Sébastien Lecornu "est la continuité totale d'Emmanuel Macron" estime la députée LFI Clémence Guetté
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:36OuverteRéponse directe
Sébastien Lecornu s'est installé mercredi à Matignon. Il a fait de premières annonces. Vous en pensez quoi ? Est-ce que c'est de la rupture ?
- 3:35OuverteRéponse partielle
Les deux jours fériés travaillés abandonnés, c'est un symbole, une main tendue ?
- 5:03RelanceRéponse directe
Est-ce que vous n'avez pas du tout envie de discuter ? Est-ce que pour vous, avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, c'est le rapport de force et puis c'est tout ?
- 7:26OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous, même la taxe Zuckmann, c'est un mauvais compromis, voire de la compromission ?
- 8:22RelanceRéponse directe
Il n'y a pas des curseurs entre l'abrogation, la suspension, la taxe Zuckmann, le niveau... Il n'y a pas des curseurs qui se discutent politiquement pour sortir d'une impasse ?
- 10:26OuverteRéponse directe
Sébastien Lecornu, qui vient de prendre ses fonctions, a quand même envoyé des signaux à la trappe les deux jours fériés. Il ouvre la voie à plus de justice fiscale. Quand ça va dans votre sens, vous pouvez le dire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:44InvitéFait
« C'est la continuité évidente de la Macronie en réalité. »
- 3:05InvitéFait
« C'est aussi un ministre, ancien ministre des Outre-mer, qui a mené une politique de répression. »
- 3:20InvitéFait
« Ce n'est pas un hasard au moment où Macron signe les 5% de PIB consacrés à l'armement et aux dépenses militaires de choisir le ministre des Armées pour un nouveau budget. »
- 4:10InvitéFait
« La première d'entre elles, je dirais que c'est l'année blanche. »
- 4:18InvitéFait
« L'idée, c'était une année blanche pour gagner quelques milliards, véritablement, sur le pouvoir d'achat des Français. »
- 5:34InvitéFait
« Nous savons que ce sera un budget austéritaire. »
- 5:58InvitéPromesse
« Le rendez-vous c'est le vote de confiance. Demandez la confiance de l'Assemblée nationale. »
- 6:17InvitéPromesse
« Nous allons déposer une motion de censure. »
- 6:25InvitéFait
« C'est le troisième Premier ministre illégitime que nomme M. Macron. »
- 6:49InvitéPromesse
« M. Lecornu va tomber. »
- 7:54InvitéFait
« Il y aura un 49.3 sur ce budget, parce qu'il ne trouvera pas de majorité. »
- 8:04InvitéFait
« Il n'y aura pas de taxe Zuckmann, il y aura peut-être une version amoindrie sur les patrimoines des ultra-riches. »
- 8:14InvitéFait
« Il n'y aura pas d'abrogation de la réforme des retraites. »
- 10:01InvitéFait
« Ils ont obtenu auprès de M. Macron toutes ces faveurs en faveur du grand patronat et des multinationales. »
- 10:10InvitéChiffre
« M. Bayrou, qui était donc le plus ambitieux dans l'austérité, en cherchait 44. »
- 26:48InvitéFait
« C'est un acte extrêmement grave de violation du droit international. »
- 30:34InvitéChiffre
« On met 5% du PIB, de la richesse nationale, pour s'armer. »
- 32:40InvitéFait
« La France va reconnaître l'État de Palestine le 22 septembre. »
- 43:12InvitéChiffre
« il y a une personne sur trois qui a peur de sombrer définitivement dans la précarité »
- 43:14InvitéChiffre
« il y a une personne sur trois qui renonce à se soigner »
- 43:17InvitéChiffre
« il y a une personne sur quatre qui renonce à se nourrir de temps en temps »
- 43:19InvitéChiffre
« une personne sur cinq qui pense qu'elle n'a pas réussi financièrement à subvenir à tous les besoins de ses enfants »
- 44:06InvitéChiffre
« les 60 milliards par an juste aux personnes les plus riches »
- 44:09InvitéChiffre
« les 200 milliards par an juste pour les très très grandes entreprises »
- 50:05InvitéFait
« un gouvernement illégitime »
- 50:13InvitéChiffre
« 58% des jeunes qui sont angoissés par le changement climatique »
- 51:55InvitéFait
« le parlement ne vit pas bien quand il est écrasé à coup de 49-3 en permanence »
Temps de parole
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- Invité 210 %
- Clémence Guetté8 %
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions Politiques. Un troisième Premier ministre en moins d'un an, encore plus proche d'Emmanuel Macron, peut-il réussir là où les deux précédents ont échoué ? Sébastien Lecornu a été nommé mardi, mercredi, passation de pouvoir. Il promet des ruptures sur le fond et sur la forme. Et hier, ce chef d'un gouvernement pas encore constitué fait des annonces. Les deux jours fériés, travaillé, mesure, enterré. Une piste d'économie qui aura irrité peut-être autant que les 80 km heure. A l'époque des gilets jaunes. Alors, conserver le soutien à droite tout en tendant la main à gauche, ce nouvel en même temps est-il réaliste ?
Avec une cote de popularité très faible, à quelques jours d'une nouvelle mobilisation sociale, mais aussi sous les yeux des marchés financiers, on peut bien appeler ça une ligne de crête. Quelle sera la position du Rassemblement national ? Quant à LFI, la ligne reste le dégagisme du Premier ministre, mais surtout du chef de l'État. Oui, pour écrire, quel scénario pour les Français ? On en parle avec la députée LFI du Val-de-Marne et vice-présidente de l'Assemblée nationale, Clémence Guettet, dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h.
France Inter. Questions politiques. Alexandra Ben Saïd.
Bonjour et bienvenue Clémence Guettet. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci à vous. A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour et bonjour à toutes et tous. Avec vous, tout à l'heure, on mettra en lumière une des grandes questions qui sera dans le débat de la présidentielle ce matin.
Les institutions, parce qu'au fond, on ne reconnaît plus trop notre Ve République qui était décrite comme verticale et qui devient peut-être parlementaire. Donc faut-il dans ces conditions faire basculer le régime et comment ? C'est la grande question.
Ça sera la grande question France 2027 de Françoise Fressos. Alix Bouillaguet de France Télévisions est aussi en plateau. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Grâce à vos questions, on va en apprendre plus sur la femme politique, Clémence Guettet.
Oui, une ascension éclair au sein des Insoumis, commencée à 19 ans, ce qui installe aujourd'hui Clémence Guettet en potentiel dauphine de Jean-Luc Mélenchon.
Clémence Guettet, on va d'abord commencer par le panorama de l'actualité. Sébastien Lecornu s'est installé mercredi à Matignon. Il a donc fait de premières annonces, un réseau de soins. Ça, c'était son premier déplacement hier, à moins d'une demi-heure de chaque citoyen. Et puis la grande annonce, c'était la suppression dans le budget 2026 des deux jours fériés travaillés. Alors voilà des premiers pas. Vous en pensez quoi, vous Clémence Guettet ? Est-ce que c'est de la rupture ?
Alors non, on ne peut pas qualifier la nomination de M. Lecornu de rupture politique. C'est la continuité évidente de la Macronie en réalité. D'ailleurs, tout le monde l'a dit, tout le monde l'a reconnu unanimement. C'est vraiment un premier soutien de Macron, désormais parmi les derniers soutiens de Macron. Et il est là pour mener une politique macroniste. Je dis d'abord quelques mots du personnage politique qui a été choisi. Parce que outre le fait d'être l'oreille du président, on le décrit comme un très proche. C'est aussi un ministre, ancien ministre des Outre-mer, qui a mené une politique de répression.
Je pense notamment aux Antilles, mais à ses déclarations sur Mayotte ou sur la Guyane. C'est aussi le ministre des Armées depuis quelques années déjà. Et nous nous disons que ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard au moment où Macron signe les 5% de PIB consacrés à l'armement et aux dépenses militaires de choisir le ministre des Armées pour un nouveau budget. Budget de guerre, budget de guerre sociale en réalité.
On va y venir, on a une partie internationale. Je vous parle des annonces, vous m'avez interrogée là-dessus. Je vous demande si, par exemple, les deux jours fériés travaillés abandonnés, c'est un symbole, c'est une main tendue. Vous nous direz à quels électeurs ? Mais vous en pensez quoi ? De toute façon, les Français n'en voulaient pas.
Les Français n'en voulaient pas, aucune des oppositions n'en voulait. Et par ailleurs, même les macronistes, on n'était pas tous unanimes sur la question. C'était une mesure surprise, la surprise du chef M. Bayrou juste avant qu'il s'en aille. Mais en réalité, tout le monde savait que c'était un totem politique qui était là pour qu'on se concentre là-dessus, au détriment du reste. Parce que dans le reste du budget, il y avait aussi de nombreuses mesures scandaleuses. La première d'entre elles, je dirais que c'est l'année blanche. Là, il nous fait des grandes déclarations sur le pouvoir d'achat des Français qui a été trop négligée. Nous verrons bien s'il le reprend dans le budget.
Mais l'idée, c'était une année blanche pour gagner quelques milliards, véritablement, sur le pouvoir d'achat des Français. Puisque c'est les pensions de retraite qui ne sont pas indexées, les allocations, par exemple, la hache, les salaires. Donc ça fait perdre de l'argent à tout le monde. Il y a le déremboursement de certains médicaments, notamment pour des maladies de longue durée. Bref, il reste un tas de mesures dans ce projet de budget. A priori, elles n'ont pas été citées par M. Lecornu, donc elles y seront toujours, auxquelles nous serons largement opposés.
Alors, il démarre les discussions. Et alors justement, on va parler des mesures plus précisément. Mais le Premier ministre dit vouloir une discussion parlementaire, moderne, franche, de très bon niveau, avec l'EPS, les écologistes, le Parti communiste, ceux qu'il appelle la gauche républicaine, qui, à ses yeux, doit s'émanciper de la France insoumise, qui s'exclut elle-même de la discussion. Alors, est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous n'avez pas du tout envie de discuter ? Est-ce que pour vous, avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, c'est le rapport de force et puis c'est tout ?
Bon, d'abord, j'ai lu, comme vous, cette interview donnée à la presse régionale du nouveau Premier ministre, dans lequel il y a quand même énormément d'éléments de langage qui ne veulent rien dire, en réalité. Qu'est-ce que ça veut dire une discussion moderne et franche ? Tout et n'importe quoi, on ne sait pas. Donc voilà, ça c'est la première chose quand même, c'est ce type de grande déclaration qui n'engage à rien. Donc il va pouvoir discuter. Nous avons déjà dit que nous n'irons pas à un rendez-vous avec M. Lecornu, parce que nous savons quel projet de budget il va être présenté.
Nous ne savons pas dans quelle mesure l'austérité se déploiera, combien de milliards, mais nous savons que ce sera un budget austéritaire. Donc nous y sommes opposés. Nous avons déjà dit, nous donnons rendez-vous au Premier ministre, quand il aura formé son gouvernement, dont pour l'instant nous ne savons rien, mais dont nous pressentons que peut-être il va recycler quelques fidèles de la Macronie qui étaient déjà en poste auparavant. Nous avons déjà dit, le rendez-vous c'est le vote de confiance. Demandez la confiance de l'Assemblée nationale. M. Bayrou, on peut lui reconnaître un mérite à M. Bayrou, c'est d'avoir demandé la confiance. Ensuite il est parti, il en a pris acte.
En Macronie, ça ne se faisait plus depuis 5 ans. Mais est-ce que je vous ai bien compris, c'est qu'il va demander la confiance. Donc il va demander la confiance. Pas de discussion. Il ne la demandera pas la confiance. Mais pas de discussion. Donc nous allons déposer une motion de censure. Et nous n'ayons pas à discuter avec M. Lecornu. Mais je vais vous dire une chose, pas par sectarisme de notre part, mais parce que tout ça est en fait scandaleux. C'est le troisième Premier ministre illégitime que nomme M. Macron. En 2024, il y a eu un fait majeur, c'était la dissolution de l'Assemblée nationale. Ça compte les élections dans notre pays, ça compte les campagnes.
Et c'est le nouveau Front populaire qui était arrivé en tête. Donc M. Barnier est tombé parce qu'il était illégitime. Il a fait trois mois. M. Bayrou a duré un petit peu plus avec des manigances et des magouilles, notamment le fameux conclave sur les retraites qui a permis de berner le Parti socialiste à ce moment-là. Il a duré un peu plus, mais il est tombé. M. Lecornu va tomber. Et ce que je déplore, madame, c'est qu'en réalité, M. Macron nous fait perdre un temps fou, et pour les Français, et pour faire face au changement climatique, et à toutes les urgences qu'on devrait affronter aujourd'hui.
Parlons de nos urgences, parlons de nos urgences. Là, vous dites que c'est une mascarade, il n'y a pas de discussion. Ça sera un budget d'austérité. Je lis ce matin que la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivé, dit que François Bayrou était fixé sur 44 milliards. Elle dit que ça pourrait être 35. Et surtout, ce qu'on voit, c'est que les socialistes sont en train de monnayer leur non-censure. Et ils mettent un prix, un prix qui pourrait être pas de 49.3, la réforme de la réforme des retraites, et la taxe sur les ultra-riches. Est-ce que pour vous, même la taxe Zuckmann, c'est un mauvais compromis, voire de la compromission ?
Alors, je ne ferai pas de prédiction, mais je vais quand même me risquer à une chose, c'est que les socialistes sont en train de se vendre pour pas cher du tout. Parce qu'il y aura un 49.3 sur ce budget, parce qu'il ne trouvera pas de majorité, parce que les socialistes ou les républicains, dont aujourd'hui M. Lecornu essaie de négocier la non-censure, c'est ça son objectif. Il s'en fiche que les oppositions ne votent pas le budget. Je vais vous dire, je suis parlementaire depuis trois ans, je n'ai jamais voté un budget. On a eu 28.49.3. Donc il passera par 49.3, donc ça c'est la première demande des socialistes qui ne sera pas respectée.
Il n'y aura pas de taxe Zuckmann, il y aura peut-être une version amoindrie sur les patrimoines des ultra-riches, mais ce ne sera pas la taxe Zuckmann. Il y a déjà trop de voix dans la Macronie et chez ALR qui disent qu'ils n'en veulent pas. Et il n'y aura pas d'abrogation de la réforme des retraites. Donc ça regarde le parti socialiste.
Il n'y a pas des curseurs entre l'abrogation, la suspension, la taxe Zuckmann, le niveau... Il n'y a pas des curseurs qui se discutent politiquement pour sortir d'une impasse ?
Il y a des curseurs en effet, mais je veux dire, la taxation sur les hauts revenus, la pression populaire est telle depuis huit ans, face à cette captation des richesses par une infime minorité sous la Macronie, la pression populaire est telle que même les macronistes ont commencé environ depuis un an à dire peut-être qu'en effet il faudrait aller dans cette direction. Mais il ne faut pas aller dans cette direction, il faut y aller très franchement. Parce que là on prend du retard et ils accumulent de la richesse.
Vous avez vu cette interview du patron du MEDEF, Patrick Martin, qui dit que c'est une forme de spoliation et qui dit ce matin, c'est dans le Parisien, que si on alourdit les impôts des entreprises, il y aura une grande mobilisation patronale.
Oui, alors on ne les avait pas vus venir ces manifestants du mois de septembre. Il y en a d'autres qui étaient plus attendus, ceux du 10 et ceux du 18 auxquels on donne rendez-vous. Heureusement, il y a des grands patrons dans ce pays qui ne disent pas exactement ça et qui ont conscience que quand on demande des impôts, quand on demande ça, c'est pour participer à l'effort national et pour faire en sorte qu'il y ait un petit peu de partage des richesses, un petit peu de justice fiscale dans ce pays. Et il y a des grands patrons et des plus petits patrons d'ailleurs, encore plus nombreux, qui voient bien le déséquilibre qui s'est creusé et qui s'est accentué.
Donc d'abord, je veux dire que le président du MEDEF n'est pas représentatif de l'ensemble du monde économique et heureusement. Ensuite, sur ce que le MEDEF fait, d'habitude, ils font des négociations de couloirs, des négociations de coulisses avec le pouvoir. C'est comme ça qu'ils ont obtenu auprès de M. Macron toutes ces faveurs en faveur du grand patronat et des multinationales. Aujourd'hui, ils le disent un peu plus franchement. Ça mérite d'être dans le débat public et de pouvoir être discuté. Et nous, nous leur disons qu'évidemment, si toutes ces réformes qu'a faites M. Macron, je pense à l'ISF, mais je pense aussi à la flat tax, tout ça nous coûte 60 milliards par an. M.
Bayrou, qui était donc le plus ambitieux dans l'austérité, en cherchait 44. Voilà, la situation est relativement claire. Et je veux dire qu'elle est claire pour les Français. Ils se rendent bien compte de la spoliation-là qui a été encouragée par des choix politiques très clairs.
Alors, politique, question d'Alix Bouillaguet. Clémence Guettet, vous dites que le PS se vend pour pas cher. Mais bon, si on regarde, il y a déjà un petit bilan. Les deux jours fériés, c'est à la trappe. Imaginons un budget... Mais ce n'est pas le PS, ça vous êtes d'accord ? Imaginons... C'est un signal en tout cas. Non, ce n'est pas le PS. Imaginez un budget à 30 milliards. Il y a le bon de pied, il parle de 35, peut-être que ça peut atterrir à 30. Une taxation des ultra-riches, pas la taxe Zucmane, mais un entre-deux. Par exemple, des gros efforts faits sur la pénibilité, sur les retraites. Vous dites, c'est tout ou rien ? Vous dites, bon, c'est quand même des petits pas.
Mais tout ce que vous dites là, Madame Bouillaguet, ce sont vos assomptions. Mais pour l'instant, nous n'en avons aucune idée. On sait très bien ce qui va être sur la table. Peut-être que vous, vous le savez, mais moi, comme parlementaire, je n'ai pas encore le budget. Et M. Lecornu disait hier, dans sa grande interview à la presse régionale, qu'il n'avait pas encore fait le budget. Non, mais vous ne dites pas là, il y a des petites choses intéressantes. Non, il y a des perches tendues, parce que le pouvoir prend un petit peu conscience de la colère dans ce pays. Mais ce que déclare Madame Brune-Pivet, ça n'a aucune valeur par rapport à ce que fera M. Lecornu dans son budget.
Ce que veulent les socialistes, c'est des incantations, tout ça. Donc moi, j'attends d'avoir le budget, mais ce que je vous dis...
Non, mais ça, par exemple, si on atterrit autour de ça, vous dites, bah tiens, après tout, c'est pas mal.
Mais nous, on a fait une proposition de contre-budget, comme d'autres forces politiques, vous le savez. Et c'est d'une autre ambition, d'une autre ambition de rupture, parce qu'en fait, on a réellement besoin d'investissement dans ce pays. Je veux dire, ce dogme des 3% de déficit, ce ton alarmiste qu'a pris M. Bayrou dans sa tournée médiatique pour faire peur à tout le pays, c'est une mauvaise façon de prendre les choses. Donc il n'y a pas de dette. Mais bien sûr qu'il y a une dette, Madame. Mais je vais vous dire, je suis pour le 0% de pauvreté dans notre pays. Je ne pense pas que le 3% déficit soit un dogme absolu, que les Français doivent se vider les poches pour ça.
Et je vais vous dire une autre chose. Il faut partir économiquement de l'inverse de ce que fait M. Macron, c'est-à-dire des besoins des gens. Non, attendez, je termine juste là-dessus. Il y a des milliards et il y a des dépenses qui sont utiles. Il y a des milliards, j'irais même plus loin, qui sauvent des vies. Quand les associations de lutte contre les violences faites aux femmes demandent 3 milliards, je pense que ça peut sauver des vies et je suis parfaitement d'accord. Quand il faut 600 millions pour dépolluer les Antilles qui ont été polluées au chlordécone et qui génèrent des cancers à toute la population, je pense que c'est une priorité.
Quand ils font 1 milliard pour lutter contre l'illettrisse... Non, non, mais c'est important. Non, non, non, non, Madame Fresseuse. Allons sur la réalité. Mais c'est la réalité dont vous parlez en même temps. Pardon, mesdames. Pardon, mesdames. Ce sont les vies des gens dont vous parlez. Je comprends que vous ayez des aspirations extrêmement très bonnes, mais on part de la réalité. Vous n'avez pas la majorité aujourd'hui et nous sommes dans une assemblée où il n'y a pas de la majorité. Le sujet, c'est est-ce qu'on essaye d'améliorer un peu ou est-ce qu'on rompt ? Vous faites la destitution, la destitution d'Emmanuel Macron, il ne sera pas voté. Mais quelle est, où aboutit votre stratégie ?
C'est là qu'on ne comprend pas. Est-ce que finalement les socialistes ne peuvent pas obtenir un peu plus que vous, alors que vous êtes quand même minoritaire LFI au Parlement aujourd'hui ? J'entends votre question. Ce que je voulais juste dire par ma démonstration, c'est que la politique austéritaire a des conséquences très concrètes. Et je suis d'accord avec vous sur le fait que nous devons parler du réel et du quotidien des Français. Vous dites qu'il vaut mieux peut-être quelques petits pas. Ce que je réponds à ça d'abord, c'est que c'est extrêmement hypothétique. Que en plus, nous avec la motion de destitution, je pense que nous sommes arrivés à populariser ce mot d'ordre.
D'abord parce qu'il correspond à une aspiration des Français. Sortez un nouveau sondage ce matin, 17% de popularité pour M. Macron. Je veux dire, c'est un score absolument catastrophique.
Jean-Luc Mélenchon, 17ème personne que les Français veulent voir à l'Elysée dans le dernier sondage ce matin. Il me semble que c'est dans la tribune dimanche. C'est une bonne nouvelle ça, et puis ça va continuer de monter.
Première personnalité, Jordan Bardella, seconde Marine Le Pen. Non mais d'accord madame, mais moi je vous parle d'un homme qui est au pouvoir aujourd'hui, qui exerce les responsabilités depuis 8 ans. Donc son bilan, excusez-moi, mais on peut discuter de Jean-Luc Mélenchon si vous voulez. François Sressot, son bilan sur la destitution. Oui, j'essaye de répondre à toutes vos questions puisque vous m'avez interrompu pour donner les scores de popularité des personnalités politiques françaises. Ce que je vous dis, c'est que nous avons des campagnes à mener. Qu'en l'occurrence, nous avons un bilan de M. Macron et qu'il est très clair.
Nous avons aujourd'hui 104 députés du nouveau Front populaire, insoumis, communistes, écologistes, qui veulent la destitution de M. Macron. C'est bien plus que quand nous avions développé, déposé cette motion. Mais ça reste extrêmement minoritaire. Non mais d'accord, mais c'est la majorité à gauche déjà. Et ensuite, et ensuite madame... Mais est-ce qu'à un moment, vous ne dites pas, voilà ce qui peut être le plus utile à un moment de crise dans le pays, c'est peut-être de faire un compromis plutôt que d'aller dans une stratégie de rupture qui visiblement, actuellement, ne marche pas. Mais les macronistes n'ont jamais cherché à avoir de l'ambition autre que pour l'austérité dans leur budget.
Un exemple, l'attaque Zuckmann. Elle a été votée déjà à l'Assemblée nationale. Le problème, c'est qu'elle a été enlevée par 49-3 dans le budget. Donc si vous voulez, parfois il existe des majorités pour aller dans le sens... Mais là, elle n'existe pas. Donc voilà... Elle n'existe pas parce que le pouvoir illégitime a passé par 49-3 une censure de ce qu'avaient voté les parlementaires. Remettons juste un peu les choses dans l'ordre, s'il vous plaît, quand même. Il est illégitime, M. Bayrou. Il n'avait pas à être nommé à Matignon. Alors le choix présidentiel dans la constitution de la 5e, et on en parlera plus tard, fait qu'il peut s'arroger ce pouvoir.
Il n'empêche qu'aujourd'hui, les élections, on a l'impression qu'elles peuvent être piétinées. Puis tout le monde prend ça pour acquis. Et puis on lui dit...
Je vais reposer la question un peu différemment. Sébastien Lecornu, qui vient de prendre ses fonctions, a quand même envoyé des signaux à la trappe les deux jours fériés. Il ouvre la voie à plus de justice fiscale, effectivement, à voir ce que ça cache derrière. Il souhaite une loi de décentralisation. Et il souhaite mettre fin aux privilèges accordés à vie à certains anciens ministres du gouvernement. Quand ça va dans votre sens, vous pouvez le dire ? Oui, évidemment, je peux le dire.
Mais je reviens juste un instant encore au fait générateur. Ce Premier ministre est illégitime. Et je vous le dis, ils peuvent être remplacés, ils pourraient être remplacés, il va finir par tomber. On perd juste du temps. Mais c'est la continuation de la politique macroniste que nous dénonçons.
Et ça ne vous fait pas peur la dissolution, quitte à installer Jordan Bardella, d'abord à Matignon et puis peut-être après à l'Élysée ?
Nous ferons campagne. Mais écoutez, en 2024, tout le monde nous a dit en boucle que le Rassemblement national arrivait en tête. Ça n'est pas arrivé finalement.
Vous savez très bien que le Front républicain ne fonctionnera plus comme il a fonctionné. Donc le risque, il est là. Et les sondages parlent d'eux-mêmes. C'est 33% pour Jordan Bardella, le RN, et c'est moitié moins pour la gauche.
Les sondages, madame, ont donné 27 fois sur 27 gagnant le Rassemblement national en 2024. Et ça n'est pas arrivé. Voilà ce que je vous dis. Donc ensuite, pour ce qu'a proposé M. Lecornu, aujourd'hui nous en sommes au stade d'hypothèse. Et nous nous battrons comme nous nous battons à chaque budget pour faire valoir nos propositions et trouver des majorités. François, je voudrais juste revenir sur le thème illégitime, illégitime le Cornu. Mais qui est légitime dans cette Assemblée ? Au fond, quand vous avez essayé de mettre un Premier ministre au nom du nouveau Front populaire, on a vu à quel point c'était difficile.
Quand on voit aujourd'hui les écarts entre votre position et celle du PS, on voit qu'il n'y a pas, rien ne se tient. Est-ce qu'au fond, le sujet aujourd'hui, c'est que dans cette Assemblée, dans cette représentation politique, il y a une vraie question de légitimité qui n'est pas tranchée. Et qui fait que peut-être vous avez intérêt à essayer de vous assembler, parce qu'il n'y a aucune légitimité de part et d'autre. Mais il y a la légitimité du Parlement quand même, qui encore une fois est piétinée. Mais non, vous ne pouvez pas dire ça, il n'y a pas de majorité. Donc il y a une majorité à trouver. 28,493 sur le budget. Je ne l'ai jamais voté comme parlementaire.
C'est la première prérogative d'un parlementaire de voter le budget de la nation. Des 49.3 déguisés sur la loi du plomb qui réhabilitait les pesticides. Mais vous n'avez jamais prouvé non plus que la réforme des retraits. Non mais il y a un rouleau compresseur du pouvoir, et notamment de l'Elysée, sur le Parlement, qui est l'instance légitime parce qu'elle représente le peuple français, même si elle est fragmentée. Je vais dans votre sens. Elle est fragmentée, mais elle est légitime. Et elle vote, cette Assemblée nationale. Je suis vice-présidente de l'Assemblée nationale. Je vois les choses parfois depuis le perchoir. Et je vois que se dégagent des majorités.
Le problème, c'est que la Macronie utilise aujourd'hui tous les artifices et les abus permis par la Constitution de la Vème République pour piétiner ce Parlement. Alors peut-être qu'il ne vous convient pas, politiquement. Peut-être qu'il ne convient pas aux Français. Toujours est-il que c'est le résultat de leur vote de l'année dernière. Donc une dissolution, en soi, ne changera pas le sujet que nous avons là.
On va parler, si vous voulez bien, Clémence Guettet, de la mobilisation du 10 septembre. Vous avez beaucoup parlé du peuple, ce que veut le peuple. Alors est-ce que cette mobilisation portait la voix du peuple ? Écoutez ce qu'en disait le jour même, mercredi 10 septembre, le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Bruno Retailleau.
Les choses sont désormais très claires. La mobilisation n'a rien d'une mobilisation citoyenne. Elle a été détournée, confisquée, captée par la mouvance de l'extrême gauche, de l'ultra-gauche, appuyée par le mouvement des insoumis. C'est très très clair.
Clémence Guettet, c'est très très clair pour Bruno Retailleau. C'est un mouvement peut-être au début populaire, mais qui finalement est un mouvement que vous avez essayé de transformer en mouvement politique et qui aurait fait flop.
Mais vous savez, les mouvements populaires sont des mouvements politiques. Les gens n'ont pas besoin des partis politiques pour en faire, en réalité. Le mouvement des Gilets jaunes était déjà éminemment politique. Celui-ci l'est aussi.
Il y avait des mots d'ordre. Il n'y avait pas les mêmes participants, n'est-ce pas ? Les Gilets jaunes, c'était vraiment des gens précaires, des petits commerçants. Et là, si on regarde...
Là aussi, il y avait des gens précaires et des gens qui galèrent à s'en sortir. Parce que malheureusement, il y en a de plus en plus dans ce pays. Des gens plus diplômés que la moyenne, des gens plutôt défilés. Moi, j'ai vu dans ces mobilisations, d'abord une forme de mobilisation assez exemplaire de la jeunesse, qui souffre beaucoup dans notre pays. Des manifestants très féminisés, très divers socialement, mais qui partageaient des mots d'ordre. Le premier d'entre eux, c'était le fait de voir partir M. Macron, parce qu'il y a une détestation qui est politique et qui est quand même extrêmement forte dans notre pays.
Mais aussi, pas de budget austéritaire, mais aussi l'abrogation de la réforme des retraites. Et M. Retailleau avait prévu, donc ministre démissionnaire, avait prévu un dispositif démesuré, de force de l'ordre, 80 000 policiers. C'est plus que pour le 14 juillet, par exemple. Ce qui a donné lieu à des scènes quand même ahurissantes. Vous avez peut-être pris au bon, comme quoi vous appeliez au blocage général, la grève générale. La grève, c'est dans la Constitution, Mme Fresseau, c'est pas produit. Autrement dit, c'est peut-être votre idéal qui s'est écoulé, parce qu'il n'y a pas eu une mobilisation aussi forte que ce que vous dites.
Et factuellement, la France devait être bloquée, elle ne l'a pas été. On est encore dans un pays où la grève est autorisée dans la Constitution. La grève, c'est le blocage. C'est le blocage notamment parce que les rapports de force économique comptent dans ce pays. Et que quand le secteur des transports, par exemple, est en grève, quand c'est le cas aussi dans des services publics, je suis allée, moi, dans ma circonscription, à des manifestations qui étaient organisées sur la santé, la fermeture d'un centre de santé municipal, la fermeture d'une classe, donc l'éducation nationale, et Sanofi, juste à côté de ma circonscription, donc des pharma et des entreprises médicales.
Est-ce que ça a été un succès ? Moins de 200 000 personnes. Oui, c'était un succès. 175 000 selon les chiffres du ministre illégitime, M. Retailleau, et 500 000 selon les recollements que nous avons pu faire dans les différentes villes de province.
J'ajoute un chiffre. 2 millions lors des dernières manifestations contre les retraites organisées par les syndicats. Donc 2 200 000, est-ce que c'est un franc succès ?
Oui, quand il y a 500 000 personnes, je redis, 500 000, qui le disent, un jour de semaine, se mobilisent pour dire des mots d'ordre extrêmement politiques et essayer de faire en sorte que le pouvoir se réveille et écoute enfin ce pays, c'est un franc succès. Les retraites, vous avez raison, c'était des mobilisations ultra massives. Mais je dis aux gens de ne pas rentrer chez eux définitivement, puisque ça tombe bien la semaine prochaine. Le 18, il y a l'intersyndical qui appelle à manifester.
Que Jean-Luc Mélenchon, chaque année, essaye d'organiser des mobilisations contre la vie chère, notamment, mais que ça ne prend pas vraiment. C'est vrai que le mouvement des Gilets jaunes s'est déroulé sans vous, sans les insoumis. Est-ce que finalement, le Rassemblement national n'est pas davantage en prise avec les Français sur ces sujets-là ?
Je ne comprends pas votre question, Madame, je suis désolée. Jean-Luc Mélenchon n'a ni organisé les Gilets jaunes, ni organisé le 10, ni organisé le 18, qui est à l'appel des syndicats. Jean-Luc Mélenchon n'a pas poussé à la mobilisation le 18, le 10 septembre.
Jean-Luc Mélenchon n'a pas pris la parole pour dire aux Français de se mobiliser. Donc oui, il a appelé à la mobilisation. Oui, d'accord, mais il n'a pas organisé ses mobilisations.
Mais bien sûr, nous avons dit que la France Insoumise était en soutien de ses mobilisations. Mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, la mobilisation. Parce que le RN n'est pas davantage en prise, c'est ça la question. Mais alors, quand est-ce que le RN a fait des mobilisations en faveur du pouvoir d'achat des gens dans ce pays ? Dites-le-moi. Quand est-ce que le RN était dans la rue contre la réforme des retraites ? Dites-le-moi. Ils ne sont pas dans la rue. Parce que c'est l'extrême droite et que la mobilisation populaire a toujours été du côté de la gauche et non pas de l'extrême droite. Je vais vous dire une autre chose.
Ils ne sont pas dans la rue, ils ne sont pas non plus à l'Assemblée nationale. Parce qu'ils n'étaient pas là quand il fallait combattre la réforme des retraites à l'Assemblée. Et parce qu'ils refusent toujours de voter l'augmentation du SMIC ou le retour de l'ISF. Donc le RN, l'extrême droite dans son ensemble, est une farce politique quand il s'agit d'être en soutien au peuple dans ce pays. C'est très clair ça. François, sur la gauche et les syndicats, jeudi, grande journée annoncée par les syndicats. Comment vous vous insérez dans cette journée du jeudi, alors qu'une grande partie des syndicats disent « Non, c'est notre mouvement et on ne veut pas de LFI ».
Comment vous y êtes et comment vous montrez que la mobilisation continue de votre point de vue ? La mobilisation de toute façon continue par les salariés avant tout. Et je suis sûre que c'est le point de vue des syndicats, nous l'avons toujours respecté. Ce sont les travailleurs, travailleuses qui se mobilisent et qui font la grève. Et d'ailleurs certains ont fait la grève et se sont mobilisés entre le 10 et le 18. Dès lors que l'intersyndicat l'appelle au 18, nous relayons cette date. Parce qu'il y a toujours la nécessité de faire un front commun entre les partis politiques et les syndicats.
Et figurez-vous qu'en plus l'engagement insoumis n'est pas exclusif d'autres engagements et que beaucoup de mes camarades sont aussi des syndicalistes dans leurs propres entreprises. Donc évidemment nous allons nous mobiliser, nous soutenir comme nous le faisons à chaque manifestation. Et j'espère qu'elle sera la plus puissante possible parce que nous en avons besoin. Au-delà de ça, il y a d'autres dates. Déjà dans le paysage, on entend parler du 21 septembre, c'est un dimanche. Parce que je le redis, en semaine c'est difficile aussi. C'est quoi le 21 septembre ? En semaine c'est difficile parce que les gens perdent de fait des journées de salaire, donc c'est difficile.
Le 21 septembre, j'ai entendu ça de la part notamment d'organisations qui se mobilisent pour la fin du génocide à Gaza. Puisque vous le savez, la date prévue pour la possible reconnaissance de la Palestine, enfin par M. Macron et par la France, c'est le 22 septembre. Donc il y a des suites à cette mobilisation. Et je pense que c'est important de voir ces répliques qui parfois ne sont pas en effet initiées par les mêmes organisateurs et qui ne sont pas exactement sur les mêmes sujets, mais qui forment un ensemble politique cohérent. Et un ensemble que nous, nous qualifions de dégagistes, parce que ce qui surmonte tout, c'est le dégoût, c'est le ras-le-bol.
Vous parlez de Gaza, passons à l'international, si vous voulez bien dans l'actualité, Clémence Guettet. Ce regain de tension sur le flanc oriental de l'Europe. Alors vendredi, la Russie a entamé des exercices militaires en Biélorussie. C'est tout près de la frontière avec la Pologne et ça réveille un mauvais souvenir, parce que c'est un peu comme ça que la Russie avait commencé il y a trois ans et demi avant d'envahir l'Ukraine. Et puis mardi, stupeur général en Occident, une vingtaine de drones présumés russes sont entrés dans l'espace aérien polonais. Comment est-ce que vous, députée française, vous regardez cela ? Est-ce que c'est de la provocation de la part de Vladimir Poutine ?
Est-ce que c'est une menace ? Est-ce que vous êtes inquiète ?
Alors, il est évident d'abord que ces actes sont extrêmement graves. confèrent la convention de Chicago de 44 de l'ONU qui interdit à n'importe quel engin volant de survoler un autre État sans que cet État en question ait donné son autorisation. Ça n'était évidemment pas le cas de la Pologne ni de la Roumanie, puisque j'ai vu cette nuit que potentiellement c'était arrivé aussi. D'abord, c'est un acte extrêmement grave de violation du droit international. Ça, c'est très clair. La deuxième chose, c'est que je nous invite collectivement à la prudence, puisqu'il y a cette question d'intentionnalité.
Vous savez qu'il y a des engins de brouillage qui potentiellement peuvent dévier ce type de matériel. Je parle des drones. L'intentionnalité qu'aujourd'hui, la Russie réfute. Toujours est-il que même intentionnalité mise à part, c'est un acte extrêmement grave de violation du droit international.
Et surtout, ça signale que nous ne sommes pas au niveau pour intercepter, récupérer. Ça signale que peut-être nous ne sommes pas assez armés. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Non, ça signale qu'il y a de nouvelles technologies et qu'il est clair que la question de l'utilisation de drones est un nouveau matériel sur lequel nous avons encore, évidemment, des progrès à faire. Mais je veux dire quand même que l'armée française, en matière de cybersécurité, de défense dans l'espace ou sur la question des drones et de ce nouveau type d'engin, est quand même une excellente armée. Nous ne sommes pas en retard technologiquement. Et je veux dire qu'on a des entreprises encore très puissantes de ce point de vue-là. Est-ce que ça ne crédite pas l'idée, au fond, que la Russie a une vraie volonté d'expansionniste ?
Et quand vous redites avec Jean-Luc Mélenchon, cet été, les Français n'ont aucun intérêt militaire à l'augmentation des arsenaux, est-ce que vous n'êtes pas un peu à côté de la réalité ? C'est-à-dire qu'on ne fait rien, on reste désarmé face à l'agression russe ? Que proposez-vous ? Qu'on aille faire la guerre à la Russie ? Non, non, je vous demande, je vous interroge. Mais moi, je vous réponds ça. Et on abandonne toujours la Russie, les territoires ? Quand nous disons que les Français n'ont pas d'intérêt à la guerre, c'est-à-dire que nous le pensons de toutes nos forces, et nous l'avons dit depuis maintenant trois ans. C'est un idée de la paix, mais quand vous regardez la réalité...
C'est très concret la paix, madame. De même que la guerre, c'est très concret. C'est des gens qui meurent, voilà, nous n'en voulons pas. Donc nous disons depuis trois ans, il faut ouvrir un cadre de négociation entre la Russie et entre l'Ukraine. Mettre toutes nos forces diplomatiques pour aller dans ce sens-là, et notamment ouvrir ces négociations avant que la Russie soit dans la position de force dans laquelle malheureusement elle est aujourd'hui.
Il y a beaucoup de monde qui veut parler à Vladimir Koutin, apparemment c'est un peu difficile. Est-ce qu'en attendant, on doit continuer les sanctions ? Est-ce qu'en attendant, on doit s'armer et dépenser en effet 5% du PIB ? Ou est-ce que, je reviens finalement à cette question, non, il faut espérer qu'un jour Vladimir Poutine veuille parler aux Occidentaux et à Volodymyr Zelensky. Mais on ne conclut pas une guerre en achetant des armes.
Voilà, c'est très clair. On ne prépare pas la guerre quand quelqu'un envahit. Il faut ouvrir des discussions et les mener de toutes nos forces. On ne peut de toute façon pas abandonner cet objectif-là. Sinon, c'est les armes qui s'expriment en effet, et ce sera absolument dévastateur. Nous avons alerté sur le risque d'escalade militaire, sur le risque d'embrasement régional, depuis quelques temps. Donc oui, nous continuons à dire qu'il faut des négociations pour arriver à la paix, y compris avec des dirigeants internationaux qui violent, encore une fois, le droit international.
Mais quand vous entendez Donald Tusk, le Premier ministre polonais, qui dit qu'on n'a jamais été aussi proche d'une Troisième Guerre mondiale, est-ce qu'il a raison de dire ça ? Et est-ce que vous ne redoutez pas, à travers ce qui vient de se passer en Pologne, une extension du conflit ukrainien au reste de l'Europe ?
Je viens de le dire, je crains l'embrasement régional, et nous alertons sur cette question depuis maintenant plusieurs années. Donc concrètement, par exemple,
Emmanuel a annoncé le déploiement des trois Rafales pour contribuer à la protection de l'espace aérien polonais. Vous dites que c'est à la hauteur, Emmanuel Macron, que c'est à la hauteur,
ou que la France doit faire plus ? La France a une centaine d'avions Rafales. Quand on en envoie trois, on n'est pas en train de déclarer la guerre à la Russie, et c'est tant mieux. Nous avons là une opération qui est inédite parce qu'il s'agit potentiellement d'intercepter des drones. Ce que jusqu'ici, nous ne faisions pas. La France fait ça parce que nous faisons partie de l'OTAN. Vous savez, vous connaissez notre position sur l'OTAN, mais je vais quand même la répéter pour les gens qui nous écoutent et qui nous regardent. Nous sommes partisans du fait de sortir du commandement intégré de l'OTAN et de sortir de l'OTAN tout court. Pourquoi ?
Parce que c'est une vassalisation totale de la France vis-à-vis des États-Unis d'Amérique. Quand le président Macron, d'ailleurs en passant le parlement, la parlementaire que je suis, n'a jamais pu voter sur cette question, donc il décide tout seul qu'on met 5% du PIB, de la richesse nationale, pour s'armer... Mais vous ne trouvez pas que les États-Unis nous lâchent en ce moment ? Ce n'est plus trop le sujet. Ah oui, mais figurez-vous qu'ils sont quand même dans l'OTAN. Comment l'Union européenne se défend face à des puissances autoritaires qui n'écoutent rien ? Parce que ce n'est pas ça le sujet. Aujourd'hui, Madame Fressoz, nous sommes dans l'OTAN.
Et l'OTAN, quand même, la moitié des importations d'armes de l'Union européenne, ça vient des États-Unis. Donc nous engraissons l'industrie militaire américaine. Et par ailleurs, les décisions politiques... Il faut muscler la nôtre ? Les décisions politiques de l'OTAN sont très liées aux intérêts américains. Je veux dire, tout le monde sait ça. Mais est-ce qu'il faut muscler notre défense européenne ? Pour répondre à votre question, nous ne sommes pas pour l'Europe de la défense. Nous l'avons déjà exprimé extrêmement clairement. Nous pensons que les questions de défense et les questions militaires, la souveraineté s'exercent au niveau national.
C'est d'ailleurs la base de notre doctrine de dissuasion nucléaire, qui est quand même un élément absolument central dans notre doctrine de défense française. Nous ne pouvons pas, et nous ne souhaitons pas, étendre ce parapluie nucléaire à l'ensemble de l'Union européenne, aller jusqu'à la Pologne, entrer en guerre avec la Russie, qui est une autre puissance nucléaire. Nous le refusons absolument. Vous votez les sanctions ? Est-ce que vous votez les sanctions contre la Russie ? Oui, oui, les sanctions, nous les avons votées. Est-ce que vous êtes pour... Les sanctions économiques, elles sont importantes. Elles permettent de cibler les oligarques, le régime.
Et je suis intéressée par la question qu'on se pose à l'international. Je veux juste dire en un mot, parce que je ne sais pas à quel moment vous allez changer de sujet, que je déplore quand même le deux poids de mesure sur la condamnation unanime qu'il y a de la classe politique vis-à-vis de M. Poutine qui viole le droit international par rapport au silence assourdissant vis-à-vis de M. Netanyahou qui le fait en permanence. Il a encore bombardé, décidé de bombarder avec l'armée israélienne le Qatar. C'est un voisin de plus qui l'a agressé dans la zone. Vous venez de le dire. Il kidnappe des parlementaires dans les eaux internationales.
Je n'ai pas l'impression qu'il y a un silence assourdissant. Ça fait débat en France et il y a des prises de position françaises. Mais encore heureux, nous sommes face à un génocide. On devrait en parler tout le temps. Et donc il n'y a pas de silence assourdissant. On devrait en parler tout le temps. La France va reconnaître l'État de Palestine. C'est intéressant. La France va reconnaître l'État de Palestine le 22 septembre. J'ai porté à l'Assemblée nationale une résolution qui voulait mettre fin à l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. C'est un accord économique, un accord de libre-échange. Tous les macronistes, d'une seule voix, ont voté contre cet accord.
Je le dis, au détour d'un amendement, ils ont aussi voté contre le fait de respecter les décisions de la Cour pénale internationale. Ça veut dire que les macronistes, les troupes de M. Macron, ont voté contre le respect du droit international à l'Assemblée nationale. Je ne sais pas si on se rend compte du niveau où c'est. C'est ahurissant en réalité.
Clémence Guettet, on aurait voulu, on voudrait, ne pas finir ce tour d'actualité sans vous parler des réseaux sociaux. Parce qu'il s'est quand même passé quelque chose qui est très concernant pour les Français. C'est ce rapport, et vous êtes à l'Assemblée, de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok, ce rapport qui dit qu'il faudrait un couvre-feu de 22h à 8h du matin pour les 15-18 ans et que de toute façon, il faudrait interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Oui ou non ? C'est une bonne idée ?
Non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je pense que l'interdiction n'est pas la solution. D'abord parce qu'il y a énormément de moyens de contourner ces interdictions. Donc en fait, j'essaye d'être pragmatique, on est des responsables politiques. De fait, on a vu par exemple que quand des sites pornographiques ont été interdits l'été dernier, les gens se sont mis et les utilisateurs se sont mis à installer des VPN pour contourner la géolocalisation. On sait que de toute façon, des réseaux sociaux, des plateformes, il y en a une multiplicité. Donc si ce n'est plus TikTok, malheureusement, ce sera d'autres. Et donc moi, je pense que...
Et par ailleurs, ce n'est pas le comportement des jeunes le problème, c'est le comportement des plateformes elles-mêmes. Donc je pense qu'il faut s'attaquer à ces plateformes et on peut le faire avec la législation, notamment le fait qu'elles puissent cibler des adolescents en diffusant des contenus qui incitent parfois jusqu'au suicide, qui incitent à l'automutilation, qui sont extrêmement dangereux. Et je prends appui pour vous dire ça sur un rapport d'Amnesty International paru en 2023 qui s'appelait Pousser vers les ténèbres et qui parlait exactement ça, du comportement que peuvent avoir les jeunes vis-à-vis des réseaux sociaux. Pourquoi on ne le fait pas ?
Eh bien, c'est une question de volonté politique parce qu'il y a des intérêts économiques ensuite derrière. Mais encore une fois, je pense que vis-à-vis des jeunes, on ne peut pas promouvoir une éducation très numérique aujourd'hui à l'école et ensuite se dire qu'ils ont un comportement vis-à-vis des réseaux sociaux qui serait trop ou une interdiction que de toute façon, je le redis, qui serait contournée. Donc il faut évidemment de l'éducation et de la sensibilisation à l'usage numérique et je pense que ça a tout à fait sa place à l'école et que ça devrait être encore renforcé.
France Inter Alexandra Ben Saïd Questions politiques
Clémence Guettet, la députée LFI et vice-présidente de l'Assemblée nationale et l'invité de questions politiques. On va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui Clémence Guettet. Celle qui dévoile nos invités, c'est Alix Bouillaguet qui a fouillé votre bio.
Et je laisse la parole à Jean-Luc Mélenchon.
Pour ceux qui n'auraient pas suivi le film depuis le début, Clémence et moi faisons équipe depuis tantôt un certain nombre d'années mais au moins depuis deux élections présidentielles et ensuite, maintenant, nous faisons ensemble l'Institut La Boétie qui est la machine à penser qui nous aide dans notre travail de militant et qui est la raison pour laquelle je viens vous voir ce soir.
On vient d'entendre notamment Jean-Luc Mélenchon au cours d'une conférence que vous animiez ensemble. C'est lui qui vous a repéré lorsque vous avez adhéré au parti de gauche en 2019. alors que vous n'aviez que 19 ans. Ascension, éclair jusqu'à, il le disait l'instant, co-diriger le laboratoire d'idées qui est l'Institut La Boétie. Est-ce qu'on peut dire que vous êtes aujourd'hui à 34 ans la tête pensante du parti ?
En tout cas, j'essaye de remplir les tâches qui me sont confiées parce que c'est comme ça que ça fonctionne dans notre organisation politique. Donc ça fait en effet deux présidentielles que je m'occupe du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon. L'Avenir en commun, enfin porté par Jean-Luc Mélenchon pendant ces deux élections présidentielles, j'ai toujours du mal à dire que c'est moi parce que c'est pas vrai, parce que c'est un collectif en fait, que moi j'ai l'honneur de coordonner. Alors évidemment, j'y participe.
Ensuite, jusqu'à l'Institut La Boétie, dont je veux dire un mot parce que j'en suis très fière, c'est un institut qu'on a remis en marche il y a deux ans qui est en effet un lien avec les universitaires. Et j'en profite pour vous dire d'ailleurs qu'on a sorti un nouveau livre la semaine dernière. C'est notre troisième livre, il s'appelle Nouveau Peuple, Nouvelle Gauche. Il est disponible dans toutes les librairies. Et à chaque fois, on essaye de prendre une question qu'avec des universitaires, on explore pour retisser ce lien entre universitaires et politiques qui est parfois distendu. Et je crois qu'on nous reconnaît une chose, c'est qu'on travaille à la France Insoumise.
Ceux qui vous aiment disent effectivement que vous êtes intelligente, que vous êtes une grande bosseuse, que vous êtes calme, que vous êtes solide. Vous le disiez, vous avez piloté le programme présidentiel de la France Insoumise notamment en 2022. Jean-Luc Mélenchon, il a même versé une larme lorsqu'il vous a vu pour la première fois monter au perchoir de l'Assemblée nationale en 2024. Vous, le bébé Mélenchon, est-ce que vous êtes désormais
devenu sa dauphine ? On a une relation évidemment qui est importante pour moi et humainement et politiquement avec Jean-Luc Mélenchon parce qu'on se voit énormément parce que vous l'avez dit, on co-dirige l'Institut Labo ici ensemble et donc, bon, c'est quotidien. Et donc, évidemment, il y a des liens aussi en politique qui sont des liens affectifs et c'est tant mieux d'ailleurs. Heureusement qu'on s'apprécie entre camarades et entre gens avec qui on passe beaucoup de temps.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'on est une équipe et qu'y compris les gens qui n'apprécient pas Jean-Luc Mélenchon politiquement reconnaissent le fait qu'il sait former des jeunes et les faire monter en responsabilité au sein de son organisation politique, en l'occurrence la France Insoumise.
J'ai parlé de ceux qui vous aiment, je vais parler de ceux qui vous aiment moins, disent que vous êtes derrière effectivement votre allure angélique. Eh bien, une copie humaine de Jean-Luc Mélenchon avec la même brutalité et le même sectarisme fait du même bois que lui avec une culture du rapport de force. Est-ce que vous vous reconnaissez dans cette description ?
Vous savez, cette citation, c'est Patrick Cannaire au moment où nous signions à l'époque les accords du nouveau Front Populaire, le chef des socialistes au Sénat. Donc, c'est pour vous dire que parfois, les amabilités des socialistes sont quand même de longue main. Il n'y a pas de rapport de force ? Tout ça pour dire qu'évidemment, il y a des rapports de force. En fait, c'est la base de la politique. Moi, je fais de la politique parce que je pense que c'est une façon de canaliser une forme de violence dans la société et qu'elle puisse s'exprimer démocratiquement.
C'est pour ça que je suis extrêmement honorée d'être parlementaire et de siéger à l'Assemblée nationale parce que je crois que c'est là que peuvent s'exprimer des désaccords qui sinon se régleraient autrement.
Est-ce que peuvent vraiment s'exprimer des désaccords ? Est-ce que d'ailleurs, vous, vous contestez Jean-Luc Mélenchon ? Si oui, j'aimerais savoir quand et sur quoi ? La dernière contestation
du chef ? Eh bien, nous avons des discussions et nous avons des réunions. Voilà, c'est la façon dont on discute en permanence. Et vous saurez que Jean-Luc Mélenchon... Les mauvaises langues disent que vous ne le contestez jamais. Oui, eh bien, ces mauvaises langues ne sont pas dans les réunions en question et ça tombe très bien parce qu'on n'a pas spécialement envie que nos discussions soient révélées au grand public. Je pense que ce qui fait notre force, c'est que nous vous parlons d'une même voix. Quand je dis vous, c'est les médias notamment. Parce que quand je vois des partis qui passent leur temps à se chamailler, M. Jadot qui dit le contraire de Mme Tondelier la semaine dernière, M.
Vallaud et M. Fort qui s'affrontent pour être un hypothétique Premier ministre, ça ne me fait pas rêver. Et je vous dis que et les rapports de force ont une forme d'honneur en politique et que l'éthique et la loyauté et la discipline ce ne sont pas des mots non plus tabous ni des mots empêchés pour moi. Je pense qu'il y a de la légitimité.
Parce qu'il y a eu des purges, des compagnons de route, Alexis Corbière, Raquel Carrido, Clémentine Autain, tous ont fustigé la stratégie clivante du mouvement et le manque de démocratie interne. Est-ce que vous n'avez eu aucun état d'âme à les voir partir ?
Tous les gens que vous venez de citer, vous le savez, quelques semaines avant la dissolution surprise de l'Assemblée nationale, avaient en secret créé une organisation politique. Ils en ont bien le droit. Mais créé une organisation politique en dehors de la France insoumise parce que ça faisait longtemps qu'ils n'en partageaient en réalité plus les objectifs politiques. Et je pense qu'aujourd'hui la situation politique elle est très claire. Quand vous voyez que ce sont des gens qui appellent à l'unité mais au-delà de ça ne nous disent plus et je le déplore à vrai dire ne nous disent plus sur quelle ligne ils appellent à cette unité.
Tout se vaut ce que raconte le Parti socialiste qui veut entrer à Matignon ou ce que raconte la France insoumise avec une destitution de Macron. Je vous dis qu'il y avait de toute façon un immense éloignement politique. Et peut-être la prochaine purgée ce sera vous ? Eh bien nous verrons cela mais moi je crois que tant que je remplis mes responsabilités tant que j'arrive à défendre le programme et du mieux que je peux et je le fais pour représenter tous mes camarades je ne suis absolument pas inquiète de ça vous savez on ne fonctionne pas comme ça. Un tout dernier question Alex.
Vous étiez citée il y a plus d'un an pour Matignon et vous ratez compte que ça a suscité un petit affolement familial voire même pour vous un vertige. Vous êtes sentie capable d'endosser le costume de Présion ministre sans aucun souci ?
Quand on prend au sérieux une hypothèse comme celle-là j'espère que ça génère chez n'importe qui une forme de vertige sinon c'est de l'irresponsabilité enfin je veux dire on parle de mener une politique ambitieuse pour le pays et de changer la donne la vie quotidienne de millions de gens donc j'espère que chez tout le monde ça peut susciter une forme de vertige malheureusement je pense que ça n'est pas le cas et qu'il y a des gens qui font ça comme ils feraient autre chose comme ils gèreraient une entreprise affolement familial parce que ça n'est pas du tout mon milieu social la politique Votre mère était prof d'anglais Votre père était père au foyer
vous avez grandi dans les Deux-Sèvres
Tout à fait ils n'étaient pas militants bref affolement familial parce que évidemment ce que je fais aujourd'hui est très éloigné de leur réalité mais comme ça l'est je pense de la réalité de plein de gens et moi je pense que c'est très précieux pour moi et pour mon engagement justement d'avoir été élevé dans ce milieu-là mais ensuite je pense que comme tous mes camarades dont les noms ont circulé à cette époque oui j'aurais été prête à endosser ces responsabilités-là parce qu'à un moment donné on fait de la politique on fait des promesses de campagne mon rôle c'est justement d'élaborer nos propositions et notre programme heureusement que j'y crois et heureusement que je me dis vivement vivement le jour où on va pouvoir les appliquer ces propositions politiques
Alors Clémence Guettet que voudriez-vous voir appliquer ? On vous a donné une carte blanche pour compléter le portrait et vous avez choisi de parler de pauvreté le dernier baromètre Ipsos pour le secours populaire est sorti cette semaine que retenez-vous ?
Un bilan dramatique de la Macronie évidemment c'est pas une surprise parce qu'en fait les baromètres que ce soit du secours populaire ou de toutes les associations qui œuvrent auprès des personnes pauvres ou très précaires nous tirent la sonnette d'alarme depuis des années et des années mais il est vrai que la Macronie a fait un immense dégât social ce que montre ce baromètre c'est qu'aujourd'hui il y a une personne sur trois qui a peur de sombrer définitivement dans la précarité il y a une personne sur trois qui renonce à se soigner il y a une personne sur quatre qui renonce à se nourrir de temps en temps une personne sur cinq qui pense qu'elle n'a pas réussi financièrement à subvenir à tous les besoins de ses enfants je pense qu'on ne réalise pas à quel point cette situation est dramatique et elle est dramatique
il y a un paradoxe vous êtes d'accord on est le pays un des pays qui redistribue sans doute le plus au monde il me semble qu'on redistribue un quart du revenu annuel 500 milliards par an en 2019 donc on est un pays très redistributif et pourtant en effet une situation de pauvreté alarmante et qui a augmenté mais comment on en sort ? en fait on a envie de vous entendre sur les solutions ça serait quoi la bonne mesure ?
d'abord je ne partage pas exactement votre constat on n'est pas assez redistributif en réalité c'était toute la première partie de notre discussion sur la captation des richesses dont je vous parlais vraiment l'injustice fiscale les 60 milliards par an juste aux personnes les plus riches les 200 milliards par an juste pour les très très grandes entreprises tous ces cadeaux de la Macronie elles ont des conséquences sociales évidentes parce que la richesse n'est pas produite à l'infini aujourd'hui en plus c'est une richesse inutile j'ai envie de dire parce qu'au contraire de si elle était distribuée dans les ménages elle ne sert pas à la consommation populaire et donc à la relance sur les solutions j'y arrive d'abord je voulais ajouter un mot juste sur la jeunesse pour qui j'ai une pensée très particulière parce que j'ai fait mes études moi aussi dans des conditions financières difficiles et ce que ce baromètre montre également c'est que c'est encore pire pour les jeunes qui sont extrêmement inquiets pour leur avenir aujourd'hui mais sur les solutions il y a des choses très simples à faire d'abord on n'a jamais vraiment on est passé un peu en dehors du sujet inflation augmentation des prix de l'alimentation mais aujourd'hui les gens ne peuvent plus se nourrir donc l'inflation est retombée à 1,2% évidemment mais il y a eu une crise inflationniste et aujourd'hui on n'en parle plus alors que ces conséquences sur le pouvoir d'achat des français je veux dire elles n'ont pas magiquement disparu donc il faut bloquer les prix de l'alimentation la seconde chose c'est évidemment la question des salaires et la question des pensions de retraite qu'il faut là aussi augmenter il faut bloquer les prix des loyers en fait mais je reviens excusez-moi est-ce qu'il ne faut pas des politiques plus ciblées plutôt que des grands slogans alors que certains vivent bien et d'autres vivent beaucoup moins bien est-ce qu'il ne faut pas des politiques beaucoup plus ciblées sur les familles monoparentales est-ce qu'il ne faut pas revoir par exemple tout le système social mais ça demande de descendre dans le capot d'aller peut-être dans l'infini détail et c'est compliqué mais est-ce que vous vous inscrivez dans ce débat ?
il faut le faire et nous avons par exemple déjà déposé des lois à l'Assemblée nationale pour les familles monoparentales il faut quand même le dire 9 sur 10 ce sont des femmes donc des femmes précaires et c'est une famille sur 4 aujourd'hui dans notre pays qui est une famille monoparentale donc cette situation sociale nous l'avons bien en tête et nous travaillons d'ailleurs avec des collectifs de mères isolées sur cette question pour faire des propositions très simples sur la pension alimentaire par exemple qui est aujourd'hui défiscalisée etc donc des propositions là-dessus nous en avons mais je reviens à ce que vous avez dit ce ne sont pas de grands slogans c'est très concret pouvoir se nourrir pouvoir accéder à la santé pouvoir permettre l'éducation de ses enfants c'est très concret par exemple le bloc général des prix alimentaires peut-être qu'il y en a qui ne s'est pas besoin de les bloquer pour tout le monde il faut aider ceux qui ont vraiment besoin d'être aidés est-ce que c'est par revoir tout le système d'aide sociale ?
il y a une politique de priorité dans les aides sociales qui en réalité est déjà là on n'aide pas avec des minima sociaux des gens qui aujourd'hui n'en ont pas besoin par contre pour d'autres mesures je crois moi à l'universalité des mesures je crois que il est une forme de justice que quand on pense que l'alimentation est trop chère nous puissions la bloquer pour tout le monde que quand on pense que les loyers sont trop chers nous puissions les bloquer pour tout le monde je vous ai parlé du baromètre donc des personnes très précaires ou pauvres mais je pense aussi aux gens qui sont dans les classes intermédiaires qui vivent mal aussi aujourd'hui dans notre pays même s'ils ont des salaires un tout petit peu plus élevés mais ça n'empêche pas le fait qu'ils se serrent la ceinture donc moi je crois aux mesures universelles et pour une très bonne chose c'est que si on accorde des droits à tout le monde il y a beaucoup moins de risques que des gens cherchent à revenir dessus voilà
allez on avance comme chaque semaine Françoise Fresseau interroge une question qui sera au cœur du débat public et de la présidentielle dans deux ans ce matin Françoise c'est la question des institutions
oui mais avant j'aimerais bien rebondir sur ce que vous avez dit vous dites moi je fais de la politique pour canaliser la violence qui est dans la société quand j'ai entendu le débat sur le vote de confiance qui a abouti à la chute du gouvernement Bérou j'ai entendu dans les voix de la chef du groupe Mathilde Panot beaucoup de virulence Macron le forcené de l'Elysée Retailleau comparé à Pétain le macronisme devenu une fabrique de maltraitance infantile est-ce que vous vous n'entretenez pas aussi cette violence au fond l'analyse implacable que vous faites du macronisme est-ce qu'elle a besoin de mots aussi forts est-ce qu'il ne faut pas dans les temps qui courent plutôt essayer d'avoir un débat à peu près courtois je pense que le discours de Mathilde Panot il a été vu par quasiment 10 millions de personnes dans notre pays notamment grâce aux réseaux sociaux et que s'il a été aussi vu et partagé c'est parce qu'il reflète une forme de colère sociale qui est présente et qui franchement baladez-vous dans le pays qui s'exprime en des termes beaucoup plus crues et beaucoup plus dures que ça donc je pense que nous jouons notre rôle de représentants politiques d'exprimer cette colère sociale à l'Assemblée et par ailleurs sur le fait que Macron est isolé que c'est un monarque seul en son palais qui décide de tout tout ça nous l'assumons parfaitement politiquement ça n'empêche pas d'être courtois par ailleurs nous le sommes nous participons à ce débat parlementaire parce que vous même quand vous présidez en tant que vice-président de l'Assemblée nationale vous êtes extrêmement c'est mon rôle dans les institutions et donc c'est ça c'est ce paradoxe là que je voudrais aussi explorer quand vous voyez ce qui se passe aux Etats-Unis quand même cette espèce de polarisation entre la gauche la droite entre même l'extrême gauche et l'extrême droite quand vous voyez Trump l'hyper-violence son clan qui dit après l'assassinat de l'influenceur Charlie Kerr qu'on va se venger en prenant pour cible l'extrême gauche alors qu'on ne sait pas du tout si l'auteur de l'assassinat est de cette mouvance est-ce que vous ne dites pas attention on risque quand même la même dérive en France il faut peut-être quand même calmer le jeu à un moment oui mais ce dont vous parlez là en l'occurrence M.
Trump il est d'extrême droite oui mais là vous voyez ça n'est pas notre polarité que vous créez aussi vous vous contribuez à la créer aussi contrairement à M.
Trump nous n'avons jamais appelé aux assauts des institutions je vous rappelle quand même ce qui s'est passé dans le Capitole nous n'avons appelé jamais personne à la violence et bien au contraire Jean-Luc Mélenchon Manuel Bompard tous nous l'avons dit avant le 10 restez calme vu le dispositif de répression et le dispositif policier prévu il faut il faut aucune action violente que des actions pacifiques donc nous ne sommes absolument pas vous le comprenez bien dans le même rapport politique mais c'est sur cette polarisation et sur cette montée de la violence du débat aujourd'hui aujourd'hui nous avons un gouvernement illégitime un président oni par les français mais qui refuse d'en revenir aux urnes une situation sociale absolument dramatique 58% des jeunes qui sont angoissés par le changement climatique rien n'est fait bien au contraire on détricote le droit environnemental la situation elle a de quoi mettre en colère mais il y a peut-être un moyen j'écoutais le cornu là qui disait le régime n'a jamais été aussi parlementaire pourquoi par exemple vous vous dites pas maintenant notre revendication qui est dans votre projet c'est la proportionnelle passons à la proportionnelle et là le parlement aura ses droits il pourra essayer de construire des compromis pourquoi vous enfermez toujours dans l'idée de la sixième république alors c'est peut-être aujourd'hui que les institutions peuvent basculer de façon assez pacifique au fond parce que bon alors la proportionnelle nous y sommes favorables il n'y a pas de sujet là-dessus si elle devait passer à l'assemblée on avait déjà commencé à travailler oui mais ça pouvait être une énorme revendication de monsieur Bayrou non la revendication fondamentale c'est évidemment la sixième république pour une raison très simple c'est que la constitution de la cinquième prévue donc en 58 elle ne correspond plus à la société française elle a été conçue pour un super président elle est quand même flexible qui peut s'octroyer énormément de pouvoir mais elle ne correspond plus aux aspirations des français et par ailleurs la société a extrêmement changé si j'avais été une femme en 58 je ne serais pas sur ce plateau j'aurais besoin d'un mari pour ouvrir un compte bancaire j'aurais besoin d'un mari pour travailler je ne pourrais pas avorter bref la situation objective de la société a évolué ça c'est c'est le constat général ensuite on voit bien aujourd'hui que la cinquième elle est à bout de souffle parce qu'elle permet au monarque présidentiel d'accumuler tellement de pouvoir qu'il peut faire tous les 49-3 dont je vous ai parlé via son gouvernement qui peut nommer des premiers ministres illégitimes qui peut écraser le parlement parce que non contrairement à ce que dit monsieur Lecornu le parlement ne vit pas bien quand il est écrasé à coup de 49-3 en permanence donc le nœud du problème se situe dans la façon dont les pouvoirs sont organisés aujourd'hui et moi je souhaite que le parlement ait plus de pouvoir je souhaiterais évidemment que monsieur Lecornu n'utilise pas le 49-3 et que nous puissions rejeter son budget si nous avions une majorité pour le rejeter je souhaiterais qu'il demande le vote de confiance aux parlementaires que nous sommes je pense que ça n'arrivera pas donc vous voyez bien qu'on est quand même à un moment donné on est quand même bloqué et je pense que par ailleurs la constitution de la cinquième elle a déjà été révisée 24 fois ce qu'il nous faut c'est pas des petits ajustements à la marge ce qu'il nous faut c'est que le peuple lui-même puisse refonder les règles du jeu c'est pour ça qu'on appelle à la sixième république pas n'importe comment avec une constituante pour réécrire ces constitutions et en même temps Jean-Luc Mélenchon n'arrête pas de dire quand je serai président de la république parfaitement moulé dans les institutions de la cinquième république parce qu'on n'a pas le choix on n'a pas le choix non ne passons pas c'est un débat intéressant pour refaire la sixième république il va falloir gagner dans les conditions de la cinquième et donc avoir un président ou une présidente de la république qui soit de notre camp pour refaire la sixième république on n'a pas le choix Clémence Guettet
l'émission touche à sa fin avant de nous quitter si vous voulez bien on va faire un petit vrai ou faux je donne des affirmations vous allez voir c'est très divers vous répondez d'un mot le mot c'est soit vrai soit faux toute vérité est bonne à dire vrai ou faux ? plutôt vrai plutôt j'ai déjà pas suivi la consigne c'est pas la consigne la France dégradée par Fitch il va falloir revenir rapidement sous les 3% de déficit vrai ou faux ? faux
je peux expliquer quand même pourquoi je dis ça ? cette dégradation des agences de notation ça se fait au Paris à la confiance que peuvent avoir les marchés quand M. Bayrou vient de passer 3 semaines à dire partout c'était la catastrophe économique en France les marchés entendent ça moi je dis que c'est sa responsabilité et que par ailleurs il n'y a aucun problème pour la France pour se financer encore aujourd'hui à très cher comment ? à très cher mais c'est pas le vrai ou faux pour très cher n'est-ce pas ? 3 acheteurs pour un titre de dette moins cher que les Etats-Unis d'Amérique bon ça va a priori on peut encore le faire vous parlez régulièrement
une intelligence artificielle vrai ou faux ? à faux un élu devrait savoir qui est Arthur Mench le patron de Mistral aïe vrai ou faux ? évidemment je pense à Eric Coquerel qui ne savait pas et vous vous saviez ?
en l'occurrence désormais pour avoir préparé cette émission oui je le sais mais on sait tous ce qu'est Mistralia et ce que cette entreprise propose
LFI menace de poursuite l'éditeur du livre les complices du mal son auteur affirme révéler des liens entre certaines personnalités LFI et des projets islamistes LFI qui veut empêcher la sortie de cet ouvrage vrai ou faux ?
c'est une fake news non malheureusement c'est dommage que vous la repreniez à cette antenne je vous demande si c'est vrai ou faux c'est faux parce que ce que nous avons demandé c'est à pouvoir en l'occurrence consulter cet ouvrage via nos avocats parce qu'on a quand même le pressentiment que ça va être un tissu de mensonge destiné uniquement à salir la France insoumise même si on en a l'habitude ça reste désagréable et c'est normal de pouvoir consulter des ouvrages avant leur parution
merci Clémence Guettet d'avoir répondu à nos questions politiques merci à la grande équipe de cette émission l'équipe du son l'équipe de la vidéo nous vous retrouvons pour un nouveau question politique la semaine prochaine je vous remercie de la vidéo
Clémence Guetté