." Il a voulu que ce soit bien clair. B.Retailleau, qui a longtemps été patron des sénateurs LR, ne s'est pas laissé faire.

G.Larcher n'a pas la même vision. C'est un soutien de B.Retailleau.

Il n'a pas la même vision que L.Wauquiez. - A.de Tarlé: R.Ferrand a été validé de justesse à la tête du Conseil constitutionnel par le Parlement, notamment grâce à l'abstention du RN.

Une polémique de plus pour l'exécutif, alors que F.Bayrou est toujours sous la pression de l'opposition dans l'affaire Bétharram. - F.Bayrou contre-attaque.

Hier, dans l'Hémicycle, il a une nouvelle fois été sommé de se justifier dans l'affaire Bétharram. - F.Bayrou: J'ai passé la journée de samedi, comme vous le savez peut-être, avec le collectif des victimes.

Ils ont exprimé une chose: ils détestaient la récupération politique qui était en train d'être faite. - Des victimes présumées de Bétharram, un établissement catholique privé du Béarn où des sévices et des agressions sexuelles auraient été commis pendant plus de 30 ans. Ministre de l'Education entre 1993 et 1997, lui dit ne pas avoir eu connaissance de l'affaire et se défausse sur ses successeurs. - F.Bayrou: Si je ne savais pas, d'autres savaient.

Quel était le gouvernement à cette époque? C'est le gouvernement socialiste de 97 à 2002. Le ministre de la Justice était E.Guigou.

S.Royal était chargée de l'Enseignement scolaire. - S.Royal, furieuse, ne veut pas en rester là. ...

Dans l'opposition, on demande des comptes à celui dont les enfants étaient scolarisés à Bétharram. Pour LFI, F.Bayrou ne peut pas avoir ignoré les faits.

Le parti réclame sa démission. - Il a menti devant la représentation nationale à 3 reprises en 1 semaine. Il a menti sur une affaire extrêmement grave, probablement une des plus graves affaires pédocriminelles de notre pays.

Il avait tous les moyens pour agir, pour protéger ses enfants. Il n'a rien fait. Voilà l'origine du mensonge de F.Bayrou. - Pendant ce temps, lui l'a échappé belle.

R.Ferrand pourra bien présider le Conseil constitutionnel. Le choix d'E.Macron a été confirmé à 1 voix près par la commission des lois du Parlement, au terme d'une audition mouvementée. - La proposition de monsieur Macron de vous nommer président du Conseil constitutionnel illustre à elle seule la perte de boussole morale d'un macronisme à bout de souffle. - Votre nomination est de nature à nourrir des critiques de partialité du Conseil. - R.Ferrand: Acceptez l'idée qu'avoir partagé des engagements ne crée pas nécessairement un lien de vassalité. - Un vote plus qu'incertain.

Les députés LR se sont opposés à cette nomination d'un proche du président, mais au dernier moment, le RN a décidé de s'abstenir. - Madame Le Pen se prétend matin, midi et soir la meilleure opposante d'E.Macron.

Aujourd'hui, elle valide gratuitement la nomination pour 9 ans, bien au-delà du quinquennat du président de la République, d'un des plus proches du président de la République. - Une semaine décidément compliquée pour l'exécutif. Il affronte aujourd'hui sa 6e motion de censure, socialiste, cette fois.

Elle est purement symbolique car sans grandes chances d'être adoptée. Un symbole dont F.Bayrou aurait préféré se passer. - A.de Tarlé: Question.

F.Bayrou l'a dit devant l'Assemblée: "Si je ne savais pas, d'autres savaient." Il a pointé du doigt S.Royal et E.Guigou. - A.Bouilhaguet: Factuellement, il a raison.

Ca s'est joué en deux temps. Premier temps, F.Bayrou devant les députés la semaine dernière.

Mauvais, très mauvais, imprécis. Il lance lui-même presque la polémique. Est-ce que, parce qu'on est un très mauvais communicant, on est forcément coupable d'avoir couvert des faits de viol, un système dans un établissement catholique?

Ca mérite qu'on se pose la question. Deuxième temps cette semaine. On comprend ce qui se passe, la connaissance précise qu'il avait des choses. 96, plainte physique pour une gifle.

Il est ministre de l'Education nationale. Il diligente une inspection académique. Le rapport dit: "Circulez, rien à voir." Il classe l'affaire.

N'importe quel ministre aurait fait ça. 98, il n'est plus ministre. Il est président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques.

Plainte pour viol. E.Guigou est à la Justice. - A.de Tarlé: S.Royal est en charge de l'Education scolaire. - A.Bouilhaguet: L'affaire remonte.

Il y a un courrier très explicite du procureur général qui explique à E.Guigou les faits précis de cette plainte. J'ai regardé le courrier.

Il est très explicite. C'est vraiment un drame qui se passe. A priori, il ne se passe rien.

En 96, factuellement, une claque, une enquête. 98, un viol. Pas d'enquête.

Ils ne font pas le rapprochement. On peut se dire que ce n'est pas beau de dénoncer les autres, mais à un moment, on met tout le monde face à ses responsabilités. - A.de Tarlé: Ca se passait à Pau.

On était chez F.Bayrou, en 98. Il est président du conseil régional des Pyrénées-Atlantiques.

Est-ce qu'il agit pour faire en sorte que ces exactions cessent dans cet établissement, où ses enfants sont passés? - J.Jaffré: On est bouleversé devant les faits révélés, qui sont absolument ahurissants dans leur gravité et leur durée.

Ils mettent en cause l'enseignement catholique privé sous contrat dans ces conditions et l'absence de contrôle. On est indigné devant la lâcheté ou l'indifférence des uns et des autres. On comprend l'omerta telle qu'elle a existé et qui faisait que même les victimes ne s'exprimaient pas.

C'est très récent que les victimes s'expriment. Elles considéraient qu'elles ne seraient pas crues, entendues, et qu'elles ne pouvaient pas s'exprimer. A partir du moment où les plaintes pour viols commencent à arriver...

Nous en sommes à 130 plaintes, semble-t-il. On ne comprend pas que les élus locaux, le premier d'entre eux étant F.Bayrou, ne se soient pas davantage saisis de cette affaire.

Il a dit à l'Assemblée hier que c'était la 1re fois que ce collectif des victimes était écouté. Qu'a-t-il fait pour les réunir, les écouter depuis tant d'années? On n'en revient pas.

On est consterné devant son imprécision, ses contradictions...

Au départ, il n'est au courant de rien. "Jamais, jamais..." Non.

Il ne couvre pas les viols. Il n'a jamais couvert les viols. Il ne faut pas confondre les choses.

Il y a eu une indifférence. C'est extrêmement grave et difficilement rattrapable maintenant. Les élus d'un département ne peuvent pas ignorer, à partir du moment où des faits de cette gravité se révèlent, que ça mette en cause l'ensemble de la population de ce département.

Les élus de ce département ne peuvent pas y être indifférents. Ce n'est pas qu'un problème de communication. C'est un problème aussi d'une certaine indifférence au drame qui s'est produit.

Il y a du dégât, beaucoup de dégâts sur l'image de F.Bayrou. Il s'en sort en vieux politicien, en renvoyant le ballon vers d'autres politiques.

Ca ne l'exonère pas suffisamment. - A.de Tarlé: Première réaction, samedi dernier: il décide d'aller à Pau pour voir un collectif de victimes.

Il passe 3 heures 30 avec ces victimes. A la sortie, il y a une conférence de presse. Je vais vous laisser commenter l'attitude, le body language de F.Bayrou.

Il est visiblement très ému par ce qu'il a entendu et vu. - F.Bayrou: Nous avons passé 3 heures 30 ensemble.

C'était bouleversant. A la fois par l'émotion que chacun a manifestée, celle que j'ai ressentie moi-même...

C'était purement et simplement l'expression de la vérité. - A.de Tarlé: B.Sananès, votre regard de communicant sur cette scène?

F.Bayrou avait les larmes aux yeux. - B.Sananès: Il y a plusieurs temps dans la communication.

On n'a pas besoin de sondage pour savoir que l'émotion est grande dans le pays par rapport à tout ce qui s'est passé. Les médias accordent une très grande couverture à ce qui s'est passé. En communication de crise, les spécialistes disent: "Quand on rate la première marche de l'escalier, on a beaucoup de mal ensuite." Si on parle trop sur ce genre d'affaire, quand on sait qu'il peut y avoir une question à l'Assemblée, on choisit toujours de privilégier une communication écrite, qui permet de bien peser ses mots, avant une prise de parole orale.

Cette 1re séquence a été ratée. Je porte un jugement un peu différent sur un 2e point. On ressent une forme de sincérité de F.Bayrou, qui n'est pas dans le déni.

On le voit à la fin. Le président du comité des victimes ne donne pas quitus, mais dit qu'ils ont été écoutés et qu'ils ont vu que F.Bayrou comprenait ce qu'il s'était passé.

Il y a un 3e temps, beaucoup plus traditionnel: la contre-attaque politique. Elle a un objectif: la dissuasion. Il faut cantonner leurs adversaires en disant: "Ne vous aventurez parce que moi aussi, je pourrais vous envoyer quelques vérités assez salées." C'est 3 temps de communication assez différents, mais ça ne profitera pas à l'image de F.Bayrou.

Soit ça n'aura pas d'impact dans l'opinion...

C'est trop tôt pour le dire. Soit ça entraînera une image négative. Sur des thèmes comme la sincérité, F.Bayrou est critiqué. - A.de Tarlé: Ce qui a déclenché l'attaque de F.Bayrou sur les socialistes, c'est qu'O.Faure a réclamé sa démission, emboîtant le pas de LFI.

Il s'est dit qu'il était attaqué par les socialistes et qu'il avait 2 ou 3 documents qui les compromettaient. Il les a fait fuiter? - S.Dépierre: On peut le dire.

La lettre à E.Guigou est opportunément sortie 2 heures après ses déclarations. O.Faure ne demande pas...

Il faut nuancer O.Faure. Il demande la démission si F.Bayrou a participé à la loi du silence.

Les socialistes Emboîtent le pas à P.Vannier et posent une question à F.Bayrou sur l'affaire Bétharram. - J.Jaffré: Avec une députée des Pyrénées-Atlantiques. - S.Dépierre: F.Bayrou se dit: "Si les socialistes sont aussi critiques, je sors la contre-attaque." C'est là qu'il va insister et rappeler que les ministres de l'Education nationale et de la Justice en 98, au moment de la seconde plainte pour viol, c'était les socialistes. - A.de Tarlé: Il rend coup pour coup, le Béarnais. - A.Bouilhaguet: Le problème de F.Bayrou, c'est qu'il a toujours pensé que la communication, ce n'était pas important.

Il y a un côté désinvolte, qui improvise. On ne peut pas être désinvolte dans ce type d'affaire, quand il s'agit de vies humaines. Il ne s'est pas emparé de ce dossier.

Il ne l'a pas non plus instrumentalisé. Il n'a pas freiné les enquêtes. C'est le cas d'école d'une faillite collective, d'un phénomène où les gens ne veulent pas voir. - A.de Tarlé: Pourquoi O.Faure a emboîté le pas de LFI, allant jusqu'à envisager la possibilité d'une démission de F.Bayrou, ce qui a provoqué cette contre-réaction? - B.Sananès: On le verra sans doute quand on parlera de la gauche en 3e partie d'émission.

Pour O.Faure, comme avec la décision de déposer une motion de censure, alors qu'on n'a pas censuré le gouvernement sur le PLF et le PLFSS, il y a une volonté de montrer qu'on est dans l'opposition. On évoquait la question de l'enseignement catholique.

Dans l'électorat socialiste, le monde de l'éducation est très important. - A.de Tarlé: C'est une façon de parler à ses électeurs. - B.Sananès: Ca ne veut pas dire qu'il n'y aura pas que ses électeurs qui seront sensibles à ce sujet.

Ce sujet bouleverse beaucoup de Français. Dernier point: ça tombe assez mal pour F.Bayrou.

Ca fait 2 occasions que le Premier ministre a de montrer qu'il a amené une forme très éphémère de stabilité politique. La première était quand les socialistes n'ont pas voté la censure, et la 2e, quand la séquence PLF et PLFSS se termine. La première fois, son interview sur le mot "submersion" lui interdit d'empocher ce bénéfice politique.

C'est ce qui est en train de se passer avec l'affaire Bétharram. - A.de Tarlé: Question.

Une motion de censure est votée contre F.Bayrou. Elle a très peu de chances de passer, même aucune.

Le RN a dit qu'il ne la voterait pas. - J.Jaffré: C'est la journée de bonté du RN.

D'une part, ils laissent R.Ferrand accéder au poste de président du Conseil constitutionnel. On l'a souligné, en pesant politiquement un peu sur lui.

Je préfère cette expression à l'idée qu'il y ait un accord. C'est de la politique. D'autre part, en ne votant pas la motion de censure des socialistes, alors que le reste de la gauche la votera...

Si le RN l'avait votée, F.Bayrou serait renversé. On a cette situation.

F.Bayrou, l'affaire Bétharram, on ne peut pas dire qu'il ait menti sur la gravité du dossier. En aucun cas F.Bayrou n'a couvert des viols, sachant qu'il y avait des viols et une omerta, mais il a sous-estimé la gravité de la chose.

B.Sananès a parfaitement expliqué Cette 1re marche, quand il a dit "jamais, jamais". C'était comme si tout cela était improvisé et gommé de sa mémoire.

C'est un peu comme ça qu'il fonctionne, Bayrou. "Je ne sais plus si j'ai vu..." - A.de Tarlé: Il n'est pas retombé sur ses pattes. - J.Jaffré: Ce qu'il peut espérer, c'est que comme rien ne le mettra en cause lui-même, ça finira par s'oublier.

Ca restera quand même...

A propos du juge, il a dit: "Je pense que je ne l'ai pas vu. Si, je l'ai vu, on a parlé de l'affaire, mais comme c'est un juge, il n'a rien pu me dire sur le fond du dossier." Le juge ne peut pas donner à quelqu'un d'autre des détails précis sur les choses.

Dans cette affaire, je dirais F.Bayrou abîmé, mais F.Bayrou maintenu. - S.Dépierre: La gauche a trouvé un nouveau moyen de faire pression sur F.Bayrou.

Ils tentent de faire remonter une commission d'enquête à l'Assemblée. Ce n'est pas sur l'affaire Bétharram, mais sur le contrôle par l'Etat des violences dans les établissements scolaires. Elle a été validée ce matin par une commission de l'Assemblée nationale.

Il pourrait y avoir une commission d'enquête. Elle est portée par LFI. Ce matin, elle a été validée. - A.de Tarlé: Dans les sondages, F.Bayrou reprend du poil de la bête. - B.Sananès: Les sondages ont été publiés en fin de semaine, avant que l'affaire Bétharram prenne toute sa place dans les médias.

Ces 3 sondages montraient une progression légère ou un peu plus forte, selon nos confrères. Il y a notamment une progression dans le socle électoral du macronisme, qui avait accueilli plutôt avec circonspection l'arrivée de Bayrou à Matignon. On voyait le président de la République progresser aussi, sans doute un effet de cette stabilité éphémère retrouvée.

F.Bayrou avait délivré sa promesse: ramener une forme de compromis. - A.de Tarlé: Avec le budget adopté. - J.Jaffré: F.Bayrou bénéficie du fait d'avoir démarré très bas dans les sondages. - A.de Tarlé: Ce n'est pas le toboggan. - J.Jaffré: Le Premier ministre qui démarre haut, c'est celui qu'on ne connaît pas, un inconnu.

Un inconnu, on lui souhaite de réussir. On n'a rien contre lui. Il était trop connu, si je puis dire.

C'est un vieux politicien pour les Français. 3 fois candidat à la présidentielle, en piste depuis un demi-siècle, presque, dans la politique française. Le fait qu'il ait réussi son opération à l'Assemblée nationale pour le budget...

Les Français souhaitaient qu'on finisse par adopter un budget, même si c'était un budget "parfaitement imparfait", selon la formule de F.Bayrou. Pour E.Macron, c'est sans doute les problèmes géopolitiques qui peuvent le porter, actuellement.

L'arrivée de Trump et les débats sur l'Ukraine sont pour E.Macron la possibilité de reprendre place, non pas dans le coeur, mais dans l'intérêt et la demande des Français. - A.de Tarlé: Il y en a un qui monte dans les sondages: Les hostilités ont débuté entre L.Wauquiez et B.Retailleau.

Tous deux sont officiellement candidats pour prendre la tête du parti des Républicains. Nous avons suivi le ministre de l'Intérieur, qui est allé tester sa popularité auprès des militants LR à Strasbourg. - Je suis à côté du ministre le plus populaire de France.

Merci d'être présents aussi nombreux ce soir! Merci beaucoup! - B.Retailleau acclamé par des militants Républicains ce soir-là.

Il engrange les soutiens pour se lancer dans la bataille pour la présidence du parti. - B.Retailleau: Il y a quelques mois, les commentateurs parlaient de nous et de notre famille politique comme un médecin s'adresse à un patient en phase terminale.

Il n'y avait pas beaucoup d'espoir. On était réputés comme condamnés. Ce soir, on voit bien qu'il y a un redémarrage.

Quelque chose s'ouvre devant nous. - Depuis qu'il a endossé le costume de ministre de l'Intérieur, B.Retailleau réalise une percée dans les sondages.

Il est la 5e personnalité politique préférée des Français. De quoi se rêver en nouvel homme fort de la droite. - B.Retailleau, on en parle parce qu'il semble très populaire. - Ca nous permet d'être fiers de voter pour des gens comme ça. - Je n'ai pas eu la chance de rencontrer L.Wauquiez.

Retailleau me plaît beaucoup. - En lançant sa campagne, B.Retailleau a devancé L.Wauquiez.

Le chef de file des députés LR espérait reprendre tranquillement les rênes du parti. Raté. La guerre des chefs est désormais déclarée. - L.Wauquiez: Au niveau de notre parti, il faut préparer un projet de rupture, un vrai projet de changement.

Les Français voient que ça ne marche plus. Ce projet de changement, il faut le faire sans être prisonnier de la solidarité gouvernementale, en ayant la possibilité d'avoir une parole complètement libre et indépendante par rapport à F.Bayrou ou E.Macron. - Une attaque clairement dirigée contre B.Retailleau, qui a accepté de rejoindre les rangs du gouvernement.

Le principal intéressé veut faire de son poste à l'Intérieur sa carte maîtresse. - B.Retailleau: Les ciseaux en or. 1, 2, 3... - Il inaugure un commissariat de police, avec la même devise: la lutte contre le narcotrafic. - B.Retailleau: Quand il y a la chienlit, il y a le désordre.

Partout en France déferlent les stupéfiants. Les stupéfiants sont désormais accessibles, y compris pour les drogues les plus dures, comme la cocaïne, partout et tout le temps. Partout, parce que c'est aussi bien les villes que nos campagnes, les quartiers que nos villages.

Tout le temps, parce que ça passe forcément par un point de deal. Il y a une forme de submersion. - B.Retailleau se veut sur tous les fronts.

Son thème de prédilection, cher à l'extrême droite: l'immigration. En déplacement au Parlement européen, il vient chercher des soutiens pour réaliser une directive sur les reconductions aux frontières. - C'est un collègue espagnol, très aligné sur le fond.

Très heureux de voir de grands amis se rencontrer. - Après avoir divisé par 2 le nombre de titres de séjour délivrés chaque mois en France, B.Retailleau souhaite un nouveau tour de vis, européen, cette fois. - B.Retailleau: Tous les peuples européens veulent qu'on reprenne le contrôle de l'immigration.

Regardez les Français. Une majorité de Français qui votent à gauche approuvent les propositions assez simples que j'ai pu faire sur l'immigration. Il y a de plus en plus, en France, un consensus pour une grande fermeté vis-à-vis de la politique migratoire. - Dans sa course à la présidence du parti, B.Retailleau bénéficie de l'appui de ténors comme G.Larcher, J.-F.Copé ou X.Bertrand.

Les militants devront départager leur chef les 17 et 18 mai prochains. - A.de Tarlé: Depuis le reportage, le sondage du "Point" est tombé.

B.Retailleau est la 3e personnalité politique préférée des Français. En 2, c'est D.de Villepin.

B.Retailleau dépasse E.Philippe.

Ca, c'est nouveau. Ca va lui faire un ennemi de plus. - A.Bouilhaguet: Il faut raison garder.

Il y a un petit emballement. La présidentielle est assez loin. E.Philippe n'est pas au gouvernement.

B.Retailleau, c'est plutôt la stratégie de N.Sarkozy: être dans le mouvement, dans le gouvernement, occuper la ligne.

Cette irruption sur la scène politique de premier plan, le premier surpris, ça doit être lui. B.Retailleau, son destin aurait dû être ce qu'il a été jusqu'à présent, c'est-à-dire un homme d'influence, de l'ombre, à l'ombre de personnalités charismatiques comme P.de Villiers, F.Fillon...

C'est un homme plutôt prudent, qui a de bonnes manières, plutôt policé. Il aurait dû suivre ce destin. Ce qui lui arrive est assez original.

On sent qu'il commence petit à petit à se dire: "Et si c'était possible?" Il avait fini par aller au parti parce que Wauquiez ne voulait pas y aller. Il avait perdu, à l'époque.

Là, il se dit: "Après tout, pourquoi ce ne serait pas moi?" C'est surprenant. Il rencontre son public.

Il est en connexion avec ce que souhaitent les Français. - A.de Tarlé: B.Sananès, votre regard sur le phénomène sondagier Retailleau.

A.Bouilhaguet parlait de l'irruption... - B.Sananès: Je vais revenir sur la percée de B.Retailleau depuis qu'il est au gouvernement.

Elle est spectaculaire. Il a pris 17 points depuis sa prise de fonction. C'est assez rare.

Il est passé de 15 % d'image positive à 32 %. La première chose, c'est qu'il réussit à percer sans cliver. Quand vous êtes peu connu...

Près de 1 Français sur 2 ne se prononçait pas sur B.Retailleau. Plus vous êtes connu, plus vous engrangez d'opinions positives et négatives.

Pour lui, ce n'est pas le cas. Comme E.Philippe, il a quasiment le même score en image positive et négative.

La plupart des politiques ont plutôt une image négative. On est dans un moment de polarisation. Il réussit à percer sans s'enfermer dans son socle.

On identifiait B.Retailleau comme un sénateur de droite. On voit que dans l'électorat Macron, 1 électeur sur 2 a une bonne image de lui.

Chez ceux de la droite radicale également. - A.de Tarlé: Ca veut dire qu'il peut rassembler?

Il y avait une question de téléspectateur qui... - B.Sananès: C'est trop tôt pour le dire, mais il en a sous le pied.

Même chez les électeurs LR, beaucoup ne se prononcent pas. Pour autant, il faut se méfier. Ce sera une élection militante.

On a été payé pour savoir que le vote militant est très différent du vote des électeurs. Il est largement différent, souvent, du vote des sympathisants. B.Retailleau a une large avance sur l'ensemble des Français. 45 000 militants...

On verra combien ils seront au moment où les adhésions seront closes. Ce sera le 17 avril, de mémoire. On peut adhérer à 15 ou 30 euros et 40 euros pour les couples.

Ca laisse une marge d'adhésion assez importante. Dans tous les partis, on sait que faire des cartes, c'est aussi comme ça qu'on fait une élection. Ca veut dire aller convaincre son entourage proche de s'inscrire et de voter le jour J. - A.de Tarlé: Ce sera le 18 mai qu'on sait qui emporte le parti.

Question. J'ai encore un autre sondage qui montre qu'à droite, B.Retailleau plie le match.

Il devance X.Bertrand, V.Pécresse et L.Wauquiez de 11 points. - S.Dépierre: Sur le régalien, l'immigration, il n'y a pas une grande différence entre L.Wauquiez et B.Retailleau.

Ils sont plus ou moins sur la même ligne. L.Wauquiez essaie de développer un discours aussi sur le travail, l'assistanat...

C'est des discours qui lui sont chers. Il essaie de faire entendre sa voix là-dessus pour se démarquer de B.Retailleau.

C'est le moyen qu'il aura. Le ministre de l'Intérieur a une caisse de résonance dans les médias sur ces sujets, sur l'ordre, sur le régalien. L.Wauquiez dit qu'il y a ça, mais qu'il faut que le travail paye...

Au moment des propositions de loi de son groupe la semaine dernière, il y avait beaucoup de choses sur le travail, sur le fait qu'il fallait que les heures supplémentaires soient mieux rémunérées, etc. Il veut montrer qu'il a cet aspect pour ne pas être simplement en concurrence frontale avec B.Retailleau.

Là, ce serait une bataille de personnalités et non pas de lignes. - A.de Tarlé: Quand vous avez vu L.Wauquiez aux 4V, vous avez dit: "Ca va cogner." Est-ce qu'on va revivre la guerre des droites façon Balladur-Chirac? - J.Jaffré: Vous évoquez les grands moments.

B.Retailleau est le favori. C'est clair.

L.Wauquiez va se battre. Ce qui est clair, c'est l'ouverture de la bataille présidentielle de 2027.

Celui qui gagne, qui deviendra le leader des Républicains, sera en position d'être le candidat naturel de ce camp. Ca ne veut pas dire forcément qu'il ira jusqu'au bout, qu'il n'y aura pas d'accord...

C'est lui qui aura les capacités de discussion. Le chef du parti a accès à l'argent, le financement public du parti. Ce n'est pas un détail.

Les investitures pour les législatives, ça vous assure les soutiens nécessaires et les alliances quand il faudra négocier avec le bloc central ou avec, éventuellement, l'extrême droite. Tout est possible. La bataille est décisive à cet égard.

A ce que dit S.Dépierre, on comprend la logique de L.Wauquiez.

C'est que B.Retailleau étant au gouvernement, il va attaquer la position du gouvernement sur l'économie, de Macron sur l'international et sur tous les sujet. D'abord, c'est ce que les militants ont envie d'entendre.

Ils sont remontés contre le macronisme et ils n'ont même pas F.Bayrou. Or, B.Retailleau est dans un gouvernement nommé par E.Macron et dirigé par F.Bayrou.

Excusez-moi, ça va faire...

B.Retailleau ne peut pas attaquer la politique économique de ce gouvernement dont il est membre. Il ne peut pas attaquer les positions internationales du président, ou alors il quitte le gouvernement.

Le match n'est pas plié. Même si B.Retailleau est le favori, il est un peu coincé par sa présence au gouvernement.

Pour L.Wauquiez, c'est son angle d'attaque. - A.Bouilhaguet: C'est un angle d'attaque, mais ça aurait pu ne pas l'être.

Aujourd'hui, il dit qu'il a fait un deal avec B.Retailleau, entre le parti et le gouvernement. Sauf que pendant le gouvernement Barnier, il voulait être ministre.

Il voulait Bercy. M.Barnier ne voulait pas.

Finalement, il n'est pas au gouvernement. Il est compliqué et parfois, il lui manque un peu de courage. Au moment de F.Bayrou, il voulait vraiment rentrer au gouvernement, sauf que F.Bayrou ne l'a jamais appelé.

Aujourd'hui, il se dit qu'il va faire une force de cette faiblesse. "Stigmatisons B.Retailleau sur le fait qu'il est pieds et poings liés." Ce qui est terrible pour L.Wauquiez, c'est que c'était lui, le candidat naturel. - A.de Tarlé: On le dit très doué.

Ca se voit trop, qu'il est doué? Il agace? - A.Bouilhaguet: Il a un souci récurrent d'insincérité.

On ne sait jamais s'il va faire un mauvais coup, s'il a vraiment des convictions. Ce n'est pas une histoire d'avoir beaucoup changé d'avis. On a du mal à le sentir. - A.de Tarlé: C'est pour ça que B.Retailleau met sans arrêt en avant la constance. - A.Bouilhaguet: Il a un 2e défaut qui se paie cash.

L.Wauquiez a l'art de séduire. Il est très intelligent, très cultivé, très cortiqué. - A.de Tarlé: Il a des visions au point de se restreindre dans l'utilisation des mots pour faire peuple? - A.Bouilhaguet: Il veut montrer qu'il est du terroir, mais il a un CV long comme le bras.

Le problème, c'est qu'en séduisant, on se fait des amis mais aussi beaucoup d'ennemis. Quand on voit la liste de ceux qui soutiennent B.Retailleau, G.Larcher, J.-F.Copé, X.Bertrand... - J.Jaffré: On parlait de Balladur-Chirac.

Tous les chapeaux à plumes au début de la campagne étaient pour E.Balladur. J.Chirac en avait fait une force. - A.Bouilhaguet: C'est quand même mieux de partir avec une bande de copains derrière soi. - J.Jaffré: Des copains?

Vous iriez jusque-là? - A.Bouilhaguet: L.Wauquiez essaie de récupérer cette situation.

Il dit qu'il y a un conflit de générations. "Tous les vieux sont avec B.Retailleau et moi, j'ai tous les jeunes." - A.de Tarlé: On dit que B.Retailleau s'envole dans les sondages.

Ce n'est pas le cas de L.Wauquiez. - B.Sananès: Il stagne.

Mais pourquoi B.Retailleau s'est envolé dans les sondages? C'est parce qu'il est au gouvernement sur un sujet majeur pour les angoisses, les peurs des Français: ce sentiment d'insécurité et le climat de sécurité qui se détériore fortement, que ce soit sur les incivilités, le trafic de drogue...

On a fait une étude où on voit que 1 Français sur 4 dit que son territoire est dérangé par les trafics de drogue pas loin de chez soi. Ce sont des sujets sur lesquels les prises de parole de B.Retailleau lui donnent un avantage.

C'est aussi le thème déterminant très souvent dans le vote des électeurs de droite, pour les électeurs LR, avant même la question de l'immigration, comme pour les électeurs RN. Le fait pour L.Wauquiez de ne pas être au gouvernement entraîne une moindre exposition.

Il ne va pas uniquement parler des questions sur l'ordre, sur le régalien. Il élargit sur les questions économiques et sociales, qui sont aussi majeures. Dans cette campagne, B.Retailleau a aussi des risques.

Quand vous êtes ministre de l'Intérieur, vous ne savez pas ce qui peut arriver dans 2 ou 3 mois et qui vous expose. Deuxièmement, le temps des résultats n'est pas encore venu. - A.de Tarlé: C'est ce que dit le RN. "Monsieur Retailleau parle mais jamais les chiffres de l'immigration..." - B.Sananès: C'est un temps d'hypercommunication, même si B.Retailleau reste prudent, modeste.

Il est exposé médiatiquement quasiment tous les jours. Cette exposition sur un sujet où les Français attendent des résultats peut le mettre en difficulté. - A.de Tarlé: Pendant ce temps, rien ne va plus à gauche.

Les dirigeants du PS et de LFI se déchirent par médias interposés. Il semble bien que l'alliance du Nouveau Front populaire ne soit bientôt plus qu'un lointain souvenir pour les militants de gauche. - 8 mois seulement après la photo de famille du Nouveau Front populaire, les sourires et l'unité affichés à gauche ont disparu.

Dans une interview publiée ce dimanche, J.-L.Mélenchon rompt avec les socialistes. "Ils ne sont plus nos alliés." La cause du divorce: le refus des socialistes de censurer le gouvernement Bayrou. - La motion de censure n'est pas adoptée. - Pour les insoumis, cela revient de la part du PS à donner son assentiment au gouvernement en validant le budget. - J.-L.Mélenchon: Il est adopté par le fait du prince et par la bassesse des fausses oppositions qui, au moment où elles auraient dû toutes se montrer conformes à ce qu'elles prétendent être, ont abandonné la ligne de combat, déserté la tranchée. - Chez les députés socialistes, on se désole de voir le NFP se déchirer tout en revendiquant le droit d'avoir des désaccords. - A.Delaporte: Notre responsabilité, c'est celle de faire vivre ce débat à gauche, de ne pas le nier, de ne pas nier les différences.

Il y a plusieurs cultures politiques à gauche. La gauche sait valoriser ses différences et se rassembler. Elle peut l'emporter demain. - Des différences trop fortes pour les insoumis. - E.Coquerel: On va continuer à travailler avec tous ceux qui restent fidèles au programme, s'ils le souhaitent, notamment les Ecologistes, les communistes.

Plus largement, on va essayer de reconstituer une opposition de gauche crédible. - La crédibilité de la gauche serait-elle déjà écornée chez les électeurs? Après la dislocation de la Nupes et ces nouvelles tensions au NFP, c'est la crainte de ce député écologiste. - Il y a une grande inquiétude et un grand décalage entre ce que pensent les électeurs et les citoyens qui ont voté à gauche et la manière dont répondent les appareils politiques.

Je ne pense pas que ce soit une chimère. Je pense qu'on a des appareils politiques qui se regardent trop le nombril. - Attaqué nommément par J.-L.Mélenchon, O.Faure dénonce une tentative de faire cavalier seul. - O.Faure: Je crois que J.-L.Mélenchon a fait un choix.

Il a décidé depuis longtemps d'être candidat à l'élection présidentielle, de présenter son projet. Il cherche maintenant à trouver des poux à ses concurrents à gauche. Je n'ai aucune raison d'entrer dans cette bataille. - Chez ces militants socialistes à Paris, cette bataille n'a rien d'une surprise.

Pour eux, en attaquant le PS, J.-L.Mélenchon risque d'affaiblir toute la gauche. - Il y a des gens comme lui qui attisent tellement la haine entre militants de gauche qu'aujourd'hui, j'ai peur parfois d'être socialiste.

J'ai peur de dire que je suis socialiste auprès d'autres gens de gauche par peur de me faire cracher dessus. - Pour certains, le NFP n'est qu'une alliance de circonstance arrivée à expiration. - La question n'est pas de savoir s'il fallait faire cette alliance.

Elle a été utile. Pour moi ou pour d'autres, elle n'est plus forcément d'actualité. La question, c'est de savoir comment on s'oppose à E.Macron et comment on s'émancipe de la tutelle de LFI et surtout de J.-L.Mélenchon. - Chacun de leur côté, le PS et les insoumis peuvent-ils espérer aller au second tour en 2027?

A gauche, beaucoup en doutent encore. - A.de Tarlé: S.Dépierre, on vous a vue dans le reportage.

Au PS, certains militants ne veulent plus entendre parler de J.-L.Mélenchon.

Quelque chose a changé dans la perception du leader du LFI? - S.Dépierre: Oui, parce que des militants et des élus disent que son discours est vraiment trop violent.

Sur le terrain, les gens leur disent: "C'est pas possible d'avoir des propos comme ça. On ne veut plus être associés à ces propos-là." Les socialistes sont sur une ligne de crête.

Il y a ces gens-là et tous ceux qui savent que la gauche n'est jamais aussi forte que quand elle est unie. Ca a été une union électorale. S'il y a des élections dans 6 mois, je pense que la gauche arrivera à nouveau à s'unir malgré les turpitudes, malgré le fait qu'il y a une saillie tous les jours entre J.-L.Mélenchon et les socialistes.

Quand il y a eu la discussion sur le droit du sol à l'Assemblée nationale, toute la gauche a fait bloc pour ralentir les débats. Là, il y a une motion de censure où J.-L.Mélenchon dit pis que pendre des socialistes, mais ils la votent quand même. - A.de Tarlé: Je cite J.-L.Mélenchon.

Question. - J.Jaffré: Je crois que notre téléspectateur fait preuve de sagacité.

Le principal reproche que J.-L.Mélenchon peut faire aux socialistes, c'est de torpiller sa stratégie.

Ce n'est pas rien. La stratégie de J.-L.Mélenchon, c'était censures à répétition et obligation de démission de Macron.

Quand le 4e gouvernement tombe, le pays finit par dire que c'est la faute de Macron et qu'il faut qu'il s'en aille. Or, si les socialistes ne votent pas la censure, en particulier sur le budget, et s'ils déposent aujourd'hui une motion de censure tout en ayant dit qu'ils ne souhaitaient pas que le gouvernement tombe...

Je n'ai jamais connu cette situation. Jusqu'alors, une motion de censure servait à faire tomber un gouvernement. Là, il s'agit de marquer un mécontentement, d'interpeller le gouvernement, mais on ne souhaite pas qu'il tombe.

On voit bien le problème. Pour J.-L.Mélenchon, les socialistes sont devenus son adversaire principal.

Il est dans la stratégie présidentielle. S'il devait y avoir des législatives, on commencera à recauser. Il faut un seul candidat de gauche dans les circonscriptions avec un scrutin majoritaire à 2 tours pour que la gauche puisse exister.

Mélenchon est intéressé par la présidentielle. Il veut détruire le PS ou le rabaisser, le renvoyer dans une situation où il est le suppôt du macronisme, où il ne tient pas les promesses du NFP, où il trahit. J.-L.Mélenchon oublie qu'il a été socialiste pendant une trentaine d'années.

J.-L.Mélenchon prépare la présidentielle.

Pour LR, la bataille est la bataille présidentielle. Pour J.-L.Mélenchon, c'est la bataille présidentielle. - A.Bouilhaguet: En fait, il a toujours la même stratégie. 2 ans avant une présidentielle, il est très radical, il durcit et il clive.

Dans la dernière ligne droite, il rassemble, il ouvre les bras en grand. A un moment, il dira aux brebis égarées socialistes: "revenez." Avant la dissolution, on disait que le Nouveau Front populaire était mort.

On a vu comment E.Macron l'a ressuscité en 5 minutes. E.Macron n'avait pas mis un kopeck sur la possibilité que la gauche puisse s'allier.

La gauche va être pragmatique, faire une union de la gauche au premier tour. Il y aura un seul candidat, mais ça n'est pas une alliance programmatique. On est de plus en plus dans la volonté de faire la gauche plurielle de Lionel Jospin.

Chacun a ses sensibilités et on respecte tout le monde. - A.de Tarlé: Il y aura quand même les municipales l'an prochain.

Est-ce qu'il y aura l'alliance PS-LFI? - B.Sananès: Il ne faut pas se tromper.

Sur un plan local, les relations entre militants, entre élus qui souvent siègent ensemble dans les exécutifs, ne sont pas au degré d'hostilité qu'on a pu voir dans le reportage ou qu'on voit parfois dans les propos des uns et des autres. Il y a un point mathématique. Pour les municipales, il est plus facile de se compter qu'aux législatives.

Aux législatives, il faut atteindre la barre de 12,5 % des inscrits pour être au second tour. Ca veut dire parfois 23 % des exprimés. C'est ce qui a conduit le NFP à faire cet accord en 48 heures.

Sinon, ils étaient éliminés dès le premier tour. Aux municipales, il faut faire 10 % des exprimés. Quand on est une force un peu organisée dans une ville, c'est plus atteignable que 20 % des exprimés aux législatives. - A.de Tarlé: Chacun peut y aller avec ses couleurs. - B.Sananès: Et on peut fusionner au second tour.

LFI va essayer de gagner une implantation locale qu'elle n'a pas aujourd'hui. Il y a 50 villes de plus de 30 000 habitants où J.-L.Mélenchon a fait plus de 40 % aux présidentielles.

Ca ne se translate pas, mais ça peut compter dans un certain nombre de villes, comme Montpellier, Marseille, Rouen, Lille...

A Lille, les 3 forces de gauche vont pouvoir être seules et revendiquer le poste de maire. Les écolos ont failli devancer M.Aubry.

Il y a aussi LFI et le PS. Malgré les désaccords, les excommunications, l'accord à gauche va demeurer même s'il est électoral. - A.de Tarlé: L'un a besoin de l'autre.

On revient à vos questions. C'était l'histoire des Mutuelles de Bretagne, qui a été prescrite pour... - J.Jaffré: Les affaires de R.Ferrand avec la justice n'existent plus.

La Cour de cassation a confirmé les décisions des juges de ne pas poursuivre davantage, en partie pour prescription des faits, mais c'est définitif. Il n'y a pas de démêlés avec la justice. Question. - A.de Tarlé: Question.

Le fait qu'on se pose cette question, est-ce que ce n'est pas déjà un problème? - A.Bouilhaguet: C'est sûr.

Je ne pense pas que le Conseil constitutionnel va basculer de manière radicale. Bien sûr qu'il va continuer à être indépendant, d'autant que R.Ferrand n'est pas tout seul.

Il y a d'autres sensibilités politiques. - A.de Tarlé: Il y a notamment A.Juppé. - A.Bouilhaguet: Il y a P.Bas, qui vient d'entrer, et L.Vichnievsky, qui est plutôt MoDem. - A.de Tarlé: Question. - A.Bouilhaguet: Oui, on disait: "Si tu es pas sage, tu iras à Bétharram!" - A.de Tarlé: Avec la sanction du perron.

On vous laissait deux nuits en culotte pour vous apprendre la vie. - A.Bouilhaguet: C'est vrai que c'est un établissement qui...

Je ne justifie pas du tout la violence physique, mais il a d'excellents résultats scolaires. - J.Jaffré: Vous ne faites pas de lien entre les 2, quand même? - A.Bouilhaguet: Non, non. - A.de Tarlé: C'est en 2010 que les affaires ont explosé. - B.Sananès: Ca a pris de l'ampleur jusqu'en 2023, où il y a eu le collectif, le groupe Facebook. - A.de Tarlé: Question.

E.Macron reparle de ce référendum. - B.Sananès: Oui, mais pour l'instant, les contours ne sont pas très fixes.

L'idée qui est évoquée, c'est qu'il y aurait plusieurs questions ou plusieurs votes pour éviter l'interrogation de votre téléspectateur. - A.de Tarlé: Qu'on réponde à E.Macron plutôt qu'à la question. - B.Sananès: Après, il y a la question du champ des référendums.

On pense bien sûr à la question migratoire. Est-ce qu'elle peut être incluse ou est-ce qu'il faut modifier le référendum dans la Constitution? - A.de Tarlé: Question. - S.Dépierre: Je ne suis pas sûre.

Il faut être prudent. Il peut y avoir des adhérents qui s'inscrivent pour voter pour L.Wauquiez.

Il est habile politiquement. On l'a bien vu en juillet. Il ne voulait absolument pas d'une coalition.

Il a pris la tête du groupe à l'Assemblée. Il a bien vu que la plupart de ses députés ne voulaient pas être trop marqués dans l'opposition. Il a changé de posture.

Il a compris que c'était son seul moyen de garder son poste de patron du groupe et d'avoir un peu d'ascendance. B.Retailleau est ministre de l'Intérieur.

C'est un poste qui lui offre une popularité, mais il peut y avoir des événements, des faits divers, des inactions...