Anasse Kazib, interview au Média : « ON VEUT CRIMINALISER LES MILITANTS PRO-PALESTINIENS ! »
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Donc j'ai été convoqué ce matin au tribunal avec un autre camarade de Révolution Permanente. On nous accuse d'apologie du terrorisme pour notre soutien au peuple palestinien. Mais c'est scandaleux, c'est-à-dire que le parquet, il donne du grain à moudre à ces organisations d'extrême droite sionistes, en fait, pour nous attaquer, nous criminaliser, nous convoquer.
Et ça dit quelque chose, en fait, de ça, de cette instrumentalisation de la justice et de la police, et que nous, on a refusé en bloc. Donc j'ai pas envie que ces gens-là, ils se disent, il faut se taire, il faut faire profil bas, parce que c'est ça l'objectif. Et c'est l'objectif que se donnent, notamment, ces organisations-là.
Parce que c'est pour ça qu'on est ciblés volontairement, en tant que personnalité publique. Ils font une plainte de 40 noms. Les 40 sont des militants politiques, pour envoyer un message, pour que les milliers d'autres restent chez eux.
Et c'est ça ce qu'ils veulent faire à travers la criminalisation des soutiens de la Palestine, continuer à faire la propagande du génocide, parce que ça, c'est quand même assez incroyable. Il faut que les gens, ils s'en rendent compte à quel point c'est une mascarade ce qu'on est en train de vivre. Et malheureusement, la présidente, elle a demandé le renvoi au 25 juin 2026.
Je suis dégoûté. Je suis dégoûté d'une part, parce qu'on avait envie d'en découdre là, et qu'il va falloir empiler, refaire de la communication, parce qu'on a ramené quasiment 2000 personnes aujourd'hui. Et il va falloir faire le même effort dans un an.
Et je compte vraiment sur toutes celles et ceux qui nous ont témoigné leur soutien immense aujourd'hui. Énormément de délégations ouvrières, de personnes de tous les partis politiques, etc. C'était vraiment très fort, un vrai bloc de résistance contre la répression.
Mais en même temps, ça montre qu'il y a une crainte de ce qu'on a réussi à faire, et qu'on a une présidente qui s'est dit « Bon, c'est pas possible en vrai de tenir un procès en l'espace d'une demi-heure, une heure. » Parce que c'est assez dingue. On veut faire passer le porte-parole d'une organisation politique et un autre camarade pour apologie du terrorisme dans la chambre des comparutions immédiates.
Il fallait qu'on se défende en gros en une demi-heure, trois quarts d'heure. Mais c'est scandaleux.
Anasse Kazib