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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 6 octobre 2026 13 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉducation & rechercheSécuritéJustice

ACTE 3 : LE POUVOIR RÉPRIME, LES COLÈRES CONVERGENT

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « Hier encore, Alance, un ados de 15 ans, a été mutilé par une grenade explosive. Sa main gauche a tout bonnement été arrachée. »
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    « On y voit un policier lui toucher les cheveux et la poitrine pendant qu'il la maintient au sol. »
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    « Je vous rappelle, on est on on a dépassé les 6000 sans interpellation. »
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    « Selon le ministère de la justice, plus de 5000 personnes ont été placées en garde à vue dont 4400 mineurs. »
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    « 1800 personnes font l'objet de poursuite dont près de 1500 mineurs. »
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    « 14 placements en détention provisoire ont été ordonnés concernant 10 majeurs et quatre mineurs de la prison. »
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    « En juillet 2025, la pétition contre la loi du plomb et la réintroduction de pesticides dangereux devient la plus signée de l'histoire de France avec 10000000 soutiens. »
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    « La pétition contre la loi Yad criminalisant la cause palestinienne ou celle contre le permis de tuer avec respectivement plus de 700000 signatures. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Locuteur

Il est important de le rappeler aux médias, nous condamnons la violence. Nous appelons au calme des manifestation et évidemment qu'est-ce ? Oui. Condamne la violence bien sûr. Ah, je reviens. Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mardi 6 octobre et une semaine après la mobilisation des fonctionnaires, la rue continue de gronder. Aujourd'hui, c'était au tour des lycéen de reprendre le pavé pour le 3e acte de leur mobilisation. Et la jeunesse ne défile pas seul cette foisin. Les syndicats sont à ses côtés avec évidemment ceux de l'éducation nationale, mais pas seulement.

FSU, la CGT, FO, la CFDT, l'UNSA et Solidaire ont signé un communiqué commun pour soutenir les revendications de la jeunesse. Un front syndical qui vient rappeler au gouvernement une évidence manifestement pas encore tout à fait assimilée. Je cite "Les revendications des élèves doivent pouvoir s'exprimer, être écouté et entendu à tous les niveaux." Et de son côté, après bien 2 semaines de mobilisation intense et une réponse exclusivement répressive, le gouvernement a enfin décidé d'entamer le dialogue avec les représentants des lycéens. Miracle. Enfin bon, c'est un écran de fumée hein, puisque le ministre ne s'engage globalement à rien ou pas grand-chose.

Et pendant ce temps, ben le pouvoir continue à envoyer les forces de l'ordre tabasser la jeunesse de ce pays de façon absolument inédite. Les cas de violence policière se multiplient. Hier encore, Alance, un ados de 15 ans, a été mutilé par une grenade explosive. Sa main gauche a tout bonnement été arrachée. Quelques jours avant à Bellefort, un policier a été accusé de tentative de meurtre par noyade après avoir interpell jeune 17 ans aux abords d'un ruisseau. Signe de la dystopie politique dans laquelle on vit, 60 sénateurs de droite demandent maintenant à ce que ce policier en question reçoive une médaille pour ces actes.

Amès, la vidéo de l'interpellation d'une jeune fille de 14 ans en marge des mobilisations lycéen a fait également beaucoup réagir. On y voit un policier lui toucher les cheveux et la poitrine pendant qu'il la maintient au sol. La semaine passée, un jeune de 16 ans a été victime d'un/ers de LBD dans le visage. Il a depuis perdu son œil gauche et risque encore la cécité complète. Et je pourrais continuer ce macabre recensement encore malheureusement longtemps. Chaque jour apporte son lot de violence, de nouvelles plaintes et de nouvelles images. Mais pour le gouvernement, tout se passe bien. Je vous rappelle, on est on on a dépassé les 6000 sans interpellation.

Il y a eu énormément d'interventions et les choses se passent sans dégâts majeurs. Et avant de continuer cette chronique, je vous rappelle que le média doit rapidement réunir 10000 donateurs mensuels pour pouvoir continuer à vous informer. C'est à partir de 3 € par mois. C'est vous qui choisissez le montant de votre contribution selon vos moyens et puis c'est déductible des impôts. Toutes les infos sont à retrouver sur capsurd.v.fr. Alors si vous voulez que le média continue et ben c'est maintenant qu'il faut nous aider. Voilà, c'est la fin de la réclame. On retourne au récap.

Et si la répression était en train de produire exactement l'effet inverse de celui recherché par le gouvernement, à force de répondre au lycéen par les CRS, les grenades et les discours sur les casseurs, le gouvernement est peut-être en train de réussir ce qu'il redoutaient le plus, faire converger les colères. Jusqu'ici, chacun avançait dans son couloir. Les syndicats avaient appelé les fonctionnaires à la grève la semaine dernière contre le budget d'austérité prévu pour 2027. De leur côté, les lycéens partis de Créteille étendaient leur mobilisation à travers tout le pays de colère, de front, de calendrier.

Il aura finalement suffi que le pouvoir choisisse la matraque plutôt que le dialogue pour commencer à les rapprocher. Ce mardi 6 octobre, l'intersyndical de l'éducation nationale notamment appelle donc à rejoindre la mobilisation citoyenne, y compris par la grève. FSU, CGTFO, CFDT, une solidaire descendent au côté des organisations lycéennes et étudiantes dans la rue. Et soudain, dans les couloirs du palais de l'Élysée et du pouvoir en général, et bien on voit que le sourire commence à disparaître. On murmure que la panique gagne les hautes sphères du gouvernement. Bon ben, il faut dire que l'exécutif a tout fait pour en arriver làin depuis le 15 septembre.

Il aura fallu 17 jours au ministre de l'éducation pour da recevoir les syndicats, les parents d'élèves et les représentants lycéens. 17 jours pendant lesquels sur le terrain la réponse a surtout été policière et judiciaire à cette colère et les chiffres parle d'eux- même. Selon le ministère de la justice, plus de 5000 personnes ont été placées en garde à vue dont 4400 mineurs. C'est absolument dantesque. 1800 personnes font l'objet de poursuite dont près de 1500 mineurs. Encore une fois, rendez-vous compte, ça ne s'arrête pas là. 14 placements en détention provisoire ont été ordonnés concernant 10 majeurs et quatre mineurs de la prison.

Donc et politiquement, la stratégie du gouvernement était plutôt assez limpide, on la connaît bien. Surtout ne jamais parler du fond. Les lycéens parlent d'égalité scolaire, on leur parle de violence. Ils dénoncent le manque de professeur, on parle de l'ultra gauche, il réclament des moyens, on leur explique qu'il devrai travailler davantage. Philippe Juvin, député les Républicains, leur suggère même de regarder du côté de la Chine et de ses petits copains qui eux travaillent dur. Aux lycéens, je leur dis travailler, de travailler dur parce que les petits copains en Chine, ils travaillent dur.

Moi, j'entends toutes les toutes les revendications et les revendications en démocratie, c'est légitime. En revanche, qui n'est pas légitime, c'est de brûler des établissement scolaires. Qu'est-ce que ça apporte de brûler un établissement scolaire ? Fallait oser. Et ben, c'est fait. À droite, globalement, on ose beaucoup hein, en ce moment. La séquence est propice. Gérard Larcher, le président LR du Sénat, pousse pour que les parents soient condamnés avec leurs enfants pour les éventuelles violences. Marine Le Pen, de son côté veut que les élèves condamnés pour ces mêmes violences soient écartés de leur établissement scolaire.

Bref, à droite, on veut toujours plus de répression sans jamais proposer de solutions concrètes à la jeunesse. Et au gouvernement, bah c'est à peu près la même chanson, hein, forcément, sauf qu'on craint quand même d'être débordé par les colères. D'ailleurs, le ministre de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a reconnu craindre un embrasement au niveau national. Alors bon, on fait semblant de bosser hein pour donner le change. Dimanche soir, Sébastien Lecornu a annoncé soudainement cinq chantiers pour l'école, remplacement des professeurs, bâtis scolaire, organisation des journées, parcours sup et écoute des élèves.

Après avoir envoyé la police, le gouvernement découvre soudainement les vertus du dialogue. C'est un peu tard. Le ministre de l'éducation nationale, hein, Édouard Gefray offre même une petite leçon de démocratie. Au passage, figurez-vous que les lycéens ont besoin d'être écoutés. Il vient de le comprendre, c'est sa révélation d'hier. Ensuite, il y a un sujet qui revient aussi beaucoup qui est le sujet de la démocratie scolaire et plus généralement de la façon dont il faut prendre en compte la voix des lycéens. Les lycéens [raclement de gorge] ont besoin que leur voix tout simplement compte.

Ils ont l'impression de dire beaucoup de choses mais que parfois il faut les dire bruyamment voire parfois violemment pour être entendu. Et ça c'est pas une situation saine parce que principe de la démocratie c'est qu'elle a pas besoin d'être bruyante ni d'être violente. Elle a besoin d'exister d'être j'allais dire institutionnalisé. En miracle quand même hein. Le gouvernement a découvert qu'à force de faire la sour d'oreille le petit peuple s'agace. Et ben il était temps hein. C'est d'ailleurs un narratif qu'on entend sans cesse hein. Dans les médias deux discours dominent depuis le début de la mobilisation lycéenne. D'un côté ceux qui assument ouvertement la répression hein.

Bon bah cela on peut rien pour eux. Malheureusement les services de psychiatrie sont aussi victimes des plans d'austérité de la macronie. Je crois que vous êtes CRS en effet. Bonjour Bernard. Tout à fait. Quand je vais sur des interventions qu'il y a du gauch ou autre, moi je j'adore ça moi. Donc effectivement ça procure ça procure des sensations. Effectivement ce qui mène à l'érection avec l'excitation, l'endorine et cetera, c'est c'est un pur plaisir hein. C'est vrai que bon, c'est un plaisir différent de avec les femmes, mais ça reste un plaisir quand même.

Mais de l'autre côté, on a aussi les éditorialistes et autres abonnés des plateaux qui prétendent comprendre la colère lycéenne, mais explique qu'il faudrait se faire entendre autrement. demander gentiment qu'on les écoute. Un exercice de pensée confortable hein pour celles et ceux qui ont connu dans leur jeunesse peut-être des mouvements sociaux capables d'arracher quelques vagues concessions au pouvoir. C'est en revanche beaucoup moins convaincant pour une génération qui depuis 10 ans est complètement ignorée par le pouvoir qui n'en a que faire des revendications du peuple. Nos camarades de contre-attaque ont fait un inventaire qu'il me semble intéressant de vous retranscrire ici.

Il faudrait donc manifester pacifiquement, nous dit-on. Et bien, souvenons-nous des gigantesques manifestations contre la réforme des retraites en 2023, des millions de personnes dans la rue, des journées syndicales très encadrées, des réunions au sommet en pagaille et relativement peu de débordement au regard de l'ampleur du mouvement. Et au final quoi ? La réforme a été imposée de force par le gouvernement contre l'opinion majoritaire. N'imaginez pas non plus lutter en grappant dans des arbres pour défendre la nature ou via des performances artistiques de toute nature que ce soit. Ça se finit toujours avec des menottes et de potentielles poursuites judiciaires.

Alors, faisons des pétitions peut-être. Là encore, les exemples récents ne sont guère encourageants. En juillet 2025, la pétition contre la loi du plomb et la réintroduction de pesticides dangereux devient la plus signée de l'histoire de France avec 10000000 soutiens. Et bien au final, la loi est passée et même un deuxième volet avec elle qui enfonce encore davantage le clou. Même topo avec la pétition contre la loi Yad criminalisant la cause palestinienne ou celle contre le permis de tuer avec respectivement plus de 700000 signatures. Les macronistes répondent systématiquement la même chose.

10:20
Non speech

[musique]

10:25
Locuteur

Et bien votons alors hein le suffrage universel. Il y a que ça de vrai pour certains. Alors certes, une élection présidentielle arrive à grand pas en France, mais il y a des chances pour que les électeurs aient été un peu disons échaudés. Souvenons-nous de la dissolution décidée par Macron en juin 2024 et du sursaut républicain qui s'en était suivi. Les Français ont massivement voté pour le nouveau Front populaire. L'alliance de gauche sortie en tête du scrutin, un gouvernement du Front populaire aurait donc logiquement dû être nommé à la suite.

Des propositions avaient même été faites par les différentes forces de gauche, mais le président n'a jamais respecté le choix des urnes et a tout fait pour continuer à gouverner seul ou plus ou moins degré ou de force en privilégiant l'alliance avec le RN. Ça en dit long. Alors que reste-t-il au peuple pour se faire entendre sinon de hausser le ton considérablement ? C'est ça la question qu'il faut se poser. Preuve en est la dernière fois que le gouvernement a tremblé, c'était lorsque les gilets jaunes s'étaient emparés des Champs-Élysées et des ronds-points de tout le pays.

C'est d'ailleurs pour ça qu'il est particulièrement inquiet de voir les luttes syndicales converger vers le mouvement lycéen. Il craint l'embrasement généralisé qu'il ne pourrait plus contenir, même à grand coup de matraque et de grenades explosives. Et si cet embrasement arrive, il faudra se souvenir d'une chose, le pouvoir ne pourra pas prétendre qu'il ne l'avait pas vu venir. À force de mépriser les revendications, de fermer les oreilles et de sortir les matraques dès que la colère devient un peu trop visible, il finit par réduire lui-même le champ des possibles, l'espace d'expression. Il voudrait que le peuple proteste gentiment dans les limites qu'il a lui-même fixé.

Mais à quoi bon parler quand personne ne vous écoute ? À quoi bon manifester quand on vous répond uniquement par la répression ? À quoi bon voter, pétitionner, interpeller quand tout peut-être balayer d'un simple revers de main ? Alors oui, le pouvoir pourra toujours venir expliquer que celles et ceux qui débordent sont responsables de la situation. C'est pratique, ça permet de ne jamais regarder ce qui a précédé. Mais une colère ne devient pas incontrôlable par magie. Elle devient quand pendant des années, on explique à celles et ceux qui l'apportent que leurs paroles ne vaut rien.

Et à force de faire comprendre au peuple que rien ne bougera tant qu'il restera calme, bah il faut pas venir s'étonner le jour où il cesse de l'être. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou par email si vous nous regardez à la télé. Si vous voulez nous aider à faire durer l'aventure du média, rendez-vous sur capsurdica.v.fr FR pour devenir un de nos 10000 donateurs mensuels. C'est vital pour nous. Et puis si vous aimez le récap particulièrement, moi je vous attends pour discuter ensemble sur le canal Instagram dédié à l'émission.

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