Pêcheurs en colère : "Ils en ont ras-le-bol" (Hervé Marques, maire de Sète)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:30FerméeRéponse directe
Est-ce que vous nous confirmez que les pêcheurs mobilisés à Frontignan se dirigent vers Sète ?
- 5:10FerméeRéponse directe
Y a-t-il encore des bateaux bloqués dans le port de Sète ?
- 5:54OuverteRéponse partielle
Est-ce que la mobilisation pourrait s'étendre à d'autres ports ?
- 6:31OuverteRéponse directe
Faut-il comprendre que vous soutenez la mobilisation des pêcheurs ?
- 7:50OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous à dire au gouvernement sur les aides aux pêcheurs ?
- 13:28OuverteRéponse directe
Comment la ministre doit-elle agir selon vous ?
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Les images que vous voyez à l'écran, elles datent de ce matin, le blocage d'un dépôt pétrolier de Frontignan. 3e jour, donc je vous le disais de mobilisation Madrid, hier la mobilisation des marins pêcheurs, elle se déroulait à Fausmer. On voyait des images de blocage et aussi des images avec les CRS. Aujourd'hui, il y a pas eu de tension a priori avec les CRS. Comment faut analyser ça dans le contexte actuel ? Ben, faut analyser une chose, c'est d'abord que les les le gouvernement regarde avec attention ce qui est en train de se passer. Pourquoi ? Euh parce que c'est inflammable. Euh quand on écoute, c'est les représentants de pêcheurs, quand on entend les pêcheurs, euh ils demandent qu'une chose, c'est de pouvoir continuer à travailler normalement et de pouvoir
survivre économiquement. Euh ça c'est une colère que l'opinion publique peut entendre parce qu'on parle de personnes qui veulent juste travailler et le gouvernement aussi doit l'entendre cette colère stratégiquement parce qu'on on en parle. Euh il y a cette hausse des prix du carburant, on parle de nombreux qui est historique, on parle de nombreux secteurs de de nombreux métiers qui sont concernés. Euh on sait que la ministre de de la pêche et de de la mer a prévu de rencontrer des représentants de la la filière. Ce sera jeudi, mais très concrètement, il va falloir les aider économiquement pour que la colère puisse retomber. Alors, est-ce qu'il est encore possible d'aider les Français et notamment les pêcheurs qui sont mobilisés ? La question a été posée hier au ministre de
l'économie Roland l'escure. On l'a d'ailleurs vécu en direct hier sur notre antenne. Voyez ce qu'il a répondu. Je souhaite être très clair auprès des pêcheurs. Nous allons continuer à vous accompagner. Il est hors de question que cette crise internationale qui nous affecte mais dont nous ne sommes pas responsables et dont à force ne sont pas responsables affectent leur capacité à aller faire leur métier. Ce sera le cas pour les agriculteurs et si on doit faire des choses pour les grands rouleurs, on le fera aussi. Nous sommes au côté des Françaises et des Français qui souffrent souffrent pardon et nous évacuons ceux qui cherchent à nourrir la colère. Lucas Jacubovic, on voit bien hier le ministre de l'économie qui est un peu embêté et à la fois il ne ferme pas la
porte à à une évolution des aides mais en même temps il ne promet rien. Non non non. Ben il est pas en en position de promettre pour l'instant. Mais ce qui est intéressant dans le discours du ministre, c'est que dans sa sémantique, il ne s'adresse pas uniquement au pêcheurs. Et ce qui prouve que la crise qu'on est en train de traverser quelque part, c'est une crise qui n'est pas sectoriale, mais une crise qui est systémique. Il y a plusieurs signaux faibles qui montrent que la crise des carburants, c'est pas entre guillemets qu'un truc de pêcheur ou un truc de rouleur. Un sondage etab par exemple est paru il y a quelques semaines qui demande aux Français voilà quel est votre principal état d'esprit en ce moment. Ce qui ressort le plus, c'est la colère et l'exaspération. Donc ça va
au-delà du monde agricole. Il y a aussi un signal faible que je trouve très intéressant en début d'émission dans le propos préliminaire, on disait la crise de l'essence, c'est un carburateur qui peut tout inflammer. CF les gilets jaunes. Ouais, absolument. Et vous pensez qu'on est dans le même contexte là justement que qu'en 2018 juste avant que le mouvement des gilets jaunes prenne ? On verra parce que un mouvement social ça vient subitement. On peut pas trop le prévoir. Par contre, il y a quelque chose d'intéressant. Regardez les ronds-points en 2018-29. C'était des travailleurs, c'était des populations globalement âgées. Sur TikTok en ce moment, il y a un phénomène de jeunes de 16 ans qui eux aussi sont en colère sur le prix des carburants. Donc on a
l'impression que quelque part, il y a une colère qui est aussi grande voire plus grande qu'au moment de la crise des gilets jaunes. Et ça pour enfin à 8 mois, enfin quelques mois d'une présidentielle, c'est quelque chose de à traiter absolument. Alors après chaque partie a sa recette, sa vision, sa sa manière de de soigner les choses. Mais en tout cas personne n'est dans le déni en disant non c'est juste passager, ça va passer. C'est vrai que sur la question du pouvoir d'achat, parce que c'est de ça dont on parle finalement et et la question du carburant, on s'en est la vitrine en ce moment, mais la question du pouvoir d'achat qui est en priorité numéro 1 pour les Français, c'est aussi une priorité notamment pour les candidats à la présidentielle. Imagine
tout le monde va se positionner sur ces questions et c'est déjà le cas. Regardez, certains ont choisi les timings pour faire des des annonces. On a vu Marine Le Pen parler du logement parce que c'est vrai que le logement c'est c'est plus de 30 % c'est près de 30 % du budget des des ménages aujourd'hui. Elle a fait des propositions concrètes. Hier c'est Bruno Rotaillot avec des des éléments concrets par exemple sur le certificat le CE le certificat économique d'énergie. il veut une baisse de ce de ce CE pour pouvoir faire des économies pour les personnes qui vont aller faire leur leur plein. Ça c'est quelque chose que le gouvernement peut faire tout de suite. C'est ce que disait notamment Bruno Rotaillot et d'autres personnalités politiques. Bruno Rotaillot, il dit aussi "Je veux
rapprocher le le brut du du net parce que c'est important que les Français ben puissent vivre dignement." Donc tout le monde va s'en emparer. La France insoumise parle de la hausse du SMIC, de d'augmenter aussi les les salaires. Ça va être le sujet de cette élection présidentielle. On est en direct avec Hervé Marquez, maire d'hivers droite de 7. Bonjour et merci d'être avec nous en direct sur France Info. D'abord, une question sur la situation dans l'immédiat. Est-ce que vous nous confirmez ou pas que les pêcheurs qui étaient mobilisés à Frontignan ce matin sont en train de se diriger vers 7 ? Est-ce que vous avez cette information ? Oui, je vous le confirme. Le le mouvement se rassemble autour de la capitainerie à l'entrée du port de 7. C'est aussi ce qui s'est passé hier.
Hier, il y avait des des marins pêcheurs à 7 qui se sont mobilisés notamment qui ont bloqué, je crois, dans le port un bateau. Oui, les transports de passagers ont été bloqués euh pour déclencher des discussions avec le gouvernement et notamment la ministre Chabau à qui j'avais écrit depuis plusieurs semaines sur notamment l'excédent de pêche de thon. Mais l'accumulation de la misère que subit ce ce métier depuis 20 ans fait que aujourd'hui il y a un rbol et effectivement les pêcheurs se rassemblent autour de la capitainerie à 7 pour se faire entendre uniquement. H est-ce qu'aujourd'hui et et et là à 11h14, il y a encore actuellement des bateaux qui sont bloqués dans le port de 7 où vous craignez que d'autres ne le soient ?
D'autres ports ? Non, d'autres bateaux en plus de ce d'hier. Ah non, mais vous savez la flotte malheureusement elle est passée de 40 euh chalutiers à 11 chalutiers. Il y a des petits métiers, ce qu'on appelle les petits métiers, c'est les bateaux où il y a un seul euh ou un deuxième matelot. Il y a les tonniers seors mais on n pas plus de réserve de bateau que ça. À moins qu'il y a les renforts du gros du roi et de Portvendre qui viennent rejoindre la place. J'en ai pas l'impression tout de suite. C'est plutôt des c'est plutôt les pêcheurs eux-mêmes qui se déplacent sans leur bateau. Mais vous savez, c'est pas le nombre qui fera le blocage hein. C'est si simplement la la la gestuelle d'amarie des bateaux en travers du port suffit en matière de sécurité pour bloquer le trafic.
Vous nous disiez il y a quelques instants la difficulté qu'on aujourd'hui ces ces pêcheurs pour travailler, pour vivre aussi. Euh est-ce qu'il faut comprendre derrière ces mots que vous soutenez leur mobilisation ? Vous la comprenez mais vous la soutenez aussi ? Bien sûr, bien sûr. Je la soutiens. Je la comprends et c'est pour ça que je la soutiens. Vous savez à c'est un métier historique. C'était c'est un métier fondateur dans notre ville. Donc on a tous quelqu'un de la famille qui pêche ou qui est à l'école à la formation au lycée maritime ou qui est sur les toniers sur les petits métiers. Ça fait 20 ans que ce métier est en train de s'éteindre à petit feu et surtout avec les transformations des zones de pêche, la transformation des maillages, le plan
Westmed, le le déchirement des bateaux, c'est comme ça qu'on appelle ici le déchirement de bateaux, c'est-à-dire les les plans de sortie de flotte, l'augmentation du carburant h et le manque d'écoute et les normes et les superpositions des normes européennes françaises, locales font qu'aujourd'hui c'est un métier qui est à bout de souffle et qui est pourtant nécessaire. le prélèvement responsable de l'ensemble des pêcheurs. Je prends l'exemple des tonniers seineurs qui ont fait des efforts sur le prélèvement depuis des années. Aujourd'hui, la ressource se reproduit. Nous avions plus de 300 bateaux sur l'arc méditerranéen. Aujourd'hui, il y a 30 chalutiers et pourtant il y a pas plus de sardines et il y a pas plus de merl. Il y a un vrai problème, je pense,
de pollution de l'eau ou alors une eau trop propre qui descend du Rond. En tout cas, il faut se poser des bonnes questions. Pourquoi devant chez nous en Méditerranée, contrairement à toutes les tous les autres rivages de Méditerranée, le poisson ne se reproduit pas ? Est-ce que aujourd'hui vous avez envie d'adresser un message au gouvernement, notamment au ministre de l'économie ? On l'entendait avant que vous arriviez hier, il a pas totalement fermé la porte à une évolution des aides, mais sans non plus promettre qu'il y aurait plus d'aides ou [raclement de gorge] plus importantes. Qu'est-ce que vous avez envie de dire aujourd'hui au gouvernement ? Alors moi je dis au gouvernement, j'ai envoyé deux lettres au ministre à la ministre Chabau depuis son choix de la répartition des quotas
entre la Méditerranée et l'Atlantique. Mais c'est pas au dépend de de nos collègues de l'Atlantique, c'est sur un point de vue national. Les aides, il faut qu'elles soient versées déjà parce que là il y a des retards de versement des aides. Ça c'est le premier point. Ça permettra la survie parce que Matolo aujourd'hui dans la période à laquelle nous rentrons va toucher 100 € par jour par semaine pardon. Je sais pas si vous voyez ce que ça veut dire. sont des familles et en plus avec la loi vous savez qu'on vend le poisson au de directement du bateau. Aujourd'hui, c'est un circuit économique dans son ensemble qui est touché. Alors, les aides, oui, mais c'est pas les aides qui font vivre, c'est la façon dont on va repenser ce métier. Accepter de remettre
à plat l'ensemble des superpositions de normes qui empêchent les pêcheurs de faire leur métier. Ce sont des gens responsables, ce sont des chefs d'entreprise qui ont compris depuis longtemps que la préservation de la ressource fera leur avenir. Aujourd'hui, on est dans un une impasse total. Donc, il faut bien sûr discuter des aides, mais les aides, vous savez, ça a un temps et puis c'est de l'argent public, ça aussi. Il faut rediscuter de la redistribution de l'argent public parce que les agriculteurs en ont besoin. Les taxis vont avoir besoin d'aide pour faire des transports. Les ambulanciers, tout le monde a besoin d'être aidé sur le carburant. Je crois que c'est un plan qui est beaucoup plus important que la simple prisme de la pêche. En revanche, je vous dis moi, c'est les normes sur
les qui s'appliquent sur les pêcheurs qu'il faut revoir dans leur ensemble. Ouais. Vous restez avec nous en direct, monsieur le maire Madrid Kiat et et Lucas Jacquovski. J'aimerais aussi prendre vos analyses sur ce qui vient d'être dit. C'est vrai qu'il y a deux niveaux là dont on parle. Il y a l'urgence, la question du carburant et il y a plus largement comment est-ce qu'on envisage la filière pêche un peu comme pour le reste finalement de la de la filière agriculture Madit, c'est les questions qui se posent aujourd'hui. Oui. Alors moi j'ai j'ai j'étais tout récemment à Chalon en Champagne, j'ai changé avec des agriculteurs. Ils ont le même problème en ce qui concerne les normes. Ils nous parlent systématiquement des normes. Alors oui, il y a la question comme le disait le le
maire de de l'argent très concrètement des aides, mais sur les normes, il y a des normes européennes. C'est trop contraignant de pouvoir travailler aujourd'hui. C'est ce que nous disent des agriculteurs. Ce qu'on constate, c'est que les pêcheurs sont dans la même situation. Donc la réponse de la ministre, je dis il va falloir à la fois qu'elle leur donne des gages en terme financier, peut-être en augmentant parce que rappelons quand même que c'est 25 centimes d'aide par litre pour certains pêcheurs, ce n'est pas suffisant. Euh il y a la question de l'argent mais il va peut-être falloir aussi répondre sur des questions de normes. Mais là le problème très souvent c'est que ça se joue aussi à l'échelle de l'Union européenne. H Lucas Jacubovic sur ces questions
moi plus sur rebondir sur le discours du maire de 7, il y a quelque chose qui est très intéressant c'est quand il dit alors je parle pas uniquement au pêcheur parce que dans ma ville tout le monde est plus ou moins apparenté un pêcheur. Al ça c'est très intéressant, c'est que quand il y a des crises liées au monde agricole ou au monde de la pêche, statistiquement, vous avez à peu près 20 % des Français qui sont apparentés de près ou de loin à quelqu'un qui travaille dans le secteur agroalimentaire. et à peu près trois français sur quatre ont au moins un grand-parent qui a été pêcheur, agriculteur ou cultivateur. Donc cette crise là, on a écrit effectivement pêcheur en colère mais ça va au-delà des pêcheurs. Alors on peut parler de normes, on peut parler de pollution des
eaux et cetera, mais en tout cas la réponse apportée, c'est plus qu'une réponse sectoriale, c'est quelque chose qui est regardé en fait par une grande partie de la population et ça qu'il faut avoir à l'esprit. Alors, c'est vrai que hier, monsieur le maire, on a vu pour la mobilisation, le blocage du dépôt pétrolier de Fausse surmer, un certain moment de tension entre les pêcheurs et les CRS. On a vu du gaz lacrymogène utilisé notamment par les CRS. On a entendu les pêcheurs sur ce point. J'ai l'impression que ce matin à Frontan, ça s'est passé différemment. Est-ce que vous vous avez des des informations euh sur ce qui s'est passé ce matin justement à Frontignan et et comment euh la relation avec les CRS s'est déroulé aujourd'hui ? Et vous savez vous affaire des chefs
d'entreprise qui ont compris qu'il y avait une porte qui était en train de s'ouvrir avec une discussion possible avec la ministre. Euh ce ne sont pas des voyou, ce sont des gens intelligents qui ont déjà compris ce qu'ils étaient l'écologie active avec leur mode de pêche. Aujourd'hui, on leur a expliqué qu'éventuellement ils allaient être entendus. Donc c'est un blocage symbolique bien sûr, c'est un une raffinerie, donc c'est toujours des sujets sensibles, mais euh c'est le blocage s'est fait très loin. Euh la raison est en train de revenir parce que vous savez, bloquer le port de 7, c'est aussi bloqué le transit des passagers et on est tous tournés vers la mer d'une façon ou d'une autre. Donc vous avez eu affaire ce matin à des gens qui en ont r bol, qui sont fatigués, qui sont
déterminés mais qui sont aussi des gens intelligents qui comprennent les urgences et notamment en terme de sécurité. Vous savez vous dis l'intervenant avant vous disait il y a 20 % mais il y a sans doute des CRS qui sont familles de pêcheurs en face. On n pas envie de se taper dessus les uns les autres. ce ne sont des gens qui sont issus de la population française d'une certaine catégorie qui fait que on se rencontre souvent sur les sur les barrages. Malheureusement euh la violence, elle est peut-être traduite par les flammes là que je vois à l'antenne, mais elle est pas du tout dans le cœur. C'est de la fatigue, du désespoir. Ça fait 20 ans que ce métier souffre malgré tous les efforts qui ont été faits, il y a eu des plans de sortie de flotte. Je crois que la ministre doit
en parler aussi aujourd'hui. Sortir les bateaux quand on passe de 300 bateaux à 30 bateaux chalutiers avec une vieille méthode qui avait été ramené par les pieds noirs. Je crois qu'aujourd'hui il faut que tout le monde se mette autour de la table parce que le lycée maritime de 7 produit des futurs patrons pêcheurs et des pêcheurs des pêcheurs et des matelots. Il faut parler à ces jeunes. L'espoir est dans cette formation et comme cette formation connaît un franc succès entre l'ostriculture, la pêche, la métiure, je pense qu'il faut se mettre autour de la table et vous verrez que ces gens se mettront autour de la table. C'était pas des violents, ce sont des gens juste un peu à bout de l'air. Et ils iront demain pour leur représentants en tout cas rencontrer la
ministre de la pêche et et de la mère, Catherine Chabau. Rendez-vous a été donné à la suite justement de la mobilisation d'hier matin. Monsieur le restez avec nous. J'aimerais qu'on élargisse un petit peu le champ. On parle notamment des carburants parce que je le disais, c'est la partie visible de ce qui est difficile en ce moment en terme de pouvoir d'achat pour les Français, de la colère aussi de la population qui se manifeste différemment en fonction de de qui on regarde et où l'on regarde. Regardez ces chiffres qui sont des prix qui atteignent des sommets historiques pour le carburant. le Samplon 95 qui est actuellement en moyenne à 2,15 € 2,25 € pour le Samplom 98 € et le gasoile qui est lui à 2,35 € le litre des sommets historiques et une
question à qui cela profite ? On va s'interroger avec vous Guimet Tallard spécialiste des questions économiques pour France info. C'est vrai que ces ces hausses là ça peut interroger les Français. Qui qui peut en profiter ? Qui en profite ? Après déjà ce qu'on peut dire c'est que par rapport au prix en moyenne pratiqué le 27 février donc jusque la veille de l'attaque en Iran et bien vous voyez pour l'essence ça représente une hausse de 25 % et pour le gaz c'est une hausse de 36 %. Donc dans les stations services, les premiers points du doigt, ce sont et bien euh les distributeurs. Et pourtant, en réalité, les stations service ne dégage que quelques centimes de marge par litre. 1 2 3 centimes. C'est ce qu'il répète depuis le début des du conflit. Et d'ailleurs en au printemps quand le
l'État avait fait tous ses tous ses contrôles, et bien effectivement c'est ce qu'on avait constaté, les marges des station service n'avait pas augmenté et aujourd'hui certaines affirment même être en difficulté notamment celles qui sont situées dans les zones les moins urbaines. Par ailleurs, les intermédiaires, c'est-à-dire les les sociétés qui fournissent les carburants aux stations services, et bien eux non plus, ils ne s'enrichissent pas. Ils affirment que leur marge est fixe euh quel que soit le prix auquel ils vendent le carburant et donc leur marge est autour de 5 centimes par litre. Ce qu'on entend aussi, c'est que certains accusent l'État de s'en mettre plein les poches. Euhz-moi l'expression. Beaucoup. On entend beaucoup aussi parce qu'effectivement l'État prélève deux
taxes. Donc d'abord une une taxe dont la part est invariable, c'est 80 centimes par litre vendu. Et puis la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée dont le taux est de 20 %. Donc celle-ci quand le prix augmente, elle augmente aussi. Mais pourtant, le gouvernement le répète, l'État ne s'enrichit pas sur le dos des automobilistes. Pourquoi ? Et ben d'abord parce que à cause de ces hausses de prix et bien les Français ont réduit leur consommation, ils ont réduit leur déplacement. Donc ça fait euh perdre de l'argent à l'État et puis l'État doit aussi euh financer les aides pour les gros rouleurs, pour les professionnels. Alors Roland Lescur, le ministre de l'économie insiste, il n'y a pas de cagnotte cachée, il n'y a pas de trésors cachés. C'est ce qu'il dit. Donc ce
n'est pas l'État. Ce ne sont pas les distributeurs ni les intermédiaires. C'est qui alors les raffineurs ? Et bien effectivement, alors les raffineurs ce sont ces entreprises qui transforment le le pétrole brut en carburant. Eux leur coût de fabrication n'a pas augmenté. En revanche leur marge a explosé. Regardez ces chiffres. Avant la guerre, donc en Iran, la marge était en moyenne de 41 € par tonne. En juin, elle est passée à 132 € et là, début septembre, 314 €. Ça a explosé effectivement. Donc au 2e trimestre 2026, les géants du pétrole ont vraiment affiché des bénéfices record. Parmi eux, il y a toutes les grandes majeures américaines, Chevron, Exon Mobile, mais il y a aussi évidemment Total Energie qui produit, qui raffine et qui vend ensuite le
carburant. Et ça et bien ça fait grincer les dents de ces concurrents parce qu'en fait grâce à cette position Totale peut se permettre de limiter les prix à la pompe. Ils attirent donc grâce à ça les clients et donc la Fédération française des combustibles carburant et chauffage dénonce de la part de Total un abus de position dominante, une concurrence déloyale et surtout à l'accuse de l'état de non intervention dans la régulation et la fixation des prix. Merci beaucoup Guimette. Monsieur le maire, est-ce que vous sentez monter au-delà euh des pêcheurs et de leurs proches, de leur famille, une colère au sein de la population à cette notamment peut-être aussi dans les villes avoisinantes une colère sur la question du carburant et plus largement sur la question du pouvoir d'achat.
Colère, je vais pas vous répondre sur la colère, en tout cas sur un certain agacement, un certain une certaine usure, une certaine résignation. Oui, les Français ici, vous êtes dans une ville de l'héroce. 70 % de la population est éligible aux logements sociaux. Tout impact sur le pouvoir d'achat, toute augmentation fait que euh ça se ressente dans l'humeur de la population. Nous sommes une ville dans laquelle il fait bon vivre. Nous sommes joyeux de vivre à 7. Nous sommes heureux. Mais c'est effectivement dans la période où les impôts locaux arrivent, euh l'augmentation du carburant fait le reste. Les fêtes de Noël vont être les commerçants vont nous dire que les fêtes de Noël sont sont dures cette année, mais j'ai l'impression que c'est chaque année comme ça. Nous sommes une ville
touristique. Aujourd'hui, on a beaucoup moins de restauration, on va dire joyeuse. Les restaurateurs ont souffert cet été puisque on mange pas tous les jours au restaurant. Donc je sais pas si on peut dire que c'est une colère. C'est mais c'est je pense que c'est une fatigue, un moral. Tout le monde est usé de voir que les choses augmentent sans jamais avoir euh une espèce de valorisation. Euh les gens travaillent mais non plus les moyens de de profiter de leur travail. Quand je vois les à l'antenne là, les les prix des carburants, c'est très cher de se déplacer aujourd'hui. Je voulais vous rajouter aussi que sur les zones de pêche, le la distance est toujours la même. Que le carburant soit à 0,65 ou à 1,20 € la zone de pêche est la même. Lui, le pêcheur tous les jours, il fait le même
trajet. On réduit sa zone de pêche, on déplace sa zone de pêche et c'est jamais au profit de la distance, c'est toujours plus loin, donc toujours plus cher et eux vont pêcher de plus en plus loin, de moins en moins de poisson qui est de plus en plus petit en plus. Voilà l'équation qui est à résoudre pour nous pêcheurs aujourd'hui. Euh Lucas Jacubovic, on s'interrogeait tout à l'heure avant que monsieur le maire nous rejoigne sur euh la possibilité ou pas qu'un mouvement social d'ampleur autour de la question du pouvoir d'achat de type gilet jaune en 2018 euh naisse en France. On entend monsieur le maire nous dire il y a surtout de la fatigue morale, de la résignation. Ça c'est pas forcément, ce ne sont pas forcément des moteurs pour descendre dans la rue. La résignation
c'est un peu bah en fait on a une chape sur les épaules, on ne peut rien faire si ce n'est essayer de survivre. Oui mais la question c'est jusqu'à quand les gens supporteront cette chappe de plomb ? Alors c'est très difficile de prévoir l'émergence ou l'éruption d'un mouvement social. Je sais que le ministère de l'intérieur reçoit chaque semaine des notes de préfecture. Euh ce qui est très intéressant, c'est que il y a quand même un sentiment de colère qui remonte dans toutes les notes au aux préfectures. Et puis vous savez quand on parle de mouvement social ou en tout cas de fatigue généralisée, de ralbol généralisé, assez souvent en fait quand on est la classe politique, on se dit bon, il y a entre guillemets les catégories populaires qui ont peut-être
des bonnes raisons d'être en colère. Vous avez aussi ça, on l'a vu depuis les gilets jaunes, une partie des classes moyennes. Moi ce qui m'intéresse énormément étant rédacteur en chef d'un journal économique et plutôt patronal, c'est l'état d'esprit des patrons à la fois les grands patrons, les petits patrons, les patrons d'entreprise familiales et tout ce qu'on voit dans les sondages sur la fatigue démocratique, sur euh effectivement la lassitude, sur la colère, maintenant ça touche tous les pans de la société. C'est-à-dire que un gouvernement quand il doit agir maintenant, c'est plus et c'est ce que je disais en début d'émission, c'est plus sectorial. H on s'adresse plus à un corps de métier à qui on donnera de l'argent pour résoudre momentanément une crise. C'est euh une
sorte de euh je sais pas comment dire mais d'état d'esprit national. Et ça en soit c'est quand même assez éruptif. Yeah.