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Podcast / conversationRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 30 août 2026 15 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalSolidarités & famille

Élection présidentielle : de quels candidats les catholiques sont-ils les plus proches ?

Source d'origine 3 locuteurs

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Questions et réponses

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  • 4:17OuverteRéponse directe

    Alors justement, Dominique Régnier, si vous parlez de la France Insoumise, vous estimez que l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur l'électorat musulman semble acquise ?

  • 7:07OuverteRéponse directe

    Domène Crénier, il y a, chez les catholiques, que le point clé, puisque l'on parle de représentation ou de sur-représentation, nulle part les catholiques n'atteignent une sur-représentation comparable à celle des musulmans dans l'électorat de Mélenchon. Comment se répartit le vote chrétien ?

  • 11:29OuverteRéponse directe

    Plus des trois quarts des électeurs considèrent que la manière de vivre en France, ses traditions, ses habitudes de vie, sont aujourd'hui menacées. Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • 13:18OuverteRéponse directe

    Estimez-vous que cet avis communément partagé doit pouvoir unir la classe politique autour de solutions communes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34InvitéFait
    « De quels candidats les catholiques sont-ils les plus proches ? Question clé de l'élection présidentielle du 18 avril et 2 mai. »
  • 0:39InvitéChiffre
    « On estime à 30 millions le nombre de chrétiens en France, dont les trois quarts se disent catholiques. »
  • 0:42InvitéChiffre
    « Au premier tour de la présidentielle s'exprime à peu près 35 millions de votants. »
  • 3:33Locuteur 3Chiffre
    « 20% à peu près de nos compatriotes, qui considèrent qu'il est possible de ne pas accepter le résultat de l'élection présidentielle. »
  • 7:52Locuteur 3Chiffre
    « les catholiques sont plus nombreux, 32% que la moyenne à voter, à considérer que Marine Le Pen est la plus capable. »
  • 11:02Locuteur 3Chiffre
    « 64% des Français nous ont dit que le problème en France, en politique, ça n'est pas le système politique qui est bon, qui lui juge bon. »
  • 11:32InvitéChiffre
    « Plus des trois quarts des électeurs considèrent que la manière de vivre en France, ses traditions, ses habitudes de vie, sont aujourd'hui menacées. »
  • 13:01Locuteur 3Chiffre
    « les 3000 personnes que nous avons interrogées nous disent que leur niveau de vie a baissé. »

Temps de parole

  • Locuteur 375 %
  • Invité19 %
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0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame Louis, votre invité de la matinale ce matin, Dominique Régnier, politologue, président de la Fondapol, la Fondation pour l'innovation.

0:28
Invité

Oui, de quels candidats les catholiques sont-ils les plus proches ? Question clé de l'élection présidentielle du 18 avril et 2 mai. On estime à 30 millions le nombre de chrétiens en France, dont les trois quarts se disent catholiques. Au premier tour de la présidentielle s'exprime à peu près 35 millions de votants. C'est dire le poids électoral de la sociologie chrétienne sur le papier, évidemment. Car jamais les chrétiens ne se sont portés uniformément sur un seul prétendant. Néanmoins, les tendances se dessinent et la manière dont ce milieu évolue mérite d'être regardée de près au milieu d'autres informations.

Parce que c'est l'objet de cet entretien, l'élection présidentielle, le tourment français en quête de la Fondapol, la Fondation pour l'innovation politique, dont Dominique Régnier est le président. Bonjour Dominique Régnier. Bonjour Lédofrène, je suis le directeur général. Directeur général de la Fondapol. Vous êtes politologue et habitué des plateaux médiatiques pour commenter, scruter l'état de l'opinion. Alors tourment s'écrit avec un M, mais on aurait pu dire aussi tournant avec un N, Dominique Régnier.

1:21
Locuteur 3

Oui, bien sûr, bien sûr, mais c'est le tourment qui compte, parce que le tournant peut être positif. Il faut même espérer qu'il y aura un tournant dans notre vie politique, puisque les choses sont quand même mal engagées, et les Français le ressentent. C'est ce qui m'a le plus frappé en menant cette étude, qui à mon avis décrit un état d'esprit qui va traverser, porter toutes les élections présidentielles et les élections législatives qui suivent, parce que les Français ont bien ça à l'esprit. Aujourd'hui, le sentiment qui les parcourt, c'est que l'élection n'est plus une solution, l'élection présidentielle, mais plutôt un problème.

Et qu'en fait, loin de faire apparaître des horizons possibles, des discussions constructives, passionnantes, et des oppositions fertiles, c'est la crainte de l'affrontement, de l'absence de résultats utiles, notamment la crainte d'un prolongement de ce dérèglement politique dans lequel nous sommes, de manière très nette, et que les Français ressentent fortement, depuis la dissolution du 9 juin 2024. C'est vraiment quelque chose qui a littéralement traumatisé les Français sur le plan politique. Donc l'élection, un problème, pas une solution. Est-ce que vous imaginez que ce problème s'envenime ?

Le problème, manifestement d'ailleurs, s'envenime déjà, puisqu'on a pu mesurer dans cette étude qu'une partie des Français, une partie significative, 58%, je ne vais pas donner trop de chiffres, parce qu'on s'y perd toujours, mais quand même, c'est très net, récuse par avance l'idée du Front Républicain. Donc ne faites pas appel à moi, une fois encore, pour me demander de voter pour un candidat qui n'est pas vraiment le mien, parce qu'il faut en éviter un autre que l'on redoute. Ça s'est passé trois fois depuis 2002, à l'élection présidentielle.

Il ne faudrait pas qu'il y ait une quatrième situation de même genre, parce que les Français, là, auraient le sentiment que l'élection n'a plus d'autre utilité que de permettre à ceux qui gouvernent, au fond, de conserver les rênes du pouvoir. Et puis, il y a quelque chose de nouveau que je tenais à mesurer, et qui se confirme, c'est 20% à peu près de nos compatriotes, qui considèrent qu'il est possible de ne pas accepter le résultat de l'élection présidentielle.

En particulier du côté du Front de Gauche, de la France Insoumise, et de ceux qui sont les héritiers du Front de Gauche, donc de cette gauche mélanchoniste, qui depuis 2012 s'est installée, a s'est développée, est devenue très puissante aujourd'hui, et porte ce discours, c'est quand même la première fois que nous avons cela dans une élection présidentielle, qui est que si le résultat ne me convient pas, je suis prêt à le refuser. Alors, ce ne sont pas toutes les personnes qui sont proches de la France Insoumise qui disent cela, mais c'est là que nous en trouvons la proportion la plus grande.

4:17
Invité

Alors justement, Dominique Régnier, si vous parlez de la France Insoumise, vous estimez, vous écrivez que l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur l'électorat musulman semble acquise, mais en contrepartie, l'extrême dépendance de LFI à l'égard de cet électorat est établie.

4:30
Locuteur 3

Oui, parce qu'en fait, tout à l'heure, Ludofren, vous parliez du vote catholique. Je vais y venir. Bien sûr, bien sûr. Il y a quelque chose, et c'est cette étude qui me permet de le montrer, il y a quelque chose que l'on ressentait, que vous ressentiez sans doute, que les auditeurs ont ressenti, qui est une forme de retour du religieux en politique.

Dans un pays qui était persuadé d'être laïcisé, on assiste à ce retour, je ne vais pas développer ce point, mais là, on le mesure dans l'étude à l'occasion de l'élection présidentielle, avec notamment cette espèce de mobilisation d'un électorat musulman, donc un électorat religieux très impliqué dans la religion, qui est mobilisé par et pour Jean-Luc Mélenchon. C'est lui qui fait cela, d'ailleurs, c'est indiscutablement sa grande réussite, et c'est peut-être aussi, le futur le dira, un de ses grands mérites. C'est un électorat très abstentionniste jusque-là, qu'il est beaucoup moins, et il a été, en quelque sorte, éveillé, réveillé, mobilisé par Jean-Luc Mélenchon, à son profit, évidemment.

72% des électeurs musulmans, je dis bien de ceux qui participent, parce que beaucoup s'abstiennent, votent pour la France insoumise ou Jean-Luc Mélenchon, c'est leur champion, il n'y en aura pas d'autre d'ici 2027, et c'est ainsi que Jean-Luc Mélenchon est devenu ce candidat qui peut être au second tour. Il y a deux raisons principales, il y a celle-là, la mobilisation du vote musulman, et il y a la radicalisation du vote de gauche, qui aspire vers lui une partie des électeurs socialistes. Ce sont les deux grands moteurs qui expliquent le vote Mélenchon.

Et je voudrais juste vous dire, Ludofren, il faut savoir, je tiens à le dire ici, que nos compatriotes musulmans sont moins nombreux dans les échantillons des instituts de sondage qu'ils ne devraient y être. Moi, j'ai demandé à ce qu'ils soient représentés dans l'autre échantillon de 3000 personnes, à leur poids réel, et donc on les voit davantage. C'est nouveau, ça ? C'est un problème constant, ça, de cette sous-représentation, pour des raisons compliquées, culturelles aussi, de ne pas vouloir répondre nécessairement à ce genre de questions, bref. Mais le résultat, c'est qu'on sous-estime, du coup, le vote Mélenchon. Et on a quand même remarqué deux fois qu'il était sous-estimé.

Il est possible aujourd'hui qu'il soit plus haut que ce qu'il paraît. Il est possible aussi qu'il soit à ce niveau-là, ou que ça baisse, on verra bien. Mais en tout cas, attention, parce que c'est un électorat qui lui est acquis. Je dirais aujourd'hui, ou bien les Mélenchonistes vont voter pour lui, les électeurs musulmans vont voter pour lui, ou bien ils ne voteront pas. Mais il y a de bonnes raisons de penser qu'ils vont voter pour lui.

7:07
Invité

Domène Crénier, il y a, chez les catholiques, que le point clé, puisqu'on parle de représentation ou de sur-représentation, nulle part, les catholiques n'atteignent une sur-représentation comparable à celle des musulmans dans l'électorat de Mélenchon. Donc d'un côté, on a ces 72% massifs du côté de Mélenchon. De l'autre, comment se répartit, si on devait l'appeler comme ça, mais je ne sais pas si les sondages l'étiquettent de cette manière, si on devait parler du vote chrétien, au sens large, puisqu'on s'adresse à peu près à 30 millions, 35 millions de chrétiens en France, dont les deux tiers, je le rappelle, ou les trois quarts même se disent catholiques.

7:39
Locuteur 3

Alors la plupart des... C'est une dispersion, de toute façon, vous avez raison, entre les différents candidats. C'est un vote de droite plutôt que de gauche. Dans quelle proportion ? Alors là, ce que je peux vous dire, c'est que les catholiques sont plus nombreux, 32% que la moyenne à voter, à considérer que Marine Le Pen est la plus capable. Donc vous voyez, on est dans des différences qui sont importantes, mais qui ne sont pas massives non plus. C'est-à-dire qu'au fond, il y a une sur-représentation du vote, de l'intérêt pour Marine Le Pen, chez les catholiques, qui est un peu plus élevé, cet intérêt, que dans l'ensemble de la population. C'est pas massif, il faut le noter.

Il y a deux figures qui dominent, Marine Le Pen et Bruno Retailleau. Personne n'est surpris. Voilà, c'était attendu. Et c'est à la fois la confirmation de ce qui était attendu, et aussi la mesure d'un niveau qui correspond au tiers, disons. Donc relativement contenu. Et puis le reste se disperse. Édouard Philippe, et même à gauche, bien sûr. Il y a des catholiques qui votent, qui sont intéressés par la candidature de Jean-Luc Mélenchon. C'est pas quelque chose qui surprend dans une proportion de 15%. Ce ne sont pas des choses qui surprennent nos auditeurs.

Voilà, donc la vraie, pour moi, information, elle est dans le fait qu'il y a dans, ce que moi j'appelle en tout cas ici le vote catholique, il y a dans le vote catholique, un tiers consistant tout de même, qui continue ou qui se met à suivre Marine Le Pen, à s'intéresser à elle, à regarder ce qu'elle peut faire, et également une même proportion qui sur la question du rôle de l'autorité en politique, adhère à l'idée qu'il faut plus d'autorité pour conduire le pays. Je pense qu'il faut mettre en relation ces deux dimensions.

C'est à la fois, elles ne se recoupent pas entièrement, mais elles sont là, c'est à la fois une politisation marquée sous ce signe-là d'une proximité avec l'hypothèse Marine Le Pen, même si ça concerne encore une fois que nos auditeurs ne s'y trompent pas, un tiers des catholiques qui ont répondu, et il y a aussi cette disponibilité, pas simplement des catholiques, mais qui est présente chez les catholiques, pour un pouvoir plus autoritaire. Et c'est une des dimensions de cette enquête, qui est que les Français sont dans leur généralité tellement déçus de ce qui se passe dans le pays depuis 2024, depuis le 9 juin, la dissolution, qui est vraiment une rupture.

Ils ont le sentiment d'assister à un tel dérèglement, à un pays qui ne fonctionne plus, à une Assemblée nationale qui n'est plus représentative, au fond, de ce qu'ils sont eux-mêmes, par les divisions, les disputes, les mises en scène permanentes, et puis une composition sans majorité, qu'au fond, ils ont le sentiment que ce pays manque d'autorité plus que de représentation.

Et d'ailleurs, c'est cohérent avec le fait que, il y a pas trop de choses à dire pour une enquête comme celle-là, même si vous avez l'amabilité de m'inviter, de me laisser beaucoup de temps, mais je veux dire qu'il est très important de noter que 64% des Français nous ont dit que le problème en France, en politique, ça n'est pas le système politique qui est bon, qui lui juge bon. La cinquième ? Cinquième, c'est l'institution, ça n'est pas son fonctionnement qui est problématique, ça va, ça, ce qui ne va pas, c'est la classe politique qui est incapable. La sévérité, elle porte là-dessus. Ne changez pas les institutions, nous disaient les Français, changez la classe politique.

11:26
Invité

Ça, c'est quand même très structurant dans l'étude. Dominique Rénier, il y a une donnée qui m'intrigue quelque peu. Plus des trois quarts des électeurs considèrent que la manière de vivre en France, ses traditions, ses habitudes de vie, sont aujourd'hui menacées. 78%, c'est le cas pour les plus de 50 ans, ils sont 83% à le penser, mais c'est aussi le cas des 18-24 ans. 70% des 18-24 ans pensent que la manière de vivre en France est menacée. Qu'est-ce que ça veut dire ?

11:54
Locuteur 3

C'est ce que moi j'appelle la dépossession patrimoniale, le patrimoine immatériel, là, en l'espèce, le style de vie, la façon de vivre, menacée par à la fois les changements très nombreux, nous sommes saturés par les changements et les transformations à l'échelle du monde, de l'histoire, du climat, de la politique, de l'économie. Chacun sait que la liste est très longue, mais nous sommes aussi dans un pays qui semble ne pas être capable de freiner ce mouvement, de préserver ce qui le caractérise, ce qui le constitue, de cadrer notre vie collective, de garder ces grandes lignes.

Écoutez, je ne vais pas m'empêcher de songer à ce qui a été mis en place par le président Macron, avec Dragon Bonzel, si vous voulez.

On s'y perd, au moment où nous avons besoin de nous resserrer autour d'une communauté nationale qui sait quelles sont ses valeurs, quelle est son histoire, pour se projeter dans un futur plus rassurant, il y a une sorte de perte, à la fois d'ailleurs du patrimoine matériel, puisque dans des proportions moins grandes, mais majoritaires cependant, les 3000 personnes que nous avons interrogées nous disent que leur niveau de vie a baissé, et là, de manière très massive, et vous avez raison, Ludophrène, y compris chez les jeunes, 70% nous disent que le style de vie, les traditions françaises sont en train de disparaître,

13:16
Invité

et ils en sont très malheureux. Estimez-vous, et c'est ma dernière question, Dominique Rény, estimez-vous que cet avis communément partagé doit pouvoir unir la classe politique autour de solutions communes, dans la mesure où il y a une sorte de diagnostic ici qui est communément partagé ?

13:32
Locuteur 3

Oui, c'est une étude qui montre que les français sont dans l'attente d'une réaction de la communauté nationale pour fabriquer, alors ça apparaîtra bien sûr idéaliste à l'oreille de nos auditeurs, mais pour fabriquer un consensus minimum permettant de faire à nouveau fonctionner ce pays correctement et de lui permettre de réussir dans l'histoire. Ils ne sont pas pessimistes sur l'avenir du pays, à condition qu'il y ait un ressaisissement, que ce soit, si vous me permettez de revenir à votre expression, un tournant, et là, ce ne serait plus un tourment.

14:08
Invité

Merci beaucoup Dominique Rényer, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, la Fondapol, à l'origine d'une étude qui s'intitule l'élection présidentielle, donc le tourment français. Je vous souhaite une excellente journée. Merci.

14:22
Présentateur

Et merci à vous, cet entretien est à réécouter sur le site rcfnotredame.fr. L'invité de la matinale, c'est chaque matin avec vous, Louis Dauphren, et on vous retrouve, Louis, à partir de 9h10 pour le débat du jour.

14:35
Invité

Oui, débat du jour, qui mettra en présence le rabbin Émile Ackermann et le père Bernard Bourdin. On parlera du référendum islandais qui a dit non à la reprise des pourparlers d'adhésion avec l'Union Européenne, et puis aussi l'idée de savoir si Olivier Faure a l'étoffe d'un présidentiable.

14:51
Présentateur

Rendez-vous donc avec vous, Louis Dauphren, à partir de 9h10 sur RCF, Notre-Dame, à suivre Étienne Pépin et l'invité des coulisses de l'info.