Budget 2026 : jour J pour François Bayrou
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pour commencer, gel des dépenses et du barême de l'impôt, désindexation des retraites, suppression d'un jour férier. À 16h, François Berérou va donc dévoiler les grandes orientations pour réduire le budget d'au moins 40 milliards d'euros. Avant d'en parler, on va écouter François Berou, mais aussi son collègue au gouvernement Manuel Vals et les critiques de l'insoumis Éric Coquel.
Nous ne produisons pas assez et nous ne travaillons pas assez. que nous dépensons trop par rapport à nos recettes. Nous voyons bien qu'il faut produire davantage, travailler euh plus, réduire cette dette, trouver euh des solutions.
Moi, je crois que ça sera un choc pour les Français au bon sens du terme, c'est-à-dire un choc de confiance. Les Français le savent parfaitement qu'on peut pas continuer sur cette voie. On veut nous forcer à voter un budget qui serait inégal et surtout qui aurait un aspect absolument récessif sur l'économie.
Je pense qu'en réalité entre ces pensions, ces retraites qui seraient jolées, mais aussi le fait que le budget de l'État diminuera, en réalité c'est 80 % des Français qui vont souffrir de ce budget et c'est exactement l'un des deux plus gros dangers de ce budget, l'inégalité et les mesures récessives. Bon, le suspense, c'est pas insoutenable, mais quand même, on a hâte he désormais hein d'en savoir un peu plus. Jean-Michel Salvator, l'équation est compliquée.
Ouais, l'équation est compliquée. Mais si, je pense qu'il y a quand même un suspense parce que je pense que François Baou veut vraiment faire un un discours et veut proposer au pays un plan qui qui fera date. Quit à tomber sur ce plan.
Ah oui, et moi j'ai quand même le sentiment Vals le dit très bien, il dit ça va être un choc. Je pense que c'est une tempête politique qui va commencer parce qu'il y a beaucoup de secrets autour de ce qu'il va annoncer hein. C'est fermé à double tour.
Jacques Ser nous le raconter il y a quelques instants. Rien n'a transpiré hein. Oui parce que je pense que l'idée de de Bairou si vous voulez c'est vraiment de proposer un pacte à la nation.
Alors la nation prendra ou prendra pas. A priori, on se dit que ça sera très difficile mais l'idée c'est de c'est c'est véritablement de proposer un pact et et en fait on va découvrir je pense un nouveau bairrou parce que jusqu'à présent le bairrou qu'on connaissait depuis qu' a commencé à Matignon c'était plutôt le bairrou manœuvrier qui faisait de la popole comme on dit hein donc de la petite politique qui essayait de durer le plus longtemps possible qui proposait des des projets de loi qui étaient parfois un petit peu très un peu éloignés de de la vie des gens comme euh comme le le mode de scrutin Paris Lon Marseille et cetera. Là, on va découvrir, je pense, l'homme d'État euh l'homme d'État qui va vouloir faire un discours qui marque, qui marquera.
Je pense que pour lui, c'est peut-être l'un des deux, trois ou quatre grands discours de sa carrière politique et il a bien l'intention de marquer les esprits avec ça, soit pour en faire une fin avec Panache, soit on pourra en faire un nouveau départ. avant de parler du départ sur le fond déjà sur ce qu'il pourrait annoncer Paul Melin. Bah écoutez, oui sur l'importance politique y compris pour la carrière de François Baou de cette annonce.
Je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit d'autant que annoncer un budget ça peut paraître comme ça technique mais en fait c'est comment est-ce que vous quelle politique de la nation vous fixez ? Quelles sont vos priorités ? Quels sont les domaines dans lesquels vous considérez qu'on peut faire des économies et quelle économie politique vous choisissez ?
Alors là, on a un peu une idée parce que dans les dans les interviews que vous avez passé juste avant dans les mots de Manuel Vals notamment, on entend parler de la production. Il faut produire plus et travailler plus. Bon, d'abord la notion de travailler plus, je j'aime moyennement cette formule parce que je considère que les Français travaillent déjà beaucoup et je n'aime pas ce qui sous-entendrait que les Français ne travailleraient pas assez ou qu'ils seraient des fénéants et cetera.
Alors, c'est pas ce qui est dit là, mais c'est un peu ce qui est sous-entendu. Je n'aime pas trop ça. Sur la production, je suis plus d'accord.
Je pense que une des clés de la santé économique du pays, c'est sa capacité à avoir des industries, à produire, à produire pas seulement des services, mais aussi des biens. Et c'est véritablement là que nous avons un enjeu pas forcément toujours de de de caler nos budgets sur la question des impôts, mais plutôt sur la réduction de la dépense publique et sur notre capacité à produire. C'est un peu sur ces deux sujets-là, moi que j'attendrai le premier ministre.
Comment est-ce qu'on fait pour faire des économies notamment peut-être sur le train de vie de l'État, peut-être sur l'administration, peut-être sur le mil feuille territorial ? Là, je pense qu'il y a des mesures d'économie dans les fusions aussi. Il a dit, je crois qu'il fallait redonner du pouvoir au préfet et recentraliser un peu les choses au niveau du préfet.
Si ça nous permet de supprimer quelques machins régionaux qui servent pas à grand-chose, quelques machins nationaux qui servent pas à grand-chose, je suis pour. Vous voyez ? Et et de la même manière sur la production, on nous parle d'un effort de guerre.
Là, on est au niveau du 14 juillet, on nous a parlé de réarmement. Bah, si on réarme le pays, ça va faire aussi du bien à l'économie. Va y avoir de la commande publique.
Ouis. Il y a 3 milliards et demi d'euros de dépenses consacrées à la défense supplémentaire. Et c'est ces dépensesl, elles vont créer aussi des des recettes en impôt sur les sociétés.
Elles vont créer des recettes aussi plus généralement pour le pays, un cercle vertueux pour l'économie parce que ça va faire de l'emploi dans des territoires potentiellement ruraux. Donc moi, je crois beaucoup à ces deux piliers, la production et la capacité à réduire le train de vie de l'État. Jean-Michel Salvator, moi je suis pas tout à fait d'accord avec Paul.
Quand Paul dit oui euh les Français travaillent beaucoup, je crois que malheureusement c'est pas vrai. C'est pas vrai. Euh les Français les Français travaille moins que nos voisins européens.
Alors moins que nos voisins européens incontestablement, ils travaillent en 10 à 15 % de moins que les Américains et 30 % de moins que les Coréens ou qui sont quand même nos concurrents. Et quand on regarde un petit peu les choses, si vous si on prend par exemple la retraite, la retraite pour l'instant elle est à 62 et bientôt à 64 ans, mais regardez les autres pays européens, ils sont tous à 66, 67, 68 et même certains à 70. Donc je pense que c'est pas vrai.
Euh euh le les Français travaillent moins que les autres, notamment en raison de l'artat à 60 ans qui avait été décrétée par Miteran en 82 et en raison des RTT euh de de Lionel Jospin de 1998. Et et je pense que c'est l'une des sources de nos problèmes. C'est pas ce sont pas les seules mais c'est l'une des sources de nos problèmes.
Alors autre question alors qu'on sait qu'il a préparé ses mesures François Verou dans le plus grand secret. Il y a pas eu un mot au parlementaires dans le bloc central. Est-ce qu'il va aller chercher des totems au sein de tous les groupes politiques pour les mettre face à leur responsabilité ?
Paul Melin ? Ah ben oui, de fait si vous voulez ce budget, il faut qu'il parle à tout le monde. Alors sur des questions, sur des arbitrages autour par exemple de la justice ou de la sécurité, on imagine qu'il va plutôt se tourner du côté droit de l'hémicycle sur la culture, sur l'éducation, sur l'environnement.
Il va peut-être se tourner sur le côté gauche. De toute façon, c'est tout le défi de François Bairrou. On disait tout à l'heure que c'était un un fa manœuvrier politique.
C'est toute sa feuille de route. Il a été installé là pour cela. il faut qu'il s'adresse aux uns et aux autres et qu'il réussisse à composer avec chacun des groupes politiques.
C'est c'est une gageur quand même vraiment très importante. C'est un vrai défi, c'est un vrai challenge pour lui parce que euh l'assemblée est fracturée, on lui fera pas de cadeaux et et derrière le fond parce que là on parle du fond ce qui est très important, on parle du fond de ce budget, il y a la forme politique et il y a la volonté d'en découdre avec lui d'un certain nombre de ses adversaires politiques aussi. Ne soyons pas dup.
Je pense que le rassemblement national ne serait pas dérangé qu'on retourne aux urnes. De la même manière la gauche compris justement de la menace de censure. Mais là tout de suite sur le fond voilà, il va il il va pas tout détailler, ça va être quelque chose d'assez euh il est à peu au-dessus de la mêlée, mais quand même il donne des grandes orientations.
C'est que pour passer, il faut qu'il arrive à amadouer le rassemblement national et les socialistes. Alors qu'est-ce qu'il peut donner au rassemblement national ? Bon, c'est un peu compliqué la proportionnelle, mais visiblement ça suffira pas.
Qu'est-ce qui peut donner aux socialistes qu'est-ce qui peut donner au socialistes ? Bon, les enfin une taxation des des des revenus. Donc donc c'est plutôt ça qu'il essaiera de donner.
Mais moi, je pense que son son propos est pas tout à fait celui-là. son propos, ça va être quand même de mettre les politiques en face de leur responsabilité parce qu'au fond, si vous voulez, tous les hommes politiques qui se sont succédés au pouvoir connaissent la situation du pays. Ça fait 40 ans qu'on tout le monde le sait mais mais à que ce soit des responsables de gauche ou de droite ou du centre, les uns et les autres ont refusé de prendre des grandes décisions courageuses avec toujours le même prétexte qui était que la société française est fragile.
C'est vrai que la société française est fragile, qu'elle peut être très éruptive, mais il n'empêche quand même que avec ce prétexte là qu'on entend en gros depuis Jacques Chirac et bien on n pas fait les réformes. Et en fait Baou, il va essayer de prendre les hommes politiques au mo en disant arrêtez de mentir aux Français et prenons courageusement tous ensemble les mesures qui s'imposent pour retrouver notre souveraineté parce que il faut quand même bien voir de quoi il s'agit. Euh le fait si vous voulez d'avoir des budgets en déficit et de dépendre de nos créanciers, ça veut dire qu'on est en train de céder petit à petit notre souverain.
Vous parlez de Jack Chirac, mais il y a aussi la réforme des retraites qui a été amorcée sous Nicolas Sarkozy. Donc oui, euh donc on peut quand même bah c'est-à-dire que nous en France, si vous voulez quand vous regardez les autres pays européens, les autres pays européens ont fait en général leur réforme de retraite en une fois. Nous justement comme le pays est très est très fracturé et cetera, donc nous on fait pas la réforme des retraites en une fois, on en fait cin ou six.
C'est ça. Mais c'est tellement français. et elles sont à chaque fois incroyablement difficiles à accepter et et la dernière n'a toujours pas été acceptée par les Français.
Alors justement, on va continuer à parler de ce budget. 16h tic tac tic tac le suspense est entier. Est-ce que c'est la censure qui se profile pour François Berou ?
Est-ce qu'il peut tenir ? Est-ce qu'il prépare quelque part aussi sa sortie ? On va en parler dans quelques instants.
À tout de suite.
François Bayrou