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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 7 juillet 2026 20 min

Sébastien Martin : "Dans l'opération "Notre-Dame", il y a 150 projets représentant 32 000 emplois"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va parler réindustrialisation et cathédrale industrielle puisque le chef de l'État Emmanuel Macron a lancé au printemps de la cathédrale parisienne qui avait été réalisée en cinq ans, une reconstruction rapide dont Emmanuel Macron se félicite souvent et donc le président de la République veut faire sortir, veut faire émerger ces 150 C'est avant tout une forte mobilisation parce que dans la période que nous traversons, je pense que vous venez d'échanger sur la situation qui est sans doute difficile. Je crois que le président de la République l'a rappelé, le Premier ministre également, nous n'avons pas de temps à perdre. Et donc il s'agit pour moi de mobiliser l'ensemble des services de l'Etat en lien avec les collectivités locales comme je le fais en me déplaçant dans chacune des régions pour faire avancer tous ces projets.

S'il y a des difficultés administratives, s'il y a des problèmes financiers, s'il y a toutes ces questions-là, nous les examinons. On fait un point toutes les semaines, soit en visio, soit en présentiel, avec les territoires, avec les élus, également pour faire avancer ces Donc ce sont des dossiers, des projets qui avancent avec de l'investissement privé ? Oui, ce sont des investissements privés.

Ce sont 150 projets Notre-Dame. Ce sont beaucoup des dossiers qui ont été soit identifiés au moment de Choose France, ce soit des projets stratégiques parce qu'ils contribuent à notre souveraineté. Et donc ce sont des investissements majeurs.

Il y en a 150, ça représente 32 000 emplois partout sur le territoire. Et mon job à moi, en tout cas c c'est la mission qui m'a été confiée, c'est de les faire aboutir, de les faire avancer. On ne peut pas avoir des pertes de temps pour des tracasseries administratives, pour des gens parfois entre une administration et une entreprise qui ne se comprennent pas, on met tout le monde autour de la table et on fait avancer les choses et pour ça d'ailleurs j'ai désigné à partir d'aujourd'hui une personne qui va être en charge à temps complet de ce dossier, il y avait le général Georges Lain qui a piloté le dossier Notre-Dame, moi j'ai nommé à partir de d'aujourd'hui un sous-préfet qui s'appelle Olivier Teinturier, avec lequel j'ai travaillé à Châlons-sur-Saône.

On a réindustrialisé toute l'ancienne friche de Kodak où j'ai neuf usines qui sortent de terre. Alors ce n'est pas neuf cathédrales industrielles, mais c'est quand même des beaux projets industriels. Donc c'est quelqu'un en qui j'ai confiance, qui a la méthode pour faire avancer les projets industriels et c'est ce qu'on fait dans la méthode de Notre-Dame.

Et alors est-ce qu'Olivier Tenturier aura le même style direct que le général Georges Lain qui avait piloté la reconstruction de Notre-Dame ? En tout cas, il sera extrêmement accessible à toutes les autorités locales quelles qu'elles soient. Il sera efficace et il devra être rapide et surtout...

Il y a une expression que j'aime bien, c'est cette expression qui consiste à dire la loi est la loi, le cadre est là. Mais il faut être intelligent, il faut savoir des fois faire transpirer les règlements pour trouver les voies de passage, pour aller le plus vite possible. Il y a plein de choses qui permettent de le faire d'ailleurs dans la loi et parfois on ne les utilise pas assez. – Mais alors pourquoi avoir choisi un sous-préfet pour justement accélérer et dépasser les lourdeurs administratives ?

Il va aller contre sa nature peut-être ? – Non, au contraire, parce que les sous-préfets, vous savez, sur les territoires, ce sont souvent des gens qui font du mécano, qui sont là souvent au contact des élus locaux, qui sont là au contact des chefs d'entreprise et qui aiment régler des problèmes. Et moi j'ai besoin d'avoir quelqu'un qui au quotidien va aller régler des problèmes et permettre à ces ces projets qui sont majeurs, on parle de projets dans la défense, on parle de projets dans l'énergie, on parle de projets dans l'intelligence artificielle, on parle de projets dans l'aéronautique.

Ces projets qui sont majeurs, qui représentent des dizaines de milliers d'emplois, il me il fallait en plus des équipes dont on dispose déjà à Bercy ou dans les territoires, quelqu'un pour les piloter. Donc dans ces projets d'investissement privé, il y a besoin que l'État vienne mettre son nez pour faire fonctionner les choses Je vais vous donner un exemple tout bête. Il y a un mois, j'ai fait un comité comme ça, régional, de suivi de ce qu'on appelle les projets Notre-Dame, entre une grande entreprise et une administration.

Depuis plusieurs semaines, il y avait une incompréhension entre les gens. Mais clairement, une incompréhension entre les gens. D'un côté, l'entreprise pensait que l'administration voulait lui imposer quelque chose.

L L'administration lui disait mais que non, en réalité c'était un conseil qui lui était apporté, on s'est mis autour de la table, en dix minutes on a réglé le problème et le projet a pu continuer. L'activité locale ou bien de l'État a été parfois de jouer le rôle de décodeur entre le monde de l'entreprise et l'administration. et qu'on puisse avancer parce qu'à la fin, ce qui compte c'est que le projet sorte.

L'Aéronautique, essentiellement l'aéronautique, et va créer une usine dans l'Ain qui va faire des freins pour les roues des avions. Bon, il y avait un problème administratif, on l'a réglé. Aujourd'hui le terrain est en train d'être acheté et la construction de l'usine va démarrer l'année prochaine avec laquelle la clé plusieurs millions d'euros d'investissement et des centaines d'emplois.

Hier, nous étions dans le Grand Est. Dans le Grand Est, on a étudié des projets d'usines de recyclage de textiles ou de recyclage de plastique. Donc on a tout un tas de projets qui sont extrêmement concrets, présents partout dans les territoires.

On parle de projets stratégiques qui sont forcément liés à l'économie d'avenir, à la transition climatique, au numérique ? Très souvent liés au numérique, très souvent liés à la transition écologique, aussi liés à la défense. On a par exemple des projets de recyclage de matériaux qui sont très utiles dans le secteur de la défense, parce qu'on voit bien que sur les matériaux critiques, les matériaux stratégique, on a quand même quelques questions avec des pays asiatiques notamment.

On a les projets liés aux batteries pour les véhicules électriques, on a les projets liés au recyclage de terres rares, par exemple à Lac, vous avez vu qu'avec Roland Lescure, nous n'avons pas posé la première pierre mais quasiment lancé le chantier, enfin lancer le chantier majeur de cette usine qui va recycler des terres rares à Lac, l'usine de lithium dans l'Allier par par exemple, il y en a 150 comme ça. Et d'ailleurs, je le redis, la liste n'est pas définitive. Moi, plus j'aurai de projets, plus je serai heureux.

On parle de 171 milliards d'investissements, je crois, dans ces 150 projets, mais est-ce que ce montant est vraiment à la hauteur des investissements énormes qui sont faits aux États-Unis, en Chine, notamment dans des secteurs d'avenir comme l'IA, l'intelligence artificielle. Vous avez vu la dernière édition de Choose France avec… – 93 milliards. – …des investissements majeurs qui ont été annoncés.

Mais ça, on le doit à quoi ? On le doit à une électricité abondante, décarbonée et extrêmement compétitive. J'entends sur tous les plateaux de télé certains responsables politiques nous expliquaient que l'électricité en France est hors de prix.

Mais enfin, je ne sais pas si ces gens parfois sortent de l'Hexagone et voient ce qui se passe ailleurs. En Allemagne, en Italie, le prix de l'électricité est du double du prix de l'électricité française et en plus d'une électricité qui n'est pas décarbonée. On a les atouts avec cette électricité massive et on a des atouts aussi parce qu'on a un écosystème IA, on a une stratégie autour de l'intelligence artificielle, on a des têtes qui pensent et qui réfléchissent à l'IA.

Et Mistral, on peut se raconter ce qu'on veut. Sur le continent européen, il y a peu de pays qui ont sorti une entreprise comme Mistral. Ce pays, c'est la France.

Donc, à l'échelle européenne, on est plutôt en – Peut-être, mais par rapport aux États-Unis, on parle quand même de milliers de milliards d'euros d'investissement dans le domaine. – Bien sûr, mais c'est bien pour ça que je pense que nous devons penser ces questions -là en européen. Aujourd'hui, la France, c'est 68 millions d'habitants en face de nous, on a la Chine, on a les États-Unis qui sont des états continents et qui pèsent à eux tout seuls bien plus que nous.

Et donc pour autant, ce pays, la France, de 68 millions d'habitants, il rivalise avec ses grandes puissances. Alors je vois qu on parle de la question environnementale qui est aussi posée dans ce débat sur l'opération Notre-Dame, qui prévoit une dérogation au régime de protection des espèces protégées. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que la protection de la biodiversité peut être contraignante pour certains projets industriels – Non, on peut avoir des dérogations mais encore faut-il justifier des choses. On peut avoir des dérogations quand on a justifié que le terrain en question, visiblement, ne présentait pas d d'espèces naturelles sensibles. Tout ça ne se fait pas comme ça sur un coin de table.

Donc la réglementation en matière de protection de l'environnement, ça nous est suffisamment reproché. On ne peut pas dire d'un côté en France il y a trop de règles, il y a trop de normes et puis de l'autre m'expliquer qu'en un coup de cuillère à peau, on déroge. Ça c'est le premier point.

Deuxième point par contre, moi je veux lutter contre les recours abusifs. Les recours abusifs, c'est quoi ? C'est des gens qui ne veulent pas, quoi qu'il a adviennent, que des projets d'usines, que des emplois soient créés parce qu'ils considèrent que leur territoire ne doit pas accueillir de projets de développement économique et donc font des recours abusifs. – Au nom de la protection de certaines espèces ?

Parfois au nom de la protection de certaines espèces, parfois aussi au nom d'une certaine conception de la société ou parfois au nom de leur petit confort personnel aussi. Donc Donc, les voies de recours dans notre pays, elles sont normales, elles sont légitimes. On a pris une décision avec le gouvernement, on a signé un décret qui est applicable depuis le 1er juillet, qui fait que désormais pour un projet industriel de plus de 5 millions d'euros, on peut faire un recours toujours, mais on va directement aux cours administratives d'appel.

On a supprimé un échelon de recours pour aller plus vite et en disant à la cour administrative d'appel « vous avez 10 mois pour juger ». Ça n'empêche pas d'ailleurs ensuite d'aller encore au Conseil d'État. Donc on ne bafoue pas l'État de droit en faisant ça.

Mais par contre, on est clair, il y a une priorité dans ce pays, qui est la réindustrialisation. On a le droit de faire des recours. Mais les recours abusifs, non.

Donc il y a un dispositif qui existe désormais, qui n'est que pour les projets industriels de plus de 5 millions d'euros, on va directement en cours administratif d'appel. On fait gagner 12 à 18 mois sur un projet industriel. Donc les militants écologistes font trop de recours sur certains projets industriels ?

Je ne sais pas si c'est les militants écologistes. Vous savez, des fois, ce n'est pas forcément des militants écologistes. Parfois, c'est des gens qui… Hier, j'avais un exemple dans la région Grand-Est d'une personne qui manifestement ne supporte pas qu'il puisse y avoir le moindre bruit, la moindre activité à côté de chez elle et qui fait recours sur recours sur recours.

Je ne veux pas accuser, pointer du doigt que les militants écologistes. Je pense qu'il y a des territoires en France où il y a une vraie culture industrielle, où il y a une acceptabilité très forte, puis il y a des fois des Le cadre qui est le nôtre, nous le respectons. – Il va être modifié le cadre avec cette opération Notre-Dame ? – Le cadre c'est le recours.

Avec l'opération Notre-Dame, c'est une mobilisation. Le cadre législatif, vous ne m'avez pas vu déposer une loi Martin sur l'industrie, il y a déjà la loi sur l'industrie verte qui a permis de paralléliser les procédures, c'est-à-dire qu'avant on fallait faire les choses les unes après les autres, ça prenait du temps. Maintenant on peut faire les choses en parallèle, ça gagne du temps.

Moi j'entends tous ceux qui disent « la France c'est trop long, c'est trop… c'est trop long, c'est trop compliqué ». Donc on fait en sorte que ce soit plus rapide et que ce soit plus simple. Alors est-ce que cette opération Notre-Dame c'est aussi une manière d'améliorer le bilan d'Emmanuel Macron en matière industrielle ?

On va regarder certains chiffres, un bilan qui n'est pas forcément négatif. Depuis 2017, 130 000 emplois industriels ont été créés. On parle de solde net, c'est-à-dire de différence entre les créations et les suppressions d'emplois.

Le problème, c'est que Depuis quelques années, les chiffres sont moins bons en 2025. En solde net, là encore, il y a eu… Quelques années, ça fait un an. Quelques pour moi, c'est au pluriel.

Mais alors, il y a quand même une dynamique qui est plutôt négative. C'est que l'an dernier, effectivement, il faudrait être 63 usines fermées. L'an dernier, nous avons arrêté de créer des emplois industriels supplémentaires.

Alors que de 2018 à 2024, nous avons recréé 130 000 selon le gouvernement. La fabrique de l'industrie parle de 180 000 emplois industrielle. Ça veut dire, est-ce qu'on est en train de retomber dans une crise industrielle ?

Ça veut dire qu'on est à une phase, on est un peu un système à une vision aujourd'hui, une situation sur un plateau et qu'il est nécessaire de réagir, d'où la méthode Notre-Dame parce qu'on n'a pas de temps à perdre, il faut que les projets aboutissent. Bien sûr au niveau national nous avons les leviers que nous pouvons activer et puis on voit bien qu'on est dans une situation internationale qui pèse énormément sur l'Europe d'une manière générale parce que entre 2018 et 2024 vous l'avez dit nous avons pendant six ans continuellement recréé des emplois industrielles juste qu'on aille voir ce qui s'est passé outre-run dans la même période l'allemagne a détruit six cent mille emplois industriels la république tchèque la hongrie pareil ont détruit des emplois industriels l'italie est à peu près stable et l'espagne a été dans une dynamique positive comme nous donc il y a eu ce mouvement en faveur de la réindustrialisation qu'il ne faut surtout pas casser parce que ça incite aussi les jeunes à rejoindre les formations industrielles on ne fera pas d'industrie demain en continuant à dire mais l'industrie s'est foutue rien ne va on n'y arrivera jamais non la france elle a changé c'est dû à quoi ce ralentissement industriel depuis depuis grosso modo fin 2024 vous avez observé que le président des états unis a mis en place politique de tarifs tout autour des états unis je suis pas contre la question des droits de douane mais les droits de douane surtout est ce que ça a du sens est-ce Est-ce qu'au niveau européen, on va mettre des droits de douane sur les T-shirts Nike qu'on ne refabriquera sans doute jamais en France ou sur certains produits sur des téléviseurs qu'on ne fabriquera sans doute jamais en France Non, mais par contre il y a des secteurs stratégiques qu'il faut protéger et ça c'est le combat de la France au niveau européen. Parce qu'en face de nous, il y a les Etats-Unis qui sont refermés et les Chinois combattient un outil industriel massif qui aujourd'hui trouve ses débouchés en Europe.

C'est pour ça que la France parle de de protection européenne. Ça veut dire que là, on sent vraiment l'impact des mesures de la guerre commerciale de Donald Trump sur notre industrie ? Oui, vous avez la Chine qui a bâti un outil industriel énorme, comme ça.

Son marché intérieur, en fait, il n'est pas si dynamique qu'on le dit. Donc, on réduit la taille du gâteau. Les États-Unis se sont fermés, on réduit encore la taille du gâteau.

Sauf que la Chine produit toujours comme ça. Et donc, elle envoie ce qu'on appelle des surcapacités asiatiques et des mesures de protection européenne, d'une part. Et nous poussons dans un texte qui s'appelle le texte sur l'accélération industrielle au niveau européen, des mesures de préférence européenne.

Préférence européenne, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'argent public des Européens doit aller à l'industrie Donc, quand on met des sujets sur le secteur de l'automobile, sur le secteur de l'acier, notamment des aciers décarbonés, sur le secteur du ciment, sur le secteur de la chimie, sur les secteurs des industries qui sont en croissance dans notre pays, j'en oublie sans doute certains. Moi je pense que si on peut avoir beaucoup de secteurs qui vont dans cette dynamique et qui disent que quand sur un marché public, entre un produit qui est « made in Europe » et un produit qui est « made in Europe » et un produit qui est « made in China », on doit avoir une préférence européenne.

Quel est l'état du débat européen sur justement cette future préférence européenne ? Est-ce qu'il y a des États membres qui bloquent notamment l'Allemagne ? Aujourd'hui tout le monde dit « on est pour la préférence européenne ».

Simplement nous on on dit la préférence européenne, c'est l'Europe des 27. Et certains disent la préférence européenne, c'est l'Europe des 27 plus plus de 80 pays avec lesquels nous avons des accords de libre-échange. Donc ça veut dire aller Je ne vais pas aller expliquer aux gens que je croise sur le marché à Chalon le dimanche matin que le « made in Europe », c'est le « made in Korea ».

Ça peut peut-être être compréhensible par un habitant allemand, et encore j'en suis pas certain, mais ça ne l'est pas par un habitant de Chalons-sur-Seau, de Mont-Solémine, dans mon département. Donc il faut faire quelque chose de compréhensible, de clair. C'est ce que pousse la France.

Le « made in Europe », c'est le « made in Europe ». Il y a des règles spécifiques pour l'Europe, parce que l'argent des Européens va aux Européens. Donc en gros c'est l'Allemagne qui veut préserver ses capacités exportatrices ?

L'Allemagne est très exportatrice, mais son modèle il évolue aussi, il doit évoluer. Je veux dire que l'Allemagne, elle est et confronté à un marché chinois qui n'est plus du tout celui qu'il y était il y a 10 ou 15 ans. Et je pense que nous avons tous, au contraire, très intérêt à développer le premier marché mondial, qui est l'Union européenne, avec 450 millions de consommateur avec un fort pouvoir d'achat une question d'actualité sur un secteur industriel en particulier sur l'industrie du papier puisque le tribunal de commerce de toulouse a donné hier trois semaines supplémentaires au à l'industriel mathieu pigas pour financer son offre de reprise de l'entreprise fibre excellence.

L'usine de pâte à papier, notamment de Saint-Gaudens en Haute-Garonne, emploie 600 personnes. Cette usine est à l'arrêt depuis avril. Est-ce que le projet de Mathieu Pigas est un projet sérieux selon vous – Écoutez, d'abord votre question, elle me permet quand même un peu de clarifier la situation parce que j'entends depuis des jours un certain nombre de choses sur « l'État doit être au rendez-vous ». – Des critiques, alors pour expliquer notamment des critiques de Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie qui trouve que l'État n'est pas assez présent dans ce projet de reprise de Fibre Excellence.

Écoutez, moi j'ai trop de respect et d'amitié pour Carole Delga pour vouloir polémiquer avec elle. D'ailleurs, j'ai entendu certains de ses propos qui m'ont blessé personnellement et je ne reviendrai pas dessus. Mais la vérité, c'est quoi ?

C'est que depuis 2020, l'État a déjà mis presque 100 millions d'euros pour accompagner Fibre Excellence. Depuis 2020. Ensuite, depuis cette crise, il n'y a pas un jour qui passe sans que la question de Fibre Excellence n'arrive sur mon bureau et sans que je m'en préoccupe.

Et d'ailleurs, personnellement, je me suis engagé, je suis allé chercher des industriels. J'ai monté des rendez-vous personnels avec plus dix industriels pour essayer qu'ils reprennent ce projet avec un regard industriel et avec des fonds privés. L'État, dans la perspective de la reprise, grosso modo est déjà prêt à mettre sur la table entre la hausse du prix de l'électricité, plus 60 millions, entre l'écrasement de dettes, on va écraser des dettes pour 60 millions.

On va faire un prêt de 5 millions d'euros supplémentaires, on est déjà presque à 150 millions d'euros parce Est-ce que je passe encore sur d'autres mesures qui sont proposées ? Les régions collectivités locales sont prêtes à mettre 16 millions en direct et puis avec des fonds d'investissement. Monsieur Pigas, aujourd'hui, me demande encore 80 millions d'euros et lui met 5 millions d'euros sur la table.

Donc moi je dis à M. Pigasse, je suis tout à fait prêt à accompagner ce projet, il n'y a pas de problème, mais on ne peut pas avoir 5 millions d'euros de M. Pigasse et pratiquement 200 millions d uniquement d'argent public injecté dans ce projet.

Je pense qu'il faut un peu équilibrer les choses. Si on veut vraiment sauver Fibre Excellence, on le fait et en venant en investisseur. Les 5 millions, très honnêtement sur près de 200 millions qui sont demandés au pouvoir public, au sens large, je trouve que c'est un peu déséquilibré. – Donc finalement ce n'est pas une offre de reprise sérieuse, c'est une offre de reprise d'affichage ? – C'est une offre de reprise en construction.

Il faut que M. Pigasse, s'il veut sauver cet entreprise et qu'il y mette les moyens. Mais on ne peut pas juste dire je mets 5 millions et je demande 200 millions au pouvoir public.

Le message est passé, Mathieu Pigasse a trois semaines pour peaufiner son offre de reprise. Et je suis prêt bien évidemment avec mes équipes à recevoir les équipes de M. Pigasse pour affiner les choses. – Merci beaucoup Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l'industrie, de nous avoir éclairé notamment sur cette opération Notre-Dame et ses 150 projets industriels stratégiques qui vont être accélérés.

Allez, tout de suite, on passe à l'actualité de nos régions.

Sébastien Martin : "Dans l'opération "Notre-Dame", il y a 150 projets représentant 32 000 emplois" — Sébastien Martin · Pourquijevote