Donald Trump, immigration, LFI... L'interview en intégralité d'Éric Zemmour
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Bienvenue dans BFM Politique, notre invité Eric Zemmour, patron de Reconquête. Bonjour, merci d'être avec nous à mes côtés pour vous interroger. Jules Pécnard de la Tribune Dimanche, notre partenaire. Bonjour. Et Abandine Atalaya, éditeur de la politique BFM TV. On va bien sûr évoquer les élections municipales. Vous avez un certain nombre de candidats en France. Mais d'abord, je vous propose qu'on revienne sur Donald Trump, cet homme qui bouleverse le monde, évidemment. On a vu cette semaine notamment à Davos, mais qui divise aussi les États-Unis.
Et je vous propose de débuter avec ce visage que l'on a tous découvert ce matin sur nos écrans de télévision, celui de cet homme, Alex Préti, américain de 37 ans, infirmier, qui a été tué hier en pleine rue par la police de l'immigration à Minneapolis. Police de l'immigration qui est l'incarnation de la politique anti-Trump, justement, la politique anti-immigration menée par Donald Trump. Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous avez vu ces images, Eric Zemmour ?
Écoutez, je regarde ces images. Je ne sais pas ce qu'il en est. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé. On voit bien qu'il y a deux versions opposées. Je n'ai pas à me prononcer sur les faits que je ne connais pas bien. Je vois bien la bataille politique. Nous avons connu ça en France avec aussi des morts. On se souvient de Malik Ousekine, etc. Il y a évidemment une bataille politique. Les opposants de Donald Trump, essayant de profiter de cette affaire pour faire reculer Donald Trump et surtout pour arrêter la politique de l'immigration qui est un immense succès de Donald Trump. On en parlera, j'imagine.
Quand vous voyez ça, vous ne condamnez pas cette...
Pourquoi voulez-vous que je condamne ce que je ne connais pas ? Je ne sais pas ce qui s'est passé. Peut-être que j'ai vu que la police dit que cet homme allait tirer sur les forces de police et qu'ils ont tiré avant. Je ne sais pas qui dit vrai. Et comment voulez-vous que je juge ? Je me réserve le droit d'en savoir plus et de ne pas réagir à chaud dans une affaire intérieure américaine qui je vois...
Mais les autorités américaines ont déjà pris leur parti puisqu'elles disent qu'il s'agissait là d'un terroriste qui voulait de gauche... Vous voyez, donc je... Mais à minima, ça justifie l'ouverture d'une enquête et pas la défense systématique envers et contre-tout parfois de la police, non ? À vos yeux ?
Moi, en France, je défends systématiquement la police. Et je proposais d'ailleurs pendant la présidentielle, et je continue de proposer qu'on instaure une présomption de légitime défense. Ça ne veut pas dire, évidemment, que les policiers ont le droit de faire tout ce qu'ils veulent, mais ça veut dire qu'ils sont présumés en légitime défense. Je ne connais pas la règle aux États-Unis.
Y compris sur des images comme celle-ci. Si ça s'était passé en France...
Vous savez, les images... Je suis suffisamment âgé pour avoir vu beaucoup d'images qui ne voulaient dire le contraire de ce qui était en réalité. Donc je me méfie, je suis prudent. Vous voyez, je ne prends le parti ni de l'un ni de l'autre. Je dis, j'attends d'en savoir plus. Voilà. Et je vois bien l'instrumentalisation politique. Tout à fait légitime. C'est la vie politique et c'est la démocratie. Qu'en fait la gauche américaine contre cette politique d'immigration que j'approuve globalement. Je n'approuve pas éventuellement un meurtre, mais j'approuve globalement la politique d'immigration. Et on va en parler, j'imagine.
Cette police de l'immigration, elle est dans le viseur des opposants de Donald Trump. Déjà, il y a quelques jours, quelques semaines, une femme avait été abattue à Minneapolis. Cette incarnation de la politique anti-immigration, c'est un modèle pour vous, cette police de l'immigration ?
Vous, président, vous en mettriez une en place en France ? Je vais vous dire, d'abord, parlons clairement. Je ne suis pas le porte-parole de Donald Trump et je ne suis pas le porte-parole des magas américains. Premièrement, donc, n'essayez pas de me faire agir sur tout. On va en parler, je ne vais pas éluder vos questions, mais je préfère le dire en préambule.
Mais vous êtes un des rares dans la classe politique française qui l'avait au début soutenu.
Et je vais vous dire pourquoi. Vous avez tout à fait raison, je ne le nie pas et je ne le renie pas. Et c'est très simple. Je considère que le mouvement MAGA, Donald Trump, et la mouvance autour... Make America Great Again. Exactement, je me sens d'ailleurs très proche, par exemple, d'un monsieur comme Vence, incarne une philosophie, une idéologie, des idées, des convictions, un mouvement philosophique et politique qui a pris son essor dans tout l'Occident, qui est pour moi celui des peuples occidentaux qui ne veulent pas mourir, qui ne veulent pas se faire remplacer, et qui se répand dans tout l'Occident. Tout l'Occident.
Et je considère que la victoire aux États-Unis de ce mouvement de pensée que j'incarne en France est la meilleure nouvelle pour ce mouvement, car je sais dans l'histoire, depuis à peu près deux siècles, depuis avant la Révolution française, tout mouvement révolutionnaire qui se déroule aux États-Unis arrive en Europe et gagne en Europe. Donc je suis très heureux. Vous êtes le Donald Trump français. Je ne suis pas le Donald Trump français. Je fais partie... Vous savez, je dis... Quand j'entends... Je vais vous dire. Il y a des choses que Donald Trump dit ou fait que je disais et que je disais avant même de connaître le nom de Donald Trump.
Quand il dit que l'immigration est une invasion, je le disais avant même de connaître le nom de Donald Trump. Quand il dit que le trafic de drogue et l'immigration sont des guerres, je l'ai dit. Évidemment, je ne vais pas me renier quand il dit... Quand il porte l'offensive contre le wokisme... Mais spécifiquement sur l'immigration ? Attendez, quand il porte le wokisme contre le wokisme, quand il dit tout simplement un homme est un homme et une femme est une femme, je l'ai dit aussi bien avant de le connaître. Ça ne veut pas dire qu'il m'a copié, vous comprenez. Ça veut dire qu'il y a un grand mouvement. C'est toujours comme ça. Il y a les internationales socialistes depuis le 19e siècle.
Ce sont des gens qui peuvent défendre leurs intérêts. Vous vous souvenez que pour la guerre 14, les Français et les Allemands se sont faits la guerre et pourtant, ils étaient dans le même mouvement socialiste. Et bien là, c'est la même chose. Donald Trump est un patriote américain. Il défend les intérêts américains. Moi, je suis un patriote français. Je défends les intérêts français.
Mais cette police anti-immigration ICE, est-ce que pour vous, c'est un modèle ? Vous, président, est-ce que vous mettriez en place ce type de police en France ?
C'est effectivement. Donald Trump a, depuis son arrivée, arrêté l'immigration illégale. Il n'y a quasiment plus personne qui passe au Mexique. Personne, tout le monde le reconnaît. Et deux, il a réduit l'immigration légale de 1,5 million de personnes en 6 mois. Il faut ce type de police en France ou pas ? Attendez. Ça veut dire que ça s'appelle la remigration. Je suis favorable à cette politique et je suis le seul en France à la défendre. Oui, je pense qu'il faut à la fois arrêter l'immigration illégale, ça tout le monde est d'accord, mais personne ne le fait, et en même temps, faire remigrer les immigrés qui sont ici et qui ne sont pas désirables.
C'est-à-dire les voyous, les délinquants, les criminels, les chômeurs longue durée, tous les gens qui sont indésirables.
Comment vous les renvoyez concrètement de la France vers leur pays d'origine ?
Comme on renvoie les illégaux, on renverra. Par exemple, il y a 25...
En actuel, on ne les renvoie pas puisque les OQTF ne sont pas exécutés majoritairement.
On ne les renvoie pas. On ne les renvoie pas. Vous avez tout à fait raison. Je pense qu'il faut faire pression sur les pays, faire pression véritablement. Maintenant, chère madame, je considère que même si les pays ne les reprennent pas, il faudra les renvoyer ailleurs. Il faudra trouver des pays qu'on payera ou des endroits qu'on payera pour renvoyer ces immigrés dont on ne veut plus.
Pour le faire très concrètement, vous ne m'avez pas répondu,
il faut une police de l'immigration comme ICE ou pas ? Il faudra adapter à la France et aux structures françaises. Mais il faudra être impitoyable. Oui, il faudra une politique ferme contre l'immigration illégale et illégale. Mais les policiers avec qui je discute aujourd'hui me disent que ce n'est pas les structures qui manquent, c'est la volonté politique.
Nous sommes à un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Quand vous faites le bilan, est-ce que vous avez le sentiment que Donald Trump est une chance, et toujours une chance pour son pays ? Est-ce que vous considérez par ailleurs qu'il est une menace pour la stabilité du monde, de l'ordre mondial, comme on le peut qualifier ?
Alors, je répète ce que j'ai dit en préambule, c'est un patriote américain, donc il défend les intérêts des États-Unis, comme l'ont fait tous les présidents avant lui. Je note d'ailleurs que lorsque...
C'est peut-être un cliché, mais les États-Unis aujourd'hui sont plus désunis que jamais. Sa cote de popularité est très basse, elle est très faible.
Où en est la cote de popularité d'Emmanuel Macron ? Bon, vous voyez, les cotes de popularité, ça va, ça vient, on le sait. Maintenant que les États-Unis soient divisés, vous avez raison. Vous avez raison, et ça ne date pas de Trump. Trump est le révélateur de cette division. Mais comme dans tout l'Occident, c'est normal, il y a un mouvement qui est, ce que je vous ai dit, c'est-à-dire la volonté des peuples occidentaux de ne pas mourir, et il y a en face des gens qui veulent tuer les peuples occidentaux.
Mais est-ce que Donald Trump n'accentue pas ces divisions ? Évidemment que c'est divisé. Est-ce que Trump n'accentue pas ces divisions et presque place les États-Unis, parfois, excusez-moi du terme, au bord d'une guerre civile ? Est-ce que ce n'est pas lui qui est responsable de ça ?
Est-ce que c'est souhaitable ? Je considère que Trump est la conséquence d'un mouvement qui vient de très loin, j'ai écrit là-dessus, dès les années 60-70, et qui a fait que la gauche américaine a détruit le consensus américain, qu'elle a détruit la méritocratie américaine avec sa politique de discrimination positive qui a donné le wokisme, et qu'elle a détruit l'unité ethnique et culturelle des États-Unis avec une législation en 1965 qui a fait rentrer le monde entier aux États-Unis. Nous avons exactement le même problème en Occident. Donc ce n'est pas lui, lui, la conséquence. C'est comme quand on dit « vous poussez à la guerre civile ». Ce n'est pas moi qui pousse à la guerre civile.
Je suis la conséquence d'un mouvement qui fait que le peuple français est en danger de mort. C'est tout, ce n'est pas la même chose.
On parle des États-Unis, on parle du rôle de Donald Trump dans le monde aussi. Il y a eu cette semaine ce bras de fer, entre Emmanuel Macron et Donald Trump, sur cette question notamment de l'annexion quasiment ou pas du Groenland. Je vais vous montrer une photo. C'est la photo devenue célèbre, si j'ose dire, du visage d'Emmanuel Macron cette semaine à Davos avec ses lunettes de soleil dues à un problème de santé, un petit vaisseau qui a éclaté dans son oeil. Mais c'est devenu quasiment un outil politique et diplomatique dans le monde entier. On a parlé de ces lunettes d'Emmanuel Macron qui sont devenues en quelque sorte l'outil de la résistance face à Donald Trump.
Qu'est-ce que ça vous a inspiré, vous ? Est-ce que vous dites quand même « bravo Macron », vous avez fait reculer Trump ?
Nous savons depuis son avènement en 2017 qu'Emmanuel Macron aime se déguiser. Je me souviens quand il était en uniforme de solde d'officier. Je me souviens qu'il a multiplié. Là, c'est pour des raisons de santé. C'est son côté acteur. Oui, je sais. Mais enfin, écoutez, ses lunettes sont très belles et ça a fait parler dans le monde entier. C'est très bien, tant mieux pour lui. Maintenant, je pense qu'il y a effectivement un affrontement entre Donald Trump et les pays européens sur le Groenland.
Bravo Emmanuel Macron, vous avez fait reculer Donald Trump sur le Groenland.
Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron ait fait reculer Donald Trump sur le Groenland. Je pense que, si vous voulez, il me semble, d'après ce que je sais de Donald Trump, il l'a dit lui-même, que c'est son habituelle tactique de négociation. Il l'explique dans son livre sur le roi du deal, dans laquelle il dit « j'exige l'impossible » et comme ça, on me donne ce que même les autres n'osaient pas me donner auparavant. Donc, j'attends la suite de cette négociation. Je ne sais pas ce que ça va donner. J'attends. Maintenant, effectivement...
Est-ce que vous avez compris ce que Donald Trump faisait en voulant, au début, disait-il, s'emparer du Groenland ? Emmanuel Macron lui a, par exemple, envoyé un message en lui disant « je ne comprends pas ce que tu fais sur le Groenland ».
Vous qui défendez la souveraineté... Alors, attendez. Je peux vous répondre à ça ? Complètement. Je dirais que les États-Unis ont l'habitude, dans leur histoire, d'acheter des territoires. Ils ont acheté la Louisiane à Napoléon, ils ont acheté l'Alaska aux Russes en 1867, et quand ils ne peuvent pas l'acheter, ils ont aussi l'habitude de le conquérir par la force. Le Mexique s'en souvient, qui a perdu le Texas, la Californie, etc. C'était moins courant depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Absolument.
Puisque vous parlez de la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'est intéressant, parce que vous savez peut-être que les Américains, en 1945, Trump était à peine né, ont voulu déjà acheter le Groenland, et que le Danemark a refusé. Je rappelle que le Groenland est une terre colonisée par le Danemark. Ce n'est pas le Danemark. D'ailleurs, il n'est pas dans le territoire européen.
Un territoire autonome qui appartient au Royaume du Danemark.
C'est un peu comme nous, l'Algérie. Est-ce que pour autant, ça rend la revendication de Donald Trump légitime ? Non, je ne vous dis pas que ça la rend légitime. J'essaie de vous expliquer dans l'histoire que c'est une tradition des présidents américains. Maintenant, il faut bien comprendre quelque chose. Moi, vous disiez tout à l'heure, Donald Trump déséquilibre le monde, etc. Moi, je crois qu'on se trompe sur l'évolution du monde. Je pense que depuis 30 ans, on nous a fait croire que le monde était régi par le droit et le commerce. En vérité, s'il était régi par le droit et le commerce, c'est qu'il y avait une superpuissance qui était unique et qui faisait régner la force.
Vous savez, qui s'appelait les États-Unis d'Amérique. Le droit international n'est pas un véritable droit. Le droit, c'est un ensemble de règles qui sont sanctionnées de façon autoritaire et parfois musclée. On les met en prison par une autorité suprême. Dans le droit international, il n'y a pas d'autorité suprême. Donc les États-Unis, depuis 30 ans, puisque l'URSS s'était effombrée, a joué ce rôle d'autorité suprême. On envoyait des armes contre les États voyous. L'expression est révélatrice. Aujourd'hui, c'est fini. La Chine est le grand rival des États-Unis. La Russie est revenue dans le jeu. Les BRICS s'émancipent de l'Occident.
Et vous, président, vous vous affranchiriez aussi du droit international. Vous diriez comme Donald Trump, je gouverne en fonction de ma propre morale ?
Moi, je pense que, je vous répète,
la souveraineté d'un pays,
je condamne évidemment, s'il avait attaqué le Grand-Alente, je l'aurais condamné. Mais je maintiens que le droit international n'est pas un droit comme les autres et que la souveraineté est la règle et que la souveraineté est liée à la force. Que vous le vouliez ou non, c'est comme ça. Vous savez, dans la guerre du Péloponnèse de Thucydide, il y a plus de 2000 ans, on dit déjà que le droit fonctionne entre pays de même force, mais que quand il y a un fort et un faible, le fort exige tout ce qu'il veut et le faible accorde tout ce qui est exigé de lui.
Le problème pour la France et pour les pays européens, c'est que depuis 30 ans, et c'est le crime des gouvernants et de celui qui maintenant arbore des belles lunettes de soleil, c'est d'avoir fait croire qu'on pouvait se passer de la force et de nous avoir désarmés.
Et ces États-Unis de la force aujourd'hui sont-ils nos alliés ?
Si les pays européens et la France étaient puissants, ils ne se seraient pas passés tout ça. C'est parce que les pays européens se sont affaiblis, ont cru au mythe du droit et du commerce et qu'aujourd'hui, les autres États qui sont restés forts, nous le font payer. Donc moi, pendant la présidentielle, j'ai parlé, vous vous souvenez, de devoir de puissance, j'ai réclamé un effort budgétaire énorme sur l'armée, on m'a traité de tous les noms. Je vois qu'aujourd'hui, ceux qui me le reprochaient courent désormais après cette affaire-là. Je dis simplement cela. Je dis, entrepuissance, depuis la nuit des temps, c'est la force qui détermine.
Vous savez, Louis XIV mettait sur ses canons ultima ratio regum, l'ultime argument des rois.
Oui, vous parlez de temps anciens. L'Europe, entre-temps, s'est dotée de quelques règles de droit. Ce ne sont pas des temps anciens. Ce ne sont pas des temps anciens, Madame Nantes.
C'est l'éternité des relations entre les puissances.
Mais pour avancer, est-ce que les États-Unis sont aujourd'hui toujours nos alliés pour vous ? Ou nos adversaires ?
Voir nos ennemis. Carrément. Écoutez, ce sont nos alliés, puisque nous sommes toujours alliés avec eux dans l'OTAN. Et que nous aurions du mal à faire la moindre guerre sans eux. Je vous rappelle que même quand les troupes françaises intervenaient en Afrique, elles avaient besoin de la logistique américaine. Donc ne faisons pas plus gros que nous ne sommes, car je le répète, depuis 30 ans, nous sommes devenus très faibles.
Éric Zemmour, rendez-vous internationaux, rendez-vous nationaux aussi pour les responsables politiques. Dans quelques semaines, les élections municipales, vous avez une candidate à Paris qui s'appelle Sarah Knafo. Selon un sondage qui a été réalisé par l'Institut IFOB, publié dans Le Parisien ce matin, elle est créditée de 9% d'attention de vote au premier tour. Elle frôle donc les 10% qui permettent de se qualifier pour le second tour. 5% en revanche pour le candidat du Rassemblement national, Thierry Mariani. Est-ce que vous appelez le candidat du RN à se retirer ?
Ah non, moi je ne suis pas... Vous savez, ça m'agace beaucoup quand le Rassemblement national fait cela. Donc je ne vais pas du tout faire comme eux. Je n'appelle pas M. Mariani que je respecte à se retirer. Je dis simplement que les électeurs de droite à Paris doivent tous voter pour Sarah Knafo. Voilà, s'ils se sentent de droite, ils ne doivent pas voter pour un candidat d'un parti socialiste, je pense qu'on va parler du budget après, comme le Rassemblement national l'a montré lors de cette discussion budgétaire.
Sarah Knafo qui est très critiquée par ses opposants, c'est la loi du genre, notamment par Clément Beaune qui est haut-commissaire au plan et qui est élu parisien, qui lui explique qu'elle est soit incompétente, soit une menteuse par exemple sur ses projets, notamment concernant les voies sur berge. C'est vrai qu'elle estime à 60-80 millions d'euros de coût et qui serait en fait 10 fois, voire 12 fois plus cher.
C'est vrai que M. Clément Beaune s'y connaît en bâtiment et travaux publics. C'est bien connu. Moi, je vais vous dire, je sais comment Sarah Knafo a travaillé sur ce projet et je connais les gens qu'elle a consultés et qu'elle a fait travailler pour ce projet-là précisément. Je sais que ce sont des ingénieurs en travaux publics, justement, des spécialistes qui ont budgété ce travail-là, mais aux millions d'euros près. Je le sais, je les connais. Alors M. Clément Beaune, vous savez franchement quelle compétence il a là-dedans. Il ne connaît rien. Déjà, quand il était ministre des Affaires européennes, on se demandait ce qu'il connaissait. Alors un peu de mesure.
Mais remettre des voitures dans Paris, sur les quais ou ailleurs, est-ce que ce n'est pas, si j'ose dire, permettez-moi le terme, complètement démago et contraire au sens de l'histoire ? Même Rachida Diatti dit qu'on sent que ce ne sera pas le retour du tout voiture.
Écoutez, moi ce que je trouve démago, c'est la décision d'Hidalgo il y a 10 ans d'avoir supprimé tout passage sur cette voie Georges Pompidou. Vous savez, Sarah Knafo l'explique très bien. Paris a été forgé et organisé historiquement sur un axe nord-sud. L'axe est-ouest a toujours été oublié. C'est pour ça qu'il y a toujours eu des embouteillages dans Paris. Vous connaissez la fameuse histoire d'Henri IV, assassiné par Ravaillac, parce qu'il y avait un embarras, comme on disait, de circulation. Là, la voie Georges Pompidou, c'est est-ouest. Elle l'explique mieux que moi. Et donc, ce qu'elle dit, c'est qu'elle concilie justement les deux.
Elle met les voitures en dessous, qui peuvent ainsi passer pour débloquer les embouteillages dans le reste de Paris, parce que la décision de mettre des voitures, de supprimer les voitures sur la voie Pompidou, ça a provoqué des embouteillages ailleurs. Donc de la pollution, passons. Et deuxièmement, elle fait au contraire construire cette plateforme au-dessus pour permettre aux piétons et aux cyclistes de profiter de la beauté inégalable du paysage parisien. Amandine, l'enjeu des municipales.
Oui, puisque Sarah Knafo monte dans les sondages. Elle est maintenant à 9%.
Elle va continuer de monter.
Néanmoins, c'est pour l'instant sous les seuils de qualification. Ça sert à quoi plus largement de voter reconquête pour les élections municipales ?
Écoutez, c'est très simple. Si vous voulez des candidats qui défendent des finances saines et bien gérées, qui défendent la sécurité et une conception du beau et de l'esthétique, puisqu'on parlait tout à l'heure du projet de Sarah Knafo, dans toutes les villes, nous avons les mêmes priorités. Deuxièmement, je pense que les reconquêtes et la droite, le seul parti justement de droite, c'est-à-dire à la fois qui veut combattre l'immigration, l'invasion migratoire et l'islamisation du pays, et deuxièmement...
Est-ce que Rachida Dati n'est pas droite ?
Rachida Dati est, je dirais, écoutez, elle est LR, elle est alliée au Macronisme, donc je dirais qu'elle est du centre droit. Voilà, mais c'est la droite, mais c'est la droite, c'est le centre droit. L'incarnation de la droite à Reconquête, c'est, dans cette campagne, c'est Sarah Knafo, comme dans toutes les autres villes.
Vous parlez d'islamisation du voile, etc. Sarah Knafo ne fait d'ailleurs pas... Ce sont des thèmes auxquels vous êtes très identifiés, Sarah Knafo, mais fait moins campagne là-dessus. Sarah Knafo, ça ne vous a pas échappé,
est candidate au municipal. Au municipal, la politique d'immigration n'est pas de la responsabilité du maire.
Vous me tendez la perche quand elle s'est présentée, elle n'a pas semblé très claire sur savoir si la candidature à Paris excloulait le fait qu'elle soit ensuite candidate à l'élection présidentielle. Est-ce que, dans votre esprit, c'est clair ? Est-ce que c'est vous ou est-ce que c'est elle
qui sera candidate à l'élection présidentielle ? C'est marrant comme les journalistes veulent croire ce qu'ils veulent croire. Elle a été au contraire d'une clarté biblique. Elle a dit, je suis candidate à Paris et je ne serai pas candidate à l'Élysée. Qu'est-ce que vous voulez être plus clair ? Le candidat à l'élection présidentielle, ce sera vous. Mais je ne vais pas annoncer ma candidature aujourd'hui. Je vous dis ce qu'elle a dit. Elle a dit quelque chose d'on ne peut plus clair. Et depuis, les journalistes passent leur temps à dire « Ah ben non, en vérité, ce n'est pas clair ». Pourtant, ça, on ne peut plus clair.
Ça ne dépend pas de qui sera votre décision candidat du Rassemblement national, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? Que ce soit Marine Le Pen, vous savez,
c'est très bien que vous me posez cette question. Marine Le Pen et Jordan Bardella, c'est exactement la même ligne. Il y a une embrouille des journalistes qui se font les idiots utiles du Rassemblement national et qui font croire qu'il y a deux lignes. Il n'y a pas deux lignes. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont exactement...
Il y a des différences économiques.
Ils sont différents. Non, il n'y a pas de différence économique, non. Simplement, il y a une femme et un homme. Il y a une femme de 50 et quelques années et il y a un jeune homme de 30 ans. C'est la seule différence. Pour tout le reste, il y a une ligne, qui est celle du Rassemblement national. J'espère qu'on va parler du budget. Et qui est celle des 34 milliards d'euros d'impôts qu'ils ont votés, que Jordan Bardella a défendus et que Marine Le Pen, avec Jean-Philippe Tanguy, a défendus à l'Assemblée nationale. C'est le même parti, la même ligne. Il n'y a pas deux lignes.
Et Jordan Bardella, vous savez, il a des postures peut-être différentes, il a peut-être un comportement différent, mais c'est le même fond, c'est le même parti qui... Éric Zemmour.
Amandine, on en reparle dans une seconde. Juste à peu la publicité. Vous restez avec nous. Vous répondrez aussi à Jean-Luc Mélenchon qui disait cette semaine qu'il est désormais le parti qui incarne, je cite, le grand remplacement, le grand remplacement des générations. Et puis vous répondrez à ses premières confidences de Marion Maréchal qui évoquent votre rupture politique il y a quelques mois. On se retrouve tout de suite. Reconquête, on évoque les élections municipales. Il y a un autre leader qui était en campagne cette semaine, c'est Jean-Luc Mélenchon. Il était à Toulouse.
Jean-Luc Mélenchon qui affirme que son parti incarnerait désormais, je cite, la France du grand remplacement et de la diversité. Le grand remplacement, dit-il, de la génération qui remplace l'autre parce que c'est ainsi depuis la nuit des temps, dit-il. Bien sûr, évidemment, ce grand remplacement, cette notion, ça sonne dans l'esprit des gens en référence au grand remplacement qui avait été évoqué par l'écrivain d'extrême droite, Renaud Camieux, qui a été repris, y compris par des leaders de droite désormais. Qu'est-ce que vous avez pensé quand vous avez entendu Jean-Luc Mélenchon évoquer cette notion du grand remplacement ?
Qu'il confirmait ce que j'ai toujours dit, c'est-à-dire qu'il assume le grand remplacement, il est le parti du grand remplacement, c'est-à-dire de la France arabo-musulmane qui veut remplacer la France française. Ce que j'avais dit pendant la campagne présidentielle.
Lui ne parle pas d'immigration. Il dit que c'est le remplacement d'une génération par une autre génération. Il ne parle pas du tout d'une question de peuplement d'immigration. Bien sûr.
Il défend la créolisation.
Il joue sur les mots. Je sais, vous savez, j'ai débattu chez vous avec Jean-Luc Mélenchon. J'ai été le seul à l'époque à l'affronter. Maintenant, c'est la mode. À l'époque, j'étais le seul. Je maintiens que sa créolisation n'est que le paravent de l'islamisation. Il ne faut pas se cacher, c'est ce que je lui avais dit à l'époque et ce que je redis. Vous dites, le grand remplacement a été repris d'abord de la formule de Renaud Camus qui n'est pas un écrivain d'extrême droite. C'est un grand écrivain. C'est tout. Deuxièmement, ça n'est pas repris par les autres leaders de la droite. Non. Ni même par Mme Le Pen ni même par M. Bardella.
Je suis le seul à utiliser cette expression parce que je suis le seul à avoir conscience de l'ampleur historique de ce qui se passe. Maintenant, je vais vous dire, Jean-Luc Mélenchon, tout le monde a compris désormais, qu'il jouait son destin électoral sur le peuple des banlieues arabo-musulmans et qu'il y avait déjà 69% des électeurs musulmans en 2022 qui avaient voté pour lui. S'il vote plus et s'il vote plus pour lui, il sera au second tour en 2027. C'est son calcul. Mais je pense, et c'est pour ça que l'expression de grand remplacement utilisée par lui est révélatrice, je pense que c'est plus profond qu'un calcul électoral. C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que je pense que c'est un projet anthropologique. C'est-à-dire que, vous savez, la gauche a l'habitude au 19e siècle, elle voulait que la classe ouvrière remplaça la bourgeoisie. Aujourd'hui, elle veut que le peuple arabo-musulman remplace le peuple français. Il y a une tradition, en fait, finalement, si on voit ça un peu de...
Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?
Eh bien, tout simplement qu'ils veulent le grand remplacement et qu'ils veulent toujours plus d'immigrés arabo-musulmans. Je le répète,
il l'a dit sur le réseau X, répondant notamment à Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon dit, je cite, le grand remplacement dont je parle
est celui des générations. M. Mélenchon est un très habile réteur. Mais avec moi, ça ne marche pas. Donc, j'aimerais continuer ma démonstration, s'il vous plaît. Je pense que, finalement, si on voit ça d'un peu haut, historiquement, la gauche a toujours été pour la colonisation. Au XIXe siècle, elle était pour la colonisation de l'Afrique par la France au nom de la civilisation et désormais, elle est pour la colonisation de la France par l'Afrique au nom des droits de l'homme. Ça, c'est une grande tradition à gauche, finalement. Il faudrait regarder ça de près. Maintenant, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
Pourquoi Jean-Luc Mélenchon emploie ce terme et pourquoi il l'assume alors qu'avant, il ne l'assumait pas ? Il parlait de créolisation, comme vous avez dit, madame. Tout simplement parce que je pense que la contre-colonisation est le spectre qui agite et qui hante aujourd'hui les banlieues françaises, les quartiers populaires, comme dit Jean-Luc Mélenchon et la gauche. Vous savez, Franz Fanon, dans les années 50, qui était un grand ami du FLN, disait « Le colonisé est un persécuté qui se rêve en persécuteur ».
Je pense qu'il y a beaucoup de jeunes gens, je parle de jeunes gens, dans la nouvelle génération issue de l'immigration arabo-musulmane, qui en vérité considèrent que c'est leur tour de coloniser la France puisque la France a colonisé leurs ancêtres et que Jean-Luc Mélenchon se fait le porte-voix de ce sentiment. Et vous savez... Vous savez ce qu'on vous répondra, vous essentialisez... Bien sûr, bien sûr, mais j'ai... Oui, absolument, je pense que... C'est ce qu'on vous répond systématiquement, mais... Vous avez tout à fait raison, mais c'est le vieux... Vous avez raison, c'est le vieux débat philosophique entre l'existentialisme et l'essentialisme.
Je pense, moi, et d'ailleurs, c'est un problème philosophique car aujourd'hui, les gens, moi, je pense, comme on le faisait avant en termes de masse, il y a bien sûr des individus qui veulent s'intégrer et s'assimiler, je dis s'assimiler, non pas s'intégrer, à la culture française qui est, je le répète, judéo-chrétienne et gréco-romaine. On devrait dire d'ailleurs chrétienne et gréco-romaine puisque le christianisme englobe le judaïsme et la culture grecque. Et qu'il y a de plus en plus, vous vous souvenez de ce sondage avant Noël qui le prouvait, de plus en plus de jeunes, je dis bien de jeunes, issus de l'immigration arabo-musulmane qui veulent appliquer ici la charia.
Ça, ça veut dire, cher monsieur, une colonisation. Quand on ne s'imprègne pas de la culture et de la civilisation d'un pays dans lequel on vient, on est des colonisateurs puisqu'on veut imposer sa culture et sa civilisation. Donc, je pense que monsieur Mélenchon est aujourd'hui le porte-drapeau de cette contre-colonisation. En vérité, vous savez, Mélenchon, pour moi, ressuscite une figure traditionnelle, je dirais, de l'histoire de France. C'est le parti de l'étranger. C'est-à-dire, le parti de l'étranger, vous savez ce que c'est ?
Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ne serait pas aussi patriote que vous ?
Tout simplement parce qu'il est patriote d'une autre France, d'une France arabo-musulmane. Il dit lui-même qu'il est un maghrébin. Ce n'est pas moi qui l'ai dit. Il dit, je suis un maghrébin français.
Si je ne dis pas de bêtises, vous partagez tous les deux le fait d'être né au Maroc.
Non. Vous dites une bêtise, mais c'est presque juste. Pardon, excusez-moi. Ce n'est pas grave. Mais je vais vous répondre parce que vous avez une bonne intuition. Dans le Maghreb. Moi, mes parents, pas moi, moi je suis né en banlieue parisienne. Mais peu importe. Ça ne contrevient pas à votre intuition. Pardon, excusez-moi, je me suis trompé. Jean-Luc, mais ce n'est pas grave. Jean-Luc Mélenchon est né effectivement au Maroc de parents pieds noirs. Moi, je suis né en métropole, mais de parents pieds noirs aussi. Et vous avez raison, c'est ça qui nous lie. Sauf que nous avons pris, vous voyez, les deux parties. Moi, j'ai pris le parti comme mes parents, du peuple français.
Et je me suis agrégé d'abord au peuple pieds noirs puis au peuple français. Et lui, il a pris, comme certains Français l'ont fait pendant la guerre d'Algérie, les porteurs de valises, etc. Il a pris le parti du parti de l'étranger. C'est-à-dire le FLN et le gouvernement algérien qui le encense tous les quatre matins avec ses amis Rima Hassan et les autres.
Ça fait aujourd'hui en France,
nous revivons l'Algérie française.
Et vous, président, quelle est votre différence sur ce plan avec Marine Le Pen ? On a entendu tout à l'heure, vous disiez, remigration des immigrés illégaux, immigration zéro, j'imagine.
Et légaux, quand ils sont délinquants, criminels et chômeurs de longue durée. C'est ma première différence avec Mme Le Pen qui, elle, refuse la remigration de ces gens-là. Elle le dit et le redit.
Elle l'a toujours dit et ses propos la choc. La choc, d'ailleurs, quand vous dites ça.
C'est pas grave.
Immigration zéro pour vous ?
La choc comme elle choc Mélenchon, comme elle choc Macron. Marine Le Pen est avec eux dans cette histoire.
Immigration zéro zéro. Même pas des étudiants étrangers vers la France. Je dirais même
immigration négative, chère madame. C'est-à-dire que ça veut dire qu'on va renvoyer. C'est la remigration. Bon. J'ai une grande différence avec Mme Le Pen. Mme Le Pen est contre l'immigration pour des raisons, je dirais, économiques et sociales. Ce qui est tout à fait louable. C'est-à-dire qu'elle dit comme Karl Marx au XIXe siècle, ça fait baisser les salaires. Et ça rend plus difficile l'État-providence. C'est une position de gauche classique. Vous savez, Marx disait ce que je vous ai dit et la CGT était pour la préférence nationale dans les années 30. Et Georges Marchais, le secrétaire général du Parti communiste, en 1981, a fait campagne contre l'immigration légale et illégale.
Donc Mme Le Pen est sur cette ligne. Moi, je pense que le problème n'est pas tant l'immigration parce que si on nous mettait 10 millions d'Italiens, ça ne serait pas la même chose. que l'islamisation. Moi, contrairement à Mme Le Pen, je ne pense pas que l'islam soit compatible avec la République et avec la France. Et je pense que nous sommes dans un... On parlait du monde tout à l'heure avec Trump. Je pense que le monde aujourd'hui est régi par une guerre de civilisation. Pas seulement de l'islam contre l'Europe d'ailleurs, de l'islam contre la civilisation hindoue, de l'islam contre la civilisation russe et de la Chine contre l'Europe. J'espère qu'on en parlera un petit peu.
Et ça, Mme Le Pen, le refuse aussi.
Vous opposez profondément. Désormais, c'est aussi l'économie avec Marine Le Pen. Le budget qui va être adopté par 49-3, il y en a plusieurs. Vous, député, vous auriez censuré ce gouvernement ?
Alors, écoutez, je pense d'abord qu'il faut passer du... Avant, le problème important, ce n'est pas la censure. Le problème important, c'est le budget. Et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il y a des gens qui ont censuré et qui sont co-responsables du budget. je considère que ce budget est un budget socialiste. Comme Laurent Wauquiez. Non, pas comme Bruno Retailleau. S'il a dit ça, je suis d'accord avec lui. Il est d'accord avec moi. Peu importe. Nous sommes d'accord. Nous allons parler des LR après. Donc, c'est un budget socialiste. Pourquoi ? Il faut définir.
Parce que c'est un budget qui considère que la question, les questions doivent être réglées par plus de dépenses publiques et que les dépenses publiques doivent être réglées par plus d'impôts. Ça, c'est un budget socialiste. Maintenant, c'est un budget que j'appellerais une coproduction législative. Entre qui et qui ? Entre la Macronie, évidemment, puisqu'elle est au gouvernement, le PS, puisqu'il est grand inspirateur de ce budget, LFI, puisqu'il a voté nombre de textes et de d'impôts, et le Rassemblement National, puisqu'il a voté la plupart des impôts avec des augmentations d'impôts et des impôts nouveaux, avec LFI et le PS. Et avec, c'est pour ça qu'on arrive à M.
Retailleau, avec l'alliance passive des LR, qui, je le rappelle, n'ont pas voté contre et n'ont pas renversé, n'ont pas voté la censure contre le sous-gouvernement. C'est une coproduction. Pour des raisons différentes.
Il y a l'Assemblée fracturée, déjà. Comment ? L'Assemblée fracturée, aussi. Il n'y a pas de majorité. Il faut trouver des deals.
Bien sûr. Mais moi, je vous parle de ce qu'ils ont voté. Ça m'intéresse plus, en vérité, que le sort de M. Leforgnu... Est-ce que vous dites
que le RN est co-responsable de ce budget ?
Bien sûr. Bien sûr. Il a voté 34 milliards d'impôts en plus. Il a voté 8 impôts nouveaux. Mais ils ont déposé une motion de censure et ils ont voté une motion de censure à LFI. Mais LFI aussi. Ils ont voté le retour de la retraite à 62 ans et non plus à 64 ans. Ils l'ont voté comme LFI et comme le PS et comme la Macronie. Ils ont voté des impôts nouveaux. Ils ont voté l'impôt sur les grandes entreprises.
Ils ont voté contre certains impôts comme la C3S. C'est des impôts ciblés.
Ils ont voté 34 milliards d'impôts en plus. OK ? Ils ont voté également, puisque vous voulez aller dans le détail, ils ont voté également contre la taxe qui voulait limiter les produits bas de gamme chêne en disant qu'ils défendaient les petits commerçants. Ils ont voté aussi contre le régime Madeleine pour les petits et les moyennes entreprises. Vous voyez ? Pourquoi ? Je le répète. Parce que le Rassemblement national est socialiste. Je dirais même, pour être précis, parce que j'ai été journaliste politique et j'essayais d'être précis, ils sont souverainistes, socialistes. Je dirais les héritiers de M. Chevènement qui avait écrit le programme commun de la gauche en 1984.
Alors, vous vous montrez... Il n'y a pas de différence entre Mme Le Pen et M. Bardella. Je le répète. Il n'y a pas de différence entre Mme Le Pen et M. Bardella.
Vous vous montrez tactique très critique envers le Rassemblement national. C'est notamment une chose qu'évoque Marion Maréchal dans un livre de confidence qu'elle publie la semaine prochaine, justement, qui sera publié au cours de la semaine prochaine à nos éditions Fayard. Elle évoque notamment votre rupture politique après les élections européennes. « Ma relation personnelle avec Éric Zemmour est devenue de plus en plus froide et difficile, dit-elle. » Elle explique qu'à ses yeux, chaque jour démontrera par la suite que le principal objectif d'Éric Zemmour c'était de prendre sa revanche sur Marine Le Pen. Chacune de ses prises de parole se transformera en réquisitoire contre le RN.
C'était le cas ?
Je vous invite, si ça vous amuse, parce que je ne suis pas sûr que regarder Marion Maréchal vous amuse, mais je vous invite à regarder ce qu'elle disait en mars 2022 sur le RN et sur la candidature de Marine Le Pen quand elle m'a rejoint et que j'étais haut encore dans les sondages. Évidemment, deux ans plus tard, elle trouvait que j'en disais trop et que j'étais trop dur comme le RN, comme Marine Le Pen parce qu'elle préparait sa trahison et ce qu'elle voulait, son retour au bercail qui d'ailleurs n'a pas été accepté parce que Marine Le Pen est plus rancunière qu'elle ne le croyait. Voilà toute l'histoire, vous savez c'est tout, c'est une histoire d'opportunisme.
C'est une gérouette pour vous ? Comment ?
C'est une gérouette pour vous Marion Maréchal ?
C'est une opportuniste. Quand je suis où dans les sondages, elle vient avec moi. Quand je suis bas, elle retourne à la maison. D'ailleurs, une maison qui l'a rejetée, ça ne vous a pas échappé. Dans le fond,
il y a quand même une question, on va en parler de divergence stratégique dit-elle sur l'union des droites. Elle explique qu'elle, pendant la campagne européenne, elle voulait cogner moins fort sur le gendarme Bardella, sur François-Xavier Bellamy concernant que c'était quand même des partemaires et que vous lui avez dit Marion, avec Bardella, tu as le syndrome de la femme battue. Qu'est-ce que vous entendiez
par là ? C'est très simple. Quand Bardella, lui, ne prenait pas de gants pour lui taper dessus et pour rameuter nos électeurs, mes électeurs, au nom du vote utile, mes électeurs de la présidentielle, c'est ça qui m'a inquiété. C'était tout à fait légitime dans le cadre d'une bataille politique. Elle passait son temps à caresser dans le sens du poil Jordan Bardella. Et je tiens à dire, vous avez raison, et elle a raison de dire qu'elle n'attaquait jamais Jordan Bardella, ce qui a permis d'ailleurs à Jordan Bardella de faire le score qu'il a fait.
Mais, en revanche, il est tout à fait faux, et vous demanderez à François-Xavier Bellamy ce qu'il en pense, de dire qu'elle n'a jamais attaqué François-Xavier Bellamy. Elle a au contraire concentré toutes ses attaques et toute sa campagne contre François-Xavier Bellamy. L'accusant du stavogratisme. Merci. Vous voyez, vous en souvenez, c'est très bien. Je vous remercie. Et d'ailleurs, pour un résultat absolument nul, puisque, vous regarderez les chiffres, elle n'a pas pris une voix sur François-Xavier Bellamy. Alors, pardon,
mais pourquoi vous avez travaillé avec elle à ce moment-là ? Vous pouviez lui dire quand elle était avec vous, à vos côtés ?
Parce que, tout simplement, moi, je ne voulais pas me renier. Je lui ai donné la tête de liste aux européennes parce que je pensais qu'elle serait loyale et qu'elle serait une bonne tête de liste. Je me suis trompé. Vous savez, ça arrive de se tromper.
D'accord. Parce qu'au moment où vous lui donnez la tête de liste, vous savez déjà qu'il y a cette divergence stratégique quand même profonde qui est intéressante D'accord, mais elle est l'estime, en tout cas, après, c'est ce qui est apparu, elle estime que le RN, ou elle semble estimer que le RN est voué à être un partenaire stratégique dans le cadre d'une union des droites, on l'appellera comme on veut, et vous, vous estimez que le RN est un adversaire pour les raisons de fonds économiques, notamment, que vous avez... Et pas seulement. Et pas seulement. On a parlé d'autres choses. Sur l'identité, etc. Est-ce que vous considérez, d'abord, toujours, que le RN est avant tout votre adversaire ?
Si vous voulez, d'abord, je voulais vous dire que le RN a considéré que Marion Maréchal n'était pas un allié, puisqu'elle a refusé, ils ont refusé de s'allier avec elle. Pour les municipales. Pour les municipales et pour le reste. Il faut quand même savoir que donc, tout cet habillage n'est qu'en fait que l'habillage d'une trahison et de ce que j'ai appelé le regroupement familial, c'est-à-dire qu'elle rêvait de revenir dans le giron familial. Passons sur Marion. Maintenant, sur le fond, le Rassemblement national est à la fois un adversaire et un allié potentiel. C'est normal, c'est la politique. Mais vous leur tapez dessus tout le temps. Mais attendez, attendez.
Est-ce que vous estimez que l'LFI et le PS ne se tapent pas dessus comme vous dites ? C'est la loi de la démocratie. Moi, je pense que je suis le meilleur et que j'ai raison. Donc je dis que j'ai raison. Eux pensent qu'ils ont raison. Donc ils disent qu'ils ont raison. Ils me tapent dessus comme aussi. Et d'ailleurs, ils ont le droit. Ils ont le droit. Moi, je parle... C'est la démocratie. Vous ne voulez pas le parti unique ? Bon. Moi, je pense que les électeurs... Pourquoi je fais ça ? Je ne fais ça pas par plaisir, pas par volonté de prendre ma revanche ou par rancune. C'est idiot. Voilà, c'est idiot. Je vais vous dire... Je fais ça.
Il y a beaucoup, les sondages le prouvent, des électeurs qui savent et qui se disent de droite, à peu près 75% selon les sondages, et qui votent quand même pour le Rassemblement National alors que c'est un parti que je vous ai décrit socialiste. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent arrêter l'immigration. Ils ne sont pas d'accord avec le Rassemblement National sur l'économie, sur le budget. Je parle des 75% qui se disent de droite. Ils ne sont pas d'accord avec eux sur l'économie. Ils ne sont même pas d'accord sur l'islam compatible avec la République. Ils sont d'accord avec moi. Ils ne sont pas d'accord avec tous ces sujets, même sur les problèmes de société.
Mais ils considèrent que comme le Rassemblement National est en tête, qu'ils ont une chance avec eux d'arrêter l'immigration et ils passent sur tout leur... ce qu'ils estiment important. Éric Zemmour. Moi, je veux simplement leur donner une alternative. Leur dire qu'avec moi, je dis ma phrase, on va arrêter l'immigration et même on va faire mieux puisqu'on va remigrer ceux dont on ne veut pas et en plus, ils seront d'accord sur tout le reste de la politique. J'ai tout à fait le droit et c'est légitime de dire ça. Sinon, il faut être pour le parti unique
et la fin de la démocratie. Quand on parle du fond au-delà des idées, est-ce que sur le principe vous pourriez voter pour une femme à l'Elysée ?
Bien sûr, pourquoi pas ?
Non, je ne sais pas. Il y a quelques années, notamment sur ce plateau, je crois que c'est face à Routel-Krieff, vous aviez dit je pense qu'il y a un lien entre le pouvoir et la virilité. Les hommes ont inventé le pouvoir, les femmes n'expriment pas le pouvoir, elles ne l'incarnent pas. C'est comme ça, le pouvoir s'évapore dès qu'elles arrivent.
Ma phrase était absolument... J'avais écrit un livre il y a 20 ans là-dessus sur une espèce d'éloge de la virilité et d'inquiétude devant la féminisation généralisée des valeurs et des comportements. Je le maintiens, je parlais donc de féminité et de virilité. Il y a évidemment des femmes qui sont des exceptions et qui vont incarner le pouvoir et qui vont exercer le pouvoir. On en a connu dans l'histoire, Catherine de Russie n'était pas une tembre. Bon, maintenant, ce qui est amusant...
Ça reste une exception. En 2026, vous pensez toujours que le pouvoir s'évapore lorsqu'une femme arrive au pouvoir ? Par exemple, si Sarah Knafo prend la tête de la mairie de Paris, le pouvoir s'évapore ?
Vous n'écoutez pas ce que je dis. Non, vous n'écoutez pas. Je parle de principes masculins et féminins. Et c'est amusant parce que vous êtes tous là et comme tous les journalistes à me poser la question et à croire qu'il y a une contradiction entre le fait de ce que j'ai dit ou ce que j'ai écrit et le fait d'aider, de soutenir, de pousser en avant Sarah Knafo parce que c'est quand même moi en tant que président du parti qui lui est vraiment... qu'il est incité et qu'il est encouragé à être candidat à la mairie de Paris. Bon. Mais jamais aucun journaliste n'aura l'humilité de se dire que peut-être, peut-être, il a mal compris ce que j'ai écrit ou j'ai dit.
Et peut-être que justement ce que je fais aujourd'hui avec Sarah Knafo et ce que je montre aujourd'hui prouve qu'il s'était trompé, qu'il avait mal compris mon propos. Mais pour ça, il faudrait que les journalistes aient un peu d'humilité et malheureusement... J'ai été journaliste. J'ai été journaliste justement mais moi je pense que je reconnaissais quand je m'étais trompé. Enfin j'espère.
Éric Zemmour, question de société un peu plus large à l'Assemblée nationale sera examinée cette semaine dans les ministiques. Ça a été le cas en commission une proposition de loi transpartisane qui veut explicitement abolir la notion de devoir conjugal. Ça n'existe plus dans le code civil mais il y a certaines jurisprudences qui continuent de prononcer des divorces pour foutre parce qu'il n'y a plus de relations sexuelles dans un couple. C'est un progrès nécessaire à vos yeux ou c'est un gadget qui n'a pas d'intérêt ?
Un gadget qui n'a aucun intérêt. Pourquoi ? Vous savez, ça me rappelle la phrase de Marx qui est celui qui donne des gifles à sa grand-mère. Le patriarcat n'existe plus depuis très longtemps s'il n'a jamais existé en certes tiennes. Ce n'est pas ce que disent
les féministes ?
Je sais, mais les féministes se trompent. Les féministes mènent un combat qui n'est plus le combat contre le patriarcat parce qu'en vérité, moi, je considère historiquement, vous savez, que le patriarcat est mort depuis très longtemps.
Mais est-ce qu'il y a quand même des problèmes d'égalité hommes-femmes aujourd'hui ou plus ? Par exemple, les salaires ?
Ah non. Les salaires, vous savez, si vous regardez les chiffres, on cite toujours ce chiffre de 25% en gros de différence mais c'est un chiffre fallacieux puisque, en vérité, il n'est de 25% que parce qu'il y a des différences d'emploi et que beaucoup de femmes prennent des emplois qui sont moins bien payés que d'autres emplois dans la santé, dans l'éducation, etc. Et deuxièmement, qu'elles travaillent moins d'heures que par choix ou par contrainte que les hommes. Quand vous ramenez ces deux corrélations, vous vous apercevez que la différence est de 3%. C'est ridicule. Il n'y a plus de... D'ailleurs, dans la fonction publique, il n'y en a plus.
Et dans le privé, après, c'est les différences selon la qualité individuelle. Il y a des femmes qui sont de grande valeur et qui sont reconnues et qui sont payées. Je ne crois plus qu'il y a ça. Il y a même le contraire. Il y a des entreprises...
Ce n'est pas ce que vont vous dire celles qui nous écoutent.
Je sais, les féministes disent ça. Pas que des féministes. Beaucoup qui parlent dans l'ensemble. Si, si. Moi, je pense qu'il y a aujourd'hui, par exemple, moi, je connais beaucoup de gens dans des grandes entreprises qui n'ont pas eu de garçons, qui n'ont pas eu la promotion qu'ils avaient parce qu'on a laissé passer devant eux des femmes ou des maghrébins ou des africains, etc. Et qu'ils n'ont pas eu la promotion que ça existe aussi. Ça, longtemps, étaient les femmes
qui n'ont pas eu des promotions parce qu'elles avaient un projet maternité et elles revenaient et elles n'avaient pas la promotion.
Les femmes n'étaient pas dans la vie professionnelle pendant longtemps. C'est récent si on voit à l'aune de l'histoire. Donc, il faut... Je vous dis, les chiffres parlent contre votre intuition et contre la propagande des féministes.
Merci d'avoir été notre invité Éric Zemmour. Dans quelques instants, vous retrouvez à Affaire suivante. C'est avec Dominique Rizet et Pauline Revena. Vous restez bien sûr sur BFM.
Éric Zemmour