Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 6 mars 2024 24 min

Sécurisation des Jeux olympiques de Paris 2024, menace terroriste et plan de circulation, le "8h30 franceinfo" de Laurent Nuñez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Laurent Nunez, c'est le défi le plus important en matière de sécurité et de logistique qui se présente à vous, les Jeux Olympiques de Paris cet été, pour la cérémonie d'ouverture, 150 chefs d'état et de gouvernement attendus, plus de 300 000 spectateurs et une parade de bateaux sur la Seine en même temps qu'un spectacle tout au long des 6 km du fleuve, comment on sécurise un tel événement sans qu'il y ait de trous dans la raquette ?

0:28
Laurent Nuñez

Ecoutez d'abord ce que je veux dire c'est qu'on sait faire en France, il faut le rappeler, parce qu'il y a toujours ce pessimisme ambiant, ces critiques, ces polémiques sur ils vont pas y arriver, c'est compliqué, on est quand même le pays qui a été capable après les attentats terribles qui nous ont frappés en janvier 2015, on était capable en 72 heures d'organiser un hommage aux victimes des attentats de Charlie et de l'Hypercacher, un dimanche, avec autant de chefs d'état que ceux que vous venez de citer, en plein Paris, en plein air, on était capable de faire ça, on a fait l'Euro 2016, on a fait le G7 à Biarritz, dont on nous disait que ça allait être une catastrophe, on a fait plus récemment la coupe du monde de rugby, il y a le roi Charles qui est venu, on sait organiser des événements, on est un grand pays, on est un modèle dans le monde, on a beaucoup de services qui viennent nous voir, qui regardent comment on travaille, donc je crois qu'il faut être résolument optimiste sur la préparation des Jeux Olympiques, et en tout cas, moi, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, avec mes équipes, je le suis, je suis optimiste, c'est ce que vous venez de dire, oui, c'est un défi, oui, c'est un défi, je vous le confirme, mais on va le relever, comme on a toujours relevé les grands événements qui ont marqué l'histoire de notre pays.

1:34
Invité

Mais sans esprit polémique et sans pessimisme, il faut quand même poser un certain nombre de questions.

1:38
Laurent Nuñez

Le message de s'adresser pas à vous, je vous rassure.

1:41
Invité

On vous avait bien compris. On est quand même parti de la mairie de Paris qui parlait au départ de 2 millions de personnes, on a entendu tous les chiffres, 800 000, 600 000. Aujourd'hui, on est à 326 000 spectateurs sur les quais de Seine, en haut et en bas. Vous avez dû revoir vos ambitions à la baisse pour des questions de faisabilité ?

1:58
Laurent Nuñez

C'est exactement ça. On n'a pas revu nos ambitions à la baisse. Il y a des chiffres qui ont circulé à un moment donné, effectivement, je vous le confirme. Mais après, on travaille, d'abord, il faut que vos auditeurs comprennent bien qu'on travaille par rapport à des règles qui sont des règles de sécurité du public, des foules. Le parti qui avait été pris, c'était de ne pas dépasser 3 personnes par mètre carré.

2:18
Invité

Mais là, ce sont des règles qui s'appliquent à un événement complètement inédit. Est-ce qu'elles tiennent ?

2:21
Laurent Nuñez

Oui, elles tiennent. Bien sûr qu'elles tiennent. Parce qu'on ne veut pas que les gens puissent se promener tout le long de la Seine. Donc, il y a des... Pardon du terme, mais il y a des box. Et puis, pour chaque box, il y a des règles d'entrée-sortie. En fonction du public qu'on a, il faut qu'on ait tant d'entrées, tant de sorties. Et dans Paris, dans les rues de Paris, compte tenu... Ce n'est pas toujours possible le long de la Seine.

2:40
Invité

Mais cette jauge, donc, elle a été établie comment ? Sur quels critères ?

2:42
Laurent Nuñez

Elle a été établie très techniquement. Et puis, plus récemment, avec la décision qui a été prise par le président de la République de ne pas enlever les boîtes des bouquinistes, on l'a encore réduite. Et donc, maintenant, on est au chiffre définitif qu'a annoncé le ministre primaire. Définitif. Ça ne descendra pas en dessous de 326 000. Qui peut encore descendre de quelques milliers en fonction de ce qu'on va découvrir sur le terrain. Il manque encore quelques éléments dans la mise en place du dossier technique. Mais à date, c'est 222 000.

Et vraiment, la réduction de la jauge, elle est uniquement pour des raisons techniques, de constitution des box sur les quais, et évidemment pour des raisons de sécurité.

3:10
Invité

Les questions que vous posez encore ?

3:11
Laurent Nuñez

On attend encore de l'organisateur quelques éléments de dossier, comme à certains endroits, la stabilité des quais, par exemple. Est-ce qu'on est capable de soutenir un public important à tel ou tel endroit ? Donc, tout ça, ce sont des éléments de détail qui vont se régler. On n'a pas d'inquiétude particulière. Je pense que le chiffre de la jauge qui a été donné n'est pas loin d'être le chiffre définitif. Donc, les 222 000.

3:31
Présentateur

Mais vous entendez les critiques qui vous sont faites pour assister à la cérémonie. Il faudra soit avoir acheté sa place, soit avoir été invité par des places distribuées par l'État, par les collectivités territoriales. On n'est pas dans la fête populaire promise ?

3:44
Laurent Nuñez

Si, parce que, d'abord, le ministre de l'Intérieur l'a rappelé, le choix qui a été fait, c'est aussi un choix de la sécurité. C'est de confier à des puissances invitantes, qui sont d'ailleurs les collectivités locales. D'abord, les organisateurs, la ville de Paris, les collectivités locales qui sont impliquées dans l'organisation des Jeux et qui vont choisir un certain nombre d'invités, en fait, en ayant évidemment, en ciblant les invités de manière à ce que ça reste une grande fête populaire. On peut penser à des scolaires, des gens des milieux associatifs, les CCAS pour les villes. Je crois que c'est d'ailleurs les communes.

Cette annonce a été précédée d'approches de collectivités locales qui ont marqué plutôt leur satisfaction quant à ce mode de choix des personnes qui seront présentes au Kéo et qui ont déjà des idées assez intéressantes sur les personnes à qui elles vont distribuer ces places. Et croyez-moi, on va vraiment rester dans le côté très populaire de la fête.

4:31
Présentateur

Alors sur le plan de la sécurité, on parle de 94 bateaux qui vont défiler sur la Seine, transportant pour la plupart des athlètes. Ils seront tous contrôlés un à un, ces bateaux, avant chaque départ ?

4:43
Laurent Nuñez

Oui, oui, bien sûr. Alors pour les règles de la navigation, c'est monsieur le préfet de région, Marc Guillaume, préfet de Paris, qui gère les règles de navigation.

4:51
Invité

Pardon, c'est pas un peu compliqué d'ailleurs à ce sujet-là, juste de vous coordonner parce qu'il y a la Seine, c'est le préfet de région. Les caisses, c'est vous ?

4:57
Laurent Nuñez

Non, tout ce qui est sur les règles de la navigation, c'est le préfet de région. Mais on travaille ensemble tout le temps, on se parle tous les jours. Et nous, on assure la sécurité des navires. La sécurité des navires, ça va être le déminage systématique, le contrôle de la zone d'embarquement qui va être contrôlé pendant 15 jours avant l'embarquement des athlètes. Il y aura une zone qui sera contrôlée d'ailleurs par les militaires, qui concourt à notre sécurisation. Ce seront donc les militaires qui vont sécuriser la zone d'embarquement des bateaux. Tout sera déminé et contrôlé 15 jours avant de manière très rigoureuse.

5:26
Présentateur

Les profils des conducteurs aussi de ces bateaux vont être passés au crible ?

5:30
Laurent Nuñez

Oui, bien sûr. Évidemment, bien sûr, puisque ce sont des acteurs de la cérémonie. Et pour ce qui est là, je renvoie, pardon, mais à nouveau à mon collègue Marc Guillaume, qui lui assure évidemment tout ce qui est le suivi de la formation de ces personnes et de leurs qualifications, évidemment.

5:44
Invité

Et la circulation sur la Seine va être bloquée, fermée au public pendant combien de temps avant ?

5:49
Laurent Nuñez

Ça relève du préfet de Paris, je le laisserai répondre. Mais évidemment qu'il y aura quelques jours où on ne pourra pas circuler sur la Seine, parce que la parade, elle va être montée. Il y a aussi un programme artistique qui reste assez confidentiel, mais il y a un programme artistique qui va se passer sur terre et dans l'eau. Et donc forcément, il y a des scènes de montage qui vont empêcher la navigation.

6:06
Présentateur

Il y aura des répétitions avant le jour J ? Parce que c'est immense. Ça va engendrer beaucoup de personnes, beaucoup de préparation. Il y aura des répétitions ?

6:15
Laurent Nuñez

Il y en a déjà eu. Il y en a déjà eu une qu'on a faite l'année passée. Et puis, il y en aura d'autres, effectivement, d'ici là. Évidemment, il y aura des répétitions.

6:24
Invité

Il y a qui dit Seine dit pont. Alors pour ceux qui ne connaissent pas Paris, ça reste quand même très important, évidemment, de pouvoir passer d'un côté à l'autre de la rive de la Seine. Ça aussi, ça va occasionner beaucoup de difficultés de circulation au cœur de la capitale pendant plusieurs jours avant et puis, bien sûr, pendant toute la durée de la compétition ?

6:43
Laurent Nuñez

Oui. Alors pendant les Jeux dans le centre de Paris, comme vous le savez, il y aura des installations olympiques. On aura des sites olympiques. Il y a la préparation de la cérémonie aussi qui va se mettre en place et qui a lieu avant les Jeux, au début des Jeux. Donc le montage va se faire avant. Effectivement, pour le montage de la cérémonie d'ouverture, il y a plusieurs ponts parisiens qui vont être utilisés par le Cojot, soit pour y mettre des tribunes, soit pour y mettre des installations techniques, soit pour y mettre le programme artistique.

7:08
Présentateur

Alors ça veut dire qu'il faut se préparer à une grande galère pour passer d'une rive à l'autre ?

7:10
Laurent Nuñez

La grande galère, elle va commencer au 1er juillet. Elle ne concernera pas tous les ponts en même temps. Mais entre le 1er juillet et les 15 juillet, on a un certain nombre de ponts parisiens qui vont être coupés à la circulation pour pouvoir permettre de monter la cérémonie. Mais nous avons obtenu, et le ministre de l'Intérieur a insisté, pour qu'on maintienne 5 axes traversants qui seront toujours traversants jusqu'à quelques heures avant la cérémonie et qui sont dans le centre de Paris. Donc on aura 5 ponts qu'on pourra continuer à traverser. Donc ça, c'est très important évidemment pour les Parisiens.

7:39
Présentateur

Et pour les urgences ?

7:40
Laurent Nuñez

Et pour les urgences, évidemment. Mais sur les véhicules de secours et d'urgence, je tiens à dire que même quand ils sont occupés par le COJO, nous avons obtenu d'avoir une voie d'urgence qui permette de faire circuler nos véhicules de police et de secours. Mais voilà, donc on a limité la contrainte pour les Parisiens avec ces 5 axes traversants dans le centre de Paris. Puisque les ponts qui sont aux extrémités, eux, ils continuent à fonctionner.

8:01
Présentateur

Toujours avec le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, on parle de l'organisation des Jeux Olympiques cet été à Paris. On le sait, les forces de l'ordre ne suffiront pas à assurer la sécurité. Mais il va falloir recruter en plus des agents de sécurité. Il y a 5 mois, il manque toujours des milliers de bras pour assurer les fouilles, les palpations, contrôle des billets aussi. Ça coince, mais sur quoi ça coince ? Est-ce que ça coince sur les profils qui sont recherchés ? Parce que là aussi, il ne faut montrer pas de blanche.

8:33
Laurent Nuñez

Non, ça ne coince pas du tout. D'abord, chacun a son job, chacun a sa mission. Donc quand vous dites que les forces de l'ordre ne suffiront pas, si, pour les missions qui sont les miennes sur l'autorité du MISSS de l'Intérieur, nous aurons les forces de sécurité intérieure qu'il nous faut. Avec une mobilisation jusqu'à 45 000 certains jours en région Île-de-France. Et en moyenne, on est à 30-35 000 sur toute la période.

8:53
Présentateur

Pour cela, vous faites appel à...

8:54
Laurent Nuñez

Les agents de sécurité privée viennent pour faire leurs missions, qui sont essentiellement, effectivement, d'assurer la sécurisation des entrées et la sécurisation à l'intérieur des sites. C'est ce qu'il faut bien comprendre. On les attend à l'intérieur des sites où les forces de l'ordre ne rentrent pas. Et ça ne coince pas. Il y a des procédures de recrutement qui sont en cours. Et pour ce qui est de leur profil, c'est un secteur professionnel qui a fait l'objet de nombreuses vagues de moralisation. Où maintenant, le recrutement se fait après des enquêtes qui sont très poussées. Et avec des formations qui sont maintenant d'un niveau très élevé.

Donc, le profil de ces personnes n'est absolument pas inquiétant. C'est maintenant un secteur qui est très professionnalisé.

9:32
Invité

Un ordre de grandeur quand même. Parce que vous entendez 45 000 membres des forces de l'ordre mobilisés. Dont l'histoire du maintien de l'ordre, de l'ordre public. C'est inédit ? Je pense que c'est inédit.

9:43
Laurent Nuñez

Je crois pouvoir l'affirmer avec pas mal de certitude. Oui, c'est assez inédit de mobiliser autant de monde. Puisque nous n'avons jamais... En tout cas, dans leur version moderne, nous n'avons pas organisé les Jeux Olympiques en France. Donc, c'était il y a 100 ans. Maintenant, tout a changé. Et je crois que c'est complètement inédit. Oui, cette mobilisation.

10:01
Présentateur

Peut-être bête, mais on va l'éloger où ? Ces 45 000 agents ?

10:05
Laurent Nuñez

C'est une question à laquelle nous travaillons. Donc, il y a beaucoup d'hébergements qui sont... C'est le travail du délégué interministériel aux Jeux Olympiques qui a fait un travail remarquable de recensement de l'ensemble des sites qui ont été réservés. Et donc, maintenant, nous sommes dans... Le travail auquel nous procédons maintenant, c'est de répartir les nombreux renforts dont nous allons bénéficier de policiers et de gendarmes dans les différents sites d'hébergement et de veiller à ce que ce soit le plus opérationnel possible. C'est-à-dire qu'ils logent à des endroits non éloignés de l'endroit où ils vont exercer leur mission opérationnelle.

10:34
Présentateur

Laurent Nunes, il faut parler de ce qui va se passer dans le ciel. Pas de circulation aérienne le jour J de la cérémonie depuis les aéroports de Roissy, d'Orly, du Bourget. C'est exceptionnel dans le sens inédit. Personne ne pourra donc atterrir ou décoller de Paris pendant combien de temps ?

10:51
Laurent Nuñez

De 19h à minuit, le ministre de l'Intérieur l'a rappelé hier. Donc, ce sont une règle stricte d'interdiction de survol aérien qui est appliquée pour la cérémonie d'ouverture. Mais je tiens à dire que pendant l'ensemble des Jeux, il y aura un dispositif de sûreté aérienne qui est aux mains des militaires. C'est une compétence des armées qui va s'appliquer pendant l'ensemble des Jeux Olympiques et notamment sur la région Île-de-France où les survols seront sur certaines zones totalement interdites.

11:15
Invité

À base d'avions de chasse, d'hélicoptères, de drones aussi. Les drones vont être déployés. On les verra partout.

11:20
Laurent Nuñez

Les drones sont des drones des forces de sécurité intérieure. Mais les drones qui seront autorisés à voler, les autres drones, notamment les drones des médias et autres, et notamment au-dessus de Paris, où il y a une interdiction de survol permanente, devront être autorisés par dérogation par le préfet de police.

11:36
Invité

Le patron de la police nationale disait hier que les policiers avaient été formés spécialement à la lutte anti-drones. Ça consiste en quoi ?

11:43
Laurent Nuñez

Ça consiste surtout à connaître la réglementation, d'une part, et puis d'autre part, être en capacité d'utiliser les matériels qui sont les nôtres, qui sont des matériels d'abord de détection, de brouillage ensuite, et puis enfin, quand il le faut, de neutralisation.

11:56
Présentateur

Il y a un périmètre sacré, on l'a compris avec les explications du ministre de l'Intérieur hier lors de son audition au Sénat. Dans cet hyper-centre de la capitale, il y a des milliers de Parisiens qui y habitent. La vie continue pendant la compétition dans ces quartiers. Eux pourront circuler comme ils le veulent ?

12:12
Laurent Nuñez

Oui, alors ils pourront circuler comme ils le veulent. Il y a deux cas de figure dans le centre de Paris. Il y a deux cas de figure. Il y a le fonctionnement des sites olympiques. Vous savez qu'il y a Trocadéro, Champs-de-Mars, Invalide, Concorde, qui vont être utilisés par des sites olympiques. Il y aura des périmètres autour de ces sites, où on en rentrera évidemment quand on va assister à une compétition. Et puis autour, on a instauré des périmètres de circulation motorisée.

Donc pour y circuler, il faudra, dans les zones où c'est interdit, qui sont des zones assez limitées où la circulation motorisée est interdite, il faudra obtenir une dérogation parce qu'on est riverain, parce qu'on y travaille, parce qu'on est médecin et qu'on doit aller soigner quelqu'un.

12:47
Présentateur

Comment on l'obtient cette dérogation ?

12:48
Laurent Nuñez

Et on l'obtiendra au travers d'une plateforme numérique qui va être mise en place. Et on obtiendra donc un laissé-passer qui permettra de circuler dans ces zones. Ça, c'est pour la circulation motorisée autour des sites olympiques. Et à pied ? Et puis il y a le jour de... Alors à pied dans ces zones d'interdiction de circulation autour des sites olympiques, la circulation piétonne est totalement libre, comme en vélo, comme en trottinette et autres. Et puis il y a un cas particulier. C'est le cas de la cérémonie d'ouverture dont a parlé le ministre de l'Intérieur hier.

Parce que là, on met en place un périmètre de protection antiterroriste qui ne se contente pas de couvrir la scène, les tribunes, la parade en fait, mais qui va aussi englober les immeubles riverains. Pour des questions évidentes de sécurité, on veut pouvoir contrôler les personnes qui auront, y compris depuis chez elles, un visuel direct sur la scène. Et donc on a un périmètre de protection qui est plus large. Et là, pour y rentrer, y compris pour les piétons, il faudra également s'inscrire sur une plateforme et obtenir une attestation numérique pour pouvoir y rentrer.

13:39
Invité

Et avec un criblage, parce qu'on a entendu ce chiffre qui paraît hallucinant hier dans la bouche de croix du ministre de l'Intérieur, près d'un million de personnes vont être criblées. Alors un million, c'est sur la totalité.

13:49
Laurent Nuñez

Sur la totalité. Voilà. C'est quoi, on les fiche ? Ce que je disais à l'instant, donc cette zone, ce périmètre de protection, pour répondre à votre question, oui, tout le monde pourra continuer normalement, les restaurants, les commerces restent ouverts, on peut rentrer chez soi, bien évidemment. Sur l'écriblage, il y a la loi Jeux Olympiques qui a étendu la capacité pour les pouvoirs publics de procéder à ce qu'on appelle des enquêtes administratives et qui porte sur un large panel de personnes qui participent et qui organisent les Jeux.

14:17
Invité

Toutes les personnes qui seront dans ce périmètre, par exemple le jour de la cérémonie d'ouverture, auront en quelque sorte été fichées ?

14:23
Laurent Nuñez

Fichées n'est pas le mot. C'est-à-dire qu'on fait un certain nombre d'enquêtes, c'est la responsabilité des pouvoirs publics de faire des enquêtes administratives, des enquêtes de sûreté. Le ministre de l'Intérieur l'a dit, on prendra ses responsabilités.

14:36
Présentateur

Mais on parle aussi de ceux qui habitent sur les quais de Seine, je pense à ceux qui habitent par exemple sur l'île Saint-Louis ou sur les quais de Seine, eux aussi en fait...

14:43
Laurent Nuñez

Mais qui sont dans un périmètre de protection, qui sont dans un périmètre protégé, dans lequel on doit s'assurer qu'il n'y a pas de risque d'attentat terroriste. Donc c'est notre responsabilité. Et comme l'a dit le ministre, on les prendra totalement.

14:53
Présentateur

Mais il n'y a pas une limite à ce que vous dites ? Par exemple, ceux qui décident de louer leurs biens sur Airbnb et donc des touristes arrivent pour profiter de la cérémonie d'ouverture, là vous ne pouvez pas les cribler, vous ne pouvez pas les ficher ces touristes qui arrivent ?

15:08
Laurent Nuñez

En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'ils seront obligés de s'inscrire sur la plateforme numérique pour se rendre dans l'appartement qu'ils auront loué. Vous imaginez bien que nous avons rendu ces règles publiques, nous avons déjà prévenu tous les opérateurs, ils le savent, et donc il faudra qu'ils informent leurs clients. On rentrera dans un périmètre ultra protégé et donc il faudra évidemment s'inscrire sur cette plateforme.

15:28
Invité

On parlait du terrorisme hier au Sénat. Gérald Darmanin évoquait cette menace. Aucune menace signalée pour le moment, vous nous le confirmez. Dans ce cas précis de la cérémonie d'ouverture, quels sont les signaux auxquels vous êtes particulièrement attentifs ?

15:42
Laurent Nuñez

Le ministre a dit qu'effectivement, on n'a pas de menaces connues, notamment qui touchent au terrorisme islamiste. C'est ce dont il parlait quand il a dit cela. On n'a pas de menaces connues, mais on reste attentifs à la menace endogène, des individus présents sur le territoire qui pourraient passer à l'action. Puis il y a la menace inspirée qui vient de l'extérieur. Vous savez, sur les théâtres d'opérations, l'État islamique, que ce soit en Afghanistan, en Syrie, en Irak, essaie de faire en sorte qu'un certain nombre d'individus présents sur le territoire national passe à l'action. C'est ce qu'on appelle la menace inspirée.

Et puis, le ministre l'a rappelé, il y a toujours cette crainte d'une menace projetée, ce qu'on a connu pour le Bataclan, avec des équipes qui viennent de l'étranger pour commettre un attentat. Donc on reste très attentifs à ce risque qui est du terrorisme islamiste, mais le ministre l'a rappelé, il y en a d'autres.

16:24
Présentateur

Oui, voilà, c'est ça. C'est la seule menace, la menace islamiste ?

16:26
Laurent Nuñez

Non, il y a d'autres menaces. La menace des environnementalistes radicalisés, qui annoncent déjà d'ailleurs qu'ils commettront un certain nombre d'actions, de désobéissance civile, voire autre. Il y a des menaces d'ultra-gauche, d'ultra-droite. Voilà, on reste très concentré sur toutes ces menaces, évidemment.

16:43
Invité

Et d'un mot, vous nous confirmez qu'il y a déjà plusieurs personnes qui ont été criblées, écartées par exemple de la cérémonie, de la flamme. On lisait dans la presse ce matin que six personnes qui étaient fichées avaient été écartées.

16:57
Laurent Nuñez

Oui, c'est ce qu'a annoncé le ministre en rappelant le principe de ces enquêtes administratives pour tous ceux qui participent au jeu, qui les organisent. Encore une fois, c'est la loi JO qui a étendu le champ de ces enquêtes administratives. Il faut plutôt s'en féliciter que s'en inquiéter.

17:16
Présentateur

Toujours avec le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, on parlait de la menace qui pesait sur ces JO dans cinq mois donc et qui vous oblige à être vigilant. En parlant de sécurité, de vigilance, de vol. De vol en l'espace d'une semaine. Un employé de la mairie de Paris s'est fait voler deux clés USB et un ordinateur dans le train. Il contenait des plans de sécurisation des JO. Puis la secrétaire générale d'un hôpital de Bobigny, elle, s'est fait voler son ordinateur pendant qu'elle faisait ses courses. Franchement, comment c'est possible ?

17:45
Laurent Nuñez

Alors d'abord, il faut peut-être réquivir un peu les choses. Les documents qui ont été volés n'étaient pas des plans de sécurisation des JO. D'abord, ces personnes doivent apprendre à être prudentes. Ça ne se fait pas quand on a ce niveau de responsabilité de se balader avec des ordinateurs où on a des informations de toute façon confidentielles. Mais ça n'était pas les plans de sécurisation des JO.

18:04
Présentateur

Alors c'était quoi ces documents ?

18:06
Laurent Nuñez

Pour l'agent de la voirie, je crois que Mme Hidalgo, il y a un des agents de la ville de Paris, donc Mme Hidalgo a expliqué ce dont il s'agissait. C'était des plans de circulation. Qui étaient destinés

18:18
Invité

à être rendus publics quoi qu'il arrive ?

18:20
Laurent Nuñez

Pas forcément être rendus publics, mais en tout cas, ce n'étaient pas des éléments qui mettent en cause la sécurisation des JO. Et je pense que dans le cas de la personne de l'hôpital d'Avicenne, en l'occurrence, je pense que c'est la même chose. Pourquoi ? Pourquoi ? Pour une raison simple. Il faut que vos auditeurs comprennent bien que les plans de sécurisation des JO sont les forces de l'ordre qui les détiennent et ce ne sont pas des choses qu'on partage comme ça. Et en tout cas, nous les nôtres, ils sont très sécurisés et personne ne se balade avec.

18:43
Invité

Et vous ne craignez pas des ingérences, notamment russes dans le contexte actuel, dans les systèmes informatiques sécurisés ?

18:50
Laurent Nuñez

Oui, alors ça c'est autre chose. Évidemment, les cyberattaques, ça sera une des menaces fortes pendant les Jeux Olympiques. C'est une menace permanente avec certains pays, dont celui que vous avez cité. C'est une menace permanente. Évidemment, pendant les JO, sera d'autant plus élevé. Mais on peut faire confiance à l'ANSI, dont c'est la mission principale.

19:07
Invité

Et dont nous recevions le directeur général il y a quelques jours sur France Info. En parlant de sécurité, c'est la société Atos qui est le partenaire informatique des Jeux Olympiques. C'est elle qui assure les opérations de cybersécurité, notamment à un moment où l'entreprise est en pleine tourmente financière. On a des raisons de s'inquiéter spécifiquement sur ce prestataire ?

19:26
Laurent Nuñez

Non, moi je n'ai pas d'informations à ce sujet à vous donner. Ce que je peux vous dire, c'est que depuis maintenant plusieurs années, tous les opérateurs, à commencer par exemple par la préfecture de police, nous menons un travail de sécurisation de nos réseaux informatiques. Il y a des exercices régulièrement pratiqués par l'ANSI où il y a des fausses attaques pour vérifier nos systèmes, s'assurer qu'on n'a pas de vulnérabilité. Et évidemment, on se prépare totalement à ce type d'attaque.

19:50
Présentateur

Il y a la sécurité et puis il y a le symbole de la flamme olympique. 65 villes étapes pour le relais de la flamme olympique, un parcours long qui fait intervenir des milliers de personnes. Et à Paris, la flamme va donc rester trois jours sous votre responsabilité. Est-ce que ça rend votre mission encore plus compliquée parce qu'on sait que la flamme ne doit jamais s'éteindre par exemple ? C'est un petit détail mais ça compte. Comment c'est organisé du coup ?

20:14
Laurent Nuñez

Alors la flamme, d'abord, moi ma responsabilité c'est toute la région Île-de-France. Donc je vais m'intéresser aussi au parcours sur toute la région Île-de-France. À Paris, c'est le 14 et le 15 juillet effectivement. Et puis, après un parcours en région Île-de-France, elle revient le 26 pour la cérémonie de clôture. Donc il y a un dispositif qu'a présenté le ministre hier qui est le même sur tout le territoire national. Ce sera le même dispositif. Donc ça, c'est un gage de sécurité. Ce sont les mêmes effectifs qui vont s'assurer du parcours de la flamme.

C'est un parcours glissant par définition et qui vise à mettre en relief un certain nombre de sites emblématiques dans les régions traversées. Et on aura donc une bulle très constituée d'énormément d'effectifs autour de la flamme. Et puis, chaque préfet organise une bulle un peu plus large pour assurer la protection des axes, notamment les mesures de circulation, les mesures de sécurité, la tenue des points hauts évidemment, pour sécuriser ce parcours de la flamme. Mais vous avez raison de souligner que quand on regarde l'histoire des Jeux olympiques sur les périodes passées, souvent, il y a eu des actions de contestation qui visaient la flamme. Effectivement.

Donc, ce point ne nous a pas échappé et le ministre de l'Intérieur a souhaité qu'on ait un dispositif très robuste qu'il avait d'ailleurs rendu public il y a maintenant de, je crois, deux ou trois mois et qui était un dispositif effectivement très conséquent.

21:26
Invité

Laurent Nouniez, vous nous avez donné ce chiffre de 45 000 forces de l'ordre et vous nous disiez tout à l'heure que c'était historique a priori dans l'histoire du pays. Vous avez chiffré le coût de l'ensemble du dispositif de sécurité pour ces Jeux olympiques ?

21:40
Laurent Nuñez

Non, je ne sais pas. Je suis isolé. Je ne sais pas répondre à cette question. Je suis opérateur. J'utilise les moyens qu'on met à ma disposition.

21:47
Invité

Donc, il faudra se tourner vers le ministère de l'Intérieur et vers Bercy éventuellement pour avoir une réponse à cette question.

21:51
Laurent Nuñez

Absolument. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'en tout cas, moi, je considère comme préfet de police que j'ai les moyens sous l'autorité du ministère de l'Intérieur de sécuriser les Jeux olympiques pour la région Île-de-France.

22:00
Invité

Et il n'y a pas que les Jeux olympiques. Le 26 juillet, jour de la cérémonie, c'est un jour de chasser-croiser. Il y a très nombreux départs en vacances traditionnellement. C'est le dernier vendredi du mois de juillet. Vous ne rognez pas sur le dispositif de surveillance dans les gares parisiennes, notamment. Vous avez les effectifs. Oui.

22:19
Laurent Nuñez

La sécurité dans les transports, elle va être multipliée par cinq en volume d'effectifs. Donc, partout dans les gares, dans les bois ferrés. Là, actuellement, pour vous donner juste un ordre de grandeur, j'ai chaque jour 125 patrouilles qui sont des trinômes de trois personnes. Pendant les Jeux, on va monter à 700. Donc, on est à presque à cinq fois plus. Donc, oui, on aura énormément de monde pendant les Jeux olympiques et, évidemment, en couvrant également les Jeux paralympiques puisque c'est une séquence longue qui va s'ouvrir à partir du 26 juillet.

22:48
Présentateur

C'est un véritable casse-tête qui s'annonce malgré tout. Est-ce que vous dites comme Anne Hidalgo aux Parisiens « Ne partez pas pendant les JO, ce serait une connerie ? »

22:56
Laurent Nuñez

Je ne reprendrai pas ces propos. Ce que je peux dire, c'est qu'on met tout en œuvre pour qu'on assure au maximum, évidemment, la sécurité. La sécurité sera portée au maximum et on met tout en œuvre pour qu'on parvienne à cet équilibre qui permette aux gens de continuer quand même à vivre autant que faire se peut comme avant. Ce qui doit être une fête. On l'a démontré sur les mesures de circulation routière qui sont mises en œuvre où il y a des interdictions, où il y a des nombreuses dérogations. Donc, on a démontré pour la circulation qu'on sait le faire. On le démontre pour les transports en commun également.

Il y a des dispositifs d'information qui ont été mis en place par le ministère des Transports dans la plus grande transparence. Ce qu'on veut, c'est qu'il y ait le moins de désagréments possibles pour les gens. Même si, évidemment, il y aura des journées compliquées. Je pourrais circuler dans Paris le jour de la cérémonie le 26 juillet. Ça sera évidemment très compliqué.

23:43
Invité

Merci beaucoup, Laurent Nunez, préfète police de Paris. Vous étiez l'invité de France Info ce matin.