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DébatAurore Bergé· 3 décembre 2025 66 minContradictoireActualité / polémiqueSantéJusticeSolidarités & familleEurope & international

Aurore Bergé dans C Ce Soir sur France 5 - 25 novembre 2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    Comment expliquer cet échec selon vous ? Manque de volonté politique ou problème culturel ?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il faut reconnaître un échec à la fois politique et sociétal en Europe ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Votre regard sur ce premier tour de table : la France est-elle un mauvais élève ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le contrôle coercitif doit rentrer de plein pied dans le droit français ?

  • 15:00RelanceRéponse directe

    L'Espagne est souvent citée comme modèle : votre loi cadre est-elle à la hauteur ?

  • 18:00RelanceRéponse partielle

    Les moyens alloués sont-ils suffisants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Anne BouillonFait
    « Nous n'arrivons pas à protéger ces femmes efficacement malgré des signaux d'alerte que nous savons décoder aujourd'hui. »
  • 7:00Christelle TarotFait
    « Le système d'écrasement des femmes qui autorisent les féminicides est très ancien, très incorporé. »
  • 11:00David PéicoChiffre
    « Une femme meurt sous l'écoute de son compagnon tous les 3 jours. »
  • 17:00Anne BouillonChiffre
    « Le coût des violences conjugales en France, c'est 3,6 milliards d'euros chaque année. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir à toutes et à tous. Soyez les bienvenues sur le plateau de C'est ce soir. Mélina avait [musique] 45 ans, l'or avait 32 ans, Elodie 50 ans, Béatrice en avait 56.

Quatre femmes tué [musique] en 24 heures jeudi dernier par leur conjoint ou ex-conjoint une 5e victime le lendemain, Zaya 27 ans, dont le corps calcinet [musique] a été retrouvé dans sa voiture venant s'ajouter à la trop longue liste des féminicides commis depuis le début de l'année. Encore un chiffre. En France en 2025 toutes les 7 heures.

Un homme tue ou tente [musique] de tuer sa compagne ou ex-compagne. Illustration d'une triste réalité. Non seulement les féminicides [musique] ne régresse pas mais il continue d'augmenter.

Nous allons débattre ce soir avec nos invités. Pourquoi ? Pourquoi ?

Malgré les procès médiatiques, les [musique] grandes causes nationales, malgré les lois, les mobilisations et les moyens annoncés, pourquoi la France n'y arrive pas ? Comment expliquer cette incapacité à mieux protéger les femmes de ces violences et à empêcher les hommes de les commettre ? d'abord [musique] à un échec politique et judiciaire ou une faillite culturelle qui interroge l'ensemble [musique] de la société.

C'est ce soir, c'est parti. Mardi 25 novembre 2025, c'est ce soir avec Laur Adler. Bonsoir Lore.

Bonsoir Karim. C'est donc un débat urgent, il suffit de regarder les chiffres. Un débat qui interroge à la fois le monde politique, le monde judiciaire, la société en général, les hommes en particulier. et nous avons réuni ce soir un plateau qui va nous permettre, je l'espère, de mieux comprendre les raisons de ce qui est pour l'instant un échec français et les solutions à mettre en œuvre pour en sortir.

Avec nous ce soir, Auror Berger. Bonsoir. Bonsoir.

Bienvenue ministre délégué cher d'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Vous avez aussi auparavant été notamment ministre des familles. Euh que peut le politique ?

Vous répondez à cette question en présentant cette semaine ce qu'on appelle une loi cadre sur les violences faites aux femmes qui contient une cinquantaine de mesures. Une loi qui vise notamment à mieux former, mieux détecter, mieux prévenir. Alors, est-elle à la hauteur des enjeux ?

On va en débattre avec vous ce soir et avec nos nos autres invités. À côté de vous, nous accueillons aussi une la réalisatrice d'un film très fort, parfois glaçant d'ailleurs, qu'on voulait aussi mettre à l'honneur ce soir. Bonsoir Karine Dufour.

Bienvenue, réalisatrice notamment auparavant d'un documentaire dont on avait beaucoup parlé sur Bertrand Kanta. coupable de ce qu'on appelait pas encore à l'époque un féminicide sur Marie Trintignan. Vous signez un nouveau film qui s'appelle Je vais te tuer disponible sur euh dans lequel vous filmez au plus près les audiences des nouveaux pôles spécialisés dans les violences intrafamiliales à Paris, à Colmar, à Poitier.

C'est une plongée qui permet de prendre conscience de ce que signifie ce qu'on appelle le contrôle coercitif. Euh on va en parler, cette domination euh souvent insidieuse des hommes sur leur compagn, une destruction psychologique euh qui bien souvent accompagne ou précède aussi les violences euh physiques. Euh avec nous, une femme qui défend au quotidien des femmes victimes de violence et victimes de ce fameux contrôle coercitif aussi exercé par leur conjoint ou ex-conjoint.

Bonsoir Anne Bouillon. Bonsoir. Bienvenue avocate pénaliste au barreau de Nantes, avocate très engagé auprès de ces femmes.

Vous dénoncez aujourd'hui une faillite de volonté, dites-vous, de moyens aussi et vous posez une question qui fait mal. Avons-nous vraiment envie collectivement que ça change ? Question qu'on va se poser évidemment tous ensemble ce soir.

Pour que ça change, alors faut des moyens, faut des lois. Il faut aussi que les hommes se saisissent de cette question et ne laissent pas les femmes seules dans ce combat. C'est en tout cas votre conviction, David Péico.

Bonsoir. Bonsoir. Bienvenue.

Merci d'être là. Euh je le précise parce que c'est fondamental dans votre démarche. Vous êtes le fils de Giselle Péicot dont le procès il y a 1 an avait provoqué euh une onde de choc, une prise de conscience de la société.

Ce procès a aussi été une prise de conscience pour vous euh en tant qu'homme. Vous avez décidé de vous engager activement euh au côté de l'association ONU femme France dans la lutte contre les féminicides. Vous avez initié une tribune euh signée pour le moment par plusieurs personnalités euh pour appeler euh les hommes à enfin sortir du silence.

Et puis il était enfin indispensable, j'allais dire pour ce débat. d'avoir avec nous l'intellectuel qui pense depuis des années les ressorts de cette violence contre les femmes, ses origines aussi. Bonsoir Christelle Tarot, bienvenue, merci d'être là.

Directrice du Monumental ouvrage dont on a déjà parlé ici féminicide d'une histoire mondiale et vous mettez notamment en lumière ce concept de continuum féminicidaire, c'est-à-dire l'ensemble de ces violences des plus insignifiantes en apparence aux plus évidentes et qui vont mener à la à la mort d'une femme dans de nombreux cas. Merci beaucoup à toutes et tous, toutes plutôt et tous d'être là ce soir euh pour ce pour cette discussion, ce débat. Je disais quatre féminicide en 24 heures, 6 sur la seule semaine dernière, une augmentation du nombre de femmes tuées par leur conjoint ou exconjoint par rapport aux années précédentes.

La question peut paraître euh simpliste. Je vais commencer avec vous Anne Bouillon. Mais comment est-ce qu'on explique cet échec selon vous ?

Est-ce que c'est une un manque de volonté politique, un problème culturel, un mélange des deux ? Pourquoi la France n'y arrive pas ? J'ai j'ai toujours du mal à répondre à cette question.

Je peux avancer des pistes de réflexion. D'abord, on on c'est un échec de la protection. Nous n'arrivons pas à protéger ces femmes efficacement malgré des signaux d'alerte que nous savons décoder aujourd'hui.

Nous savons qu'il y a pas de violence à nos savons qu'il y a pas de menace de mort à nos savons qu'il y a pas de signaux faibles. Mais dès que les violences commencent alors elles sont susceptibles de progresser jusqu'à ce point d'orgue qui est le féminicide en passant par le contrôle le contrôle coercitif, le viol jusqu'à la tentative de meurtre. meurtre et nous restons atteint d'une cécité à l'endroit de ces femmes malgré tous les dispositifs dont nous disposons.

Téléphone, grave danger, bracelet antirrapprochement, ordonnances de protection qui sont à perfectionner à revoir, nous n'y arrivons pas. Mais moi, la question qui me tarote véritablement, c'est face à cette absolue détermination des auteurs à commettre leur gestes parce que ceux que je rencontre et j'en rencontre dans le prêtoir me semble lorsque je les vois euh avoir fait preuve d'une véritable détermination à tuer. Et bien quelle réponse pouvons-nous apporter ?

Est-ce que c'est judiciaire ? Est-ce que c'est politique ? Moi, je crois que c'est éminemment culturel, voyez-vous.

Et je crois qu'il faut quand même traiter le mal à sa racine et nous poser la question de savoir pourquoi est-ce que ces hommes sont autant déterminés à tuer. Chriselta, vous êtes d'accord avec ça ? Nous n'arrivons pas, vous disiez tout à l'heure à l'instant, nous n'arrivons pas à entendre.

Il y a à la fois la cécité, il y a un problème n'a pas à entendre ces femmes qui pourtant et vous l'avez dit aussi, on peut pas dire que rien n'a été fait ces dernières années. Non, rien n'a été fait mais en fait en fait il faut comprendre me semble-t-il prendre un peu de peut-être de hauteur par rapport par rapport à ça, c'est que le système d'écrasement des femmes qui autorisent les féminicides est très ancien, très incorporé. Il est incorporé bien sûr dans nos sociétés.

Il est incorporé aussi en nous-même en tant que individu. Ça touche bien évidemment préalablement les hommes, prioritairement les hommes, mais pas seulement. Cette incorporation, ce sont des millénaires de domination dans féminicide une histoire mondiale, on remonte [raclement de gorge] au moins jusqu'au néolithique, c'est-à-dire avant même que nous fassions sociétés, alors même que nous faisons espèce.

Donc c'est la violence la plus incorporée, ce qui explique qu'elle est peut-être la plus difficile à combattre. Elle est extrêmement difficile à combattre. Elle est à combattre évidemment sur le temps court euh mais elle est aussi à combattre sur le temps long.

Elle est à combattre de manière répressive en améliorant le système répressif. On va probablement en discuter mais la réponse répressive ne peut pas être la seule réponse sociétale. Il faut aussi une politique d'éducation immense immense à tous les niveaux, c'est-à-dire de l'État aux individus.

Bien évidemment, on peut pas seulement demander à l'État d'intervenir. Il faut aussi que nous prenions conscience individuellement du problème. Et donc c'est dans ce va et vient permanent euh qu'on peut construire cela.

Et surtout il me semble qu'on ne peut rien faire si on ne change pas de paradigme. C'estàd il faut qu'on sorte de Ça veut dire quoi ça veut dire quoi changer ? Ça veut dire qu'il faut qu'on sorte de cette mythologie de l'égalité formelle pour entrer vraiment dans une société d'égalité réelle.

Et donc l'égalité réelle ça se construit de manière très concrète. On a la ministre de l'égalité entre les hommes et les femmes avec nous ce soir. Euh est-ce qu'il faut reconnaître euh un échec à la fois politique et sociétal europe ?

Oui, une part évidemment d'échec. La journée de jeudi, elle l'a démontré de manière à la fois extraordinairement brutale et éclatante. C'est-à-dire vous avez quatre femmes assassinées qui battent en brèche d'ailleurs tous les préjugés.

Euh elles n'ont pas les mêmes métiers, elles ne viennent pas des mêmes milieux sociaux, elles n'ont pas les mêmes âges. Un/3 des féminicides, c'est des femmes de plus de 70 ans, ce qui n'est pas l'image habituelle qu'on a de [raclement de gorge] la question du féminicide. Donc il y a pas un profil type.

Il y a pas un profil type de victime, il y a pas un profil type d'auteur, il y a pas un territoire type. Et ça déjà, c'est quelque chose à laquelle on n'est pas habitué en fait. À chaque fois, il faut qu'on le rappelle. et c'est encore traité sous l'angle du fait d'hiver.

Euh, on a encore une fois quatre femmes qui sont assassinées avec un seul point commun, être des femmes qui ont décidé de partir, être des femmes qui ont décidé de quitter leur conjoint qu'il avait annoncé soit quelques heures avant, soit quelques semaines ou quelques mois avant. Et des hommes qui considèrent donc qu'elles n'ont pas le droit et qu'elles leur appartiennent. C'est que le crime qu'elles ont commis, c'est de leur dire "Je te quitte".

De leur dire "Je te quitte". Et c'est le seul crime qu'elles ont commis être des femmes et avoir décidé de reprendre leur liberté. Mais ça a été traité, tu as trop peu traité dans mon sens.

Je n'ai pas à souvenir d'avoir vu tous les journaux télévisés ouvrir et faire leur une sur le [raclement de gorge] sujet alors que quatre femmes qui sont assassinées le même jour de dû créer aussi cette cet élan un minimum collectif et cette cette prise de conscience là. Vous voulez réagir David Pécois ? Oui, par rapport à ce que dit madame la ministre, moi depuis quelques jours, je je je dis et j'interpelle qu'il y a un manque de volonté politique.

Je crois qu'Aurore Berger va peut-être nous annoncer des choses en ce sens et peut-être nous rassurer parce que c'est ce que je pensais jusqu'à un certain temps. Mais ce qui me peut-être vous allez me poser des questions sur effectivement le l'origine de la tribune ou autre mais sans anticiper. Moi ce qui me ce qui me choque, ce sont les le compteur qui chaque jour euh évolue.

H je crois sauf de ma part qu'aujourd'hui on a passé le cap des 152 féminicides. Et moi, il y a un chiffre qui me trouble énormément et qui doit interpeller les hommes. C'est une des raisons pour laquelle on a rédigé euh enfin j'ai codérigé mais on a dirigé de manière collective avec connu femme France la tribune.

C'est qu'une femme meurt sous l'écoute de son compagnon tous les 3 jours. Hmm. Et voilà, partie de ce constat-là, il faut absolument faire quelque chose et faire bouger les lignes.

Je pense que ça fait partie effectivement des fameuses euh je dirais euh de la loi cadre. Peut-être vous allez en aborder le sujet. Votre regard qui du four sur ce premier tour de table.

Moi, je pense qu'on peut dire qu'on est vraiment la France un un très mauvais élève dans cette lutte. Autour de nous, on voit bien depuis quelques années, l'Espagne arrive à faire tomber ce chiffre. Le Canada met des protocoles de de évacuation des hommes plutôt que il donc le l'Angleterre il y a l'imprescriptibilité des crimes sexuels.

Pourquoi on n'y arrive pas en France ? Moi, je pense qu'on est le royaume du patriarcat. En fait, on on est le soi-disant pays des lumières.

On est le pays des ténèbres [raclement de gorge] pour les femmes. C'est vrai. Enfin, je je c'est pas une formule.

Non, non, mais je ne pour moi c'est pas une formule. Le pays des ténèbres pour les femmes et le pays des droits de l'homme avec un H. Non, on est le pays des droits des hommes et cette résistance culturelle c'est politique, c'est culturel.

Enfin, je pense qu'on doit tous et premier lieu les hommes. Vous dites le patriarcat est enquisté en sous-bassement. Qu'est-ce que ça veut dire ça ?

Ça veut dire que le backlash il est il se dit pas les lois les pires c'est les lois qui sont non écrites. C'est que nous on dénonce et en fait bah le boys club il est partout, il est à bas bruit. Il c'est évidemment aujourd'hui on va pas dire moi je suis contre l'égalité femum.

Tout le monde est pour, tout le monde est progressiste, humaniste, de de gauche, enfin et en fait euh les résistances, elles sont partout. Moi, je pense qu'elles sont à tous les niveaux de la société et en sous-bassement. Anne Bouillon.

Hm hm. Pas de profil type évidemment, pas de profil type d'auteur, pas de profil type de victime. C'est ça concerne tout le monde et et potentiellement toutes les femmes et tous les hommes. néanmoins un dénominateur commun qui est cette conviction profonde de la légitimité à agir et de la conviction profonde de ce que c'est OK de mobiliser de la violence et que finalement c'est une réponse adaptée, proportionnée à prise inculquée et valorisée que de mobiliser de la violence est parfois la pire parce que c'est comme ça qu'on se sent existé, c'est comme ça qu'on se sent puissant et c'est comme ça qu'on se sentent de toute menace.

Vous l'avez dit, les périodes de rupture ou d'infidélité réelle ou supposée sont des périodes d'effondrement psychique pour les auteur. Ils se sentent anéantis et moi, je suis très surprise par leur immaturité lorsque ils disent "J'étais dévastée parce qu'elle m'a quitté et j'ai mis en place des mécanismes de réappropriation qui devaient aller jusqu'à la tuer, voir la surtuer." Et vous savez qu'on parle de mécanisme d'overkill sur les féminicides où moi j'assiste à des scènes de crimes qui sont absolument ahurissantes où précisément toute cette rage se déverse sur le corps de la femme.

Et là encore ça c'est qu'on la tue, on va aussi la brûle, c'est pas un coup de couteau, c'est 50 coups de couteau, on la dépaisse, on la brûle et on fait subir les pires outrages à sa dépouille. Je suis désolé, ce sont des propos difficiles mais mais c'est aussi la réalité de ce que on Non mais ce qu'il y a c'est que vous vous dites et on peut rentrer dans le dans le cœur du du débat, c'est pourquoi on n'y arrive pas. Vous dites "On sait que les moments de rupture sont des moments souvent de passage à l'acte." Oui.

Et vous dites quoi ? On sait et on ne protège pas assez ces femmes alors qu'on le sait. Protège mais bien sûr, on protège pas assez femmes.

C'estàd que quand vous devez partir du domicile où vous subissez de la violence, où est-ce que vous allez habiter ? De quoi allez-vous vivre ? Comment vous allez amener vos enfants à l'école ?

Comment vous allez vous protéger ? qui qui va qui va faire barrage de sécurité autour de vous, qui va vous croire. Vous savez cette idée de ce que les femmes ne vont pas être crues lorsqu'elles vont déposer plainte, c'est intrinsèquement elle on leur a dit toute la journée, personne te croira.

Si tu pars, tu auras pas les enfants, si tu pars, tu auras rien. Si tu pars, je me tue. Si tu pars, je te tue.

Elles ont fini par le croire en fait en être pétri de cette conviction. Et si on n pas des avocats, des magistrats, des des policiers, des assistantes sociales et et toute la société qui fait corps autour d'elles et qui leur dit "Vous n'avez rien à craindre et nous sommes là pour vous protéger." Alors nous ne les laissons à la mercie de leur bourreau et c'est notre responsabilité collective.

Oui. Alors la femme n'existe pas, en tout cas pas dans notre pays. Elle n'est pas reconnue à égalité avec un homme.

Christel Tarot rappelait tout à l'heure que ça remonte à l'aube de l'humanité. On peut citer cette grande anthropologue qui s'appelle qui s'appelait Françoise Héritier qui a publié deux énormes bouquins qui s'appellent masculin féminin 1, masculin féminin 2 où elle explique comment la famille s'est structurée autour de l'inégalité entre la femme et l'homme et que la femme est la propriété de l'homme. Alors, on pourrait se dire qu'au 21e siècle, les mentalités ont évolué, mais moi, je suis très pessimiste, d'abord par les chiffres qui viennent d'être publié et aussi par la culture que les réseaux sociaux entretiennent vers les générations les plus jeunes.

J'ai vu votre film, j'ai été bouleversée par ce film. On en reparlera tout à l'heure des problématiques qu'il posent, mais nous avons l'impression, nous les féministes, qu'on vit de plus en plus dans une société où on apprend aux garçons à être de plus en plus viriliste, où on apprend aux filles qu'elles ne sont pas des sujets mais qu'elles sont des objets sexuels consommables de plus en plus tôt faites pour la satisfaction du désir des hommes et que cette anthropologie culturelle nous est propre. Parce qu'en Europe, comme vous l'avez rappelé, il y a d'autres sociétés réputées autrefois beaucoup plus patriarcales comme par exemple l'Espagne qui a réussi avec des moyens judiciaires qui ont recueilli l'assentiment de la population autant des hommes que des femmes.

Vous parliez tout à l'heure, madame la ministre de la une des journaux la semaine dernière qui aurait dû être faite sur ces féminicides. Et bien quand vous allez en Espagne et que vous ouvrez une chaîne de télévision, vous avez ça en permanence. En permanence.

C'est quelque chose qui est partagé par les hommes et par les femmes. C'est quelque chose qui devient honteux pour les hommes. La toute violence vis-à-vis des femmes dans l'espace public, dans un restaurant, partout partout, il faut que ça dissémine. au niveau de nos têtes, au niveau du respect, au niveau de la considération.

Et quand on a dans notre société française de manière aussi profondément et de manière archaïque inscrit le fait que la femme, c'est ce que vous démontrez dans votre film, c'est la propriété, c'est un c'est un objet, c'est un butin, c'est un mode d'échange. Ce n'est pas une personne encore aujourd'hui et moi j'ai peur pour l'avenir. Aurore Berger.

Ouais. sur je partage en tout point ce que vous venez de dire et notamment sur une femme peut-être qu'on a eu de naïveté. Moi j'ai 39 ans à l'échelle de ma génération.

On s'est dit que tout ça ça se réglerait par un phénomène générationnel de génération [raclement de gorge] en génération. En fait, la marche en avant des droits de l'égalité, du respect, de la dignité, ça allait aller de soi. Ça ne va pas de soi.

En fait, on a une espèce de réveil très brutal à la fois sur ce qui se passe dans notre pays, sur des mouvements réactionnaires, identitaires, religieux à travers le monde, sur le prisme évidemment aussi des réseaux sociaux, des plateformes aussi notamment sur les enjeux de prostitution en ligne. On y reviendra peut-être. C'est clairement on voit à quel point on se prend ce réveil brutel en se disant non ça va pas de sout [raclement de gorge] ça veut dire que c'est un combat contre nous-même en terme de culture dans notre propre pays dans nos propres familles et à la fois le féminicide la question des violences sexuelles.

C'est à la fois ce qui paraît affreusement ordinaire c'est devenu banal ce que je disais sur le régime du fait d'hiver et en même temps c'est ce qu'on a envie de mettre le plus à distance parce que c'est ce qui se passe chez nous, c'est ce qui se passe dans nos familles. Les violences sexuelles dans 9 cas sur 10 on connaît son agresseur. n'est pas la mauvaise rencontre dans un coin de rue avec une personne étrangère.

Ça peut arriver mais ça n'est pas la règle. La règle c'est dans 9 cas dur 10 on connaît la personne qui va porter atteinte à notre intégrité physique. Et c'est pareil sur la question des violences conjugales.

On a été naïf. Vous direz la même chose Christ on n pas on n'est pas naïf, on est amnésique. C'est le problème en fait c'est que on se rend compte que à l'échelle de notre histoire humaine à chaque fois qu'il y a un pic de résistance des femmes et Mitou a été un pic très important de résistance des femmes, on a immédiatement un retour de bâton parce que les droits des femmes, c'est les droits des combats des femmes.

Et donc dès que le pic est arrivé à à son apogé et bien immédiatement il y a une riposte. Triposte, elle est tout à fait évidente mais elle n'est pas nouvelle, elle est cyclique d'une certaine manière. Moi, je voulais aussi revenir sur les chiffres parce que il y a il y a il y a quand même un un un un un raffinement permanent en fait des stratégies de l'agresseur.

Ça me semble être très important de le préciser parce que là ce qu'on compte, ce sont les féminicides directs. Au passage, il faudrait peut-être un jour mettre en place euh un espace qui permet de compter sérieusement parce que le comptage est quand même on précise que ça veut dire. que ça veut dire qu'ou [raclement de gorge] c'est quoi un féminicide indirect ?

Faut juste le préciser. Un suicide par ex. Oui.

Ben par exemple, il faudrait prendre en compte les suicides forcés parce que les suicides forcés c'est évidemment un énorme pourcentage de femmes qui meurent. Euh ça c'est évident. Et puis émerge euh depuis euh quelques années maintenant ce qu'on appelle nous le féminicide, le féminicide par procuration, que les espagnols appellent déjà le féminicide par substitution où en fait les hommes vont éradiquer, détruire totalement une femme, non pas physiquement mais créer chez elle un effondrement intérieur, par exemple en tuant un enfant, par exemple en tuant un nouveau partenaire intime, s'attaquant finalement à ce qui constitue leur identité psychique et l'objectif c'est qu'elle meur advitam éternam et donc ça ça évidemment grossi de manière très importante ce qui constitue la violence féminicidaire dans notre pays Karine Duf moi je suis optimiste par rapport à l'or parce que je pense qu'on parle tellement bas queil y a une marge de manœuvre énorme et qu'elle repose sur les hommes.

C'est-à-dire depuis 15 ans, la libération de de l'écoute des femmes, elle doit forter [toux] c'est trop tôt. En fait, on nous croit que morte en gros. Donc et en là, non mais c'est sincèrement c'est avec le contrôle coercitif pour moi c'est un outil révolutionnaire ou en tout cas novateur.

On est en train de mettre dans la loi. Ouais. Et que les hommes c'est maintenant on doit cesser de s'intéresser aux victimes et donner la parole aux hommes que les hommes h s'interrogent eux-mêmes sur leur propre violence.

Parce que si c'est nos pères, nos maris, nos collègues, bah c'est bien vous-même. Donc vous-même, vous pouvez creuser, verbaliser, mettre des mots. Qu'est-ce que j'ai fait un jour ?

J'ai peut-être forcé quand j'étais jeune avec une fille qui voulait pas coucher avec moi. Et ne serait-ce que de le dire, vous allez pas partir en prison, ne vous inquiétez pas. Et donc en fait ces mots-là, ils vont servir à tout le monde.

Ils vont libérer la la parole d'autres hommes. Ils vont libérer tout le monde de mettre des mots sur la violence. Moi je crois beaucoup dans sa tribune.

C'est le sens de votre appel David Pilico, je le rappelle pour ceux qui nous ont rejoint en cours d'émission. Vous vous lancez un appel aux hommes à sortir du silence. Euh vous leur dites le silence des hommes doit cesser.

Absolument. Oui, parce que bon, à travers mon notre histoire familiale, on a vécu effectivement ce qu'il y a de plus horrible et on a côtoyer le vraiment l'horreur. Et de toute façon, moi c'est un sujet qui m'a toujours révolté et touché et ça s'est vraiment amplifié avec le procès Mazan.

Et très vite, j'ai j'ai constaté que avant, pendant et après peu d'hommes se manifestaient. Évidemment, il y avait principalement des hommes à l'intérieur de la salle d'audience, mais très peu dans la salle des pas perdus et autour du tribunal. C'està-dire les hommes étaient les accusés.

Les hommes étaient les accusés et puis et puis les soutiens de votre mère était principalement des femmes. Absolument. et et on a reçu très très peu de de soutien de la part des hommes.

Et ça, moi ça m'a vraiment euh interpellé et je me suis dit il est en train de se passer quelque chose parce que évidemment par la force des choses, le procès a été hyper médiatisé euh en France, mais il a traversé après euh les frontières et on s'est aperçu qu'après il enéit des images dans dans le monde entier. Et je je je me dis il faut qu'on fasse quelque chose et c'est pour ça qu'on a décidé avec les membres de Nu Femme France de coécrire ensemble cette tribune pour interpeller les hommes et leur dire que leur place est tout à fait légitime mais qu'il faut vraiment qu'il se manifeste. Est-ce qu'il répondent à l'appel les hommes parce que on a depuis quelques jours maintenant une augmentation des signataires et on croit constater qu'il y a beaucoup plus d'hommes maintenant qui arrivent sur cette tribune et qui la qui la signe.

Donc je je j'espère que cela fonctionnera. Je voulais juste revenir sur l'Espagne qui n'est pas très loin de notre beau pays qui a réussi quand même à baisser les les le chiffre des féminicides puisqu'ils sont arrivés à 35 %. Je il y a des solutions madame la ministre, je sais quelle est la volonté.

On on va on va parler des sol d'agir là-dessus et c'est très important. Mais d'abord pour pour pas ouvrir toutes les fenêtres en même temps, on va parler de solutions après, c'est promis, mais on a le temps. La question des hommes.

Ouais, je je voulais réagir là-dessus parce que moi, j'étais évidemment très en attente au moment du procès de de Maan, de la de la réaction des hommes. de physique, un procès comme ça où on venait à l'évidence déconstruire la figure du monstre, où on venait apprendre ce que nous nous savons déjà parce qu'on l'expérimente dans les prêtoirs mais dont tout le monde prenait conscience alors forcément ça allait créer un choc civilisationnel et on allait passer à autre chose. J'ai été hyper déçu.

Enfin le premier mouvement c'est not alleman. OK formidable. Not allman et après il y a eu des choses y compris dans le cadre de cette émission.

On a discuté du sentiment de honte, on a discuté des du du sentiment de responsabilité [raclement de gorge] individuelle et collective comme homme. Est-ce que les hommes peuvent être féministe ? Comment est-ce qu'il s'inscrivent dans ce mouvement-là ?

Et puis moi, j'ai l'impression que ça s'est un peu arrêté là. En fait, euh je vous invite à venir dans les prêtoirs parce que vous vous parlez du public, hormis les accusés, mais venez voir les hommes qui sont jugés pour des violences conjugales. On dirait qu'ils ne sont presque pas concernés par ce qu'ils ont commis.

Il y a une espèce de mise à distance des faits avec toute une sémantique comme ça que qui moi mais alors d'abord un partage de responsabilité avec celle qui a subi les violences. une psychologisation de la victime est hystérique. Cette semaine, moi je défendais une femme qui a été frappée par son compagnon policier professeur de CRAV Maga qui invoquait la légitime défense parce que elle était hystérique, vous voyez ?

Et c'est et et c'est tout le temps comme ça. Et il y a une espèce de de sémanti qui consiste à dire bah il y en a un qui m'a dit une fois bah c'est c'est pas moi qui suis violent, c'est mes paroles. Un autre qui disait "Bah c'est mon bras qui est parti tout seul." il est parti du corps comme ça qui sont mu d'elles-mêmes et et donc comme un un désinvestissement et et beaucoup se demandent ce qu'ils font là, [raclement de gorge] ne comprennent pas pourquoi on s'intéresse à eux plutôt qu'à leur voisin omniprésent, c'est au cœur de votre film.

Absolument. Oui, c'était c'était ça moi que j'avais à cœur, c'est de faire entendre la parole de ces hommes parce que il faut les écouter. Et après, votre tribune ouvre pour moi à mes yeux une nouvelle étape où les hommes doivent agir, pas simplement écrire des tribunes ou sortir du silence, ils doivent agir et c'est une forme d'autorégulation.

Il y a pas besoin de tout judiciariser. Quand un collègue fait une blague sexiste, au lieu de ne pas rire mais et rester silencieux, on peut tout à fait lui dire en 2025, tu ne peux plus te comporter comme ça ou donc tous ces petits signaux faibles en fait, ils peuvent quand même se s'autoréguler entre nous et je pense que les hommes non violents doivent se se sentir responsables de la violence masculine en général. Je pense que c'est aussi ça qui nous fera progresser.

Et les hommes non violents doivent aussi voir votre film. On l'a cité à plusieurs reprises. Je veux juste qu'on regarde un extrait parce que ce qui est frappant dans ce film, c'est que il y a des hommes qui effectivement en général ne se reconnaissent pas quand ils disent "Quand je lis la procédure, j'ai l'impression que ça n'est pas moi." [toux] Je ne suis pas un tyran.

C'est une phrase qui revient. Et puis il y a une scène très forte quand même que j'aurais qu'on voit dans ce film, c'est c'est un homme qui s'appelle monsieur B dans votre film. Pendant tout le début du film euh effectivement qu'il ne comprend pas ce qu'il fait là, qu'il n'a rien fait d'ailleurs du début à la fin.

Et puis la magistrate va lui diffuser l'extrait d'une conversation téléphonique, d'une violence euh extrêmement rare. Et ce qui est intéressant, c'est à la fois la violence de ce qu'il dit et sa réaction juste derrière. On regarde.

J'en ai rat de tout ce mal que tu m'as fait, de ces problèmes qui me sont arrivé à cause de toi. Pendant que toi tu fais ta grosse [ __ ] et que tu vis ta meilleure vie espèce de sale bâtard de merde. [rires] Donc maintenant ta gueule, j'ai plus rien.

Je vais te baiser ta mère sale bâtard de fils de [ __ ] Hein ? Je vais t'amuser à chercher des mecs sur Instagram pendant que tu étais encore avec moi espèce de grosse merde. C'est clair maintenant la vie de ma mère, tu vas le regretter espèce de sale bâtarde.

Je te souhaite de choper le sida, fils de [ __ ] Va le bruit de l'enfant il est rajouté. Le prix de l'enfant est rajouté. Excusez-moi.

D'accord. C'est quand même d'une violence extrême ce que vous dites avec un vocabulaire extrêmement violent. Effectivement, les mots sont là pour toucher.

Il y a pas de il y a pas de secret là-dessus. Les mots sont là pour toucher. On n'est pas là pour faire passer un message à Nin qui sera pas écouté.

Forcément à ce moment-là quand on est en colère et c'est propre à chaque humain. Lorsqu'on est en colère, on emploie des mots. Non, c'est pas propre à chaque humain.

C'estàd que nous tous les êtres humains en colère n'utilise pas la population, il faut pas minimiser, il faut pas banaliser ces propos. Il sont très grav les fait en contexte. C'est ça peut être choquant, je l'entends.

Alors ça n'est pas que choquant monsieur. C'est constitutif d'infraction pénale hein. C'est alors c'est la scène peut-être la plus violente en terme de d'insulte.

Mais ce qui ressort du début à la fin de votre film, c'est que les hommes ne se rendent pas compte que l'insulte par exemple, c'est déjà une violence psychologique ou le crachat. Amener un crachat. qui dit mais là aussi l'exprit que vous [toux] il est bien aussi parce qu'on on voit on entend la réponse de la magistrate.

Moi et donc c'est important que cette audience fasse de la pédagogie c'est-à-dire que elle elle est spécialisée la joyuse et donc elle sait elle connaît les mécanismes les stéréotypes de défense. D'abord je n ensuite j'inverse la culpabilité c'est sa faute et ensuite je minimise. Et comme elle connaît ses mécanismes comme le les magistrats spécialisés en criminalité organisée ou les magistrats spécialisés en terrorisme, on il faudrait que tous les magistrat soient spécial les policiers aussi soient spécialisés en violence intrafamiliale puisqu'il y a des concepts qu'on qui sont étudiés internationalement, l'overkill, le psychotraum, le donc tout ça ça ne peut que progresser en fait.

C'est pour ça que je je pense qu'on a encore beaucoup de marges manœuvre avec de l'argent. On parle de l'argent juste après. Cristal Tarot sur cette question des de ce qu'on appelle le contrôle coercitif et et d'ailleurs je Mais si on veut être positif que beaucoup une marge de manœuvre avec de l'argent.

On parle de l'argent juste après. Chistel Tarot sur cette question des de ce qu'on appelle le contrôle coercitif et et d'ailleurs je me dis si on veut être positif que avant dans une émission comme celle-ci on aurait peut-être pas dit contrôle coercitif. On aurait pas fait une émission autour de ce de ce concept par exemple.

Non bien évidemment mais heureusement les choses avancent un petit peu. C'est pas toujours extraordinaire mais enfin là en l'occurrence les concepts de de la recherche de pointe sont en train d'essé assez largement dans la société. Là, on a un exemple terrible de ce que de ce qui est précisément un contrôle coercitif, c'est-à-dire comme l'ont bien montré un certain nombre de spécialistes, notamment Andrea Gruev Vint, mais pas seulement l'inventeur du concept Even Stark qui disait dans un livre très important qu'il s'agissait pour les hommes d'encager les femmes et j'aime vraiment beaucoup cette expression parce qu'elle dit de manière très concrète la réalité de la chose.

Le contrôle coercitif, c'est un régime de terreur intime. C'est un régime totalitaire en fait, il faut dire les choses comme elles sont. Et ce régime totalitaire en fait, il se déploie selon diverses stratégies euh de lune de miel en lune de fiel en partant du principe que la lune de miel, elle est de plus en plus courte et que la lune de miel de la lune de fiel, elle est de plus en plus longue.

Et euh bah ça ça transite par toute une série de choses. L'humiliation permanente, les insultes, effectivement le le renversement, l'inversion de la responsabilité. En gros, si je pète les plombs, c'est ta faute.

Euh, évidemment, ce n'est jamais la faute de la femme. Euh ça ça procède aussi de du contrôle constant de de la mobilité. C'est l'isolement, c'est la joystification.

C'est par exemple, je te réveille à 3h du matin comme dans le cas de Julie Douib pour te dire que le micro-ondes n'est pas propre et qu'il faut que tu le nettoies. Et donc il faut imaginer que à un moment il y a un effondrement intérieur de la femme et que même lorsqu'elle essaie de résister parce que les femmes essayent de résister ses résistance elles sont annihilées par la violence permanente le flux permanent que qu'elle subit du matin au soir et du soir au matin. Et de ce fait et je je précise que la résignation participe du processus totalement.

Donc c'est quand je dis que c'est un régime de terreur intime je pense que c'est vraiment maintenant très articulé et très documenté. parler d'un moment dans le film. Non, mais juste là-dessus parce que je voudrais la réponse de Berger sur la question du contrôle coercitif.

Est-ce que juste là-dessus leur et après on y va. Est-ce que ça doit rentrer de plein pied dans le droit français ? Ah oui oui, ça doit rentrer dans le droit français.

Cette proposition de loi que j'avais pas encore ça a été adopté à la nation en première lecture au Sen en première lecture ça va revenir et il faut que ce soit adopté de plein droit. Ça a été aussi un travail presque d'acculturation de nous-même à des concepts qu'on ne maniait pas parce que vous vous êtes au quotidien au contact de ces concepts. Andr Greev dont vous avez parlé qu'il a aussi beaucoup porté.

Et c'est un système en fait. Je à force je pense que il y a beaucoup de gens qui doivent considérer que les femmes sont stupides. Les femmes sont pas stupides en fait.

Les femmes elles subissent pas des violence physique ou sexuelle le premier soir d'une relation. Ça marche pas comme ça en fait. Et c'est justement parce qu'il y a tout un système qui se met autour en place autour des femmes comme d'une proie qu'à la fin il y a d'autres violences qui peuvent s'ajouter des violences sexuelles, des violences psychologiques, des violences économiques ou des violences physiques.

Mais toutes ces interdictions évidemment elles se mettent pas elles se mettent pas en place en un jour ou en une semaine. ses humiliations, d'avoir un traceur sur son téléphone portable, sur son GPS, [raclement de gorge] de plus avoir accès à des comptes bancaires, de pouvoir dépenser, de de scruter le moindre cours qu'on va faire par peur de déplaire le temps qu'on met à rentrer parce qu'on minute son trajet, les relations qu'on a, les les connexions qu'on a avec sa vie familiale, le fait d'avoir un métier ou pas. Donc c'est tout ça et ça met des mois, parfois des années en fait à s'installer.

Mais une fois que c'est installé, oui, il y a une logique de terre parce que vous êtes emprisonné en fait et vous avez pas les ressorts parce que vous avez économie financière, économique, parce que vous avez plus le cercle amical, familial ou professionnel auquel à un moment vous pouvez signaler, témoigner de ça. Ce qu'on se dit là, Aurore Berger, est-ce que vos pour la plupart vos collègues hommes par exemple à l'assemblée en sont conscients ? Oui, j'espère.

Enfin, en tout cas, moi j'ai pas fait de de différence. On travaille, on travaille en tout cas ensemble. Je pense qu'on a eu une phase parle de révolution culturelle une phase de toute façon d'aculturation de tout le monde à ces concepts là et à la nécessité à [raclement de gorge] un moment de savoir les manier et de savoir ce qu'on doit mettre ou pas dans le droit.

C'est ça la question sur laquelle on s'interroge à chaque fois qu'on fait la loi. C'est est-ce que le fait d'intégrer des concepts nouveaux est-ce que c'est utile ou pas en droit ensuite dans la pratique qui sera celle des avocats, qui sera celle des magistrats et est-ce qu'à un moment ça peut sauver des vies et mieux protéger les femmes ? Je pense que ça a deux vertus le contrôle coercitif de le mettre dans le droit.

Un, c'est une vertu pédagogique. On nen parlerait pas ce soir sans doute. C'està-dire qu'à un moment c'est expliquer ce que sont les violences, que [raclement de gorge] les violences, elles commencent par encore une fois des coûts, des violences physiques ou sexuelles.

Donc déjà ça, cette vertu, elle est essentielle. C'est d'expliquer qu'en terme d'éducation, notre enjeu c'est pas d'apprendre à nos filles à avoir peur et à se méfier. pasalement la même chose et puis ça une vertu parce que les magistrats la jolieuse notamment elle-même elle a dit qu'on avait besoin de le mettre dans le droit.

C'est la magistrate qu'on voit dans votre film des jurispr Oui. La jurisprudence de Poitier notamment en 2024 c'est c'est très très important parce que pour la première fois c'est l'audience que vous cette femme cette femme mais c'est juste pour pardon et c'est très important parce que en fait on a déjà un il faut faut que ça rentre dans la dans la loi évidemment mais il y a déjà un appareillage qu'on doit à Guenola Jolicuse et pas seulement là-dessus c'est-à-dire une réflexion très puissante sur comment faire évoluer la justice péic Oui. au-delà des références et de tout ce dont on parle, je pense qu'il y a un sujet qui est quand même primordial, c'est d'ouvrir la fenêtre sur l'éducation et dès le plus jeune âge.

Parce que madame la ministre parlait à l'instant de l'éducation dans la tribune où et et personnellement, moi je je j'en discute souvent avec mes enfants et même des gens que je rencontre accompagnés de leurs enfants. Le sujet de l'éducation est primordial. Il va falloir qu'on qu'on qu'on bouscule un petit peu les les programmes et qu'on mette dans les programmes scolaires, à mon humble avis, la notion, on en a parlé il y a quelques mois à l'Assemblée nationale de consentement et de respect.

Donc ça c'est très très important. Mais déjà le contrôle clé c'est dire qu'on pourra dire je la parol bouillon on pourra dire à un enfant si ça rentre dans le droit on pourra dire à on pourra dire si tu surveilles ta petite amie c'est interdit dans les jeunes coupl moi ce qui m'interpelle c'est ce que me disent les policiers et les gendarmes c'est qu'aujourd'hui ces règles là d'interdiction d'humiliation c'est pas uniquement che des couples mariés depuis 20 ans, des jeunes couples de 12 ans de 13 ans, ça commence par je veux avoir tes mot de passe sur tes réseaux sociaux parce que je veux savoir ce que tu écris à qui qui tu écris, à qui tu parles. Commencer dès le plus jeune âge à se dire que c'est normal, que c'est OK en fait de contrôler la vie de l'autre alors que c'est peut-être le premier couple dans lequel on est, ça montre qu'on a un défi majeur.

En effet, ce que je voulais rajouter, c'est que sauf que ça à soi seul ça peut sembler anodin mais que englober dans un système, c'est une [raclement de gorge] structure de contrôle qui qui se fait jour. Ce que je voudrais dire par rapport à à Geno Jolicos que je connais bien dans celui travail absolument c'est que euh en tout cas je vais pas parler pour elle mais moi j'ai dû apprendre et déconstruire. Je crois que c'est tout à fait présomptueux d'imaginer que même les professionnels comprennent tout des situations qui leur sont données à à connaître.

Moi, j'ai pu avoir une écoute de mes clientes qui produisaient elle-même une sorte de violence. J'ai dû apprendre à écouter, à entendre, à déconstruire mes billets de représentation. à ne pas adopter de posture surplombante, à comprendre que une femme qui parle pas bien, qui pleure, qui se mouche, qui est muti, qui est agressive, qui se souvient pas, c'est une femme traumatisée, j'ai pu euh moi être agacée parfois par ce qui m'était renvoyé de l'entretien.

Il faut sans arrêt essayer de se décentrer, se déconstruire et comprendre. Et c'est ces conceptsl de contrôle cocitif, de d'emprise, d'état de sidération, de féminicides, on gagne des mots en fait. Moi, je suis très contente.

La la petite note d'espoir que j'ai, j'en ai pas beaucoup parce que je suis plutôt pessimiste euh à ce stade-là de de ma carrière, c'est qu'on gagne quand même beaucoup en intelligibilité. On comprend mieux ce dont on parle, on nomme mieux le réel. Si on nomme mieux le réel, alors on peut mieux le combattre et souffle dans du droit.

Parce que ce qu'on peut attendre de la justice, c'est ça, c'est qu'elle se mette au travail. Il y a une histoire de moyens évidemment, mais je crois que ce qui a été fait à Poitier nous montre aussi qu'à moyen constant avec des magistrats qui sont créatifs, imaginatif, courageux, alors on arrive à traiter des situations comme elles doit l'être, c'est-à-dire avec dignité, avec respect, avec empathie, avec humanité, sans rien perdre de son impartialité, sans rien perdre des grands principes du droit qui sont la présomption l'innocence et le procès équitable qu'on ne vend pas son âme au diable en ayant une approche encore une fois féministe et où on se sert de concept de tiré de la sociologie. la psychologie, de la psychotraumatologie parce que tout ça ça nous aide et que si ça nous aide nous comme professionnel, alors on peut imaginer que ça fasse une différence sur le terrain.

Là, je voulais dire à Karine que vous aviez fait un film absolument formidable et que tout le monde doit le regarder. Il y a beaucoup d'enseignements et là on va peut-être parler d'optimisme de nouveau. C'est peut-être la prévention.

Et moi, je voudrais parler aux personnes de sexe féminin qui nous écoutent ce soir et leur dire une des leçons de votre film Karine, c'est que quand on commence à déconsidérer son amoureuse ou sa soi-disant amoureuse, ça commence tout bas mais ça se termine toujours très mal. H et je voulais aussi avoir confirmation de vous Anne, c'est-à-dire que dès que ça commence et c'est là qu'il faut peut-être avertir les filles et les copines des filles et cetera, c'est que le mécanisme est enclenché et que ça ne s'arrêtera pas et qu'il y a une sorte de continuum. Et donc commençons par cette prévention que les filles n'attendent pas le moment où ce n'est plus possible d'appeler sa mère, d'appeler sa meilleure amie, d'aller au café en bas et cetera et cetera.

Ça commence tout bas puis ensuite mes vochés. Ça commence par des toutes petites choses. Une question de fils et ça allons-y sur la prévention.

Moi moi je crois pas au signaux faibles. En fait, je crois je suis d'accord avec ce que vous dites mais pour moi c'est pas des signaux faibles, c'est déjà des signaux d'alerte. C'estàd qu'il y a pas de petite violence.

Moi je constate dans les de Ouais mais il y a plein de filles qui pensent que c'est parce que leur mec est amoureux qui se comporte comme ça avec elle. Il faut faire attention. Juste pour finir, il y a un signal moi qui me saute au visage à chaque fois, c'est les tentatives d'étranglement.

C'est-à-dire qu'il y a plein de dossiers de violence conjugale ordinaire où les les femmes décrivent le fait qu'elles se sont faites attraper à la gorge. Et ça peut passer dans les tribunaux et dans les dossiers comme une violence au même titre qu'une base. C'est pas un signal faible quand même.

C'est exactement ce que je dis. Ce n'est pas faible. Je ne crois pas au signaux faibles et en fait ce qui m'étonne c'est que ça n'apparaisse pas comme un signau d'alerte majeur et que dans les dossier c'est traité presque au même rang que d'autres types de violence alors que l'on sait que ce sont des signes avant-coureurs manifestes.

Il y a pas de il y a pas de menace de mort à nos en fait encore une fois tout ça le fait de formaliser les choses, le fait de déjà les réaliser, surveiller quelqu'un et et c'est un signe de manifeste de ce que on se croit autorisé à et puis après trois points de suspension. Oui, mais ce n'est pas que dans le droit que ça doit le contrôle coercitif, il doit rentrer dans la tête de tout le monde. Le féminicide en quelques années, il il est rentré dans le dictionnaire, dans le langage courant.

Le contrôle coercitif, c'est aussi les proches, l'entourage parce que les femmes, elles elles elles font des confidences dispersées, elle il y a des traces numérique. Donc tout ça, si les policiers sont formés, si les gendarmes sont formés à recueillir ces mémaux de vie, on pourrait très vite le contrôler le contrôle enfin en tout cas le le circonscrire le contrôle coercitif et lutter contre. Il y a pas que moi je pense qu'il y a pas que le droit.

C'est nous tous et les hommes aussi les qui entourent ces femmes quand homme vous dit réponds à la magistrate mais je n'ai fait que des violences verbales. Ça ça a empêché les violences physiques. Mais il pense vraiment ça c'est très important à démonter à déstructurer à dissoudre.

Parce que les magistrates sont formés et les magistrats rép et il y a une pédagogie de l'audience. et et venons-en aussi à la respecté politique. Aurore Berger, [raclement de gorge] quel est votre rôle quand on se dit ça ?

On se dit la prévention euh on se dit bon les nouveaux mots qui arrivent, le débat public qui qui qui s'enrichit de ces nouveaux mots-là. Comment est-ce que le politique peut s'en saisir ? Là, c'est ce qu'on fait quand on dit qu'on va changer la loi à un moment là, c'est notre c'est le cœur même de notre rôle.

C'est aujourd'hui quel est le droit constant et qu'est-ce qui mérite d'être changé. Mais est-ce que ça veut dire mettre plus d'argent sur la formation des magistrats, des policiers, des gendarmes et cetera ? Est-ce que c'est primordial ?

Les deux doivent être en cohérence. C'est-à-dire que si vous changez le droit, la logique c'est que ça ait un impact. Si ça a un impact, ça veut dire qu'on va signaler mieux, qu'on va détecter mieux, qu'on va repérer mieux et qu'on va, on l'espère, réussir à condamner plus.

Donc évidemment que tout ça ça se fait en parallèle. Ce qu'on travaille par exemple avec l'École nationale de la magistrature, comment on revoit les formations des magistrats qui vont ensuite demain juger pour garantir que tous les nouveaux concepts soient introduits ? Comment on fait en sorte qu'on ait non pas uniquement de la formation initiale pour les policiers légendes, mais aussi de la formation continue.

J'étais dans un commissariat aujourd'hui pour vous avez des exemples types aujourd'hui, c'était pas le cas il y a quelques années. Vous arrivez dans un commissariat pour un dépôt de plainte, violence conjugale, violence sexuelle. Vous avez un procès verbal type avec un certain nombre de questions aujourd'hui qu'ils doivent impérativement et systématiquement poser pour garantir que tous les champs soient appréhendés.

Vous avez ce qu'on appelle une grille d'évaluation du danger. On est en train de la revoir justement pour l'élargir à des nouveaux concepts, à des nouveaux sujets, notamment par exemple voir s'il y a des risques de tentative suicidaires des personnes et que les personnes elles-mêmes se rendent compte de ce qu'elles sont en train de viver. Mais mais on parle beaucoup de l'Espagne Robert.

J'ai par en Espagne, il y a des unités spécialisées pour le recueil de la parole. Je la question que je pose, c'est que c'est qu'on se on se dit on a on se dit souvent et c'est pas la première fois sur ce plateau que l'Espagne est le modèle euh et vous donnez les chiffres - 36 % en 16 ans % en 16 ans je crois de féminicid. Est-ce que par exemple la loi cadre la que vous portez aujourd'hui euh est-ce que c'est la grande loi dont on a besoin aujourd'hui pour atteindre le niveau espagnol par exemple ?

C'est en tout cas un travail transpartisan qu'on a fait pour le coup on a embarqué tous les groupes politiques représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat depuis 6 mois pour justement regarder à la fois sur la question des violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes. Est-ce que ça on a aussi la question du fléo des violences sexuelles infligé à nos enfants ? Comment on détecte les abus sexuels ? comment on répare, on accompagne, on soutient les enfants et comment on fait en sorte surtout que ces prédateurs ne puissent pas être au contact des enfants.

Ce que je porte sur la question du casier judiciaire vierge par exemple qui devrait être étendu de manière bien plus large à tous ceux qui sont au contact de nos enfants par exemple des violences sexuelles à l'encontre des femmes, la question spécifique de l'inceste et la question des violences intrafamiliales. C'est tout ça, c'est comment on donne et on donne un cadre [raclement de gorge] global à la fois de lecture. En fait, la loi c'est aussi une grille de lecture.

Ça pose des interdits, ça pose des droits, ça dit à la société ce qu'on attend d'elle ou pas, comment on doit se comporter, comment on doit éduquer et ensuite à la partie plus de légale, j'allais dire judiciaire de comment on est en capacité ensuite de juger et on l'espère de condamner et de condamner plus. Votre regard Anne Bouillon parce que vous vous dites souvent les moyens on ne les a pas en réalité. Non non, on les a pas.

Moi moi une loi cadre, je l'appelle de mes vœux bien sûr et il faut [toux] législateur continue de de produire de la norme. On a besoin de de normes, on a besoin de d'améliorer notre arsenal législatif évidemment et c'est à saluer. Moi, je ne doute pas de la volonté politique, je doute des moyens parce que vous interrogez l'Espagne.

L'Espagne en 2004 fait une loi cadre et elle alloue des moyens considérables en terme de milliards d'euros à la lutte contre les violences faites aux femmes. Milliard par an. et puis euh euh elle renouvelle les budgets.

On est extrêmement loin du compte. On on le on consacre actuellement zéro enfin c'est la Fondation des femmes qui a sorti une étude très documentée sur cette questionlà. On consacre 0,04 % du budget à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Donc finalement on le voit dans les tribunaux au travail avec des bouts de chandelles. Moi, je ne sais plus quoi dire et je je ne sais plus quoi dire. Vous parlez du questionnaire, il est bien fait ce questionnaire.

Mais moi ma cliente, elle va déposer plainte, elle repart avec une copie de la plainte si le policier a bien pensé à la lui donner et après je sais plus ce qui se passe, vous voyez. Et ça dure des mois et ça dure des semaines et euh nous n'avons pas de nouvelles et euh je vais gratter à la porte du parquet et j'ai pas de nouvelles. On me dit que la procédure est pas rentrée et elle me dit "Mais moi, je suis en danger chez moi, qu'est-ce qui se passe là ?

Est-ce que moi je ne sais plus quoi dire face à ces classements sans suite en masse parce que c'est d'abord ça la règle, c'est l'impunité. Et puis ce que je voudrais dire aussi et et l'Espagne elle a apporté une pierifice que nous n'avons toujours pas apporté, c'est qu'elle a raisonné les choses en terme de rapport de genre et [grognement] le rapport [toux] vif [raclement de gorge] de Genola Jolicuse et d'Éric Corb le rapport des deux magistrats remis à Gérald aujourd'hu exactement dit analysons les choses en terme de violence de genre ce sont des hommes qui produisent des violences sur des femmes et des enfants. C'est ce que nous dit la directive européenne de 2024 et c'est vraiment ça doit être le fil rouge de notre grille d'analyse.

On est sur une violence systémique de genre. C'est important de dire ça parce que ça veut dire que après on se dote des moyens nécessaires pour précisément protéger les femmes des hommes. C'est cette violence là qu'on doit combattre.

David Pélic fait un tour. Oui. Non, je je voulais Moi, je je je rêve d'un parquet national dédié aux violences.

Bien sûr. Est-ce que cela est faisable ? Je rappelle juste un autre chiffre, pardonnez-moi, mais le coût des violences conjugales en France, c'est 3,6 milliards d'euros chaque année.

Voilà, ça c'est un constat. [grognement] Donc donc ça coûte ça coûte plus cher ben évidemment que de mettre en place ça coûte plus cher et enfin je je veux dire on a on a un parquet national antiterroriste enfin et un parquet national financier. À quand un parquet national des violenceces est-ce que cela est envisageable ?

Est-ce que c'est utopique ? Moi je l'appelle de mes vœux. Christel Taro sur la oui, c'est dans le rapport sur la question des moyens.

Euh je juste un rapport par rapport à l'Espagne encore une fois qui est le modèle ce soir mais euh je crois que on me dit peut-être sin tu peux me le rappeler 16 16 € par habitant euh en Espagne consacré à la lutte 5 € en France le rapport à voilà. Oui, les les moyens sont insuffisants évidemment mais le problème doit être pris un petit peu aussi en amont je crois. C'est-à-dire que il y a il y a un privilège masculin de la violence et que ce privilège masculin de la violence, il coûte extrêmement cher bien sûr en argent mais en être humain, en relation, en lien et cetera.

Et donc euh évidemment qu'il faudrait des une justice dédiée à cela. Moi, je note aussi que dans les trajectoires de femmes féminicidées et je je précise que pour moi, un féminicide n'est ni un meurtre ni un assassinat, mais une exécution, je pense que c'est très important de le comprendre. Euh quand quand on regarde les trajectoires de femmes féminicidées, ben on se rend compte que souvent le féminicidaire a eu des antécédents ailleurs avec d'autres femmes et cetera.

Or, les dossiers sont éclatés et cetera. Donc, il faudrait que tout ça soit traité ensemble. D'ailleurs, je pense que dans le rapport en question, c'est l'une des préconisations précisément des deux magistrats.

Donc et puis derrière tout ça, il faut quand même qu'à un moment notre société affronte ce qu'est précisément le privilège masculin dans notre société et et que sans détruire le privilège masculin et c'est très compliqué de détruire le privilège masculin parce que d'abord bien sûr c'est du pouvoir, c'est des choses que que ça apporte mais c'est aussi une construction de la masculinité comme étant parfaitement hégémonique. ce qui renvoie en fait à toute une série de dispositifs de pouvoir de rapport de pouvoir qui nous abîment très profondément. Donc évidemment qu'on on doit régler d'une certaine manière dans un premier temps l'affaire en ce qui concerne bien sûr la question policière judiciaire, mais il faut prendre la chose à sur l'ensemble de la société.

H c'est l'ensemble de la société qui doit sortir de cette logique qui produit nécessairement constamment et de manière pérenne de la violence féminicidaire. Aurore Berger sur la question des moyens. Ça vous agace quand on parle de ça ou pas ?

Non, ça m'agace pas parce que chacun est dans son rôle et que à un moment vous êtes à la fois au gouvernement et donc vous êtes aussi garantibre global et que les associations elles sont dans leur rôle en demandant qu'il y a plus de moyens et des moyens renforcés et la justice pareil. Donc ça m'agace pas. Je pense que ça passe aussi par les moyens.

Tout ne se résume pas à ça, mais ça passe aussi par ça. Les moyens, ils ont objectivement considérablement augmenté depuis 2017 et c'est vrai. C'est vrai sur les outils qui sont mis à disposition, c'est vrai [raclement de gorge] sur les moyens qui sont troyés aux associations.

Alors, les besoins ont sans doute aussi augmenté parce que les faits de la libération de la parole, le meilleur recueil aussi, la meilleure prise en compte des plaintes a fait que sans doute que les besoins ont aussi augmenté. Est-ce que les deux sont suffisants et suffisamment mis en parallèle ? C'est ça qu'il faut qu'il faut regarder.

En tout cas, ce que je sais, c'est que pour l'an prochain, ces moyens ils continuent à augmenter dans mon ministère. Mon ministère seul ne résume pas les moyens mobilisés. On est à près de 6 milliards d'euros chaque année en France. 6 milliards d'euros chaque année en France sur cette question là, sur la lutte contre les violences faites aux femmes.

Est-ce que cette loi cadre, je vous donne la parole, elle est assortie d'un budget assuré pour vous, d'une somme d'armes le budget assuré d'autant plus dans le débat parlementaire qui est le nôtre aujourd'hui, je peux certainement pas m'engager par avance sur sur ce sujet-là. euh en général tous des budgets auxquels les parlementaires sont attentifs dans le bon sens. Donc on verra déjà là le le budget qu'on aura.

Euh moi je pense qu'il faut déjà qu'on arrive à mieux dire euh là où le budget existe. Quand on parle de 6 milliards d'euros, c'est quand même quelque chose qui est très conséquent sur ce que ça permet en terme de déploiement, en terme d'outils. Là, on vient à nouveau par exemple de signer une circulaire sur la question de l'hébergement d'urgence qu'on a fait aujourd'hui avec le ministre du logement pour garantir que les femmes soient bien prioritaires sur l'accueil en hébergement d'urgence parce qu'on sait à quel point c'est un élément de grande fragilité sur la capacité qu'on a à à partir.

Il y a des choses qui au quotidien continuent à se déployer, à se développer sur tous les territoires d'ailleurs. Moi, j'espère qu'un jour on arrivera à ce que ce soit l'homme violent qui quitte le domicile. [raclement de gorge] C'est quand même une insanité de de de se dire que c'est aux familles, aux enfants de d'être hébergés ailleurs.

Le donc le Canada le fait un peu. Non, mais c'est dans la loi, c'est possible aujourd'hui de le faire. La question c'est le caractère opérationnel parce que malheureusement il y a d'autant que ça ne protège pas du tout les femmes en fait de de partir ou de rester parce que même quand elles partent de toute façon on les retrouve et on voit que elles peuvent être féminicidées parfois plusieurs mois après le départ pour au moins qu'elles reste dans un espace sécurisé dans lequel ell elles ont encore quelques repères et donc moi je voudrais insister sur de changer de focal changer de regard faire un 180° et vraiment cibler pas enfin s'intéresser aux hommes, au quotidien, les faire parler, que les agissent, [raclement de gorge] qu'ils fassent eux-mêmes cesser ce niveau de violence au quotidien en plus de la loi des moyens.

Mais c'est aussi nous tous euh [raclement de gorge] qui devons pousser à ça. Nous tous, David. Ouais.

Mais je pense que culturellement, c'est aussi très important. Par exemple, l'attitude de votre mère a été pour nous d'une exemplarité et d'une d'un [raclement de gorge] réconfort pour toutes les femmes. Votre mère est une héroïne et elle a porté cette cause devant la justice, devant les médias, devant nous toutes qui a restauré quelque chose et qui a fait avancer la cause.

Le livre de Natacha Apana qui a vient de recevoir un prix littéraire prestigieux est un chef-dœuvre dans sa manière de disséquer le féminicide et les différents types de féminicides queles que soient les origines sociales. la série [raclement de gorge] qui s'intitule Keragnole qui qui est extraordinaire et qui montre à quel point alors là je suis d'accord avec vous on a le droit d'être optimiste parce que le viol conjugal ça n'existait pas comme concept juridique encore il y a 20 ans et cetera et il y a des femmes qui réalisent aujourd'hui en quoi elles ont été atteintes par la violence masculine en quoi ça leur a grignoté leur individualité il y a un réveil des femmes plus jeune et moins jeune mais en même temps, il y a des trucs très préoccupants dans le rapport. Et je voulais vous poser la question madame la ministre, je plaide pour mon âge.

Vous avez vu la fémin les féminicides qui augmentent considérablement chez les femmes de plus de 70 ans et ça c'est quelque chose de nouveau dans l'histoire du féminicide. Et hélas, il y a pas de quoi s'en réjouir. C'est un peu un angle mort d'ailleurs.

Un/ers des féminicides, ce sont des femmes de plus de 70 ans. Et c'est vrai que ça correspond pas là aussi au portrait robot qu'on se fait de la question des féminicides. Mais ça, je pense que ça vient en continuité de ce qu'on disait sur la question coercitif.

Ce sont des femmes qui n'avaient pour le coup pas forcément eu la capacité à signaler ou à porter plainte, mais ce sont des femmes qui ont souvent fécu pendant des dizaines d'années avec le même homme, le même compagnon, le même mari euh avec cette emprise et avec ce contrôle coercitif qui existait qui les a empêché en fait de de d'avoir encore leur autonomie et leur capacité à agir. Et je pense que ces concepts là où ils sont utiles, c'est que les victimes peuvent se reconnaître en eux. Moi ce qui me frappe beaucoup quand je rencontre des femmes victimes de violence en dans les accueils de jour, dans des hébergements d'urgence, certaines me disent "Mais je suis pas vraiment une victime.

Je suis pas vraiment une victime parce que j'ai pas reçu de coup. Je suis pas vraiment une victime parce qu'il m'a pas violé." Euh pourtant elles sont là, elles sont bien suivies, accompagnées par des associations, elles ont réussi, elles ont pu partir mais elles-mêmes se dénit le droit d'être considéré comme des victimes parce qu'elles n'ont pas eu la la violence à laquelle on est habitué dans le portrait robot qu'on se fait de ce que sont les violences conjugales.

Donc dire aux femmes peut-être qui nous écoutent ce soir que ce qu'elles vivent ou ce qu'elles ont vécu, c'est aussi évidemment une part de la violence et que c'est la violence qui peut entraîner ensuite toutes les autres. Oui. Ce qui est terrible, c'est que quand elles disent "Je suis victime, on croit pas et j'ai besoin d'être protégé et que on détourne notre regard et qu'on les laisse sans solution." Moi, je dois vous dire que mon pire cauchemar, vous l'imaginez bien, c'est de laisser partir une femme de mon cabinet et de recevoir un coup de fil quelques temps plus tard m'annonçant que elle a été tuée.

Ça m'est jamais arrivé. Mais mais mais vous dites que vous avez des cas ou vous posez la question quotidien. En ce moment, j'avais tout à l'heure, j'ai changé avec une femme, je suis inquiète pour elle, très inquiète pour elle parce que c'est une femme qui quitte le quitté.

Ils ont jamais vécu ensemble mais son son conjoint doit être jugé dans quelques semaines à à Nantes. Il est sous contrôle judiciaire, il le respecte pas. Il a brûlé sa voiture, il rôe autour de chez elle, elle appelle les policiers, il s'en va.

Moi, je l'ai mise, j'ai saisi le juge pour obtenir une ordonnance de protection. Je l'ai, elle a un téléphone grave danger. Elle est équipée et pour autant, je me dis qu'à tout instant, elle peut mourir.

Voilà. Et mais donc pour prenons ce cas, pour cette femme en particulier, qu'est-ce qui qu'est-ce qui pourrait changer ? Qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus aujourd'hui ?

Et bien écoutez, en tout cas faire en sorte que d'abord cet homme-là soit interpellé extrêmement rapidement et mis hors d'état de nuire d'abord et moi je ne dis pas que les policiers font preuve de mauvaise volonté. Je dis qu'ils ont autre chose à faire sans doute et que lorsqu'ils sont à faire des patrouilles ou en intervention dans un endroit, ben ils peuvent pas être dans l'autre. On retombe sur la question des moyens.

Excusez-moi, c'est une réalité. Les policiers, c'est pas qu'ils veulent pas investiquer les dossiers de viol, mais ils en ont jusque en haut de leurs armoires et donc ils ne se passe rien dans les dossiers pendant des mois et des mois. C'est pas qu'ils veulent pas, c'est qu' peuvent pas.

Donc je je trouve qu'il faudrait renforcer les capacités d'intervention à cet égard-là. Cette femme, il faudrait lui proposer un hébergement d'urgence parce que elle veut partir de chez elle. Alors un re, on a la chance d'avoir cit.

C'est une exception d'entèse. C'est un foyer qui est ouvert 7 jours sur 7, 24h sur 24 et qui peut venir en aide euh aux femmes et aux enfants. Mais mais c'est véritablement un système exceptionnel euh euh en France et donc il faut encore une fois qu'il y ait des barrières de protection extrêmement efficaces.

Et puis je termine même avec tout ça, je suis pas sûre que ça arrive pas. Voyez, c'est pour ça que je suis très pessimiste parce que et et c'est là où euh je dis que je vous rejoins, il faut travailler sur la racine. Qu'est-ce qui fait que cet homme-là il lâche pas ?

Qu'est-ce qui fait que cet homme-là il il renonce pas ? Qu'est-ce qui fait qu'il se sent légitime à lui pourrir la vie comme ça ? Pourquoi ?

Au nom de quoi ? Qu'est-ce qu'on lui a appris ? Bah le privilège masculin.

David, ce silence des hommes que vous appelez à rompre, comment est-ce que vous en tant qu'homme vous l'expliquez ? Est-ce que vous l'expliquez ? Je l'expliquer, c'est c'est difficile de répondre à cette question, mais en tout cas ce que ce que je je peux dire, c'est enfin c'est mon âme la vie, c'est qu'entre l'indifférence ou le le le manque de confiance ou de ne pas savoir comment faire, ça peut expliquer une des raisons pour laquelle effectivement on n' pas assez de d'hommes qui soient vraiment investis sur ce sur ce sujet.

Mais pour rebondir à ce que l'on dit, je je pense qu'il faut peut-être évoluer sur la prise en charge des auteurs des violences euh c'estàd peut-être dans le respect de la procédure et et à ce qu'il y ait une non réitération, une non proximité tout de suite après le le le la première violence. Je pense que là on peut peut-être avancer si vraiment ça peut être envisagé ou pas. à à Nant, il y a une expérience de justice restaurative.

D'accord. Et donc on avait imaginé des modes alternatif. On rappelle ce que c'est la justice restaurative.

C'est-à-dire que des des victimes vont rencontrer des agresseurs. Alors pas leur forcément pas le leur en tout cas des hommes qui ont qui ont fait des qui ont commis des crimes ou des dés. Il y a plusieurs protocoles possibles mais là le protocole qui avait été adopté était protocole canadien et effectivement un groupe de victimes rencontre un groupe d'auteurs.

Il y a rien à gagner pour les auteurs. C'estàd qu'il y a pas de remise de peine, il y a rien à gagner si ce n'est de comprendre et de réfléchir sur leurs actes et de pouvoir avoir un mouvement empathique à l'endroit des victimes. Ben, il y a eu une expérimentation, ils ont voulu renouveler, ils ont eu un financement, l'association qui a fait ça au sein du palais de justice de Nantes a demandé un financement pour une deuxième expérience public.

Il y avait pas de volontaire. Il n'y avait pas de volontaire il y avait il n'y avait pas d'hommes volontaire. Il y avait pas d'auteur volontaire parce que précisément il y avait rien à gagner.

Donc moi, j'interroge vraiment euh euh la capacité des auteurs à vouloir engager un travail introspectif sur leurs conditions d'homme violent. Est-ce que véritablement ils ont envie de changer ? Est-ce que véritablement ils ont envie que ça change ?

J'en suis pas certaine. Véritablement, j'en suis pas certaine. Donc mais non, mais ça ça rejoint ce que vous disiez des auteurs et aussi des hommes non violents à apprendre leur part et à parler aux hommes violents de leur entourage.

Mais oui, c'est c'est on on peut quand même progresser culturellement sinon c'est sinon on s'arrête, on fait plus rien, on se laisse tirer dessus comme des lapins. Non, non, pas du tout. On réfléchit à nos modes d'éducation.

On réfléchit au au alors on est peut-être déjà sur les solutions. Ce qui Non, ça fait déjà une heure qu'on discute peut-être. Mais mais moi je crois qu'il y a des narratifs [grognement] possibles à proposer notamment à la jeunesse qui sont différents.

Vous voyez moi je vais beaucoup dans les lycées, dans les connaiss pour les pour contrer les nouveaux récits notamment de cinist qu'on a qui sont extraordinairement puissants. et et je crois que on a besoin de la production des artistes, on a besoin de récits culturels, on a besoin de modèles identificatoires, on a besoin d'apprendre à aimer autrement, on a besoin d'apprendre à faire couple autrement. On a besoin d'apprendre à avoir des relations sexuelles différemment quand regardons sur le le porno, on comprend pour des tutos et tout ça c'est possible en fait.

Mais il faut proposer d'autres narratifs euh à nos jeunes garçons et à nos jeunes Mais tout ça tout ça c'est possible et ça ne concerne pas uniquement les hommes et les femmes politiques. C'est dire que c'est un message que vous adressez à nous tous qui sommes là et à toutes ceux qui nous regardent pour le bien sûr on est tous c'est ce que je disais en introduction de cette conversation que la révolution et j'appelle j'appelle vraiment notre pays à une révolution en ce qui concerne ces questions parce que encore une fois nous sommes dans des sociétés nous sommes dans une société d'égalité formelle pas réelle et le féminicide c'est un symptôme très inquiétant d'un dysfonctionnement très ancien et très pérenne. Donc il faut une révolution culturelle qui sera nécessairement féministe selon moi en tout cas.

Et ça appelle évidemment à ce que du haut au plus bas de l'individu à l'État en passant par toutes les instances de socialisation tout le monde dans ce pays peut faire quelque chose pour que ça change radicalement en réalité. Oh berger là-dessus. Ouais.

Et est-ce que on parle de prévention [toux][raclement de gorge] ? Est-ce que ça veut dire que des moyens doivent être remis davantage ? pas votre ministère à l'école.

Euh vous saz, on a quand même eu un vrai combat pour le coup qu'on est en train de gagner sur l'éducation et la vie affective relationnelle à la sexualité. Ça a été un combat très rude face à l'extrême droite pour le dire très clairement. Moi, j'ai reçu les pires des attaques là-dessus sur ce que soi-disant on allait apprendre à nos enfants dès le plus jeune âge et je pense qu'il y a eu un tel niveau de désinformation que les parents se sont mis à y croire en disant en fait ces gens sont fous, ils vont apprendre la sexualité à des gamins de 3 ans de 4 ans.

Non, on apprend des repères en fait. On apprend déjà à repérer les enfants qui pourraient être victimes de violence sexuelle parce qu'il faut les repérer et il faut les protéger et on leur apprend à eux aussi des repères tout au long de la vie. Oui.

Vous avez gagné un combat. on a gagné un com parce que c'est des programmes qui maintenant sont publics, sont transparents, sont sur le temps scolaire avec des enseignants qui sont qui ont été formés de manière à garantir qu'on est bien ces trois cours par an et c'est déjà un point de départ essentiel alors que aujourd'hui il y avait rien ou quasiment rien et là il faut garantir leur application. Je veux juste rebondir làdessus parce que tout ça est très bien mais il me semble qu'il y a une différence entre formation et déconstruction.

C'estàd que bien sûr qu'il faut former beaucoup de gens mais il faut aussi prendre conscience que une déconstruction c'est un travail vraiment personnel intense profond et que ça on ne on ne se [raclement de gorge] pas l'opération du Saint-Esprit. Donc c'est un travail qui est en même temps individuel et sociétal et qui est absolument essentiel et ça concerne tout le monde c'estàdire bien sûr mais compris les femmes évidemment puisque nous sommes travaillés bien sûr par cette violence et que nous pouvons évidemment agir là-dessus mais tout ça est je pense assez important c'est-à-dire que on a on a vraiment besoin de de de changer de base littéralement sur ces logi on est proche de la fin de l'émission David Pes euh qui nous regarderaiit ce soir qui n'ont pas encore vu ou signer votre tribune. Bah, il faut qu'il la regarde et qu'il la signe.

Et c'est surtout qu'il faut que et pour les bonnes raisons bah parce qu'on peut signer aussi sans y croire beaucoup. Non, non, mais je je je pense sincèrement que les hommes sont tout à fait légitimes. Maintenant, il faut qu'ils aient le courage et la volonté de de d'affirmer leur légitimité dans ce combat et et et et de lutter contre les violences. euh faites aux femmes et aussi aux filles.

Mais il y a une chose aussi que je voudrais dire, c'est que ce qui est quand même euh de enfin moi qui enfin à travers cette tribune, on on en a parlé, c'est l'augmentation des discours de masculinisme euh très très fort sur les réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou autres auprès de notre jeune génération qui sont bibronnés toute la journée parce qu'ils regardent les écrans sur les portables, les tablettes et qu'il faut faire extrêmement attention parce qu'ils n'ont pas les codes et les références. Euh en tout cas, ils n'ont pas les bonnes je dirais euh repères parce que généralement la femme est considérée comme un objet et je vous parle même pas des commentaires qui sont derrière. H donc pour ces raisons, il faut qu'il rejoigne et qu'il signe cette tribune.

Et on voit bien que c'est une approche absolument pardon, [raclement de gorge] je perds ma voix euh globale et et systémique qui faut avoir. On est ravi d'avoir fait cette discussion avec vous. Merci beaucoup d'être venu ce soir.

Merci Berger d'avoir accepté [musique] le la discussion. Merci David Péico, Karine Dufour, on va le redire votre documentaire sur la plateforme d'Arté.tv [musique] Je vais te tuer euh qui est remarquable et qu'on conseille à à toutes celles et ceux qui nous regardent.

Anne Bouillon, je vais citer vos deux derniers livres Affaires de femme, une vie appelé des [musique] pour elle, c'est à l'iconoclastte et les femmes ne meurent pas par hasard aux éditions Stenkiss et puis [musique] merci Christel Tarot, je le répète, ce livre, on peut le lire plus que jamais. féminicide, une histoire mondiale que vous avez dirigé [musique] aux éditions la découverte. Merci beaucoup euh ma chère Lore.

Je permets de rappeler avant de se quitter le numéro très important pour celles qui nous regardent, [musique] celles et ceux mais celles surtout le 3919 ligne d'écoute nationale des aux femmes victimes de violence. [musique] Merci à vous de nous avoir suivi et à demain pour un nouveau numéro. Ciao !