« Il faut donner dès aujourd’hui à Ukraine les moyens de se défendre », insiste Bruno Retailleau
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
j'appelle le président Bruno rotillot pour le groupe les [Applaudissements] républicains monsieur le Président Monsieur le Premier Ministre mesdames messieurs les ministres Monsieur l'Ambassadeur mes chers collègues débattre de la guerre d'Ukraine bien sûr le Parlement ne peut pas être contourné et puis la donne est tellement différente de ce qu'elle était il y a 2 ans débattre oui donc mais débattre de quoi parce qu'on ne peut pas se le cacher depuis quelques jours quelques semaines l'inquiétude sur l'issue du conflit s'est doublé d'une autre inquiétude d'une confusion d'une confusion française tant les déclarations intempestives successives du président de la République ont déconcerté nos alliés tant elles ont donné aussi peut-être monsieur le Premier ministre le sentiment précisément d'un mélange déplacé entre la politique étrangère et la politique [Applaudissements] intérieure j'essaierai de situer mon intervention au-delà de ce genre de polémique double inquiétude donc la première inquiétude c'est l'issue du conflit nous avons une nation qui s'est révélée nation ukrainienne une résistance héroïque une résistance héroïque qui se heurte à plusieurs obstacles l'obstacle de l'aide américaine qui est bloqué aujourd'hui par le Congrès l'obstacle du soutien européen qui est bien là mais qui peine souvent à se concrétiser et puis surtout la froide métallique détermination de l'autocrate russe pour qui rien de compte ni le temps ni les vis humaine ni même la prospérité de sa population une population soumise une société soumise à une militarisation sans précédent avec un énorme paradoxe mes chers collègues la Russie ajouté à la Biélorussie c'est à peu près 3,3 % du PIB de la richesse de l'Occident comment ces 3,3 % du PIB peuvent produire cet effort de guerre il est loin le temps où un ministre de l'économie français indiquait il y a 2 ans que nous allons je cite provoquer l'effondrement de l'économie russe avec des sanctions les sanctions nous les avons acceptés ici même il y a 2 ans j'avais indiqué que elles auraient sans doute une portée limitée mais que moralement nous devions le faire et nous l'avons fait mais force de constater que ellees n'ont pas faaibli la Russie elles ont simplement renforcé son autonomie visà des marchés occidentaux parce que et c'est la révélation de cette guerre à côté de l'occident il y a un autre monde tout simplement et aujourd'hui c'est notre effort de guerre qui peine à adopter le rythme que nécessite les combats la batailleose dire de l'avant nous menons quelque sorte une bataille de l'arrière et bien malin qui pourrait prédire l' de ce conflit il faudrait lire dans le mar de café il faudrait être si l'on en croit flobbert la reine de Sabba qui disposait d'un bouclier sur une pH duquel était gravé l'avenir des guerres mais ça n'est pas notre cas première interrogation première inquiétude une autre inquiétude j'ai a fait allusion sur les déclarations du président de la République menaçant ou en tout cas nexcluant pas l'envoi de troupe sur place sur le front je sais ce n'est pas une décision bien évidemment mais cette déclaration vient 20 mois après une autre déclaration où il disait qu'il fallait veiller à ne pas humilier la Russie on peut en comprendre d'ailleurs les fondements à l'époque mais voyez ces déclarations changeantes C tête à queue ont eu pour résultat d'isoler la France de diviser et de déconcerter nos alliés et je crois profondément que l'ambigué stratégique a pour objectif militaire de créer une incertitude mais quand vous forcez nos alliés vos alliés successivement a déclaré que aucun d'entre eux n'en verra sur le front des troupes alors il y a plus d'incertitude il y a une certitude ils n'environt pas de troupe et il reste la cocophonie je crois profondément que sur la scène internationale pour qu'un État tienne son rang il faut que le chef d'État tienne une ligne alors précisément quelle doit être quelle doit être la ligne de la France cette ligne pour nous pour notre groupe elle doit rester ce qu'elle a été depuis le début depuis le départ de l'agression russe tout faire pour que la Russie ne gagne pas cette guerre ne rien faire qui nous entraîne dans une guerre que nous ne voulons pas je sais que c'est une ligne de crête je sais que c'est une ligne difficile à tenir mais c'est la seule que nous puissions tenir c'est la seule compatible avec l'intérêt de la France et aussi avec nos convictions parce que si nous soutenons du mieux que nous le pouvons l'Ukraine c'estéton aussi d'un double combat vous avez cité l'amiral de Gaulle un combat peut-être un double combat gaulien certainement français le combat pour la souveraineté des nations le combat pour la liberté des hommes la souveraineté des nations un combat continuel un combat originel puisqu'il a fondé la France la nation contre l'Empire la frontière contre le glaci contre les marches le droit contre la force brute ou la violence c'est le combat français c'est notre combat c'est un combat que nous comprenons vadir Poutine tente de récapituler les deux histoires de la Russie tariste et soviétique à l'ône de l'Empire et il y a un autre paradoxe concerne Ukraine c'est que face à cette expansionisme à cet impérialisme vous avez utilisé monsieur le Premier ministre le terme la nation s'est unifiée la nation d'ucrainienne s'est révélé et elle a finalement découvert le sort sans doute tragique de toutes ces nations d'Europe centrale qui savent par avance que leur existence ne va pas de soi je cite Milan verra dans un de ses plus grands livres l'Occident kidnappé donc bien sûr premier combat la souveraineté des nations et l'autre combat la liberté des hommes je vais citer aussi le général de Gaulle parce que chacun connaît cette si belle phrase que nous avons tous dans notre patrimoine où que nous siégions il existe un pacte 20 fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde et bien c'est au nom de ce pacte que nous ne pouvons pas tolérer que nous ne pouvons pas accepté le retour de l'homme rouge mes chers collègues à l'est de l'Europe parce que c'est de cela dont il s'agit c'est de cela dont il s'agit de rien d'autre c'est le retour des vieilles pratiques soviétique le mensonge institutionnalisé la délation lisez le dernier livre de Victor hoflè grand dissident actuel l'assassinat politique Alex valni oui le retour des vieilles pratiques soviétiques le retour de l' kajbiste la statue de Félix darginski a été déboulonné à Kiev elle é rigée désormais à Moscou le crime est récompensé la mémoire est verrouillée l'association mémoriale qui travaillait précisément sur les crimes du soviétisme a été dissoute faisant un écho à cette phrase tragique de sol genitine du Grand sol genénitine sur l'archipel l'archipel a été l'archipel demeure l'archipel sera tout simplement chers collègues parce qu'il n'y a pas eu de nurber du soviétisme et que aucun des tortionnaires n'a eu à en répondre vis-à-vis de la justice donc si nous soutenons l'Ukraine nous le soutenons pour ces raisons profondes au-delà même des raisons qui peuvent aussi et qui doivent aussi nous interpeller parce que la Russie nous a agressé en Afrique parce qu'elle nous mène une guerre hybride aussi alors pour continuer sur le même auteur qui disait les choses étant ce qu'elles sont que devons-nous faire bien il faut accorder nécessairement deux impératifs la solidarité et la réalité en d'autres termes monsieur le Premier ministre que devons-nous faire dans une situation telle que nous la connaissons je pense que aujourd'hui au moment où je vous parle au moment où nous avons ce débat un cesser lefeu un armistice sont totalement hors de porté aucun des de bégant ne le souhait des crimes de guerre la volonté dead Poutine d'enregistrer une sorte de victoire de fait en tout cas frontière à partir de laquelle il pourrait menacer en permanence l'Ukraine donc ces objectifs ne sont pas atteignables à court terme en revanche je pense que la stratégie et notre but parce que Poutine ne connaît que le rapport de force ce doit être de rendre l'option de la poursuite de la guerre plus coûteuse que l'option du refus des négociations c'est comme cela que nous concevons ce rapport de force et le soutien à l'Ukraine mais ça veut dire qu'il faut agir en conséquence et ne pas se payer de mot ne pas chercher à compenser par des déclarations tonitruantes des actes qui seraient trop faibles ce qui compte aujourd'hui maintenant c'est le soutien militaire c'est le soutien militaire c'est pas les promesses de demain et à ce titre je veux vous dire que dans cet accord il y a deux points dont je veux parler parce qu'ils interpellent notre groupe l'adhésion de l'Ukraine à l'Europe ça n'est pas l'ordre du jour il y aura des obstacles tant qu'il n'y a pas une réforme des institutions européennes et on sait qu'il faut à l'unanimité c'est compliqué la politique agricole nos agriculteurs ne doivent pas payer la guerre c'est pas à eux de payer ce conflit et il y a l'article que vous connaissez 42- 7 du traité européen qui stipule que on se doit mutuellement une assistance mutuelle entre États-membres et le second point c'est l'an qui ait un certain de promesse peut-être mais je je ne vois pas là encore à court ou moyen terme l'Ukraine entrer dans l'alliance elle n'y rentrera pas tant qu'il y a la guerre et on sait très bien que quand viendra le moment des négoci parce que ce moment viendra nécessairement tout sera sur la table évidemment bien sûr donc plutôt que de lointaine et incertaines promesses plutôt que des déclarations guerrières je pense qu'il faut donner dès aujourd'hui à l'Ukraine les moyens de se défendre c'est ce qui doit nous guider je ne veux pas entrer dans la polémique il s'agit pas de traiter de lâche tel ou tel État membre tel ou tel de nos alliés il faut simplement que on se regarde nous-même vous êtes optimiste monsieur le Prem ministre je crois à cet optimisme si c'est un optimisme de volonté mais puisque c'est une guerre de stock puisque nous on assume la bataille de l'arrière si j'ose dire et certainement pas de l'avant ce qui compte c'est les munitions dans un excellent rapport et je salué le président de la commission des affaires étrangères de sa propre commission j'ai noté un chiffre en 2 ans nous avons livré 30000 obus à peu près de55 mm c'est en gros ce que consomme l'artillerie russe en une grosse journée et il y a quelques jours à Tarbe l'usine l'unique usine qui nous permet de construire de produire les cordes auus était en pane donc voilà il faut en revenir à la réalité et vraiment aider l'Ukraine sans se payer de déclarations qui peuvent épouvanter notre opinion et qui peuvent déconcerter encore une fois nos partenaires et et alliés voilà je pense que ça doit être notre ligne l'Union européenne doit être bien entendu au premier rang l'année 2024 sera décisive l'Union européenne a proclamé au lendemain de l'invasion son réveil stratégique mais a-t-elle ouvert grand les yeux je vous trouve là aussi optimiste les 3/4 des armes qui ont été livrées par les États-membres de l'Union européenne les 3/4 sont achetés et dans ces tr/4 les 2/ers sont achetés aux États-Unis alors qu'on a une industrie de la défense bien sûr je sais et c'est important de le dire pour donner au terme de puissance un peu de réalité un peu de chose de concret il y aura pas de puissance européenne si on n pas capable de développer une puissance industrielle de production notamment de munition donc pour conclure très rapidement ce que je veux dire c'est que nous prenons acte de cet accord nous le prenons pour ce qu'il est ça n'est pas un traité sinon vous auriez utilisé l'article 53 de la Constitution et non pas l'article 5 syrien nous le prenons d'abord comme un signal de solidarité bien sûr et notre vote est un vote de soutien à l'Ukraine en aucun cas un vote de soutien aux déclarations du président de la République ou un vote de soutien au gouvernement les choses sont claires et je les prononce ici de façon solennelle encore une fois je pense et c'est la direction dans laquelle nous souhaitons nous aller vous l'avez vous l'avez indiqué vous avez parlé d'instrumentalisation croyez-vous monsieur le prier ministre croyez-vous après les déclarations que nous avons tous entendu que la France est pas suffisamment archipellisée pour en rajouter pensez-vous que pour des raisons électorales il faille là encore ajouter à l'archipéalisation une fragmentation nouvelle croyez-vous que devant l'adversité devant l'adversité l'unité n'est pas justement une force je pense que pour ce qui me concerne les enjeux sont tellement importants qu'il faut bien entendu nous rassembler mais ces en en je sont si importants pour une seule raison parce que les temps tragiques sont de retour où le destin frappe à la porte de l'Europe et C temps exige de nous que on se hisse à la bonne hauteur voilà et je pense que le soutien l'Ukraine c'est aussi notre intérêt c'est notre assurance parce que quelqu'un nous a prévenu il y a des siècles Isaac Newton lorsqu'il disait que je conclus monsieur le Président excusez-moi mais c'est important et c'est un débat fondamental je veux citer Isaac Newton qui avait dit un jour mes chers collègues écoutez bien je sais mesurer je sais mesurer le mouvement des corps célestes je ne sais pas mesurer la folie des hommes tenons-nousle pour dit merci merci monsieur le [Applaudissements] président
Bruno Retailleau