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interviewBFMTV — BFM Politique· 7 janvier 2024 42 min

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale et députée du Val-de-Marne - 07/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Mathilde Panot, la patronne des députés insoumis, l'invité de BFM Politique. Mathilde Panot, juste avant de commencer cette interview, je signale à tous ceux qui nous regardent qu'en flashant le QR code qui va apparaître juste ici à la droite de l'écran, vous pouvez interroger directement Mathilde Panot et nous relaierons vos questions tout au long de cette émission. Mathilde Panot, un remaniement avec un probable départ d'Elisabeth Borne semble imminent, j'imagine que vous allez nous dire que cela n'importe pas, que seule la ligne politique compte, mais est-ce qu'à minima, vous regretterez Elisabeth Borne ?

0:39
Mathilde Panot

Non, certainement pas, mais regardez, moi j'ai écouté Emmanuel Macron qui a dit lui-même un nouveau cap dans la continuité. Donc, ça veut tout dire, vous pouvez changer l'équipe. D'ailleurs, on voit le jeu de chaise musicale qui va de nouveau se faire parce que personne ne veut monter dans un bateau qui coule puisqu'on parle toujours des mêmes personnes qui seraient ici un changement de mise, pour prendre la place d'un premier ministre éventuel. Mais la politique ne va pas changer. Or, ce dont on envie le peuple de France, c'est d'avoir une rupture. On est quand même dans une situation.

Septième puissance économique au monde, nombre d'enfants qui dorment à la rue qui est en train d'exploser, un français sur trois, ça c'est les chiffres, du secours populaire qui a faim dans ce pays, ce qui est d'une indignité absolue, des enfants qui ratent des millions d'heures de cours parce qu'il y a des professeurs non remplacés, 6700 lits d'hospitalisation complètes qui ont fermé juste en 2022.

1:31
Présentateur

Mais on aura le temps d'aborder ces sujets tout au long de l'émission, mais juste sur le point précis d'Elisabeth Borne. Est-ce que vous nous dites, oui, moi je serais satisfaite de la voir partir ou est-ce que ça ne compte pas pour vous ?

1:42
Mathilde Panot

Mais non, ça ne compte pas parce qu'Elisabeth Borne, on le sait très bien, avait été abîmée par les 11-49-3, par la bataille sur les retraites où ils avaient passé en force, la retraite à 64 ans. Et donc, ils ont maintenu Elisabeth Borne le plus longtemps possible pour qu'elle fasse ensuite les 23-49-3, qu'elle passe en force non seulement la loi retraite, mais aussi la loi immigration. Et cette loi immigration qui, je le rappelle, reprend ligne pour ligne du programme de Jean-Marie Le Pen.

2:06
Présentateur

Vous passez votre vie à demander le départ d'Elisabeth Borne. Là, si elle s'en va au moins, vous pourriez vous dire, on a pris le point, on va gagner là-dessus.

2:13
Mathilde Panot

Écoutez, tant qu'il n'y aura pas de changement de politique, ça ne changera pas grand-chose. D'accord. Parce qu'y compris...

2:18
Présentateur

Donc ça ne servait à rien d'appeler à sa démission sans arrêt.

2:19
Mathilde Panot

Est-ce que vous dites même que ça peut... Si, par exemple, vous me dites qu'Elisabeth Borne part pour un ministre qui va demander la confiance devant le Parlement, là, je prends. Là, je prends. Mais vous, comme moi, vous savez très bien qu'aucun des premiers ministres qui sont nommés pour l'instant et suspectés de pouvoir être nommés à Matignon ne demanderont la confiance à l'Assemblée nationale. Moi, je voudrais un premier ou une première ministre qui demande la confiance à l'Assemblée, qui ne passe pas sans cesse en force des mesures et qui ne gouverne pas en même temps pour des milliardaires et pour des multimilliardaires.

2:49
Invité

Est-ce que vous pensez que ça peut être pire parmi les noms des prétendants qui sont cités aujourd'hui ? Il y a, par exemple, Sébastien Lecornu qui vient de la droite, qui est le ministre de la Défense. À l'inverse, il peut y avoir Julien Demormandie qui, lui, était plutôt salué lorsqu'il est passé à l'agriculture. Il y a un moindre mal, selon vous, ou pas ?

3:05
Mathilde Panot

On n'a que des mauvais choix. Regardez, dans les gens que vous avez nommés. Vous avez nommé M. Demormandie. M. Demormandie, c'est un technocrate complètement déconnecté. C'est celui qui expliquait, par exemple, qu'il n'y avait que 50 femmes isolées SDF qui dormaient en Ile-de-France. Je ne sais pas si vous vous rappelez. Celui qui est contre l'interdiction du glyphosate. Celui qui est contre le gel des loyers, etc.

3:26
Présentateur

Quand vous dites technocrate, le problème, c'est qu'il n'ait jamais été élu.

3:29
Mathilde Panot

Non, non, non. Je parle de quelqu'un qui est complètement déconnecté des réalités. C'est ça que je veux dire par technocrate. Ensuite, vous prenez M. Lecornu. Lecornu, M. Lecornu, comme ministre des Outre-mer, les Guadeloupéens s'en rappellent bien puisque pendant le Covid, alors qu'il manifestait notamment pour avoir des soignants et un hôpital digne de ce nom et surtout l'accès à l'eau puisque je le rappelle qu'en Guadeloupe, un enfant en Guadeloupe continue d'avoir jusqu'à un mois et demi de cours en moins par an parce qu'il n'y a pas d'eau à l'école, que les gens sont toujours sous coupure d'eau incessante. Eh bien, qu'a-t-il fait ? Il a envoyé le GIGN et le RAID.

Donc, en termes de rapport de force et de brutalité, vous pouvez faire mieux que lecornu.

4:05
Présentateur

Moi, j'ai lu même des députés insoumis qui disaient qu'au moment du débat autour de la loi de programmation militaire et ils prenaient sinon du plaisir. Du moins, ils reconnaissaient la capacité à essayer de trouver des compromis avec le ministre de la Défense. Non, ça, ça compte pas, non ?

4:19
Mathilde Panot

Je ne sais pas, mais moi, je vous donne des faits. Je vous donne des faits. Vous vous rappelez que M. Lecornu, par exemple, après 35 jours de bombardement à Gaza, lorsque Emmanuel Macron pour la première fois a appelé au cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le lendemain même, Sébastien Lecornu était en Israël en train de rencontrer son homologue, le général Galland, qui est celui qui organise les massacres sur la population palestinienne pour lui apporter son soutien. Donc, je ne sais pas vous dire... En fait, la politique n'est pas une question de personne. C'est la question de la ligne politique qui va être établie. Petite question.

4:54
Invité

Si on vous suit bien, si on suit bien vos argumentaires, quelle que soit la personne qui sera nommée à Matignon, vous allez tout faire pour essayer de la renverser ?

5:01
Mathilde Panot

Si vous suivez bien mon argumentaire, nous sommes une opposition. Effectivement, nous avons été élus pour nous opposer à Emmanuel Macron et pour proposer une alternative politique. Et donc, c'est ce que nous continuerons à faire. Et évidemment, nous continuerons à nous battre de toutes nos forces contre le projet d'Emmanuel Macron. Parce que, par exemple, dans les grandes choses qu'on nous promet pour cette nouvelle année 2024, on nous promet un pacte 2. Dans ce pacte 2, on va par exemple s'attaquer aux droits des chômeurs de plus de 55 ans. Donc, on aura déjà volé deux ans de vie aux Français, mis jusqu'à 64 ans l'âge de la retraite.

Et maintenant, ceux qui n'auront pas d'emploi, puisque vous le savez, pourquoi y a-t-il des protections spécifiques pour les plus de 55 ans ? C'est parce que, justement, il y a des discriminations spécifiques pour l'emploi des seniors. Et donc, vous allez avoir des gens qui vont se retrouver sans droit au chômage puisqu'on va leur baisser leurs droits au chômage. C'est ça, par exemple, qu'on propose. Donc, que ce soit M. Le Corny, M. Denormandie ou Mme Borne, c'est le projet politique qu'ils veulent faire.

Et nous continuerons à dire que nous ne sommes pas d'accord avec ça, que nous sommes les partisans de la retraite à 60 ans et d'avoir une bonne protection sociale pour tout le peuple du pays.

6:03
Présentateur

Une question encore sur ce remaniement avant de parler de la loi immigration. Il y a aussi le sort des ministres dits de l'aile gauche qui ont exprimé leur malaise précisément pendant les débats autour de la loi immigration. Certains ont remballé pour le moins leurs inquiétudes, notamment Clément Beaune. Est-ce que vous souhaitez que ces ministres-là restent au gouvernement pour continuer à exprimer cette voix sinon dissidente, du moins légèrement différente que la majorité du gouvernement ?

6:28
Mathilde Panot

Moi, je veux surtout saluer l'ancien ministre de la Santé qui, lui, a eu le courage d'aller jusqu'au bout des actes qui impliquaient ses paroles. Parce que quand ces ministres se sont exprimés, j'aurais cru, à part M. Rousseau, qu'ils auraient compris que là, on ne parlait pas de quelque chose de partisan, qu'on parlait de quelque chose qui impliquait l'identité républicaine de la France, donc qui est plus grand que ce qui nous différencie selon nos partis. Et lorsque vous arrivez à une loi qui, pour la première fois, inscrit la préférence nationale dans notre loi commune, j'aurais pensé qu'ils auraient été jusqu'au bout.

Et donc, au déshonneur de ne pas avoir tenu leur parole, peut-être seront-ils écartés, je ne sais pas.

7:07
Présentateur

Rapidement, un tout petit mot, est-ce que vous préféreriez que le président annonce une dissolution plutôt qu'un maniement ? C'est toujours votre mantra ?

7:13
Mathilde Panot

Écoutez, moi, ce n'est pas que j'appelle à la dissolution de l'Assemblée nationale, mais je crois que lorsque vous êtes dans une situation de blocage politique, alors la solution reste toujours le peuple.

7:22
Présentateur

Question de Valérie Hacot sur la loi immigration.

7:25
Invité

Oui, justement, Mathilde Panot, le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur cette loi d'ici au 26 janvier. Est-ce que vous demandez à ces membres, solennellement, de censurer toute ou partie de cette loi ?

7:37
Mathilde Panot

Alors oui, évidemment, d'ailleurs nous avons déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, il y a des députés insoumis, notamment avec d'autres parties de gauche qui iront défendre ce recours devant le Conseil constitutionnel et qui, je l'espère, censureront un grand nombre de ces mesures. Mais je vais vous dire, quel que soit le résultat du Conseil constitutionnel, nous, nous abrogerons cette loi lorsque nous serons au pouvoir. Parce que cette loi inscrit non seulement la question de la préférence nationale, de la déchéance de nationalité qui est là aussi...

8:06
Présentateur

Déchéance de nationalité qui était déjà dans le droit... Qui est là aussi dans le programme de Jean-Marie Le Pen qui le fait avancer.

8:11
Mathilde Panot

Vous avez la promesse qui a été faite par Elisabeth Borne de vous en prendre à l'aide médicale d'État. L'aide médicale d'État qui est une politique de santé publique parce que tout le monde comprend qu'un microbe ne regardera jamais les papiers d'une personne ou d'une autre personne avant de faire son œuvre. Et d'ailleurs, l'Espagne qui a essayé de supprimer un dispositif similaire a dû le remettre devant la surmortalité des exilés mais aussi devant une propagation d'épidémie qui était contraire à la santé. Et alors restons sur l'aide médicale d'État

8:36
Présentateur

si vous le voulez bien une seconde. Avec plaisir. Ce que dit Elisabeth Borne c'est qu'il y a eu un accord, en tout cas ça faisait partie des conditions de l'accord de s'engager auprès de la droite de réformer l'aide médicale d'État. Mais personne au gouvernement ne dit qu'il faut supprimer l'aide médicale d'État. Personne au gouvernement ne soutient l'idée de la transformer ce que souhaitait la droite en aide médicale d'urgence. Ils disent juste on va prendre le rapport de Patrick Stefanini, Claude Evain, ancien ministre de la Santé socialiste. On va regarder si éventuellement il y a des choses qui peuvent bouger.

Par exemple, c'est dans le rapport la proposition de retirer l'aide médicale d'État aux personnes frappées de mesures d'éloignement pour motifs d'ordre public. C'est-à-dire ceux qui sont par exemple frappés d'une obligation de quitter le territoire français parce qu'il y aurait eu un trouble à l'ordre public. Même ça, c'est impossible d'y toucher si vous avez par exemple quelqu'un qui est délinquant de se dire que cette personne-là ne doit plus bénéficier de la médicale d'État.

9:22
Mathilde Panot

Ne mélangez pas vous, tout vous-même. Je vais vous expliquer pourquoi. Je vous soumets une proposition du rapport. Je vais vous expliquer pourquoi. Si cette personne est sur le territoire français, elle vit sur le territoire français cette personne dont vous parlez.

9:34
Présentateur

Oui, même si elle est frappée d'éloignement, donc elle a vocation à quitter le territoire.

9:36
Mathilde Panot

D'accord, mais elle vit sur le territoire français. Donc c'est complètement absurde de dire qu'on ne soigne pas cette personne. C'est complètement absurde. C'est comme ça qu'on fait des désastres en santé publique. Lorsque vous avez 3500 médecins qui disent si vous restreignez encore ou vous supprimez l'aide médicale d'État, nous désobéirons. Y compris parce que les médecins font un serment dans notre pays qui s'appelle le serment d'Hippocrate de soigner toute personne qui viendrait à elle.

10:00
Présentateur

Le moindre fait de regarder d'éventuels éléments pour faire évoluer le dispositif, c'est totalement tabou. En fait,

10:05
Mathilde Panot

je préférerais qu'on étende l'aide médicale d'État. Je vais vous dire pourquoi. Depuis des années, on est en train de restreindre l'aide médicale d'État. Notamment, on restreint le panier de soins qui accompagne l'aide médicale d'État. Et vous le savez, mais dans l'aide médicale d'État, ceux qui ont droit, qui pourraient bénéficier de cette aide médicale d'État, vous avez un non-recours de 50 %. Eh bien moi, je préférerais qu'on s'attaque à son non-recours de 50 %, d'autant que vous comprenez bien dans une société que quand vous ne prenez pas, les gens attendent.

Notamment, la santé, c'est beaucoup de la prévention et que vous les prenez lorsque une maladie est d'ores et déjà déclarée ou lorsqu'elle est déjà plus grave. Eh bien même en termes économiques, c'est une absurdité totale.

10:44
Invité

Mais pourquoi alors, Mathilde, pourquoi les Français, quand ce projet de loi a été voté, étaient très majoritairement satisfaits ? 70 % d'entre eux ont applaudi, ils voulaient cette loi. Est-ce que vous ne vous sentez pas souvent d'ailleurs respiration des Français qui ont des inquiétudes sur l'immigration ?

11:01
Mathilde Panot

Vous regardez le dernier sondage IFOP qui a été fait en décembre. Dans la première préoccupation des Français à 83 %, c'est justement la santé. Dans la deuxième préoccupation à 80 %, c'est la question de la vie chère. Je le disais à 70 %. Donc, vous comprenez bien que la question d'agiter, la question de l'immigré ou de l'exilé dans ce pays est une technique qui est vieille comme le monde que nous connaissons par cœur. Quelle est sa fonction pour les gouvernants ? Les Français ne sont pas inquiets du tout sur l'immigration. Je vais vous dire, attendez juste.

Sa fonction pour les gouvernants est de diviser le peuple, tout comme d'ailleurs le racisme a pour fonction de diviser à chaque moment le peuple.

11:39
Présentateur

Ce n'est pas raciste de se poser la question de la façon dont peuvent évoluer les dispositifs autour de l'immigration. En tout cas,

11:44
Mathilde Panot

je pense que cette loi est xénophobe. Oui, oui, cette loi est xénophobe. Alors, comment expliquez-vous ? Attendez, parce que je rebondis sur le sondage d'Amandine. Par association, les Français sont...

11:51
Présentateur

Je rebondis sur le sondage évoqué par Amandine Atalaya. Même quand on regarde dans votre électorat, il y a certes une courte majorité qui est défavorable à la loi, mais il y a de mémoire plus de 40% des sympathisants la France insoumise qui sont favorables à cette loi. Ils ne sont pas racistes, ils ne sont pas xénophobes.

12:09
Mathilde Panot

Quand vous faites réfléchir les gens sur la question migratoire, alors les gens comprennent immédiatement, lorsque vous regardez les chiffres, que la France n'est pas un grand pays d'immigration. Et loin de là, nous sommes dans les pays d'Europe de l'Ouest, un des pays qui accueillent le moins. La plupart des migrations... Mais ce n'est pas une question de ne pas comprendre cette loi. Il faut que tout le monde comprenne qu'ils nous écoutent, que cette loi ne donnera aucun droit supplémentaire aux gens qui vivent dans ce pays. Aucun. La seule chose qu'il fait, c'est s'attaquer aux droits fondamentaux des personnes. Et ce n'est pas juste moi qui le dit, c'est aussi la défenseur des droits.

C'est aussi la patronne de la CGT.

12:44
Invité

Madame Binet, est-ce que vous demandez vous aussi une forme de désobéissance civile ?

12:50
Mathilde Panot

Déjà, Emmanuel Macron ne promulgra pas cette loi parce que, je le dis, Emmanuel Macron avait dit que si cette loi était adoptée avec les voix du Rassemblement National, alors il ne la promulgrait pas en l'État. Elle a été adoptée avec les voix du Rassemblement National. Alors là-dessus, si on doit être précis, si le Rassemblement National votait contre, comme initialement, alors la loi ne passait pas. Alors oui, c'est donc très techniquement et mathématiquement parlant,

13:10
Présentateur

il aurait fallu qu'ils s'y opposent tous, mais stricto sensu, la voix n'est pas passée avec les voix du Rassemblement National. Dans un scénario

13:20
Mathilde Panot

s'ils doivent ne pas voter contre, ça veut dire que il s'est passé avec les voix du Rassemblement National, il leur manquait cette voix. Bon, je passe sur cette question-là. Mais ensuite, la deuxième des choses, vous avez d'ores et déjà des départements qui ont dit qu'ils compenseraient et qu'ils ne feraient pas. Par exemple, la mesure sur la question des allocations familiales. Je rappelle que les allocations familiales ne sont pas faites pour les parents, ils sont faites pour les enfants, pour que les enfants aient un minimum à vivre, ce qui est notamment dans la Convention internationale des droits de l'enfant que la France a ratifiée.

Et vous verrez que nous serons une centaine d'associations, de collectifs, de syndicats qui défileront ensemble le 14 janvier pour nous opposer à cette loi et en demander le retrait. Mais concrètement,

14:01
Présentateur

Mathilde Panot, désobéissance civile, qu'est-ce que ça veut dire ? On a vu un certain nombre de départements qui ont dit qu'ils pourraient mettre en place ce qu'on appelle des aides extra-légales pour compenser la perte d'un certain nombre d'allocations. Qu'est-ce que ça veut dire ? Sinon, ça veut dire ne pas appliquer des mesures qui rentrent en vigueur ? Auquel cas, ce serait une forme d'entrer dans l'illégalité. Qu'est-ce que ça veut dire désobéissance civile ?

14:20
Mathilde Panot

Par exemple, lorsque, même si l'AME n'est pas dans cette loi, mais il y a un engagement de la Première Ministre envers le Président du Sénat, par exemple, pour les médecins, ne pas obéir au fait de ne pas soigner l'église.

14:29
Présentateur

Là, on parle de quelque chose qui n'est pas rentré en vigueur. Là, en ce qui concerne la loi qui a été votée, c'est quoi la désobéissance civile ?

14:34
Mathilde Panot

En tout cas, c'est la proposition qu'ont fait les départements.

14:37
Présentateur

C'est pas de la désobéissance civile, c'est de dire qu'éventuellement, on compensera des aides qui seront perdues.

14:41
Mathilde Panot

Par exemple, ça peut être les présidents d'universités qui refusent, par exemple, l'augmentation des frais d'inscription ou la caution retour qui est demandée aux étudiants.

14:50
Présentateur

Donc, Elisabeth Bandit, elle pourrait être de 10 euros.

14:52
Mathilde Panot

Oui, enfin, du coup, c'est ridicule d'avoir fait ça. Vous comprenez que le signal qui est envoyé au monde, vous savez, la seule chose lorsqu'on la partage qui grandit, c'est la connaissance. Et pour le coup, vu les défis que nous avons, nous, notre génération humaine qui vivons actuellement

15:08
Invité

peuvent décider de ne pas appliquer la loi quand ça les arrange.

15:12
Mathilde Panot

Vous comprenez que cette loi s'attaque aux fondamentaux de notre République. Je crois que vous ne saisissez pas bien ce qui vient de se passer. La Macronie est prête visiblement les Français en étant minoritaire. Mais non, mais les Français sont intelligents.

15:28
Présentateur

70% des Français sont pas mal à la loi. On verra ce que ça donne.

15:33
Mathilde Panot

Vous savez, par exemple, la France, parce que ce ne sont pas que les personnes étrangères. Vous savez, quand on s'en prend aux droits des étrangers, généralement, c'est le laboratoire du pire où après, on s'attaque à tous les droits du peuple. Et je vais vous dire, la France est championne en Europe du nombre de mariages mixtes. Donc, ça concerne aussi beaucoup de familles dans ce pays qui vont se retrouver entravées par le fait que lorsqu'ils arrivent... Enfin... Donc, juste, il y a un moment, un seuil qui a été franchi.

La Macronie était minoritaire et ils ont décidé de passer en force en faisant le marche-pied de l'extrême droite, en utilisant non seulement les voies de l'extrême droite, mais surtout les idées de l'extrême droite. Et bien ça, je crois que ce n'est pas acceptable dans notre... Question de Valérie Hacos sur le rapport de la Cour des Comptes.

16:12
Invité

Cette semaine, effectivement, la Cour des Comptes a fait un rapport où elle souligne notamment la faiblesse des exécutions des OQTF, des obligations de quitter le territoire français, à peine 10%. Si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez pour améliorer ce résultat ?

16:27
Mathilde Panot

Vous feriez respecter la loi ? Mais nous, on commencerait par régulariser les travailleurs sans papier.

16:32
Invité

C'est pas la même chose.

16:34
Mathilde Panot

On ferait respecter la loi. Déjà, vous avez un problème

16:37
Invité

parce qu'il y a quand même d'autres soucis que simplement la loi sur les OQTF. Il y a des obligations

16:42
Présentateur

de quitter le territoire français qui ne sont pas exécutées. Pourquoi ne sont-elles pas exécutées ? Parce qu'il y a parfois des problèmes de ce qu'on appelle les laissés-passés consulaires. Les pays ne veulent pas les accueillir. Il y a parfois un certain nombre de verrous qui empêchent les expulsions. Parfois, dit la Cour des Comptes, elles sont mal ciblées. C'est-à-dire, il y a trop d'OQTF qui sont délivrées.

16:57
Mathilde Panot

Et parce qu'il y a beaucoup de ce qu'on appelle des ninis. Vous savez ce que c'est des ninis ? Ni régularisables, ni expulsables. Notamment parce que ce sont des pays vers lesquels nous n'avons pas le droit d'expulser. Ou vers lesquels, effectivement, il y a un refus du pays dont vient la personne de recevoir de nouveau les ressources.

17:14
Présentateur

Est-ce que c'est un objectif politique pour vous de mieux faire exécuter ces obligations de quitter le territoire français ?

17:19
Mathilde Panot

Nous, on fera respecter la loi. Mais nous, notre objectif, c'est de régulariser les personnes qui travaillent ici, qui cotisent ici, qui paient des impôts ici. Et ce chiffre de 8%, il ne vous choque pas.

17:30
Invité

Quand vous dites

17:30
Mathilde Panot

faire respecter la loi, ça ne vous choque pas. C'est ridiculement. Ça montre bien que la politique, écoutez, ça montre que la politique de fermeté qu'on nous promet à tout va ne fonctionne absolument pas. Vous avez vu ce que fait Georgia Meloni ces derniers temps ? Vous avez vu ? Georgia Meloni a été élue en disant zéro immigration. Non seulement l'immigration a augmenté avec le nombre de morts en Méditerranée puisque c'est à chaque fois ce qui se passe lorsqu'on essaye de refermer plus les frontières. Première chose. Deuxième chose, elle a dit qu'elle devait maintenant accueillir 500 000 travailleurs qui sont travailleurs émigrés pour justement aider l'Italie qui est vieillissante.

Vous savez qu'en 2024 ce qui va se passer en Europe ? 2024 est l'année où on estime, cette année, qu'il y a plus de personnes âgées en Europe que de bébés. Donc nous sommes un continent vieillissant. Donc la question ce n'est pas la crise de l'immigration mais la crise de l'accueil. Juste avant

18:21
Présentateur

une très courte coupure Mathilde Panot, Gérald Darmanin qui annonce cette semaine qu'un total de 4 686 étrangers délinquants ont été expulsés en 2023, c'est-à-dire une hausse de 30%. Est-ce que vous vous en félicitez ?

18:30
Mathilde Panot

Non, mais enfin, M. Darmanin passe son temps à nous mettre des chiffres comme ça. D'ailleurs, en faisant un amalgame

18:35
Présentateur

à chaque fois

18:36
Mathilde Panot

immigrés, délinquants...

18:38
Présentateur

Là, c'est des délinquants étrangers qui ont été expulsés plus de 30%. Est-ce que c'est une bonne chose ?

18:41
Mathilde Panot

Non, je considère que c'est une politique qui est, à part une politique de communication de chiffres qui est faite, qui n'est pas une politique pensée. Je vais vous dire pourquoi. Donc il ne faut pas expulser des délinquants étrangers ? C'est comme ça qu'on va avoir 1,2 milliard de réfugiés, notamment climatiques, d'ici à 2050. En continuant les politiques de libre-échange qui détruisent les agricultures paysannes et qui permettent de vivre aux gens, c'est comme ça qu'on force des gens à partir. Donc il faut arrêter avec tout ça. Il faut avoir une politique de raison.

19:13
Présentateur

Merci beaucoup Mathilde Panot. On fait une très courte coupure et on se retrouve dans un instant. A tout de suite dans BFM Politique. BFM Politique. Benjamin Duhamel. Mathilde Panot, invité de BFM Politique. Mathilde Panot avant de continuer nos échanges. Une question d'un téléspectateur qui s'appelle Martial. Voilà ce que Martial vous demande. Que pensez-vous de la visite de la ministre de la Santé dans un institut connu pour ses positions anti-IVG ?

Inquiétant, point d'interrogation, pour préciser pour ceux qui peut-être n'ont pas suivi, il s'agit d'Agnès Firmin-Le Baudot, ministre de la Santé par intérim, qui s'est rendue à l'Institut Jérôme Lejeune, proche de la Fondation Jérôme Lejeune qui effectivement est connue pour ses positions pour le moins conservatrices sur la question non seulement de l'avortement mais également de la fin de vie.

19:59
Mathilde Panot

Oui, alors j'ai vu que Mme Firmin-Le Baudot, suite à la polémique que ça a créée, a essayé d'expliquer la raison pour laquelle elle y était pour que tout le monde comprenne. La Fondation Lejeune fait par exemple des manuels anti-IVG, milite activement contre le droit à l'avortement, le droit aux femmes de disposer de leur corps et aussi le droit de mourir dans la dignité comme vous l'avez dit, qui sont deux chantiers qui devraient normalement aboutir en 2024 et qui sont l'humanisme porté à son paroxysme, ce qui est pour nous très important, c'est-à-dire d'être maître de sa personne jusque dans sa mort ou dans le choix de poursuivre ou non une grossesse.

Donc, le fait qu'elle y aille en tout début d'année, au moment où, en mars, doit être inscrit dans la Constitution le droit à l'avortement, au moment où, en juin, si le président ne le tergiverse pas, doit être enfin inscrit ce que les Français attendent massivement, c'est-à-dire le droit de mourir dans la dignité. Elle dit que la démocratie,

20:52
Présentateur

c'est aussi échanger avec les personnes qui ne partagent pas vos idées.

20:54
Mathilde Panot

Oui, enfin, elle devrait soit assumer, soit s'excuser, mais on ne peut pas être entre les deux. Là, elle a été spécifiquement dans le chantre de ceux qui s'opposent aux nouveaux droits que nous nous proposons dans le cadre, notamment, de la VIe République. Donc, je crois que c'est assez scandaleux comme premier acte en début d'année.

21:11
Présentateur

Ce qui, par ailleurs, est vraisemblablement envisagé compte tenu des accusations dans le cadre d'une affaire qui la voit être accusée d'avoir perçu de façon indue des cadeaux de la part d'Urgo dans l'espèce. Donc, vous souhaitez qu'elle quitte le gouvernement ?

21:23
Mathilde Panot

Écoutez, en tout cas, ça ne va pas du tout de la part d'un gouvernement d'envoyer un tel signal alors que des chantiers sont sur la table. Et pour le coup, je le dis, et pour l'avortement et pour le droit de mourir dans la dignité, ce sont grâce à des militants et des militantes qui, depuis des années et des années, militent sur ce sujet que probablement nous allons réussir à conquérir ces droits nouveaux pour le peuple français.

21:44
Présentateur

Et je rappelle à ceux qui nous regardent que vous pouvez continuer à interpeller comme Martial vient de le faire directement Mathilde Panot avec ce QR code à droite de l'écran. Mathilde Panot, mardi soir, le numéro 2 du Hamas était tué par une frappe israélienne sur l'immeuble où il se trouvait, en l'occurrence au Liban, à Beyrouth. Et votre réaction le lendemain a suscité beaucoup de commentaires. La voici, elle va apparaître à l'écran. L'armée israélienne bombarde la capitale libanaise. Le criminel de guerre Netanyahou fait courir le risque d'une guerre régionalisée. L'appui des Etats-Unis rend possibles ses exactions.

La France doit exiger la réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Des sanctions fermes doivent être prises sans délai. Est-ce à dire, Mathilde Panot, que vous regrettez, que vous condamnez l'élimination du numéro 2 du Hamas ?

22:26
Mathilde Panot

Écoutez, si par exemple un criminel de guerre belge ou quelqu'un qui aurait commis un acte de terroriste belge allait se cacher en plein Paris, je ne serais pas très enthousiaste que la Belgique arrive avec des drones pour tuer en plein Paris cette personne-là. Ça ne marche pas comme ça. Ni le droit international, ni... Non mais vous vous rendez compte, le Liban est un État souverain, M. Duhamel. Et donc, ça ne peut pas fonctionner comme ça.

22:52
Présentateur

Et donc, ça veut dire que vous condamnez le fait que ce membre du Hamas, terroriste numéro 2, donc responsable des attaques du 7 octobre, ait été éliminé. Non mais la question est assez simple, Mathilde Palot.

23:02
Mathilde Panot

Je condamne le fait qu'Israël l'ait fait sur un État souverain, effectivement, parce que je ne suis pas d'accord avec le fait que Netanyahou, le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou, puisse aller comme ça dans des pays à côté, qui ne sont pas les siens, mener des frappes comme une... Juste Valérie, une seconde. Juste Valérie, une seconde. L'exemple que je vous ai donné entre la Belgique et la France fait comprendre à tout le monde que ce n'est pas possible.

23:27
Présentateur

Je vais vous soumettre un autre exemple. Quand Oussama Ben Laden est éliminé par les États-Unis au Pakistan, le Pakistan est un État souverain, ça vous a choqué de la même manière ?

23:35
Mathilde Panot

Écoutez, vous comprenez bien que dans le droit international, ça ne peut pas fonctionner comme ça. Ni la lutte contre le terrorisme, ni la question du droit international. Donc, on fait ça dans le cadre de droit international. Donc, ça veut dire

23:47
Présentateur

qu'il ne fallait pas le faire non plus ?

23:49
Mathilde Panot

Écoutez-moi, si vous voulez éliminer quelqu'un, vous le faites dans le cadre d'une coalition internationale et déjà, on peut discuter de savoir si c'est efficace ou pas, mais faisons-le dans le cadre d'une coalition internationale. Où est la coalition internationale ? Vous savez ce qui s'est passé à l'Assemblée Générale des Nations Unies le 13 décembre ? Sur demande d'Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, qui a demandé avec l'article 99 une Assemblée Générale. Est-ce que vous avez regardé le résultat du vote sur le cessez-le-feu à l'Assemblée Générale ? L'avez-vous regardé ? Pardon, Mathilde Panneau, mais là,

24:19
Présentateur

excusez-moi, souffrez que l'on choisisse les questions qu'on vous pose, là, on est sur la question de l'élimination du numéro 2 du Hamas et donc, Valéria, sur ce sujet,

24:27
Mathilde Panot

il y avait 153 voix pour et seulement 10 voix contre, dont les Etats-Unis, dont Israël. Donc, vous êtes sur Israël qui est en train d'être isolé de plus en plus sur la scène internationale. Mais certes, ceci dit, Mathilde Panneau, quand vous avez un ministre du gouvernement des Etats-Unis qui est en train de faire un tour dans la région pour éviter un embrasement du conflit, vous croyez qu'il n'y a que moi qui crains ça ? Mathilde Panneau,

24:52
Invité

ce n'est pas le sujet, là, en l'occurrence. Ah bah si,

24:54
Mathilde Panot

c'est pas le sujet. C'est le sujet de savoir si le conflit s'embrase à un niveau régional, ce qui serait une horreur

25:00
Invité

dans l'horreur. Ce qu'on souhaite déterminer aussi, c'est, par exemple, Israël décide d'éliminer des dignitaires du Hamas qui sont responsables des attaques du 7 octobre. Est-ce que vous trouvez que c'est illégitime qu'Israël décide d'éliminer des dignitaires du Hamas qui sont responsables

25:14
Mathilde Panot

des attaques du 7 octobre ? Tout à fait. De la manière dont ils le font, tout à fait. C'est-à-dire la manière ? Mais vous vous rendez compte de ce qui se passe à Gaza ? Sérieusement ? Sérieusement ? Mais bien sûr, on ne parle pas de Gaza, on ne parle pas de l'élimination de dignitaires. On ne parle plus meurtrier pour les journalistes depuis 30 ans. On parle d'ici à 2024 d'un demi-million de personnes qui pourraient être mortes. On parle de 160 enfants tués par jour à Gaza. C'est sur ce qui se passe à Gaza, mais sur l'élimination. C'était deux enfants par jour dans la guerre en Syrie et c'était trois enfants par jour dans la guerre en Afghanistan. C'est ciblé ? Mais ce n'est pas ciblé.

Ce n'est pas ciblé. Là, on parle de l'élimination d'un numéro 2 du Hamas. Oui, mais du coup, vous nous expliquez qu'il y aurait, parce que ça fait quand même des mois et des mois que dans les médias on nous explique que c'est une guerre Israël-Hamas. Ce n'est pas une guerre Israël-Hamas. Est-ce que vous avez entendu ce qui a été dit pendant cette trêve des confiseurs par les responsables israéliens par le gouvernement d'extrême droite ?

26:12
Présentateur

Absolument, de ministres d'extrême droite qui parlent de démigration et de déplacer.

26:17
Mathilde Panot

Ce qui est une violation sur laquelle la France a d'ailleurs réagi. Ce qui est une violation très grave de même que M. Netanyahou a dit qu'il espérait qu'il y ait le moins de Palestiniens possible à Gaza. Je vais vous dire, moi je suis pour le respect du droit international et dans le droit international, ça ne donne pas la possibilité d'aller frapper dans un pays voisin. Ça ne fonctionne pas comme ça. Ce n'est pas possible. Parce que sinon, il n'y a plus aucune règle.

26:38
Présentateur

Mais pour que les choses soient très claires, ça veut dire qu'Israël n'est pas légitime à éliminer des membres du Hamas, qu'ils soient dans la bande de Gaza, qu'ils soient au Liban, qu'ils soient au Qatar. Pour vous, ils ne doivent pas le faire.

26:52
Mathilde Panot

Ben non.

26:52
Présentateur

Ok, ben voilà. Ça a le mérite d'être clair.

26:54
Mathilde Panot

C'est le droit international qui doit... Quand vous avez des choses qui se passent dans le cadre du droit international, c'est une chose. Mais sinon, non. Le gouvernement Netanyahou seul n'a pas le droit de le faire. Parce que qu'est-ce qui se passe sinon ? Qu'est-ce qui se passe sinon ? S'il n'y a pas du sang-froid du côté libanais, vous vous imaginez si la guerre devient régionale ? Ce qui est la crainte, pas seulement de Mathilde Panot, pas seulement de la France insoumise, mais ce qui est la crainte de beaucoup de gens dans le monde avec une majorité. Donc, juste une question encore, une comparaison de Mathilde Panot.

27:21
Présentateur

Si vous me permettez, quand les Français, après notamment les attentats du 13 novembre ou de Charlie Hebdo, ont décidé de faire des opérations ciblées à l'étranger pour aller éliminer, neutraliser, c'est le mot qui est utilisé, des terroristes, là encore, ça ne devait pas être fait ?

27:36
Mathilde Panot

À quel moment est-ce qu'on a fait des opérations ciblées après Charlie Hebdo ?

27:39
Présentateur

Ça a été raconté notamment dans le livre de nos confrères Gérard Davé et Fabrice Lhomme où d'ailleurs François Hollande en parlait de façon assez libre de ce qu'on appelait les opérations homo qui étaient décidées par le président de la République directement pour aller neutraliser des terroristes à l'étranger.

27:52
Mathilde Panot

Moi, je suis pour le respect du droit international et je vais vous dire ce qui est en train de se passer nous fait courir le risque d'un embrasement du conflit dans la région. C'est clair.

28:02
Présentateur

Vous ne répondez pas à ma question, Mathilde Panot,

28:03
Mathilde Panot

sur le fait de neutraliser des terroristes à l'étranger. Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on aille frapper le Liban. Je ne suis pas d'accord. Vous diriez que c'est un crime de guerre

28:11
Invité

de la part d'Israël puisque vous dites par ailleurs que Benyamin Netanyahou

28:14
Mathilde Panot

est un criminel de guerre. En tout cas, ce que fait en ce moment Netanyahou à Gaza est des crimes de guerre qui sont avérés par l'ensemble des ONG au point que l'ONU explique aujourd'hui que Gaza est devenu un lieu inhabitable et que la question de savoir comment est-ce qu'on obtient le cessez-le-feu immédiat et inconditionnel est posé au monde entier qui est foudroyé par ce qui est en train de se passer à Gaza ?

28:37
Invité

C'est votre non-volonté ou incapacité à employer le mot de l'autre côté pour le Hamas. Est-ce que vous diriez aussi qu'ils ne sont coupables

28:43
Mathilde Panot

d'une amitié particulière pour le Hamas ? Est-ce que ce sont des terroristes ? Bien sûr. Ce sont des criminels de guerre. Bien sûr. Et ce sont des terroristes. Et par ailleurs, j'espère bien que la CPI, lorsque nous aurons obtenu ce cessez-le-feu, ira à la fois juger les crimes de guerre commis par le Hamas comme les crimes de guerre commis par le gouvernement Netanyahou. Je n'ai aucun problème à dire ça. Mais je vais vous dire, ce qui est en train de se passer et qui est grave, c'est qu'on est en train d'enterrer la solution à deux États. Voilà ce que fait Netanyahou et l'extrême droite israélienne.

C'est empêcher qu'il y ait une solution politique qui est la seule à même de faire en sorte que le peuple palestinien et le peuple israélien puissent vivre en paix et en sécurité.

29:19
Invité

Mathilde Panot, la France et la Jordanie ont annoncé qu'elles avaient livré, et c'est une première, pour la première fois, 7 tonnes d'aide humanitaire sur Gaza. Est-ce que vous vous en félicitez ?

29:30
Mathilde Panot

Alors, je m'en félicite et je dis, comme a expliqué encore récemment Médecins du Monde, qu'il ne faut pas, par contre, que cela dépolitise la question. Cela veut dire que, évidemment, aider, c'est important, même si, quand je dis qu'un responsable, un coordinateur de l'ONU explique que Gaza est devenu inhabitable, je ne sais pas si cette aide humanitaire sera suffisante, loin de là, mais elle est importante et je salue le fait que la France l'est fait, mais il faut, par ailleurs, avoir des tractations autour du cessez-le-feu. Et je voudrais vous alerter sur un point.

Peut-être avez-vous remarqué, mais au 1er janvier, les BRICS ont été rejoints par 5 pays différents, 5 pays supplémentaires que ceux qu'ils étaient. Les BRICS,

30:11
Présentateur

pour ceux qui nous regardent, c'est des pays en voie de développement, Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

30:16
Mathilde Panot

En voie de développement, tellement que maintenant, ça représente 40% de la population mondiale avec les 5 pays qui se sont réunis et que ça représente maintenant plus dans le PIB mondial que les pays du G7. Donc il faut se rendre compte de l'ordre international et de l'ordre global qui est en train de complètement se modifier. Et nous avons eu deux alertes. Je parlais tout à l'heure du 13 décembre, au moment de l'Assemblée Générale, où vous avez d'un côté 10 voix contre seulement en cessez-le-feu et 153 pays pour. De même que nous avons eu une autre alerte à un autre moment, qui était celle qui a eu lieu en septembre, lorsqu'il y a eu le G20.

Rappelez-vous que lors de ce G20, il y a eu un refus dans le communiqué final de condamner de nouveau l'agression russe en Ukraine. Parce qu'il n'y avait pas de consensus autour de ça. Je le dis parce que l'ordre international est en train de changer. Et je crois qu'il est important de regarder cette situation nouvelle. Et le groupe parlementaire, la France Insoumise et l'Institut La Boétie, devraient organiser, je crois, une journée sur cette question pour réfléchir à ce nouvel ordre international et surtout à la manière dont la voix de la France

31:15
Invité

est décrédibilisée dans cet ordre international. Pour en revenir au débat français, la France Insoumise est parfois accusée d'ambiguïté vis-à-vis de l'antisémitisme. Et il y a eu un tweet qui à nouveau a posé question. C'est celui du député David Guiraud qui, pour répondre précisément à une accusation d'antisémitisme, a publié une image qui est issue d'une série d'animations japonaises qui s'appelle One Piece. Et il a fait référence au Dragon Céleste. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des personnages qui sont parfois utilisés sur les réseaux sociaux à des fins antisémites. Il a ensuite supprimé ce tweet. Est-ce que David Guiraud a commis une erreur ?

31:52
Mathilde Panot

Alors non, et je vais vous dire pourquoi. Là, on est en train de parler d'une oeuvre qui est mondialement reconnue, connue, qui est lue par des millions de gens. Je vous ressors, par exemple, un tweet de M. Macron. Personne n'accusera d'antisémitisme, j'espère. Il ne parle pas

32:05
Invité

des dragons. Il ne parle pas des dragons.

32:06
Mathilde Panot

Il ne voit même pas. Attendez juste.

32:10
Présentateur

Et juste pour préciser, la photo ou l'image publiée par David Guiraud était en réponse à une accusation d'antisémitisme. Vous pouvez vous montrer un tweet d'Emmanuel Macron, ça n'a pas grand-chose à voir.

32:19
Mathilde Panot

Je vais vous expliquer pourquoi. C'est une oeuvre mondialement reconnue qui n'est en rien d'antisémite. Par contre, effectivement, il y a une récupération d'une part de l'extrême droite qui en fait une lecture antisémite qui n'est pas du tout ce qui est dans l'oeuvre. Nous sommes d'accord. Donc, moi, je dis qu'il n'est pas possible d'avoir un débat politique et public qui soit emprisonné par les hashtags de l'extrême droite.

32:43
Présentateur

Pourquoi il a supprimé son tweet alors ?

32:44
Mathilde Panot

Vous avez vu les polémiques qu'on se fait tout le temps ? Il ne savait pas

32:48
Invité

que c'était récupéré justement par les courants de droite et d'extrême droite à des antisémites. Et justement, c'est ce qu'il explique

32:53
Mathilde Panot

dans son tweet, c'est probablement la raison pour laquelle d'ailleurs il l'a supprimé, c'est qu'il ne savait absolument pas qu'il y avait une récupération de l'extrême droite de cette pièce. Mais moi, je vais vous dire, cette œuvre-là ne devrait pas être récupérée par l'extrême droite. Moi, je suis d'accord avec le fait que Emmanuel Macron est en train de me suivre.

33:08
Invité

Est-ce que ce n'était pas quand même maladroit ? Parce qu'il a beau dire qu'il ne le savait pas, c'était quand même connu.

33:13
Mathilde Panot

Je vais vous dire, moi, ce qui, je trouve, fait du mal à la lutte contre l'antisémitisme, c'est de sans cesse nous inventer. Vous vous rendez compte que moi, on m'a dit que j'étais antisémite parce que j'avais dit au moment du naufrage, parce que c'était ça du rescaper. Non, mais vous vous rendez compte qu'on m'a fait un procès d'antisémitisme pour ça ? Eh bien, je vais vous dire pourquoi je trouve ça non seulement infâment pour nous, mais problématique pour la lutte contre l'antisémitisme qu'il faut continuer dans ce pays. Oui, mais attendez, Mathilde Panot, pardon, mais reconnaissez... Par exemple, quand vous avez quelqu'un du Rassemblement National, est-ce que vous leur demandez si M.

Boccaletti

33:49
Présentateur

il va continuer d'être en train de se faire dans l'embout ? Pardon, Mathilde Panot, mais sur ce sujet, on les interroge. C'est très bien. Je vais interroger Jordan Bardella aussi sur Jean-Marie Le Pen. Mais moi, il n'y a pas d'antisémites dans mon groupe,

33:59
Mathilde Panot

par contre, il y en a

34:00
Présentateur

dans leur groupe. Non, mais Mathilde Panot,

34:01
Mathilde Panot

notamment ce libraire négationniste.

34:03
Présentateur

Mathilde Panot, la question qu'on vous pose, c'est quand on a David Guiraud qui publie ce visuel-là qui est effectivement parfois utilisé par des gens d'extrême droite à des fins antisémites, qui dit ensuite je ne voulais heurter personne, je retire. Quand on a les propos de Jean-Luc Mélenchon sur le président du CRIF d'extrême droite. Quand on a les propos tenus par David Guiraud à Tunis, sur lesquels d'ailleurs il s'est excusé en expliquant qu'il avait été trop léger. Quand on a encore le refus de qualifier le Hamas de mouvement terroriste, est-ce que vous comprenez que sur cette question d'ambiguïté vis-à-vis de l'antisémite, les gens se disent

34:34
Mathilde Panot

Vous trouvez que l'ONU est antisémite ? Non mais rendez-vous compte de ce que vous dites. Le Hamas n'est pas considéré comme une organisation terroriste dans le droit international.

34:42
Présentateur

Quand Daniel Obono qualifie le Hamas de mouvement de résistance, ce n'est pas une forme... Oui, on s'est mis une fois

34:45
Mathilde Panot

expliqué là-dessus. Non, le Hamas n'est pas un mouvement de résistance auté. D'accord, contrairement

34:48
Présentateur

à ce qu'elle avait dit. Donc vous ne voyez pas vous considérer que vous n'avez aucun méaculpa à faire dans la façon parfois de s'exprimer sur ces sujets-là ? Vous savez, nous sommes

34:56
Mathilde Panot

un mouvement humaniste. Qu'est-ce que l'humanisme ? L'humanisme est celui qui refuse, contrit les gens selon leur religion, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle. Pardon, Mathilde Panot,

35:05
Invité

mais reconnaissez qu'il y a quand même une succession, une accumulation. Il y a la LICRA qui vous a mise en cause aussi. Et de fait, il y a une interrogation sur...

35:13
Mathilde Panot

Il y a une infamie qui est mise sur des gens et qui, bien souvent, on l'observe malheureusement dans le monde, est faite notamment lorsqu'on essaye de décrédibiliser les voix, notamment pour la paix. Et je ne suis pas dupe sur le fait qu'on nous fait des procès sur cette question. Donc il n'y a pas des paroles maladroites qui doivent être mieux calibrées ? Le droit des Palestiniens à vivre libres et dignes.

35:34
Présentateur

Ça n'a rien à voir, mais ce n'est pas le même sujet.

35:36
Mathilde Panot

Oui, mais justement, quand je vous dis décrédibiliser les voix pour la paix, rendez-vous compte qu'on a même fait ça à M. De Villepin et on a même fait ça à M. Macron. Donc, il faut arrêter avec ces campagnes qui sont des campagnes infamantes, qui ne correspondent à aucune réalité. Et je vais juste vous redire les mots que Jean-Luc Mélenchon avait prononcés au moment de la marche pour Mireille Knoll où nous avions été exclus, où il avait dit que chaque juif de France sache que dans tous les villages où il se trouve, s'il est pris à partie parce qu'il est juif, alors il me trouvera toujours à ses côtés. Ces mots et nos intentions n'ont pas changé.

36:09
Présentateur

sur le pouvoir d'achat.

36:10
Invité

Il a eu beaucoup d'autres mots après. Sur, en effet, l'inflation de l'année s'annonce mieux, 2024. Au mois de décembre, par exemple, l'inflation s'est levée à 3,7%. Elle pourrait continuer à baisser. Ça va être a priori le même mouvement pour les prix dans l'alimentation puisque l'Association nationale des industries alimentaires s'attend à une hausse des prix entre 2 et 3% en 2024. Est-ce que ça y est, cette bataille-là est gagnée ? Écoutez,

36:33
Mathilde Panot

ça fait tellement de fois qu'on nous annonce ce que c'est gagné. Je regardais, j'essayais de vous retrouver les chiffres qui montrent que sur les produits frais, on devrait avoir encore une augmentation de 8%. Enfin, nous sommes dans une situation qui est dramatique pour un pays aussi riche que le nôtre. Nous avons appris, il y a quelques jours, que 100 milliards avaient été donnés aux actionnaires des grands groupes de pétrole, aux actionnaires pétroliers. Or, il se trouve que depuis deux ans, l'essence, notamment le sans-plomb, a augmenté de 20% pour les gens.

Donc, c'est le FMI, ce n'est pas seulement la France Insoumise, c'est les FMI, la BCE, l'OFCE, qui expliquent tous que l'augmentation des prix est due à l'augmentation des profits. On le voit bien notamment avec les profits. Non mais donc,

37:15
Invité

sur l'inflation, vous, vous pensez qu'elle va continuer d'augmenter ? Moi, je pense que l'inflation, vous avez un gouvernement

37:21
Mathilde Panot

qui n'a absolument rien fait à part nous expliquer des pics,

37:27
Présentateur

le patron du groupement des Mousquetaires, dit dans les colonnes d'Ouest-France qu'il y aura des baisses de prix. Bruno Le Maire, il y a quelques instants, vient de confirmer cela. Là, Thierry Cotillard, c'est un patron d'un distributeur qui dit qu'il va y avoir des baisses de prix. Vous ne le croyez pas ?

37:39
Mathilde Panot

J'attends de voir. J'attends de voir. Mais moi, je dis juste que nous demandons depuis plus de deux ans à ce qu'il y ait une augmentation du SMIC parce qu'il n'y a pas de boucle salaire-prix, il y a une boucle profit-prix. Et donc, si nous n'augmentons pas les SMIC et l'ensemble des salaires, alors les gens ne s'en sortent pas. Nous avons demandé, ce qui a raté à six voix près, l'encadrement des marges pour faire en sorte de faire baisser les prix ainsi qu'un prix plancher pour les agriculteurs qui n'arrivent plus à vivre correctement dans ce pays.

Nous avons demandé des blocages des prix, des taxations sur les super-profits qui sont demandées, là aussi, par les plus grandes instances et que c'est un gouvernement qui n'a rien fait à part demander, supplier par là, expérer. Donc, excusez-moi de ne pas avoir beaucoup de confiance dans ce qui est annoncé. J'attendrai de voir. En tout cas, ce que je sais, c'est qu'il y a des millions de Français qui ne mangent plus à leur faim, qui n'arrivent plus à savoir comment ils doivent payer à la fois la cantine de leur enfant, leur énergie, leur loyer et que c'est insupportable dans un pays aussi riche que le nôtre.

38:32
Présentateur

Un dernier sujet avant de passer aux questions des téléspectateurs. Le monde culturel mais aussi politique s'est déchiré sur le cas de Pardieu entre guerre de tribunes et propos du président de la République qui ont suscité la polémique. Rappelons qu'Emmanuel Macron a dit notamment que Gérard Depardieu rendait fière la France. Est-ce que vous pourriez continuer à regarder des films avec Gérard Depardieu ou est-ce que vous arrêtez ?

38:53
Mathilde Panot

Je n'ai jamais trop regardé ces derniers temps de films avec Depardieu.

38:58
Présentateur

Vous n'avez jamais vu de films avec Gérard Depardieu ?

39:00
Mathilde Panot

Si, j'ai vu des films avec Gérard Depardieu mais ce n'est pas mon acteur préféré loin de là. C'est ça que je suis en train de vous dire. Non, je ne sais pas si je bannirai tous les films que je regarderai mais non, je crois que c'est l'honneur des 8000 artistes qui ont signé une tribune pour dire qu'il n'était pas admissible. Elles ont dit quelque chose qui était très intéressant de dans celles qui ont initié cette tribune en disant cela choque plus le monde et la société que des hommes honnêtes se fassent injustement accusés par des femmes puisque je rappelle que Gérard Depardieu a trois plaintes pour viol et agression sexuelle.

13 témoignages de femmes qui ont témoigné là aussi de formes d'agression sexuelle que ça suscite plus de réactions et d'effroi que l'idée que les femmes elles qui sont violées ou agressées sexuellement n'arrivent pas à obtenir justice puisque je rappelle que seuls 0,6% des viols sont jugés et condamnés dans ce pays.

39:52
Présentateur

Il faut lui retirer la légion d'honneur ?

39:53
Mathilde Panot

Oui, je pense que oui, ça c'est évident. Enfin, c'est évident.

39:56
Présentateur

Question des téléspectateurs donc Mathilde Panot avec la question suivante qui vous est posée par Pauline. Madame Panot, faites-vous le dry January ? Le dry January pour ceux qui soit n'aiment pas les anglicismes soit n'ont pas forcément suivi, dry January ça veut dire qu'au mois de janvier on prend la bonne résolution de ne pas boire d'alcool.

40:17
Mathilde Panot

Alors comme nous n'aimons pas trop la normalité à la France insoumise vous savez, je l'ai fait en juin. Donc je n'ai pas fait le dry January je l'ai fait en juin.

40:26
Présentateur

Dry June ? Pourquoi au mois de juin ?

40:29
Mathilde Panot

Parce que de temps en temps ça fait du bien à l'organisme.

40:31
Présentateur

D'accord, donc dry January, non. Là par contre...

40:34
Mathilde Panot

Écoutez, je n'ai pas commencé en janvier donc je ne vais pas... Donc non.

40:37
Présentateur

Il y a une question plus sérieuse derrière celle de Pauline qui est, certains accusent le gouvernement de ne pas être suffisamment allant en termes de messages de santé publique. Certains considérant que soit le lobby du vin soit l'importance du secteur du secteur économique de l'alcool fait que le gouvernement ne va pas assez loin dans le message de santé publique sur les ravages de l'alcool et qu'il pourrait y avoir une consigne de faire le dry January ou une consigne du moins un appel et que ce n'est pas le cas. Est-ce que ça vous le regrettez ?

41:03
Mathilde Panot

Oui, je pense que c'est important en termes de questions de santé publique. La question de l'alcoolisme existe toujours dans ce pays. Je rappelle que pendant des années on nous a expliqué que boire un verre de vin rouge par jour c'était bon pour la santé. Il y a même pour... Alors lorsque vous parlez aux plus anciens d'entre nous des gens qui vous racontent qu'à la cantine ils avaient par exemple des pichets de bière pour les enfants. Donc il y a évidemment beaucoup de progrès qui ont été faits mais il faut continuer de dire que l'alcool a un côté addictif, que c'est une question de prévention de santé publique qui est extrêmement importante.

41:34
Présentateur

Donc vous appelez vos sympathisants à faire le Dry January ?

41:36
Mathilde Panot

Moi je n'aime pas trop le faire sur un mode mais je pense qu'il est recommandé effectivement en termes de santé publique de ne pas... En tout cas déjà de boire non pas seul mais accompagné avec des amis que ça reste un plaisir collectif et je pense qu'il est effectivement important à des moments de ne pas boire pendant des périodes ce qui est bon pour l'organisme.

41:58
Présentateur

Merci beaucoup Mathilde Panot d'avoir été l'invité de BFM Politique. Merci Amandine Attalaya. Merci Valérie Hacot. Merci Amandine Attalaya.

42:05
Locuteur

Merci Amandine Attalaya.