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InterviewFrance 2 — Les 4 Vérités (sur Podcast)· 23 avril 2024 9 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleNumérique

La lutte contre la délinquance juvénile - Sabrina Agresti-Roubache est l'invitée du 23 avril 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Comment comptez-vous rétablir l'autorité des parents sur les adolescents ?

  • 1:26RelanceRéponse partielle

    Ils doivent se mêler plus de la vie de leurs enfants ?

  • 2:08ComplaisanteRéponse directe

    Vous avez sans doute raison sur le diagnostic, mais ça existe.

  • 2:30RelanceRéponse directe

    Vous avez vu le drame de Grande-Synthe il y a quelques jours.

  • 2:48FerméeRéponse partielle

    La proposition de loi de M. Marc-Angeli sera-t-elle efficace ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Vous avez lancé les conseils de la refondation de la prévention de la délinquance.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « J'ambitionne surtout de rénover cette stratégie de la prévention de la délinquance qui n'a pas été faite depuis maintenant quelques années. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Un adolescent est un mineur. Donc les parents ont le droit de fouiller dans le téléphone, de chercher quelque chose dans la chambre si jamais il y a des stupéfiants. »
  • 2:03Invité politiqueFait
    « les réseaux sociaux sont une arme de destruction massive de notre jeunesse. »
  • 3:30Invité politiqueChiffre
    « Plus de 30% de familles monoparentales dans les quartiers prioritaires, majoritairement portées par des femmes. »
  • 4:31Invité politiqueChiffre
    « le président de la République, en 2017, décide de 2017 à maintenant plus de 10 000 policiers »
  • 6:57Invité politiqueChiffre
    « On a sanctuarisé 10 millions d'euros. »
  • 7:05Invité politiqueFait
    « Ça concerne les 17-25 ans et où on prend pendant 8 mois un jeune. »
  • 8:29Invité politiqueFait
    « Évidemment que ce sont des femmes qui sont forcées dans les trafics de drogue. »

Temps de parole

  • Sabrina Agresti Roubache74 %
  • Présentateur24 %
  • Locuteur non identifié2 %

7,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4 V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute.

0:07
Locuteur non identifié

Tout de suite les 4 V. Thomas, vous recevez ce matin Sabrina Agresti-Roubache. C'est la secrétaire d'État chargée de la citoyenneté et de la ville.

0:19
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Les 4 V, Sabrina Agresti-Roubache. Bonjour Thomas Soto. Une partie de notre jeunesse est malade et bascule dans une délinquance devenue incontrôlable. C'est l'inquiétude numéro un, l'urgence absolue du moment. Pour y remédier, vous ambitionnez, vous la ministre de la ville et de la citoyenneté, de rétablir l'autorité des parents sur les adolescents. Comment comptez-vous vous y prendre ?

0:38
Sabrina Agresti Roubache

J'ambitionne surtout de rénover cette stratégie de la prévention de la délinquance qui n'a pas été faite depuis maintenant quelques années. Ça c'est la première chose. J'ambitionne, et c'est pas seulement la ministre qui vous parle, c'est aussi la maman d'une ado, j'ambitionne de dire aux parents, parents reprenez confiance en vous. L'autorité c'est vous. L'autorité, le premier visage d'autorité qu'un adolescent voit et qu'un enfant voit, ce sont les parents. Donc de reprendre confiance dans l'autorité, c'est-à-dire de savoir dire c'est bien, c'est mal, tu as le droit, tu n'as pas le droit.

Et je veux revenir sur quelque chose qui me frappe ces dernières années, c'est de penser qu'un adolescent a une vie privée. Un adolescent est un mineur. Donc les parents ont le droit de fouiller dans le téléphone, de chercher quelque chose dans la chambre si jamais il y a des stupéfiants. Par exemple, je crois qu'on a...

1:26
Présentateur

Ils doivent se mêler plus de la vie de leurs enfants ?

1:28
Sabrina Agresti Roubache

Ils doivent s'occuper plus. Non, mais non seulement se mêler plus, et pour les protéger, c'est pas se mêler pour se mêler. Bien sûr que chacun a droit à son petit jardin secret. Alors on parle de jardin secret. Vous fouillez l'importable de votre ado ou pas ? Non mais moi, non seulement je surveille, non seulement je me mêle, non seulement je protège, et non seulement je sanctionne s'il y a un problème. Ce qui est dingue, c'est qu'on a voulu démissionner les parents aussi en disant, attention, ils ont le droit à avoir leur vie privée. Non.

Moi, ce que je crois, c'est qu'il va falloir protéger, vous le voyez bien, cette jeunesse qui, par les réseaux sociaux, et je l'avais dit avant tout le monde, les réseaux sociaux sont une arme de destruction massive de notre jeunesse.

2:08
Présentateur

Mais ça existe. Vous avez sans doute raison sur le diagnostic, mais ça existe. Oui. Et ce que vous dites, ça marche très bien dans une famille fonctionnelle, ça ne marche pas dans une famille dysfonctionnelle.

2:16
Sabrina Agresti Roubache

Absolument. Donc si on reprend le projet de loi, la PPL de Marc-Angeli, de Laurent Marc-Angeli. Sur les écrans. Non, la majorité numérique a 15 ans. Ça, c'est déjà une chose. Il faut l'appliquer. Deuxième chose, pouvoir contrôler les réseaux sociaux.

2:30
Présentateur

Mais pardon, il faut l'appliquer. Vous avez vu le drame de Grande-Synthe il y a quelques jours. Absolument, je les vois tous les jours comme vous. Vous avez fait connaissance, j'imagine, comme nous, de ce site coco.gg qui est basé à Guernese. Absolument, je le connais depuis que je suis nommée. Ce week-end, à la rédaction de Tendon, on s'est inscrit pour voir ce que ça donne. Absolument. Vous avez vu comment ? En moins de 10 secondes, sans aucune vérification, on obtient tout de la prostitution, des photos de la drogue.

2:46
Sabrina Agresti Roubache

Absolument. Droits internationaux.

2:48
Présentateur

Alors la proposition de loi de M. Marc-Angeli, elle est très bien intentionnée, mais sera-t-elle efficace ?

2:53
Sabrina Agresti Roubache

Il faut bien démarrer quelque part. À un moment donné, cette stratégie va concerner aussi le niveau européen et international. Ça, c'est la première chose. On parle de stratégie de prévention de la délinquance. Moi, je parle de santé mentale, de lutte contre les conduites addictives et lutte contre les conduites à risque. Il nous faut former. C'est une politique publique à plusieurs années, à 10 ou 15 ans. Plus d'addictologues, plus de psychologues, plus de psychiatres. Vous avez bien vu que ces 30 dernières années, on n'en forme plus. Donc il va falloir repartir aussi à la base. Troisième chose, pouvoir accompagner les familles. Et ça, c'est l'un de mes combats qui me tient le plus à cœur.

Ce sont les familles monoparentales dans les quartiers prioritaires. Plus de 30% de familles monoparentales dans les quartiers prioritaires, majoritairement portées par des femmes. Donc pouvoir aider les parents. Quand on dit les parents qui en ont le plus besoin. Rappelez-vous ce que le Premier ministre avait dit. Il avait dit, tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies. C'est de la formule tout ça. Non, mais tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. Et moi, je rajoute, vous avez besoin, vous êtes en difficulté, on peut vous accompagner et on doit vous accompagner. Donc de dire que ces familles sont plus fragiles. Concrètement.

4:01
Présentateur

Je ne doute pas de votre sincérité. Je sais bien. Là, vous avez lancé les conseils de la refondation de la prévention de la délinquance. Je lance le premier à Nîmes.

4:08
Sabrina Agresti Roubache

C'est un symbole. Je le lance à Nîmes, le 25, jeudi prochain, dans le Gard. Premier conseil national de la refondation sur la prévention de la délinquance.

4:14
Présentateur

J'en ai l'impression que ce gouvernement passe son temps à consulter, à prendre des avis, à organiser des grands débats, à faire des grenelles.

4:19
Sabrina Agresti Roubache

Si j'imposais des mesures, vous me diriez exactement le contraire en me disant, vous arrivez avec des mesures toutes faites. Non, moi, je veux de la concertation. Mais il était temps d'avoir des mesures toutes faites. Eh bien oui. Vu la situation du pays. Vu la situation du pays, et vous avez raison. Quand le président de la République, en 2017, décide de 2017 à maintenant plus de 10 000 policiers, vous pensez que ce n'est pas concret quand on a plus de 1 000 magistrats ? Vous pensez que ce n'est pas concret quand on a plus de 1 000 greffiers ? Ce n'est pas du concret. C'est concret. Oui, c'est concret.

4:45
Présentateur

Mais ça ne répond pas à la situation qui inquiète les Français aujourd'hui.

4:47
Sabrina Agresti Roubache

Mais parce qu'on a besoin, je répète Thomas Soto, on a besoin de l'aide. Il faut que les parents s'impliquent. Parents, reprenez confiance en vous, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que seuls les pouvoirs publics et la puissance publique ne peuvent pas tout. Donc la première chose, de pouvoir renouer le couple, maire-préfet, avec les habitants et avec toutes les associations concernées par la prévention de la délinquance. Sur des mesures simples, quand on annonce le 8h-18h, vous pensez que ce n'est pas concret le 8h-18h ? Pouvoir dire aux parents, vous pouvez, vous avez la possibilité de laisser vos adolescents au collège de 8h à 18h avec des activités.

5:18
Présentateur

Sur une autre partie de la journée, la nuit, le maire de Béziers, Robert Ménat, a lancé depuis hier un couvre-feu dans certains quartiers de sa ville pour les moins de 13 ans et c'est jusqu'au 30 septembre. En gros, interdiction de sortir seul de 23h à 6h du matin.

5:29
Sabrina Agresti Roubache

Vous savez que c'est juste la loi. Un mineur ne doit pas être seul la nuit. Vous savez que la loi n'est pas respectée alors ? Absolument.

5:34
Présentateur

Mais est-ce que c'est une bonne mesure alors de durcir ?

5:36
Sabrina Agresti Roubache

Je ne sais pas si c'est une bonne mesure. Ce que je crois, c'est de dire aux parents déjà la première chose. J'aime bien quand on revient aux fondamentaux. Il faut dire aux parents qu'un mineur, un enfant, n'a pas à être seul la nuit dehors. Et si jamais un parent ne s'en sort pas avec son gamin, c'est la réalité.

5:51
Présentateur

La mère de famille, le père de famille, qui a un gamin qui leur a totalement échappé. Il va dire, dis donc, ce matin, j'ai entendu Sabrina rester hommage. Elle a dit, c'est super intéressant. Tu ne sors plus, il va dire, mais tu es gentille, maman, et il claque la porte. Très bien, alors qu'est-ce qu'on fait ? Je ne sais pas. C'est vous qui êtes aux affaires.

6:04
Sabrina Agresti Roubache

Oui, moi je suis aux affaires et je dis justement, les parents, quand ils n'y arrivent plus, ils doivent.

6:09
Présentateur

Est-ce qu'il faut taper sur les allocations familiales ?

6:11
Sabrina Agresti Roubache

Non, ça je ne crois pas. Vous savez, non, non, non, on ne rajoute pas de la misère à la misère. Écoutez, je suis née dans le quartier le plus pauvre d'Europe. Vous pensez vraiment que quelqu'un comme moi va venir porter ce genre de mesures ? Absolument opposé à ce genre de mesures. Par contre, dire aux parents, quand vous avez une difficulté, vous parlez justement de ces jeunes qu'on n'arrive plus à gérer. Hier, on était à Nice avec le Premier ministre. Et il y a par exemple des stages de rupture qui sont pris, donc ce sont des stages dans des internats où les parents, sur la base du volontariat, sont venus dire au département, à l'école, à la communauté éducative, je n'y arrive plus.

Ça arrive, ça arrive. Vous savez, pensez que c'est qu'une histoire de classe sociale, c'est se tromper de diagnostic. Il y en aura plus bien des internats comme ça. Alors déjà, 50 000 places qui sont disponibles sur les politiques de la ville, avec ma collègue Catherine Vautrin sur le travail. On a sanctuarisé 10 millions d'euros. Vous voulez une mesure concrète pour créer des épis, donc des établissements pour l'insertion dans l'emploi. Ça concerne les 17-25 ans et où on prend pendant 8 mois un jeune. On le réinsère évidemment dans l'emploi. On réapprend les bases de la vie, dire bonjour, merci, au revoir, respecter les codes.

On fait passer le permis de conduire sans demander aucun moyen aux parents.

7:20
Présentateur

Est-ce qu'il faut se reposer la question du service militaire ?

7:22
Sabrina Agresti Roubache

Non, moi, vous savez, je ne suis pas très passée. Je ne crois pas que se dire oui, le service militaire, non, je ne crois pas du tout. Je pense que les jeunes de maintenant, vous savez, on aurait été les mêmes jeunes si on avait eu les mêmes outils qu'eux. Pensez que nous, à notre époque, on aurait été mieux ou qu'on était mieux, ce n'est pas vrai. Par contre, ce qui est vrai, c'est que, je reviens sur les réseaux sociaux, cette arme de destruction massive... Rapidement, je répète, j'ai une dernière question à vous poser. Bien sûr, c'est que les parents sont les premiers à pouvoir agir sur les réseaux sociaux avec leurs enfants.

Donc, leur dire, vous avez le droit de prendre le téléphone, de mettre les contrôles parentaux, et déjà, c'est une base, et vous avez le droit de les intégrer.

7:53
Présentateur

Quand vous voyez TikTok qui veut rémunérer les gens qui regardent les vidéos ?

7:56
Sabrina Agresti Roubache

C'est un scandale. Enfin, moi, écoutez, moi, les réseaux sociaux, je vais... Si vous me demandiez, par exemple, si j'avais une baguette magique, je ferais disparaître les réseaux sociaux.

8:04
Présentateur

Dernière question, la lutte contre le trafic de drogue...

8:08
Sabrina Agresti Roubache

Mais tout n'est pas impossible. Attention à croire qu'on a déjà perdu le combat, pas du tout.

8:13
Présentateur

Vous voulez proposer un statut de repenti au maire nourrice, ces femmes qui stockent de gré ou de force, des stocks de drogue dans leurs appartements, parce que les trafiquants le leur demandent, de gré ou de force, encore une fois. Comment ça peut fonctionner, ce repenti ?

8:23
Sabrina Agresti Roubache

Dans la plupart du temps, de force, il suffit de discuter avec n'importe quel policier, n'importe quel membre de la justice. Évidemment que ce sont des femmes qui sont forcées dans les trafics de drogue. Vous savez, pensez que les criminels ont une espèce de vertu, une espèce de générosité, ils sont sans foi ni loi. Ils créent des dettes fictives à ces femmes-là, ils mettent les jeunes garçons en chouf, donc en guetteur, en bas de leur immeuble, et les filles, le trois quarts du temps, finissent dans les réseaux de prostitution. Donc je voudrais qu'on s'émancie de la dimension morale... Un vrai statut, non. Et c'est pour ça qu'il faut l'en sortir.

Donc quand je demande un statut refondu pour les mères nourrices, sur la base du statut du repenti, c'est de dire, on les extrait, on les protège, on trouve une autre identité, on leur crée une nouvelle vie pour qu'elles puissent avoir l'espoir de s'en sortir, elles et leurs enfants.

9:09
Présentateur

Merci beaucoup Sabrina Grestirouba, j'ai vu dans Les 4 V, et bonne journée à vous.

9:12
Locuteur non identifié

Merci à vous. Merci, merci également Isabelle Lombard pour la traduction en langue des signes.

9:17
Présentateur

C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.