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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 18 octobre 2019 22 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Accord sur le Brexit

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Chapitres

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Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

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  • 0:15Locuteur 1Fait
    « Boris Johnson a obtenu des avancées tout à fait inattendues par rapport à Mme Theresa May. »

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Mes chers compatriotes, je m'adresse à vous ce vendredi 18 octobre 2019 à 20 heures pour faire le point sur ce fameux accord trouvé in extremis entre le gouvernement de Boris Johnson et les 27 autres États membres de l'UE pour organiser le Brexit. C'est ce qui est ressorti du sommet européen qui vient tout juste d'avoir lieu. Alors beaucoup de médias parlent de cette affaire.

À vrai dire, personne ne comprend bien ce qui se passe tellement les sujets sont compliqués, techniques, et tellement il y a d'arrière-pensées derrière tout cela. Une décision que le peuple britannique, dont je rappelle qu'il a voté le Brexit avec 17,4 millions d'électeurs, 52%...

Une majorité de Britanniques attendent toujours le Brexit. Alors qu'est-ce que l'on peut dire sur cet accord ? Bah on peut dire que Boris Johnson a obtenu des avancées tout à fait inattendues par rapport à Mme Theresa May.

Il a obtenu l'accord des 27 autres États membres pour remettre en cause l'accord qui avait été signé avec Theresa May. Or, depuis que Boris Johnson était arrivé au 10 Downing Street, au poste de Premier ministre britannique, la position constante de l'UE avait été de dire : « C'est l'accord de Theresa May ou rien ». Boris Johnson a fait céder cette digue-là.

Deuxièmement, il a obtenu ce qui était presque inimaginable : la remise en cause de ce qu'on a appelé le backstop, c'est-à-dire ce problème entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, qui depuis l'accord dit du Vendredi saint, qui date de 1998...

Depuis cet accord, qui a prévu qu'il n'y aurait plus de frontière entre les deux Irlandes...

Eh bien Mme Theresa May avait obtenu ou avait mal négocié un système qu'on appelait le backstop où, en fait, l'ensemble du Royaume-Uni restait dans l'union douanière de l'UE, c'est-à-dire se moquer du monde. Bon. M.

Boris Johnson a obtenu une modification de ce système. C'est-à-dire que désormais, l'ensemble de l'île de Grande-Bretagne, qui comporte l'Angleterre, le pays de Galles et l'Écosse, va quitter l'union douanière avec l'UE. En revanche, un mécanisme assez compliqué a été trouvé entre l'Irlande du Nord et le Royaume-Uni, l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud.

Clairement, les produits britanniques qui arriveront en Irlande du Nord, s'ils sont consommés en Irlande du Nord, utilisés en Irlande du Nord, ils n'auront pas de droits de douane. S'ils doivent ensuite entrer en République d'Irlande, à ce moment-là, eh bien ils subiront le tarif extérieur commun de l'UE. Il y a également une TVA qui sera harmonisée entre les deux parties de l'île, ce qui fait d'ailleurs une différence de TVA avec le reste de l'Angleterre, ce qui pose un problème, comme je vais le dire dans un instant.

Donc ça, c'est ce que Boris Johnson a obtenu, c'est-à-dire un accord qui revient complètement sur cette idée de backstop, qui en fait vidait de substance le Brexit : cet accord de Theresa May. Or, il a obtenu que les 27 aillent dans ce sens. Il a obtenu également une troisième chose importante.

C'est que l'accord du Brexit va se mettre progressivement en œuvre. Et il a obtenu que les 27 pays de l'UE tombent d'accord pour que le Parlement d'Irlande du Nord : le Stormont, puisse avoir ce qu'on appelle le consentement, c'est-à-dire puisse régulièrement, tous les 4 ans, dire s'il continue le système qui a été ainsi trouvé de taxes et de droits de douane ou s'il veut le remettre en cause. C'est-à-dire que Mme Theresa May non seulement laissait l'ensemble de la Grande-Bretagne dans l'union douanière avec l'UE – ce qui vidait de substance l'idée même du Brexit –, mais de surcroît, Mme Theresa May n'avait pas obtenu que ça puisse être un jour remis en cause.

C'était une remise en cause sine die. Il n'y avait pas de principe de remise en cause. M.

Boris Johnson a obtenu, lui, en revanche, l'idée que le Parlement régional, dont les Européens ne voulaient pas entendre parler : le Parlement régional d'Irlande du Nord, puisse éventuellement, dans 4 ans, s'il le souhaite, – ça sera les Irlandais qui en décideront – le remettre en cause. A contrario, Boris Johnson a cédé d'autres choses aux Européens. Il a d'abord accepté le principe du level playing field, comme on dit sur place.

C'est-à-dire que les pays de l'UE avaient une grande crainte que le Royaume-Uni, étant sorti de (l'UE), fasse une concurrence importante en matière notamment de droit du travail, de baisse des cotisations sociales : une espèce de dumping social. Certains avaient parlé d'un Singapour sur Tamise, c'est-à-dire une espèce de pays qui pourrait siphonner beaucoup d'affaires à lui en étant beaucoup plus compétitif que les pays de l'UE et que les normes de l'UE. Boris Johnson, dans cet accord, s'est engagé à ce qu'il y ait une concurrence qui ne soit pas déraisonnable vis-à-vis notamment, sur le droit du travail, des cotisations sociales vis-à-vis des autres pays de l'UE.

Ce qui est quand même un argument qu'il va faire valoir, certainement, auprès des travaillistes, des électeurs travaillistes, qui craignaient justement que ce Brexit ne se traduise par un effondrement des protections sociales, si tant est qu'il y avait encore des protections sociales et qu'il y a encore des protections sociales dans les pays de l'UE, parce que je rappelle quand même que les GOPÉ fixées par la Commission consistent systématiquement, justement, à essayer de torpiller les protections sociales. Voilà. M.

Boris Johnson a également donné son accord à ce qu'il y ait un processus progressif jusqu'en 2020 de mise en œuvre de cet accord. Au total, sans doute, cet accord est équilibré, parce que beaucoup de gens crient. Tout le monde...

À droite, à gauche, les pro-Brexit, les remainers : tout le monde...

Enfin pas tout le monde, mais beaucoup de gens se récrient. Nigel Farage, avec le Parti du Brexit, a protesté, en disant qu'il ne s'agissait pas d'un vrai Brexit. De l'autre côté, le Parti travailliste de Jeremy Corbyn a protesté également, a dit qu'il ne voterait pas cet accord.

Vous avez également les indépendantistes écossais qui ne veulent pas non plus de cet accord. Vous avez les libéraux-démocrates qui ne veulent pas de cet accord. Enfin bref, comme aurait dit Charles de Gaulle, tout le monde est contre, ça prouve qu'on est dans la bonne direction.

Ce qui est certain, c'est que les choses ont brutalement avancé. On en est où maintenant ? Bah maintenant, vous savez qu'il y a une loi, qui s'appelle le Benn Act, qui forçait Boris Johnson à obtenir un accord avant le 19 octobre.

Boris Johnson l'a obtenu. Que va-t-il se passer ? Ce qui va se passer, c'est que justement, demain...

Demain, il va y avoir la réunion de la Chambre des communes. Et beaucoup d'observateurs s'interrogent sur la possibilité pour Boris Johnson d'obtenir la majorité pour cet accord. Il faut 320 voix, 320 députés.

Il peut de façon certaine compter sur 258 voix des conservateurs. Mais il sait déjà que les députés du parti unioniste nord-irlandais : le DUP, ont fait savoir qu'ils refuseraient cet accord. Il sait également que les travaillistes refuseront cet accord.

Mais il sait aussi que parmi les travaillistes, il y a des députés émanant de circonscriptions ouvrières qui veulent le Brexit, et qui pourront être peut-être séduits par justement les engagements qu'il a pris de ne pas démolir le droit du travail, dont je parlais à l'instant. Il y a également les conservateurs... 21 conservateurs qui avaient été exclus du Parti conservateur lorsqu'ils avaient fait une espèce de bronca contre Boris Johnson récemment.

Parmi ces 21 conservateurs exclus du parti, il y en a un certain nombre qui pourrait voter pour cet accord, en particulier le descendant de Sir Christopher Soames, qui avait quitté mais qui a annoncé aujourd'hui qu'il votera l'accord. En d'autres termes, si l'on regarde l'arithmétique des députés à l'intérieur de la Chambre des communes, on ne sait pas si Boris Johnson va parvenir à avoir les 320 voix fatidiques. Il semblerait, il semblerait que ça devrait se jouer à quelques voix près.

Alors qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Si demain soir...

Et je referai une vidéo, bien entendu, pour commenter ce qui se passe. Si demain soir, samedi 19 octobre, ou éventuellement dans la matinée du dimanche 20...

Puisque le Parlement, exceptionnellement, depuis la guerre des Malouines de 1982...

Exceptionnellement, la Chambre des communes se réunit un samedi. Si demain soir, on apprend que finalement, l'accord a été voté à l'arraché, eh bien Boris Johnson pourra à ce moment-là se réjouir. Il aura obtenu cet accord avec l'UE dans les temps impartis.

Et il pourra donc faire sortir le Royaume-Uni de l'UE juridiquement le 31 octobre 2019, conformément à sa promesse, même si les conséquences seront beaucoup plus lentes à venir. Elles vont s'étaler certainement sur des mois et des mois et des mois. Mais dès le 31 octobre, à ce moment-là, eh bien les parlementaires britanniques au Parlement européen ne seront plus parlementaires au Parlement européen.

Et puis il y aura également toute une série de choses qui ne s'appliqueront plus, et (se soustrairont) à la Cour de justice de l'Union européenne, etc. Maintenant, si les parlementaires rejettent cet accord, que va-t-il se passer ? Alors là, on ne sait pas exactement ce qui peut se passer.

Mais Boris Johnson pourrait à ce moment-là mettre en demeure les parlementaires de voter...

Il faut les deux tiers des parlementaires pour appeler à des élections générales. Ces élections générales, ça aurait certainement pour effet de reporter le Brexit au-delà du 31 octobre. Mais ces élections générales auraient toute chance, toute chance de se solder par une victoire considérable soit des conservateurs de Boris Johnson, parce qu'il est ressorti sur la scène politique intérieure britannique, il est quand même soutenu par l'opinion publique, soit le Parti du Brexit de Nigel Farage.

A fortiori, si les deux partis faisaient une alliance, ils remporteraient certainement une victoire éclatante. Il leur suffit d'ailleurs d'avoir à eux deux 45% ou 50% des suffrages. Comme ce sont des élections législatives à un seul tour et que celui arrivé en tête remporte le siège, on aurait certainement une débâcle du Parti travailliste et du Parti libéral-démocrate.

Alors...

C'est peut-être moins évident dans ce dernier cas. Donc ça, c'est la première possibilité. C'est qu'il appelle les députés à se saborder, à voter à 60% donc...

Aux deux tiers de voter la dissolution de la Chambre des communes. Soit ils refusent, la Chambre...

De voter ça. À ce moment-là, qu'est-ce qu'il reste comme possibilités ? Moi, ce que je vois, c'est que normalement, c'est le Benn Act qui doit s'appliquer, c'est-à-dire cette loi qui impose à Boris Johnson, s'il n'a pas obtenu un accord le 19 octobre, qui lui impose de demander un report du Brexit.

Il y a deux sous-possibilités – c'est une affaire compliquée –. Soit il refuse de demander le report du Brexit. Auquel cas, à ce moment-là, il se met dans son tort.

Il peut être éventuellement démis. On a une véritable crise institutionnelle et crise de régime au Royaume-Uni. Soit il demande le report, en avalant son chapeau.

Mais est-il certain que les autres pays de l'UE, les 27, donnent leur accord à ce report ? Il faut bien voir que Jean-Claude Juncker, qui est encore président de la Commission européenne, jusqu'au 31 octobre, date à laquelle il cédera la place à Mme von der Leyen, eh bien Jean-Claude Juncker a dit que c'était un très bon accord et que maintenant, il n'y avait plus de justification à un report. Il faut voir que le président de la République française, Emmanuel Macron, a fait savoir lui aussi qu'il en avait assez de ces reports.

Il faut savoir – je l'avais déjà dit – que Boris Johnson s'est rendu par exemple en Hongrie pour obtenir le soutien du gouvernement de Orban, en demandant éventuellement qu'il refuse un report. En fait, il suffirait, demain soir ou dimanche ou dans les jours suivants, que la Hongrie, ou un petit pays comme Malte, dont on peut circonvenir les volontés des dirigeants, surtout quand on s'appelle le Royaume-Uni, ou bien qu'un pays comme la France, ou que même plusieurs pays disent : « Ça suffit comme ça. Les 27, on a trouvé un accord.

On a fait un nouveau pas ! On avait dit qu'on ne reviendrait jamais sur l'accord de Theresa May. Là, maintenant, on a fait un accord qui convient à tout le monde.

Si maintenant, vous n'en voulez plus, nous, on refuse un nouveau report ». Et à ce moment-là, Boris Johnson pourrait s'en laver les mains et se flatter, parce que dans ces conditions, il aurait bien demandé le report comme le souhaitait la loi dite Benn Act, mais ça aurait été refusé par les pays membres de l'UE. Et donc le 31 octobre, la loi britannique s'applique.

Le 31 octobre 2019 à minuit, le Royaume-Uni sort de l'UE, mais cette fois-ci sans accord. Ça serait le Brexit no deal. Alors est-ce que c'est possible ?

Est-ce que c'est pas même ce que souhaiteraient peut-être secrètement Boris Johnson et son gouvernement ? Peut-être assistons-nous à une véritable commedia dell'arte dans cette histoire. Parce que Boris Johnson, d'un seul coup, a obtenu un accord à l'arrache.

Il a dit que c'était un excellent accord. Il en fait des tonnes. Il a quand même accepté des choses qui n'étaient pas évidentes pour lui d'accepter.

Il se met en porte-à-faux vis-à-vis d'un certain nombre de gens qui le soutenaient. Mais est-ce qu'il a fait ça parce qu'il pense vraiment que cet accord va marcher, ou bien est-ce qu'il a fait ça pour renvoyer le bébé – si l'on peut dire – aux pays membres de l'UE, et que ceux-ci refusent le report ? À ce moment-là, il pourra dire : « J'ai tout fait.

Et nous sommes obligés d'avoir la sortie sans accord ». On va voir ce qui va se passer. Ce qui est certain, c'est que dans toute cette affaire, il y a eu des liens très importants entre le Royaume-Uni et l'Allemagne.

C'est Mme Merkel, de notoriété quasi publique...

En tout cas dans tous les cénacles européistes, où l'on sait que l'Allemagne a pesé de tout son poids. L'Allemagne a peur, ne veut pas d'un Brexit sans accord, parce qu'elle veut maintenir l'avantage des sociétés de fabrication automobile allemandes, qui vendent beaucoup d'automobiles au Royaume-Uni. Et l'Allemagne a peur qu'un Brexit sans accord perturbe ce marché pendant plusieurs mois, au moment même justement où il fléchit, parce que du côté chinois, par exemple, la demande en voitures allemandes a beaucoup diminué.

Et puis de façon générale, l'économie allemande est quand même plutôt sur une pente de déclin assez marqué. Alors est-ce que Mme Merkel, qui a mis tout son poids dans la balance, qui a...

Jean-Claude Juncker, toutes les élites européistes qui se félicitent de cet accord, est-ce qu'ils vont pouvoir faire suffisamment pression ? En tout cas, ce qui est certain, c'est que la France a été assez éloignée de toute cette affaire, si l'on veut bien admettre que Michel Barnier : le négociateur qui, certes, est français, en fait, agissait pour le compte de l'UE. Michel Barnier qui d'ailleurs est flanqué de plusieurs conseillers très influents, notamment une conseillère allemande qui a beaucoup joué en la matière.

Voilà. On en est là. Il ne faut pas du tout exclure qu'il y ait encore des rebondissements.

Il ne faut pas du tout exclure qu'il n'y ait pas d'accord qui soit voté demain et que Boris Johnson, à ce moment-là, demande un (report), qui soit refusé par les pays de l'UE, auquel cas on aboutirait – comme je l'ai dit – à une sortie sans accord. Mais il ne faut pas exclure non plus qu'à la surprise générale, eh bien Boris Johnson arrive à avoir les 320 députés. Qu'est-ce qui pourrait faire penser ça ?

Eh bien je l'ai dit : c'est d'une part le fait qu'il a quand même...

Il peut d'ores et déjà compter sur une base de l'ordre de...

Assez raisonnablement, on peut dire de l'ordre de 290 à 300. Donc il faut qu'il trouve encore, qu'il grignote encore 20 ou 30, 40 voix, une trentaine de voix. Ça, c'est le premier point.

Le deuxième point, c'est que l'opinion publique britannique et l'opinion publique des pays d'Europe (sont extrêmement lasses) de toute cette affaire. Le troisième point, c'est qu'il y a quand même de fortes pressions qui s'exercent. Or, je ne suis pas sûr que les députés britanniques soient forcément à l'abri de ces pressions, venues du continent.

Un certain nombre de pressions financières peut-être, ou d'appartenances à tel ou tel lobby ou tel ou tel réseau, pourraient jouer en faveur de Boris Johnson, qui semblait quand même confiant au cours des dernières heures sur sa capacité à obtenir cet accord. Je conclurai en disant que pour ce qui concerne la France et les Français, moi, je me réjouis qu'un accord ait été trouvé. Et je me réjouis de façon générale sur le fait qu'il paraît quand même maintenant vraisemblable, de plus en plus vraisemblable que le Brexit aura lieu le 31 octobre comme prévu, même si ses effets vont être étalés au cours du temps.

On sait pas. Peut-être qu'il va y avoir encore un rebondissement. Mais a priori, au moment où je parle, c'est quand même raisonnable.

S'il y a un accord, eh bien je pense que ça va changer aussi la perception que les Français ont de toute cette affaire. Nous avons été – vous le savez – confrontés depuis des mois et des mois, et notamment au moment des élections européennes, par l'idée que lorsque nous...

Nous sommes le parti du Frexit, nous militons pour le Frexit. Donc pour les Français, Frexit = Brexit. Et donc beaucoup de gens qui nous observent avec intérêt se disaient : « Mais oui, mais regardez, ils n'arrivent pas à en sortir.

Il y a un conflit. Il y a ci et il y a ça ». Si Boris Johnson et le gouvernement britannique parviennent à un accord avec l'UE – d'ailleurs, vous avez vu que l'ensemble des pays de l'UE s'en félicite –, eh bien beaucoup de Français vont se dire d'un seul coup : « Bah finalement, c'est quand même une option possible, de sortir de l'UE.

Ça n'est pas impossible, puisque les Britanniques le font ». C'est la raison pour laquelle je me réjouis qu'il y ait eu un accord. J'espère d'ailleurs que cet accord sera validé.

Et j'espère aussi que s'il n'est pas validé, à ce moment-là, ça sera un Brexit sans accord. Mais l'essentiel étant qu'il y ait le Brexit. Ce qui doit être noté aussi, c'est que même si les informations sont très parcellaires sur cette question, il semblerait...

Mais je n'ai pas bien trouvé ça dans la presse française ni internationale. Il semblerait que Boris Johnson ait mis dans la corbeille de la mariée le fait que le règlement financier serait honoré. C'est-à-dire, en clair, pour le grand public, que les fameux 39 milliards de livres sterling que réclamait l'UE, eh bien que Boris Johnson, finalement, – ça fait à peu près 42 milliards d'euros – accepterait de (les) payer.

Je ne sais pas, mais probablement à tempérament sur toute une série de mois, peut-être d'années. Je n'en sais rien. C'est un point qui est quand même important pour la France, puisque si le Royaume-Uni accepte de verser cette quote-part très importante, ça soulagera les finances publiques françaises pendant plusieurs mois, ou du moins, ça ne les grèvera pas, puisque je rappelle que s'il manque 39 milliards de livres sterling, 42 milliards d'euros, dans le budget de l'UE au cours des mois et des deux années qui viennent, eh bien la France aurait été certainement appelée à payer de sa poche de l'ordre de 17% de ceci, c'est-à-dire quand même une bagatelle qui pourrait se monter jusqu'à 7, 8 milliards d'euros à sortir par la France, c'est-à-dire par le contribuable français.

C'est dire à quel point nous avons aussi – nous – intérêt à ce qu'un accord soit trouvé avec le Royaume-Uni et l'UE. Voilà ce que je pouvais dire aujourd'hui. Je ne sais pas si j'ai été parfaitement clair, parce que c'est un sujet quand même compliqué.

Ce que l'on en retiendra tous ensemble, c'est que Boris Johnson a réussi en quelques mois ce que Mme Theresa May n'avait absolument pas réussi à faire en plus de 3 ans. Ça veut donc dire que lorsque l'on veut, on peut ! Et que la technique de négociation de Boris Johnson, qui a consisté à taper du poing sur la table et à dire : « Moi, ça ne me fait pas peur, d'avoir un Brexit sans accord », et qui a paru tout à fait déterminé, eh bien cette technique semble avoir payé, en ce sens qu'il a fait bouger les lignes du côté de l'UE.

Bravo pour cette opération. Attendons la suite. Peut-être que tout va s'écrouler.

Mais un point quand même a été marqué. Et puis pour ce qui nous concerne, nous suivons ça bien entendu avec la plus grande attention, parce que si le Brexit a bien lieu le 31 octobre, eh bien ça va changer complètement la perception que les peuples d'Europe en général et le peuple français en particulier ont de cette affaire. On va ensuite pouvoir assister, au cours des mois suivants, à ce qu'il advient du Royaume-Uni.

Et d'un seul coup d'un seul, beaucoup de Français qui hésitent, qui nous regardent, qui s'informent de plus en plus sur l'UPR...

Et j'en suis le témoin au quotidien, puisque c'est incroyable, à quel point la notoriété du mouvement continue de progresser : de notre mouvement, de l'UPR. Eh bien je suis persuadé qu'au cours des semaines, des mois qui vont suivre, si le Brexit a lieu, eh bien de plus en plus de Français vont nous regarder avec de plus en plus d'attention et un regard de plus en plus favorable. Gardons espoir !

Maintenons le cap ! Hardis les cœurs ! Et puis vive la République, et vive la France !