Signalement de Damien Abad et nouveau gouvernement... Le "8h30 franceinfo" de Gilles Le Gendre
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Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Saveria Rogec.
Bonjour Hercine, bonjour à tous.
Éditorialiste politique de France Info, notre invité ce matin, Gilles Le Gendre. Bonjour à vous. Bonjour Hercine Lemovitch, bonjour Saveria Rogec. Bonjour Gilles Le Gendre. Député LREM de la deuxième circonscription de Paris et vous serez candidat à votre réélection. Avant d'évoquer le nouveau gouvernement et puis les élections également, on apprend ce matin dans un article du journal en ligne Mediapart que l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique a signalé le 16 mai dernier à deux partis politiques, LR et LREM, votre parti, des accusations de viol qui concernent Damien Abad. Ça remonte à 2010 et 2011. Damien Abad a été nommé ministre des Solidarités vendredi.
Il conteste les faits. Je précise que dans la première affaire, un non-lieu a été prononcé et que dans la deuxième, il n'y a pas encore, il n'y a pas de plainte déposée. Est-ce que vous pouvez nous confirmer, Gilles Le Gendre, que votre parti, La République En Marche, a été informé par cet observatoire de ce signalement ?
Non, je ne peux pas vous le confirmer. C'est par votre bouche que j'apprends cette information. Face à ce genre de mise en cause, il faut être extrêmement scrupuleux. D'abord, dans le respect absolu de la parole des victimes éventuelles et aussi, et aussi, avec le même niveau de scrupule, le respect des procédures et des autorités qui sont responsables pour en connaître et pour en traiter. À ce stade, je ne suis ni informé, ni compétent pour en dire plus.
Alors, vous n'êtes ni informé, ni compétent. Néanmoins, Gilles Le Gendre, Christophe Castaner et Stanislas Guérini ont été interrogés par Mediapart. Christophe Castaner, actuel patron des députés En Marche, il déclare Mediapart n'avoir rien reçu, n'avoir pas été alerté. Il conseille la victime de porter plainte. Stanislas Guérini, qui était, il y a quelques jours, délégué général de La République En Marche, qui a été nommé ministre vendredi. Il fait savoir à Mediapart qu'il a découvert le signalement hier matin. En revanche, du côté des Républicains, Aurélien Pradié, le secrétaire général des Républicains, lui, dit avoir eu vent de plusieurs alertes.
Encore une fois, on vous repose la question. Est-ce que, selon vous, l'Elysée, Matignon, était au courant de ce signalement avant que Damien Abad soit nommé vendredi matin ministre ?
Je ne peux évidemment pas vous répondre, puisque je ne le sais pas. On va interroger ces autorités.
Très bien, Gilles Lejean. D'autres affaires judiciaires qui concernent ce gouvernement, autres affaires d'exemplarité, j'allais dire, Éric Dupond-Moretti, actuel garde des Sceaux, qui reste garde des Sceaux dans le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne, maintenir un ministre qui est mis en examen, l'élever dans le rang protocolaire. Est-ce que nous ne sommes pas très loin de la République exemplaire qui est prenée par Emmanuel Macron ?
La République exemplaire, c'est le respect absolu des principes démocratiques, institutionnels et judiciaires. Quel est l'enjeu ? L'enjeu, c'est la transformation de la justice. Une transformation profonde que les Français appellent de leur vœu, mais aussi les magistrats, les professionnels de justice et les avocats. Cette transformation, elle ne pourra se produire que dans un climat apaisé. Le défi du gouvernement, de notre majorité, et donc du garde des Sceaux, c'est de créer ce climat apaisé.
Avec un garde des Sceaux, mis en examen, ça crée un climat apaisé.
Avec deux dimensions.
Et des relations apaisées avec les magistrats.
Premièrement, un respect absolu des principes, indépendance de l'autorité judiciaire, mais aussi le respect par l'autorité judiciaire du rôle du politique sur lequel elle n'a pas à intervenir. Et la deuxième chose, pour que ce climat soit apaisé, c'est que le ministre ait les mots, les concertations, les engagements qui vont permettre d'engager cette transformation. Avant l'élection présidentielle, nous avons procédé à la création des états généraux de la justice.
Pardonnez-moi, j'ai le genre, ce n'est pas là-dessus que nous vous interrogeons. Je vous interroge sur l'exemplarité, le fait que l'actuel garde des Sceaux qui vient d'être renouvelé dans ses fonctions est mise en examen. Deuxième question, après nous changeons de sujet, mais le conseiller du chef de l'État, député également, Thierry Solaire, est lui aussi mis en examen, mis en examen pour 13 chapitres. Il a choisi, lui, de retirer sa candidature aux législatives, on l'a appris en fin de semaine. On a encore une fois du mal à comprendre quelle est la jurisprudence dans ce gouvernement en Macronie. Un ministre qui est mis en examen, il reste au gouvernement.
Un député qui est mis en examen, lui, se retire.
Il n'y a aucune règle institutionnelle ni politique démocratique qui oblige un ministre ou quelque responsable que ce soit mis en examen de renoncer à ses fonctions. Ensuite, il y a la liberté des hommes. Et en l'espèce, si Thierry Solaire choisit de ne pas se représenter, c'est sa liberté. Donc chacun décide, en fait. Chacun décide. Très librement. Un parti politique n'a pas à avoir une ligne là-dessus. Non, chacun décide dans le respect absolu des principes institutionnels et judiciaires. Si on est condamné, c'est une toute autre chose. Mais la mise en examen, la personne mise en examen, est présumée innocente.
Pourtant, Thierry Solaire a fait le choix de ne pas se représenter. C'est son droit. Nous allons maintenant parler du nouveau gouvernement. Gilles Le Gendre nous promettait une équipe de combat pour un quinquennat nouveau. Finalement, 15 ministres faisaient déjà partie de la dernière équipe. Et puis, on a attendu 4 semaines pour ce gouvernement qui reste un gouvernement de grande continuité. Malgré quelques symboles forts, on va en parler. Est-ce que ce n'est pas un peu décevant ?
Pas du tout. D'abord, continuité, je trouve que c'est un peu exagéré. Il y a la moitié de nouveaux, la moitié d'anciens. Donc, c'est assez bien équilibré. Deuxièmement, un gouvernement, ce n'est pas un concours de photomaton, ni la constitution de gentils animateurs au Club Méditerranée. C'est quelque chose de sérieux. Et ce qui caractérise ce gouvernement, c'est un terme. C'est la solidité. Nous n'avons jamais menti aux Français, et certainement pas le Président de la République, pendant la campagne électorale. Les mois et les années que nous allons affronter sont particulièrement difficiles.
Le basculement géopolitique avec l'Ukraine, le défi climatique, les transformations profondes que nous devons opérer dans notre pays. Pour ça, il faut une équipe solide et compétente.
Ça justifie, selon vous, de garder au poste clé des gens la justice à l'intérieur, à l'économie ?
Ça justifie ça ? Parfaitement, oui. Monsieur Le Maire, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, on a parlé tout à l'heure du Pond-Morretti. Mais aussi, ce qu'on a assez peu souligné, l'émergence de la nouvelle génération de 2017, qui maintenant est capable de tenir la vague. Je pense à Amélie Monchalin, Agnès Pannier-Runacher, Clément Beaune. Elles étaient déjà là. Oui, mais elles ont, elles, et ils ont fait leur classe, Olivia Grégoire. Voilà, ils sont capables maintenant de tenir leurs responsabilités, y compris sur des postes importants. Solidité, c'est absolument fondamental dans la période que nous avons à affronter.
On fait une pause dans cette interview au Gilles Le Gendre, il est 9h20, c'est l'heure du Filinfo, voici Diane Ferschit.
Attention aux orages météo France Place 13, département du centre-ouest en vigilance orange, de la Gironde à la Vienne et jusqu'à la Loire, des orages qui seront accompagnés par endroits de chute de grêle. L'enquête est confiée aux gendarmes de l'Isère et à la gendarmerie des transports aériens pour tenter de déterminer les causes de l'accident d'avion qui a coûté la vie à 5 personnes. Hier, dans le massif de Beldone, le pilote et 4 membres d'une même famille, dont un enfant, ils effectuaient un baptême de l'air. Le bilan de la dernière journée de Ligue 1 de football, marqué par de nombreux rebondissements, Marseille termine 2e du classement et se qualifie pour la Ligue des champions.
En bas de tableau, Saint-Etienne échappe à la descente directe en Ligue 2. Les Verts affronteront Auxerre en barrage et puis c'est terminé en revanche pour les Girondins et pour Metz, laminé 5 à 0 par le PSG. Le PSG où va finalement rester Kylian Mbappé ? Il prolonge son contrat jusqu'en 2025 et ne cède pas aux appels du Real Madrid, ce qui provoque la colère des Espagnols. Cet accord, c'est une insulte au football, réagit le président de la Liga. La Liga annonce son intention de porter plainte contre le Paris Saint-Germain. Elle l'accuse de ne pas respecter le fair-play financier. Le PSG marqué également par le limogéage de Leonardo, le directeur sportif.
Selon les informations de France Bleu Paris, une conséquence là aussi, semble-t-il, de la prolongation du contrat de Kylian Mbappé.
France Info.
C'est le député de la majorité, Gilles Le Gendre, qui est l'invité du 830 France Info ce matin. Saveria Rogec.
Gilles Le Gendre, il y a trois semaines encore dans un entretien, vous plaidiez pour un Premier ministre qui incarne un vrai poids politique. Vous allez même plus loin. Vous expliquez, c'est le seul critère, le critère le plus important, le critère qui devrait l'emporter sur tous les autres. Elisabeth Borne a plein de qualités, mais elle n'est absolument pas politique. Elle n'a jamais été élue. Visiblement, vous n'avez pas été entendue.
Alors d'abord, ce n'est pas moi qui suis chargé de désigner le Premier ministre. J'espère que ça ne vous a pas échappé. Moi, ce que je peux dire sur Elisabeth Borne, c'est qu'elle va tenir beaucoup de promesses. Et il y en a une sur laquelle je voudrais insister parce que c'est un souvenir personnel. Pendant deux ans, vous l'avez rappelé tout à l'heure, j'ai présidé le groupe La République En Marche. Et j'ai eu des relations personnelles, et parfois dans des cas très collectifs, avec l'ensemble des ministres. Je peux vous dire que c'est probablement auprès d'Elisabeth Borne, elle n'en avait pas le monopole, que j'ai toujours trouvé la plus grande capacité d'écoute.
Quand il s'agissait de défendre des amendements, y compris des amendements qui contrariaient un peu la ligne de l'exécutif, nous pouvions y travailler, y travailler profondément. Et quand elle reconnaissait que nous avions raison, elle nous donnait raison. Et on pouvait faire avancer les choses. Si elle gouverne son gouvernement, et si elle anime sa majorité, comme elle a fait quand elle était ministre, je pense que tout ça peut être d'excellente augure.
Alors Gilles Lejean, il y a tout de même quelques surprises dans ce gouvernement, notamment l'historien Papandiaï à l'éducation nationale. Sa nomination a déclenché un véritable tollé à droite, à l'extrême droite. Je voudrais qu'on écoute Marine Le Pen, qui s'était hier au micro de nos confrères de France 2.
Emmanuel Macron a fait le choix de la provocation, mais d'une provocation très lourde de sens, notamment en nommant à la tête de l'éducation nationale, c'est-à-dire de l'avenir de nos enfants, quelqu'un qui défend une idéologie racialiste, indigéniste, wokiste. Et ça, c'est un signal très inquiétant pour l'avenir.
Papandiaï est un choix de provocation indigéniste assumé selon Marine Le Pen. Il va déconstruire la France, dit également Éric Zemmour. Est-ce que, pour vous, la violence de ces attaques, elle ne s'apparente pas avant tout à du racisme ? Est-ce que ce sont des critiques racistes auxquelles fait face Papandiaï depuis vendredi ?
Je ne veux surtout pas rentrer dans ce procès. Madame Le Pen prend toujours ses rêves pour des réalités. Elle rêve d'entretenir des polémiques nauséabondes. Elle le fait plus ou moins bien, et en tout cas, pas avec beaucoup de succès. Moi, ce qui m'intéresse derrière cette affaire, c'est ce qu'a sa dit du débat public. C'est quand même terrible. On peut avoir en face de soi un homme estimé par toute la communauté universitaire et scientifique mondiale qui a consacré une grande partie de ses travaux à un sujet qui n'est pas mince quand même, celui des discriminations qui touchent tous les pays, le nôtre et d'autres.
Et immédiatement, il faudrait que, parce qu'il a consacré sa vie à ce sujet, il devienne un tenant du wokisme, du racialisme, de l'intersectionnalité. Mais où est-on ? Moi, ce qui m'intéresse... Non, juste un mot, parce que c'est fondamental. Nous parlons de nos enfants dans cette affaire-là. Ce qui m'intéresse, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut transformer profondément l'école. Y compris... Ce n'est pas ce qu'a fait Jean-Michel Blanquer. Si, il a commencé de le faire. Et là, on va faire... Et nous allons continuer... Dans le même sens, vous pensez ? Oui, nous allons faire... Ce n'est pas ce que disent les enseignants. Non, attendez.
Le programme était très clairement défini par le président de la République. Mais, on va pouvoir changer l'organisation du travail. On va pouvoir augmenter les rémunérations. On va pouvoir donner plus de liberté aux établissements. Mais si nous ne sommes pas... Non ! Mais si nous ne sommes pas d'accord sur la vision qui doit porter tout ça, nous n'y arriverons pas. Et quelle est cette vision ?
Les convictions de Pape Ndiaye en la matière sont à peu près à l'opposé de celles de Jean-Michel Blanquer.
Non, il peut y avoir des nuances. Elles sont respectables. Ils sont tous les deux des républicains laïcs irréprochables. Et j'en finis. J'en finis parce que c'est très important. Cette vision sur laquelle nous allons porter la transformation de l'école, c'est l'égalité des chances. Et ce n'est pas un désaveu de la politique de Jean-Michel Blanquer. En aucun cas. L'égalité des chances. Et ça tombe très bien. C'est le sujet auquel Pape Ndiaye a consacré sa vie et ses travaux. Il va porter cette vision. Et il entraînera le monde enseignant derrière lui.
Allez, on va parler du duo à l'écologie Amélie de Montchalin, Agnès Pannier-Runacher. Un duo à l'écologie des techniciennes, des grosses bosseuses. C'est ce qu'on dit de ces deux minutes. Mais il n'y a pas d'effet « waouh » comme il y a pu y avoir en 2017 avec la nomination Nicolas Hulot. Et puis surtout, aucune des deux n'est connue pour son engagement de longue date, ou même plus récemment, en faveur de l'environnement, de l'écologie.
La bonne nouvelle, c'est que maintenant on peut parler d'écologie sans chercher les effets « waouh » précisément. On est passé dans une toute autre étape. Dans une étape où l'ensemble du dispositif public doit porter la préoccupation écologique. C'est tout le sens du fait que la première ministre sera en charge de l'ensemble de la transition. Mais aussi par le fait que maintenant, il faut aller dans les détails, sujet par sujet, secteur par secteur, territoire par territoire, pour engager cette transition écologique. Mais là, quelqu'un qui a voté pour la prolongation du glyphosate ? Vous savez très bien ce qui s'est passé sur le glyphosate. Donc on ne va pas y revenir.
On a été allé dans une histoire de transition. Pas tout, tout de suite. Nous ne réussirons pas la transition écologique en maniant les symboles. Nous réussirons la transition écologique en allant dans la réalité des processus productifs. Donc il faut savoir autoriser le glyphosate pour un jour plus tard. La mobilité douce, responsabilité à Montchalin. La rénovation des bâtiments, responsabilité à Montchalin. La question énergétique, pour la première fois depuis, je crois, toujours, je m'avance peut-être, nous avons une ministre qui va être en charge de l'énergie et rien que de l'énergie.
Mais tout de même, Gilles, le genre de la politique est aussi affaire de figure. Vous le savez, j'évoquais tout à l'heure Nicolas Hulot, il n'y a pas dans ce gouvernement effectivement de prise de guerre. C'est aussi, comment vous l'interprétez ? C'est aussi un échec d'Emmanuel Macron de ne pas avoir réussi à attirer des profils nouveaux. La Macronie ne fait plus rêver aujourd'hui ?
En aucun cas ! C'est ce que je vous dis. Mais attendez, les Français l'ont bien compris. S'ils pensaient que l'écologie passait par, justement, des personnes qui ont 20, 30, 40 années d'écologie derrière eux, peut-être que le candidat d'Europe Écologie Les Verts aurait fait un autre score au présidentiel. Je pense que les Français ont une intime conscience du fait que les choses sont beaucoup plus complexes que des slogans. Je ne dénie pas le rôle fondamental qu'ont joué les écologistes historiquement dans notre pays et sur la planète. Mais vous dites qu'on n'est plus là pour rêver, on est là pour agir, pour transformer et concilier l'écologie, l'économie et le social.
Faire en sorte que ces trois dimensions s'articulent pour que, oui, nous allions vers une économie décarbonée en 2050. Oui, l'économie continue sur une lancée dynamique, peut-être sobriété, mais pas des croissances. Et oui, l'effort soit équitablement réparti parce que nous savons que nous devrons tous consentir des efforts pour réussir le défi écologique.
Vous nous disiez tout à l'heure, Gilles Le Gendre, que vous aviez travaillé, effectivement, en tant que patron du groupe En Marche à l'Assemblée au début du premier quinquennat avec Elisabeth Borne. Est-ce que vous voyez dans ce nouveau gouvernement la touche Elisabeth Borne ? Est-ce que, selon vous, elle a réussi à imprimer sa marque dans ce gouvernement ?
Alors, je pense que, de toute façon, comme le veut la Constitution, c'est une responsabilité commune. Elisabeth Borne propose et le président nomme, mais c'est ce que je vous disais tout à l'heure. Le professionnalisme qui caractérise la totalité des postes et des titulaires de ce gouvernement, ça, c'est très clairement la patte borne. On bosse, on s'appuie sur des faits, on ne raconte pas n'importe quoi, on ne passe pas du temps en paroles inutiles et surtout, on agit. Et puis, une dimension qu'elle porte et qu'elle a beaucoup portée et sur l'écologie et sur le travail, c'est la nécessité de concerter et d'embarquer l'ensemble des Français et l'ensemble des partenaires.
Je vous le redis, sans vouloir céder à la moindre dramatisation, nous allons affronter des moments difficiles. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il faut donner une majorité forte à Mme Borne et à Emmanuel Macron le 12 et le 19 juin.
Gilles Le Gendre, invité du 8.30 France Info. On va reprendre cette interview après le fil info avec Diane Ferschit. Il est 9h10.
Alors que le PSG fête son dixième titre en Ligue 1 de football, son directeur sportif Leonardo est démis de ses fonctions. Information confirmée dans la nuit par France Bleu Paris. Une décision à effet quasi immédiat et qui semble bien liée à la prolongation du contrat de Kylian Mbappé au PSG. Kylian Mbappé qui signe donc jusqu'en 2025 avec Paris au détriment du Real Madrid, ce qui provoque la colère de la Liga. La Ligue de foot espagnole annonce son intention de porter plainte auprès de l'UEFA. Le début du tournoi de tennis de Roland-Garros avec six Français sur les cours ce dimanche. Il y a une excitation, une impatience sportive car le tournoi est très ouvert.
Se réjouit ce matin sur France Info le patron de la Fédération Française de Tennis, Gilles Moreton. Le tournoi de Roland-Garros qui se tient jusqu'au 5 juin porte d'Auteuil. A trois semaines du premier tour des élections législatives, la présidente socialiste de la région Occitanie estime être la femme à abattre pour la France Insoumise. Dans le journal du dimanche, Carole Delga affirme que les candidats de la nouvelle Union populaire, écologique et sociale n'ont pas le droit de la contacter. La France Insoumise le leur interdit, dit-elle. L'offensive russe sur le Donbass s'intensifie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avertit que la phase actuelle de la guerre sera sanglante.
Elle devra, selon lui, cette guerre se résoudre in fine via la diplomatie. De leur côté, les russes assurent avoir détruit dans le nord-ouest de l'Ukraine un stock d'armes livré par les occidentaux.
France Info.
Le député de la majorité Gilles Le Gendre est l'invité du 830 France Info. Ce matin, on va parler de la feuille de route du nouveau gouvernement. Saveria Rojek.
Gilles Le Gendre, la liste des urgences de ce nouveau gouvernement est vertigineuse. La guerre en Ukraine, ses conséquences sur le pouvoir d'archet, le ralentissement de la croissance, l'aggravation des déficits, de la dette, l'inflation. Je pourrais continuer longtemps. Et puis Emmanuel Macron a promis de faire la plus difficile des réformes, la réforme des retraites. Comment vous allez réussir à faire passer cette réforme dans l'hémicycle ? Avec une Assemblée nationale où les extrêmes, on le sait, de droite comme de gauche, vont être extrêmement puissantes, sonores. Comment vous allez y arriver ?
Je pense que ça nécessite une grande détermination et beaucoup d'explications. Et passé la période des campagnes électorales, le moment va venir des explications en détail. Que voulons-nous ? Nous voulons faire en sorte que les régimes de retraite non seulement soient équilibrés, mais nous intégrons cet objectif dans un ensemble plus vaste qui consiste à rénover en profondeur la protection sociale pour qu'elle bénéficie aux populations et aux populations les plus fragiles, les plus vulnérables et les plus exposées. Tout ça nécessite que nous travaillions plus, plus longtemps, mais de manière différenciée. Je pense que le point clé, c'est fondamental, c'est le caractère différencié.
Travailler plus, ça, il faut le dire franchement aux Français. Elisabeth Borne le redit très clairement dans le journal du dimanche matin. Nous ne transigerons pas là-dessus parce que c'est l'intérêt fondamental du pays et des Français. Ensuite, les dispositifs que nous allons mettre en place peuvent faire apparaître des critères qui permettront de tenir compte d'un certain nombre de réalités. La pénibilité, la longueur des carrières, la façon dont nous voulons par ailleurs protéger les petits retraités en élevant la retraite minimale, tout ça va être mis sur la table. La question de la réforme des retraites ne se résume évidemment pas à ce totem de l'âge de départ à la retraite.
Elisabeth Borne, néanmoins, peut-elle vraiment rassurer la gauche alors qu'elle est celle qui a réduit les droits des chômeurs, qui a fait l'ouverture à la concurrence de la SNCF, qui veut faire la retraite justement à 65 ans ? C'est en tout cas ce que dit la gauche. De quelle gauche parlez-vous ? Non mais toute la gauche justement de Jean-Luc Mélenchon à Olivier Faure.
Ah oui ? Moi je n'ai pas senti vraiment une grande unité à la gauche. D'ailleurs, regardez les tracts électoraux des candidats dits de NUP, c'est assez troublant. Le petit mot NUP apparaît tout petit quand il n'a pas disparu des tracts. Ils ne sont d'accord sur rien et notamment pas sur ces sujets-là. Vous croyez que la gauche social-démocrate est favorable au retour à la retraite à 60 ans ? Vous le croyez sincèrement ? Oui. On rigole.
Je suis pas sûr qu'elle soit favorable à la retraite à 65 ans.
Elle est certainement favorable au fait que nous soyons responsables dans le langage et la discussion que nous aurons avec les partenaires sociaux et à travers eux avec les Français.
Pour vous, la gauche n'est pas unie en ce moment, malgré cet accord ?
Vous plaisantez, Ersène Lévovitch.
Non, je vous pose la question.
Mais évidemment qu'elle n'est pas unie. C'est une alliance électorale de circonstances. Pour gagner en fait. Pour gagner et uniquement pour ça. Sur la Russie, ils sont d'accord. Sur l'OTAN, ils sont d'accord. Sur le nucléaire, ils sont d'accord. Sur la République et les communautarismes, ils sont d'accord. Sur aucun de ces sujets, ils ne sont d'accord. Ils sont allés, la corde au cou, proposer ou accepter les conditions de Jean-Luc Mélenchon avec un seul objectif, sauver leur siège. Et vous vous en apercevrez dès l'élection. Ils permettront peut-être d'obtenir des résultats. Et c'est leur droit le plus strict. La démocratie, c'est ça aussi.
Mais je vous fais le pari que quand ils vont se retrouver côte à côte, dans l'hémicycle, les différents groupes, et bien on va voir quelle est la réalité de cet accord et de cet union.
Oui, leur pari pour l'instant est en tout cas de porter Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Une question sur la crise, la fracture démocratique extrêmement puissante effectivement dans notre pays. Vous aviez promis, Emmanuel Macron avait promis la proportionnelle, ça n'a pas été fait lors du premier quinquennat. Est-ce que ça va être fait lors de ce second quinquennat ? Comme on remédie de façon plus générale à la crise, vous proposez, Gilles Legeant, d'élargir la commission sur les institutions à des travaux sur l'efficacité de l'État. Des travaux sur l'efficacité de l'État, est-ce que ce n'est pas un peu abscond ?
Alors, non, pas du tout. Et je vous assure que pour les Français qui souffrent des déserts médicaux ou d'accès difficiles aux services publics ou d'inégalités dans la qualité des enseignements, je pense que ça signifie des choses extrêmement concrètes. C'est un sujet qui me tient très à cœur parce que c'est un sujet auquel j'ai consacré l'essentiel de mon temps après avoir quitté la présidence du groupe. Nous souffrons tous, mais nous ne sommes pas le seul pays dans ce cas, d'une crise profonde de notre démocratie. Il faut la reprendre à bras le corps. Et il y a deux axes qui permettent de le faire. Il y a la dimension institutionnelle.
Et ça, je me réjouis que le président de la République ait proposé, lors de la campagne électorale, de créer une commission transpartisane, et le mot transpartisane est essentiel, pour repenser les institutions. Et dans le menu, il peut y avoir la proportionnelle, il peut y avoir la modernisation du travail parlementaire.
François Vallon dit que c'est un engagement personnel du chef de l'État à la proportionnelle.
Il l'a dit, le chef de l'État. Il l'a dit à plusieurs reprises. Donc on le fera. Donc ce sera fait, la proportionnelle. Évidemment qu'on le fera. Et le deuxième axe, c'est en effet l'efficacité de l'action publique. Je pense que le désenchantement démocratique de notre pays, et d'autres, tient beaucoup au scepticisme quant à l'efficacité de l'action publique, quant à la qualité des services publics, quant à l'aléa qu'il y a dans les façons dont les services publics sont rendus, entre une excellente école et une école médiocre, entre un hôpital qui est très performant et des soins qui ne sont pas assurés correctement. Cet aléa, nous devons le réduire.
Ça suppose une modernisation en profondeur de l'action publique. C'est aussi pour ça que le gouvernement, cette semaine, a été constitué.
Merci beaucoup, Gilles Le Gendre, député LREM de la deuxième circonscription Paris Invité de France Info ce matin.
Damien Abad