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interviewRMC — Apolline Matin· 3 mars 2026 7 min

Face à Canteloup - Jean-Noël Barrot - Dominique de Villepin, toujours top-modèle de la diplomatie - 03/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Tous les matins, l'info revisité par Nicolas Canteloup. Jean-Noël Barraud était mon invité ce matin. Et nous avons évidemment parlé de l'Iran. Dominique de Villepin, vous souhaitiez réagir ?

0:18
Dominique de Villepin

Oui, bonjour. Dominique de Villepin, ex-ministre des Affaires étrangères, mais toujours, bien sûr, top modèle de la diplomatie. Souvenez-vous de la façon, Madame de Malherbe, dont j'avais séduit le monde en m'opposant à la guerre en Irak. Le verbeau à la croue du bateau monde, tel dit Caprio sur Titanic. Aujourd'hui, vous venez de recevoir dans vos locaux ce jeune ministre des Affaires étrangères pour son stage de troisième. J'ai très bien compris que j'étais pour lui une sorte, disons-le, d'inspiration. Alors je lui dis, bonne chance, jeune Padawan. Sur ce conflit, M. de Villepin.

0:58
Présentateur

La France a déclaré ne pas avoir été prévenue ni impliquée.

1:03
Dominique de Villepin

Écoutez, c'est une totale incompréhension. Comment, je dis bien comment ? Car je monte sur mes grands poneys. Comment la France a pu être ainsi oubliée, je dirais même ostracisée ? Du temps où j'étais aux Affaires étrangères, vous vous en souvenez ? Jamais, je vous le dis bien, jamais on ne m'aurait laissé de la sorte sur le bas-côté. Comment, je le dis, le chef de la diplomatie, Jean-Noël Bulot, a-t-il pu être ainsi ignoré ?

1:26
Présentateur

Jean-Noël Barraud, M. de Villepin.

1:27
Dominique de Villepin

Oui, Barraud, peut-être. Je poursuis mon envolée. Comment, je dis bien comment, le président Trump a-t-il pu ne pas informer au moins notre ministre des Armées, Catherine Vacherin ?

1:40
Présentateur

Non, c'est Catherine Votre. Mais on s'en fout de la vieille.

1:43
Dominique de Villepin

De grâce, ne m'interrompez pas pour ce genre de détails. Ah, pardon. Aujourd'hui, le plus important, c'est que le Qatar me demande des conseils en ces jours graves. Et pourquoi est-ce là l'essentiel, je vous le dis, Mme de Malher ? Parce que quand je vois ce que je facture au Qatar en temps de paix, vous imaginez comment je me gabe en temps de guerre.

1:58
Présentateur

Merci, M. de Villepin. Ce matin, Marc-Olivier Fogiel est avec nous pour les titres. Bonjour, Marco.

2:04
Dominique de Villepin

Oui, bonjour, Apolline. Oh, la vache, ça pète de partout, ça dort. Alors, on peut ressortir tous les jingles qui font peur, les habillages rouges juifs, les bandeaux, édition spéciale, super spéciale, en direct, exclusif, sur place, de là où on est, au moment où ça pète, pile au moment où vous regardez, en exclusivité, super spéciale. Je peux vous dire qu'un ministre, un missile, pardon, qui tombe. Oui, un missile, pardon, ma langue affonchée. Un missile qui tombe sur un immeuble juste derrière le reporter avec une grosse fumée noire. C'est quand même autre chose que les agriculteurs qui font des barbecues tout pourris avec des pneus qui purent.

Allez, c'est parti pour les ténatines, Apolline. Après quatre jours de guerre, le régime iranien rappelle son droit à protéger son peuple des attaques étrangères pour pouvoir mieux le massacrer lui-même. Et puis, Iran, toujours après, avec la mort de l'Ayatollah Ramenei, l'Iran a perdu son guide. Mais une question, un guide, est-ce vraiment nécessaire ? Rappelez-moi, Apolline, depuis combien de décennies l'Iran n'est plus une destination touristique ? Merci, Marco.

3:06
Présentateur

Le conflit au Moyen-Orient fait craindre une flambée des prix du pétrole qui pourrait atteindre 120 dollars le baril. Bruno Le Maire, tiens, vous êtes là, bonjour.

3:14
Dominique de Villepin

120 dollars le baril, c'est génial. Une opportunité unique, Madame de Malherbe, pour relancer l'économie du pays. C'est inespéré. Mais comment, comment ça ? Mais c'est tout con. Vous allez à une station service. Vous remplissez un jerrycan, ça vous coûte 40 balles. Et samedi, vous le revendrez 150. Vous imaginez, elle a culbute. Mais je pense aussi à ceux qui n'ont pas les moyens de remplir un jerrycan. Donc vous remplissez juste une tasse à café ou un dé à coudre. Ça marche aussi. Même les pauvres peuvent participer. Oui, ça se tient, ça se tient. Oui, et on peut même aller plus loin, même, de manière à... Moi, si j'étais à la place de le corps nu, je ferais comme au poker.

Pauline, je miserais tout le budget de la France pour acheter des barils. Fin de semaine, on les refourgue. Et je peux vous dire qu'on les rembourse, nos 3 000 milliards de dettes. Et vous savez pourquoi on ne le fait pas ? Vous savez pourquoi on ne le fait pas ? Non, c'est à vous, non. Vous savez pourquoi je ne le fais pas ? Non. Même parce que je ne suis plus au gouvernement. Mais oui, le redressement d'un pays, ça ne tient à rien. C'est dingue. J'ai bien retourné le truc. Je me suis refus une image de winner.

4:16
Présentateur

Oui, on peut le dire comme ça. Merci Bruno Le Maire, en tout cas. Pour faire un point sur la situation au Proche-Orient, on retrouve tout de suite Christophe Delay. Tiens, certainement le journaliste le plus précis de toute la rédaction de BFM TV. Bonjour Christophe, où est-ce qu'on en est ?

4:28
Dominique de Villepin

Oui, bonjour Apolline. Ce que je peux vous dire, c'est qu'à l'heure qu'il est, c'est-à-dire à 8h56, pardon, 8h57 à l'instant, heure de Paris, c'est-à-dire 11h27, soyons précis, heure de Téhéran, pardon. Nous dénombrons très exactement, vous m'interrompez si je m'égare, on dénombre très exactement 41 missiles tirés par les Iraniens sur leurs voisins du Golfe, alors que du côté américain, nous en sommes très exactement à... Soyons prêts... Christophe, Christophe, pardon de vous interrompre, mais là, ça bouge à l'instant sur Dubaï.

Oui, allez-y Christophe, Didier François, Didier François, vous êtes notre envoyé spécial, je le rappelle, dans le Golfe, en direct, bien sûr, des studios de BFM sur place dans le 15ème à Paris. C'est dire si vous connaissez le terrain. Didier François, dites-nous en plus, cher Didier François. Oui, donc le score vient d'évoluer sur Dubaï avec un nouveau missile iranien, plein de lucarne de l'hôtel Fort-Si-Jeune. Merci, cher Didier François, pour ces précisions. Donc cela, vous m'interrompez si je m'égare, cela porterait donc, je parle bien sûr au conditionnel, le score à 42 missiles iraniens, soyons précis, et du côté américain, nous en sommes très exactement à...

Christophe, Christophe, pardon, nouvelle frappe américaine cette fois, avec... non, ah non, pardon, autant pour moi, Christophe, elle a été interceptée par le gardien de la révolution. Écoutez, vous avez bien fait, cher Didier François, de nous interrompre, car la priorité, je rappelle, sur BFM est au direct, le score reste donc, soyons précis, le score est précis, donc 117 missiles et demi pour les américains, tandis que de leur côté, les iraniens sont...

Pardon, Christophe, Christophe, pardon, pardon de vous interrompre, mais là, ça s'agit vraiment du côté du Koweït, où après la chute d'un avion F-15, les américains sont en train de demander la VAR, oui, la VAR, et à l'instant, l'arbitre qui visionne, qui visionne, et qui ne valide pas le point pour les iraniens, puisqu'il s'agit d'un tir de la défense koweïtienne, donc contre son camp, apparemment, voilà où on en est. Merci, cher Didier François, écoutez, nul doute que nous en parlerons, bien sûr, ce soir, avec Daniel Riolo et Gilbert Bibrois dans L'acteur Frappe, et dès 18h, bien sûr, sur RMC, dans Roten sans flammes et le Moyen-Orient aussi,

6:57
Présentateur

à vous, chère Apolline. Merci, Christophe Jolais.