Heureux comme un Maire avec Alexandre RASSAËRT, président du conseil départemental de l'Eure
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 84 %Attaque 5 %Défensif 12 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Comment devient-on maire à 27 ans dans une commune de plus de 12 000 habitants ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi Gisors, bastion communiste depuis 43 ans ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Comment a-t-on fait tomber ce bastion communiste ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir commencé par le porte-à-porte avant d'avoir un projet ?
- 4:35OuverteRéponse directe
Quels conseils donneriez-vous à un candidat qui hésite à faire du porte-à-porte ?
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Comment vit-on le soir de la victoire électorale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Faut avoir des convictions fermes. Une fois qu'on a des convictions, ça nous porte sur beaucoup de choses déjà. »
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« On se retrousse les manches, on fait beaucoup de porte à porte, ça a été mon cas et c'est ce que je conseille à tous les candidats de faire. »
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« Dans des instituts d'études politiques, on apprend assez peu la politique. On apprend des notions, on apprend l'histoire des idées, mais quelque part c'est assez éloigné de la politique concrète réelle. »
- 3:26Fait
« Il y a des circonstances au bout de 43 ans, il y a une usure du pouvoir quand même ça faut le dire aussi. »
- 5:09Fait
« Les réseaux sociaux sont une loupe déformante et encore utilité du porte à porte pour s'en rendre compte. »
- 8:53Fait
« Les gens avaient voté pour le candidat socialiste contre le maire sortant. »
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« La légitimité elle est chez l'élu. C'est au service de s'adapter aux contraintes de l'élu. »
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« Le budget était pas voté, il me restait 2 semaines pour le voter. »
- 16:55Fait
« Il faut avoir des convictions fermes. Une fois qu'on a des convictions, ça nous porte sur beaucoup de choses déjà. »
- 46:33non_speechFait
« Est-ce que l'amitié elle existe en politique ? Qu'est-ce qu'elle a un rôle ? Et est-ce qu'elle a driver et à tirer vers le haut votre carrière ? »
- 47:16non_speechFait
« Sébastien a su créer une vraie famille politique d'ailleurs qui transcende les partis hein parce que Sébastien est renaissance. Moi je suis divers droite ancien LR. »
- 47:59non_speechFait
« Est-ce que vous êtes parfois en désaccord ? Oui. Comment est-ce qu'on gère le désaccord entre allié politique ? »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Faut avoir des convictions fermes. Une fois qu'on a des convictions, ça nous porte sur beaucoup de choses déjà. Bienvenue dans Heureux comme un mère, le podcast de politique aé qui donne la parole à des élus locaux heureux et épanouis dans leur engagement. Et aujourd'hui, nous avons la chance, le privilège de recevoir un président de département, celui de l'heure, Alexandre Rassaer, ancien maire de Gisor. Bonjour Antoine. Comment est-ce qu'à 27 ans, on devient maire de Gisor, commune de plus de 12000 habitants ?
Euh et bien, on se retrousse les manches, on fait beaucoup de porte à porte, ça a été mon cas et c'est ce que je conseille à tous les candidats de faire parce qu'en fait il y a rien qui remplace le contact très direct. Ça demande parfois un petit peu de faut se faire un peu violence, c'est pas naturel d'aller sonner chez les gens, toquer aux portes et dire voilà surtout aujourd'hui je le fais en tant qu'élu local et ça rien à voir parce que ancien maire et tout on est accueilli.
Oui voilà, il y aid il y a pas de il y a il y a moins de problème mais quand on est candidat qu'on existe pas, qu'on a jamais été élu, bon et finalement ce que je dis toujours, c'est que moi mon expérience personnelle c'est que j'ai été très bien accueilli. J'ai eu très peu de problèmes en fait pendant un an de porte à porte alors que j'étais simple candidat que c'était j'étais pas dans la majorité de la municipalité à l'époque. Finalement, les gens vous en veulent rarement d'aller les voir pour leur poser des questions. Au pire, ils vous disent qu'ils ont pas le temps, c'est pas grave, ça peut arriver à tout le monde.
Mais sinon, on fait des super rencontres et c'est comme ça que petit à petit avec mon équipe de l'époque, en allant voir les gens, on a réussi à à remporter l'élection municipale. Et puis après, bon, moi j'ai toujours été dans une famille assez politique mais qui avait pas le temps d'en faire. Donc j'ai un peu en fait euh répondu à une frustration familiale euh famille d'entrepreneurs euh qui avait pas la disponibilité de se lancer réellement en politique. Donc j'ai rattrapé un petit peu un petit peu ce que mon père, mon grand-père n'a pas pu faire. Et voilà. Donc c'était une petite mission que je m'étais fixée.
Vous êtes diplômé de sciences politiques, vous avez occupé notamment des postes très politiques de de collaborateurs d'U. Comment est-ce que un beau matin on décide de passer de ce quotidien qui est passionnant à aller faire du porte à porte dans sa commune natale de Gizor ? Euh bah j'ai toujours aimé la politique et j'ai une façon de penser qui consiste à dire qu'il faut commencer par la base pour évoluer quoi. Donc j'ai beau avoir fait des études de sciences politiques, finalement faut savoir que dans des instituts d'études politiques, on apprend assez peu la politique.
On apprend des notions, on apprend l'histoire des idées, mais quelque part c'est assez éloigné de la politique concrète réelle. Euh et donc bah je voulais pour faire mes armes me confronter à la réalité concrète de l'engagement politique et pour ça bah c'est l'élection tout simplement. Donc voilà pourquoi je me suis Pourquoi Gizor ? Alors Gisor parce que c'est la ville où j'ai grandi. Mes parents y habitaient après ils ont déménagé dans un village juste à côté qui est sur le canton d'ailleurs de Gizor où je suis élu aujourd'hui qui s'appelle Ébécour. Mes grands mes grands-parents des deux côtés habitaient Gizor.
Mes parents il y avaient leur entreprise donc de couverture et moi j'y ai fait enfin donc école, collège, lycée. J'ai passé mon bac là-bas. Donc pour moi c'était vraiment l'évidence et puis avec un vrai défi puisque la municipalité était communiste depuis 43 ans et que bon c'était pas, je vais pas cacher, c'était pas mes convictions premières. Donc je trouvais que c'était un un beau défi par rapport à ce que je constatais bah pour voilà pour m'engager concrètement quoi. Alors première élection Ouais jeune 26 25 ans au moment de la campagne une étiquette qui n'est pas celle de la majorité municipale depuis des années. Comment est-ce qu'on fait tomber un bastion communiste ?
Alors il faut être humble c'estàd qu'il y a des circonstances au bout de 43 ans, il y a une usure du pouvoir quand même ça faut le dire aussi. Donc le le maire de l'époque qui a voilà au bout d'un moment, je pense que les gens ont une envie de changement 43 ans c'est très long 7 mandats. Donc il y a ça charge à lui de de de susciter la success la succession ce qu'il n'a pas fait. Ensuite un contexte post élection de François Hollande où quand même être de droite c'était pas si mal vu 2 ans après le début du mandat. Mais sinon après pour ce qui nous revient bah comme je l'ai dit avant c'est beaucoup d'énergie, beaucoup de temps.
Euh à l'époque en plus j'étais libéré toute contrainte familiale, ce qui est moins le cas aujourd'hui. Donc j'ai passé énormément de soirées, énormément de journées, énormément de weekend à faire du terrain, aller voir les gens, essayer de convaincre. Et pour revenir sur le porte à porte, puisqu'on est là aussi pour conseiller des gens qui voudraient se lancer, n'attendez pas d'avoir un projet pour aller voir les gens et c'est l'inverse la bonne méthode. C'est-à-dire que aller voir les gens, ça vous donne des idées pour ce que vous allez proposer. Ça veut dire que vous avez pas de colonne vertébrale, mais ça vous donne des idées.
Ça vous donne aussi les mots qu'il faut utiliser pour toucher juste parce qu'en fait quand vous faites beaucoup de portes, au bout d'un moment, il y a des mots, des notions, des trucs qui vont ressortir. Et donc certes, c'est important d'avoir un projet du fond, mais la forme compte aussi. Ça veut dire qu'il faut avoir un langage qui est quand même proche de ce que des mots qu'emploient les gens. Donc moi je conseille toujours commencer par le porte à porte à n'attendez pas d'avoir le document parfait, le projet ficelé parce qu'en fait vous perdez beaucoup de temps et vous risquez de taper à côté et de faire une moins bonne campagne. Donc en fait là on est à 1 an des élections.
Le conseil mort en je passe mon temps à passer des à donner des conseils qu'on écoute pas mais je le dis quand même pour tout le monde. Là tous ceux qui veulent se présenter les écouter c'est maintenant. Maintenant, allez-y, n'ayez pas peur. Et tous ceux que je connais qui ont fait du porte à porte, parfois au début ont un peu de mal à se lancer mais après ils sont accros, donc il faut le faire. C'est d'ailleurs un des prémises du rôle de l'éluc, c'est d'aller à la rencontre de sa population, d'être face aux réalités de terrain et comme vous le disiez tout à l'heure, les retours sont plutôt bons et les portes sont plutôt accueillantes. En règle générale. Bien sûr, on se fait toute une idée.
En fait, tous les prétextes sont bons pour pas le faire parce que c'est pas forcément naturel comme je dis, d'aller déranger les gens chez eux et tout. Donc, on se dit toujours non, on va les déranger. Pourquoi et bon essayez, vous verrez. Et en fait c'est oui, c'est c'est le cœur de la politique de faire ça. Si vous vous contentez de réunions plus institutionnelles ou même d'assemblée générale d'association, il faut les faire aussi. Tout ça c'est important. Ou même les vœux, finalement on voit toujours un peu les mêmes personnes.
Si vraiment on veut toucher le plus le plus large public possible, faut aller chez les gens parce queil y a des gens qui et c'est leurs droits, ne s'engagent pas particulièrement dans la commune, soit parce qu'ils ont pas le temps, pas la disponibilité, c'est pas leur envie et cetera. Par contre, ils ont quand même des choses à dire. Par contre, ils votent aussi, ils payent parfois des impôts. En tout cas, ils ont le droit d'être écoutés.
Et euh et c'est pour ça que je dis toujours allez jusqu'à la porte parce que sinon vous passez à côté de toute une partie de la population finalement et vous ne voyez que euh ce qu'on peut appeler dans le jargon un peu des habitants professionnels et on les apprécie, il y a pas de souci mais c'est il représentent pas 100 % de la population. Après des mois de porte à porte vient le jour de l'élection. Oui. Puis la victoire. Oui. Comment est-ce que à 26 ans, le soir de la victoire, on se projette dans les 6 années à venir ? Alors moi, j'avais été assez superstitieux.
Ce que je déconseille à tout le monde, faut aussi dire ce qu'il faut pas faire, c'est que vu que la victoire était tellement pas attendue, il y avait peut-être que ma mère et moi qui croyons vraiment je dis ça mon équipe aussi un peu, mais avait des doutes parce que tout ça était quand même enfin c'était pas du tout envisagé par les observateurs. Euh bah j'avais été superstitueux dans le sens où j'avais dit bon on va gagner puis on verra après quoi. Donc j'avais j'avais pas prévu, j'avais un programme, on avait un programme mais j'avais pas prévu et ça je le déconseille de manière très opérationnelle comment dès le jour 1 on engage les trucs et tout.
Je m'étais dit b on gagne, on verra après. Bon ça faut faut pas le faire. Par contre le soir de l'élection on l'oublie jamais parce qu'en effet j'avais pas eu de mandat avant. Une grosse partie de ma de mon équipe n'avait pas eu de mandat. On était vraiment une équipe justement qui n'avait pas de mandat politique pour la pour la pour pour la plupart. Euh bon bah donc voilà tout c'était quelque chose d'assez d'assez mémorable. Ce que je retiendrais c'est une émotion de voir ma grand-mère et mon père ce soir-là. H fier de leur fier progéniture. Et en fait bah on revient à l'essentiel hein. Dans les moments comme ça mon père a craqué. ma grand-mère.
Bon, en tout cas, en voyant ma grand-mère, j'ai mon grand-père était parti quelques années auparavant et voilà, j'aurais aimé qu'il soit là et c'est ce moment-là que je retiens. Et après, il y a un journaliste qui m'a posé la question "Qu'est-ce que ça vous a fait ?" Et je lui avais dit "Bah en fait, j'ai pas fait péter le champagne ou quoi. J'ai pas profité du tout de la soirée parce que j'ai eu un truc qui m'est tombé sur la tête." Exactement. Et j'ai dit ça, le journaliste m'a dit "Vous faites de la langue de bois." Et là, je dis qu'il avait rien compris à ce qui était la politique parce que c'était vraiment pas de la langue de bois. Déjà, c'est pas mon genre.
Et vraiment, je n'ai pas savouré du tout cette soirée h parce qu'en fait, on se dit justement "Mais bon, maintenant j'ai gagné, tu as promis de pas augmenter les impôts, tu as promis de régler les problèmes, faut le faire maintenant faut le faire." Euh et donc en fait, on est très vite concentré sur l'objectif. En tout cas, si on l'est pas, c'est c'est pas bon. Faut faut tout de suite être concentré. Et pendant la campagne, est-ce qu'il y avait des signaux qui qui étaient annonciateurs de cette victoire ou à l'inverse d'une défaite et qui ont été mal interprétés ? Comment est-ce qu'on on sent la population, le feeling de l'élection ?
Je parlerai plutôt de l'entre tours, moi si vous voulez, parce que en fait l'entre de tours, il y avait pour être très je vais essayer de faire rapide mais il y avait deux listes de gauche et nous les deux liste de gauche, moi je fais 41 donc le reste était 35 pour les communistes et que je dise pas de bêtises, 24 ça doit être ça. C'est ça. Je pense que c'est ça. 24 pour les socialistes et il fusionne au second tour. Forcément, c'est c'est là où je dis là, fallait sentir le truc. Moi, je j'étais quand même persuadé qu'on gagnerait. pas aussi large que ce qui s'est passé. Mais pourquoi ? Parce que si on fait des calculs à l'ancienne, on se dit la gauche fait 59, c'est fini.
Mais on a été la seule équipe à faire du porte à porte et à parler aux gens. Et moi ce que je savais très bien, c'est que les gens avaient voté pour le candidat socialiste contre le maire sortant. Ouais. Donc le report des voix socialistes. Ex moi j'ai analysé que le report de voie irait pour nous.
ce qui s'est passé mais le maire sortant étant sur une autre logique plus ancienne de fidélité de vote de report de voix beaucoup moins volatile et tout il a pas vu ce changement et lui pensait et d'ailleurs enfin il y a un article de presse entre de tours qui monte lui pensait vraiment voilà bon on a gagné il a fait une campagne d'entre deux tours faut battre la droite classique mais c'était pas ça le sujet c'était pas le sujet en fait c'était une vision très politique alors que le sujet c'était on veut que ça change et comment justement on arrive à aller récupérer outre le vote de rejet des électeurs qui ne partagent pas forcément votre étiquette politique nationale mais qui sont persuadés que vous serez le meilleur candidat pour leur commune.
Il y a que la proximité enfin j'enfonce une porte ouverte mais en fait faut que les gens vous voient. Hm. C'est pour ça que porte à porte permanence euh visite de quartier et cetera, en dehors des réunions de quartier même parce que là encore bon j'aurais à dire là-dessus mais euh c'est que le rapport de face- à face qui fait que les gens vont se dire "Bon, en fait euh ce ce candidat là ou cet élu-là, bon je vote pas, je suis pas d'accord avec lui surtout, mais je lui fais confiance quand même." Et ça c'est que de l'humain, quoi. C'est là où le mandat municipal il est il est il est il est fort parce que on peut retourner ça. Au niveau national, c'est un peu plus compliqué.
quoi que ça compte de savoir être. Il y a des gens qui sont capables de voter pour un candidat au présidentiel juste parce qu'ils apprécient sa façon d'être. Le face-à face, là où c'est important, c'est qu'on voit que et ça a été mon cas notamment, je pense le le médias, pas forcément volontairement, mais parfois parce qu'on a pas la bonne attitude quand on prend la parole en public ou devant les médias déforme un peu ce qu'on est vraiment parfois.
Donc c'est important de corriger quand vous êtes jeune très élu, enfin très jeune élu, un jeune ambitieux en politique, on vous dit tout de suite que vous êtes voilà, limite vous vendriez votre mère, que vraiment voilà, vous avez envie d'être président de la République, ministre que voilà une image stéréotypée du jeune élu, les dents longues et cetera et donc ça vous c'est très difficile de se battre contre ça et la seule façon de faire bah c'est d'aller voir les gens, de leur expliquer comment on est, de qui vous voit en action, qui discute avec vous et pas que de la politique d'ailleurs qui se disent "Bah en En fait, finalement, on se ressemble plus que ce que je pensais.
On reste des êtres humains. Pendant tout le Covid, j'ai fait beaucoup de liv Facebook, beaucoup. Et un des principes au retour, parce qu'il était très suivi, c'est ça, c'est que les gens m'ont dit "Bah en fait, on vous voyait pas comme ça parce qu'ils m'ont vu bah devant une caméra parler normalement quoi, pas par le prisme d'un article, pas de personnes qui leur disent des choses. Normalement, ils sont dit "Bah en fait, on n'est pas si éloigné." Ça c'est très important. Donc on l'a dit, belle victoire large. Ouais. Le lendemain matin, euh on est aux manettes.
Alors il y a d'abord le conseil municipal d'installation mais on est aux manettes et on se retrouve à la tête d'une collectivité qui est dirigée par la même équipe depuis 43 ans. Comment ça se passe ? C'est compliqué parce que et c'est tout à fait naturel. Une grande partie des agents avait je dirais plus que de la fidélité de l'affection pour le maire et ça je le respecte complètement. Donc il faut réussir à à rassurer, à faire acte de présence tout en assumant le changement. Et honnêtement, oui, c'est c'est pas simple.
Et après, moi j'ai pas toujours je conseille aujourd'hui à la fois des je fais de la formation pour les élus et pour des étudiants juristes qui seront demain des juristes en collectivité. Et donc, je prends aussi mon expérience comme conseil de parfois ce qu'il faut pas faire. Hm hm. Et je me suis dans les premières semaines en tout cas, je considère que j'ai pas assez communiqué avec ma majorité. D'accord. Comme dans la vie quand on est face à des difficultés, parfois on s'isole, on s'enferme. Alors, je leur parlais et tout, mais j'ai pas assez partagé la contrainte avec eux. Aujourd'hui, ce que je ferais, c'est ça, c'est tout tout.
Dès que j'ai un problème vraiment qui me semble insoluble ou compliqué, aujourd'hui, je réunis les élus. Et finalement, déjà en parlant, vous réduisez de 50 % le problème. Voilà, ça ça a un effet comme dans la vie quand vous avez un problème. C'est exactement pareil. Et puis après c'est de ne jamais laisser l'administration prendre le pouvoir. Comment est-ce qu'on fait pour empêcher C'est que de la volonté là, de la volonté, de la ténacité, de la Est-ce qu'il faut des compétences notamment juridiques de droit, le code général des collectivités territoriales pour pour qu'un maire puisse tenir tête à son administration. Faut connaître suffisamment de choses pour pas se faire balader.
Donc ça c'est important. Dès qu'on est maire, faut être un minimum formé. Faut pas devenir, j'écoutais monsieur Fromentin sur sur le même podcast, il faut pas non plus être expert des sujets, il a tout à fait raison. Après, on s'éloigne de notre de notre rôle, mais il faut être suffisamment au courant de comment ça fonctionne pour pas se faire balader. Donc il y a une confiance dans l'administration en même temps, la confiance exclu pas le contrôle, faut être extrêmement vigilant. Et donc après c'est beaucoup de volonté, de la ténacité, pas lâché.
Euh quand on a été élu nous et mon adjoint finance en a on s'en souvient parce qu'il a pas beaucoup dormi, on s'était engagé à pas augmenter les impôts et on avait garanti qu'on maintiendrait un budget aux associations à peu près à peu près équivalent en tout cas qu'on ferait pas le grand soir parce qu'on savait que la situation financière était dramatique. Donc j'avais été très très prudent sur les promesses.
Et sauf que quand vous êtes quand vous arrivez au pouvoir euh inexpérimenté, en tout cas, sur les questions de gestion municipale, même si j'avais un diplôme en gestion financière des collectivités, donc euh quandême on voit, moi le budget était pas voté, il me restait 2 semaines pour le voter. D'accord ? 2 semaines pour voter un budget en déséquilibre total parce que beaucoup de choses avaient été reportées sur le mandat suivant habituel. Bon voilà, je vais pas juger ça, c'est le jeu. Le réflexe des services trop souvent hein, c'est de vous conseiller ce qui est le plus simple techniquement pour eux, mais pas ce qui est le plus simple pour vous.
H donc moi on m'a dit bah il y a une solution faut augmenter les impôts puis faut faut sabrer les assos et là bah quand on vous dit que c'est la seule solution et vous avez pas d'expérience vous vous calez un peu quoi. Donc ça a été un moment de vérité ça pour nous avec mon adjoint finances de l'époque avec l'équipe euh comment on fait quoi ? qu'on a temporisé quelques jours, on a pas beaucoup de temps, j'ai beaucoup réfléchi et au bout d'un moment, bah faut faire un acte politique de dire au service non non euh et finalement on trouve d'autres solutions.
Et ces solutions en l'occurrence parce que je suis sûr que ça intéressera un certain nombre de auditeurs, les frais généraux de la commune, la masse salariale, on a fait un transfert exceptionnel en accord avec c'est très technique avec la direction des finances publiques de d'un budget annexe vers le budget principal, mais c'est un one shot. Budget annexe de l'eau par exemple, c'était l' crois. Ouais, mais c'est un one shot, c'est très dérogatoire. Mais pareil, ça je conseille he faut rester bien connecté au partenaires de l'État et tout parce qu'on est capable de faire du dérogatoire.
Et moi j'étais, j'avais le préfet dans mon bureau qui me disait "Vous êtes en zone d'alerte, zone rouge et tout." Bon bref, donc le temps de respirer en tout cas, on a fait ça et après non, on a fait du ligne à ligne, c'est certain. On a on a quand même reçu toutes les assos mais on les a reçu chacune en disant voilà celles qui avaient des épargnes de de faire un petit effort et cetera, mais on n pas non plus trop réduit. on a réussi à tenir sans augmenter les impôts en faisant vraiment du ligne à ligne. On a eu un premier budget très difficile mais en tout cas où on a tenu et après en un an on a eu le temps de faire d'autres choix.
Euh voilà, il y a un truc symbolique et que c'était que j'ai j'ai pris la décision de supprimer le colis des anciens à l'époque. Voilà. D'accord. Bon, en terme de première décision, c'était compliqué. Moi, c'est simple he les premières décisions, ça a été supprimer le menu des anciens, fermer le cinéma, enfin des trucs très durs, mais parce que je considère que j'avais pas le choix et quand on a redégagé les marches de manœuvre, je l'ai remis. Mais euh mais à l'époque, voilà, pour vous dire, on a fait vraiment du ligne à ligne. Mais en tout cas euh l'augmentation des impôts qu'on qu'on m'avait poussé à faire, on l'a pas fait.
Comment est-ce que comme maire, quand on est certain euh bien fondé de sa décision, même quand elle est très dure politiquement, on assume cela notamment vis-à-vis de sa population, vis-à-vis de sa majorité qui peut parfois être bousculé par ses choix. Et puis comment est-ce que on reste certain de notre cap dans ces situations très dures et où on est paradoxalement assez seul ? C'est une bonne question. J'avais jamais pensé à ça. Comment qu'est-ce qui donne la force de tenir la barre dans cees moment-là ? Je pense que c'est une banalité que je veux dire, mais il faut avoir des convictions fermes. Une fois qu'on a des convictions, ça nous porte sur beaucoup de choses déjà.
Après, pour faire suivre la majorité, il faut que la majorité vous fasse confiance. Donc, faut inspirer la confiance et en fait après ça règle beaucoup de problèmes. Beaucoup de problèmes. Voilà. Enfin, je faut avoir confiance en soi à la base. C'est vrai parce que si on a un problème de confiance en soi, on en a tous mais en tout cas globalement faut en avoir parce qu'on peut vite douter parce que parfois on est on est bousculé par les oppositions, par les services, par les et en fait faut être extrêmement tenace et pas et pas lâché. Et je dis ça et en même temps parfois faut être capable de reconnaître qu'on a qu'on a tort. Donc vous voyez tout ça est compliqué.
On peut être tenace et en même temps à l'écoute et être ouvert. Donc ma réponse c'est une réponse de normand là que je vous fais. Voilà. Après, je crois quand même qu'il faut comprendre une chose. En tout cas, ça dépend la conception qu'on a de la politique. La mienne, c'est que le consensus n'est pas un gage de qualité. Je crois que si on veut faire plaisir à tout le monde, finalement, on finit dans l'immobilisme et je suis pas sûr que c'est ce qu'attendent les gens. Alors, je dis ça et parfois ça me contredit. Parfois, finalement, on voit que les élus politiques qui font plus rien depuis des années, ils sont plus populaires que les autres.
Mais en tout cas, est-ce que ça a du sens d'être élu pendant rien ? Exactement. Donc pour moi, en tout cas, si on aime faire des choses, faut faire le deuil de faire le consensus. Dans ce pays, il y a une diversité d'opinions, une diversité d'approche et au fond, quand on veut porter des projets structurants, souvent on bouscule. Et donc, faut pas en effet, faut tenir parce que parfois on est bousculé fort. Comme je dis, l'opposition, elle peut être technique, elle peut être politique, mais chercher le consensus à tout prix, je pense que c'est une erreur. Voilà.
Et je crois que si on veut faire évoluer sa ville notamment, il faut être capable de trancher, de prendre des axes assez forts, surtout dans un contexte de concurrence territoriale qui existe. Il faut sortir du lot et pour sortir du lot innover, faut trancher, faut défrayer un peu la chronique et je crois pas que les gens moi reprochent à leurs élus de pas faire de consensus. Je pense qu'il leur reproche de pas faire et de pas être clair sur ce qu'ils veulent faire. Voilà, c'est plus ça. Moi, quand on défraille la chronique pour l'intérêt de territoire, l'homme politique qui est le maire, il a le c'est son métier, il le fait avec conviction.
Comment est-ce que le vivent parfois les proches ou les élus du conseil municipal qui ne sont eux pas des des politiques au cuir épais avec beaucoup moins de recul ? Euh, ça c'est évident, c'estàd que les élus moins politiques prennent très à cœur tout ce qui passe, les posts Facebook, le moindre commentaire, enfin pas tous, mais ça arrive souvent. Donc là, notre rôle quand on est maire, quand on dirige une majorité, c'est de tout c'est de relativiser et de temporiser. Euh moi-même, au début de mon mandat, j'étais beaucoup plus comment dire sensible à toutes ces choses. Alors, c'est pas que je suis insensible aujourd'hui, mais c'est que je remets les choses à leur bonne place.
les réseaux sociaux sont une loupe déformante et encore utilité du porte à porte pour s'en rendre compte parce qu'en fait voilà euh quand on quand on va voir les gens finalement c'est pas forcément ce qu'on lit euh ce qu'on lit sur les réseaux et donc c'est un rôle d'apaisement en effet et je peux pas en même temps leur reprocher de prendre à cœur les choses mais clairement bon après pour les proches moi je préserve au maximum ma famille parce que pour le coup autant moi je suis blindé pour supporter beaucoup de choses autant ma famille peut le prendre beaucoup plus à cœur et j'ai des cas très précis où j'ai dû calmer ma famille euh de de gens qui étaient pas forcément très voilà, quand vous êtes au restaurant en famille avec vos parents et que quelqu'un vient vous vient vient vous interpeller alors vous mangez avec vos parents parce qu'il a pris une prune ou quoi.
Bon moi je gère mais mon père par exemple l'a très mal pris et a recadré la personne de manière bon assez ferme mais en même temps je le comprends en disant mais là il est en famille quoi. Donc et en même temps je leur explique oui mais quand on est mère c'est c'est 100% 24 ou ma sœur une fois on était dans en ville quelqu'un j'étais avec elle on se baladait quelqu'un est venu me voir mécontente de la campagne de alors je sais plus de quoi de de comment enfin d'une action municipale quelconque. Je sais plus exactement ce que c'était mais bref n'était pas contente et euh et ma sœur les a les a envoyé péter quoi.
Alors j'ai dit mais là je suis dans la rue, ils ont le droit de me parler tu vois. C'est ça part d'une bonne intention et quelque part ça me touche qui qui faisait cette réactionl en disant bon là à nous là donc c'est bon et là je dis ouais mais quand on est mère c'est tout le temps et c'est intéressant d'ailleurs parce que je pense que les gens se rendent pas compte de ça je suis pas du tout là pour me plaindre he quand on est mère on l'a cherché on l'a voulu et tout mais je crois que ce serait toujours intéressant que les gens qui nous regardent qui sont pas mèes ou voilà accompagnent un jour leur mère sur le terrain h dans la rue.
L'achat d'une baguette de pain peut durer quelques heures parfois. Oui. Bah moi j'ai une fois j'ai dit à ma femme, je vais je vais acheter une baguette de pain. Céit en bas de la rue. J'ai mis 1 heure 1 heure. Une femme m'a parlé de son problème pendant 1 heure et en même temps je m'en plains pas mais c'est la réalité du du job. Donc faut l'entendre ça et donc toujours être quand même, je trouve, assez euh euh comment dire, pas être trop dur euh vis-à-vis des gens qui s'engagent parce que c'est un engagement quotidien à 100 %, quoi. Donc c'est voilà, c'est quand même quelque chose. Et donc vous avez pris des décisions drastiques, dures, euh pas faciles à assumer politiquement.
Comment est-ce queon réagit vos administrés à l'instant et peut-être un peu plus tard quand vos choix ont porté leur fruits ? Ouais, c'est ça. Surtout colis des anciens, c'est un bon exemple parce que il y a eu tout. Ça a pas été très bien vécu par les anciens eux-mêmes. C'est évident. Il y a une polémique avec l'opposition. En même temps, moi je disais qu'il fallait que je redresse les comptes et que je voulais pas augmenter les impôts et cetera. Une plus jeune génération a bien compris. Voilà, c'était vraiment assez mitigé.
Euh donc en fait voilà, après j'ai j'ai fermé le cinéma et là j'ai eu un accueil plutôt il y a toujours des polémiques mais en même temps le cinéma était réellement dangereux. toujours pareil quoi, on se plaint mais on a peut-être pas envie que ses enfants au bout d'un moment et un accident parce queil y a un truc qui tombe et tout. Euh on a fermé une école sur notre volonté municipale. Bon pour porter un autre projet, je vais pas rentrer dans le détail, ça a été très très dur mais encore une fois on a tenu et le seul juge, c'est l'élection.
En fait, h c'est là où nous on a été réélu malgré tout ça, malgré le fait d'avoir fermé un cinéma, d'avoir d'avoir arrêté en tout cas le colis qui était un symbole en fait plus qu'autre chose, d'avoir fermé une école, d'avoir démoli notre salle des fêtes, enfin on a vraiment changé.
élu malgré tout ça parce que vous avez justement pris les décisions qui étaient nécessaires et qui sont aujourd'hui reconnus comme euh je pense malgré parce que sur le papier c'est un peu suicidaire d'avoir fermé une école un an avant l'élection mais parce que on avait une obligation de résultat si on fermait pas l'école je faisais pas la médiathèque à la place enfin voilà donc en fait je pense c'est plutôt malgré là la médiathèque est en train de sortir de terre et donc on pourra vraiment montrer le sens de ce qu'on a fait mais c'est toute la difficulté d'avoir des effets sur le long terme et de devoir prendre des décisions qui sont vécues en très court terme.
Euh, on avait promis vraiment le feu sur la fusion des écoles parce que j'en ai du coup j'ai fusionné de écoles en une et en fait tout se passe très bien mais politiquement ça a été infernal, ça a été un combat très dur. Euh donc en fait c'est très difficile de savoir vraiment comment se positionne la population. Je pense qu'il faut avoir vraiment confiance dans ce qu'on fait, dans le résultat final et se dire bah voilà, faites-moi confiance, ça va marcher quoi. Mais il y a forcément des frictions. Donc en fait, c'est très difficile de dire la population c'est tellement diversifié, chacun a tellement des motivations différentes. C'est un pari qu'on fait un projet, c'est un paris.
Vous l'avez dit, le juge de paix à la fin c'est l'élection. Ouais, ça je tiens beaucoup. Il y a l'élection municipale, mais il y a aussi l'élection départementale. Vous êtes devenu un jeune conseiller départemental après avoir été un jeune maire. Comment est-ce qu'on se projette sur deux mandats avec des emprises territoriales différentes, des compétences territoriales différentes et qui symbolisent un petit peu l'arrivée dans la politique professionnelle ? Ouais. Moi, ça a pas été très difficile. Je trouve j'ai toujours eu de la pétence pour la politique donc c'est différent parce qu'on est sur une échelle un peu un peu au-delà.
Mais les mandats se nourrissent, je le dis aussi pour tous les pourfondeurs du du cumul des mandats locals, ça se nourrit. Euh moi ça m'a rendu meilleur dans les deux mandats d'avoir les deux. Voilà, c'est des expériences différentes. En même temps, comme politique, en tant qu'élu ou meilleur en tant que homme capable de ramasser ici et là des subventions, des crédits pour son territoire. Ouais. Jeis plutôt la première option dans le sens où en fait en tant que maire, moi en tout cas ça m'a permis de voir beaucoup de choses en dehors de la ville, de voir, de comparer en fait par rapport aux autres communes de l'heure et cetera.
Et donc ça me faenait revenir en tant que maire en ayant des points de comparaison bons comme mauvais d'ailleurs et de dire voilà où on est bon, voilà où on est mauvais, voilà où à l'opposition franchement vous êtes à côté de la plaque parce qu'en fait on est bon et j'ai fait le tour et donc voilà dans l'heure on se positionne bien. Voilà où là peut-être on a en effet des efforts à faire.
Euh donc ça c'est toujours bon de s'ouvrir euh de partager les expériences et ça nous rend forcément euh meilleur voilà de de de bah de voir ce qui se passe ailleurs, de discuter, de d'être responsable sur certaines politiques départementales et devenir un peu moi, j'ai développé une petite expertise en politique culturelle parce que c'était ma délégation et euh et ça m'a ça nous a permis aussi à Gizard de réfléchir un peu autrement. Enfin bon, donc non, je dis je dis que c'est enrichissant moi. Et après par contre, c'est une organisation. C'est une organisation. On en parlait en préparation de cette interview. En tant que maire, vous aviez des réunions tous les soirs. Ouais.
Vous avez cumulé le mandat de maire et celui de président du conseil département. Non, non, de vice-président. J'ai pas et puis ensuite voilà, vous êtes devenu présent. D'aurais pas, j'aurais pas pu honnêtement. Aujourd'hui, vous êtes président première adjisor. Comment est-ce qu'on organise son temps de travail ? Justement, j'en reviens à la question de de maîtriser la l'administration. Il faut imposer son calendrier. Voilà, c'est assez simple. C'est et le calendrier du président de l'heure alors comment comment est-ce qu'il s'organise lundi, mercredi, vendredi département, mardi mairie, jeudi comité de commune.
Voilà, je suis très précis et ça on doit déroger le moins possible et au début ça tangue au début à la comité de commune disent bah oui mais si on ve signer des parfurs et que c'est pas le jeudi bah c'est le jeudi, tu faut anticiper bah une semaine là normalement c'est bon hein signature par semaine.
Donc voilà donc un petit peu de sur il faut tenir et quand on tient bah on s'adapte al c'est un luxe c'est quand on est président c'est sûr que quand on est adjoint c'est un peu différent quoi que ça dépend mais en tout cas moi c'est ce que je fais et c'est ce que je conseille à tous les élus qui sont au département qui parfois mais court partout font 2 heures de route pour une heure de réunion reviennent et tout parce que c'est un grand département enfin un département c'est quand même une échelle importante. Tu leur dis mais tu dois pas faire ça. Les services doivent s'adapter à ton agenda parce que la légitimité elle est la légitimité elle est chez l'élu.
C'est au service de s'adapter aux contraintes de l'élu. Ça c'est extrêmement important parce que c'est pas l'élu en soi mais c'est les gens, c'est ce qui représente, c'est la population. Donc c'est bien service d'être à disposition des personnes qui représentent la population. Et donc on s'y tient en étant extrêmement strict sur l'agenda. Puis après, il y a le weekend où là c'est plus libre, ça dépend des événements mais globalement dans la semaine c'est vraiment ça. Et donc tous les mardis quasiment, je fais du porta à porortageor aujourd'hui en tant que premier adjoint. Le maire aussi en fait de son côté. Euh ça c'est quelque chose qu'on a vraiment voulu mettre en place.
Le jeudi, je fais très régulièrement des visites de mer dans ma comcom. Euh et après lundi beaucoup de réunions internes au département, vendredi mes déplacements dans le cadre de mon mandat départemental et en fait en s'organisant bien, on arrive à tout tenir et à chaque fois qu'on me critique là-dessus, je dis bah dit "eses-moi où je suis pas encore je serai absent à des endroits où je serai pas présent, où je remplirai pas mes obligations. Je le fais. Ça veut dire que on peut exercer plusieurs mandats. Ouais, bien sûr. Mais on peut aussi exercer un mandat et une activité professionnelle. Oui, c'est pas un frein aujourd'hui.
Moi, je le fais pas parce que là, j'ai trois mandats parce qu'on parle pas mais j'ai la présence de la comcom donc voilà enfin j'ai quelques activités, je forme et cetera à la marge mais globalement aujourd'hui je suis sur un un je suis assez professionnalisé en politique et je l'assume. On pourra en parler si besoin mais je trouve qu'il y a une vraie hypocrisie hypocrisie là-dessus. Mais oui oui bien sûr. En fait la question c'est quel type d'élu on veut être. Je délègue beaucoup. C'est ma conception de la politique, elle est collective. Aux élus ou aux agents ? Aux élus. J'ai pas la l'obsession d'être là quoi sur la photo de tel truc. L'essentiel c'est que ça se fasse.
Je pense que c'est ce qu'on attend aussi. Évidemment, si on veut être partout, tout gérer, être DG à la place du DG, mettre son nez partout, bah là on pourra pas accumuler. En tout cas, on le fera mal et cetera. Par contre, per la plusvalue de l'élu. Par contre, je pense qu'une grande qualité comme dans le travail privé, comme dans la vie en général, c'est de bien s'entourer et j'essaie de bien m'entourer, voilà, pour que justement ce soit possible. Si à un moment donné, je sens qu'il y a un truc que je peux plus faire, bah par honnêteté intellectuelle, je le ferai plus. Aujourd'hui, c'est pas le cas.
Mes vice-présidents savent très bien, que ce soit la communauté de commune, au département, que bah je leur délègue énormément de choses. Mais aussi parce que quand vous arrivez au département, vous êtes à un niveau de professionnalisation de la politique où vos vice-présidents vous pouvez leur déléguer beaucoup de choses puisque souvent ils sont maires ou ils ont été maires, parfois ils ont Moi, j'ai mon premier vice-président qui est ancien président. Bon euh en toute confiance, je peux lui laisser aussi pas mal de trucs. Euh euh voilà, il y a il y a il y a une expérience. Mère, c'est un petit peu différent sans faire insulte aux adjoints et cetera, c'est moins professionnalisé.
Donc en mairie, moi en tant que maire, je prenais beaucoup de choses en direct. Euh le conseil municipal, euh bah j' étais vraiment en première ligne sur beaucoup de sujets euh parce que bah voilà parce que c'était politique et que je m'investissais beaucoup. aujourd'hui au département, bah je peux laisser la parole à des vice-présidents qui sont voilà qui ont une expérience politique qui fait que il y a pas de problème. Et cette professionnalisation de la politique, vous la déplorez ou l'assumez plutôt, j'ai l'impression. Ouais. Est-ce que c'est lié à un cadre, notamment un cadre institutionnel et légal autour du du rôle de l'élu qui est toujours plus contraignant ?
Je suis pas très consensuel là-dessus parce que en fait la facilité c'est de dire c'est pas un métier, c'est une fonction. Certes, enfin dans les faits, ça nécessite des compétences, ça demande du temps. Euh et donc à ce titre-là, pour moi, faut quand même un peu l'envisager comme quelque chose de professionnel. Et on a bien vu sur le sur le mandat parlementaire de 2017 à 2022 à quel point en fait le mythe de l'amateurisme qui serait une chance est un leur. En fait, on a eu des députés inexistants en plus du non cumul. Bon, mais quand même aussi des gens inexpérimentés qui du coup n'existent pas. C'est une expertise la politique aussi.
Alors, c'est normal que les gens se posent la question parce qu' aujourd'hui on a un problème de de de confiance, d'efficacité dans la politique, mais pour moi c'est un autre sujet. Mais je crois que si pour moi c'est pas le sujet en fait de du statut. Au contraire, je pense que les élus devraient avoir un statut plus fort. Déjà, ce sera un sujet d'attractivité parce que qui on va attirer pour prendre des mairies s'il y a pas de statut un petit peu voilà. Euh voilà, faut savoir que quelqu'un qui va peut-être remettre en cause sa vie professionnelle euh voilà, sacrifier une partie, faut quand même qu'il soit un petit peu sécurisé sur certains aspects.
Et aujourd'hui, on peut pas traiter les élus locaux qui se donnent beaucoup, qui prennent des risques, qui sont menacés parfois et tout comme juste des bénévoles. C'est c'est pas je je pense je pense qu'on va avoir un vrai sujet de recrutement. Euh et d'ailleurs on a un sujet de recrutement sur l'engagement en général avec d'ailleurs, je parle des bénévoles, mais les bénévoles associatifs, c'est aussi un sujet. Mais mais là, en tout cas, on a un levier sur la politique, c'est à mon avis de sécuriser les parcours davantage et d'assumer peut-être même en terme de formation que c'est quand même un peu un métier, quoi.
Alors, on va me dire que non, mais je trouve que c'est une hypocrisie et ça dévalorise le travail des élus. Moi, je vois bien que depuis 10 ans, j'ai pris énormément en fait en expérience, ce qui fait qu'aujourd'hui même je forme des élus parce que je veux partager cette expérience sur les erreurs à ne pas faire. Et tout à l'heure, je disais que c'était important pour que pour la population, je pense et pour la légitimité que les élus tiennent les administrations, bah ça ça demande un petit peu de savoir-faire. Bien sûr, si on n'est pas assez capé, on l'a dit en terme de formation et tout ça, on se fait balader. On se fait balader et être élu, c'est être un manager.
Et donc, c'est pas anodin et ça faut le prendre en compte. Et je pense queon se trompe en en pensant que c'est plus noble de dire que c'est pas un travail. C'est noble le travail et quelque part donc on aura un problème de recrutement parce qu'on dévalorise tout le monde en fait. Mais ça c'est pas consensuel parce que parce queil y a une image du politique qui est complètement déformé alors que politique a des avantages et tout. Il y a des cas mais dites-moi quel avantage à un maire de 500 habitants enfin dites-moi quel avantage.
Enfin je veux dire oui, il a une indemnité mais qui est tellement paradoxalement à niveau de responsabilité les indemnités sont bien plus faibles que n'importe quel exercice privé dans une entreprise. Énorm Exactement. Et puis j'ai envie de dire si vous êtes pas content, prenez la place. Euh il y a mais il y a il y a vraiment bien sûr mais parce que aussi c'est trop facile là-dessus je suis assez radical c'est que la politique il y a il y a plein de milieux qui jugent la politique. Tout le monde a son mot à dire parce que vu que c'est public et c'est un milieu où c'est facile de taper.
Moi quand je vois des gens du milieu du cinéma donner des sons de moral à la politique euh je dire l'équation familiale hein dans le cinéma est beaucoup plus prante qu'en politique. Il y a pas tant d'élus importants que ça qui sont fils filles d'hommes politiques. En fait faut bien se poser la question. La politique, c'est assez juste au fond, c'est que euh on se présente à une élection et on convain ou on convain pas qu'on soit le fils d'eux, fille d'eux et cetera. Il y a assez peu de dynastie en politique, c'est important de le dire. Dans le monde artistique et culturel, pardon. Euh il y en a beaucoup plus. Donc je veux bien recevoir des leçons de morale. Et donc ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on est dans un pays où contrairement à ce que j'entends parfois, on a la chance, on a cette chance de dire bah en fait moi je peux décider. Mais c'est du travail, c'est de l'engagement. J'avais eu les j'avais eu pendant la crise des gilets jaunes, j'avais fait des réunions de quartier. J'avais eu des gilets jaunes qui s'étaient levés à un moment donné en réunion. B on a eu des échanges cordiaux, j'ai pas eu de problème particuliers. Mais ils m'ont dit "Oui, euh on n' pas la parole et ça je leur ai dit mais vous savez moi aujourd'hui je suis mère mais mais j'ai fait du porte à porte pendant un an. J'ai travaillé, j'ai passé des heures à réunir une équipe et cetera.
Vous pouvez faire la même chose. Il suffit pas juste de se lever et de dire je veux la parole. On est dans un système qui permet de le faire et c'est trop facile de faire comme si c'était pas le cas. Et donc en fait ma famille comme j'ai dit, moi j'avais personne en politique dans ma famille. J'ai fait sur ce pot Lyon, OK, très bien mais bon, j'ai eu un concours, j'ai pas été pistonné pour aller là-bas et mon premier stage que j'ai fait auprès d'un député certes, bah c'était député de Macirco comme n'importe qui peut demander un stage.
Et c'est vrai que quand vous êtes dans un cursus Science Po vous êtes assez facilement pris en stage auprès d'un député mais j'ai pas eu de passe droit en fait. Et quand vous arrivez que en gros tout le monde fait comme si vous aviez eu un passe droit alors que ce n'est pas le cas et bon mon mon mon ami Sébastien Lecnu c'est pareil quand on regarde son son parcours, il vient pas d'un milieu politique du tout et et donc c'est trop facile de dire bah j'ai pas la parole en fait vous pouvez l'avoir et c'est la magie de ce système il faut le garder. Est-ce que la politique en France c'est un des derniers lieux où l'ascenseur social marche au mérite au travail ?
Euh oui moi je pense que c'est le cas. Après, le problème c'est qu'est-ce qu'on fait du pouvoir quand on l'a ? Autre sujet, parce que moi je dis ça, attention, je suis très dur aussi sur euh sur la sur le milieu politique, sur d'autres aspects, mais en tout cas sur cet aspect-là, oui, euh si on regarde parce qu'en fait, on fait des on fait des statistiques, alors l'Assemblée nationale, le Sénat et tout sont certainement pas suffisamment représentatifs. Ça, on peut on peut se retrouver là-dessus mais après les stats sont un peu faussés dans le sens où on prend dans ces stats le un peu le statut des gens quand ils deviennent députés.
Parce qu'il faut regarder, c'est le environnement familial au départ parce que oui, c'est possible dans un parcours de vie, on parte d'un environnement défavorisé, qu'on devienne cadre et que après on devienne député. Mais ça veut pas dire que c'est un cadre qui est devenu député, c'est un enfant d'ouvrier qui est devenu député. Donc ça faut regarder dans le détail même s'il y a énormément de choses à faire. Mais techniquement, en tout cas ce que je veux dire c'est que techniquement c'est possible. Donc après c'est des freins culturels. C'est comme dans la culture dans les politiques culturelles, on dit faut que ce soit gratuit pour attirer les gens. Non, parfois c'est des freins culturels.
Vous pouvez mettre un opéra gratuit à des gens qui vont penser que l'opéra c'est pas pour eux. La politique c'est pareil. C'est accessible mais il y a plein de gens qui pensent que c'est pas pour eux. Et donc ça faut faut débloquer ça parce que la politique c'est pour tout le monde en tout cas tout le monde il a droit. Je dirais pas, il y a rien qui est pour tout le monde. Moi là-dessus, alors pareil, c'est pas très consensuel quand je forme des étudiants, je leur dis attention, le management par exemple, c'est pas fait pour tout le monde. Je dis si là aujourd'hui, bon, ils sont quand même assez formés, ils ont peut-être 22 23 ans, je leur dis ou 20 21 ans.
Je leur dis si là quand votre voisin fait du bruit, vous arrivez pas à aller toquer à sa porte pour lu dire qu'il faut baisser le truc parce que vous osez pas, bah faut pas faire de management parce que vous êtes incapable de gérer le conflit au quotidien. Donc c'est là où je dis rien n'est fait pour tout le monde. Je pense qu'il faut arrêter de d'illusionner les gens. Par contre, ce qu'il faut dire, c'est que légalement, formellement, c'est accessible à tous. Donc, il y a pas de frein à avoir. Les freins, ils sont psychologiques.
C'est dire "Ah mais la il y a un frein psychologique que j'entends qui est de dire bah voilà, c'est pas pour moi parce qu'on a pas été levé là-dedans, qu'on pense qu'on y a pas droit." Et il y a un autre frein qui est un peu moins pour moi un peu moins noble euh bah qui est celui de se trouver une bonne excuse pour pas y aller quoi. De toute façon, maintenant de toute façon, c'est c'est ses copains et compagnie et cetera. Ce n'est pas le cas. La politique aujourd'hui est en recherche de profil. Aujourd'hui, vous avez envie de vous engager, vous allez dans un parti, vous serez très bien accueilli parce qu'en fait il manque de monde. Vraiment là, j'envoie un message.
Candidat aux élections municipales en 2026. Ouais. Ouais. Et et donc en fait ce que j'ai envie de dire c'est non le la politique n'est pas un milieu fermé. Par contre, c'est assez exigeant. C'est-à-dire que faut partir en tout cas si je prends ce que j'ai suivi moi, faut partir du bas, faut tracter, faut coller des affiches, faut faire des trucs parfois très compliqué, assez ingrat et c'est comme ça qu'on apprend mais comme dans n'importe quel métier, j'ai envie de dire l'apprentissage du métier man. Exactement. Mais c'est plus à la mode maintenant parce qu'en effet on est dans l'immédiateté mais c'est comme ça que la vie fonctionne pour moi. Et donc bah il faut passer les étapes.
Mais aujourd'hui vous voulez décider mais allez-y. Et c'est intéressant parce que plus il y a de gens qui vont essayer de décider de participer plus ils vont comprendre les contraintes aussi. Parce que si vous voulez le truc un peu de la pensée magique dire pourquoi ils font pas ça ? A moi il y a il y a des il y a qui a fa exactement et ça en fait toi tu es frappé mais ça c'est assez intéressant chez nos chez les habitants en général quand même le pourquoi vous faites pas ça et parfois je dis mais ça coûte je sais pas il rien que la question budgétaire parfois elle est pas du tout prise en compte dans le raisonnement. C'est intéressant ça parce que c'est quand même la base.
Enfin le budget c'est la base de ce qu'on peut faire et pas faire exactement. Et donc là, il y a toute une bah une discussion, je dis pas pédagogie parce que je trouve ça toujours un peu condescendant, mais il y a une discussion engagée quoi, fait de dire bah vous savez ça coûte ça quoi. Donc si je veux le faire, je dois vous augmenter vos impôts de temps. Alors parfois il pent pas d'impôt, donc fa bah je dois supprimer tel truc mais mais c'est pas un réflexe. Et ça il y a tout un truc aussi à je pense que le manque d'empathie qui est qui se développe quand même dans la société en fait l'incapacité qu'on a et ça peut être mon cas parfois se mettre à la place d'eux avant de juger.
On dit toujours il y a plus de 60 millions de sélectionneurs de l'équipe de France. Bon, il y a plus 60 millions de présidents de la République. Pourquoi on fait pas ça ? C'est un vrai sujet. C'est que moi je suis pas macroniste, mais quand j'écoute Macron, j'essaie de me dire à sa place qu'est-ce que je ferais, qu'est-ce que je ferais ? Et quand on se pose cette question comme ça, on est moins dur, il y a aucune solution simple, ça existe pas. Et et donc voilà et on arrive à un système où les la nuance n'existe plus. Et donc c'est soit on hait, soit on adore. Et moi, je me sens un peu perdu là-dedans parce que moi Emmanuel Macron, je je le hais pas, je le connais pas.
Donc j'ai pas les gens que je connais pas. Je l'adore pas non plus hein parce que il y a plein de choses qui m'exaspèrent. J'essaie juste d'avoir un un espèce de regard juste quoi. Ça c'est bien, ça c'est pas bien et tout et c'est dur aujourd'hui. C'est pas dans l'air du temps. Vous l'avez dit tout à l'heure, vous êtes premier adjoint, président de qualité de commune et président d'un conseil départemental. les Français, mais peut-être même une grande partie des élus locaux ou des futurs élus parfois du mal à se retrouver entre les compétences de ces différentes strates, leur complémentarité et comment elles agissent ensemble sur les territoires.
Faut être très clair he les gens ils connaissent leur maire et le président de la République, parfois un peu leur députés. Bon, je mal entendu. Ouais, parce qu'en plus il y a plus le cumul mandat local député, donc en plus un peu encore un peu plus compliqué aujourd'hui. Faut avoir l'humilité de savoir ça. Je pense ce sera toujours un peu le cas parce que finalement si je dis pas de bêtises, alors députés donc je dis une bêtise parce que député c'est le cas mais globalement c'estes deux grandes élections de scrutin direct mais si le maire est pas élu directement les gens votent quand même pour leur mère. Et c'est les choses où ils se sentent le plus concernés.
Donc c'est maire, président de la République. Moi je vois bien, je suis passé de maire à présent département quand je quand je vais à Gisor. Bon, les gens ils savent pas ce que je fais. C'est comme ça. Alors parfois donc moi je corrige, je vraiment je leur dis non c'est plus moi le maire machin là-dessus, je joue pas. Non mais parce que c'est plus lointain parce que c'est compliqué hein. Enfin faut être clair. Moi si j'ai créé un courrier ça m'arrive à désadministrer. Est-ce qu'ils font la différence entreprend le département et le préfet ? Franchement, j'en doute fort. Bon, donc ça euh après, est-ce que ça veut dire que ces institutions sont inutiles ? Je crois pas du tout.
Je crois qu'il faut pareil, il faut pas simplifier. Je pense que c'est important d'avoir une communauté de commune pour porter des projets que les communes ne peuvent pas porter seules. Je pense que c'est important d'avoir certaines politiques gérées au niveau départemental. Je pense c'est important d'avoir certaines politiques gérées au niveau régional. On pourrait simplifier le système. Ça c'était la réforme sarcis sur le conseil territorial qui était la bonne réforme pour moi que François Hollande a abandonné au profit des grandes régions qui pour moi euh sont une erreur. Pas pour la Normandie parce que la Normandie c'est constituée.
Non mais c'est vrai, c'est historique, ça veut dire quelque chose. Mais si on parle de sentiment d'appartenance des habitants, la Normandie, il y a pas de sujet, c'est la Normandie. On blague entre la haute et la basse mais bon historiquement ça existe. Il y a d'autres régions c'est quand même beaucoup moins vrai. Donc ça a encore plus éloigné. C'est vécu comme un peu des instances technocratiques. Bon, donc en effet, c'est peu lisible ça. Ça c'est clair. Est-ce que ça veut dire qu' faut toucheter pour autant ? Je crois pas. Comment est-ce que un maire élu en 2026 peut obtenir le meilleur de son intercommunauté, de son département en étant un jeune élu ?
Comment est-ce que en tant que futur élu on navigue dans ce C'est intéressant. Moi ce que je dis aux élus que je forme, c'est que alors il y a toute une partie du job de mer qu'il faut pas sous-estimer qui est une partie de VRP de lobbyiste. Ça demande du temps. Ça veut dire que mais l'ambassadeur de son téléphone quand on est ma Exactement. Exactement. Il y a différents profils de maire et il y a un profil qui sûr mènera sa commune à sa perte. C'est le maire qui ne vient jamais aux réunions communautaires, ne vient jamais à aucune réunion, s'enferme dans son truc et en plus se plaint du système parce qu'il arrive pas à en tirer le profit. En même temps, il cherche pas ça.
Ce type de m là, c'est forcément des mers où la commune va pas très bien fonctionner. Ce que je conseille toujours moi au maire, c'est parce que ça arrive souvent les nouveaux maires parfois délèguent leur siège communautaire à un adjoint en pensant qu'ils auront pas le temps et tout. Ne faites pas ça, prenez le siège. C'est important d'y être. Ça déjà c'est le premier conseil parce que j'en vois beaucoup qui regrettent après et après c'est d'avoir une équipe. Ça c'est pas toujours simple parce que comme on a dit il y a complexité à recruter dans le dans le recrutement enfin dans de recruter du personnel politique.
Donc voilà c'est d'avoir dans son équipe des gens capables de justement de vous libérer du temps pour faire ça parce que sinon maire on a la tête dans le guidon tout le temps. Ça empêche déjà d'avoir une vision stratégique parfois pour son territoire et ça empêche de faire le travail de lobbing, de visibilité. d'incarner sa commune dans des instances qui après peuvent aider et cetera. Ça veut dire avoir un premier adjoint qui est capable de relayer le maire sur pas mal de trucs. Ça, je le conseille beaucoup. Euh parce que et moi je suis président de département, je le vois bien, c'est pas une question de copinage en fait, c'est une question d'identifier les projets.
Il y a 600 communes dans l'air. Forcément sil y a un projet quand on fait les réunions avec le préfet de et on voit avec son départementale comment on fait levier ou pas, il y a le maire qu'on aura vu quatre ou cinq fois qui nous aura présenté son projet qu' aura amendé comme on lui a demandé pour que ça rentre dans les cases et qu'on aura bien identifié. Et puis il a le projet qui a juste qui qui est juste une fiche instruite sans rien de plus.
C'est pas du copinage de dire que le premier est avantagé parce que bah déjà on a confiance sur le projet parce qu'on le connaît, le maire le porte et donc bah on se dit l'argent sera dépensé parce qu'il y a ça aussi c'est attribuer des subventions sur des trucs qui se feront pas. Et donc je dis toujours au maire aux élus, aux futurs élus là c'est ce travail là c'est de la politique, c'est de la diplomatie même un peu mais faut le faire. Voilà c'est c'est conseils que je donnerai. Ça fait partie du job et quelque part ça rend le job intéressant aussi parce que c'est très important pour moi intellectuellement de sortir de du cadre de son pur de sa commune.
C'est important ça a l'esprit en fait. Ça peut donner des idées, ça peut relativiser certaines choses. Donc il faut le faire la les occasions qu'en tant que maire rural vous pouvez avoir enfin je dis rural parce que bon c'est la grande majorité des communes et c'est là surtout où ce sujet se pose. Donc commune plus urbaine c'est ce rôle est plus facilement enfin c'est un peu plus professionnalisé. Voilà voilà c'est ça.
Je dis ne sous-estimez pas ça c'est important et je le dis aujourd'hui en tant que président de département où je j'ai dû à faire des choix sur des dossiers instruits, ça compte et c'est pas que c'est un copain en fait c'est pas ça parce que pareil en caricature c'est parce que c'est un copain, c'est parce qu'il y a de telle partie et cetera. En fait département, moi je subventionne des des des projets dans des communes de droite, de gauche, pas projet, il est bon, il est pas bon. Et donc c'est encore une facilité de dire je suis pas soutenu parce que je suis pas dans le bon pas la bonne étiquette. Non.
Alors, peut-être qu'il y a des territoires à la marge où ça existe mais globalement si un projet il est bon aujourd'hui, alors maintenant bon avec les la crise des finances publiques mais jusqu'à aujourd'hui jusqu'à aujourd'hui parce que moi je suis obligé aussi de geler pas mal de choses mais jusqu'à aujourd'hui si le projet était bon il était financé franchement ça ça et je l'ai toujours dit euh l'État a beaucoup de crédits à mettre dans la dans les communes rurales et ils le font par la DETR. Alors OK on on focalise sur le fait qu'il y a plus la réserve parlementaire parlementaire c'était pas grand chose. Oui c'était hein. Bon et en mode de système clientelliste, on était bien aussi.
Voilà ça c'est un avis qui m'est propre. Donc je trouve que la DTR est aussi un bon système. DTR plus département plus région plus euh CAF et cetera sur certains projets quand même. Il y avait des niveaux de cofinancement intéressants. Donc les projets étaient possibles. Là ça va devenir un peu plus dur. Bon c'est une nouvelle époque qui s'ouvre mais vous avez parlé tout à l'heure de Sébastien Lucornu aujourd'hui ministre des armées. Est-ce que l'amitié elle existe en politique ? Qu'est-ce qu'elle a un rôle ? Et est-ce qu'elle a driver et à tirer vers le haut votre carrière ? Alors moi je touche du bois. Voilà la table apparemment c'est du bois. Ouais. C'est ça. Donc je touche du bois.
Euh j'ai été préservé de de de tout ce que j'entends sur la politique. J'ai j'ai jamais eu de de grosses déception de trahison de Donc je suis assez je pense que enfin c'est pas je sais que ça existe. Je pas surtout un peu au-dessus encore parce qu'au niveau national c'est assez dur. Je pense que Sébastien lui pour le coup il le vit. Moi dans l'heure Sébastien a su créer une vraie famille politique d'ailleurs qui transcende les partis hein parce que Sébastien est renaissance. Moi je suis divers droite ancien LR. On a du centre gauche dans notre majorité. On est vraiment une une majorité de projets quoi et d'amitié. Et l'amitié ça ça existe en politique bien sûr.
C'est et moi je n'ai connu que ça. Donc je suis élu en 2014. En fait, ce qu'il faut savoir c'est que petite histoire donc quand j'ai dit que j'ai fait un stage avec mon député, mon maître de stage était Sébastien Lecornu. 2008, il sortait de sa campagne municipale où il était sur la liste de Jean-Luc Miro à Vernon et il ils échouent victoire des des socialistes en 2008 et voilà. Et moi donc Sébastien me dit "Bah moi 2014 je me présente" et je lui dis "Bah moi je suisor donc on a commencé comme ça. Je dis moi aussi je veux me présenter à Jor donc 2008 et on sait pas quitter depuis on s'est jamais disputé parce qu'on se connaît trop bien et on se respecte.
On s on a jamais été en concurrence parce que le chef politique c'est lui. Est-ce que vous êtes parfois en désaccord ? Oui. Comment est-ce qu'on gère le désaccord entre allié politique ? Déjà c'est assez peu courant en fait. on part de désaccord et à la fin de la discussion, on est d'accord. Et c'est pas forcément que un se couche ou l'autre, c'est qu'on je pense qu'on est suffisamment respectueux l'un de l'autre et on a suffisamment la conscience de l'intelligence de l'autre pour se dire que s'il y a un problème qui est soulevé, c'est qu'il y a un sujet à régler. Donc généralement, on arrive à un point d'accord.
Toute la majorité suit Sébastien, monsieur aujourd'hui en tant que président parce qu'on s'apprécie, parce qu'on a confiance et parce qu'il y a une loyauté. C'est notre côté un peu RPR, mine de rien. C'est très militaire quand même chez nous. C'estàd qu'au bout d'un moment, quand c'est décidé, c'est décidé. Mais il y a que comme ça que ça peut marcher. La politique, ça fonctionne comme ça quoi. Je veux dire, il y a un moment donné, on lave notre linge en famille, on n'est pas d'accord et après on assume tous ensemble. Et ça fonctionne depuis 2015 maintenant.
Merci monsieur le président puisque vous êtes président de département et c'est votre plus haute fonction pour ce témoignage qui nous rappelle que l'engagement et la loyauté marchent en politique. Et oui.
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