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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 12 mai 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueTransportsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSanté

Reprise des transports, vélo, Air France… : le "8h30 franceinfo" d’Elisabeth Borne

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'offre de transport tout simplement était suffisante Elisabeth Borne ?

  • 0:57RelanceRéponse directe

    Quelles mesures ont été prises ? Vous dites que le dispositif a été adapté.

  • 2:03FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous confirmez qu'à partir du 3 juin, cette offre de transport sera remontée à 100% ?

  • 2:49RelanceRéponse partielle

    Pourquoi seulement, Elisabeth Borne, fin mai ou tout début juin, aujourd'hui c'est la rentrée scolaire qui commence ?

  • 3:37OuverteRéponse partielle

    Elle réclame des explications, la chef de file du Rassemblement National, pour ce qu'elle appelle des aberrations, et elle parle donc de ces scènes dont on parlait tout à l'heure dans la ligne 13 du métro parisien ou le RERB.

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Vous dites chacun prend sa part, Elisabeth Borne. Est-ce que ça signifie que tant que l'offre n'est pas remontée à 100%, vous appelez les Français, notamment les Franciliens, à limiter leurs déplacements ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « il n'y a pas du tout eu d'incident majeur, que ce soit en Ile-de-France ou en région. »
  • 0:45Invité politiqueFait
    « notamment il y a eu des intempéries dans la nuit de dimanche à lundi qui ont créé une panne sur la ligne 13 qui explique qu'il y a eu beaucoup de voyageurs à un moment, mais ces difficultés elles ont été surmontées aujourd'hui. »
  • 2:23Invité politiquePromesse
    « Oui, je vous confirme. La RATP devrait être à 100% de son offre fin mai, et la SNCF effectivement début juin. »
  • 3:05Invité politiqueFait
    « Mais vous savez, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts, on a des entreprises, et moi je voudrais saluer leur mobilisation, la mobilisation des femmes et des hommes de ces entreprises, pour passer en quelques jours d'une offre de 30% à 75% par exemple sur le réseau RATP hier »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « Et je voudrais aussi saluer la grande responsabilité des usagers qui, à plus de 95%, ont porté un masque hier. »
  • 4:41Invité politiqueFait
    « Donc ce qui est très clair, c'est qu'il y a même une charte qui a été signée en Ile-de-France pour que les entreprises maintiennent le télétravail dans les prochaines semaines. »
  • 8:36Invité politiqueChiffre
    « Alors c'est effectivement une prise en charge de 50 euros si vous sortez votre vélo de votre cave ou de votre garage. »
  • 10:05Invité politiqueChiffre
    « Alors, il y a près de 1000 kilomètres de pistes cyclables temporaires qui ont été déployées dans tout le pays. »
  • 13:35Invité politiquePromesse
    « Mon ambition, c'était de tripler la part du vélo d'ici 2024. »
  • 14:57Invité politiqueFait
    « Alors, d'abord, moi, je le dis très clairement, je ne cèderai rien à ceux qui voudraient un retour en arrière sur les normes environnementales et j'ai refusé tout moratoire. »
  • 15:11Invité politiqueFait
    « Par exemple, on a, au contraire, maintenu les normes d'émissions de CO2 pour les voitures qui seront, bien sûr, appliquées. »
  • 20:32Invité politiquePromesse
    « Les aides qui sont apportées par l'État sont aussi accompagnées d'un plan de performance et de transition écologique qui va notamment conduire la compagnie à réduire de 50% ses émissions de CO2 sur ses vols domestiques »
  • 21:31Invité politiquePromesse
    « 50% sur le marché domestique, avec un objectif d'une réduction de 50% des émissions par passager kilomètre sur l'ensemble du réseau d'Air France. »
  • 21:58Invité politiqueFait
    « Le combat de la France, il se mène à l'échelle européenne. »
  • 23:45Invité politiquePromesse
    « Par exemple, rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments d'ici à 2040, y compris les passeports thermiques »

Temps de parole

  • Élisabeth Borne54 %
  • Présentateur23 %
  • Invité13 %
  • Invité 29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour Elisabeth Borne, c'est aujourd'hui la rentrée des classes après hier les premières levées des mesures de confinement et on a vu quelques images qui ont pu choquer, notamment ces rames de métro blindées à Paris dans la ligne 13 ou dans le RER B. Est-ce que l'offre de transport tout simplement était suffisante Elisabeth Borne ?

0:26
Élisabeth Borne

Alors écoutez, je pense que globalement, vous citez quelques images, mais globalement ça s'est bien passé. Il y a eu quelques difficultés ponctuelles, mais il n'y a pas du tout eu d'incident majeur, que ce soit en Ile-de-France ou en région. Et donc le dispositif a été adapté ce matin sur les points où il y avait eu des difficultés, notamment il y a eu des intempéries dans la nuit de dimanche à lundi qui ont créé une panne sur la ligne 13 qui explique qu'il y a eu beaucoup de voyageurs à un moment, mais ces difficultés elles ont été surmontées aujourd'hui.

0:57
Présentateur

Quelles mesures ont été prises ? Vous dites que le dispositif a été adapté. On filtre mieux les entrées notamment pour qu'il y ait moins de monde sur les quais ?

1:06
Élisabeth Borne

Tout d'abord, il n'y a pas eu d'incident technique ce matin, donc c'est déjà une bonne chose. Et puis effectivement, ce qu'on a constaté, c'est que les entreprises ont bien étalé les horaires, mais il y avait beaucoup de monde finalement très tôt à l'ouverture des transports. Et l'offre a été renforcée à cette ouverture des transports ce matin pour que ça se passe bien. Et moi je voudrais le dire, si ça s'est globalement bien passé, c'est grâce à la mobilisation de tous. Vous savez, les entreprises de transport qui ont augmenté leur offre très rapidement, les forces de l'ordre qui étaient présentes, et les entreprises qui ont maintenu du télétravail, qui ont étalé leurs horaires.

Et je voudrais aussi saluer la grande responsabilité des usagers qui, à plus de 95%, ont porté un masque hier.

1:55
Présentateur

Je rappelle que c'est obligatoire, sinon c'est 135 euros d'amende. Si on n'a pas son masque dans le métro, le bus, le tram, partout en France d'ailleurs. Renaud Delis pour une question.

2:03
Invité

Au total, Elisabeth Borne, on sait qu'aujourd'hui, il y a à peu près 70% du trafic qui est assuré par la RATP. Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, annonce ce matin qu'il y aura un retour à 100% de cette offre de transport en Île-de-France à partir du 3 juin. Est-ce que vous confirmez qu'à partir du 3 juin, cette offre de transport sera remontée à 100% ?

2:23
Élisabeth Borne

Oui, je vous confirme. La RATP devrait être à 100% de son offre fin mai, et la SNCF effectivement début juin. Et donc c'est important de continuer à adapter le dispositif au fur et à mesure, pour tenir compte aussi de l'augmentation de la fréquentation. Je pense qu'il faut aussi que chacun continue à être très responsable, les entreprises à maintenir le télétravail, les usagers à respecter les gestes barrières et à porter leur masque.

2:49
Invité

Justement, pourquoi seulement, Elisabeth Borne, fin mai ou tout début juin, aujourd'hui c'est la rentrée scolaire qui commence, le retour au travail prend de l'ampleur ? On sait très bien que dès aujourd'hui et dans les jours qui viennent, l'affluence en termes de voyageurs va être plus importante. Pourquoi attendre le 3 juin pour remettre une offre de transport à 100% ?

3:05
Élisabeth Borne

Mais vous savez, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts, on a des entreprises, et moi je voudrais saluer leur mobilisation, la mobilisation des femmes et des hommes de ces entreprises, pour passer en quelques jours d'une offre de 30% à 75% par exemple sur le réseau RATP hier, et je peux vous assurer que les agents, les salariés de ces entreprises font le maximum pour augmenter l'offre le plus rapidement possible. Et je crois que c'est vraiment important d'avoir en tête que chacun prend sa part, et que c'est un état d'esprit qu'il faut maintenir. Au passage, moi je regrette que des responsables politiques comme Marine Le Pen aient trouvé utile de taper hier sur la RATP et la SNCF.

3:43
Présentateur

Elle réclame des explications, la chef de file du Rassemblement National, pour ce qu'elle appelle des aberrations, et elle parle donc de ces scènes dont on parlait tout à l'heure dans la ligne 13 du métro parisien ou le RERB.

3:55
Élisabeth Borne

Oui, mais je me demande si elle se rend bien compte de ce que ça veut dire de passer de 30% à 75% de l'offre en quelques jours. Je vous dis, derrière c'est des femmes et des hommes. Moi j'ai pu le constater dimanche en allant Gare de l'Est, côté RATP et SNCF, que ce sont des femmes et des hommes qui travaillent depuis des semaines pour augmenter le trafic, pour coller des millions d'autocollants, pour permettre le respect des gestes barrières. Donc vous voyez, moi je trouve que c'est ni sérieux ni respectueux de tenir des propos de ce type-là.

4:25
Invité

Vous dites chacun prend sa part, Elisabeth Borne. Est-ce que ça signifie que tant que l'offre n'est pas remontée à 100%, vous appelez les Français, notamment les Franciliens, à limiter leurs déplacements et à éviter, s'ils le peuvent, de prendre les transports en commun ?

4:38
Élisabeth Borne

Donc ce qui est très clair, c'est qu'il y a même une charte qui a été signée en Ile-de-France pour que les entreprises maintiennent le télétravail dans les prochaines semaines. Et par ailleurs, évidemment, les usagers, ils doivent non seulement porter leur masque, mais ils doivent aussi ne pas utiliser les transports en commun aux heures de pointe pour les réserver à ceux qui ont une attestation employeur ou une attestation pour motif impérieux, donc qui ont absolument besoin de se déplacer aux heures de pointe.

5:07
Présentateur

Elisabeth Borne, on parle beaucoup de cette ligne 13 du métro parisien. Elle doit être doublée d'ici la fin de l'été par la ligne 14, qui est automatique et qui doit être prolongée jusqu'à Saint-Ouen. L'ouverture était prévue, mais les travaux ont dû prendre du retard avec le confinement. Qu'en est-il ? Est-ce que cette ligne pourra rouvrir à la fin de l'été ?

5:25
Élisabeth Borne

Je peux vous assurer que la RATP est vraiment très mobilisée pour tenir au mieux le calendrier qui était prévu. Effectivement, ce sera un grand soulagement pour les nombreux voyageurs qui empruntent la ligne 13. Donc tout le monde est sur le pont pour tenir au mieux les calendriers.

5:41
Présentateur

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, vous restez avec nous. On va continuer de parler de ce jour 1 du déconfinement qui a eu lieu hier. Et on va parler même plus généralement des modes de transport alternatifs comme le vélo qui est en train de se développer. Vous avez d'ailleurs mis en place un plan pour aider à ce financement. Mais d'abord, un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 20 avec David Doba.

6:04
Invité

L'offre a été renforcée depuis hier matin pour éviter les encombrements dans les transports en commun en Ile-de-France. Interrogé sur France Info à l'instant, Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et des transports, estime que globalement, le retour au travail des salariés s'est bien passé au niveau des transports en commun. 95% des usagers portaient un masque. Elisabeth Borne qui assure par ailleurs que 100% du trafic sera assuré fin mai par la RATP. Ce sera début juin pour la SNCF. Elle est obligatoire pour vous déplacer à plus de 100 km de chez vous. C'est la nouvelle attestation du gouvernement.

Elle sera à présenter avec une quittance de loyer, un avis d'imposition, une facture de téléphone, de gaz, d'électricité pour confirmer votre domicile. Et puis pour ce qui est des motifs, il faudra justifier une attestation de votre employeur, d'un rendez-vous médical ou bien encore d'un motif impérieux pour raison familiale. Au premier soir du déconfinement, les autorités contraintes de resserrer la vis à Paris. La consommation d'alcool est désormais interdite sur les voies sur berge et le long du très fréquenté Canal Saint-Martin. Elle dénonce l'irresponsabilité de certains comportements. Des dizaines de personnes s'étaient retrouvées dès hier soir pour fuiter une liberté retrouvée.

Et puis plus de 40 000 écoles ouvertes à partir d'aujourd'hui, rentrées étalées et surtout extrêmement surveillées pour 1,5 million d'élèves qui vont découvrir les gestes barrières ou bien encore le lavage systématique des mains.

7:15
Locuteur non identifié

France Info, et tout est plus clair.

7:19
Présentateur

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire et l'invité du 830 de France Info. On parlait des transports en commun, avec cette crainte de la levée du confinement et des bouchons qui allaient peut-être l'accompagner. Ce n'est pas le cas ce matin, Elisabeth Borne, avec des cartes qui sont toutes vernes. Vous vous satisfaisez de cette situation ?

7:38
Élisabeth Borne

Écoutez, c'est effectivement très positif. On aurait pu penser qu'il allait y avoir des embouteillages monstres. Hier, on avait six fois moins de bouchons qu'un lundi normal. Et ce matin, je vous confirme qu'il y a effectivement très peu d'embouteillages. Donc ça veut dire que chacun a été responsable, soit en continuant à télétravailler, soit en utilisant les transports en commun, s'il doit absolument se rendre sur son lieu de travail. Et puis vous savez que moi, je soutiens des formes alternatives, en particulier le vélo, dont je suis convaincu que c'est un mode de déplacement qui est très bien toute l'année, et en particulier pour cette période de déconfinement.

Et moi, je vous le dis clairement, je ferai tout ce qui est possible pour booster ce mode de déplacement.

8:19
Présentateur

Alors vous avez déjà mis 29 millions d'euros sur la table. Comment allait utiliser cette enveloppe ? Il y a à la fois un chèque pour remettre en état son vélo qui traînerait dans sa cave ou dans son garage, mais pas seulement, c'est aussi pour créer des nouvelles pistes cyclables temporaires. C'est bien ça ?

8:36
Élisabeth Borne

Alors c'est effectivement une prise en charge de 50 euros si vous sortez votre vélo de votre cave ou de votre garage.

8:43
Présentateur

Alors comment ça marche concrètement pour s'arrêter d'abord sur cette mesure ?

8:47
Élisabeth Borne

Écoutez, c'est très simple. On a 3000 réparateurs qui sont maintenant référencés en une semaine. 3000 réparateurs, c'est-à-dire la quasi-totalité du réseau national des réparateurs vélos qui s'est référencée sur le site de la FUB, la Fédération des usagers de la bicyclette dont je voudrais saluer la mobilisation. Hier, dès hier, on avait déjà plus de 500 vélos réparés. Et c'est vraiment très simple. Vous allez chez votre réparateur et vous déduis 50 euros qui sont effectivement pris en charge par l'État dans le cadre de ce plan.

9:18
Présentateur

Donc c'est le réparateur qui enlève ça de la facture ? Absolument. On n'a rien à avancer, on n'a pas ensuite à se retourner vers les services du ministère ou autre ?

9:26
Élisabeth Borne

C'est ça, vous n'avez pas à produire des papiers. On ne vous envoie pas un chèque 6 mois plus tard. Là, c'est tout de suite. On vous déduit 50 euros de la réparation de votre vélo.

9:35
Présentateur

Et comment on fait si on a anticipé, madame la ministre, mais peut-être après l'annonce de ce chèque, certains se sont rendus de manière un peu précipitée peut-être chez leur réparateur de vélos. Est-ce qu'ils peuvent se faire rembourser ou est-ce que c'est trop tard ?

9:47
Élisabeth Borne

Écoutez, là, je pense que ça va être un peu compliqué. Mais la prochaine réparation, on sera là.

9:53
Invité

Renaud Délix. Ce plan, il vise aussi à développer des pistes cyclables, y compris des pistes temporaires. Est-ce que vous avez déjà un premier bilan ou une ambition en la matière en termes de kilométrage de nouvelles pistes cyclables ?

10:05
Élisabeth Borne

Alors, il y a près de 1000 kilomètres de pistes cyclables temporaires qui ont été déployées dans tout le pays. Je pense qu'il faut aussi avoir en tête que c'est des belles pistes cyclables. Ce n'est pas un contresens cyclable comme on l'a parfois. Et puis, c'est surtout aussi des coupures qui existaient depuis des décennies qui ont été levées. Moi, je pense par exemple à la piste qu'on a réalisée, Pont-de-Neuilly, pour accéder à la défense. Ça fait des décennies que tous les cyclistes d'Île-de-France attendaient.

10:32
Présentateur

Dehors de Paris, pour ceux qui ne connaissent pas forcément, au nord-ouest de Paris, c'est un endroit où il y a énormément de voitures qui passent puisqu'on est entre Paris et le quartier d'affaires de la Défense. Et là, une voie de circulation voiture a été totalement réservée au vélo. C'est bien ça ? C'est absolument ça.

10:47
Élisabeth Borne

Donc voilà, on a ces pistes cyclables qui se déploient. Je pense que ce qui est formidable, c'est que finalement, en quelques mois, on va avoir gagné plusieurs années de politique cyclable. Et je pense qu'on peut vraiment franchir une étape pour installer une culture vélo en France.

11:03
Invité

Mais justement, vous évoquez cette ambition d'une culture vélo. Elisabeth Borne, vous avez même parlé il y a quelques jours d'une nation du vélo. Pour autant, il y a toute une frange de la population, et on peut le comprendre, qui n'a pas forcément envie de remonter en selle et de se mettre à pédaler.

11:15
Élisabeth Borne

Enfin, moi, je ne dis pas que c'est le mode de transport pour tout le monde et en toutes circonstances. Je dis que, vous savez, par exemple, on constate aujourd'hui que, pour les trajets domicile-travail, même ceux qui font moins d'un kilomètre, la majorité des déplacements se fait en voiture. Donc on voit qu'on a beaucoup de déplacements qui, aujourd'hui, se font en voiture, qui peuvent se faire en vélo. Et là, c'est une bonne occasion, en sortant du confinement, où on a peut-être manqué d'activité physique aussi, de se remettre au vélo. Je précise qu'on peut aussi, dans le cadre du plan que j'ai décidé, avoir une formation pour se remettre en selle.

11:49
Invité

Vous-même, d'ailleurs, Elisabeth Borne, après le confinement, est-ce que vous irez au bureau en vélo ou est-ce que vous inciterez vos collaborateurs à le faire ? On a vu, déjà, des ministres le faire.

11:56
Élisabeth Borne

J'ai beaucoup de mes collaborateurs qui viennent en vélo et j'ai un vélo moi-même dans mon bureau, vous voyez.

12:02
Présentateur

Donc vous allez le faire, comme on se souvient de Christiane Taubira, par exemple, l'ancienne ministre de la Justice qui allait au Conseil des ministres en vélo. Ce serait une possibilité pour vous ?

12:10
Élisabeth Borne

Oui, écoutez, vous savez qu'on a quelques contraintes dans notre organisation.

12:15
Présentateur

Ce n'est pas l'heure du jour pour vous, Elisabeth Borne, en tout cas. Il y a des aides qui existent au niveau régional dans certaines régions de France. En Ile-de-France, par exemple, la région verse jusqu'à 500 euros pour l'achat d'un véhicule électrique. Est-ce que l'État a également mis en place des aides ?

12:31
Élisabeth Borne

Alors, l'État a mis en place une aide qui vient dès lors que les collectivités mettent aussi une aide. Elle est sans doute compliquée. Donc moi, je suis en train de réfléchir à la façon dont on peut la simplifier.

12:44
Présentateur

En fait, vous aidez les collectivités à mettre en place une aide.

12:46
Élisabeth Borne

On accompagne pour l'instant l'achat de vélos à assistance électrique quand les collectivités l'accompagnent aussi. Je pense que ça mérite qu'on réfléchisse à la façon dont on peut simplifier ce dispositif.

12:58
Invité

C'est ce que je suis en train de faire. Justement, très concrètement, pour bien comprendre, Elisabeth Borne, en Ile-de-France, par exemple, si on achète un vélo électrique, on peut demander à la région et obtenir une aide qui va jusqu'à 500 euros. On peut aussi, parallèlement, demander une autre aide à l'État ou pas ? Dans ce cas-là, il y a une aide de 200 euros de l'État.

13:14
Présentateur

En plus de l'aide de la région ? Absolument. D'accord. Effectivement, c'est le genre d'aide, de mesures sur lesquelles il va falloir communiquer, j'imagine. Est-ce que votre ambition, c'est que le vélo devienne, pourquoi pas, le premier mode de déplacement, bien sûr, à courte échelle, quand les distances sont assez courtes ?

13:35
Élisabeth Borne

Mon ambition, c'était de tripler la part du vélo d'ici 2024. On partait très loin. Et on partait de 3%, c'est-à-dire que c'est très bas, effectivement. Et là, je pense qu'on peut vraiment accélérer, gagner plusieurs années sur cet objectif de 10% des trajets en vélo.

13:50
Invité

Pour y parvenir, il faut bien sûr que vous vous appuyez aussi sur les élus locaux. Est-ce que vous louez, par exemple, l'action et les engagements d'Anne Hidalgo, qui elle aussi, ces jours-ci, expliquait qu'elle voulait absolument éviter le retour au tout voiture et développer aussi à Paris des pistes cyclables, y compris temporaires ?

14:04
Élisabeth Borne

Moi, je salue l'action, évidemment, de tous les élus locaux qui ont mis en place ces pistes temporaires. Vous savez que mon ministère a fait un guide pour accompagner les collectivités qui mettent en place ces pistes cyclables temporaires. Donc, bravo à Hidalgo. Bravo à Paris. Vous avez du mal à le dire. Moulouse, bravo à Lyon. Toutes ces villes qui, effectivement, mettent en place ces pistes cyclables,

14:27
Présentateur

je vais y arriver, temporaires. Il y a un autre sujet qui a été à la une de l'actualité ces dernières semaines et qui vous concerne, Elisabeth Borne. C'est le patronat qui vous a écrit pour réclamer le report de certaines dispositions environnementales en estimant que la reprise devait se faire le plus rapidement possible, le plus fort possible, et cela sans avoir à se soumettre à, par exemple, des objectifs d'émissions de CO2, de réduction des gaz à effet de serre. Qu'est-ce que vous avez répondu au patronat ?

14:57
Élisabeth Borne

Alors, d'abord, moi, je le dis très clairement, je ne cèderai rien à ceux qui voudraient un retour en arrière sur les normes environnementales et j'ai refusé tout moratoire. Par exemple, on a, au contraire, maintenu les normes d'émissions de CO2 pour les voitures qui seront, bien sûr, appliquées. Et, je le dis, c'est une vision qui est totalement dépassée. Opposer écologie et économie, c'est totalement dépassé. Je pense que ce serait un mauvais coup pour nos constructeurs automobiles qui ont investi des milliards pour préparer des voitures électriques.

On n'est plus en 2008 et, aujourd'hui, il faut, au contraire, soutenir les centaines de milliers d'entreprises qui sont engagées dans la transition écologique.

15:39
Présentateur

Mais ce n'est pas un frein à la reprise ces normes, ces mesures qui, parfois, semblent, en tout cas, insurmontables aux entreprises, aux PME, notamment.

15:48
Élisabeth Borne

Moi, je suis convaincue que la transition écologique, c'est la meilleure stratégie pour créer des emplois en sortie de crise. Et je suis en train de travailler sur des mesures qui allient économie et écologie. Par exemple, on peut créer des centaines de milliers d'emplois dans la rénovation thermique des bâtiments, par exemple, pour rénover les hôpitaux et les EHPAD qui en ont bien besoin. On peut aussi soutenir la mobilité électrique. Nos constructeurs sont prêts. Et moi, je voudrais... Enfin, je prépare un grand plan d'implantation de bornes de recharge pour les véhicules électriques. Je crois qu'il faut aussi encourager le télétravail.

On voit qu'on a eu une montée du télétravail dans des proportions qu'on n'imaginait pas. Je souhaite que ça puisse devenir une pratique courante et massive pour réduire les déplacements. Donc, moi, je vous dis, je suis convaincue que c'est la meilleure stratégie pour créer des emplois en sortie de crise.

16:38
Présentateur

Il faut changer également nos comportements. C'est ce que vous dites en privilégiant le télétravail. Elisabeth Borne en a vu ces images de quais bondés à Paris dès hier avec les premières levées des mesures de confinement. Est-ce que vous craignez un relâchement dans les efforts faits par les Français pour lutter contre ce coronavirus ?

16:58
Élisabeth Borne

D'abord, je voudrais redire que ça s'est globalement bien passé hier. Et moi, je pense que les Français, ils sont responsables. Ils comprennent très bien la menace que constitue le virus. Et moi, je pense qu'il faut aussi compter sur la responsabilité, sur le civisme des Français. Ils l'ont montré pendant le confinement. Ils l'ont montré hier pour cette première journée des confinements. Donc, faisons aussi confiance. Pas besoin de tour de vis. Faisons confiance aussi aux Français.

17:26
Présentateur

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire. Vous restez avec nous. On va parler dans un instant du plan de relance de l'économie français et européen qui sont pour l'instant dans les starting blocks. Ça sera juste après. Un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 10 avec David Dom.

17:40
Invité

Sur France Info, il y a quelques instants, Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, affirme qu'elle mettra en œuvre tout ce qui est possible pour les déplacements alternatifs. Près de 1000 km de pistes cyclables temporaires ont été créées dans tout le pays à l'occasion du déconfinement. Elisabeth Borne qui assure par ailleurs que 100% du trafic sera assuré fin mai par la RATP. Ce sera début juin pour la SNCF. Le confinement qui a coûté près de 6 points de PIB à l'économie française. Sur France Inter, le gouverneur de la Banque de France annonce que près de 500 000 demandes de prêts garanties par l'État ont été faites.

Demandes venant principalement de très petites entreprises. Retour à l'école pour un certain nombre d'élèves, en tout cas du primaire. Elles seront 1,5 million à retrouver leurs enseignants désormais masqués. D'ici la fin de la semaine, un peu plus de 40 000 établissements ouvrent leurs portes dans des conditions sanitaires désormais extrêmement strictes. Cette lueur d'espoir en Italie, il ne reste plus désormais que 999 personnes en soins intensifs. Chiffre qui va donc permettre d'accélérer le déconfinement alors que les commerces sont toujours fermés et que seuls 4 millions de salariés ont repris le travail.

En revanche, à Wuhan, en Chine, les autorités déclenchent un dépistage massif de la population après la découverte de 6 nouveaux cas en 48 heures.

18:49
Locuteur non identifié

France Info, et tout est plus clair.

18:54
Présentateur

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire est l'invité du 830 de France Info. On parlait à l'instant de la relance de l'économie. Vous faites confiance, dites-vous, aux Français qui ne vont pas se relâcher. En tout cas, c'est ce que vous espérez. Est-ce que la relance de l'économie, elle doit être verte ? Est-ce qu'il faut un Green Deal à la française ?

19:14
Élisabeth Borne

Alors d'abord, moi je soutiens évidemment le Green Deal européen. Vous savez, on a, avec 16 collègues, lancé un appel à la Commission pour soutenir ce Green Deal. Et moi, je vous le redis, je suis convaincu que la transition écologique, c'est la meilleure façon de créer des emplois et de répondre à l'urgence écologique qui est toujours là en sortie de crise.

19:37
Invité

Renaud Delis. Mais ça, ce sont les engagements, Elisabeth Borne. Puis il y a les actes, et notamment les actes récents. Dans le récent collectif budgétaire adopté pour répondre à la crise, un certain nombre de députés, y compris d'ailleurs certains de la majorité, voulaient que le gouvernement sous-tendent en fait l'enveloppe de 20 milliards d'euros à destination des grands groupes comme Air France, Renault ou d'autres à des contreparties écologiques. Et le gouvernement s'est opposé à l'adoption de cet amendement, refuse donc d'imposer des contreparties, des contraintes supplémentaires pour inciter ces grands groupes à cette transition écologique. Pourquoi ? Vous leur faites confiance ?

20:11
Élisabeth Borne

Le gouvernement ne s'est absolument pas opposé à... Cet amendement a été rejeté. Il y avait deux amendements. L'un a été voté, qui prévoit bien, et je le redis, et on le dit ensemble avec Bruno Le Maire, il n'y aura pas d'aide de l'État à nos entreprises stratégiques sans engagement écologique. Et c'est bien ce qu'on a fait avec par exemple Air France, qui est une entreprise très symbolique. Les aides qui sont apportées par l'État sont aussi accompagnées d'un plan de performance et de transition écologique qui va notamment conduire la compagnie à réduire de 50% ses émissions de CO2 sur ses vols domestiques, notamment en... En supprimant les lignes

20:53
Présentateur

qui seraient déjà desservies par des trains. Je crois que c'est 2h30, c'est ça la distance en train, le temps en train. S'il y a un train qui fait 2h30 entre un point A et un point B, il n'y a pas besoin de liaisons aériennes.

21:06
Élisabeth Borne

C'est bien l'idée, effectivement, quand on a une alternative ferroviaire performante, ça ne sert à rien de venir mettre en concurrence une ligne aérienne.

21:16
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas une goutte d'eau dans les émissions de CO2 d'un groupe comme Air France ?

21:20
Élisabeth Borne

Écoutez, tout ça conduit, je vous dis, à réduire de 50%, donc ce n'est pas une goutte d'eau. 50% de réduction, c'est massif, c'est inédit. Sur le marché domestique, uniquement en France. Absolument. 50% sur le marché domestique, avec un objectif d'une réduction de 50% des émissions par passager kilomètre sur l'ensemble du réseau d'Air France. Donc c'est tout à fait inédit, vous savez, de demander à Air France de revoir son réseau domestique, notamment pour ne pas venir en concurrence quand on a une offre ferroviaire performante. C'est inédit.

21:52
Invité

Et est-ce que le combat de la France en faveur d'une taxe sur le kérosène, il est toujours d'actualité au vu de la situation des compagnies aériennes ?

21:58
Élisabeth Borne

Le combat de la France, il se mène à l'échelle européenne. Vous voyez, ça choque beaucoup de Français qu'on ait des taxes sur les carburants pour les voitures qu'ils utilisent tous les jours. Et puis, on a une partie de Français qui prend quand même peu l'avion et qui peut s'étonner, effectivement, qu'il n'y ait pas une contribution à hauteur des émissions de gaz à effet de serre pour l'aérien. Donc, c'est un combat qu'on continuera à apporter au niveau européen.

22:23
Invité

Vous réclamez toujours une taxe sur le kérosène, malgré la situation des compagnies aériennes qui sont aujourd'hui clouées au sol. Et c'est un secteur, a priori, totalement en panne.

22:31
Élisabeth Borne

Je pense que c'est important que ces compagnies, leur activité reprennent en prenant en compte l'urgence écologique et notamment en favorisant celles qui auront des avions qui polluent moins, qui utilisent des biocarburants, évidemment des biocarburants durables. Mais c'est tout à fait cohérent de dire que l'activité, elle repart après la crise en prenant pleinement en compte ces enjeux, cette urgence écologique.

22:55
Présentateur

Est-ce qu'il ne faut pas également, pardon, aider Elisabeth Borne, le ferroviaire, par exemple, en réduisant la TVA sur les billets de train ? Une réduction de 10% à 5,5% par exemple ?

23:06
Élisabeth Borne

Écoutez, les modalités, elles méritent d'être travaillées. On n'a pas aujourd'hui l'impact de la crise sur le secteur ferroviaire. Mais moi, je peux vous confirmer qu'évidemment, il faudra soutenir aussi la SNCF. On a absolument besoin que la SNCF puisse continuer à investir. Il faut aussi qu'on permette aux frais de ferroviaire de se développer. Pour moi, c'est une priorité qu'on ait un vrai service public du frais de ferroviaire en France. C'est une priorité et ça fait partie des mesures sur lesquelles je travaille.

23:34
Invité

La Convention climat, Elisabeth Borne, qui a été mise en place par le chef de l'État, a rendu 50 premières propositions qui doivent encore être amendées, votées en Assemblée plénière. Il y a des engagements extrêmement ambitieux et extrêmement coûteux. Par exemple, rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments d'ici à 2040, y compris les passeports thermiques, mais pas seulement. Au total, ça fait 20 millions de logements à rénover. Est-ce qu'il n'y a pas aujourd'hui des ambitions qui semblent d'un coup pharaoniques au regard de l'ampleur des déficits publics et de la crise économique ? Est-ce qu'il ne faudra pas repousser ces échéances-là ?

24:06
Élisabeth Borne

Vous savez, rénover ces passoires thermiques, c'est quelque chose d'essentiel parce que c'est à la fois une question de qualité de vie pour ceux qui vivent dans ces passoires thermiques. C'est aussi un enjeu, évidemment, sur les émissions de gaz à effet de serre. C'est un enjeu aussi pour le budget des familles souvent modestes qui habitent dans ces passoires thermiques. Donc, c'est clairement une priorité. Donc, on va attendre les propositions.

24:28
Invité

L'État aura les moyens d'impulser la rénovation de 20 millions de logements.

24:32
Élisabeth Borne

De toute façon, vous savez, on vise la neutralité carbone en 2050. Donc, il faut évidemment rénover les logements et en priorité les passoires thermiques. Donc, les modalités, on va regarder ce que la Convention nous proposera fin juin. Mais c'est évidemment une politique prioritaire. Et puis, je vous le dis, il y a les logements, il y a aussi les bâtiments, tous nos services publics, les hôpitaux et les EHPAD sur lesquels il faut aussi avancer.

24:58
Présentateur

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de France Info ce matin.