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interviewFrance Inter — Questions politiques· 8 décembre 2024 54 min

"Il n'y a aucun compromis possible avec la politique économique d'Emmanuel Macron", affirme Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour, ravie d'être avec vous ce dimanche dans Questions politiques, l'émission de politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. C'est une semaine extraordinaire que nous venons de vivre. Extraordinaire, la chute de Michel Barnier, censurée par les députés. Une première depuis 1962. Le Savoyard sera resté trois mois seulement au pouvoir. Extraordinaire, cette situation politique en France où de nombreuses voix appellent Emmanuel Macron à la démission. Le président, lui, ne l'envisage pas une seconde. Mais qui, pour gouverner ces prochains mois ?

Comme un air de déjà-vu, la valse des consultations a repris une question à l'Elysée. Cette fois, avec qui danser ? Une parenthèse hier, la réouverture de Notre-Dame de Paris, ses extraordinaires couleurs. Et Emmanuel Macron prenant finalement la parole depuis l'intérieur de la cathédrale. Et non sur le parvis, comme le désirait l'archevêché, ce bras de fer. Le président l'a gagné. Mais la parenthèse, elle, est d'ores et déjà refermée. Pour en parler, Mathilde Panot, députée et présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée, est notre invitée dans Questions politiques en direct et jusqu'à 13h.

1:26
Mathilde Panot

Bonjour Mathilde Panot.

1:34
Présentateur

Merci d'être avec nous. Merci à vous. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour. D'abord les images, les photos qui vous ont marqué cette semaine. On commence avec vous Mathilde Panot. Vous avez choisi la photo d'un jeune enfant Gazaoui mutilé par la guerre, le pied amputé.

1:53
Invité

Oui, notamment parce que cette semaine, le secrétaire général de l'ONU a indiqué qu'il y avait maintenant à Gaza le plus grand nombre d'enfants amputés par nombre d'habitants. Et je rappelle que les victimes de l'armée de l'extrême droite de Netanyahou, pour les enfants, ont en moyenne 5 ans. Et ça va avec un rapport qui a été sorti cette semaine par Amnesty International, qui a fait un gros travail, puisque c'est un rapport de 300 pages, qui montre que ce que fait Netanyahou actuellement à Gaza est bien constitutif d'un génocide au sens de la Convention de 1948, qui est défini par des actes visant à détruire tout ou une partie d'un groupe.

Et ils ont montré que sur les 5 actes constitutifs du génocide, 3 étaient caractérisés. Je rappelle qu'il en suffit d'un pour que ça soit caractérisé de génocide. Et donc Amnesty International montre ainsi que ce n'est pas une opinion, mais une caractérisation juridique, et que les États ont obligation de prévenir et de punir le génocide. Et je me permets juste très rapidement un point, qui à mon avis devrait faire la une de toutes les chaînes d'information. Hier, dans la manifestation pour les droits des Palestiniens et pour la paix qui s'est tenue à Paris, un homme est venu à arracher une pancarte d'une manifestante, a sorti un pistolet menaçant ainsi les manifestants pour la paix.

Et je crois que c'est gravissime, que si c'était arrivé dans n'importe quelle manifestation, évidemment on en parlerait beaucoup, et qu'il faut, et je crois, alerter sur le fait que tous ceux qui mettent des cibles dans le dos, des voies pour la paix et pour le droit international, sont responsables si ça finit mal, parce que ça pourrait très mal finir, et je suis inquiète de cela.

3:25
Présentateur

Mathilde Pados qui fait la une ce matin de l'actualité internationale, et surtout au Proche-Orient, c'est aussi ce qui se passe en Syrie. La prise de Damas par les rebelles menés par le groupe islamiste HTS, la fuite de Bachar Al-Assad, on ne sait pas où il est à l'heure actuelle. La chute de ce régime a en place depuis plus de 50 ans, la libération aussi de centaines de détenus, notamment de la terrible prison de Sennaïa. La France vient de réagir par la voix du Quai d'Orsay, salue la chute de Bachar Al-Assad, et vous, ce matin, vous en dites quoi ?

3:59
Invité

Oui, bien sûr, la Syrie sort de 14 années de guerre civile, avec l'entêtement d'un homme qui a voulu absolument garder le pouvoir, Bachar Al-Assad, qui a commis des crimes de guerre, et des crimes contre l'humanité, sur son propre peuple, et qui doit donc être traduit devant la justice internationale. Mais je dois dire que, et l'ONU va d'ailleurs dans ce sens, que je suis assez inquiète de voir que ce sont des groupes djihadistes qui ont repris le pouvoir en Syrie, et que je crois que la paix ne dépend ni d'un despote. Les Kurdes font aussi partie de la guerre civile.

Alors, je vais y venir tout de suite, ni d'un despote, ni de ces groupes djihadistes, mais qu'il faut impérativement aider et soutenir nos alliés kurdes qui ont combattu pour l'humanité toute entière contre Daesh, et qui pourraient être la base, justement, de la paix et d'une solution démocratique, avec un confédéralisme laïque et démocratique que porte le peuple kurde depuis longtemps. Et qui, d'ailleurs, permettent à ce moment aux civils qui ont fui par dizaines de milliers de pouvoir se réfugier, justement, dans le nord de la Syrie. Est-ce que ça affaiblit le SESBOLA ? Est-ce que ça change les équilibres au Proche-Orient ?

Qu'est-ce que vous pensez de l'évolution de la situation possible ? En tout cas, ce qui est évident, c'est que nous sommes déjà dans une région qui est à feu et à sang. Et donc, le fait que la Syrie, elle-même, se retrouve encore plus déstabilisée que ce qu'elle n'était avant pose évidemment des questions et des inquiétudes. Et donc, je le redis, il faut impérativement soutenir les Kurdes du nord de la Syrie, du Rojava, notamment contre les ministres qui sont aidés par Erdogan et la Turquie.

5:28
Présentateur

Une question quand même, il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon, lors d'une conférence, parlait de la situation et de ces rebelles. Il voyait vraiment la main des Américains derrière. Est-ce que vous, vous partagez cette analyse ? Est-ce que ce n'est pas tout simplement, aujourd'hui, la volonté du peuple syrien de renverser le régime autocratique ?

5:45
Invité

Écoutez, ce que disait Jean-Luc Mélenchon, c'est que nous ne sommes pas naïfs et que nous voyons bien qu'en Syrie, il y a des ingérences étrangères très fortes. Ce que nous souhaitons pour le peuple syrien, c'est qu'il puisse vivre en dignité et surtout pouvoir retrouver un chemin démocratique pour la Syrie. C'est ce qui est en jeu actuellement. Et je crois que nous sommes sur une situation qui est à la fois un soulagement et une joie, notamment pour les millions de personnes syriennes qui ont dû s'enfuir du pays et qui provoque aussi de fortes inquiétudes sur ce que sera le devenir de la Syrie. Donc, encore une fois, il faut aider les Kurdes. Mais il n'y a pas que les Kurdes.

Et en clair, est-ce qu'il faut se réjouir de la chute d'un tyran ? Comme un certain nombre de pays ont félicité, ont émis une espèce d'espoir en fonction du renversement du régime, ou est-ce qu'il faut surtout s'inquiéter ? Quelle est votre vision globale ? C'est juste de l'inquiétude ? Non, je me réjouis de la chute d'un tyran dont je redis qu'il doit être maintenant traduit devant la justice internationale, mais ça ne m'empêche pas de dire, Mme Saint-Cricq, et c'est ce que dit aussi l'ONU ce matin même, que nous sommes inquiets de la suite de ce qui se passera avec des djihadistes repentis, comme ils sont en train de le dire, et que donc, il faut pour cela s'appuyer.

Pourquoi je dis les Kurdes ? Parce que les Kurdes, dans une région où il y a des religions différentes, des cultures, des ethnies différentes, les Kurdes ont réussi à faire un projet démocratique démocratique, écologiste, féministe, laïque, ce qui est pratiquement inédit aux alentours. Et qu'il y a une tentative d'Erdogan, depuis maintenant plusieurs années, très forte, de casser ce qui se passe au Rojava, et le régime autonome qu'il y a au Rojava, et que, je crois, nous devons être aux côtés de nos yales et Kurdes, qui permettent d'entrevoir une voie pour la paix et, justement, un retour à la démocratie.

Deuxième chose, juste pour revenir sur ce que vous disiez tout à l'heure, en 2015, Jean-Luc Mélenchon disait dans une interview faite à Public Sénat, il interpellait même la journaliste en disant « Est-ce que vous croyez vraiment qu'on peut faire une guerre sans qu'il y ait des morts de civils ? » Est-ce que c'est finalement quelque chose qui ne s'applique qu'à 2015 ?

Ou est-ce que vous pouvez comprendre, je fais référence à votre photo du petit garçon amputé, non pas pour la justifier, c'est intolérable, et les exactions sont intolérables, mais est-ce que finalement, il ne faut pas reconnaître qu'il peut y avoir dans toutes les guerres, non pas des dommages collatéraux, mais des morts de civils, comme le disait Jean-Luc Mélenchon en 2015 ? Vous savez, Mme Sincré, qu'il y a ce qu'on appelle un droit de la guerre. Ça peut paraître bizarre pour des gens qui nous écoutent, mais dans la guerre, il y a aussi des règles qui s'appliquent et qui ont été faites par la justice internationale. Il y a une différence entre une guerre et un génocide.

Et le génocide, je vous citais tout à l'heure la Convention de 1948, le génocide doit être immédiatement prévenu et puni par tous les États signataires de la Convention de 1948. Donc évidemment, par exemple, si vous prenez ce qui se passe actuellement en Ukraine et en Russie, on parle de 1 million sur les 3 années de guerre, 1 million de morts et de blessés, côté ukrainien surtout, et côté russe. Donc évidemment que les guerres font des morts et que c'est pour ça que nous, nous partons la voie de la paix. Oui. Mais tout le monde compte la voie de la paix, il n'y a personne qui compte la voie de la guerre. Lorsque par exemple, la France dit, encore récemment, je vais reparler de M.

Netanyahou, lorsque la Cour pénale internationale prend des mandats d'arrêt contre M. Netanyahou et que la France dit, il y a une immunité pour M. Netanyahou, en faisant cela, non seulement elle se déshonore, elle affaiblit le droit international et en quelque sorte, elle envoie un signaux aux criminels de guerre partout dans le monde sur le fait qu'il suffirait de sortir de la Cour pénale internationale, d'être membre non parti, pour pouvoir être en quelque sorte en impunité totale. La France ne peut pas faire ça. Et il faut justement renforcer le droit international. C'est ce que nous disons.

9:29
Présentateur

Allez, on va passer à la deuxième image de la semaine. C'est votre photo, Nathalie, en marge de la cérémonie hier à Notre-Dame de Paris. Emmanuel Macron qui reçoit à l'Elysée Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

9:41
Invité

Absolument, c'est juste une petite image probablement d'espoir. C'est la première fois qu'on pouvait, depuis que Donald Trump a été élu, enfin élu et pas encore intronisé. Alors, c'est plus organisé que spontané. On se doutait bien que cette rencontre avait été malignement organisée par Emmanuel Macron. mais de ce qui en est sorti à la fois des fructueux, des positifs et un appel au cessez-le-feu de Donald Trump. On peut se dire que peut-être les choses vont annoncer. Je rajoute à ça l'image que peut-être tout le monde n'a pas vue. C'est quand Volodymyr Zelensky est rentré dans Notre-Dame, il y a eu un tonnerre d'applaudissements.

Les gens se sont levés et que ça, probablement, ça a dû peut-être un peu alléger la situation complexe dans laquelle il est aujourd'hui avec un risque de moindre vente ou de don d'armes et de munitions pour qu'il puisse se défendre face aux Russes.

10:25
Présentateur

A-t-il pas nous partager cet optimisme ? On peut être pour la paix.

10:30
Invité

Comment ? On ne peut pas ne pas être pour la paix. Oui, bien sûr. Alors nous, nous disons depuis longtemps qu'il faut un règlement diplomatique à la guerre en violation du droit international que mène Vladimir Poutine. Donc, j'espère que nous allons avancer vers un règlement politique. Après, je note juste, ce n'est pas pour faire une polémique, mais quand même, je trouve que ça fait quand même beaucoup. Vous avez Donald Trump qui n'est pas encore le président en exercice.

Et je note que de plus en plus apparaît au grand jour les accointances d'Emmanuel Macron qui m'inquiètent, moi, avec l'extrême droite à l'international, que ce soit le déjeuner qu'il avait organisé en juillet avec Elon Musk, que ce soit Ravir Milley avec lequel le président argentin d'extrême droite avec lequel il affiche souvent des proximités, on se rappelle notamment du t-shirt de sa campagne avec lequel il avait fait une photo. Et voilà. Mais bon, en tout cas, nous, nous sommes favorables à un règlement politique diplomatique. Tout est pour apprendre en l'occurrence, non ?

Je pense que sur cette question-là, oui, il faut impérativement faire cesser le nombre de morts et faire cesser la guerre évidemment en respectant

11:35
Présentateur

la souveraineté ukrainienne. On termine avec votre image françoise. Avec vous, on est à l'Assemblée mercredi. C'est Marine Le Pen qui défend à la tribune son choix de voter la censure.

11:46
Invité

Oui, absolument. Et Marine Le Pen qui au fond a réussi son coup en tout cas sur le moment. Elle avait fait pression sur Michel Barnier, obtenu des concessions sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale et finalement, elle décide sa chute. Elle le fait tomber. Enfin, c'est quand même notre motion qui a été votée, pas celle de Marine Le Pen. Après, ce qui est plus compliqué pour elle, c'est de gérer l'après. C'est-à-dire, comment justifier qu'elle signe la même motion de censure que la gauche qui s'en prend ouvertement à sa politique, notamment à sa politique migratoire. Deuxièmement, elle ne l'a votée pas signée, c'est juste pour que ça soit clair pour les gens qui nous aient.

Elle avait sa propre motion. Deuxièmement, comment justifier ce qu'elle a fait auprès de l'électorat les Républicains et la droite qu'elle courtise ? 66% se disent contre cette chute. Donc, elle a essayé un peu de rectifier le tir dans le Figaro samedi en disant au fond « Non, non, je ne voulais pas faire chuter Barnier, c'est contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ça n'allait pas, je n'ai pas été entendue, j'ai dit bon ». Après, elle essaye de dire « Non, non, moi, je ne demande pas comme Mélenchon la chute d'Emmanuel Macron, je continuerai à négocier, je continuerai à essayer de faire en sorte que les textes se trouvent ».

Mais en fait, ce qui semble aujourd'hui, c'est qu'elle a du mal à justifier et la rupture et la respectabilité et qu'en plus, elle risque de moins compter à l'avenir parce que si ce qui se dessine, c'est au fond une sorte de pacte de non-censure entre un certain nombre de forces politiques, c'est essayer pour essayer de la neutraliser. Donc, il y a eu un effet Blatz important, ça c'est vrai qu'elle a sans doute réussi son coup sur le moment mais que l'après-censure va être beaucoup plus difficile à gérer pour elle.

13:33
Locuteur non identifié

Maintenant, je vois bien qu'il n'y a pas de majorité absolue et qu'il faut bien à un moment venir arracher un certain nombre de décisions en échange de compromis et de concessions réciproques. Donc, c'est la raison pour laquelle je suis prêt à entrer en discussion. Ça ne veut pas dire que je suis prêt à dire que je suis devenu Macroniste. Je ne suis pas Macroniste et ne compte pas le devenir.

13:52
Invité

Pour l'instant,

13:53
Locuteur non identifié

comme on ne peut pas avancer, il faut bien qu'on trouve une solution parce qu'on ne peut pas mettre le pays à l'arrêt pendant des mois parce qu'on a des entreprises, on a des salariés, on a des EHPAD, des hôpitaux, tout ça, ça doit tourner. On ne peut pas dire qu'on arrête tout et qu'on joue la politique du pire.

14:08
Présentateur

C'était Olivier Faure vendredi matin sur France Info. Matine Panot, demain, les écologistes, les communistes, les socialistes ont rendez-vous à l'Élysée. Vous aussi, vous étiez conviée. Pourquoi ? Vous n'y allez pas.

14:22
Invité

Nous n'y allons pas parce que la seule raison pour laquelle Emmanuel Macron souhaite nous voir, c'est pour discuter de la formation éventuelle d'une coalition gouvernementale, d'un accord de non-censure, quelle que soit la manière dont vous l'appelez, et que nous ne croyons pas une seule seconde qu'il est possible de gouverner avec ceux contre lesquels nous avons été élus. Et nous ne braderons pas notre programme, nous ne trahirons pas nos électeurs et nos électrices pour des postes. J'explique pourquoi. Il n'y a aucun compromis possible avec la politique économique d'Emmanuel Macron. C'est ce que nous avons encore montré dans les discussions du budget.

De même, il n'y a aucun compromis possible avec un pouvoir qui refuse de revenir sur la réforme de la retraite à 64 ans passée en force contre l'ensemble du peuple, l'ensemble des syndicats et même la représentation nationale. C'est ce qui s'est passé dans notre niche parlementaire la semaine dernière ou par une obstruction gouvernementale et des macronistes. Ils ont empêché que nous allions au vote alors que nous étions majoritaires sur cette question. Et je vais même aller un peu plus loin. Nous ne sommes pas d'accord avec le fait de faire alliance par exemple avec des gens comme M.

Retailleau qui ne cessent d'insulter nos compatriotes de français de papier qui était une expression utilisée sous Vichy qui parlent des belles heures de la colonisation et qui parlent de régression ethnique en parlant des jeunes des quartiers populaires. Donc, nous ne voulons pas faire semblant qu'il est possible de continuer une politique macroniste qui a pourtant été battue trois fois dans les urnes. Mais vous n'êtes pas majoritaire vous LFI à l'Assemblée nationale. Non, vous ne l'êtes pas. Tout à fait. Mais tout à fait. Alors donc, comment vous sortez de cette situation ? Alors, comment ça se passe dans n'importe quelle démocratie ?

Lorsque vous avez des majorités relatives, ce qui est notre cas. Je rappelle que ce qui était aussi le cas entre 2022 et 2024 puisque les macronistes avaient perdu leur majorité absolue. Que se passe-t-il généralement ? Vous nommez la personnalité qui est proposée par une coalition qui s'est présentée ensemble aux élections sur un programme de rupture. Et ensuite, cette personne-là a la charge de faire le gouvernement. Je rappelle que le président doit juste normalement nommer le premier ou la première ministre et pas faire le gouvernement lui-même. Mais bon, passons.

Et ensuite, nous allons, avec le programme du nouveau Front populaire devant l'Assemblée nationale, trouver des majorités texte par texte. C'est ce que nous ne cessons de dire. Et je vais vous dire, nous avons fait adopter 159 amendements pendant le budget qui montrent qu'il y a des possibilités de majorité. Mais ça, c'était la situation de juin-juillet. Aujourd'hui, on voit bien que... Ah non, ça, le budget, c'est maintenant. On voit bien, non, on voit bien aujourd'hui que les socialistes ne sont plus du tout sur cette longueur. Mais écoutez, je peux vous lire quelque chose

16:54
Présentateur

qu'Olivier Faure disait il y a trois mois juste ? Et juste là, il dit, vous jouez la politique du pire, c'est ce qu'il vous dit en fait. Qu'est-ce que vous lui répondez à Olivier Faure ? Mais pas du tout.

17:01
Invité

Je vous lis ce que disait Olivier Faure il y a trois mois. C'était à Blois. Il disait, si il, Emmanuel Macron, vous appelle les uns et les autres, il vous dira que vous pourrez faire quelque chose sur les retraites, que vous aurez un peu d'argent pour le SMIC, ce qui n'est même pas proposé cette fois-ci. Mais bon. La seule condition, c'est que vous rapportiez le scalp du nouveau Front populaire, que vous puissiez dire qu'il n'y a plus de majorité de gauche dans ce pays, que désormais, à nouveau, avec ceux qui ont été battus à trois reprises en lésion,

17:25
Présentateur

il y a trois mois... Attendez, juste,

17:27
Invité

je termine ça, sera à nouveau la majorité et que c'est à eux de gouverner. Voilà ce que nous n'accepterons jamais. Voilà ce que disait Olivier Faure que j'invite à réinviter,

17:36
Présentateur

à écouter l'Olivier Faure d'il y a trois mois. Trois mois se sont passés, justement, et il s'est passé des choses et on voit bien ces derniers jours comment ça s'est déroulé. On a l'impression que c'est Marine Le Pen, finalement, qui détenait ou pas la décision de faire tomber le gouvernement et peut-être ça, ça peut inviter à minima à réfléchir sur comment on sort de cette ornière pour que ça ne recommence pas.

17:55
Invité

Au contraire, ceux qui commettent la faute politique et morale, c'est ceux qui ont décidé de se mettre dans la main de l'extrême droite comme l'a fait le gouvernement. Notamment avec les annonces qui ont été faites sur l'aide médicale d'État, sur la question d'une nouvelle loi d'immigration en janvier, etc. Je vais vous dire, s'il y a une grande coalition comme on dit, quelle est l'alternative politique qui reste aux gens qui ne sont pas d'accord et qui l'ont exprimé massivement dans les urnes dans les trois dernières élections ? Quelle est l'alternative politique qu'il reste ? Même s'il s'agit d'un accord temporaire ? Eh bien, c'est justement l'extrême droite.

Et nous, nous ne jouerons pas à ce jeu dangereux. Donc, nous serons fidèles à notre programme et à la promesse faite aux électriciteurs. Même s'il s'agit d'un accord temporaire ? Même si c'est quelque chose de... Évidemment. Nous ne sommes pas d'accord pour laisser la politique macroniste continuer. Je vais vous dire, on nous demande si on est capable de faire des compromis. Mais quels compromis ont-ils fait ? Les 159 amendements adoptés à majorité de l'Assemblée, ils en ont repris un seul ? Non, aucun. Donc, il n'y a pas de compromis possible avec une politique macroniste qui continuerait.

Vous dites en gros ce qu'a dit Manuel Bompard et ce n'est pas étonnant que Olivier Faure changeait d'avis, disait le tout et sans contraire dans une interview publiée il y a deux jours. Aujourd'hui, est-ce que vous êtes prêts, prêtes, vous, mais surtout le LFI, à faire des compromis avec Olivier Faure ? Et qu'est-ce que vous comprenez ? Vous le soupçonnez de quoi ? Qu'est-ce que vous êtes en train de voir dans la stratégie du Parti Socialiste, de certains, des phrases de Boris Vallaud en disant pour... Moi, je vois qu'il y a une volonté claire du pouvoir de fracturer le nouveau Front Populaire. Ils veulent fracturer l'adversaire qu'ils ont en face d'eux.

Ça, on a compris depuis le début, mais de leur côté, du côté socialiste et écolo. La deuxième chose, ce que je soupçonne, ce que je vois, en fait, dans ce qu'ils sont en train de faire, c'est qu'ils sont en train de s'aventurer hors du nouveau Front Populaire et que j'en suis très inquiète et que je les appelle à revenir à une raison, c'est-à-dire au serment que nous avions fait en 2023 pour faire tout pour l'abrogation de la réforme des retraites. Qu'est-ce que ça veut dire de ne pas abroger la réforme de la retraite à 64 ans ? Quel bout est-ce qu'Olivier Faure pourrait négocier de la réforme de la retraite à 64 ans ? On en est où ?

Justement, on essaie de comprendre si on voit dans les journaux le NFP au bord de l'implosion, on voit ça se passe mal entre Olivier Faure et... Aujourd'hui, vous vous parlez ? Vous vous dites quoi ? Vous les menacez en disant si c'est ça, législative municipale, vous verrez de quel bois on se chauffe ? C'est juste que je veux savoir où on en est. En fait, je ne menace pas. Je dis juste, faites attention à ne pas trahir le programme et les promesses qui ont été faites devant les électeurs et les électrices. Voilà ce que nous disons aujourd'hui au Parti Socialiste.

Quant aux discussions qui pourraient avoir lieu, il se trouve que nous avons eu une semaine où nous avons eu la censure du gouvernement de M. Barnier et que la semaine prochaine, comme d'habitude, nous nous verrons à l'Assemblée pour discuter. Jusqu'où le Parti Socialiste ne doit pas aller trop loin ? Si, par exemple, il ne participe pas au gouvernement mais qu'il y a une sorte de pacte de non-censure pour éviter que Marine Le Pen fasse la pluie et le beau temps au Parlement, est-ce que vous dites trahison ou est-ce que vous dites on comprend ? Écoutez, le nouveau Front Populaire est arrivé en tête alors que 27 sondages n'est tous sans exception l'extrême droite en tête.

Et pourquoi est-ce que les gens ont été votés pour le nouveau Front Populaire ? D'abord pour priver l'extrême droite du pouvoir, c'est vrai, pour un programme de gouvernement qui est un programme de rupture avec la Macronie. Vous savez qu'il a été bricolé en deux jours avec plein de points qui sont fous. Non, non, il n'a pas été bricolé. Vous savez, il vient notamment de notre programme aussi que nous avons travaillé pendant des années et des années avec les associations. Donc, il n'est pas bricolé. Je veux juste dire, je trouve ça incroyable qu'on trouve étonnant qu'on veuille juste respecter notre programme.

Oui, mais le problème c'est que pour respecter votre programme, vous avez besoin d'avoir au moins l'accord de la droite et la droite dit nous, on ne soutiendra pas, c'est-à-dire on fera tomber un gouvernement dans lequel il y a du LFI. Oui, mais c'est peut-être ça que vous pouvez appeler à la responsabilité. Pourquoi est-ce que vous avez des macronistes qui sont d'accord pour gouverner de fait avec l'extrême droite ce qu'ils ont fait avec M. Barnier et qui ne seraient pas capables juste de dire bon, nous ne censurons pas un gouvernement du nouveau Front populaire. C'est eux qu'il faut appeler à la responsabilité.

Et je vais vous dire, je trouve ça très grave qu'on soit dans un moment en France où on ne respecte plus le résultat des élections. Je vais vous lire ce que vos confrères et consoeurs de la presse étrangère disent de ce qui se passe actuellement en France suite à la censure du gouvernement Barnier. En Suisse, on parle d'Emmanuel Macron comme du saboteur de la Vème République. En Italie, on parle du plus narcissique des présidents français qui ne croient toujours pas à la possibilité d'une défaite alors qu'il a sous les lourdes. Mais on sait quoi ? Aux Etats-Unis, on parle dans la presse de la France c'est visiblement mieux protégé ses monuments que sa démocratie. Voilà ce qu'on dit.

En matière de démocratie, le fonctionnement d'LFI n'est pas forcément absolument admirable et vous savez très bien que l'image de Jean-Luc Mélenchon dans l'opinion n'est pas si... Oui, quoi votre candidat ? Je suis quand même heureuse que vous le disiez vous-même de votre propre bouche que Jean-Luc Mélenchon de nouveau est un problème plutôt que vous l'écriviez sur un petit papier. Vous savez, c'était simplement une question qui me prenait à l'idée que je posais à Anne-Sophie de la Ville que vous pouvez continuer avec ça. J'en ai posé sur Sarah Knafou. J'ai fait ça. Simplement, il y a quelqu'un qui part malveillant, ça fait sortir celui-là. Quel est le premier ministre que vous proposez ?

Eh bien, nous proposons toujours le s'icaster à la République socialiste et nous ne faisons pas semblant de ne pas voir que, par exemple, le Parti socialiste n'en veut plus et que, du coup, à coup de censure tous les un mois, deux mois, trois mois, il est évident qu'Emmanuel Macron ne tiendra pas jusqu'en 2027 et que ce que nous disons, c'est que face à un président de la République qui refuse de reconnaître le résultat des urnes, qui est le problème originel de ce que nous sommes en train de voir, qui a décidé d'une dissolution sur demande de l'extrême-droite, sur demande de l'extrême-droite pour clarifier la situation politique et qui refuse aujourd'hui de reconnaître le sujet à l'université.

Si, l'extrême-droite le demandait publicement. Jordan Bardella plusieurs fois a dit que c'était une solution. Nous disons, nous, qu'il faut aujourd'hui qu'Emmanuel Macron parte pour que nous puissions revenir aux urnes. Justement,

23:46
Présentateur

j'aimerais écouter Emmanuel Macron. Il s'exprimait jeudi une allocution. Il répondait justement à ses demandes de démission.

23:53
Mathilde Panot

Le mandat que vous m'avez démocratiquement confié est un mandat de 5 ans et je l'exercerai pleinement jusqu'à son terme. Nous avons devant nous 30 mois. 30 mois jusqu'au terme du mandat que vous m'avez confié. 30 mois pour que le gouvernement puisse agir.

24:12
Présentateur

Il n'a pas l'air décidé à démissionner, Emmanuel Macron.

24:15
Invité

Oui, enfin, vous savez, Emmanuel Macron, la veille de la censure du gouvernement Barnier disait que cette censure n'aurait pas lieu. Avant la dissolution, il disait que cette dissolution n'aurait pas lieu. Et juste quand même pour vous dire, ce n'est pas juste la France insoumise en ce moment qui dit qu'Emmanuel Macron doit partir. C'est Charles de Courson, rapporteur général du budget. David Lissnard, le président de l'Association des maires de France.

24:35
Présentateur

Il a un peu précisé quand même sa position. Il dit qu'il devrait partir dans quelques mois au moment où on refera aussi des législatifs parce que ça ne peut pas tenir d'avoir une présidence

24:43
Invité

et le président de l'Association des maires de France qui dit ça, c'est quand même assez incroyable. C'est M. Copé, vous l'avez cité à l'instant, et même M. Barouin, vous savez, dont on parle actuellement comme étant un des noms pour... Mais c'est une vraie question

24:54
Présentateur

sur le temps passant. S'il y avait une présidentielle maintenant, Mathilde Panot, comment on gouverne à la suite d'une présidentielle qui aurait lieu là dans 30 jours ? Et surtout comment choisir le candidat.

25:02
Invité

Alors, comment on gouverne ? D'abord, première chose, comment on gouverne ? Parce que l'Assemblée ne bougerait pas. Alors, l'Assemblée ne bougera pas. Alors, première chose, l'Assemblée nationale ne bouge pas. Première option. Nous avons une majorité pour faire passer l'abrogation de la réforme des retraites, première chose. Nous avons une majorité pour faire les prix rémunérateurs pour les agriculteurs et avec l'encadrement des marges pour la grande distribution et les industriels. Nous avons une majorité sur un certain nombre de textes. C'est ce que nous avons d'ailleurs montré... Avec l'URN, on est d'accord. Avec les députés qui composent l'Assemblée nationale.

Non, mais dont les députés ARN. Excusez-nous, mais ce n'est pas nous qui gouvernons avec l'extrême droite. C'est ce qu'ont fait les macronistes. Donc maintenant, ce petit argument, on va arrêter. Je me dis juste pendant le budget... Je vais donner une information qui est quand même importante puisqu'on ne cesse de répéter que nous serions alliés au Rassemblement national pendant le budget. Il se trouve que EPR, donc Ensemble pour la République, le groupe macroniste principal, a fait 55% de ses votes avec le Rassemblement national, souvent pour barrer la route à des propositions du Nouveau Front populaire.

Quand le Nouveau Front populaire a fait seulement 8% de ses votes avec le Rassemblement national. Donc maintenant, cet argument suffit. Bon, ça c'est la première chose. Deuxième chose, il semble possible, par exemple, de faire un référendum au titre de l'article 11 pour, par exemple, changer le mode de scrutin, ce qui permettrait là aussi de revenir aux urnes sur les législatives. Mais surtout, je vais insister sur un point.

Non seulement, tout le monde est en train de comprendre que nous avons un problème qui s'appelle Emmanuel Macron et que donc, pour sortir positivement de cette situation, il faut revenir aux urnes puisque le peuple est la solution, mais je crois qu'il est aussi temps de mettre la Ve République à la retraite et d'aller vers une assemblée constitutionnelle. Mais vous pensez, mais ce n'est pas les instituts. Comment obtenez-vous la démission d'Emmanuel Macron qui ne veut pas démissionner ? Vous savez, la situation va obliger à force. Mais dites-moi comment est-ce qu'il va continuer à pouvoir avoir un Premier ministre qui saute tous les deux mois, trois mois ?

Mais pourquoi vous pensez que le Premier ministre va sauter tous les deux mois puisque tout... Parce que c'est le résultat de cette élection législative. Et je vais même vous dire un peu plus loin. Je vais vous dire sur la... Nous, nous avons présenté notamment une motion de... une procédure de destitution du Président de la République sur le fait qu'il ne respecte pas le résultat des urnes qui devrait horrifier tous les démocrates et les républicains de ce pays. Première chose. Mais deuxième chose, des choses se rajoutent entre-temps. Et notamment, par exemple, puisque nous, on nous fait souvent des leçons de forme.

Lorsque je vois un Président de la République qui insulte le peuple frère haïtien en disant que les haïtiens sont complètement cons, eh bien, ce n'est pas digne d'un Président de la République. Et donc, je dois vous dire, quand je vous disais tout à l'heure sur la question de la presse étrangère, qu'aujourd'hui, nous avons un Président de la République qui n'est plus garant de son rôle constitutionnel. C'est votre jugement à vous. Donc, nous, nous faisons ce qui est possible en termes de démocratie. Là, la procédure d'institution, elle ne marche pas. Il y a dans la Constitution. Donc, vous allez quoi ? Vous allez mobiliser la rue ? Vous allez...

Ah ben, ça, il n'y a pas besoin de nous pour le faire. Nous sommes en appui aux mobilisations qui se font. Il se trouve qu'il y avait des grosses manifestations des fonctionnaires jeudi dernier face notamment aux 1,2 milliards qu'on veut leur enlever aux trois jours de carence aux services publics qui ont été saccagés sous Emmanuel Macron. Et il se trouve qu'il y a une autre date. Et j'ai envie de toutes celles et ceux qui nous écoutent à y aller.

C'est le 12 décembre où il y a déjà plus de 100 points de manifestation ou de soutien à des luttes de salariés qui sont indiquées un peu partout dans le pays à un moment où il y a des plans de licenciement comme jamais dans ce pays qui est là aussi le bilan de la politique. Vous pensez qu'on est à la veille d'un mouvement social extrêmement important ? Oui, je crois qu'il y a une souffrance terrible dans ce pays et qu'effectivement quand vous voyez les taxis qui manifestaient cette semaine les agriculteurs qui ne cessent de manifester notamment avec le passage en partenaire. Oui, notamment contre ceux qui ont censuré en disant que c'est scandaleux d'avoir ce sujet.

Oui, enfin dans le budget on peut aller là-dessus dans le budget il y avait 400 millions en moins pour l'agriculture et il se trouve que dans notre budget que nous avions fait il y avait 830 millions en plus et que donc si on avait accepté le budget NFP compatible il y aurait 830 millions en plus mais surtout la France là aussi s'est fait humilier par la voix de von der Leyen qui a été signé le plus grand accord de libre-échange jamais signé par l'Union européenne On va y revenir Mathieu

29:03
Présentateur

J'avais juste une dernière question est-ce que Jean-Luc Mélenchon est toujours le candidat naturel s'il y a présidentiel anticipé ?

29:11
Invité

Oui, je crois que c'est non seulement le mieux placé celui qui a l'expérience et la force de conviction pour mener quelque chose qui quand même est difficile lorsque vous arrivez dans un moment international et national aussi chaotique du fait de la politique d'Emmanuel Macron et je redis juste que vous savez peut-être combien de temps il y a entre une démission possible d'un président de la République et l'organisation d'élections il y a 25 jours 20 jours au minimum ou 35 jours au maximum donc je vais vous dire que oui je pense que Jean-Luc Mélenchon est un excellent candidat Il y a une enquête du temps je ne comprends pas comme le fait que ce soit 20-35 jours On va dire que par exemple tous ceux qui prônent je ne suis pas du tout d'accord avec ça mais des primaires ou des discussions ou de je ne sais quoi François Hollande il a l'habitude des campagnes aussi on pourrait très bien considérer Oui et c'est justement du fait du mandat de François Hollande qui pour le coup a créé beaucoup de dégoût chez des gens sur la trahison de la parole donnée que nous sommes dans une situation qui est compliquée et donc je crois que non François Hollande ne sera jamais mon candidat le fait que les gens et celui de la candidat de la gauche de rupture Vous venez de parler des faillites d'entreprises Oui Ou déjà on a cru comprendre quand même y compris c'est le cas au Rassemblement National où on pense ça aux partis socialistes partout que les gens commencent à avoir peur et qu'ils se disent que si on vote la censure systématiquement on risque de faire chuter le pays et d'être irresponsable Est-ce que vous sentez ça quand vous rencontrez des gens et est-ce que ça vous inquiète qu'à un moment donné on se dise non pas une compromission mais un compromis pour une peu de stabilité vous voyez on dit le Rassemblement National mais il aurait suffi de 40 socialistes pour ne pas voter la censure pour que Michel Barnier tienne Est-ce que vous n'êtes pas Sachant que je voudrais raconter

30:42
Présentateur

un chiffre peut-être quand même une enquête fracture française qui est sortie cette semaine réalisée par Ipsos pour le Monde la Fondation Jean Jaurès le CIVIPOF et l'Institut Montaigne 63% des Français jugeraient LFI dangereux pour la démocratie est-ce que quand même ça vous fait un peu réfléchir ou pas ?

30:56
Invité

Là vous posez plein de questions en même temps donc je vais d'abord répondre à la question qui était posée ensuite on pourra y revenir moi je vais vous citer deux autres sondages 64% des Français sont favorables à la démission d'Emmanuel Macron après la chute du gouvernement Barnier ça c'est la première chose deuxième chose quand vous regardez là aussi dans les enquêtes d'opinion qui sont faites plus de 50% des Français donc un Français sur deux se dit soulagé que le gouvernement Barnier soit tombé ensuite sur l'inquiétude il y a une première chose ça ne m'étonne pas qu'il y ait une inquiétude très forte dans le pays notamment puisqu'il y a eu des démagogues de peur qui ont agité tous les chiffons rouges pour montrer que si le gouvernement Barnier est tombé le soleil ne se lèverait plus il y aurait des rivières de sang bon le gouvernement Barnier est renversé et le soleil s'est levé ce qui est dit sur le fait notamment par une ancienne première ministre qui dit les cartes vitales ne fonctionneront plus au 1er janvier tout ça n'a aucun sens donc je vais vous dire tout ça et je comprends que ça inquiète les acteurs économiques même les socialistes disent on se fait engueuler sur le terrain parce que moi j'étais sur le terrain aussi et moi les gens nous disent plutôt merci d'avoir fait tomber un gouvernement qui voulait faire le budget le plus violent jamais vu de la 5ème république il va y avoir un budget la semaine prochaine nous allons discuter d'une loi spéciale cette loi spéciale permet de prélever les impôts de payer les fonctionnaires bref qu'il y ait une continuité de l'état vous la voterez oui je pense qu'on la votera il n'y a aucune raison qu'on ne laisse pas la continuité de l'état se faire et ensuite il y aura de nouveau des discussions budgétaires probablement début janvier qui soit reprendront la copie qui a été laissée par monsieur Barnier qui est extrêmement mauvaise mais que nous avions beaucoup amélioré ou alors repartira d'un nouveau budget d'une nouvelle discussion budgétaire dans tous les cas non il n'est pas vrai que 18 millions de français paieront plus d'impôts non il n'est pas vrai que les fonctionnaires ne seront pas payés que la carte vitale ne fonctionnera plus etc.

et il y aura un budget ça sera rectifié mais dans un premier temps sur les impôts il y aura des gens qui rentreront qui seront imposables qui ne l'étaient pas et d'autres qui peuvent en plus alors déjà c'est en mai madame Saint-Cricq donc ça c'est la première chose donc il y aura un budget d'ici là et entre temps nous avec notamment Éric Coquerel pour s'assurer qu'il n'y ait absolument aucun problème nous sommes en train de déposer un amendement qui je l'espère sera recevable qui permet de dire qu'il y aura une indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation sur lequel il y a une unanimité dans la classe politique sur cette question est-ce que je peux revenir sur ma question on n'est pas sûr

33:13
Présentateur

alors dites-moi sur cette enquête quand même fracture française est-ce qu'elle vous inquiète ou pas ? est-ce que ce chiffre vous inquiète de gens qui sont qui considèrent que le parti est dangereux pour la démocratie c'est 63% 50% juge le RN dangereux pour la démocratie est-ce que tout simplement c'est un chiffre que vous regardez avec un peu d'inquiétude ?

33:32
Invité

mais je vais vous dire ceux qui sont dangereux pour la démocratie aujourd'hui nous avons sorti un gros document qui est un document très détaillé sur les 24 lois liberticides et contre l'état de droit qui ont été faits par monsieur Macron sur les 24 49 3 qui ont été utilisés par monsieur Macron et ses gouvernements donc nous ce que nous sommes c'est des partisans de la 6ème république qui est de dire que nous voulons le pouvoir au peuple et notamment par exemple s'il y avait une des choses que nous proposerions c'est de dire dans la constituante nous par exemple nous voulons défendre le référendum d'initiative citoyenne défendu par les gilets jaunes et le référendum révocatoire s'il y avait un référendum révocatoire ça permettrait de sortir par le haut de la situation donc aucune remise en cause quand vous voyez ce chiffre mais écoutez nous nous sommes des démocrates contrairement à Emmanuel Macron et contrairement à l'extrême droite qui ne supporte pas la démocratie et que vous pouvez m'expliquer comment Jean-Luc Mélenchon gagne face à Marine Le Pen puisque c'est le match que vous voudriez organiser alors qu'on voit bien que la droite pour la droite c'est un épouvantail absolu Jean-Luc Mélenchon donc comment pouvez-vous garantir que Jean-Luc Mélenchon est le meilleur candidat de la gauche dans la situation actuelle ?

Vous savez on ne peut rien garantir avant que les électeurs et les électrices aillent aux urnes mais je dis juste qu'à chaque fois on nous explique que c'est impossible qu'il n'est pas possible de faire des choses qu'il n'est pas possible que nous emportions les élections législatives du 30 juin et 7 juillet dernier et qu'à la fin nous les avons emportées certes avec une majorité relative Non mais vous n'avez pas emporté les élections législatives ils étaient arrivés en tête mais vous ne les avez pas emportées dans la mesure où il n'y a pas de majorité Si si nous les avons emportées je ne laisserai pas l'histoire se faire réécrire Je dis juste qu'il y avait 27 sondages qui donnaient tous sans exception l'extrême droite en tête Mais quelle est la botte secrète de Mélenchon pour qu'il gagne face à l'EU Eh bien je vais vous dire quelle est la botte secrète c'est que nous nous avons un programme et que ce que nous disons nous le faisons et nous nous y tenons Voilà ce qui est différent de tout ce qui est proposé ailleurs c'est que nous le programme qui est un programme extrêmement détaillé et que c'est sur ce programme et c'est ce programme là que nous voulons présenter à la candidature Voilà Est-ce que vous diriez aujourd'hui que le nouveau Front Populaire est mort et que vous maintenant vous êtes Non le nouveau Front Populaire continuera quoi qu'il arrive j'ose espérer que les socialistes reviendront à la raison mais le nouveau Front Populaire continuera quoi qu'il arrive vous savez le nouveau Front Populaire a un programme un programme de rupture qui est un programme de gouvernement sur les 100 premiers jours d'un gouvernement il reste toujours valable et l'espoir qui a été suscité en juillet non seulement de priver l'extrême droite du pouvoir mais de montrer qu'il était possible de vivre autrement dans ce pays et bien cet espoir persiste toujours chez des millions de nos concitoyens Mathipano

35:56
Présentateur

je voudrais vous faire écouter deux petits témoignages quand même avant qu'on continue des agriculteurs un éleveur de chèvres et un responsable de la FDSEA

36:03
Locuteur 1

c'est une trahison parce qu'aujourd'hui les députés ne nous représentent pas il y a 6 mois c'était avec la dissolution là le Premier ministre qui se fait censurer non pour nous c'est insupportable

36:17
Présentateur

il faut qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils ne soient pas juste venus nous faire les yeux d'outre sur l'autoroute l'année dernière enfin au printemps mais qu'ils prennent leurs responsabilités et qu'ils nous aident une bonne fois pour toutes La FNSEA qui a dénoncé une censure qui les prive des mesures d'urgence ou encore du nouveau mode de calcul plus avantageux pour les retraites qu'est-ce que vous leur répondez à ces agriculteurs dont certains je le disais ont emmuré certaines permanences ou déposé du fumier de vent ce week-end encore

36:43
Invité

Alors je leur dis première chose qu'il ne faut pas se tromper de colère notamment parce que je le rappelle dans le budget prévu par M.

Barnier il y a 400 millions en moins pour l'agriculture ça c'est la première chose alors que nous nous avions fait voter d'autres mesures Ensuite moi je comprends une colère qui s'exprime depuis maintenant longtemps sur lequel le gouvernement aurait pu sortir des aides d'urgence tout de suite par exemple vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a une crise sanitaire très forte notamment sur les ovins avec des troupeaux qui se font décimer et sur lequel la France n'a fait ni indemnisation des éleveurs nous ne produisons plus le vaccin puisque il est maintenant produit en Espagne et n'a pas fait d'achat groupé pour l'Espagne donc tout ça conduit à une politique qui a mené au fait que 10 000 fermes ont disparu chaque année depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron depuis même 10 ans qu'il y a toujours un paysan qui se suscite tous les deux jours dans notre pays et que nous sommes face à une absence totale de politique d'aide notamment sur les prix garantis rémunérateurs dont je parlais tout à l'heure vous rajoutez là-dessus le Mercosur alors là c'est la catastrophe assurée donc il y aura un budget en janvier et dans lequel les mesures d'urgence dont on parlait seront mises dedans en condition qu'il n'y ait pas de censure de nouvelle censure oui enfin dans tous les cas la France aura un budget je veux dire la France aura un budget et pour le coup il y a des mesures d'urgence qui sont possibles de prendre vous incitez les socialistes et ce que vous disiez tout à l'heure à revenir à la raison d'abord ma première question c'est et les écologistes vous trouvez qu'eux ils sont recto il n'y a pas de problème ça peut faire une réponse rapide c'est-à-dire que le problème majeur c'est avec les socialistes c'est-à-dire que les écologistes ne vont pas aussi loin que ce que disent les socialistes c'est-à-dire que par exemple les écologistes ne renoncent pas à l'abrogation de la retraite à 64 ans ils vont quand même à l'Elysée mais ils ont tout à fait le droit d'aller à l'Elysée je dis juste que c'est chimérique vous savez les écologistes ils ont sorti cette semaine 11 points pour d'accords qui pourraient être faits de bases de discussion le premier point c'est l'abrogation de la retraite à 64 ans bon et bien ça n'existe pas et d'ailleurs Emmanuel Macron on l'a redit encore hier c'est une ligne rouge pour eux Bayrou on parle beaucoup de François Bayrou comme PM et Emmanuel Macron et ses entourages disent qu'il faut aller vite si vous avez François Bayrou qui se présente qui nous arrive la semaine prochaine vous direz quoi ?

vous direz que c'est comme la droite je rappelle quand même que François Hollande a voté pour lui en 2012 mais c'est peut-être pas une référence pour vous est-ce que pour vous c'est comme si c'était Michel Barnier ou est-ce que vous dites finalement c'est le centre et avec le centre on peut éventuellement peut-être pas participé mais un soutien ou sans participation est-ce que vous trouvez que c'est la même chose ? bref l'ultima tonneau au Parti Socialiste de revenir à la raison c'est pour quand ? il faut aller vite là ? alors première chose on peut avoir des appréciations différentes des personnalités politiques y compris je n'ai pas la même appréciation par exemple de M. Bayrou ou de M.

Retailleau ou d'autres M. Dragon et d'autres qui tiennent des propos qui sont ouvertement tirés de l'extrême droite qui se font même applaudir par l'extrême droite voilà mais je le dis il n'est pas possible et envisageable pour nous de continuer d'une manière de quelque manière que ce soit la politique macroniste ce n'est pas possible cette politique a été battue dès qu'on fait quelque chose vous dites dès qu'il faut quelque chose vous dites c'est du macronisme excusez-nous mais oui M.

Bayrou n'est pas dans l'arc macroniste quand on ne baisse pas les prix de l'électricité c'est pas du macronisme vous en est oui nous nous avons fait voter de dérembourser les médicaments c'est du macronisme d'accord mais nous nous avons fait voter à l'Assemblée Nationale par exemple la suppression totale de la taxe sur l'électricité donc on peut très bien le faire voter avec n'importe nous non plus nous n'aurions pas augmenté je vais même vous dire nous n'aurions protégé les français notamment avec un blocage des prix et le retour des tarifs réglementés qu'on aurait élargi donc vous ne pouvez pas me dire le moins pire oh là là c'est le moins pire donc on va faire ça c'est pas ça la démocratie la démocratie c'est à chaque moment il y a des projets politiques et il reste toujours des alternatives voilà ce que nous nous proposons ou Lucie Casté ou le départ de Emmanuel Macron ça fait pas beaucoup comme alternative bah oui mais ça laisse une alternative à Emmanuel Macron entre deux choix et ensuite lors du retour aux urnes et bien les français et les françaises auront le choix entre différentes politiques à mener encore une fois sur un programme est-ce qu'ils veulent le partage des richesses l'augmentation des salaires l'abrogation de la retraite à 64 ans de l'investissement dans la bifurcation écologique ou est-ce qu'ils veulent continuer avec l'extrême marché ou encore pire avec l'extrême droite ce sont des grands choix c'est ça une démocratie

41:04
Présentateur

on suivra en tout cas avec attention les consultations demain qui vont se poursuivre à l'Élysée merci beaucoup Mathilde Panot on accueille maintenant notre deuxième invité pour le livre de la semaine

41:14
Locuteur non identifié

France Inter questions politiques Élodie Forêt

41:23
Présentateur

et vous restez bien sûr avec nous Mathilde Panot nous accueillons avec beaucoup de plaisir Eva Jolie avocate ancienne magistrate ancienne eurodéputée écologiste Eva Jolie vous avez eu mille vies et c'est ce que vous racontez dans vos mémoires ça s'appelle j'ai passé une nuit d'hiver dehors aux éditions Les Arènes bonjour et bienvenue bonjour alors avant tout peut-être Eva Jolie votre regard sur la situation politique française ce qui s'est passé cette semaine comment qualifier ce qu'on est en train de vivre

41:51
Invité

moi dans mon autre patrie en Norvège nous sommes vraiment habitués à des gouvernements minoritaires à des coalitions et on peut prendre l'exemple très récent ces jours-ci le gouvernement travailliste a fait voter le budget avec le soutien des socialistes radicaux qui ont obtenu en contrepartie de leur soutien l'abandon d'un projet épouvantable qui avait le gouvernement qui était de forêt dans la mer à la recherche des métaux pour dire que quand on n'a pas la majorité on n'a pas beaucoup le choix c'est les compromis qui peuvent mener quelque part et ça peut aussi donner on donne et on prend et également au Parlement européen j'ai 10 années de pratique de ça on sait bien nous je vais dire les verts on n'est pas majoritaires au Parlement les textes ne sont jamais les nôtres par contre s'ils améliorent la situation globalement nous les votons or elle est fait par exemple au Parlement européen leur position est beaucoup plus radicale c'est à dire ils disent non parce qu'ils trouvent qu'ils ne participent pas non plus aux négociations c'est donc des attitudes très différentes et vous qui connaissez

43:12
Présentateur

bien ces deux sociétés à la fois norvégiennes et françaises pourquoi quelle est votre analyse vous dites pourquoi on n'y arrive pas nous en France ou pourquoi on ne veut pas y arriver

43:19
Invité

d'ailleurs je pense que c'est une grande partie une question culturelle c'est que en France la séparation gauche droite est très très forte et qu'il n'y a pas cette culture du fait que pour avancer lorsqu'on n'est pas majoritaire il faut négocier et négocier bien pour obtenir un maximum de concessions vous citer Michel Barnier une fois dans votre livre vous auriez souhaité vous qu'on lui laisse une chance la déception du gouvernement Barnier c'est qu'il était borgne il ne regardait qu'à la droite il a éliminé les propositions de la gauche malheureusement

44:00
Présentateur

je reviens à vos mémoires je le disais vous avez eu mille vies devenue magistrate assez tardivement à 37 ans votre nom est bien sûr associé pour toujours à l'affaire Elf le titre de votre livre d'ailleurs s'y réfère j'ai passé une nuit d'hiver dehors ce titre il raconte en fait l'épreuve que vous avez vécu vous avez sacrifié des années de votre vie à cette instruction

44:25
Invité

oui l'instruction a duré 7 ans et c'était très difficile c'est vrai mais je n'étais pas seule nous étions d'abord deux magistrats puis trois et il y avait l'équipe avec nous et je pense là à nos greffiers et à nos policiers qui étaient avec nous donc on était un petit groupe pour mener cette enquête à bien mais c'est une enquête historique je veux dire on n'a pas vu en Europe un dossier aussi important passer à travers toutes les étapes parce qu'il ne suffit pas d'une instruction d'une enquête de police de qualité il faut ensuite que l'institution puisse porter cette enquête et dans l'affaire Elf c'est ça qui se produit c'est à dire que les protagonistes renvoyés ont été jugés condamnés pour la plupart à la peine la plus sévère prévue par les textes la cour d'appel a confirmé ou aggravé la cour de cassation a confirmé il y a d'autres grandes enquêtes comme par exemple Siemens en Allemagne qui a été cassée à un moment donné par des problèmes de procédure et n'ont pas abouti donc les miracles dans l'affaire Elf c'est pas simplement l'enquête le fait que mon dossier n'avait pas été annulé par la cour de cassation à aucun moment et c'est pas faute évidemment qu'il était renvoyé devant la cour de cassation par tout le monde donc c'est en quoi l'affaire Elf est emblématique

45:56
Présentateur

vous vous êtes attaquée à des hommes extraordinairement puissants on se rappelle évidemment Roland Dumas peut-être Mathilde Panot qu'est-ce qu'elle incarne pour vous Eva Jolie ce combat-là notamment ?

46:06
Invité

Moi j'ai beaucoup de respect pour Eva Jolie pour évidemment un combat qui est fondamental notamment le combat contre la corruption et puis Eva Jolie est aussi une de celles qui a beaucoup poussé la question de la 6ème république et j'en parlais tout à l'heure je crois vraiment qu'y compris ce que nous vivons actuellement pousse à poser la question de savoir avec quelle constitution avec quelles règles communes nous voulons vivre ensemble Eva Jolie vous pensez qu'on est dans une crise constitutionnelle ou pas ?

Je pense effectivement que là la situation est tout à fait coincée et on peut regretter qu'avec toutes les erreurs qu'Emmanuel Macron ait fait qu'il ne démissionne pas je suis d'accord avec vous là-dessus mais la réalité le fait c'est qu'il ne démissionnera pas et qu'il faut faire avec Vous en êtes convaincu Est-ce que vous voyez un chemin justement ?

Il a le pouvoir de nomination et donc il n'y a pas d'autre solution que de se mettre autour de la table et trouver pour moi un gouvernement large qui peut limiter ou éliminer l'influence trop grande de l'extrême droite Mais pour qu'on se mette autour de la table il faut que les gens qu'on invite acceptent de venir Mais si LFI ne veut pas y aller on fera sans eux mais avec leur soutien à l'Assemblée Est-ce que c'est est-ce qu'on n'est pas au cœur du sujet là quand même ?

Enfin je pense que j'ai répondu quand même assez largement pendant une heure mais juste moi je voudrais quand même qu'on remette à sa place ce qui s'est passé et notamment le fait que je trouve incroyable que vous trouviez complètement normal le fait qu'on ne donne même pas sa chance au nouveau Front Populaire de pouvoir gouverner je veux dire ce qui était dit à l'instant à mon avis ne va pas à l'encontre de ce que je disais tout à l'heure quand on dit on a l'habitude des gouvernements minoritaires et ensuite on va chercher des majorités au Parlement c'est ce que nous proposons de faire C'est la démarche initiale puisque c'était mon programme tout mon programme et c'est Jean-Luc Mélenchon et je pense que la difficulté de la situation d'aujourd'hui

48:23
Présentateur

elle résulte de ça On va continuer sur le livre d'Eva Jolie Vous parlez aussi beaucoup finalement dans ce livre de l'exemplarité des partis il y a un passage qui m'a marqué vous dites les partis font une erreur en n'excluant pas leurs membres condamnés en premier instant vous dites aussi la présomption d'innocence n'est pas une garantie d'innocence est-ce que les partis aujourd'hui trop la main qui tremble ?

48:46
Invité

Je veux dire pas simplement il ne tient aucun compte de la justice la nomination d'une Rachida Dati par exemple alors que nous savons que le parquet a demandé son renvoi pour avoir perçu indûment 900 000 euros en tout cas le parquet pense que c'est délictuel on peut penser que le juge d'instruction va se filer mais ça n'a pas empêché Barnier de la nommer ministre de la culture elle n'est pas jugée donc on peut trouver ça choquant on peut on peut trouver on peut trouver on peut trouver on peut trouver les magistrates disent que la présomption d'innocence ça veut dire maintenant des choses moins graves Julien Bayou est traîné dans la boue on se rend compte qu'il n'y a pas vraiment de justice pas vraiment d'enquête vraiment maintenant il a disparu parce que les médias se sont rouvés là-dessus mais vous vous rendez compte si on a une campagne de dénigrement la moindre personne la justice c'est quand même un progrès dans la civilisation absolument mais la justice c'est pas parce qu'il y a une présomption d'innocence qu'il n'y a pas de culpabilité à la fin non bien sûr on est d'accord et on peut penser que c'est pas c'est assez dommageable pour l'opinion que quelqu'un qui est condamné en première instance puis un appel puis qu'il faut aller jusqu'à un cours de cassation pour constater qu'il doit s'éritirer de la vie publique et aujourd'hui avec le dysfonctionnement gravissime de la justice cette période-là elle dure 10 ans et c'est la même chose et c'est la raison pour laquelle maintenant on met très souvent l'exécution provisoire sur la décision c'est parce que le temps a été trop dilaté et c'est une façon

50:27
Présentateur

de lutter contre cela et on a beaucoup parlé récemment avec le réquisitoire contre Marine Le Pen où une exécution provisoire d'inéligibilité a été requise vous vous êtes plutôt favorable à cette exécution provisoire

50:38
Invité

je pense que c'est justement une mesure efficace pour lutter contre cette tentation perpétuelle de faire appel et faire durer les procédures le plus longtemps possible et je voudrais rappeler solennellement que la lenteur de la justice n'est pas un droit oui mais l'appel c'est aussi un principe de base il est tout à fait possible on le voit par exemple en matière de diffamation pendant la période électorale l'appel intervient en matière de diffamation dans les 48 heures donc il est tout à fait possible si nécessaire d'organiser un appel rapide simplement ça on se l'interdit parce qu'on se dit qu'il faut surtout rien changer on fait tout comme on fait d'habitude

51:21
Présentateur

Basile Panneau vous êtes d'accord avec des règles plus strictes quelqu'un qui est condamné en premier instant vous est imparti on ne doit pas garder

51:29
Invité

alors moi je vais expliquer pourquoi je suis en désaccord et peut-être qu'on ne pense pas forcément à la même chose mais par exemple vous avez de plus en plus alors non seulement une clochardisation de la justice là j'utilise les termes des syndicats donc il se pose les questions des moyens ça c'est sur la question de la rapidité notamment de la justice et surtout des moyens dignes pour pouvoir juger normalement et puis il y a une deuxième chose c'est qu'il y a une instrumentalisation politique de la justice et nous on a été nombreux à dénoncer le lawfare que ce soit en France ou dans le monde et notamment quand vous voyez par exemple des syndicalistes qui se font condamner moi par exemple je ne souhaite pas que ces syndicalistes ne puissent pas un jour être députés bon après on ne parle sûrement pas des mêmes affaires mais je le dis parce que pour nous c'est une inquiétude qui ne me permet pas de répondre oui immédiatement à cette règle que vous présentez et par exemple pour Marine Le Pen sur l'exécution provisoire nous on a dit nous sommes contre l'exécution provisoire et nous ne faisons pas contrairement à l'extrême droite d'un côté il faudrait que la justice soit la plus sévère possible la plus rapide etc et puis lorsque ça la touche être dans une attitude complètement différente donc nous sommes constants dans les principes que nous tenons sur la justice

52:37
Présentateur

Votre bataille aujourd'hui Eva Jolie c'est la justice fiscale que les milliardaires paient davantage d'impôts que les multinationales aussi paient un impôt minimum mondial on a vu en début d'émission une photo de Donald Trump qui était présent hier à Paris est-ce que sa réélection vous inquiète ?

52:51
Invité

C'est sûr que la réélection de Donald Trump qui pense que les sciences sont inutiles que la seule les seules sciences utiles c'est l'informatique et peut-être un peu la mathématique et son hostilité à l'état d'une façon générale est un handicap pour la lutte internationale et je suis très heureuse que sous la présidence de Biden on est arrivé à un accord à l'OCDE qui a instauré un impôt minimal de 15% pour les multinationales c'est un immense progrès

53:23
Présentateur

Un dernier chapitre de votre livre peut-être un petit peu plus personnel qui s'intitule Je rêve de mourir vivante une formule tirée d'une pièce de théâtre peut-être juste pour finir ce livre il s'adresse aux femmes vous dites vieillir ce n'est pas flétrir qu'est-ce que vous voulez dire par là ?

53:37
Invité

Oui c'est vrai j'ai envie de dire aux femmes que le regard de la société sur les femmes vieillissantes qui les excluent qui les ignore qui les font disparaître elles deviennent invisibles il ne faut pas l'intérioriser et qu'il faut vivre la vie pleinement dans tous ces aspects jusqu'à la fin Merci beaucoup

53:58
Présentateur

à nos invités du jour Mathilde Panot Eva Jolie merci à toute l'équipe de questions politiques Amoury Bauchet et Fabienne Lemoyle la semaine prochaine Karine Bécard de retour aux Manettes d'ici là très bon dimanche Merci à tous

"Il n'y a aucun compromis possible avec la politique économique d'Emmanuel Macron", affirme Mathilde Panot — Mathilde Panot · Pourquijevote