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interviewLCP - Assemblée nationale· 22 mai 2026 18 min

Banque de France : les coulisses d’une nomination contestée | Bourbon hebdo - 22/05/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je suis Clément Mic et vous écoutez Bourbon Hebdo, le podcast de la rédaction d'CP qui vous fait revivre l'actualité de la semaine et vous dévoile les coulisses de l'assemblée. La séance est ouverte. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Bourbon Hebdo.

On s'intéresse aujourd'hui au futur gouverneur de la Banque de France. Il s'appelle Emmanuel Moulin. Il est le candidat d'Emmanuel Macron et il passait son grand oral devant le parlement cette semaine.

Il s'avère que ça a été assez chaud pour lui, même si sa nomination a finalement été validée. On va donc revenir en détail sur les coulisses de ce moment avec notre trio de journalistes parlementaires toutes trois membres de la rédaction d'CP Elsa Mondangava, Stéphanie Despierres et Anne-Charlotte Dusseau. Bonjour à toutes les trois.

Bonjour. Bonjour. On commence donc avec ce vote qui a eu lieu mercredi en commission des finances de l'Assemblée à l'issue de l'audition d'Emmanuel Moulin. 115 votants, 5 blancs ou nuls, 110 exprimés, 52 pour, 58 contre, mais ça fait 52,7 %.

Donc on est en dessous des 3/5 qui aurait été de 66. Donc monsieur Emmanuel Moulin et donc la nomination de monsieur Emmanuel Moulin est donc acceptée à ce résultat. C'est Éric Coerrel donc le président de la commission des finances de l'Assemblée qui annonce le résultat du vote des députés et des sénateurs pour valider cette candidature au poste de gouverneur de la Banque de France.

Peut-être une première explication d'abord euh sur ce vote parce que ce vote il s'est déroulé en deux temps. Oui, c'est ça en fait euh Emmanuel Moulin, il était auditionné d'abord au Sénat mercredi à 9h du matin et ensuite à l'Assemblée nationale à 11h du matin. Et en fait, les le dépouillement des deux votes dans chaque chambre se fait en même temps après l'audition à l'Assemblée nationale.

Donc on ne sait pas au moment de l'audition à l'Assemblée nationale ce qu'a fait le Sénat. Donc il y a pas possibilité d'ajuster son vote en fonction du résultat du Sénat. Ça veut dire que Eric Cocrel lui-même découvre un peu euh la photo finale du résultat quand il l'annonce.

Il on il sait ce que les députés vont voter à peu près mais mais il sait pas du tout ce qui s'est passé au Sénat. Non, justement c'est très important pour pas influencer les votes des uns et des autres. Évidemment Emmanuel Mulin, il peut pas être à la fois l'assemblée au Sénat.

Donc il y a bien une des chambres qui peut commencer l'audition. Ensuite, les sénateurs votent dans une urne. Cette urne après, elle est scellée, on ne l'ouvre pas avant que les députés aient pu faire leur audition, voter également.

Et ensuite le dépouillement est fait simultanément. Justement, c'est très important de pas pouvoir influencer parce qu'on voit bien qu'un groupe politique en fonction peut-être des résultats des sénateurs peut changer d'avis. Tout ça, c'est très politique aussi.

Donc là, l'idée c'est vraiment que l'audition, elle peut pas être réalisée dans les mêmes temps par les deux chambres mais en tout cas le vote final il est dépouillé en même temps. Alors on a entendu Éric Cocrel donner les résultats de ce vote 58 voix contre, 52 voix pour et malgré tout, il est nommé. Alors petite explication peut-être aussi Stéphanie pourquoi pourquoi ça passe finalement ?

Parce que ça ne se joue pas à la majorité classique 50 % des voix, ça se joue au 3/5e, c'est 60 % des voix. Donc il faut qu'il y ait 60 % de voix contre pour que la nomination soit bloquée par le parlement. 60 % des voix quand on compte tous les députés et les sénateurs.

Et là par exemple, ce qui était signifiant c'est qu'à l'Assemblée ça a été un peu la levée de bouclier contre Emmanuel Moulin. Il y a 2 tiers des députés qui ont voté contre sa nomination un/3 pour alors que c'était beaucoup plus équilibré et même dans l'autre sens au Sénat pour compenser. Et ça s'est compensé.

C'est un peu la c'est la droite sénatoriale, on peut dire, qui a sauvé Emmanuel Moulin puisqu'elle ne s'est pas opposé à sa nomination. En fait, il aurait fallu huit voix contre de plus pour que justement sa nomination soit soit rejetée. Ça n'a pas suffi.

Même s'il y en a plus, ça n'a pas suffi. Et et à l'Assemblée, comment ça s'est décomposé les votes ? La droite de l'assemblée a voté aussi en faveur de d'Emmanuel Moulin ou Oui, finalement le socle commun a voté en faveur d'Emmanuel Moulin mais ça fait 25 voix pour et 46 voix contre à l'Assemblée nationale.

Donc il y a quand même 21 voix de plus contre que de pour à l'Assemblée nationale et ça se rééquilibre derrière au Sénat. Ce qu'il faut savoir c'est que c'est une nomination qu'on dit article 13 de la Constitution. C'est l'article qu'encadre de ce genre de nomination.

Ça fait après la réforme de 2008 de la Constitution. L'idée c'était pas de dire que l'Assemblée devait au même titre que le président de la République jouer sur les nominations. C'était vraiment un pouvoir de vetau.

Donc l'idée c'était pas d'avoir une grande majorité pour la personne mais de dire qu'il pouvait y avoir une majorité de blocage à l'Assemblée et au Sénat. Avant 2008, je précise, le président nomait, il avait pas besoin de la validation du parlement. Et là, il nomme depuis la réforme de 2008, il nomme une cinquantaine de postes le président de la République qui sont soumis au véu ou pas de l'Assemblée et du Sénat.

Mais il y a encore tout un tas d'autres postes qui dépendent de sa compétence pleine et entière, notamment la présidence de la Cour des comptes dont on reparlera un peu. Bon, on parlait dans un instant. On va d'abord écouter Emmanuel Moulin et vous allez voir que bah il avait bien conscience que ce grand oral n'était pas gagné d'avance.

Il a d'ailleurs répondu aux critiques dès le début de son intervention. Jamais je n'ai agi avec sectarisme ou esprit partisan et j'ai toujours répondu présent. quand il me fallait renoncer à des fonctions dans le secteur privé pour rejoindre l'État car le service public est ma passion autant que ma vocation.

C'est dans cet esprit de respect des formes et des institutions démocratiques que pour veiller à ce que ma candidature ne puisse jamais être entachée d'un quelconque soupçon de conflit d'intérêt que j'ai sollicité la fin de mon mandat de de mes fonctions de secrétaire général de la présidence des de la République pour me présenter devant votre commission en homme libre et en citoyen au service de l'État. Alors, on voit qu'Emmanuel Moulin était clairement sur la sur la défensive pendant cette audition. Qu'est-ce qui posait problème à certains députés sur son profil sur Ce qui posait problème, c'est son indépendance.

En fait, il a quitté l'Élysée il y a un mois. Enfin, c'est tout frais. Donc en fait, il a suivi la politique d'Emmanuel Macron et il arrive à la tête de la Banque de France.

Il a quitté l'Élysée. C'est il faisait quoi à l'Élysée exactement ? Il était secrétaire général de l'Élysée.

Donc un poste très important, un bras droit de Oui, voilà. Emmanuel Macron. Et donc en fait cette proximité entre son passage à l'Élysée et son arrivée à la Banque de France posait problème en terme d'indépendance politique à plusieurs partis politique.

Et même avant parce que si on remonte avant l'Élysée, il était directeur de cabinet de Gabriel Atal quand il a été premier ministre puis avant directeur de cabinet euh de Bruno Lemire. Donc c'est quelqu'un qui a voilà a eu été dans le milieu politique puisqu'il a été dans le milieu du directeur des cabinets de du ministre de l'économie pendant longtemps puis du premier ministre puis au secrétariat général du président. Et c'est là-dessus que se sont basé une partie des critiques.

Un Charlotte parlait de l'indépendance qui était questionnée par la gauche. Le Rassemblement national questionnait l'indépendance et questionnait les compétences d'Emmanuel Moulin en s'appuyant sur son CV. Il a été aussi directeur du trésor qui est un des plus grands postes de l'administration à Bercy des finances publiques.

C'est des spécialistes normalement de la finance et Jean-Philippe Tanguet qui est spécialiste des questions financières au RN toute la semaine a dit "C'est pas possible, Emmanuel Maolin, lui est incompétent. C'est de sa faute s'il y a 40 à 60 milliards d'euros de dette en plus." Donc le RN a absolument contesté la compétence d'Emmanuel Moulin, ce que n'a pas fait la gauche, même Éric Cockrel l'a dit, c'est le problème, c'est pas la compétence, c'est l'indépendance mais voilà deux types d'opposition.

Eric Cr qui est le président de la France insoumise de la commission des finances quand il prend la parole, il explique sa première prise de parole, il explique pourquoi il votera contre et il dit bien non pas par rapport à votre personne ni même vos compétences mais bien parce que vous avez exercé des fonctions politiques. Et Emmanuel Moulin le dit directement dans sa première prise de parole. Il sait bien il dit je crois que il dit c'est la critique première ou la critique principale et il dit bien je me tiens devant vous un homme libre un homme du service public qui s'engage à exercer des fonctions en toute indépendance en toute impartialité.

Je me suis jamais présenté à aucune élection parce qu'en fait c'est pendant toute l'audition qui a duré un peu près une heure, c'est vraiment la question qui est revenue qui est revenue à plusieurs reprise quoi. On va voir donc que cette audition elle a pas été tout repos pour Emmanuel Moulin. Clairement son discours n'a pas convaincu tous les députés.

Quelles sont les garanties que vous entendez prendre vis-à-vis de la représentation nationale ici présente sur votre indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif ? Vous avez bien voulu rappeler, vous avez eu raison, de vos prédécesseurs ont eu des fonctions en cabinet mais souvent bien longtemps avant d'être nommé. Quels sont les gardes fou quelles sont les garanties que vous donnez aujourd'hui nationale sur votre indépendance ?

Vous faites de la politique mais vous faites de la politique hors de la démocratie car vous êtes l'incarnation de ce qu'on appelle l'État profond. l'État profond, ce sont des serviteurs de l'État qui en fait se servent de l'État, des serviteurs du service public qui se servent du public pour faire des allers-retour et voir leur petite carrière toujours dans la soumission à un pouvoir qui est bien supérieur à nos maigres mandats démocratiques qui évidemment le pouvoir de l'argent. Alors, c'était dans un premier temps Philippe Brun pour le Parti socialiste et dans un second temps Jean-Philippe Tangi pour le Rassemblement national et Jean-Philippe Tangi qui va jusqu'à parler de l'état profond, le fameux deep state, c'est une expression qui a prospéré aux États-Unis dans la sphère complotiste.

Ça veut dire que le le RN soupçonne une forme de complot derrière la nomination d'Emmanuel Moulin. Elsa. Oui, le deep state, l'état profond, c'est vraiment l'idée de dire que l'administration en fait, c'est elle qui empêche les politiques de gouverner comme si les hauts fonctionnaires tiraient les ficelles finalement par rapport aux politiques.

C'est vrai qu'on voit bien dans les deux argumentaires de Philippe Brun qui est vraiment sur l'indépendance là vraiment Philippe Tangi est sur ces questions là et ça sous-entend la critique du RN en filigrane, c'est de nommer quelqu'un qui à la fin va pouvoir finalement prendre des décisions à la place du politique. Et ce qu'on voit bien, c'est ce que critique le Rassemblement national par la voix de Jean-Philippe Tanguila, c'est de dire "On va mettre des gens à des postes qui ensuite vont empêcher les autres de gouverner comme ils le souhaitent." Et donc le Rassemblement national, si un jour le Rassemblement national est élu euh à la présidence de la République.

Et c'est ce que Marine Le Pen a dit euh encore plus clairement euh sur l'antenne de BFM vendredi matin. Tout à fait. en disant que Emmanuel Macron voulait voilà continuer le macronisme, qu'il n'y arrivera pas et le Rassemblement national voit cette nomination et les autres qui ont précédé comme des façons en fait de positionner des gens qui empêcheront le Rassemblement national de pouvoir gouverner les mains libres si jamais le Rassemblement national comme le souhaite évidemment Marine Le Pen et Jean-Philippe Tangier accède au pouvoir.

Vous êtes un mot de cette expression, un détail profond euh parce que vous êtes un peu la mémoire toutes les trois de [rires] ce qui se passe sur la scène politique française et en fait c'est pas le RN qui en a parlé euh le premier en France hein de de cet état prof. Alors Donald Trump, on a énormément parlé aux États-Unis mais c'est vrai qu'en cherchant faisant des recherches pour ce podcast. Emmanuel Macron, on a parlé, on a parlé en 2000 en 2019, je crois et c'était en fait un peu dans la droite ligne, je sais pas si vous vous rappelez, mais en 2017 pendant la campagne, il disait beaucoup qu'il fallait passer euh euh faire au-delà des corps intermédiaires, donc des syndicats, des associations et cetera, qu'il fallait que l'administration puisse suivre le politique.

Il voulait même instaurer ce qu'on appelle un spoil system. dans un sp système. Ça veut dire que vous quand vous arrivez au pouvoir, bah vous virez tous les fonctionnaires qui étaient là avant pour les remplacer et faire appliquer votre politique.

Et il estimait qu'il fallait une dose de spoil système pour que la politique soit efficace et pour que l'élu puisse appliquer son programme face à face à une forme d'état profond. passe à une forme d'état profond de résistance en tout cas si on veut le dire avec des mots un peu plus français et francophiles de résistance de l'administration aux décisions du pouvoir politique. Pour en revenir à ce que dit Jean-Philippe Tangi, à ce qu'a dit Marine Le Pen sur le fait que Emmanuel Macron veut que le macronisme lui survive pour l'empêcher elle ou Jordan Bardella de gouverner s'il devait être élu à la présidentielle.

Euh, il y en a certains qui s'interrogent sur ce qui a pu pousser l'actuel gouverneur François Villeroiis de Galot à écourter son mandat parce qu'il devait s'achever à l'automne 2027, soit après la prochaine présidentielle. Comment est-ce que les députés eux-mêmes analysent cette décision qu'il a prise de de quitter ses fonctions plutôt que prévu ? Alors, François Villrois de Galot dit que c'est une décision personnelle qui veut rejoindre la fondation des apprentis d'uteuil.

Donc les députés euh ne vont pas jusqu'à dire qu'il ment ou tout ça c'est préparé. Mais c'est vrai qu'il y a une coïncidence d'agenda. Parfois il y a des nominations, bon bah elles arrivent, il faut bien nommer quelqu'un.

Là il y a une nomination qui arrive plus tôt que prévu et effectivement pour les esprits malicieux ou alors pour le Rassemblement national, comme par hasard, il faut remplacer le gouverneur de la Banque de France 1 an plus tôt. Et un an plus tôt, ça fait que ça intervient avant l'élection présidentielle. Donc le Rassemblement national, il voit une malice, après c'est difficile de François Villeroi de Galot dit c'est une décision personnelle qui est pas politique.

Donc après ce qui arrive aussi je pense que c'est que ça s'inscrit cette nomination d'Emmanuel Moulin aussi. C'est pas la première d'un proche d'Emmanuel Macron en fait à un poste important comme ça. Donc en fait il y a il y a un espèce de de soupçon en fait que Emmanuel Macron avant de partir et de quitter l'Élysée place plusieurs proches comme ça à des postes très importants avant une éventuelle arrivée du Rassemblement national. ce que dit Marine Le Pen ce matin et lui dit euh pour Marine Le Pen, l'objectif de de Macron, ça dit c'est faire survivre le macronisme après la fin du macronisme.

Et je vais lui dire quelque chose de très clair, il n'y arrivera pas. Donc il y a vraiment aussi un jeu entre les deux personnalités. Après ces accusations sont vieilles comme la 5e République, le pouvoir de nomination du président de la République en France, il est très fort.

Et de tout temps, vous avez eu des gens qui disaient il y a des nominations partisanes. Jacques Chirac, par exemple, avait nommé Jean-Louis Dobré la présidence du Conseil constitutionnel peu de temps avant la présidentielle. lui il l'avait nommé Pierre Jox à la présidence de la Cour des comptes juste avant les législatives.

Donc c'est des c'est des accusations qui sont anciennes qui sont liés à la à nos institutions. Mais c'est vrai que là comme il y en a beaucoup, il y a beaucoup de renouvellement. C'est ça qui porte un peu à à questionnement.

Il y en a beaucoup mais on va peut-être les rappeler parce que [rires] alors on va pas remonter à tous mais Richard Ferrand peut-être là où il y a eu la polémique la plus forte puisque là c'est certains le définissent comme le meilleur ami d'Emmanuel Macron à la février 2025 du Conseil constitutionnel passé à une voie près à l'Assemblée avec l'abstention du Rassemblement national. D'ailleurs, à l'époque la droite, je réécoutais une archive d'Olivier Marlex, le député de droite aujourd'hui décédé, avait euh accusé justement le Rassemblement national d'avoir dilé avec Emmanuel Macron pour permettre l'élection de son meilleur ami. Il y a peu de temps encore, Amélie de Monchalin qui défendait le budget à l'Assemblée qui a été nommé à la tête de la Cour des comptes.

Pour Améline Monchalin, il y a pas de vote de du Parlement. Il y a pas besoin d'une validation du comme Anne Charlotte le disait, je pense qu'il y a l'effet cumul ou cumulatif ces derniers temps. Il y a une probablement une volonté quand même du président de la République de nommer mais il y a aussi des temporalités d'agenda.

Par exemple, hier encore, moi j'avais sur ma boîte mail communiqué qui disait que telle personne était proposée à la tête du CNRS. Donc là, le parlement va se prononcer et en fait le CNRS, ça fait des mois que ça traîne parce que bah il y avait pas assez de candidats. Donc ça aurait dû être fait enfin en début d'année et là ça a un peu traîné.

Mais même en interne, pardon Clément, mais même en interne euh euh au groupe ensemble pour la République, donc qui est soutien du président de la République, il y a même des gens des cadres qui s'interroge en disant finalement c'est vrai que ça commence à faire beaucoup, c'est plus une question d'image et d'accumulation et en fait on protège davantage nos institutions en nomant des personnalités neutres. Donc cette question, elle se pose dans les oppositions qui même dans le camp d'Emmanuel Macron, on se demande s'il est pas en train de verrouiller l'appareil des en tout cas de mettre des proches et en tout cas le questionnement c'est surtout sur la confiance. C'est-à-dire que ceux qui s'interrogent aussi dans le bloc central se disent ben voilà si ça si on a on donne trop l'impression de verrouiller, ça décrédibilise les institutions à la tête desquelles on nomme des directeurs et des présidents.

Et c'est des institutions qui sont importantes et qui peuvent servir après. Et encore une autre ligne. Moi, un député croisé juste avant ce podcast me disait qu'un démocrate nomme d'autres démocrates à la tête de telles institutions.

Ça a plutôt tendance à me rassurer. Donc chacun a un peu son point de vue. Chacun a son point de vue, mais ça veut bien dire qu'effectivement certains ils voient quand même une en tout cas un acte un peu politique.

Juste par curiosité, est-ce que depuis la réforme constitutionnelle de 2008 qui a donc changé hein le la façon dont sont nommés pas mal de postes clés de l'administration, est-ce que depuis cette réforme certaines nominations ont été retoquées par le parlement ? Alors pour le coup c'est très rare. La dernière en date, c'était en 2023 et c'était Borise Ravignon à la tête de LAADEM qui a effectivement vu sa candidature retoquée par le parlement.

Mais c'était pas pour une histoire de de proximité avec un président, c'est parce qu'il s'était assez mal défendu. Il avait défendu, il il voulait cumuler plusieurs fonctions et du coup, il avait complètement raté son audition. Il était maire effectivement de Charleville Misière.

Il voulait pas quitter ce poste là en disant c'est important de cumuler et cetera. Il y a eu plusieurs effectivement points comme ça qui ne sont pas passés. Et ben merci beaucoup pour votre éclairage.

Bourbon hebb s'arrête là pour aujourd'hui. Juste une dernière question, un mot peut-être de ce qui fera l'actu à l'assemblée la semaine prochaine. Alors pas forcément à l'Assemblée mais ce qui va faire l'actu, c'est la nomination aussi au défenseurs des droits puisque certains à droite considèrent que il y a eu un deal et que si la droite a voté en faveur justement justement pour pour cette nomination, c'est parce que c'est Emmanuel Boulin, pardon.

Ce sera parce que le défenseur de droit, ce sera François Noël Buffet, un sénateur de droit. Ça ça se joue dans quelques jours. Ça va se jouer en tout cas dans les prochaines semaines, je pense, j'ai pas la date exacte, mais Philippe Brun député socialiste me disait "Regardez, si c'est effectivement Buffet qui est nommé défenseur des droits veut dire qu'il y avait bien un deal avec la droite pour Emmanuel Moulin." Bon et à l'Assemblée ?

Alors, vous avez pas répondu loi agricole à peu près toute la semaine parce que loi d'urgence agricole à priori, on va suivre ça de près sur LCP. Merci à toutes les trois et bon weekend à la semaine prochaine.

Banque de France : les coulisses d’une nomination contestée | Bourbon hebdo - 22/05/2026 — Emmanuel Macron · Pourquijevote