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DébatPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 2 juin 2026 37 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesNumériqueTravail & emploiInstitutions & élections

Macron : le succès de la « start-up nation » ?

Au micro : Elisabeth MartichouxSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 42 %Attaque 38 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 13:01OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a rendu le pays plus attractif économiquement ?

  • 18:27RelanceRéponse directe

    Pourquoi ces investissements n'ont pas permis une réindustrialisation profonde ?

  • 20:23OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a-t-il créé un écosystème favorable aux investissements industriels ?

  • 22:29OuverteRéponse directe

    Le bilan industriel reste mitigé malgré les annonces ?

  • 25:58OuverteRéponse directe

    La France a-t-elle les moyens de financer cette réindustrialisation ?

  • 30:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi la France n'arrive pas à innover dans de nouveaux secteurs industriels ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:01InvitéChiffre
    « Cette édition de Choose France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d'euros d'investissements confirmés pour plus de 15 000 emplois. »
  • 13:20InvitéChiffre
    « L'essentiel de ces investissements sont des data centers donc on a 45 milliards avec Softbank une seule annonce qui crée 350 emplois. »
  • 26:10InvitéChiffre
    « Sur 2025 on est à 200 000 emplois industriels qui ont été détruits. »
  • 28:12InvitéChiffre
    « La Chine aujourd'hui a plus de 1000 milliards d'excédents. »
  • 29:21InvitéChiffre
    « Sur ces 2 000 milliards d'assurance vie il n'y en a que 3 à 4% qui va vers les PME. »
  • 32:25InvitéChiffre
    « 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui part aux Etats-Unis »
  • 36:04InvitéChiffre
    « 350 emplois le projet de Softbank c'est très peu »
  • 36:08InvitéFait
    « 45 milliards en fait les deux tiers c'est l'installation de ce qu'on appelle de GPU de carte graphique de CPU des composants électroniques qui sont fabriqués aux Etats-Unis »

Temps de parole

  • Invité23 %
  • Invité 219 %
  • Invité 317 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 48 %
  • Invité 58 %
  • Invité 65 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Invité

On accueille Stéphane Duguay qui a épluché la presse régionale ce matin. Stéphane, ce soir, ce sera le début du soulagement, la fin de l'angoisse pour 657 000 lycéens qui sont inscrits sur la plateforme Parcoursup. Et oui, les lycéens pourront savoir si oui ou non ils ont été acceptés dans les formations post-bac qu'ils demandent. Première réponse ce soir, mais d'autres suivront, c'est progressif et ça peut peut-être angoisser. Alors, le journal L'Union vous donne quelques conseils ce matin pour que votre ado à la maison reste le plus serein possible.

Le pédopsychiatre Thierry Delcourt est interrogé dans le quotidien et vous enjoint à ne surtout pas blâmer votre enfant s'il essuie un ou plusieurs refus. Parcoursup a un côté verdict coup près, dit-il. Donc, pour le parent, l'enjeu c'est de transformer ce coup près et d'aider votre enfant à se projeter vers l'avenir et de lui rappeler à votre enfant que même si l'enjeu est important, dit le pédopsychiatre, on ne joue pas sa vie. Voilà ce que dit le spécialiste interrogé par l'Union. La presse régionale dans le sud de la France se fait l'écho de l'angoisse de la ville de Florence dans le département du Gers.

Oui, où les trois jours de recherche de Liana, 11 ans, n'ont pour le moment à rien donner. Qu'est-il arrivé à Liana ? Interroge à sa une midi libre. Ce matin, la jeune collégienne a disparu après être sortie de son collège vendredi, deux heures plus tôt avant la fin de ses cours. Deux heures avant la fin de ses cours, un homme de 41 ans a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineurs de moins de 15 ans. Il avait pris dans sa voiture Liana avant qu'elle ne donne plus signe de vie. La dépêche du midi nous apprend que l'homme était le père d'une amie de Liana. La mère de la jeune fille qui a disparu témoigne dans le quotidien ce matin.

Elle affirme que le suspect avait eu une attitude déplacée avec sa fille en début d'année scolaire lors d'une soirée pyjama chez lui. Stéphane, vous restez avec nous. On va retrouver nos partenaires du journal Le Dauphiné Libéré. On va aller à Valence retrouver Carole Reynaud. Bonjour Carole. Bonjour. Vous êtes directrice des éditions Drôme et Ardèche du journal Le Dauphiné Libéré. Et désormais, depuis hier, le département de l'Ardèche a adopté une mesure de suspension du permis de conduire en cas d'utilisation du téléphone portable au volant. Et ce département de l'Ardèche rejoint cinq autres départements qui ont déjà pris un tel dispositif.

Et oui, le département de l'Ardèche rejoint le Vaucluse, la Charente-Maritime et les quatre autres départements. Les deux sèvres, à partir du 15 juin, vont également mettre en place ce dispositif. Alors hier, c'était le premier jour, on a déjà eu 67 suspensions de permis dans ce cadre-là sur le département de l'Ardèche. Le principe, c'est simple, c'est qu'aujourd'hui, vous avez le téléphone à la main, vous êtes en train de faire un SMS ou de chercher même votre chemin sur votre téléphone portable. Votre permis est suspendu immédiatement jusqu'à six mois de suspension et l'amende de 135 euros.

Auparavant, il fallait qu'il y ait une infraction qui soit concomitante finalement à l'usage du téléphone portable. Donc ça change les habitudes, les mauvaises habitudes, j'ai envie de dire, des automobilistes sur le département. Mais le préfet de l'Ardèche a décidé effectivement de durcir le ton sur cette problématique. Il faut savoir qu'un téléphone portable, ça multiplie par trois les risques d'accident et par 23 les risques d'accident si vous êtes en train de taper un SMS sur votre téléphone portable. Et Carole, cette décision du département de l'Ardèche, elle a été prise à la suite d'un grave accident ?

Oui, ça fait suite au drame du 1er mai qui a coûté la vie à cinq jeunes gens sur les routes du Nord-Ardèche. C'est un drame qui a touché tout le département, évidemment, cinq jeunes gens qui avaient une vingtaine d'années. La vitesse était sans doute aussi l'une des explications. Mais l'idée du préfet Trevisiani, il nous l'avait dit en exclusivité dans le Dauphiné libéré à la fin de l'année dernière, de la tolérance zéro, finalement, sur les questions de sécurité routière. Le département de l'Ardèche, c'est, vous le savez, le seul département qui n'a pas d'autoroutes, qui n'a pas de trains non plus, ce qui signifie qu'il y a énormément de personnes qui empruntent les routes du département.

C'est un département où les routes sont sinueuses. Et on a eu, fin avril, début mai, sur une semaine, une série noire sur le département avec huit décès sur les routes. Aujourd'hui, on est au 2 juin 2026. On compte 19 morts. Le bilan est extrêmement lourd. 19 morts sur les routes du département. C'est le bilan, pour vous donner une idée, c'est le bilan total de l'année 2025. C'est beaucoup trop, a rappelé le préfet de l'Ardèche. Et c'est la raison pour laquelle il a décidé d'appliquer ce qu'il avait annoncé et donc de mettre en place ce dispositif hyper répressif. Il y a eu des opérations de pédagogie auparavant. Et là, il applique ce qu'il a dit. Merci beaucoup, Carole Reynaud.

Je rappelle que vous êtes directrice des éditions Dromé-Ardèche du journal Le Dauphiné Libéré. Merci, Carole. Stéphane, on poursuit votre revue de presse avec le fleuron de la verrerie française qui est placé en redressement judiciaire. Duralex trinque encore. Voilà la une de l'éco-républicain ce matin. Encore parce que l'entreprise avait déjà été en difficulté il y a deux ans. Reprise alors en coopérative par ses salariés pour se sauver. Mais Duralex fait encore face à des tensions de trésorerie. Le tribunal de commerce d'Orléans va observer la situation de l'entreprise créée en 1945 pendant les six prochains mois.

Autre ambiance en Alsace après le sommet Tous France qui va bénéficier au territoire alsacien. Et oui, c'est ce que nous dit le quotidien L'Alsace ce matin. Derrière l'annonce du président de la République d'un investissement record de 93 milliards d'euros, une part du gâteau ira à plusieurs usines alsaciennes. L'entreprise Mars, les bars chocolatés ou encore les M&M, s'en va investir 45 millions d'euros pour améliorer ses usines. 90 millions d'euros viendront aussi de l'entreprise Libère, spécialisée dans les moteurs à combustion à grande puissance. Et on l'a appris il y a quelques minutes, Stellantis confirme investir 1 milliard d'euros en France, dont 40% pour Mulhouse.

De quoi garantir l'avenir des 4000 salariés de l'usine. Merci beaucoup Stéphane, avec des investissements notamment centrés sur l'intelligence artificielle. L'IA qui va bouleverser le monde du travail, qui va remettre en cause beaucoup de métiers. 120 métiers seraient menacés par l'intelligence artificielle. Et parmi ces métiers, il y a celui de traducteur. Et on va allier à Montpellier avec ce portrait, précisément d'un traducteur indépendant, Edi-Pierre Lara. Et il fait face à ce bouleversement technologique qui remet en cause sa profession. Regardez ce reportage de Gaspard Bunel. À Montpellier ce matin, Edi-Pierre Lara s'apprête à commencer sa journée de travail.

Depuis plus de 15 ans, il est traducteur spécialisé en finances durables et passe le plus clair de son temps devant ses écrans. Et en français, ma traduction, il en résulte ce que l'on appelle une boucle salaire-prix dont il est difficile de s'extraire. À 39 ans, Edi-Pierre est ce qu'on appelle un passionné. Pour lui, la traduction est bien plus qu'un métier, c'est son identité. C'est ce qui m'a défini une bonne partie de ma vie, les 20 dernières années. J'ai fait mes études dans cette optique-là, j'ai été en agence dans cette optique-là, je suis devenu indépendant dans cette optique-là. Mais il y a quelques années, sa vie professionnelle bascule et il doit faire face à un nouveau défi.

En effet, le métier a été percuté par une météorite, en fait, qui s'appelle l'IA. De traducteur, en fait, on devient post-éditeur, c'est-à-dire qu'on part d'un modèle où on traduit nous-mêmes, on réfléchit nous-mêmes, à un modèle où c'est la machine qui traduit automatiquement et on doit passer derrière pour vérifier s'il n'y a pas d'erreur. Face à cette nouvelle concurrence, l'entrepreneur de 39 ans a perdu 70% de ses clients en un an et demi. S'il espère encore continuer son activité le plus longtemps possible, il sait d'ores et déjà qu'il devra s'inventer un avenir, en dehors de la langue de Goethe.

– Et on termine cette revue de l'actualité de nos régions dans les Pyrénées où Stéphane, vous avez croisé Paul Sexas qui est en plein entraînement avant le Tour de France qui débute dans un mois. – Alors, ce n'est pas moi qui l'ai croisé, c'est la une ce matin de la République des Pyrénées qu'il a croisé. Le cycliste français de 19 ans qui participera à son tout premier Tour de France fait la une. Donc, son entraînement sur les pentes du Tourmalet n'est pas passé inaperçu. Ce week-end, notamment, sur l'application qui recense les performances sportives, l'application Strava.

Et pour le voir courir en vrai, cette fois, pendant le Tour de France sur le col du Tourmalet, ce sera la sixième étape du Tour le 6 juillet prochain. – On suivra la compétition avec attention. Merci beaucoup Stéphane pour cette revue de la presse régionale. Place maintenant au débat du jour autour de ce sommet Choose France à Versailles et d'un Emmanuel Macron, un président de la République qui est aussi un VRP pour attirer les investisseurs mondiaux. Emmanuel Macron qui a donc organisé hier à Versailles le sommet Choose France, le dernier de son quinquennat, un sommet qui a permis de récolter 93 milliards d'euros d'investissements étrangers pour notre pays.

Mais ces annonces centrées sur l'intelligence artificielle cachent-elles un bilan industriel plus terne pour le président de la République ? C'est le débat du jour. Et pour en parler, j'accueille Elisabeth Martichoux. Bonjour.

10:24
Présentateur

– Bonjour à vous.

10:24
Invité

– Vous êtes éditorialiste politique pour Public Sénat. J'accueille également Louis-Samuel Pilser. Bonjour. – Bonjour. Vous êtes maître de conférences et enseignant à Polytechnique et auteur du livre intitulé Souveraineté économique, analyse et stratégie. Un livre disponible aux éditions Economica. Et puis, j'accueille Anne-Sophie Alzif. Bonjour. – Bonjour. – Vous êtes chef économiste et associé au cabinet BDO France. Alors, on va écouter Emmanuel Macron qui s'est félicité de ce dernier sommet Choose France de son quinquennat et de ce record d'investissements étrangers.

Cette édition de Choose France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d'euros d'investissements confirmés pour plus de 15 000 emplois. C'est évidemment de très loin une édition record et c'est historique. Ce sont 93 milliards d'euros d'investissements dans les data centers et dans l'IA, bien sûr. Ces 93 milliards d'euros d'investissements étrangers dans notre pays sont la preuve concrète de l'attractivité de la France pour la septième année consécutive, première destination des investissements étrangers en Europe. Elisabeth Martichoux a ses sommets Choose France depuis 2017.

Ça illustre politiquement une méthode Macron pour essayer de valoriser l'image du pays ?

11:40
Présentateur

Oui, quand on fera le bilan on va bientôt le faire. Dès dix années de macronisme, il y a une chose qui restera effectivement c'est ce volontarisme. C'est le président qui s'est fait élire sur la promesse de la start-up nation. C'est effectivement un ferment du macronisme et on ne peut pas enlever au président Macron ce volontarisme effectivement qu'il a affiché beaucoup d'énergie. Après, le bilan industriel il est ce qu'il est et on va en parler avec des chiffres documentés.

Vous avez laissé entendre dans votre question qu'il était plus contrasté, mitigé, discutable que donne cette impression de pluie de dizaines de milliards qui tombent sur la France le ruissellement en termes d'industrialisation structurelle de soldes nets en emploi vous nous le direz bien mieux que moi mais effectivement c'est beaucoup plus compliqué parce qu'en même temps des industries traditionnelles perdent du terrain mais je voudrais juste dire en termes d'image il y a l'attractivité de la France effectivement elle est réelle par ailleurs Emmanuel Macron là où la contradiction est majeure c'est que c'est lui-même qui a provoqué l'instabilité politique avec la dissolution et que l'instabilité politique elle est difficilement compatible avec une politique économique qui sécurise le monde économique.

13:01
Invité

Louis-Samuel Pilser est-ce que vous diriez qu'en deux quinquennats Emmanuel Macron a rendu le pays plus attractif économiquement ?

Alors c'est toujours une bonne nouvelle quand on a des dizaines de milliards d'euros d'investissement en France donc 93 annoncés hier je pense qu'il faut regarder le détail notamment vous l'avez dit sur les annonces qui ont été réalisées hier l'essentiel de ces investissements sont des data centers donc on a 45 milliards avec Softbank une seule annonce qui crée 350 emplois 45 milliards 350 emplois il faut remettre ça dans un contexte c'est des investissements qui sont à la fois assez importants pour notre souveraineté mais qui créent au final assez peu d'emplois sur le sol national et les compétences que nous arrivons à constituer en installant ces data centers ne sont pas inintéressantes électricien de l'entretien de data centers et un peu de compétences sur le logiciel également donc en fait c'est beaucoup de communication c'est beaucoup de communication en fait quand on décompose je pense que les investissements industriels à proprement parler dans ces 95 milliards c'est à peu près une dizaine de milliards avec quelques investissements sur la santé sur l'agroalimentaire c'est pas inintéressant mais quand on regarde le bilan on voit très clairement que le pays recommence depuis deux ans à se désindustrialiser on a fermé en solde net on a fermé 15 usines en 2024 63 usines en 2025 cette année on voit bien que les plans sociaux se multiplient et qu'on continue à dégringoler on va parler de cette réalité industrielle qui est bien plus terne que ne laisse entendre le président de la république mais quand même Anne-Sophie Alsif quand on regarde les chiffres depuis sept ans la France est le premier pays en termes d'accueil d'investissement étranger en Europe ça veut dire qu'il y a quand même une réalité en termes d'attractivité oui il y a une véritable attractivité de la France parce qu'on a véritablement des atouts on en a parlé on a des infrastructures on a une main d'oeuvre qui est très qualifiée et puis surtout on a un élément très important qui est notre énergie décarbonée souvent on le met de côté c'est assez étonnant parce que nos partenaires par exemple italiens et allemands ne parlent que de ça et nous on le met très peu en valeur alors que aussi c'est un des éléments qui explique pourquoi on a aussi autant de data centers parce qu'on a cette énergie en effet décarbonée robuste et de très bonne qualité qui nous permet d'être très attractifs et très compétitifs et dans un monde où on veut plus de souveraineté être moins dépendant aux énergies fossiles je pense que d'être très bien positionné sur des énergies décarbonées c'est un véritable atout et un véritable avantage comparatif donc souvent on dit concrètement qu'est-ce que ça veut dire là vous le voyez dans les chiffres c'est grâce à ça qu'on attire donc en effet je pense que sur ce point notamment de l'énergie c'est vraiment quelque chose qui est très positif pour la France c'est un atout finalement qui est historique pour la France avec cet investissement dans l'énergie nucléaire c'est pas forcément que Emmanuel Macron non non non ça en fait quelque chose qui est historique mais souvenez-vous on a eu cette filière nucléaire qui a été mise en oeuvre pour justement avoir une indépendance énergétique sur le long terme ensuite on est revenu en arrière maintenant on revient justement à ce type d'énergie nucléaire mais pas seulement c'est aussi l'éolienne c'est aussi le solaire donc c'est un mix d'énergie décarbonée et aujourd'hui plus que jamais on veut être de plus en plus autonome face à l'énergie fossile donc c'est vrai que d'être bien placé sur ce type d'énergie je pense qu'en termes d'attractivité c'est absolument essentiel et quand vous écoutez les investisseurs c'est un des premiers éléments qui explique pourquoi ils choisissent la France plutôt que l'Allemagne ou le Royaume-Uni Alors l'énergie nucléaire est un des atouts de la France qui explique l'attractivité économique et ses investissements étrangers mais pour Emmanuel Macron l'une des raisons aussi c'est ces réformes et l'environnement économique qu'il a créé en deux quinquennats on l'écoute Je pense que ces dernières années et c'est le principal moteur de ces nouvelles initiatives nous avons réussi collectivement à construire un environnement favorable aux entreprises nous avons très tôt entrepris de nombreuses réformes du droit du travail et la meilleure preuve de leur efficacité c'est que personne ne me parle plus des questions sociales lors de mes entretiens bilatéraux Elisabeth Martichoux on l'entend Emmanuel Macron il est en train d'écrire son bilan et finalement l'histoire d'un président réformiste

16:57
Présentateur

Oui alors il y a quelque chose de comment dirais-je je vais dire touchant c'est pas tout à fait le mot mais Emmanuel Macron il se rend compte à la fin de la neuvième année de mandat de tout ce qu'il aurait pu faire en neuf ans et il essaye dans la dernière année d'en rattraper un peu le temps perdu et il y a quelques semaines on en avait parlé vous savez il est allé inaugurer 150 projets industriels sur le modèle de Notre-Dame et l'idée de Notre-Dame c'était effectivement de surmonter ou de faire des dérogations aux normes et aux règlements pour pouvoir mettre en oeuvre plus rapidement des chantiers et c'était finalement une critique de la réglementation française qui est trop tatillonne trop normée disent les chefs d'entreprise évidemment aussi trop chargés mais il y a aussi des questions de réglementation et donc on est dans cette contradiction mais c'est vrai que si vous me permettez on a envie de comprendre pourquoi dans le fond tous ces investissements qui se comptent par dizaines de milliards au fil des ans depuis 2018 n'ont pas permis de créer un ferment de réindustrialisation profond c'est-à-dire qu'on a l'impression que oui il y a des investissements mais qu'il n'y a pas structurellement de réformes ou de transformations qui permettent vraiment d'avoir une réindustrialisation plus solide et on se dit qu'est-ce qui a manqué dans le fond ?

18:27
Invité

Alors déjà ce qui manque c'est une vision très long terme quand vous voulez vous réindustrialiser c'est pas en 2-3 ans c'est minimum 15-20 ans donc c'est du temps très long surtout quand vous voulez revenir sur de l'énergie sur des secteurs voilà qui sont vraiment qui demandent beaucoup de capitaux et beaucoup d'investissements donc déjà il y a vraiment l'idée d'une planification et d'avoir une vision du temps long d'avoir un objectif de s'y tenir et de ne pas changer c'est vrai qu'on a vu ces derniers temps c'est très compliqué d'avoir cette vision-là l'autre élément c'est quand vous décidez de vous réindustrialiser vous pouvez dire on a cet objectif-là mais vous ne pouvez pas le décréter donc vous avez au niveau international plusieurs choses vous avez déjà une compétition internationale qui est très vive notamment asiatique et on voit aujourd'hui les pays qui sont les plus touchés par la désindustrialisation et la compétition c'est beaucoup plus l'Allemagne que la France parce qu'il y a cette concurrence asiatique qui est excessivement forte donc c'est aussi très compliqué de dire même si vous avez la vision même si vous avez les investissements on va se réindustrialiser comme ça parce que vous êtes dans un monde ouvert où aujourd'hui vous avez des géants notamment les Etats-Unis et la Chine qui ont une politique industrielle très agressive on l'a vu avec les Etats-Unis droit de douane et on a vu la Chine qui est aujourd'hui la première puissance industrielle qui n'a jamais produit autant depuis la seconde guerre mondiale donc dans cela ce monde-là il faut en effet à mon sens se réindustrialiser se réindustrialiser aussi sur tous les éléments de la chaîne à mon sens parfois on dit oui il faut réaliser dans certains secteurs ou que dans telles entreprises non il faut vraiment se réindustrialiser partout autant les petites entreprises les fameuses entreprises de taille intermédiaire et les très grandes pourquoi ?

c'était votre question parce que quand vous créez un emploi dans l'industrie c'est trois dans les services et la France est très bien positionnée dans les services aux entreprises donc c'est ça qu'il faut regarder en termes d'emplois c'est pas l'industrie demain qui va créer des millions d'emplois comme dans le passé parce qu'il y a la robotique etc par contre ça crée un écosystème favorable et ça crée des emplois pas seulement dans l'industrie mais dans les services et sur l'ensemble du territoire mais ça prend 20 ans Louis-Samuel Pilser quand on fait le bilan industriel d'Emmanuel Macron est-ce qu'il a vraiment créé cet écosystème cet environnement favorable aux investissements industriels dans notre pays ?

il y a un vrai problème de méthode en fait ce qu'on peut faire comme bilan c'est d'abord le fait que les baisses d'impôts et ce que Macron appelle l'environnement social plus favorable ça n'a eu aucun impact industriel la vérité c'est que les data centers comme l'a dit Anne-Sophie s'installent parce qu'on a une énergie qui est abondante on est excédentaire on vend tous les ans notre excédent énergétique à l'Allemagne donc notre électricité qui par ailleurs est plutôt plus chère que celle qu'on trouve aux Etats-Unis ou en Chine elle attire parce que quand des data centers doivent s'installer sur le sol américain ils ont de grandes difficultés pour se raccorder aux réseaux électriques et pour obtenir les puissances énergétiques nécessaires pour faire tourner ces data centers donc la plupart installent même des usines sur site pour avoir l'énergie dont ils ont besoin pour tourner en France on a une énergie qui est disponible ça les attire beaucoup même si c'est un peu plus cher sur l'industrie je pense en effet qu'on a fait un peu la moitié du chemin on a des investissements France 2030 54 milliards c'est énorme on a des investissements étrangers par ailleurs qu'on attire mais ce sont des gros investissements sur des grands projets le problème c'est que le consensus c'est que les deux tiers à peu près de notre potentiel de réindustrialisation ils se trouvent dans des territoires enfin dans les territoires et dans des petits projets de PME qui étendent une usine ces projets ne trouvent pas leur compte dans les politiques qui ont été mises en place actuellement pour accompagner ces grands projets d'envergure ces gigafactories etc et pourquoi ?

parce qu'on a centré nos politiques industrielles sur des très grands projets d'envergure sur lesquels on met un milliard sur des investissements internationaux qu'on attire en dizaines de milliards c'est très bien c'est utile parce qu'il nous faut ces gigafactories de batteries ces productions de panneaux solaires etc qu'on a besoin d'attirer de mettre en place en France mais ça ne fait pas tout le chemin il faut aussi qu'on arrive à accompagner les territoires dans leur reconstruction industrielle qui nécessite de construire des filières d'aménager du foncier mettre en place des infrastructures des formations ça on l'a insuffisamment fait ces dernières années Anne-Sophie Elzif vous voulez y réagir oui il faut faire aussi attention là on parlait d'un bilan c'est vrai que depuis deux ans on ferme plus d'usines qu'on en ouvre mais on a aussi un contexte international qui n'est pas forcément favorable et notamment concernant les masses d'investissements qui sont absolument énormes en intelligence artificielle aux Etats-Unis et en transition écologique en Chine quand vous regardez en Europe on a ce choc d'investissement mais il reste quand même beaucoup plus faible en volume par contre quand vous regardez sur les dix ans deux années en effet on ferme plus d'usines mais au tout début il a quand même remis cette politique de l'offre au début alors qu'on n'était pas vraiment dans cette politique-là et on a eu des ouvertures d'usines quand même assez importantes et de la recréation d'emplois industriels ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps donc bien évidemment il y a ce contexte-là là aussi il faut faire attention de se dire ah ben voilà depuis deux ans on ferme des usines donc on va laisser de côté il ne faut surtout pas faire ça il faut surtout continuer parce que par rapport à ce qu'on a dit avant si on veut se réindustrialiser c'est sur très long terme donc ce n'est pas parce que deux ans on a des chiffres moins bons qu'il faut dire ah on met de côté la réindustrialisation surtout pas Elisabeth

23:26
Présentateur

Oui c'est intéressant ce que dit Manu Alcif parce que précisément on a deux ans devant nous très incertains politiquement et qu'on se dit l'année 2026 elle est compliquée 2027 on ne sait pas si on va avoir un sommet de choses France dans un an qui sera à l'Elysée est-ce que le successeur ou la successeur d'Emmanuel Macron sera dans la même logique quand on écoute les discours et ceux qui aujourd'hui sont donnés gagnant à l'Elysée on se dit que ce n'est pas sûr ce n'est pas certain et les industriels et là je parle sous votre contrôle les industriels ils le savent ça quand même ce climat politique en France il est terrible on se dit mais c'est presque un miracle que les investisseurs viennent encore en France d'abord parce que effectivement bon il y a eu des avancées la politique de l'offre d'abord de François Hollande puis d'Emmanuel Macron effectivement on fait en sorte que ça rende plus attractive la France on l'a bien vu en termes de social de coût de ce que représente le travail en France mais bon c'est quand même pas encore extraordinaire du point de vue du patronat et puis politiquement on est quand même depuis 2024 dans une situation dans un marasme total mais totale et une incertitude qui va perdurer encore pendant au moins deux ans donc vous disiez deux ans c'est très important justement politiquement

24:51
Invité

c'est très chaud oui c'est très chaud mais regardons aussi on dit la France vous regardez le Royaume-Uni ils ont énormément de problèmes politiques vous regardez l'Allemagne ils ont eu non non ce que je veux dire c'est qu'il y a des tensions politiques vu qu'on est en face à beaucoup de transitions on va en avoir en France on en aura dans d'autres pays et ça va continuer donc la question c'est de se dire de toute façon ça c'est toujours l'Espagne regardez qui est la première aujourd'hui moteur de croissance en Europe qui n'a pas de budget et c'est pas pour ça ils ont quand même plus de 2% de croissance en Espagne donc vous vous dites que c'est décorrélé ce que je veux dire c'est pas du tout décorrélé mais ce que je veux dire c'est que c'est tout à fait possible malgré les crises malgré les chocs vous êtes optimiste non non mais de conduire si on a la volonté politique en effet une politique d'offre une politique de réindustrialisation et une politique de développement des entreprises c'est tout à fait possible vous regardez aux Etats-Unis que ce soit en effet Joe Biden ou Donald Trump la forme est différente mais sur ces politiques de réindustrialisation d'autonomie stratégique on a quasiment la même politique donc c'est possible si vous voulez de garder un cap de garder un cap même s'il y a des changements politiques par contre il faut avoir la volonté politique et c'est là où vous avez raison on ne sait pas alors Emmanuel Macron a attiré les investissements étrangers mais le bilan industriel reste plus mitigé les avis sont assez critiques on va écouter celui de la secrétaire générale de la CFDT Marie-Lise Léon qui était hier sur ce plateau on est loin du compte en matière de réindustrialisation sur 2025 on est à 200 000 emplois industriels qui ont été détruits alors d'autres ont été créés en attendant mais je pense qu'on a une véritable problématique de maintien de l'industrie en France et les investissements qui sont annoncés les créations d'emplois qui sont annoncées notamment pour les data centers en haut de France c'est une bonne nouvelle pour le territoire c'est une bonne nouvelle pour l'emploi mais le bilan de la CFDT il n'est pas aussi réjouissant Louis-Samuel Pilser il y a quand même certaines filières industrielles qui sont en souffrance aujourd'hui dans notre pays malgré ces annonces oui en fait le problème de la France c'est qu'on a enfin on a mis en place des politiques industrielles qui permettent de reconstruire mais en même temps on n'a pas fait l'ensemble du chemin c'est-à-dire qu'on accompagne avec des subventions des grands projets industriels des gigafactories etc mais on est incapable au niveau français mais surtout au niveau européen de se protéger contre la concurrence internationale extrêmement féroce à laquelle font face les acteurs qui sont sur ces filières on a entendu la semaine dernière que des projets comme ceux de Vercors ACC les projets de gigafactory de batteries qui étaient des emblèmes du quinquennat Macron étaient en difficulté parce que Renault Peugeot estimait que c'était plus cher d'acheter une batterie fabriquée en France que de prendre une batterie fabriquée en Chine évidemment c'est beaucoup plus cher si on ne met pas en place les barrières douanières les politiques de protection de nos entreprises nécessaires donc au niveau européen on n'a pas réussi à impulser ce changement de fonctionnement qui permettrait de protéger les filières qu'on essaye de reconstruire sur le sol national et sur le sol européen de la concurrence chinoise notamment donc il y a une question de souveraineté aussi dans ce débat oui exactement en fait il faut quand on essaye de reconstruire une filière qu'on soit cohérent si on veut reconstruire une filière des batteries et bien on se protège on arrête d'importer des voitures électriques chinoises qui sont effectivement beaucoup moins chères et beaucoup moins chères parce qu'elles sont dumpées parce que les Chinois subventionnent leurs exportations en Europe pour couler nos filières et ils l'assument quasiment et ça c'est juste pour compléter pourquoi c'est très important la réindustrialisation la Chine aujourd'hui a plus de 1000 milliards d'excédents quasiment tout ce que vous consommez autour de cette table plus de 30% c'est Chinois et donc c'est en effet de l'argent que vous donnez enfin vous consommez à ce pays quand vous avez autant d'argent bien évidemment que vous pouvez après massivement subventionner des filières et être en concurrence avec l'Europe si demain vous vous réindustrialisez si demain vous avez de nouveau une base industrie qui est beaucoup plus importante sur votre sol européen un vous avez plus de souveraineté mais aussi vous avez de la valeur ajoutée qui est créée parce que souvent vous parlez en termes d'emploi sur le quinquennat Macron en effet on a baissé le taux de chômage on a eu beaucoup d'emplois créés mais il y a eu beaucoup d'emplois aussi dans le secteur des services qui avaient moins de gains de productivité et donc moins de création de valeur donc c'est ça aussi l'idée c'est d'avoir plus d'industrie pour créer plus de richesses et arrêter de se paupériser alors sur cette question la souveraineté et des investissements étrangers je voudrais qu'on écoute François Ruffin ce matin qui dit attention il ne faut pas faire trop de danse du ventre c'est ce qu'il va dire vous allez l'écouter face à tous ces investisseurs notamment chinois mais il faut mobiliser l'épargne des français on a une épargne nationale qui est gigantesque qui est à hauteur de 19% qui est 2 000 milliards d'assurance vie et sur ces 2 000 milliards d'assurance vie il n'y en a que 3 à 4% qui va vers les PME donc la priorité ça ne doit pas être de faire la danse du ventre devant les capitaux étrangers mais ça doit être de se demander comment on mobilise cette épargne nationale et on vient avec des réponses en disant il y a une première chose à faire c'est puisque c'est un produit partiellement défiscalisé l'assurance vie et bien on le flèche on le flèche en particulier en direction des PME Elisabeth, on a les moyens en France de financer cette réindustrialisation ?

29:47
Présentateur

Alors justement là vous mettez sur la table un point majeur c'est le problème du budget les caisses sont vides par parenthèse il y a quand même un petit malaise à entendre cette expression de François Ruffin les capitaux étrangers comme si c'était sale que la France investisse que les pays étrangers investissent en France c'est quand même une bonne nouvelle après les caisses publiques sont totalement vides et la question que si vous me permettez j'ai aussi envie de poser à vos invités c'est le moteur de l'industrialisation aussi mais peut-être je me trompais c'est l'innovation et en France on a l'impression que les investissements en fait ils pleuvent sur des secteurs qui existent déjà qu'on n'arrive pas vraiment à innover à créer nous des nouveaux secteurs industriels d'avenir mais pourquoi dans le fond pourquoi on n'y arrive pas on a l'électricité on a des chercheurs on a des ingénieurs on a des emplois qualifiés et ça on n'y arrive pas

30:44
Invité

alors en effet c'est la question du financement on a absolument tout vous l'avez dit pour pouvoir créer par contre en effet on a des problèmes de financement quand vous avez une entreprise et que vous avez besoin d'être financé à plus de 2-3 milliards d'euros et bien on le voit derrière les 10 dernières années notamment dans les secteurs des technologies à 75% vous pouvez être acheté par des entreprises américaines donc ça c'est un vrai sujet de souveraineté c'est un vrai sujet et en effet c'est tous les débats qu'il y a sur le fléchage de l'épargne etc même si l'épargne finance déjà l'économie réelle et les entreprises c'est pas l'épargne qui finance rien l'assurance vie finance déjà les entreprises mais c'est de dire comment on peut faire pour que toutes ces entreprises qui sont en effet créées en Europe et bien puissent se développer en Europe et ça c'est vraiment une vraie question de souveraineté ça pose également la question de la taille des entreprises oui d'avoir des géants européens dans énormément de secteurs vous le voyez aujourd'hui que pendant 20 ans mais c'est pas la faute de l'Europe l'idée c'était d'avoir un territoire un marché unique et pas forcément un grand marché de producteurs plutôt de consommateurs donc ça il faut revoir ça donc c'est vrai qu'un petit peu tous les fondamentaux du marché qui avaient été créés pour en effet être un marché ouvert de consommateurs et d'augmenter notre pouvoir d'achat aujourd'hui il faut le revoir et être beaucoup plus sur la production et moins sur la consommation et quand on a été biberonné à la consommation pendant des dizaines et des dizaines d'années c'est pas facile de revenir à cette production Louis-Samuel vous êtes d'accord il faut utiliser cette épargne française cette épargne européenne qui parfois d'ailleurs peut partir à l'étranger aux Etats-Unis il faut l'utiliser pour notre production industrielle oui c'est vrai qu'on a un paradoxe en fait l'épargne des français elle finance la tech américaine et derrière nos start-up quand elles veulent lever des fonds elles sont contraintes d'aller aux Etats-Unis pour faire leur tour de table

32:21
Présentateur

c'est le punchline notre épargne finance la tech américaine

32:25
Invité

300 milliards d'euros d'épargne européenne qui part aux Etats-Unis oui c'est massif c'est énorme oui exactement ça fait partie des conclusions du rapport Draghi et c'est un des gros problèmes de notre économie ensuite d'un côté l'épargne des français finance la tech américaine de l'autre les investisseurs américains mettent de l'argent en France pour ouvrir des data centers des sites industriels et les start-up françaises doivent être financées aux Etats-Unis parce qu'on n'a pas d'industrie du venture capable de participer à des tours de table de 100 millions 500 millions etc qui se font aujourd'hui sur certains secteurs donc je pense que ce paradoxe doit être résolu ensuite sur ce donc quelle est la solution pour vraiment utiliser notre épargne pour notre industrie en réalité sur le financement des start-up je pense qu'on a fait de sérieux progrès depuis 15 ans en fait depuis la mise en place de BPI les plans les programmes d'investissement d'avenir on a construit une vraie industrie du capital risque qui permet aujourd'hui de participer à la plupart des tours de table alors c'est vrai que sur notamment les rachats en fait on a un problème parce que quand une start-up travaille sur de l'IA de la cybersécurité du logiciel en fait c'est très compliqué de lui dire non tu ne vas pas te faire racheter par Apple par Google et tu vas aller chez Renault c'est vrai que quand on regarde les perspectives pour une start-up qui se développe en France sur ces filières elles sont quasi inexistantes pour des rachats français, européens donc elles sont contraintes sur les étapes les plus avales de leur développement de passer côté américain je pense qu'il faut qu'on arrive à structurer des vraies filières numériques en Europe pour offrir des débouchés à nos start-up justement sur la filière numérique et sur l'intelligence artificielle je voudrais qu'on écoute le patron du groupe japonais Softbank qui est l'un des principaux investisseurs de ce dernier sommet Choose France avec 75 milliards d'euros annoncés d'investissement notamment dans un méga data center dans les Hauts-de-France on va l'écouter sur l'enjeu de l'IA en Europe En fait il y aura deux types d'emplois des emplois directs que nous allons créer et puis des emplois indirects il y a besoin de beaucoup de composants, de matériaux il va falloir produire et puis il faudra évidemment construire ces sites ça correspondra à plusieurs dizaines de milliers de personnes et ça va aussi permettre d'augmenter la croissance en France d'augmenter les investissements parce que toutes ces personnes embauchées elles vont consommer davantage et donc ça va contribuer à faire tourner l'économie Il n'est pas candidat

34:49
Présentateur

à la présidentielle

34:50
Invité

Non, il essaie d'être convaincant est-ce qu'il faut le croire ce patron du groupe SoftBank est-ce que l'IA au final va créer des emplois ou en détruire ?

Les deux ça a toujours été le cas vous regardez les dernières années les transitions écologiques ont toujours créé et détruit de l'emploi donc voilà c'est tout à fait normal après la question c'est de savoir où c'est créé où c'est détruit et quel pays on va dire bénéficie de ces innovations et c'est aujourd'hui pour ça qu'on a une course effrénée sur l'intelligence artificielle notamment entre la Chine et les Etats-Unis parce qu'en effet si vous allez être le leader sur ces nouvelles transitions c'est vous qui en fait vous allez plus bénéficier des retombées positives donc c'est pour ça qu'on a en effet ces investissements qui sont absolument colossaux donc c'est très important que la France se positionne et en effet c'est un investissement qui est très très positif pour le territoire français après on l'a dit l'idée c'est vraiment d'avoir une réindustrialisation globale donc pas se concentrer là-dessus et vraiment sur tous les pans de la chaîne mais ça on l'a vu c'est pas qu'au niveau français c'est aussi au niveau européen que ça joue avec des protections avec une politique industrielle commune Louis-Samuel Pilser est-ce que sur le fonds de l'emploi sur l'intelligence artificielle et ses conséquences il faut être inquiet ?

Alors sur ces data centers je pense qu'il faut souligner que ce sont des projets qui sont très peu créateurs d'emplois 350 emplois le projet de Softbank c'est très peu par ailleurs quand on regarde l'investissement 45 milliards en fait les deux tiers c'est l'installation de ce qu'on appelle de GPU de carte graphique de CPU des composants électroniques qui sont fabriqués aux Etats-Unis et c'est terminé rapidement non peut-être juste pour revenir sur l'intelligence artificielle je pense qu'il ne faut pas qu'on rate cette révolution c'est une vraie révolution technologique qu'on est en train de vivre on a raté la révolution de la robotique on est en retard face à l'Allemagne face à la Chine aux Etats-Unis il faut réussir la révolution de l'IA merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat merci à tous d'avoir suivi cette émission

36:38
Présentateur

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