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Discours / meetingyoutube.com· 11 avril 2016 37 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Discours de Nathalie Arthaud à la fête de Lutte Ouvrière à Montbéliard (9 avril 2016)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 85 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:58Invité politiqueChiffre
    « En 2013, il y a eu la loi sur la compétitivité qui a permis de baisser les salaires dans les entreprises et le pacte de responsabilité qui a accordé 41 milliards aux patronats. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « 41 milliards qui manquent aujourd'hui cruellement aux collectivités locales. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Il y a eu la loi Macron en 2015 qui a généralisé le travail du dimanche et maintenant il y a la loi El Khomri qui vise à démolir le code du travail. »
  • 2:25Invité politiqueChiffre
    « Mais près de 90% des embauches se font en CDD, des CDD d'une semaine, de 15 jours. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « L'Etat lui-même abuse de cette flexibilité puisque dans la fonction publique, un million de femmes et d'hommes qui sont pourtant indispensables au fonctionnement des écoles, des municipalités ou des hôpitaux sont des salariés précaires. »
  • 4:03Invité politiqueChiffre
    « 10% de salaire et de primes en moins pour les ouvriers. 10% d'emplois supprimés, c'est pour le patronat et pour les actionnaires. 10% de dividendes en plus. »
  • 5:39Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'il y a eu un référendum d'entreprise à Peugeot pour décider du doublement et pour décider de lui verser 14 500 euros par jour ? »
  • 5:56Invité politiqueFait
    « Évidemment non, parce que les référendums d'entreprise ne sont pas envisagés pour demander l'avis des salariés. »
  • 9:21Invité politiquePromesse
    « La politique et la vie des travailleurs changeront si les travailleurs se lèvent à nouveau pour leurs intérêts, s'ils se battent contre toutes les attaques du gouvernement et si le rapport de force entre les travailleurs d'un côté et le patronat de l'autre change. »
  • 12:17Invité politiqueFait
    « Cette semaine, un énième scandale d'évasion fiscale dont le Panama est la plaque tournante a éclaté. »
  • 12:48Invité politiqueFait
    « Le rôle des grandes banques qui ont pignon sur rue comme la Société Générale mais qui réalisent un tiers de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux. »
  • 30:54Invité politiquePromesse
    « Il faut affirmer pour tous les exploités de cette terre la liberté de circulation et d'installation. »
  • 32:37Invité politiqueFait
    « Il n'y a jamais eu autant de richesses. Et pourtant, on ne nous parle que de crise, de déficit. »
  • 32:55Invité politiquePromesse
    « Il faut mettre fin à l'obstacle que constitue la propriété privée des moyens de production. »

Temps de parole

  • Nathalie Arthaud98 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Nathalie Arthaud

Travailleuses, travailleurs, chers amis, je vous souhaite donc la bienvenue et je dirai bien sûr quelques mots de la situation politique et d'abord du bras de fer qui se joue actuellement autour de la loi El Khomri. Avec cette loi, le gouvernement se présente pour ce qu'il est vraiment, un gouvernement de combat contre les travailleurs. Il ne s'agit pas d'un tournant. Hollande mène une politique anti-ouvrière depuis son arrivée au pouvoir en mai 2012. Pour mémoire, ce qu'on a tendance à oublier, il faut en citer que les attaques les plus importantes. Il y a eu le prolongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein et l'augmentation de la TVA en 2012.

En 2013, il y a eu la loi sur la compétitivité qui a permis de baisser les salaires dans les entreprises et le pacte de responsabilité qui a accordé 41 milliards aux patronats. 41 milliards qui manquent aujourd'hui cruellement aux collectivités locales. Il y a eu la loi Macron en 2015 qui a généralisé le travail du dimanche et maintenant il y a la loi El Khomri qui vise à démolir le code du travail. Les travailleurs sont bien placés pour savoir que les patrons n'ont pas attendu cette loi pour faire à peu près ce qu'ils veulent dans leur entreprise. Les heures supplémentaires non payées, les horaires à rallonge, les licenciements arbitraires sont déjà le long de beaucoup de salariés.

C'est le long d'une grande partie de la jeunesse, des intérimaires. C'est aussi le quotidien de bien des salariés des petites entreprises parce que les patrons peuvent contourner de mille façons leurs obligations légales et puis parce que certains s'y assoient dessus carrément. Et bien, cela ne leur suffit pas encore, les patrons veulent que le code du travail reconnaisse qu'ils ont le droit de tout faire dans leur entreprise. Allonger le temps de travail, licencier à la moindre baisse des commandes, baisser la majoration des heures supplémentaires. Le gouvernement et le MEDEF parlent de la flexibilité comme d'une nouveauté à introduire dans l'économie.

Mais près de 90% des embauches se font en CDD, des CDD d'une semaine, de 15 jours. L'Etat lui-même abuse de cette flexibilité puisque dans la fonction publique, un million de femmes et d'hommes qui sont pourtant indispensables au fonctionnement des écoles, des municipalités ou des hôpitaux sont des salariés précaires. Alors oui, les salariés, les chômeurs, les jeunes connaissent la flexibilité. Et pour eux, la flexibilité rime avec galère et précarité. Parce que les loyers, les factures, les échéances de crédit, l'estomac des enfants ne sont pas flexibles.

Parce qu'il faut payer, pouvoir se déplacer et s'occuper de sa famille, que l'on ait du travail ou que l'on soit au chômage, en RSA ou en fin de droit. Parce que travailler 12 heures par jour ou des séries de semaines de 46 heures selon les bons désirs patronaux, eh bien c'est sacrifier sa santé, sa famille, sa juste pouvoir boucler les fins de mois. Régulièrement, les journalistes m'interrogent sur l'existence de la lutte de classe. Eh bien cette loi, elle comme ri, c'est une bataille de la lutte de classe. C'est une bataille que mène le patronat pour aggraver l'exploitation, pour raculer les travailleurs à plus de précarité encore et à la misère.

Parce que c'est sur cette base-là qu'il augmente ses profits. 10% de salaire et de primes en moins pour les ouvriers. 10% d'emplois supprimés, c'est pour le patronat et pour les actionnaires. 10% de dividendes en plus. Et tant que les travailleurs ne rendront pas les coûts, eh bien le patronat fera tout pour exploiter les travailleurs le plus possible et le plus librement possible. L'ultime chantage des défenseurs de la loi consiste à dire que l'on n'a pas tout essayé contre le chômage. C'est vrai. On n'a pas tout essayé contre le chômage. On n'a pas essayé d'interdire aux grands groupes de supprimer des emplois par milliers.

Et on dit lapide les profits à arroser les actionnaires et les grandes familles bourgeoises. Mais on n'a pas essayé d'utiliser ces profits pour créer des emplois et pour augmenter des salaires. Et pourtant c'est cela qui créerait des emplois. Elle crée des emplois alors qu'elle allonge le temps de travail. Alors qu'elle facilite les licenciements. Non, il n'y a rien à garder dans cette loi. Et sûrement pas cette histoire d'accords et de référendum d'entreprise que le dirigeant de la CFDT met en avant pour dire que la loi va apporter plus de démocratie dans l'entreprise. Où a-t-il vu qu'il y avait de la démocratie dans les entreprises ?

Est-ce qu'il y a eu un référendum d'entreprise à Peugeot pour décider du doublement et pour décider de lui verser 14 500 euros par jour ? Et surtout, est-ce que Tavares a demandé aux ouvriers s'ils trouvaient leur salaire suffisant ? Évidemment non, parce que les référendums d'entreprise ne sont pas envisagés pour demander l'avis des salariés. Ils servent à une chose, faire reculer les droits des travailleurs en exerçant le chantage à l'emploi, à imposer le dictat de patronal en faisant taire toute voix discordante. Cette loi s'appelle loi El Khomri. Mais pour être juste, il faudrait l'appeler Hollande Gattaz, du nom du président de la République et du président du MEDEF.

Parce qu'une fois de plus, le gouvernement a fait la loi que le patronat lui avait dictée. Et la seule chose qui n'était pas prévue au programme du MEDEF et au programme de Hollande, c'était la réaction du monde du travail. Nous avons encore été des centaines de milliers à manifester dans de nombreuses villes. Je crois d'ailleurs que la manifestation ici n'est pas passée très loin de la salle. D'après les premières estimations et puis les constats qu'on a pu faire, ces manifestations étaient moins nombreuses que celles du 31 mars. Mais quel que soit le nombre de ceux qui ont manifesté aujourd'hui, ils ont cent fois, mille fois raison de ne pas lâcher.

Entraîner de nouveaux camarades de travail pour faire grève ou manifester n'est pas facile. Parce que nous revenons de loin. Cela fait des années que les travailleurs ne se sont pas battus collectivement. Et plus d'années encore qu'ils n'ont pas gagné. Les confédérations syndicales censées organiser la défense des intérêts des travailleurs ont laissé passer attaque sur attaque. Il y a eu ainsi des dizaines de reculs subis par des ponts entiers de la classe ouvrière sans que cela ne suscite aucune réaction. Des dizaines d'attaques où même la faction la plus militante n'a pas bougé. Et au cours desquelles, le point de vue et les intérêts des travailleurs n'étaient même pas défendus.

Cela a contribué à démobiliser les travailleurs, à leur faire perdre confiance en leur force collective et même à en déboussoler certains. Alors, c'est vrai, aujourd'hui, il faut remonter la pente. C'est pourquoi il faut poursuivre la contestation tant que nous le pouvons. Est-ce que cela suffira pour faire reculer le gouvernement ? C'est beaucoup trop tôt pour le dire. Mais les travailleurs qui continuent à agir, à dénoncer, à mettre en avant leurs intérêts, qui sont à l'opposé de tous ces mensonges patronaux, montrent la voie qu'il faut prendre. Un tas d'initiatives se multiplient aujourd'hui. Les occupations de place, par exemple.

Toutes ces initiatives contribuent à leur façon à entretenir l'agitation et à maintenir la pression sur le gouvernement. Mais le plus déterminant, non seulement pour gagner sur la loi El Khomri, mais aussi pour l'avenir, c'est que les travailleurs retrouvent le chemin des luttes. Parce que le fond du problème est là. La politique et la vie des travailleurs changeront si les travailleurs se lèvent à nouveau pour leurs intérêts, s'ils se battent contre toutes les attaques du gouvernement et si le rapport de force entre les travailleurs d'un côté et le patronat de l'autre change.

Sans même parler de la loi El Khomri et de ses conséquences, le patronat s'autorisera tout, à moins de trouver face à lui la force des travailleurs organisés et conscients. C'est en cela que la mobilisation actuelle est un gage d'avenir. Elle est importante. Parce qu'elle aide les travailleurs à exprimer de nouveau leurs intérêts de classe. Parce qu'elle les aide à retrouver l'énergie et les moyens de se défendre. Les différentes manifestations n'ont encore regroupé qu'une fraction du monde ouvrier.

mais elles comptent parmi les plus grandes mobilisations depuis que Hollande est au pouvoir et même c'est le plus grand mouvement de contestation depuis 2010 lors de l'attaque du Sarkozy contre les retraites. Eh bien ces manifestations, elles témoignent de la force numérique que nous avons. Elles montrent à tous ceux qui croient être seuls avec leur colère qu'ils ne le sont pas et qu'ils appartiennent au contraire à une classe qui a des intérêts communs à défendre et qui sait aussi se faire entendre. Une classe qui représente une force sociale. Car oui, les travailleurs que nous sommes, nous représentons le plus grand nombre mais nous représentons aussi une force sociale.

C'est notre travail qui fait tourner toute l'économie. C'est notre travail qui produit les profits, les dividendes extravagants des actionnaires, les salaires mirobolants de ces PDG jusqu'aux rémunérations de ces ministres qui se succèdent à la télévision pour nous vendre des lois qui n'ont qu'un seul objectif, rendre les riches toujours plus riches quitte à ruiner toute la société. Eh bien sans les travailleurs, le plus actuel contre la loi El Khomri montre que le nombre de travailleurs qui ont cette conscience-là a grandi. Il montre qu'un nombre croissant de travailleurs ne veut plus se taire et laisser passer les attaques sans rien faire.

Alors faisons notre maximum pour que le bras de fer qui est engagé aille le plus loin possible et pour qu'il fasse progresser les consciences ouvrières autour de nous. En sorte que les travailleurs retrouvent l'énergie et les moyens de se défendre, qu'ils retrouvent l'envie de se battre. Quand à l'autre pôle de la société, l'argent dégouline, lorsque les grandes banques affichent des trois, des 5 milliards de profits, quand les grands groupes se rachètent à coups de dizaines de milliards et servent des dividendes royaux aux plus riches, le moindre recul ouvrier est une provocation. Cette semaine, un énième scandale d'évasion fiscale dont le Panama est la plaque tournante a éclaté.

Tout est écœurant dans cette affaire. L'attitude de ces grands bourgeois qui font tout pour échapper au fisc, le rôle des grandes banques qui ont pignon sur rue comme la Société Générale mais qui réalisent un tiers de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, mais aussi la complicité de l'État et des dirigeants politiques qui, quand ils ne mettent pas le doigt dans le pot de confiture, couvrent toutes ces malversations. Mais le plus révoltant n'est pas là. Le plus révoltant, ce sont ces grandes fortunes. C'est la manière bien légale que la bourgeoisie a d'accumuler ses milliards sur notre travail à tous.

Car avant de tricher pour échapper à l'impôt, ces grandes fortunes sont le fruit du vol des travailleurs. Elles sont le fruit de l'exploitation. Elles ont été créées, ces grandes fortunes, à grand renfort de licenciement, de baisse de salaire et de chantage patronal. Le plus révoltant, c'est le fonctionnement normal, légal, de ce système capitaliste qui fait que les travailleurs peuvent trimmer toute leur vie sans même être assurés de conserver leur gagne-pain, sans même pouvoir s'acheter un appartement ou une maison, sans même être assurés d'avoir une retraite digne sur leur vieux jour, quel que soit leur secteur.

L'automobile, les transports, la banque, tous les salariés sont soumis à une discipline de faire pour être toujours plus compétitifs. Et ils en produisent des richesses. Ils en suent des profits et des milliards. Et où conduit cette accumulation de bénéfices et de dividendes ? Y a-t-il des investissements promis ? La croissance est-elle de retour ? Eh bien non. On s'enfonce dans la crise et on s'enfonce dans la spéculation. Parce que les milliards que les capitalistes extraient de la production et de l'exploitation des travailleurs ne leur suffisent pas. Ils les jouent au casino de la finance pour qu'ils se dénultiplient encore plus vite.

Autrement dit, plus nous travaillons, plus nous faisons d'efforts et de sacrifices, plus la spéculation grandit, plus... Parce que la spéculation est alimentée par des milliers de milliards. Est-ce qu'on obie l'or ? La classe qui domine aujourd'hui est aussi avide qu'irresponsable. Et tout ce qu'elle mérite, c'est que la colère sociale fasse tâche d'huile et que le monde ouvrier social qu'il représente pour arrêter les attaques, revendiquer ses droits et contester la domination sociale. Il n'y a plus de différence entre le parti socialiste et la droite depuis fort longtemps. Mais jusqu'à présent, les dirigeants socialistes tenaient à se distinguer de la droite au moins sociétale.

Eh bien aujourd'hui, on peut dire que c'est terminé. Les attentats de l'année 2015, l'émotion et la peur du terrorisme ont fourni à Hollande et à Valls l'occasion d'un virage sécuritaire brutal. On a beaucoup parlé du fiasco de la déchéance de nationalité que Hollande et Valls ont dû abandonner. Ce n'est pas nous qui regretterons une mesure aussi inutile et inefficace contre le terrorisme que nos etabons. Et nous pleurerons encore moins sur Hollande qui n'a que le ridicule qu'il mérite.

De toute cette polémique, il restera cependant bien une déchéance, celle du Parti Socialiste lui-même, celle de Hollande et de Valls qui sont allées sur le terrain du Front National et de la démagogie et de leur démagogie politicienne. Ils se disent adversaires du Front National mais ils sont prêts à reprendre certaines des mesures les plus grasses du programme des Le Pen. Le Parti Socialiste aussi joue sur les peurs. Lui aussi y cultive la suspicion et l'amalgame. Alors, cette mesure elle est enterrée mais elle laissera des traces dans la société.

Elle faisait partie de toutes ces mesures qui épousent et qui alimentent la droitisation de la vie politique et cela ne peut que faire le jeu de la droite et de l'extrême droite. Hollande et Valls ont tourné le dos à tout ce qui rattachait le Parti Socialiste à son passé et aux quelques valeurs qui permettaient de le distinguer encore de la droite. Il n'y a pas à s'en émouvoir ou à le regretter car cela fait longtemps que le Parti Socialiste ne représente plus les intérêts des travailleurs. Alors, les dirigeants du PS ont rompu l'héritage issu du mouvement ouvrier. Eh bien, il ne faut plus que le monde du travail se sente lié de quelque façon que ce soit à ce parti de la bourgeoisie.

Les véritables frontières politiques ne passent pas entre la droite et la gauche. Elles sont déterminées par les intérêts de classe, par les intérêts des travailleurs des exploités d'un côté et de l'autre par les intérêts du grand patronat, de cette poignée de capitalistes qui décident seuls de toute l'économie et qui traitent les travailleurs comme des pions. Remblacer cette conscience-là par l'opposition politicienne gauche-droite a été une duperie.

Encore aujourd'hui, quand on parle de la gauche, on mélange les femmes et les hommes, on nous mélange, nous, des femmes et des hommes lambda qui se sentent du côté des exploités avec des politiciens, avec des politiciens de la bourgeoisie qui sont leurs adversaires. Faut-il rappeler que Hollande, Valls et Macron se revendiquent toujours de la gauche ? Faut-il rappeler que de Mitterrand à Hollande, tous se sont présentés comme des candidats vraiment à gauche et qu'à chaque fois il y a eu de tromperie sur la marchandise ? La véritable frontière passe entre le patronat et les travailleurs. Elle passe entre les riches et les pauvres.

Et les politiciens qui occultent ce fait essentiel ont choisi le camp patronal parce qu'au fond, ils sont respectueux du système capitaliste et de l'ordre bourgeois. L'échec cruel de la politique de Syriza et de Tsipras en Grèce le montre. On peut inventer tous les partis que l'on veut. On peut prétendre renouveler la politique, ses méthodes, ses têtes. La question reste toujours la même. Soit on se soumet à la bourgeoisie et aux puissances de l'argent, soit on se prépare à les combattre avec la seule force sociale capable de leur tenir tête, les travailleurs mobilisés.

Alors si l'on veut que la vie et la politique changent réellement pour les travailleurs, si on ne veut plus de cette fausse alternance gauche-droite, il faut que le monde ouvrier intervienne et pèse à nouveau sur la vie politique en se battant. Il faut qu'il se manifeste dans toutes les luttes sociales et qu'il s'exprime politiquement, qu'il défende ses exigences, qu'il mette en avant ses intérêts dans les combats politiques. Il faut que les travailleurs s'érigent en force politique avec la conscience d'appartenir à la classe des exploités. Nous continuerons à lutte ouvrière de nous revendiquer non pas de la gauche mais du camp des travailleurs.

Nous ne participerons donc à aucune de ces tentatives qui consistent toutes à ressusciter une gauche gouvernementale. En revanche, nous serons bien là lors de la prochaine présidentielle. Mes camarades vont confier la tâche d'être candidate. Je serai donc présente en 2017 pour faire entendre le camp des travailleurs. contre la loi El Khomri sonnera-t-il le réveil de la combattivité ouvrière ? Aidera-t-il les travailleurs à retrouver une expression de classe ? Trop tôt pour le dire. Pour l'heure, les reculs matériels, la montée du chômage et de la misère continuent de peser sur les consciences politiques.

On le voit au travers de l'emprise croissante du Front National et du retour en force d'idées réactionnaires, des pratiques religieuses, des replis identitaires et puis par cette attirance morbide qu'exerce le terrorisme sur une fraction de la jeunesse. Cette montée des idées réactionnaires s'explique fondamentalement par la crise, par l'exacerbation de la concurrence du chacun pour soi. Elle trouve son terreau dans notre société qui exclut, qui marginalise toujours et encore. Mais elle s'explique aussi par un long recul du mouvement ouvrier lui-même, par l'affaiblissement des réseaux militants et par le recul des idéaux portés par le mouvement ouvrier.

Aujourd'hui, le Front National se développe sur les trahisons et sur les décombres de la gauche. Les dernières élections régionales l'ont montré avec les scores importants remportés par le FN dans les régions et dans les quartiers ouvriers jusque-là politiquement influencés par le Parti Socialiste voire par le Parti Communiste. Et nous avons tous autour de nous des collègues de travail ou des gens de notre famille qui, à force d'être écœurés par la gauche gouvernementale, se sont mis à regarder ou à voter pour le Front National. Eh bien, ils ont tort parce qu'ils servent de tremplin à un parti férocement anti-ouvrier. Bien sûr, ils se sont trahis. Et c'est vrai, ils ont été trahis.

Pendant des décennies, ces électeurs sont restés fidèles au Parti Socialiste et au Parti Communiste. Et pourtant, ils en ont avalé des couleuvres. Sous Mitterrand déjà, qui avait instauré la rigueur et qui avait fini par encenser la bourse. Sous Jospin et ses fameuses couvertures de capital, mais qui n'étaient rien d'autre que des privatisations et que des ministres communistes avaient orchestrées. Ce sont les militants ouvriers, syndicalistes ou associatifs qui ont été les plus désarçonnés par les reniements et les capitulations des gouvernements socialistes.

Eux, qui avaient convaincu leurs camarades de travail de voter pour la gauche, se sont retrouvés maintes et maintes fois à justifier des mesures qu'ils avaient toujours combattues. Jusqu'à ce qu'ils finissent eux-mêmes par se sentir trahis, par abandonner leur activité militante et pire encore, par perdre confiance dans les idées qui les avaient toujours animées. Bien sûr, il faut être sacrément déboussolé et inconscient pour voter en faveur d'un parti d'extrême droite comme le Front National. Eh bien, oui. Mais ce sont justement ces principaux partis de gauche qui ont déboussolé et brouillé les consciences de ces hommes et de ces femmes.

C'est le rôle d'un parti ouvrier, d'une direction et des militants de permettre aux exploités de comprendre la situation. C'est le devoir d'un parti ouvrier de dire en quoi ceux qui prétendent gouverner sans remettre en cause le pouvoir du capital, le pouvoir de la bourgeoisie et des plus riches se vouent à servir ce système. Et c'est son devoir de faire dépouvrir aux travailleurs qui sont leurs amis, leurs faux amis et leurs vrais ennemis. Le parti socialiste a joué le rôle inverse en trompant les travailleurs des décennies durant. Mais le parti communiste n'a pas plus joué ce rôle.

Très vite tombé sous la coupe stalinienne, le parti communiste a fini lui aussi par s'intégrer au système de la bourgeoisie. Lui aussi s'est mis à entonner que les frontières politiques passaient entre la gauche et la droite, que voter à gauche allait changer la vie des travailleurs. Pendant des décennies, le parti communiste a été complice de l'imposture des partis socialistes. Et puis, le mouvement ouvrier, une conscience internationaliste. qui cache toujours des visées impérialistes. C'était ce que signifiaient le drapeau rouge et l'international.

Eh bien, non seulement le parti communiste français n'a pas combattu dans ce sens, mais il a présenté le nationalisme, le produit français et les frontières comme une façon de se protéger de la concurrence alors que les travailleurs avaient à se protéger des capitalistes, de leur rapacité et des patrons qui sont bien ici. si bien qu'il peut citer Georges Marchais pour justifier la préférence nationale. Alors oui, tout cela a malheureusement faussé les repères politiques et cela a contribué à la désorientation de la classe ouvrière que l'on constate aujourd'hui. Alors le problème, ce n'est pas de ressasser le passé, il s'agit bien du présent.

Il faut que les militants qui n'ont pas renoncé et qui veulent aujourd'hui reconstruire comprennent à quel moment et pourquoi le mouvement ouvrier a défié. Le mouvement ouvrier s'est affaibli parce que les partis qui prétendaient représenter les intérêts des ouvriers ont abandonné les idées de lutte de classe. Eh bien, il faut reconstruire un parti qui défend les idées de lutte de classe parce que si les partis de gauche ont abandonné jusqu'au mot de travailleurs, eh bien, les travailleurs, ils sont là, ils sont bien là et ils sont toujours indispensables au fonctionnement de la société.

Ce sont eux qui font tourner la machine à profit et ils se battront à nouveau parce que la lutte de classe, ce n'est pas une invention des révolutionnaires, c'est la vie et c'est même le moteur de l'histoire. Alors oui, on a notre confiance dans les travailleurs, dans leur capacité collective à transformer la société par en bas. Dans le passé, ils ont prouvé qu'ils pouvaient le faire avec la commune de Paris de 1871 mais aussi avec la révolution russe de 1917. Les travailleurs ont fait la preuve qu'ils pouvaient transformer la société en créer une autre radicalement différente basée sur la propriété collective. Une société sans patron, sans la domination de l'argent et du profit.

Une société et une économie d'abord organisées pour répondre aux besoins de toute la population. Eh bien, en sachant tirer toutes les leçons de leur expérience, de leur succès et de leurs échecs, en renouant avec le meilleur du boupon ouvrier, oui, les travailleurs feront à nouveau progresser toute la société. Donc, vous l'aurez compris, il faut reconstruire et il y a un tas de choses à faire. Avec la montée du FN d'un côté, le terrorisme de l'autre, tout concourt à exacerber le racisme, la méfiance et le rejet de l'autre. Et ce sont là des éléments d'un engrenage mortel.

Mais encore une fois, cette évolution réactionnaire, encouragée d'ailleurs par les grands partis qui se tardent d'être républicains, est la conséquence de décennies de recul du mouvement ouvrier. Elle revient, elle provient du recul de la conscience de classe. Eh bien, il faut contribuer à ce qu'elle renaisse et cela passe par un parti qui, sur tous les événements, prenne position du point de vue des intérêts des travailleurs, d'un point de vue de classe. Contre les divisions semées dans la classe ouvrière d'ici, il faut affirmer la conscience de nos intérêts communs, par-delà la diversité de nos métiers, de nos origines, de nos statuts.

on nous rabâche que notre identité dépend de notre origine, de notre nationalité ou de notre confession. Mais un aspect essentiel de notre vie et de notre identité, c'est que nous sommes des travailleurs, des ouvriers, des employés, des gardiens, des aides-soignantes, des caissières, des enseignants, des salariés, ou en activité. Il faut serrer les rangs, il faut affirmer notre conscience d'appartenir à une seule et même communauté, celle des travailleurs et celle des exploités. Les bombardements sur la Syrie et l'Irak, il faut affirmer que le terrorisme est le fruit pourri de l'impérialisme.

Le chaos qui règne dans ces régions, Daesh, qui exerce une des dictatures les plus féroces, du pillage et de l'oppression des grandes puissances, des Américains, de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de la Russie, mais sans oublier la France, bien sûr. Avec leurs bombes et leurs manœuvres actuelles, ils vont aux monstres. Alors, à bas, la politique impérialiste et les interventions guerrières de la France les faits aux migrants. Il faut affirmer pour tous les exploités de cette terre la liberté de circulation et d'installation. Les migrants qui ont réussi à traverser la Méditerranée sont des survivants.

On ne peut pas accepter qu'ils se heurtent en Europe, aux murs et aux barbelés et qu'ils prennent encore le risque de mourir, écrasés, électrocutés ou d'épuisement. En leur assurant la liberté de circulation et d'installation, il n'y aurait pas de camp, ni à Calais, ni en Grèce. Les réfugiés se répartiraient d'eux-mêmes à l'échelle du continent européen et ils pourraient s'appuyer sur des membres de leur famille et sur toutes les bonnes volontés qui existent sur ce continent de 500 millions de personnes. C'est la fermeture des frontières qui crée le drame humain des migrants aujourd'hui.

Aujourd'hui, les dirigeants européens veulent que nous acceptions de laisser mourir les femmes et les hommes qui frappent à nos portes parce qu'ils ne peuvent plus vivre chez eux. Et demain, nous forcerons à quoi ? À accepter que l'on abandonne des travailleurs bien d'ici avec la même indifférence ? Eh bien, il faut que les travailleurs accueillent les réfugiés à bras ouverts, qu'ils en fassent au plus vite des frères de classe, des frères de combat pour changer de fond en comble ce monde de plus en plus inhumain. Et pour finir, contre l'organisation capitaliste de l'économie, il faut affirmer les perspectives communistes.

Nous ne sommes pas condamnés à cette dictature d'une poignée de grands actionnaires. Ils sont à la tête d'un système aussi injuste qu'irrationnel. Il n'y a jamais eu autant de richesses. Et pourtant, on ne nous parle que de crise, de déficit. on nous met dans le crâne qu'il faut accepter des sacrifices, accepter de vivre moins bien que nos parents. Et c'est sans parler de ce qui se passe dans les pays les plus pauvres. Il faut mettre fin à l'obstacle que constitue la propriété privée des moyens de production. Cette propriété privée sur les usines, sur les banques, les transports et les grandes chaînes de distribution qui empêchent toute organisation rationnelle de l'économie.

Mettre en commun ces moyens de production, c'est le sens profond du mot communisme. Ce mot, communisme, a été dénaturé et transformé en son contraire, mais il est un des mots les plus riches de signification et les plus beaux. Le chacun pour soi, la lutte individuelle pour la vie, pourrait enfin céder la place à la conscience collective. que l'humanité est une et indivisible et qu'elle a les moyens d'assurer une vie dite à chacun de ses membres. La seule force sociale capable de transformer la société dans ce sens, ce sont les travailleurs.

Même si aujourd'hui, ils sont pour beaucoup abattus et divisés, nous sommes convaincus qu'ils finiront par s'engager massivement dans le combat de classe parce qu'ils n'auront pas le choix, parce que ni le patronat ni le gouvernement ne leur feront de cadeaux. Avec la mobilisation en cours contre la loi El Khomri, il y a enfin une réaction de la part du monde ouvrier. Enfin, une fraction des travailleurs sont sortis de la passivité et sont passés à l'action. Nous espérons et nous militons pour que ce ne soit qu'un début. Le début du réveil de la combativité ouvrière. Les premiers pas sur la voie de la reconstruction d'un rapport de force favorable aux travailleurs.

Un rapport de force qui nous permettra, qui nous donnera la possibilité de reprendre l'initiative contre le patronat, de lui demander des comptes et de le faire reculer. Un rapport de force tel qu'il fasse craindre une explosion sociale et qu'il force la bourgeoisie et ses serviteurs politiques

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Locuteur non identifié

à reprendre l'international debout.