La sécheresse qui frappe la France est qualifiée de « véritable catastrophe »
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Luc SmessardFait
« toutes les filières sont touchées »
- 0:28Luc SmessardChiffre
« on annonce une baisse historique en maïs »
- 0:35Luc SmessardChiffre
« une baisse de plus de 35 % »
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Sud Radio vous explique à 7h35, le principal syndicat agricole, la FNSEA réclame plusieurs milliards d'euros à l'État et parle d'une véritable catastrophe à venir pour les agriculteurs. Pourquoi ? Et bien à cause de la sécheresse 2026, le manque d'eau, tout cela a des conséquences concrètes sur les exploitations.
Et on en parle avec vous, Luc Smessard, vous êtes vice-président de la FNSEA. Bonjour monsieur, soyez le bienvenu. Bonjour.
Euh monsieur Smessard, est-ce que vous pourriez nous dire d'abord tout simplement quel est l'état des lieux euh ce matin ? Qui sont ceux ou quels sont ceux qui ont le plus souffert ? Ouais.
Alors le ça va être vite fait hein, c'est qu'aujourd'hui tous les agriculteurs, toutes les filières sont touchées. Euh les plus impacté aujourd'hui sont quand même toute la filière du maréchage hein, les légumes, les fruits, euh l'élevage et je suis moi-même éleveur. Vous voyez derrière moi, vous avez du mal à reconnaître, mais c'est bien une prairie.
Euh et nos vaches aujourd'hui n'ont plus rien à manger. Euh c'est aussi les céréaliers. Euh, on annonce une baisse historique en maïs.
Euh, le maïs, c'est-à-dire une baisse de plus de 35 %. On avait déjà euh en céréales à une baisse de 20 %. Euh, ça fait des chiffres spectaculaires, mais la réalité dans nos fermes, c'est qu'aujourd'hui, il y a plus d'argent et que les agriculteurs, notamment les éleveurs sont en train de décapitaliser, c'est-à-dire qu'ils vendent des animaux euh parce que ils sont en train de taper dans les stocks de l'hiver.
Ouais. et Luc Smesser pour compléter ce que vous disiez à l'instant concernant les chiffres en effet du maïs, la production française devrait atteindre 9 millions de tonnes. Vous me corrigez si je me trompe effectivement ça fait une baisse de 35 % et pour qu'on se situe bien, ce serait le même niveau, le niveau le plus faible depuis 1980.
Depuis 1980, les rendements devraient être également reculés de 19 % sur un an. le pour qu'on comprenne bien les exploitant de maïs, ça représente quelle proportion au sein de la population de la production agricole ? C'est une proportion assez importante.
He on est parce que déjà les éleveurs font quasiment tous un peu de maïs. Moi la ration c'est de l'herbe, de la luserne mais aussi du maïs. Et quand il y a des sécheresses comme ça, c'est le maïs qui a toujours sauvé l'élevage français.
Et on le voit bien que cette année, ça va pas être le cas. sur mon exploitation, on a une perte de 50 %. Euh, il va falloir le double, donc il va falloir racheter des fourrages et aujourd'hui, il y a pas de disponibilité puisque toute la France est touchée.
Donc euh ce que vous disiez est important. Il faudrait rajouter à ça aussi la la tout tout la filière viticle, hein. Euh vous avez vous l'avez fait dans votre radio, mais les vendanges ont commencé maintenant il y a une dizaine de jours.
Euh, on est aussi à - 20 - 30. Alors, le cru va être excellent, hein, puisqueil y aura eu énormément de soleil mais il y aura pas la quantité. Et la différence par rapport aux autres canicules qu'on a pu connaître en 20031 euh c'est que là il y a une intensité, il y a les canicules qui se répètent et on fait souvent référence aujourd'hui à 1976.
C'est terrible quand on fait référence à cette année la plus dramatique pour l'agriculture française et on en est là et en plus on a les charges de de 2026, c'est-à-dire qu'on a des charges qui ont grimpé ce qui veut dire que aujourd'hui euh on a énormément d'exploitation en difficulté. Il va falloir rapidement que le gouvernement euh prenne la hauteur, la mesure euh de l'urgence, mais il va surtout falloir arrêter de mettre des pensement. Il va falloir que le gouvernement nous donne des solutions pour s'adapter à ce bouleversement climatique.
C'est la capacité d'adapter nos bâtiment et puis est-ce que enfin on est capable de stocker un peu d'eau pour éviter aussi que nos rivières soient à sec pour éviter que touses nos zones humides aujourd'hui sont complètement asséchées. Si on stock de l'eau quand il en tombe en excès l'hiver, je suis sûr qu'on sera capable d'en rejeter même nous agriculteurs, une partie pour le milieu. et je pense que tout le monde c'est l'environnement qui s'en sortira aussi également.
On va y venir à cette question de l'irrigation avec vous Lux Masser, vice-président de la FNSEA. On parle sécheresse, on parle du cri d'alarme de votre syndicat qui réclame des milliards parce que il y a urgence. Mais concernant le gouvernement, il a déjà annoncé un plan d'aide à venir dont le détail n'est pas encore dévoilé.
Euh la raison pour laquelle vous intervenez aujourd'hui, c'est parce que vous craignez que les aides soient trop basses. C'est ça le besoin est énorme en trésorerie pour euh pour pour le monde agricole. Oui.
Et puis euh je pense qu'il faut arrêter de parler en milliards. Ce qu'il faut surtout quand on demande le milliard, c'est l'addition sur la totalité de la France. Euh ce qu'on a surtout besoin aujourd'hui besoin, c'est quelques dizaines de milliers d'euros par exploitation et donc pas simplement quelques euh centaines d'euros euh quelques reports de cotisation.
Aujourd'hui, il faut absolument des prises en charge de cotisation sociale. Il faut des solutions pour que on puisse aller jusqu'à la prochaine récolte et ça sera long d'aller jusqu'en 2027. C'est c'est ces éléments-là qu'on a besoin et c'est pour ça que les auditeurs doivent comprendre qu'aujourd'hui il y a urgence à sauver notre alimentation chez nous puisque on le voit bien aussi toute l'Europe a soif et donc il y a besoin d'apporter des éléments.
Par exemple, on va bientôt recevoir nos taxes sur le foncier non bâti. Est-ce que l'État est prêt en charge de prendre euh justement à sa charge euh ces TFNB, cette taxe foncière non bâti pour qu'on évite euh de devoir notamment payer euh cette taxe au mois de septembre. Lux Messard, vice-président de la FNSE, avec vous, on parle sécheresse et du cri d'alarme de votre syndicat parce qu'il y a un besoin urgent de financement.
Le point de crispation, c'est quand même l'irrigation. La ministre de l'agriculture disait elle-même début juillet à ce micro qu'on pourrait faire mieux. Quelles seraient les solutions en matière d'irrigation ?
Je parle pas là de la question du stockage puisque vous avez réclamé des mégabassines, mais j'ai envie dire là aussi il y a un point de crispation avec avec les écologistes mais c'est encore une autre question. La vraie question en France je pense c'est l'irrigation parce que elle dit elle-même on n'irrigue pas mieux, on sait qu'on peut irriguer mieux. Pourquoi ne Qu'est-ce que vous réclamez et qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
Alors déjà, on réclame pas des j'aime pas ce terme de mégabacine. Euh je pense qu'on demande surtout c'est des retenus comme on a su le faire en Savoie, comme on a su le faire en Vender, comme on sait le faire aussi dans le sud de la France euh autour du lac de Serpenson et puis euh la capacité à se dire que quand il tombe de l'eau et il en tombe toujours autant en 2026 quand que il y a 20 ans. C'est-à-dire que quand elle tombe, elle tombe en excès, notamment l'hiver, c'est la capacité à la capter dans des retenus collinéaires.
C'est qu'on a quand même beaucoup de relief en France et c'est cette capacité qu'on a après relâcher tranquillement l'eau. Après, par rapport à l'irrigation, on a aujourd'hui à peine 6 à 7 % des agriculteurs français et qui ont les toute la capacité d'irriguer puisque le matériel et donc oui, on peut encore faire mieux avec du goutte à goutte, avec les les capacités. Aujourd'hui, toute la technologie permet de mieux arroser, de que chaque goutte d'eau soit le mieux utilisée possible, amener les cultures aussi les plus adaptées.
Donc il y a énormément de travail, de recherche. Il faut que les chambres d'agriculture aussi accompagnent davantage les agriculteurs pour amener des solutions. Mais avant tout, le nerf de la guerre, c'est est-ce que on sort de cette écologie de salon ?
Est-ce que on sort de ces ces gens qui n'ont nom non de cesse que la décroissance ? Moi ce que je veux c'est produire chez moi mon alimentation notamment mon fourge parce que si je produis pas mon fourge demain j'aurai moins de vache et si j'ai moins de vache il y aura un salarié en moins. C'est ça la difficulté.
Merci Lux Messard d'être intervenu sur Sud Radio ce matin, vice-président de la FNSEA. On a parlé sécheresse, cri d'alarme du syndicat qui a besoin de trésorie. Mais surtout surtout et vous le disiez à l'instant, il faut repenser l'irrigation, il faut repenser les stockages d'eau.
Au-delà des crispations, il y a des choses à faire. Il y a des choses à aller chercher.