Mélenchon a-t-il déjà plié le match à gauche ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bonjour à toutes et à tous heureux de vous retrouver pour une nouvelle semaine de sens public vous connaissez la promesse de l'émission donner du sens à l'actualité vous proposer des clés de compréhension des mutations de notre société avec au sommaire de ce 8 juin la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon le candidat LFI à la présidentielle a réuni ses fidèles à Saint-Denis hier, il Il accuse le Rassemblement national et je cite « les obsédés de la race ». Il tend la main aux écologistes et il affirme que la primaire, c'est fini. Le match est-il déjà plié à gauche le chef des Insoumis, personnalité politique la plus rejetée par les Français aujourd'hui.
Peut-il retourner l'opinion ? D'ici dix mois on en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, l'onde de choc provoquée par l'assassinat de Liana et la faillite judiciaire révélée par ce drame.
Cette affaire est un échec. Moi, je suis évidemment très touché comme responsable politique, comme patron des policiers et des gendarmes de ce pays puis aussi bouleversé, bien évidemment comme père de famille, comme père de deux filles, oui je suis évidemment bouleversé. C'est effectivement un drame qui aurait pu être évité.
Quels ont été les dysfonctionnements, l'enquête administrative nous le dira, mais c'est bien une réponse systémique, globale, sociétale que les Français attendent aujourd'hui. On verra tout à l'heure comment faire de la protection des enfants une priorité nationale. Comme chaque jour, vous pouvez réagir en scannant ce qr code on commence donc par le premier grand meeting de cette campagne présidentielle la police a compté dix mille personnes beaucoup moins que les insoumis sur place Céline Schmitt, Aliénor Pastré. 26 000 sympathisants de la France insoumise étaient réunis dimanche au pied de la basilique Saint-Denis et juste à côté de la mairie remporté par l'insoumise Bali Bagayoko.
Un lieu historique et hautement symbolique où Jean-Luc Mélenchon a présenté son concept de Nouvelle France. La France est nouvelle comparée à celle de 1958, quand a été créée la 5e République. Depuis, tout a changé.
Nous ne sommes plus les mêmes. Nous vivons, aimons, pensons tellement autrement. Dans la foule, des drapeaux tricolores et une formule.
On est chez nous, des mots qui étonnent car associés habituellement au Rassemblement national. Ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a détourné cette formule pour illustrer une France métissée, héritière de vagues successives d'immigration. « Nous ne renierons pas !
Mesdames, Messieurs les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici et dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir. On est chez nous ! Du côté des militants, on s'approprie déjà ce concept de Nouvelle-France comme un pied de nez au grand remplacement de l'extrême Le français, la culture, la langue, la politique, l'histoire, elle est faite de migration.
C'est ce pays-là qu'on veut, c'est pas ceux des réacs et des grincheux. En près d'une heure trente de discours, Jean-Luc Mélenchon a identifié un seul l'adversaire, l'extrême droite. Une façon de plier le match à gauche alors que ses adversaires en sont toujours à spéculer autour de l'organisation d'une primaire. « À tous les quelques grancheux qui se disent vous savez, Jean-Luc Mélenchon n'est pas capable de ci, il n'est pas capable de ça au second tour.
Franchement, vous en prendre aujourd'hui au seul candidat potentiellement qui est en capacité d'aller au second tour, laissez-le plutôt gagné. Selon le dernier sondage Odoxa mascaret pour Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon serait au coude à coude avec Edouard Philippe pour accéder au second tour de la présidentielle. Et on se demande si Jean Jean-Luc Mélenchon a déjà plié le match à gauche.
Je vous présente mes invités tout de suite. Adrien Broche, bonsoir. Bienvenue, vous êtes politologue, directeur des études politiques à l'Institut Via Voice et vous publiez Portrait moderne de la gauche française, c'est aux éditions de l'aube.
Valérie Locable, bienvenue à vous aussi, vous êtes éditorialiste au Libre Journal. Mathieu Soukier, bienvenue, bonsoir, vous êtes essayiste et vous avez, je le rappelle, coordonné cet ouvrage un Dimanche en France, même éditeur, édition de l'Aube et Anne-Charlène Bézina. Bonsoir Anne-Charlène, bienvenue à vous constitutionnalistes et littoralistes pour sens public. 26 000 personnes selon les insoumis, 10 000 selon la police, quels que soient les chiffres, Adrien moche on peut parler d'un succès ce soir oui je pense qu'au delà de comment dire de l'aspect arithmétique et le comptage précis du nombre de militants les images parlent pour elle-même la communication qui a en été faite parle aussi pour elle-même donc les images qui vont je pense rester dans la psyché collective l'occurrence de ceux qui ont suivi un petit peu l'actualité ce week-end c'est beaucoup de personnes beaucoup plus que ne peut en mesurer non seulement on n'apportait seulement la gauche non-mélenchoniste mais aussi beaucoup de mouvements politiques.
Il y avait des allures quand même de mouvements un peu de masse ici, une tradition qui s'est quand même un petit peu perdue à gauche notamment, mais même ailleurs et de ce point de vue là je pense que l'opération communication avec énormément d'éléments sur le fond je pense aussi qu'on pourra commenter évidemment parler des réussis sur la forme justement votre premier votre premier sentiment écoutez un c'est vrai qu'il y avait beaucoup de monde que ce soit 10 .000 ou 26 c'est énorme par rapport aux autres qui ont toujours moins de 5000 plutôt la deuxième chose c'est que c'est dehors donc ça donne ce sentiment de la foule qui est dehors qui est dans la rue la place et contrainte il n'y a pas un grand espace à l'intérieur avec des gens assis comme d'habitude donc c'est beaucoup plus original Mélenchon fait toujours ses meetings dehors maintenant il trouve que c'est beaucoup mieux il a trouvé ce symbole d'avoir la Basique, Saint-Denis, avec les rois de France d'un côté et la mairie qui a été gagnée par l'insoumis de l'autre. Donc beaucoup de symboles.
Et puis c'est vrai, objectivement, ce que dit Manon Aubry, il faut le reconnaître. Il est incarné, c'est-à-dire qu'il est déjà candidat. Personne ne lui conteste sa candidature, bien au contraire.
Tous les Insoumis sont derrière lui, il n'y a personne pour lever le petit doigt. Ils sont tous assis...
Peut-être parce que ceux qui levaient le petit doigt ne sont plus là, quand même ? Oui, ils les avireraient, donc c'est plus facile. Ils sont tous assis sur l'estrade à côté.
Ils étaient quand même nombreux. Paneau, Bompard, Aubry, tous ces affidés qui étaient présents. Et puis là, un slogan.
Imaginez qu'à 10 mois de la présidentielle, il a déjà un slogan. Il l'avait déjà il y a 2 ans, son slogan. Donc, il a changé complètement le sens du slogan.
Mais finalement, ce n'est pas grave, le contenu n'est pas le même, mais la Nouvelle-France, et on est chez nous, c'est quelque chose qui marque en fait. Donc il y a beaucoup d'avance, je reste parce qu'on va vraiment prendre le temps de parler du fond et des il a fait son annonce aux 20h de TF1, donc là pour le coup on marche sur des pas qui sont bien connus. La démonstration de force elle tient aussi à l'effet de contraste, il y a l'effet de contraste avec les autres partis politiques qui sont à la peine en général pour rameuter du monde, qui ont du mal à démontrer une image de rassemblement aussi populaire.
Qu'on le veuille ou non, le choix de la Seine-Saint-Denis et de Saint-Denis en particulier c'est une façon de tendre la main à la France populaire qui s'est quand même beaucoup éloignée de la sphère politique. Et puis l'effet de contraste, et c'est ce qui fait que la politique est aussi désormais une science en voie d'accélération, l'effet de contraste il tient à ce qu'était la situation de la France insoumise il y a quelques semaines encore au moment des municipales. Au moment des municipales on enterrait le parti.
Et on enterrait le parti, pas seulement parce que Jean-Luc Mélenchon affichait des divergences stratégiques ou programmatiques avec le reste de la gauche, parce qu'on avait le sentiment qu'il avait rompu avec les autres forces de gauche sur ce qui constitue le socle de valeur de la gauche, avec l Il y a quelques semaines, l'histoire qu'on racontait de la France insoumise, c'était celle d'un naufrage collectif et individuel. Quelques semaines après seulement, en réalité, les images sont d'une nature tout à fait différente. Et on titre déjà.
A-t-il plié le match à gauche ? Évidemment ça ne répond pas oui à la question et on va avoir le temps de répondre les uns et les autres. Anne-Charles, une première intervention ?
Moi il me semble que là, on avait engagé un Jean-Luc Mélenchon dans la joie de vivre en fait. Moi ce qui m'a vraiment frappée, c'est cette idée qu'on avait envie d'engager les couleurs, de se dire on est dans un après-midi d'été et ça c'est vraiment symptomatique des anciennes campagnes aussi de Jean-Luc Mélenchon, il y a quand même beaucoup plus de noirceur où on est dans presque l'histoire qui se joue, au contraire cette fois-ci en fait on est dans l'alliance heureuse, ça m'a vraiment fait penser à un espèce de Mitterrand des années 80 où on se dit bon ben voilà finalement c'est la France ensemble etc et je pense qu'on voit bien en fait les fameux deux Jean-Luc Mélenchon dont on a plusieurs fois parlé, quand il est dans l'opposition, c'est vraiment cette idée d'aller à la guerre absolue et en campagne eh bien on réenclenche le gentil Mélenchon et là j'ai trouvé qu'on était vraiment complètement dans ce nouveau poker face. Dans l'article que vous avez publié pour le Libre au journal, Valérie vous revenez comme Céline Schmid dans notre sujet d'ouverture sur ce slogan on est chez nous.
Ah oui c'est fondamental. Pourquoi c'est fondamental ? C'est absolument fondamental parce que c'est ce que disait le Rassemblement national en disant nous on on est des Français de souche, on est de droite, on est la France, on est chez nous.
Et on sait très bien que Jean-Luc Mélenchon a été accusé de communautarisme avec cette nouvelle France puisqu'on avait tous compris jusqu'à présent que la nouvelle France, c'était la France de la diversité, la France des enfants de l'immigration, la France de la décolonisation, de la créalisation qu'il avait utilisée et qu'il a laissé tomber. C'est absolument pas ce qu'il a dit hier. Hier, il n'a pas du tout dit ça.
Il a dit que la France a changé depuis 1958. Pourquoi ? Parce que les femmes ont changé parce qu'elles travaillent, parce qu'Internet est arrivé et que les Français sont devenus interconnectés, parce qu'il y a plus de personnes âgées, parce qu'il y a moins de ruraux et plus de gens dans les villes.
Donc on voit qu'ils s'approprient le global français et pas du tout cette...
Ce soupçon fort de communautarisme qu'on lui a trahoué jusqu'à là. Et il rajoute à la fin, et un français sur trois est issu au moins par un de ses grands-parents de l immigration. Donc il a eu une façon consensuelle, comme ça vient d'être dit, d'essayer d'englober tout le monde, d'englober l'évolution de notre société et de dire qu'il n'y a qu'une chose qui n'a pas changé, c'est la constitution française.
Et c'est pour ça qu'il faut passer à la sixième république. Alors justement, cette sixième république, on peut commencer par là, rentrer un peu plus sur le fond, Adrien Broch. Est-ce qu'elle est fondamentalement nouvelle ?
Qu'est-ce qui changerait avec un Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée ? Déjà, moi, ce qui me frappe, en effet, c'est ce qui a été dit, c'est qu'il y a quand même globalement, si on regarde le fond, une cohérence assez forte doctrinale dans la réflexion et dans les concepts que mobilise Jean-Luc Mélenchon, qui est d'ailleurs un des rares à produire encore des concepts, ou en tout cas à produire des notions. Donc il corrige comme ça quand même une des errances notamment du Parti Socialiste qui est devenu d'une certaine manière incapable de penser de nouvelles notions ou de nouveaux concepts.
Et la Sixième République vient en appui, en conséquence de cette fameuse Nouvelle-France. Donc il y a un fil rouge quand même qui se tisse autour de la nouveauté chez Jean-Luc Mélenchon à effectivement un bouleversement anthropologique. Il a parlé de révolution culturelle dans l'identité humaine, où il met tout un tas de mouvements sociaux.
Et donc à cette Nouvelle-France qui se dessine, qui n'est pas uniquement effectivement un mélange de communautés ethnico -confessionnelles, qui est plus que ça dans ce qu'il met derrière, doit succéder une nouvelle République. Donc je trouve qu'il y a quand même une dimension, et quand on l'écoute, après on verra les déclinaisons en termes de mesures concrètes, on verra les effets dans l'opinion, etc. Mais doctrinalement, sur ce qu'il propose, ça fait quand même sens, et je crois que c'est pour ça, avec énormément d'éléments, mais peut-être qu'on y reviendra après, effectivement, sur la patrie, beaucoup plus d'ailleurs que sur la République.
Il y a toute une grammaire du...
Il y a énormément de drapeaux français, etc. Donc il y a tout un quand même un habillage et un fond doctrinal qui me semble très intéressant à analyser et qui lui donne cet avantage de clarté, de lisibilité, parce que derrière ça, il faut aussi être capable de l'incarner. Et il arrive à faire synthèse autour de ça et je trouve que c'est assez puissant ce qu'il propose.
Avec déjà quelques réactions, on en a vu une. Je vais vous en donner deux autres. Maxence qui nous écrit de Nantes, l'homme politique le plus impopulaire de France fait une nouvelle fois la démonstration de son autoritarisme en annonçant avec le seul en course à gauche pathétique.
Bon ben voilà, on sait que quelqu'un qui n'aime pas Jean-Luc Mélenchon. Virginie qui nous écrit de Cherbourg en République, on vote ! Point l'exclamation.
Jean-Luc Mélenchon se déclare le seul candidat de gauche sans aucune primaire, bel exemple de démocratie, le signe d'un autoritarisme. C'est intéressant, il y aura certainement d'autres réactions peut-être plus favorables à Jean-Luc Mélenchon, mais il part quand même de loin Mathieu Soukir, il faut rappeler ça. De baromètre en baromètre, il est la personnalité politique la plus rejetée par les Français aujourd'hui.
Ce ne sont que des sondages, un baromètre, mais quand même. Oui, alors il est la personnalité la plus rejetée des Français. Il a construit ça en quelques années en réalité.
Rappelons qu'il n'y a pas si longtemps que ça, il était le plus populaire ou en tout cas, il était dans le tiers ses têtes des plus populaires. Bon, comment ? En 2022.
Oui, et donc ça veut dire qu'on peut dégringoler assez vite et il a contribué évidemment à créer cette image diabolisée qu'il est lui-même. Je rappelais encore une fois qu'il y a quelques semaines en plus, il y avait les stigmates de l'antisémitisme. Et ce qui est frappant, si vous rappeliez le sondage au DOXA, je ne sais pas si Viavoi s'enregistre la même chose, mais j'avais vu aussi que vos collègues d'ARIS Interactive, de Toluna, enregistraient aussi, plus qu'un frémissement, une légère hausse.
C'est-à-dire que très rapidement, alors je ne sais pas si c'est parce que les Français ont la mémoire courte, ou parce qu'une partie de nos concitoyens s'accommoderait avec une forme d'antisémitisme. Je n'y crois pas du tout en réalité. Ou peut-être parce qu'encore une fois, finalement, le procès en antisémitisme, les gens n'y ont pas cru.
En tout état de cause, alors qu'on n'a parlé que de ça pendant les municipales, et avec un embarras sincère et bien compréhensible, bien légitime, de la part et de la classe politique et d'une partie de l'opinion, on voit bien qu'il est capable de remonter. Et précisément, le contraste joue aussi avec la séquence récente pour la France insoumise, avec les autres forces politiques. Le contraste joue avec la situation dans laquelle se situait la France insoumise un an avant les précédentes échéances présidentielles.
Là, on voit qu'il est il démarrait. Il ne faut pas non plus aller plus vite que la musique. Mélenchon est monté dans un petit peu, de quelques points, deux, trois points, dans les sondages, dans les intentions de vote, mais il reste l'homme politique le plus détesté de France.
Depuis le 7 octobre, il reste scotché comme celui qui provoque le rejet le plus fort, parce que sur des tas de sujets, il ne dit rien sur la guerre en Ukraine. Et hier, il n'a rien dit de plus. Il ne dit rien sur la guerre en Ukraine, il ne dit rien sur l'Europe, il ne dit rien sur des sujets qui sont absolument fondamentaux pour les Français.
Pourquoi est-ce qu'il bénéficie de sa position aujourd'hui ? Un, parce qu'il s'est déclaré le premier quand même. Deux, parce que vous avez raison, il est dans une attitude d'une France heureuse qui est au passage, la même attitude qu'a adoptée Gabrielle Attal pendant son meeting.
Ça lui a moins profité et il l'a aussi fait. Trois, parce qu'il y a un tel désordre autour, mais un tel désordre, il fait, il a de l'expérience, il a un programme, il est en marche. Mais ça veut pas du tout dire que quand les autres vont arriver et qu'ils vont à la rentrée montrer un visage de personnes, peut-être de personnes organisées qui ont un projet et qu'on va savoir qu'ils se présentent, que ça va être vrai.
Alors on y reviendra là-dessus parce qu'il y a une question d'accélération du calendrier mais ça c'est, on y consacre vraiment un chapitre. Je est là-dessus avec l'antisémitisme ou même les effets du lynchage de Quentin de Ranque par des proches, des insoumis, la jeune garde. Tout ça, c'est déjà oublié ou ça infuse quand même pour une durée un peu longue dans une partie de l'opinion.
Je pense qu'en fait, il y a des temporalités qui sont différentes. Jean-Luc Mélenchon s'adresse et sa stratégie depuis maintenant plusieurs années, c'est de solidifier un noyau dur qui lui permettra, quoi qu'il en soit, d'accéder ou en tout cas de se permettre d'avoir un marche-pied au premier tour de l'élection présidentielle dont ne bénéficient pas les autres candidats. C'est vrai qu'il a un socle en béton armée qui ne bouge pas, quelles que soient les polémiques, antisémitisme, violence à Lyon, etc.
Et donc ces 10 à 12 % effectivement n'ont quasiment pas bougé depuis maintenant plusieurs mois au gré des scandales. Donc lui, c'est c'est son calcul. Maintenant, il est effectivement dans une situation où il doit s'ouvrir un petit peu, toujours pas pour gagner au deuxième, c'est d'ailleurs ce qu'on peut lui reprocher, mais pour être certain d'être qualifié au premier.
Donc essayez d'aller un petit peu au-delà de son socle, et dans ce cas-là, effectivement, aller chercher ces électeurs de gauche, non-mélenchonistes à l'origine, mais pour qui ? Par amnésie, par conviction, parce que ce qu'on dit beaucoup sur la gauche démocratique, la gauche républicaine, c'est extrêmement intéressant d'un point de vue intellectuel il trouve que dans les masses dans l'opinion la proportion de français qui se disent je suis social-démocrate très à gauche mais pas mélanchoniste attaché à la démocratie et attachée à la république ça fait pas 15 % de l'électorat et donc mélenchon il cible bien ça et il se dit il y a des gens effectivement les fameux comme le verbatim dans la libération le petit bourgeois qui sera exactement anti-mélenchon votera pour moi à la fin c'est ces 6 % 8 % là, qu 'il essaye de viser et il y a de fortes chances, effectivement on verra ce qui se passe au centre gauche, au centre à ce moment-là mais il y a de fortes chances que s 'il ne se passe rien côté Glucksmann, côté François Hollande côté je ne sais quoi, il arrive malgré tout à arrimer ces quelques pourcentages de gens de gauche, de Français de gauche qui n'iraient pas vers Jean-Luc Mélenchon spontanément mais qui n'ont en tout cas pas suffisamment de choses à lui reprocher pour aller voter Edouard Philippe. Alors les insomni et d'ailleurs le meeting de Saint-Denis a aussi servi à ça, ils veulent rassembler à gauche, appellent du pied très clair vers les communistes mais alors surtout les écologistes on écoute Manuel Bompard Je dis en particulier aux Je dis aussi à toutes les personnes qui ne sont pas organisées politiquement et qui réfléchissent, se posent des questions, on cherche.
Je leur dis venez prendre votre part dans la bataille et dans le combat. Et pour les forces politiques, je leur dis que la discussion est ouverte et on peut travailler ensemble. Vous pouvez avoir votre place dans cette campagne parce qu'on en a besoin.
Et parce que si on veut gagner, on a besoin d'être ensemble. Anne-Charlène, pourquoi un discours adressé aux écologistes ? Alors c'était vraiment très net.
Jean-Luc Mélenchon a évoqué le front populaire, écologique, solidaire associant les travailleurs, les syndicats, les quartiers, signalant vraiment aux écologistes qu'ils ont leur place dans la coalition. Et vraiment on est revenu sur un discours avec beaucoup de tendances sur l'écologie, les inégalités, les pesticides, le modèle agricole, il y a eu beaucoup d onglet. Balibagayoko lui-même a parlé justement de cette grande alliance populaire qui devait se mettre en place pour 2027, Manuel Bonpart, on vient de l'entendre.
Donc on se rend compte que finalement Jean-Luc Mélenchon a un coup d'avance, il ne vise pas uniquement cette présidence. Il ne vise pas uniquement cette potentielle de 2027, mais aussi les législatives qui viendraient avec justement nécessairement une nouvelle forme d'alliance. En fait, on vient cranter la NUPES en quelque sorte la transformant en une forme d'hégémonie un peu plus durable.
L'idée, c'est d'avoir le monopole de la gauche et donc de constituer cette force-là en termes d'alliance. La frontière est très nette dans le discours, on le sent, l'extrême droite, l'extrême centre et l'alliance de la gauche à à travers l'écologie. Et il faut être honnête, le groupe élevé, les écologistes, seront un peu la goutte d'eau qui fera déborder l'un des deux vases de la gauche.
Et voilà, il y a tout intérêt à l'élu insoumis pour que ça soit de son côté. – Alors quelle est la réaction, le positionnement des écologistes ? – C'est un peu du en même temps, en quelque sorte.
Parce qu'il y a une première chose, c'est qu'on sait que les écologistes fustives, la méthode parlementaire de LFI essayent de se démarquer. Mais pourtant, le vote d'émotion de censure a quasiment toujours été unanime. On sait que dans le travail parlementaire, notamment sur le budget, ils ont très souvent voté en commun.
Il y a eu une faiblesse quand même du discours des Verts sur les dérives dont on vient de parler, de Jean-Luc Mélenchon, dans l'affaire Quentin et ses alliances municipales. On parle de Lyon, mais il y en a eu beaucoup d'autres. Grenoble, Strasbourg, Besançon, bref.
Et on raconte même que des scissions sont en train de s s'organiser au milieu des Verts, avec les Verts populaires, qu'a identifié Manuel Montpard, qui pourraient décrocher en faveur de la coalition. Au fond, Jean-Luc Mélenchon, en préemptant ce sujet de l'écologie, cornerise un petit peu les vert en se disant, soit ils sont avec nous et c'est tant mieux, soit en quelque sorte, eh bien je traiterai seule du sujet de l'écologie et je ne ferai mieux qu'eux puisque je suis la gauche qui gagne, en quelque sorte. Alors si on est écologistes, on fait la colonne plus, la colonne moins, ça veut quoi C'est-à-dire qu'en fait, au fond, en plus, ils sont un peu du côté du centre s'ils ne le font pas.
Alors pour les pours, il y a évidemment le risque RN qui est amené à la NUPES ou NFP. Il y a la logique institutionnelle. Sixième République, on l'a dit, nouvelle grande unité au cours d'un projet et populaire, mais il y a un gros mais.
C'est peut-être la personnalité de Jean-Luc Mélenchon et ce culte du leader dont on a déjà plusieurs fois parlé qui ferait qu'au fond, les Verts ont un peu peur d'être absorbés dans une une puissance diligentée par LFI avec cette toute puissance. En d'autres termes, on va dire oui à la majorité de projets, mais non à la mélanchonisation de l'écologie. C'est dur à dire ça, mélanchonisation de l écologiques.
À quel point ils sont tiraillés, Valérie Leca, pour ne pas dire divisés sur la stratégie à suivre les écologistes ? Il y a une bataille entre la gauche radicale et la gauche modérée pour récupérer les écologistes. C'est tout à fait clair.
Et ce n'est pas pour rien que Marine Tordelier en a toujours dit, elle est pistache fraise avec sa veste verte à l'extérieur et rouge à l'intérieur. Il faut regarder ce qui s'est passé ce week-end chez les écologistes. C'est très important.
Elle avait contre elle une menace de motion contre sa candidature à l'élection présidentielle. Marine Tordelier n'a pas lâché Olivier Faure depuis le début. Elle est avec les socialistes.
Elle a passé un accord de premier tour écolo-PS pendant les élections municipales dans toutes les grandes villes de France et elle soutient Olivier Faure depuis le début. Pourquoi ? Parce qu'en échange, elle a obtenu la possibilité de se présenter à cette fameuse élection primaire qu'on ne voit pas venir et qu'ils s'entendent très bien.
Olivier Faure et elle, ils sont là à organiser leur histoire ensemble. Cette menace sur la primaire déstabilise par rapport aux autres qui, comme vous l'avez dit, sont tentés d'aller plutôt vers LFI et de dire ce qui compte, c'est les législatives et qu'est-ce qu'on s'en moque d'avoir un candidat à 4 % à l'élection présidentielle, ça n'a aucune importance. Et c'est pour ça que ma thèse à moi, c'est que cette double primaire qui a été sortie juste avant le Conseil fédéral des écolos, était faite en partie, il y a d'autres raisons, pour sauver la tête de Marine Tondelier pendant ce Conseil fédéral.
Donc c'est un peu technique tout ça, mais c'est ce qui s'est passé. C'était un enjeu important du week-end. C'est ce qui s'est passé.
Donc elle a sauvé sa tête, pour l'instant en tout cas. Donc moi je ne vois pas...
Pour l'instant ils sont cinq écologistes à avoir allié Jean-Luc Mélenchon pour les municipales. C'est extrêmement marginal. Alors c'est vrai que ça tangue sérieusement, mais il y a deux gros manœuvriers qu'il ne faut pas sous-estimer.
Marine Tondelier et Olivier Faure qui pour l'instant tiennent les reines du bateau. Mathieu Souikère, il y a effectivement, un challenge l'évoquait, la perspective des législatives avec des députés écologistes qui pour certains ont peur de perdre leur siège sans soutien des insoumis. C'est aussi ça ce qui est en train de se jouer, on peut dire.
C'est un peu simpliste, mais c'est un peu ça. La dimension tactique existe ensuite. Sur le fond, rappelons quand même que la tentation est légitime dès lors que Jean-Luc Mélenchon a a été celui qui, en 2022, avait théorisé la planification écologique.
Si Emmanuel Macron, dans l'entre-deux-tours, a repris la planification écologique, c'est en la chipant à Jean-Luc Mélenchon et pas aux écolos. Donc il y a une proximité sur le fond. Il y a un autre élément de proximité, les Verts ont toujours joué la passerelle entre les Insoumis d'un côté et le Parti Socialiste de l'autre.
Il y a un autre élément de tentation...
Alors, il est vrai que les Verts appartiennent à ce qu'on appelait autrefois la gauche de gouvernement. Il y avait des ministres écolos au sein du gouvernement de Lionel Jospin, là où aujourd'hui la France insoumise n'incarne pas une gauche de gouvernement. Mais c'est eux qui ont claqué la porte quand même des gouvernements de 2014, on est un frondeur aussi.
Oui, mais ils y étaient. Ils ont claqué la porte de gouvernement auxquelles ils ont d'abord participé. Aux élections européennes, Raphaël Wuxman a fait le plein des voix écologistes quasiment, et c'est pour ça qu'il a pu avoir le score qu'il a obtenu aussi.
Et ils sont profondément unitaires, en tout cas Marine Tondelier affiche depuis le départ une posture unitaire qui fonctionnait tant qu'Olivier Faure était lui-même sur cette posture unitaire et avait manifestement les moyens de cette ligne unitaire. Aujourd'hui on voit bien que cette ligne est contestée, qu'elle est fragilisée au sein du PS et que du coup les Verts peuvent être tentés effectivement de se détourner du PS et de se tourner vers la France insoumise. Adrien, sur effectivement le programme, parce qu'il y a pas mal d'éléments de programme qui ont été annoncés, un discours relativement court, un peu moins d'une heure hier, de Jean-Luc Mélenchon, il y a beaucoup de points communs ou d'emprunts faits à des des idées, des promesses écologistes dans ce que Jean-Luc Mélenchon a annoncé ?
Oui et pas que. Moi j'ai trouvé que c'était quand même...
Hier le discours du candidat Mélenchon était un discours d'un candidat un un peu totale, quoi. Il y avait un peu de tout. Il y avait effectivement des éléments relatifs à l'écologie.
Il y avait des éléments, parce que c'est aussi une partie de son ADN, de cette France populaire, parce que malgré tout, Jean-Luc Mélenchon a réussi à reconquérir une partie du vote populaire, ce qui était quand même une des grandes problématiques de la gauche française depuis 20 ans. Il y a apporté une réponse partielle dans certaines catégories populaires, des quartiers populaires, pas de la France rurale, mais enfin il a quand même réussi de ce point de vue-là. Il y avait des éléments très forts quand même sur la nation, c'est une erreur d'analyse qu'on fait trop souvent en Jean-Luc Mélenchon, c'est pas du tout un candidat anti-France, il y Il n'y a pas ces éléments-là.
C'est presque plus un candidat, si on veut vraiment aller au bout, anti-république parfois, anti-républicain qu'anti-France. Il y a toujours une grammaire de la patrie très fortement mobilisée. Il y avait énormément.
Je ne sais pas s'ils ont été distribués, si c'était stratégique au moment de la Marseillaise, peu importe. Mais il y avait énormément de drapeaux français hier dans la foule. Donc, il y avait quand même comme ça une très forte grammaire et esthétique de la nation, de la Nouvelle-France, qui malgré tout était représenté à ce moment-là par des drapeaux bleu, blanc, rouge qui étaient mobilisés.
Donc c'est ça qui est intéressant. Moi je trouve qu'il apporte Jean-Luc Mélenchon malgré tout et c'est ça qui fait sa force aujourd'hui de réponse à deux écueils de la gauche française. le rapport aux catégories populaires sur un certain nombre d'entre elles, pas sur toutes et le rapport à la nation qui est aussi une grande problématique intellectuelle de la gauche française.
Quel lien doit-elle entretenir avec la nation, les identités collectives, la République et bien il arrive à en proposer un concept, une définition parfois trop identitaire, sûrement, avec des affects antisémites très profondément problématiques. Mais voilà, il incarne cette synthèse-là, donc je trouvais qu'il y avait quelque chose d'une candidature de gauche un peu Un mot encore Valérie Lecâble, et après on parle des primaires, est-ce que comme le dit Jean-Luc Mélenchon, c'est fini ? Juste un mot pour dire que la radicalité à gauche, c'est entre 12, 13, 14 quand la radicalité à droite du RN, c'est 32-35%.
Rappelez-vous de l'affrontement entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon à Hénard Bonnemont, où ils ont joué le match des radicalités C'était municipal, excusez-moi, je ne me souviens plus de l'année. Et il a perdu ce match-là. Il faut quand même pas...
Oui, il a fait un meeting carifié, c'est formidable, mais la droite, après, on était c'est beaucoup plus de l'espace radical que Mélenchon en a fait. Or, ils ont des points communs, la retraite à 60 ans, l'augmentation du SMIC, les freins sur l'Europe, la guerre en l'Ukraine, ils ont beaucoup de points communs et cette espèce n'est même pas à la moitié du renne. Il faut quand même...
Il y a le socle de la gauche ou le total gauche, il reste faible. Oui, mais le total droite est plus important grâce au RN, pas grâce au centre droit en fait. Alors deux réactions, on va voyager puisqu'on va partir de l'île de la Réunion entre deux, c'est Christophe qui nous écrit l'île de la Réunion, alors lui il est frappé par cette démonstration de force incroyable espoir pour le peuple de France, enfin un groupe politique qui travaille et se confronte au réel.
Et puis on revient à Paris avec Samuel qui lui reste critique et surtout peut-être, en tout cas il affiche une forme de lucidité, c'est comme ça qu'il l'exprime, comment imaginer au second tour les électeurs de droite votaient massivement Mélenchon pour faire barrage au RN. C'est un mirage. Alors il y a un extrait du discours du leader insoumis qui a été particulièrement repris par la plupart des observateurs et des médias.
Celui-ci dans lequel il affirme que la primaire, c'est fini. Vous savez que pour une fois, les étoiles sont alignées. Que pour une fois, sans contestation possible, la première force politique de la gauche et du changement, la voici, la primaire est finie, c'est nous qui avons gagné l honneur de marcher en première ligne et bienvenue à tous ceux qui veulent participer à la bataille pour la sixième république écologique et social.
Et j'accueille Alexandre Poussard, bienvenue Alexandre. Bonsoir Thomas. Cette primaire de la gauche c'est vraiment fini ?
Alors non ce n'est pas encore fini mais on peut dire que c'est mal embarqué et pourtant il y a un an les différentes formations politiques de gauche sauf la France Insoumise. C'était mise d'accord à Bagneux dans les Hauts-de-Seine pour organiser une primaire et désigner un seul candidat de gauche à la présidentielle. Et d'ailleurs plusieurs personnalités de gauche se sont déclarées sur la ligne de départ ces derniers mois, notamment Marine La leader des écologistes ou encore les anciens insoumis, François Ruffin, Clémentine Autun.
Le député du parti Génération Benjamin Lucas est également candidat tout comme Lydie Massard, ancienne euros à député. Le problème, c'est que cette primaire de la gauche ne rassemble pas assez largement pour le moment. Raphaël Glucksmann, le leader de Place Publique, ne veut pas y participer et en même temps il n'y a pas intérêt car il est le candidat de la gauche non Mélenchoniste, qui est le mieux placé dans les sondages.
Et puis une partie des socialistes n'en veulent pas non plus de cette primaire de la gauche, notamment François Hollande, l'ancien président de la République ou Boris Vallot, le patron des députés PS. Alors le premier secrétaire du PS, Olivier est bien embêté, car lui, il est favorable à cette primaire, mais il n'arrive pas à convaincre la majorité de son parti. Écoutez sa numéro 2, Johanna Roland.
La primaire de Bagneux, telle que nous l'avons imaginée collectivement, elle n'arrive pas à rassembler aujourd'hui les uns et les autres. À partir de là, il y a deux options. Soit on renonce, et chacun re-rentre dans son couloir, et on désespère les Français, et on ne sera pas à la hauteur du moment historique, et on père, je ne l'accepte pas.
On ne peut pas faire ça à la France et aux Français. Soit on se retrousse les manches, on fait preuve d'un peu bonne volonté, on envoie balader les égaux et on dit qu'on propose un chemin qui doit forcément être un chemin de départage démocratique. Quel est ce nouveau chemin démocratique proposé par Olivier Faure à ses camarades socialistes ?
C'est un chemin assez sinueux. Olivier Faure propose désormais une double primaire. C'est-à-dire d'abord une primaire social-démocrate avec des candidats socialistes et Raphaël Glucksmann.
Et ensuite, le vainqueur de cette primaire sociale-démocrate s'engagerait à participer à une primaire de la gauche élargie avec les écologistes et les autres partenaires de manière à rassembler largement la gauche. Une double primaire qui est balayée de nouveau par Raphaël Glucksmann, je le cite, c'était la semaine dernière sur France Info. de Bagneux parce que je pense que c'est une machine à perdre.
Je ne pense pas que quand on a une primaire qui est une machine à perdre, deux primaires seraient une machine à gagner. Cette option ne convainc pas non plus une partie des socialistes. Regardez ce tweet de Philippe Brun, député socialiste de l'heure, je le cite « Je trouve que ce n'est pas assez de primaire.
Je propose un autre système des poules, des huitièmes de finale, des quarts de finale, des demi et puis une finale. » Voilà pour la boutade footballistique à quelques jours du début de la Coupe du Oui, effectivement. Ça ressemble quand même un peu à une crise interne au Parti socialiste.
Est-ce qu'il y a une sortie de crise prévue ? Alors tout devrait se décanter le 9 juillet prochain. Le Parti socialiste organise une consultation de ses militants pour trancher le mode de désignation de leurs candidats à la présidentielle.
Une primaire interne sera une des options proposées aux militants et si elle est retenue, elle aurait lieu normalement en septembre et ensuite ce candidat socialiste devra trouver un moyen de rassembler toute la gauche non mélanchoniste. Merci beaucoup Alexandre. Adrien Broch, j'avoue quand j'ai vu sortir cette proposition, j'ai cru presque à une plaisanterie, une double primaire pour apporter de la clarté, enfin je ne sais pas à quoi on vous réagissez à ça ?
Ah non, que ça apporte essentiellement du chaos et de l'illisibilité à une situation qui l'est déjà je pense pour beaucoup de Français. Pourquoi fait-il ça Olivier Faure ? Pour gagner du temps ?
Pour gagner du temps probablement. Dans son rapport à Raphaël Glucksmann et à Place Publique, je pense que ça joue un rôle également. Mais voilà, je crois que du point de vue de l'opinion et de l'état d'avancée de la campagne qui, du côté de Jean-Luc Mélenchon et du côté du Rassemblement national, on va voir la manière dont ça avance au mois de juillet.
Mais effectivement, il y a un faux rythme et je crois un problème de de tactique et de communication. Alors, je voudrais qu'on reste sur cette question du calendrier parce qu'on va écouter deux candidats non officiels et potentiels. Raphaël Glucksmann n'est pas encore officiellement candidat, il se donne encore trois mois pour sillonner la France, écoutez-le.
Il y a un nouveau contrat patriotique qui est exposé dans ce livre et je veux le discuter avec les Françaises et les Français. Et ces trois mois, je vais sillonner le pays, aller à la rencontre des Françaises et des Français. Et rassembler ma famille politique.
Et vous allez voir qu'il y aura une grande surprise démocratique et nous partirons unis en 2027. Et puis alors, on a aussi François Hollande qui était invité à la fête de la Rose du Parti Socialiste en Dordogne ce week-end. Alors lui, il espère un candidat avant décembre.
Ce n'est pas qu'une question de personne, c'est une question de proposition et puis ensuite une question de stratégie, c'est-à-dire que l'enjeu ce n'est pas de figurer dans cette élection. C'est du gagné cette élection. Alors ça peut paraître aujourd'hui audacieux de dire que nous allons gagner.
Mais enfin, il y a des conditions pour gagner et si nous sommes simplement dans l'idée d'une candidature pour une candidature, ce n'est pas la meilleure des formules. Peut-elle durer encore longtemps ? Je vais vous poser un peu la même question aux uns et aux autres.
Je commence avec vous, Mathieu Souquier. La réussite, le succès, je ne sais pas quel mot employé de Jean-Luc Mélenchon, de son entrée en campagne, qui est réel, on l'a tous analysé, n'oblige-t-il pas quand même les autres à accélérer ? Non, comme le disait Valérie en fait ou comme le disait l'heure, c'est la séquence du moment.
Mais personne n'est pour de vrai dans l'élection présidentielle ou dans la campagne. Rien n'est figé, et on sait en plus, je parle sous le contrôle du sondeur, que l'électorat est volatile comme jamais. Donc en réalité, un scrutin, ça se cristallise dans les dernières semaines et même dans les derniers jours.
Donc, on est pour le coup dans autre chose, effectivement. Effectivement, on est dans l'affirmation d'un rapport de force pour essayer d'être celui qui, puisqu'on ne veut pas organiser de primaire, par le biais des sondages, va s'imposer naturellement. C'est le calcul que font identiquement.
Pour la gauche, Raphaël Luxman et Jean-Luc Mélenchon, on pourrait dire que c'est également le calcul qu'à droite, Edouard Philippe fait. Donc on est là-dedans. Ne contestons pas à Olivier Faure, sa sincérité, dans sa volonté unitaire il fait le calcul que diviser la gauche n'a absolument aucune chance le problème c'est pas qu'elle est divisée ou qu'elles soient éventuellement unies le problème de la gauche c'est qu'elle est en 2026 ou en 2027 à peu près au même niveau qu'en 2017.
On en revient au poids total. Évidemment, la gauche est faible et la gauche n'est pas seulement faible quant à sa base électorale, elle est par ailleurs incarnée comme on l'a dit tout à l'heure, désormais ou en tout cas dominée par la figure la plus répulsif de l'échiquier politique. Donc, en étant à la fois faible et diabolisée, on voit qu'elle est mal emmanchée.
Et je dirais que du coup, on parlait tout à l'heure des Verts et de leur tentation de rallier la France insoumise ou pas, la question est de savoir si, comme en 2022, Jean-Luc Mélenchon est un candidat utile ou désormais un candidat dangereux. Je nuancerai ce que disait Valérie tout à l'heure, la gauche radicale, c'est pas la moitié de la droite radicale ou de l'extrême droite. En 2022, Jean-Luc Mélenchon est passé à un cheveu ou presque du deuxième tour.
Il était pas loin de Marine Le Pen, donc c'est pas vrai que Marine Le Pen, ça pèse deux fois Jean-Luc Mélenchon. En 2022...
En tout cas, en 2022, il était d'une certaine façon le candidat utile à gauche et il est devenu dans la dynamique de campagne. La question est de savoir si aujourd'hui il peut redevenir le candidat, il peut y avoir un vote utile Mélenchon ou si définitivement le vote Mélenchon est un vote dangereux ? J'entends vos arguments mais le fait de ne pas être officiellement candidat...
Prenons le cas d'un Raphaël Glucksmann qui a sorti un livre, qui est un livre programme et qui finalement...
Moi j'ai eu ce sentiment, peut-être que c'est les médias qui ont réagi comme ça, je ne sais pas, mais qu'il n'y a pas une proposition qui est ressortie et et qui a créé justement un momentum médiatique dont on parlait, où tout le monde se positionne autour d'une proposition de Raphaël Lussmann. Mais c'est le cas de tous les candidats actuellement, il n'y a pas un candidat qui a sorti une proposition. Un slogan n'est pas une proposition.
La Nouvelle-France, ce n'est pas une proposition. C'est trop tôt pour les sortir ? Oui, ils ne les sortent pas maintenant, ils les sortiront à la rentrée.
Raphaël Glucksmann a dit les choses très clairement, il y aura un candidat de la gauche. Il ne veut pas être un candidat qui divisera. Donc, qu'est-ce qui va se passer ?
Ils vont faire les comptes entre eux. Alors, à la date, est-ce que ça va être septembre, octobre, avant décembre, entre François Hollande et Raphaël Luxemagne ? Ils vont regarder qui est devant, s'il y en a d'autres qui ont monté entre temps, parce qu'au qu'il s'est déclaré dans cette primaire officiellement pour la première fois, et la primaire il ne la fera jamais voter, parce qu'il n'obtiendra jamais l'autorisation de son parti politique de faire voter cette primaire, il n'a pas la majorité pour le faire, c'est impossible.
Donc vous dites que le 9 juillet, on en parlait tout à l'heure, il n'y aura pas forcément de vote ? Non, il n'y aura pas de vote, le 9 juillet c'est sûr que non. Donc les petits chevaux sont en train de faire la course, ils sont tous dedans et ils ont dit on se donne une date limite, alors ils ne sont pas d'accord sur la date limite, Glucksmann voudrait septembre-octobre, Hollande voudrait décembre, mais ils sont quand même intelligents et ils ne vont pas tous aller se précipiter à y aller en même temps.
Donc ça va se décanter à ce moment-là et ça sera ça le moment des programmes. Et la question qui se pose aujourd'hui, c'est est-ce que Mélenchon à ce moment-là...
Il faut quand même parler, on parle beaucoup de sondages, le second tour, il a une personne, une seule, que le Rassemblement national est sûr de battre si cette personne est face à lui, c'est Jean-Luc Mélenchon. – C'est ce que disent les instituts de sondage aujourd'hui. – C'est ce que disent tous les instituts. – En état des instituts de sondage sans exception, il n'y a pas une exception. – Ok mais on est à 10 mois de l'échéance, c'est pour ça que je rappelle toujours… – Non mais on ne parle que d'aujourd'hui, c'est pour ça que comparer avec 2022, pour moi ça n'a absolument aucun sens. – Votre avis là-dessus Adrien, sur la capacité d'un Jean-Luc Mélenchon, effectivement il y a un défi qui est un défi comptable majeur devant lui sur sa capacité à relever ce défi, ou sur… on a un peu tourné déjà autour. – C'est 30-70 l'heure. – Oui, oui, oui, sur justement ces marqueurs négatifs qui restent puissants dans l'opinion. – Alors c'est vrai que Jean-Luc Mélenchon pour l'instant, dans tous les tests qui ont été faits de second tour, de configuration de second tour et perdant systématiquement comme le sont quasiment tous les candidats testés, Bloc Central compris, sauf Édouard Philippe. 55-45, ce n'est pas non plus chez Charles Le Pen. 52-48, effectivement.
C'est marge d'erreur comprise, donc c c'est effectivement des scores qui sont relativement serrés. Je pense que Jean-Luc Mélenchon est beaucoup plus important que celui des autres candidats. Je pense que lui, effectivement, fait un pari qui est un pari hors arithmétique.
C'est pour ça qu'on peut d'ailleurs le prendre un peu pour un fou. Il fait un un pari de l'ordre plutôt de l'irrationalité politique ou du front républicain contre les chiffres, contre les enquêtes d'opinion. En disant qu'il y aura dans l'entre-deux-tours, si je suis face à Jordan Bela, Jordan Bardella ou Marine Le un contexte antifasciste qui fera que les équilibres qu'on aura mesurés pendant 6-12 mois seront totalement rebattus.
Peut-être qu'il y aura énormément d'abstentions aussi, ce qui fera aussi un petit peu changer la donne, et donc il fait ce pari-là. Il n'y a pas énormément d'éléments à l'appui, pour l'instant, de la thèse de Jean-Luc Mélenchon. On ne peut pas non plus totalement l'écarter, parce qu'encore une fois, la politique, ce n'est pas que de l'arithmétique, ce sont aussi évidemment des rapports de force électoraux, et il y a une fenêtre dans laquelle Jean-Luc Mélenchon essaye de s'en ouvrir. – Aujourd'hui, un républicain jouera plus pour le Rassemblement national que pour lui. – Il est terminé ce débat, il nous reste 30 secondes, donc un challenge. – Moi je me dis qu'ils ne sont pas que deux au fond, alors certes le deuxième tour se fait à deux mais pour moi ils sont trois, c'est-à-dire qu'en fait on oublie le candidat du bloc de la raison qui au fond quand il sera désigné siphonera quand même aussi la partie non-mélenchoniste et en fait Jean-Luc en est conscient que pour moi son discours d'hier c'est pas un discours de deuxième tour, c'est un discours de gauche en fait.
Il essaye d'être le seul à gauche parce qu'il sait très bien que le front non-mélenchoniste avec ni Mélenchon ni l'ERN, aujourd'hui il est préempté par le centre en réalité. Merci beaucoup à toutes et à tous d'avoir participé à ce débat. Votre portrait moderne de la gauche française est aux éditions de l'Aube, Adrien Broch et Mathieu Souklier ce dimanche en France, aux éditions de l'Aube également Valérie Le Cam, on vous lit dans le Libre Journal.
Évidemment, assidûment, à très bientôt sur Public Sénat.
Jean-Luc Mélenchon