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AutreLe Parisien· 6 décembre 2025 104 minAutoproduitMixte

L'intégralité de l'intervention de Mélenchon face à la commission d'enquête sur l'entrisme religieux

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Présentateur

Mes chers collègues, nous allons procéder à notre première audition de ce jour, au cours de laquelle nous allons entendre M. Jean-Luc Mélenchon. M. le ministre, vous êtes fondateur du mouvement La France Insoumise. Vous êtes également actuellement co-président de l'Institut La Boétie, think tank proche de ce mouvement. Je vous remercie sincèrement pour votre présence aujourd'hui devant notre commission d'enquête. Je voudrais en préalable à nos échanges clarifier quelques points qui me semblent importants.

Tout d'abord s'agissant du chant de cette confession, tout à fait légitime d'ailleurs, par les élus de la nation pour répondre aux besoins exprimés par les membres de cette confession religieuse. De la même façon, nous condamnons sans équivoque les amalgames entre islam et islamisme, ainsi que toutes les violences qui peuvent être exercées à l'encontre de personnes au nom de leur religion supposée. Nos travaux se concentrent donc sur un point très précis, évoqué mais sans être pleinement développé par le rapport du ministère de l'Intérieur de l'année dernière, à savoir les rapports entre les mouvements islamistes et les représentants de partis politiques.

S'agissant à présent de la méthode, et malgré tout ce qui a pu être dit, cette commission ne vise pas un parti en particulier. Nous ne sommes pas un tribunal et nos auditions se sont déroulées jusqu'à présent dans un climat serein. Simplement, nous essayons d'analyser le plus fidèlement possible des phénomènes sur lesquels l'ensemble de la communauté du renseignement nous a alertés. Nous avons ainsi auditionné des personnalités présentant des points de vue différents, proposés par différents commissaires. Par ailleurs, j'ai personnellement veillé à ce que tous les groupes soient invités à participer au bureau de la commission et qu'ils puissent s'y exprimer librement.

Enfin, s'agissant de votre audition, il se trouve que lors de nos auditions, votre parti a été mentionné à plusieurs reprises, comme pouvant constituer une cible pour les mouvements islamistes. Il nous a ainsi semblé important de vous recevoir et d'échanger avec vous sur cette thématique. Aussi, je vous soumettrai, M. le ministre, quelques questions en guise d'introduction à nos travaux et je vous proposerai, si vous le souhaitez, de prendre la parole pour un propos liminaire qui pourrait être d'une dizaine de minutes. Puis, le rapporteur posera ces questions ainsi que les commissaires qui le souhaitent. Les trois questions liminaires.

Tout d'abord, nous avons été alertés par tous les services de renseignement sur l'importance de la menace que représente l'islamisme politique en France. Sont identifiées deux types de menaces. Une menace séparatiste, soit un repli communautaire de plus en plus marqué dans certains territoires ou certains quartiers qui remettent en question l'adhésion de leurs habitants à nos principes et à nos valeurs républicains. Et une menace d'entrisme ou d'influence au sein des associations, des institutions ou des mouvements politiques pour faire changer les règles communes. Que pensez-vous de cette menace islamiste sous forme de séparatisme ou d'entrisme ? Première question. Deuxième question.

Avez-vous le sentiment qu'au sein de votre parti, la différence entre islamisme et islam fait l'objet d'une information suffisante pour permettre aux élus d'identifier les demandes légitimes de nos concitoyens musulmans, de demandes relevant davantage du séparatisme ou de l'entrisme ? Ces enjeux font-ils l'objet de discussions en interne ? Votre parti sensibilise-t-il par des formations, ces élus, ces militants à ce sujet ?

Troisième question, enfin, un risque d'entrisme sur les listes municipales en vue des prochaines élections du mois de mars prochain a été mentionné à plusieurs reprises au cours de nos auditions, notamment dans des communes situées au sein d'écosystèmes locaux déjà bien constitués. Comment prévenir ces phénomènes selon vous ? Est-ce un sujet de vigilance pour votre parti ? En vous remerciant pour les éléments que vous allez pouvoir nous donner, je vais vous inviter, conformément à l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958, à prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vais donc vous inviter à lever la main droite et à dire, je le jure.

Je vous remercie et je vous laisse la parole pour votre propos lumineur.

5:52
Locuteur

Merci, M. le Président.

5:54
Présentateur

Alors, votre micro, si vous voulez bien appuyer.

5:57
Jean-Luc Mélenchon

Je vous en remercie. C'est bon, là ? Voilà. Merci, M. le Président. Nous sommes presque réconciliés, vous et moi. Nonobstant la présence nocturne de ce policier est venu me remettre une convocation. Je sais que vous n'y êtes pour rien, mais auparavant, vous aviez commis une erreur. La convocation était arrivée au bureau du groupe président, du groupe insoumis. Or, je vous rappelle que le règlement nous interdit absolument de faire travailler nos collaborateurs de groupe pour un parti politique, y compris pour des tâches de secrétariat. Donc, je n'étais pas informé, je le fus soudainement, je vous en voulais beaucoup. Vous m'avez envoyé une lettre extrêmement aimable et je vous en donne acte.

Nous avions décidé de vous boycotter. Et vous savez pourquoi ? D'abord, parce que l'intitulé, d'abord, de la commission était insupportable. On y mettait en cause notre parti. C'est pas que ça nous aurait dérangé. Nous sommes capables de faire face à toutes les adversités. Mais il y avait tout de même un problème. Comment en France, une commission parlementaire interroge un parti pour voir s'il est conforme aux lois de la République ? C'est absolument inouï. Ça ne s'est pas fait grâce à la sagesse de la commission des lois et il faut l'en remercier. Cependant, je me suis interrogé. Alors, je termine pour les raisons.

Ensuite, le bureau a été constitué dans des conditions qui ne convenaient pas au groupe parlementaire, puisqu'il ne se sentait pas représenté. Et puis, parce que les auditions qu'il avait souhaitées, mais vous venez de donner votre avis sur le sujet, n'étaient pas possibles. Donc, la décision était prise. C'est celle du groupe. Ça ne me regarde pas. Je me suis demandé pourquoi vous m'invitiez, moi. Et comme je ne trouvais pas de raison, eh bien, je me suis attribué l'intérêt que vous avez pour mes capacités intellectuelles de co-président de la Boétie. J'ai écrit d'innombrables articles, éditos, livres et autres sur la question de la laïcité au cours, disons, des trois dernières décennies.

Et donc, je me sens capable d'éclairer les points de vue, d'éclairer le point de vue sur des sujets qui sont, en effet, très délicats du point de vue des principes. Car la France est une terre de vieilles guerres de religion. Et par conséquent, elle doit, plus qu'une autre nation, être prudente et se souvenir des leçons du passé. La guerre de religion, c'est sous l'Ancien Régime, onze expulsions des Juifs de ce pays. C'est l'invention par le supposé Saint-Louis, en réalité, Louis IX, de la rouelle, des incendies de Torah et de l'expulsion des Juifs. Ensuite, ce furent les guerres de protestants et de catholiques, deux siècles et un quart, à peu près, dans des conditions effroyables.

Dès lors, la laïcité dans notre pays n'est pas le résultat d'un colloque savant. Elle est un accomplissement, au terme d'une histoire où l'on a auparavant tout essayé pour essayer de s'en passer. Le massacre mutuel, l'expulsion, j'ai parlé des Juifs, mais les protestants sont partis à plus de 200 000 lorsque l'édit de Nantes a été aboli. Et pour notre malheur, ils ont été enrichir des pays qui ensuite nous ont mené des guerres implacables. Donc, j'ai pensé que c'est à cela, et j'espère que c'est à cela, qu'on m'appellera dans un instant à répondre aux différentes questions.

Mais, je ne peux manquer de vous taquiner et de vous demander pourquoi vous n'avez pas dans vos auditions consulté des personnes qui me semblaient d'un plus grand intérêt que moi sur le sujet que vous avez bien délimité. Vous avez dit, on ne parlera pas de l'islam, etc. Nous parlons d'un fait, une menace, dont je reconnais l'existence, évidemment, au milieu de bien d'autres. Mais elle existe. Et donc, la France doit faire attention, agir avec intelligence, et dans un instant, j'y viens. Mais pourquoi ne pas avoir auditionné, par exemple, vous avez auditionné les rapporteurs, M. Courtade et M. Gouillette. M.

Gouillette est un grand ambassadeur de France, qui a été le représentant de notre patrie dans de nombreux pays du monde musulman, et qui connaît bien son affaire. Et dès lors, moi, j'attache beaucoup d'intérêt à ce qu'il a dit, et au rapport. Je l'ai lu, je l'ai trouvé intéressant, mais je suis presque obligé de vous dire, n'y voyez pas mal, que vous êtes hors sujet. Car, dans le rapport, il n'est pas spécialement question des frères musulmans. La question s'est concentrée sur eux, et dans un instant, je me poserai, je vous demanderai pourquoi, sur eux. Car des confréries dans l'islam, il y en a de toutes sortes. C'est propre à l'islam même.

L'islam n'est pas un système vertical comme l'Église catholique, avec un organe qui dit la vérité à laquelle il faut adhérer, sous peine d'être excommunié. Ça n'existe pas. C'est pourquoi, sur tous les sujets dans l'islam, il y a toujours discussion. Et les savants de l'islam sont ceux qui rendent compte des points de vue à propos de telle ou telle question dans la religion. Pardon de faire cette parenthèse, mais je me suis intéressé à la vie intellectuelle des religions pour la raison qu'elles ont contribué à la formation de la culture nationale des Français.

Nous avons combien de temps et de discussions de toutes sortes entre savants catholiques pour savoir si tel ou tel encyclique du pape est hérétique ou pas. Je vous rappelle Philippe Lebel qui fait se prononcer la Sorbonne sur la question de savoir si le pape Boniface a le droit d'ordonner, de percevoir un impôt en France. Et les savants étaient bien embarrassés d'avoir à obéir à la fois au roi et au pape. Je passe cet épisode, j'y reviendrai si vous voulez, il est tellement savoureux. Mais enfin, des personnes qualifiées pour bien comprendre de quoi il s'agit. Nous avons avant tout besoin de science et de compréhension de ceux que nous affrontons.

Quand nous affrontons des terroristes, notre intérêt est de les séparer du reste de la population et de ne leur valoir aucune sympathie. Et il faut comprendre que dans leur stratégie, il est prévu que nous nous emportions au point, que nous confondions tout. La religion dont ils se réclament, à tort si l'on en croit les savants musulmans, la religion dont ils se réclament, les actes qu'ils posent, etc. C'est ça qu'ils espèrent. Qu'on s'entretue entre nous, qu'on commence à se disputer entre Français parce que celui-ci n'est pas de la bonne religion ou celui-là. C'est aussi vieux que la guerre de religion.

entre catholiques et protestants, chacun imputait à l'autre une connivence avec l'étranger qui existait d'ailleurs. La Ligue de Comté est liée aux Espagnols. Et de même, le parti protestant est lié aux nouvelles principautés protestantes des innombrables Allemagnes qui y avaient à l'époque comme c'était un délice. Bien, c'est cousu de fil blanc. Ça a toujours été comme ça. Et les violences de l'un servent à justifier les violences de l'autre. Tout le temps. Les terroristes ne font que ça. espéraient qu'en dénonçant leur activité, on en vienne à la confondre avec l'islam et que dès lors, entre français, musulmans, non-musulmans, etc., nous nous affrontions.

Donc, il faut travailler avec vigilance à l'unité du peuple français. C'est notre tâche permanente à nous. L'unité du peuple français. C'est pour ça qu'existe la loi laïque de 1905 et qu'il nous revient à tous, quelle que soit notre partie, de la faire vivre dans son intelligence spécifique. Alors, la loi de 1905 et la laïcité, redisons-le pour ceux qui nous écoutent à cet instant, ce n'est pas un athéisme d'État. La laïcité, ce n'est pas l'interdiction de ceci ou cela. C'est une loi de liberté. Et d'où vient-elle ?

De la bataille qui est immédiatement commencée entre catholiques et protestants puisque le roi venait de Dieu et de sa décision alors de laquelle des deux religions procédaient son autorité. Très vite, les rois s'aperçoivent que de cette histoire ils ne sortiront pas indemnes. Et ils commencent par dire « Eh bien, attendez, nous, on est les rois de tous les sujets. » Non, ça s'est passé comme ça. Et il a fallu que tout ce cheminement du siècle, des siècles, deux siècles et 19 ans, vous avez ensuite un parti royaliste qui s'affiche complètement de savoir qui Dieu a choisi. Et ils disent « La loi française, c'est la loi salique, l'aîné de la branche-aînée, roi de France.

» On ne se soucie pas de savoir d'où il sort. Patatra, il était protestant. C'est Bourbon de Navarre. Et il a fallu surmonter ça. Et puis il y a la révolution, et puis il y a la commune, j'en passe. Mais c'est pour vous dire le problème auquel nous sommes confrontés n'est pas nouveau et nous devons tenir compte des enseignements du passé ayant pour objectif l'unité des Français. Donc pourquoi n'avez-vous pas, puisque là vous êtes en train de faire la chasse aux extrémistes, pourquoi ne pas avoir consulté M. Lang qui est le président de l'Institut du Monde Arabe, qui a une très grande science et compréhension de ce qui se passe dans le monde islamique, ou M.

Bernard Cazeneuve qui lui a vécu en première ligne l'attentat épouvantable qui a meurtri notre patrie si profondément au Bataclan. Ou bien, tenez, et j'arrêterai, là c'est la taquinerie. M. Wauquiez, c'est lui qui a inventé cette commission ici, tellement mal pris qu'il a fallu en changer le nom. Et pour finir, il vous abandonne, il vient même pas là. Il a peut-être des idées, c'est lui qui a inventé l'idée que nous serions responsables, nous, les insoumis de je ne sais quelle connivence. Où est passé M. Wauquiez, pourquoi ne vient-il pas ici, pourquoi ne vous supplie-t-il pas, président, de pouvoir venir vous tenir informé de ce qu'il a motivé à nous pour chasser comme il le fait.

Je passe à propos de M. Retailleau ou de M. Hollande qui est en président de la République, ayant avoué publiquement qu'il avait pris des décisions extrêmement rudes à l'égard des ennemis de notre pays, si vous voulez bien vous souvenir de ce à quoi je suis en train de faire allusion. Bref, voilà, si vous voulez interroger des gens qui ont des liens avec les terroristes, interrogez les membres du Rassemblement National, mais je veux immédiatement préciser ceci, je ne suis pas en train d'accuser le Rassemblement National d'avoir un lien avec le terrorisme. Mais deux de ces membres ont été pris la main dans le sac, l'un à vendre des armes, l'autre à aider le travail.

Je précise bien, je n'en accuse pas le Rassemblement National, je ne l'ai jamais fait. Je fais preuve de mesure. Mon domicile a été entièrement saccagé. Et sur tous les murs, il y avait des slogans du Rassemblement National. Je n'ai jamais accusé le Rassemblement National d'avoir décidé cette agression, car je ne le crois pas. Voilà pourquoi je ne crois pas que le Rassemblement National soit un mouvement qui soit lié au groupe terroriste. Cependant, les connexions existent pour des raisons qui sont idéologiques et il faut les comprendre.

De telles connexions n'existent pas pour nous, puisque par définition, nous sommes un mouvement qui postule que la similitude des êtres humains crée leur égalité en droit. Dès lors, tout ce qui s'apparente de près ou de loin à des distinctions qui reposent sur autre chose, nous les combattons toujours. Nous les combattons au sens de nous ne voulons pas qu'elles deviennent des règles politiques. Alors, me voici tout de même devant vous. Alors, vous pouvez vous en étonner après ce que je viens de vous dire. Mais, je vais vous dire pourquoi. Eh bien, parce que votre commission a déjà produit les documents qui nous innocentent absolument. Qui ?

Tous les responsables de services de renseignement du pays que vous avez entendu. J'ai lu les comptes rendus. Aucun ne dit qu'il y a un lien entre nous et les islamistes. Ils disent même le contraire. Aussi bien, s'agissant des frères musulmans qui sont en cause dans ce qui nous occupe présentement, eh bien, le rapport de M. Courtade et de M. l'ambassadeur Gouillette dit, il ne peut pas être plus clair. Au niveau français, dit M. Courtade, je ne connais pas de stratégie constituée d'influence de la mouvance frériste auprès des partis politiques.

A l'heure actuelle, certains militants islamistes politiques n'agissent pas nécessairement sur ordre, même au niveau local des stratégies d'influence parfois d'obtention d'avantages voire d'entrises. Mais, dit M. Courtade, je répète que nous n'avons pas observé ni documenter ou étudier une stratégie d'influence au niveau national sur les partis politiques. Alors, à plus forte raison, sur nous. Ceci vient de votre compte-rendu, pas de nos investigations à nous, car nous en menons aussi, et je vais vous en dire un mot pour vous mettre en garde contre ce qui vous arrive. Alors, pareil, les responsables de renseignements français ont dit nous, on n'a pas vu ça.

Mais, c'est le moment pour moi maintenant de vous mettre en alerte. quelque chose se passe d'un peu bizarre dans ce pays. Le député insoumis Carlos Bilongo, Martin Bilongo, est rapporteur sur la préparation de la condition de la COP28, une activité, parmi d'autres, traditionnelle chez les parlementaires. Le voici qui se rend là-bas, aux Émirats arabes unis, et dans son rapport, mentionne le fait qu'il trouve surprenant, il n'accepte pas l'idée que le responsable de la COP28 soit lui-même un responsable d'une compagnie pétrolière.

Bon, il rentre, et il s'est voué une haine apparemment absolument indépassable, et voici que se mettent en mouvement des services de renseignement qui noyautent ici, là, et en particulier l'administration française qui se met à pourchasser M. Bilongo pour une histoire assez confuse, je vous renvoie à lui. Mais, M. Bilongo a été mis en cause par un service d'intelligence ennemi, ennemi, puisque personne n'est autorisé dans ce pays à nous espionner ou à nous manipuler. J'ai le souvenir heureux de M. Charles Pasqua qui avait expulsé, je lui ai dit une fois, tu as expulsé 47 diplomates, Charles, c'était des diplomates américains, et il m'avait répondu, pas du tout, moi, j'ai expulsé 47 espions.

Voilà comment, depuis toujours, les Français n'ont jamais admis, y compris des puissances amies, qu'elles se mêlent de nos affaires. Par conséquent, nous avons protesté. Que s'est-il passé ? Rien. Là-dessus, nous voici partis avec un sondage qui donne lieu à toutes sortes de commentaires dans la presse en disant qu'il est manipulé. Qui l'a fait ? Vous avez reçu deux personnes. Président, il est important, M. le rapporteur, M. le Président, que vous sachiez qui vous a recommandé d'entendre ces deux personnes, car elles sont liées à un journal qui n'existe pas, mais qui est distribué gratuitement à l'Assemblée nationale. Et ce journal est lié à un fond qui lui-même est lié aux Émiratis.

Tout ça est expliqué dans les documents que je viens de vous transmettre, non pas de nous, les Insoumis, mais du Monde, de Mediapart et de Orient 21. Par conséquent, que se passe-t-il ? Je m'empresse de dire aux Émiratis qui éventuellement m'écoutent que je n'ai rien contre eux ni à faire et n'en veux pas. Mais il n'empêche qu'ils ont manipulé. Ils ont manipulé et ils se donnent pour objectif, c'est l'objectif de ce journal, Écran de Veille, de provoquer des débats publics. Et c'est eux qui, par compétition avec le Qatar, ont imaginé qu'il fallait mettre en cause des frères musulmans pour mettre en cause le Qatar.

Sans doute, y a-t-il des frères musulmans en France, bien sûr, il y a de tout en France, sur tous les sujets. Et par conséquent, pourquoi n'y aurait-il pas des frères musulmans ? On dit, d'après le rapport, qu'il y en a dans 8 mosquées, il y en a 2600 de mosquées en France. Par conséquent, rien d'autre que ce qu'on doit regarder en faisant attention et surtout en évitant de se donner en spectacle pour donner de l'importance ou de la visibilité à des choses qui, parfois, n'en méritent pas, si on veut vraiment qu'elles n'en aient pas. Voilà pourquoi je vous mets en garde.

Je vous dis, en tant que compatriote, attention, il y a une puissance extérieure à la France qui manipule et s'ingère dans toutes sortes de circonstances pour mener ses comptes avec le Qatar. Mais c'est normal. Dans le monde, ce qu'on appelle le monde musulman, et là, personne ne m'en voudra d'appeler le monde musulman, Qatar et Emirati, qui sont deux pays parmi les 24 qui mettent l'islam, c'est-à-dire la religion, dans leur constitution. Il y a des luttes d'influence.

Ce que je n'accepte pas, c'est que la France soit le terrain de jeu de ces luttes d'influence et que, de manière tout à fait, j'en suis absolument persuadé, honnête, comme vous l'êtes, par vigilance, vous vous trouviez impliqué là-dedans à aider des manœuvres auxquels aucun d'entre vous n'a jamais eu idée de participer, si peu que ce soit, y compris à cet instant. Voilà pourquoi, je crois que nous avons, le groupe insoumis a déposé son article 40. Me permettez-vous maintenant, sur les mots, de vous dire encore une ou deux choses ou bien pensez-vous passer tout de suite aux questions ?

21:40
Présentateur

Je vais vous proposer de le dire très rapidement, de qu'on puisse avoir un échange. Entendu. Alors,

21:46
Jean-Luc Mélenchon

la première, je vais presque vous répéter, Président, et il faut que ceux de nos compatriotes qui nous entendent sachent que, vous, moi, monsieur le rapporteur, d'autres ici, qui ne sommes d'accord sur rien, sommes au moins d'accord sur ce point. Nous ne confondons pas l'islam et l'islamisme. Et nous ne confondons pas l'islamisme avec le terrorisme. Je le leur dis, me faisant le porte-parole de tout le monde ici, au nom de ce pays, nous ne confondons pas.

Et dès lors, une fois qu'on a dit ça, c'est simple, l'islam est une religion, l'islamisme est un fondamentalisme qui en gros a deux branches, l'une qui est quiétise, qui dit, de toute façon, nous, on ne s'occupe pas de tout ça, on ne s'occupe que d'une chose, veillez au respect de la loi de Dieu que nous pratiquons dans notre intimité, dans notre maison, dans nos manières de faire. Ce n'est pas si loin de l'idée que nous-mêmes, on peut accepter sans aucune difficulté. Et d'autres prétendent en faire des lois politiques. Et d'ailleurs, il y a des pays, comme la Turquie, qui se réclament de l'islamisme politique.

Alors là, nous sommes en désaccord complet, nous Français, parce que nous ne croyons pas à ça pour la raison que j'ai invoquée tout à l'heure, qui est que nous séparons la religion de la politique. Mais aujourd'hui, 60% de nos compatriotes ne pratiquent pas de religion. Si bien que la majorité du peuple français n'a pas été confrontée au voisinage de la pratique religieuse. Dans ma génération, le christianisme et le catholicisme étaient extrêmement présents au village, à la ville, on croisait sans arrêt des fois des gens en uniforme religieux, tout ça n'existe plus.

Et nous étions obligés, pour ceux d'entre nous, par exemple, qui étaient des catholiques ou des protestants, croyants, pratiquants, qui allaient à la messe, mais qui allaient aussi au parti communiste ou au parti socialiste, de voir comment on accordait tout ça. Ce que la population n'acceptait pas toujours. Bref, nous séparons et nous ne confondons pas, nous discernons. Le terrorisme est une forme d'islamisme meurtrier qui est une stratégie de combat. C'est-à-dire, par le terrorisme, provoquer l'effondrement de la société se déchirant entre elle-même. Mais nous devons étendre la réflexion, et moi je l'ai toujours dit pour ma famille politique. Il y a le terrorisme.

Bien sûr, le mot ne veut pas dire la même chose dans des circonstances de résistance. Les résistants français étaient traités terroristes et dans d'autres situations. Mais d'une manière générale, la lutte militaire violente, quel que soit le cadre dans lequel on est, à l'intérieur d'une société, est désapprouvée. Nous, comme mouvement, nous combattons toutes les formes de violence islamiste ou même de gauche. Un point encore et j'aurai fini pour cette introduction. Je veux vous parler des conditions dans lesquelles, je vous l'ai dit en début, la laïcité est née de la nécessité de la liberté du culte. La laïcité est donc d'abord protectrice de la liberté du culte, pas de son interdiction.

Et dès lors que cette confrontation permanente à l'exercice du culte est posée à un français, c'est toujours un sujet pour lui un peu plus délicat que pour d'autres qui acceptent que l'on colle côte à côte dans des ghettos toutes les croyances. Nous, français, nous ne condamnons jamais une opinion, nous condamnons une pratique. Ce sont donc toujours des actes et des pratiques. Pour le reste, la liberté de conscience est absolue et d'ailleurs incontrôlable, vous le savez aussi bien que moi. Nous ne pouvons donc combattre que des actes et dès lors, la laïcité ne combat que les pratiques interdites par la loi. Point final.

Et quand les Américains ont inventé cette idée que nous pourchachions les religions parce que nous avions une querelle avec une secte, nous leur avons dit nous n'avons aucune querelle avec quelques sectes que ce soit, il s'agissait de celle de scientologie, nous ne faisons qu'une chose, plus dire les escroqueries. Voilà comment les français abordent cette question. Merci.

25:28
Présentateur

Merci M. Mélenchon pour ce propos liminaire. Quelques éléments rapides d'abord avant de vous poser les questions concernant la convocation. Voilà. Elle a été envoyée dans la même forme que pour Mme Tondelier. Ça a été plus rapide avec Mme Tondelier mais nous sommes satisfaits que nous puissions nous rencontrer aujourd'hui. Alors pourquoi vous, parmi les invités, encore une fois, nous ne sommes pas à tribunal. Donc nous n'accusons pas telle ou telle personne. Il faut être très clair. Voilà qui est bien.

C'est simplement par rapport à la fois, bien sûr, aux responsabilités que vous avez eues dans le parti Les Filles étant fondateurs et puis c'est également votre éclairage, votre histoire dans la gauche et notamment des évolutions que vous avez pu avoir. On va pouvoir y revenir sur des sujets comme le vol, etc. Où ça peut effectivement nourrir notre réflexion. Pour le choix des auditions, les frères musulmans, c'est le titre d'ailleurs du rapport du ministère de l'Intérieur. Ça a été choisi là-dessus.

Ils indiquent bien dans le rapport que les frères musulmans sont plutôt en décroissance d'influence dans notre pays mais que leur stratégie d'entrisme est celle qui inquiète le plus en ce moment les services. Donc nous, on s'inscrit dans le prolongement de cette réflexion. Vous vous indiquez ou vous étoniez que le président du groupe de la droite républicaine ne soit pas là. C'est effectivement un droit de tirage de notre groupe.

Nous sommes co-signataires dans le groupe et à ce moment-là, comme ça se fait à l'intérieur d'un groupe, vous l'avez été vous-même président, il peut y avoir effectivement des représentations qui se font et donc c'est moi qui m'en charge au niveau de cette commission d'enquête. Quand vous vous interrogez sur les comptes rendus en disant qu'ils ne montrent rien, je pourrais vous donner des citations de l'ADGSI, de l'ADNRT, de l'ADRPP, de l'ADGSE qui indiquent qu'il y a effectivement un risque d'entrisme politique dans notre pays qui existe. Ils le disent très clairement et donc c'est tout à fait normal.

c'est une cible par vous en particulier, c'est très clair, mais il y a effectivement de l'entrisme politique, c'est cité et là où vous allez être cité, c'est dans des cas effectivement de contact, mais on va le faire au moment des questions, de membres de votre parti qui peuvent être en contact avec des représentants d'organisations islamistes. Enfin, sur le sondage de l'IFOP, moi je respecte le travail qui est fait par l'Institut qui est un des plus anciens dans notre pays.

vous avez fait une saisine au titre de l'article 40, maintenant c'est de l'ordre judiciaire, nous n'avons pas à nous en occuper au niveau de notre audition, mais ça nous semblait normal par rapport à l'actualité que nous auditionnons. J'indique d'ailleurs que les cinq premières minutes de l'audition du représentant de l'IFOP ont été consacrées à une explication de la méthodologie de ce sondage qui a permis effectivement d'éclairer certains points. Nous en venons maintenant aux questions et aux réponses. Je vais donc inviter M. le rapporteur à poser ses questions, j'aurai l'occasion de le faire et ensuite ce sera les collègues qui voudront le faire. M. le rapporteur.

28:27
Intervenant

Merci M. Mélenchon pour vos propos éliminaires. Mes chers collègues, avant de vous entendre, M. Mélenchon, sur les questions que j'avais posées, je souhaite rappeler le cadre précis et la nature même de nos travaux. Une commission d'enquête, ça a été dit, n'est pas un tribunal, elle ne juge pas, elle ne condamne pas, elle n'instruit pas à charge et contrairement à ce que j'ai pu entendre beaucoup dans la presse, elle n'a pas les moyens d'investigation du système judiciaire et ce n'est pas fait pour ça.

C'est un outil parlementaire au service de la représentation nationale chargé d'établir les faits et de formuler des propositions pour prévenir ou corriger en ce qui nous concerne les phénomènes d'antrisme qui pourraient toucher des responsables publics, des organisations ou des partis politiques dans notre pays. C'est dans cet esprit de lucidité et de responsabilité que nous devons situer nos travaux. Car si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est aussi parce que la France a été frappée dans sa chair par le terrorisme islamiste. Depuis 2012, 50 attaques ont été perpétrées sur notre sol, dont 24 mortels, faisant 274 morts et plus de 800 blessés.

De Toulouse à Montauban, de Charlie Hebdo au 13 novembre, de Nice à Saint-Etienne du Rouvray jusqu'aux horribles assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard, ces crimes ont bouleversé durablement notre pays. Ils ne relèvent ni de faits isolés ni d'une dérive marginale. Ils s'inscrivent dans un continuum idéologique, celui de l'islamisme politique qui, sous des formes légalistes ou violentes, cherche à fracturer notre société, à délégitimer nos institutions et à miner les fondements même de la République.

Cette réalité nous oblige, car en amont du passage à l'acte terroriste, il existe des écosystèmes d'influence, des stratégies séparatistes et parfois des démarches d'entrisme identifiées de longue date par les services de l'État et par les chercheurs. Comprendre ces dynamiques, c'est contribuer à prévenir ce qui, un jour, peut menacer l'intégrité de la nation. Depuis plusieurs décennies, notre pays est confronté à la diffusion progressive d'une idéologie d'islamisme qui dépasse largement la seule question religieuse.

Comme l'ont rappelé de nombreux chercheurs et autorités auditionnées par notre commission, l'islamisme est avant tout un projet politique mobilisant des normes religieuses comme levier d'organisation sociale et pour certains courants comme moyen de transformation de l'État. Vous évoquiez les frères musulmans et il y en a d'autres. En France, cette implantation a pris la forme d'écosystèmes d'influence mêlant lieux de culte, associations, structures éducatives et relais communautaires.

Les services de renseignement comme les chercheurs que nous avons auditionnés ont montré que ces structures, sans être toutes clandestines ou violentes, peuvent façonner des contre-sociétés en tension avec les règles communes. Certaines mouvances développent même des stratégies d'entrisme destinées à influencer des institutions, des collectivités ou des élus tout en masquant leurs intentions derrière un discours conforme aux valeurs républicaines. Face à cela, notre commission a une responsabilité claire.

Établir les faits, mesurer les risques et déterminer si certains responsables publics peuvent se retrouver en situation de proximité, d'influence ou d'instrumentalisation par des réseaux poursuivant des objectifs incompatibles avec les principes de laïcité, d'égalité et de liberté. Alors monsieur Mélenchon, notre démarche n'est pas partisane, elle s'inscrit dans la continuité des alertes formulées par les services de l'État, par les universitaires et par les élus locaux. Elle répond à une conviction simple, une république forte doit regarder lucidement ce qui peut fragiliser son unité. C'est dans cet esprit de rigueur, de respect et de vérité que nous entendons aujourd'hui.

Votre parole compte, le président l'a dit, parce que vous êtes une figure majeure de la vie publique française. Elle compte aussi parce que certains discours, certaines alliances militantes ou certains relais associatifs suscitent des interrogations légitimes auxquelles cette audition doit permettre d'apporter des réponses claires. Monsieur Mélenchon, les travaux de la commission ont mis en évidence dans plusieurs communes de notre pays des situations où des individus ici de mouvances islamistes ont pu exercer une influence ou accéder à des responsabilités locales.

Je pense par exemple au cas de Colombes où le directeur du cabinet du maire cumulait ses fonctions municipales avec celle de responsable d'une mosquée et d'une école coranique identifiée comme vecteur d'un enseignement problématique ou encore au cas de Villeneuve-Dasque, Valenciennes ou Douchy-les-Mines où des personnes proches d'un écosystème frériste ont été élues ou placées à des postes d'influence. Ces exemples illustrent un phénomène d'entrisme qui peut toucher n'importe quelle formation politique lorsque la vigilance se relâche, y compris dans la sphère locale.

A cet égard, une autre forme d'entrisme, davantage idéologique a été revendiquée publiquement en 2022 par Mme Ouria Boutelja qui est fondatrice du Parti des Indigènes de la République. S'adressant à propos de votre candidature à l'élection présidentielle, elle déclarait, je la cite, « Dans ce magma, il y a un butin de guerre qui s'appelle Mélenchon. C'était une espèce de laïcard de dingue, disait-elle et aujourd'hui il dit des choses qu'il n'aurait jamais dites il y a 15 ans.

» Cette phrase vous désigne donc explicitement comme une sorte de cheval de troie présentée comme un instrument permettant de faire avancer un agenda politique hostile à ce qu'elle appelle elle-même les laïcars et assumant une logique d'influence sur un candidat aux plus hautes fonctions qui étaient l'élection présidentielle. Mes questions sont les suivantes. À la lumière de ces exemples concrets, qu'ils soient locaux, organisationnels ou plus idéologiques, comment analysez-vous la réalité du phénomène d'entrisme en France ?

Et selon vous, quelles lignes rouges et quelles garanties doivent s'imposer à l'ensemble des formations politiques, y compris celles qui vous éprochent, pour éviter que des acteurs poursuivant un agenda incompatible avec les principes républicains puissent instrumentaliser un mouvement ou un candidat ?

34:12
Présentateur

M. Mélenchon,

34:14
Jean-Luc Mélenchon

votre micro, s'il vous plaît, votre micro, voilà. Je remercie le rapporteur pour la précision de sa question, mais je commence d'abord par déblayer des incertitudes. Vous avez donné des exemples d'entrisme, vous appelez ça comme ça, pourquoi pas ? Aucun ne me concerne ni ne concerne le mouvement insoumis. Et je voudrais que vous compreniez pourquoi ça paraît difficilement possible que cela ait lieu avec des insoumis. Il faut comprendre la matrice intellectuelle du mouvement insoumis. Sa matrice essentielle, c'est l'humanisme, qui dit que l'être humain est l'auteur de son histoire. Sur ce plan, il a une interconnexion facile avec la pensée de ceux qui croient. Pourquoi ?

Parce que les religions qui attribuent un libre arbitre à l'être humain disent que c'est par sa décision qu'il fait le bien ou le mal. Dans l'islam, on dit que ce n'est pas Dieu qui a fabriqué le mal, c'est les êtres humains qui font le mal. On dit quelque chose de similaire dans le christianisme, quoique on identifie la personne du diable comme un acteur de cette aventure spirituelle. Parmi les laïcs, on dira le monde n'est pas adapté. Disons, ceux qui n'ont pas de foi religieuse, on dira que la conformité avec les principes de la morale que l'on s'assigne crée le bien et le mal. Donc, sur ce plan, on a un terrain commun.

Après, on passe à d'autres choses, c'est l'égalité et la similitude absolue des êtres humains entre eux. Et là, commence toutes sortes de discussions politiques sur l'étendue des droits et des devoirs de chacun, le principal devoir étant de respecter le droit des autres. C'est la raison pour laquelle le mouvement insoumis, dans ses formations initiales, comme dans celle qu'il fait au fil de l'année, a toujours un compartiment antiraciste et laïque. Nous avons, nous formons, nous avons une école de formation avec des stages régionaux, des stages nationaux.

L'an est un stage national qui dure six mois, un an, six mois, et dans lequel on vient tous les quinze jours à une rencontre nationale, le mouvement prenant en charge les frais que cela déclenche pour ceux qui y viennent. Et dans la formation de base, il y a pour toutes les promotions, toutes, sans exception, les deux cours sur le racisme et le cours sur la laïcité de l'État. Le cours sur la laïcité est donné par M. le philosophe Benoît Schneckenburger, qui est, par ailleurs, aujourd'hui, le président de la libre-pensée. Vous imaginez qu'une telle présidence lui donne une vigilance spéciale sur la question de la foi.

Et comme notre but n'est pas d'endoctriner, mais de faire réfléchir, il va de soi que chaque fois qu'il vient, il se heurte à des amis qui trouvent ces formules excessives et qui, de ce fait, réfléchissent, puisqu'il existe entre nous, comme vous l'imaginez, une grande tolérance d'échange des points de vue. Ensuite, donc, toutes les promotions de cadres de notre organisation sont confrontées à cette double formation. Celle qui va sur le racisme prend donc en compte absolument toutes les formes de racisme, l'antisémitisme, la négrophobie, que sais-je encore, tout ce qui est répandu par l'ennemi pour, je vous parle avec mon vocabulaire là, diviser le peuple.

Car pour nous, l'acteur de l'histoire est le peuple, nous l'avons décrit d'une manière matérialiste et nous pensons que notre adversaire, l'oligarchie, est incapable de dominer la société si elle ne divise pas le peuple. D'où la vigilance spéciale à ne pas accepter d'être divisé par le racisme et la vigilance sur la laïcité. Et donc, nous passons notre temps à expliquer ça. Mais nous le faisons avec assez, comment dire, nous sommes des militants politiques, je ne vais pas vous apprendre ce que c'est, vous êtes vous aussi un militant politique, vous êtes un député, vous savez que l'enjeu de la vie politique c'est la conscience.

La meilleure manière d'intervenir dans la formation des consciences, ça n'est pas de donner des ordres, c'est de faire comprendre l'environnement d'une idée. La question de la laïcité de l'État est fondatrice pour nous pour éviter qu'on vienne à réclamer de l'État des mesures qui protègent telle ou telle chose. Nous passons notre temps à expliquer. La liberté républicaine est une liberté absolue. Nous n'interdisons pas, par exemple, il y a dans notre pays la liberté de l'interruption volontaire de grossesse, mais personne n'est obligé d'avorter, personne, mais celles qui veulent le faire peuvent le faire parce que la loi le permet.

De manière assez étrange, on a permis que la profession médicale puisse faire valoir une clause de conscience pour refuser d'accomplir l'acte d'avortement. Je ne vous cache pas que personnellement, si je comprends ce que ça peut représenter pour quelqu'un qui est croyant, d'un autre côté, je vois là un biais, une exception à la loi qui pourrait être ensuite étendue. Car ceux qui ont une fonction publique, quelle qu'elle soit, une utilité sociale, peuvent se réclamer à tout instant de leur propre conviction religieuse pour empêcher et que la liberté des autres s'exprime, il y a un problème. Je ne vous dis pas, je ne mets personne en cause à cet instant.

Je dis que, de temps à autre, nous sommes placés devant une contradiction qui nous pose problème, nous interroge, et quoi à la fin ? Eh bien, à la fin, on applique la loi et puis voilà, voilà, c'est ce que je fais. Donc, alors ça, c'est la réponse de fond pour le mouvement insoumis. Et alors, est-ce que ça nous protège de tout ? Ben non, bien sûr que non. Nous ne sommes pas protégés nous-mêmes ni du sexisme, ni de la bêtise, ni de tout ce qu'on voudra. Ce sont des influences de la société et il y a lieu de les combattre dans nos rangs lorsqu'on les aperçoit. Tous les partis sont confrontés à ça. Tout le monde. Nous sommes des êtres humains dans une société libre. Par conséquent, ça circule.

Et nous, nous pensons que nous donnons les moyens à chaque grand événement en fi d'été que nous faisons tous les étés, il y a des séances consacrées spécifiquement à la question des racismes de toutes sortes et de la laïcité de l'État. Il est important de savoir que dans ce domaine, nous n'avons pas de difficultés particulières avec les musulmans qui sont ou dans nos rangs ou que nous rencontrons dans la société. Pourquoi ?

Parce que l'islam en France est un islam qui est essentiellement influencé par son origine maghrébine et l'origine maghrébine est elle-même extrêmement liée à la période arabo-andalouse de l'histoire de l'islam et donc nous avons affaire à un islam maliquide, c'est-à-dire un islam qui dit dans les pays où vous êtes, vous respectez la loi du pays où vous êtes. Donc ça, c'est un point, c'est quand même considérable parce qu'il n'y a pas de problème. On a eu un autre problème avec l'Église catholique parce que je vous rappelle, ben oui, pardon, je suis obligé de le dire, mais c'est la vie.

1906, l'encyclique Véhémen Ternos, elle dit qu'il n'y a pas de loi supérieure à celle de Dieu et que penser qu'il faut en appliquer une autre est criminelle. Donc l'explication a été violente. Je vous rappelle que l'Église catholique, nonobstant, le point de vue de nombre de catholiques qui ne partageaient pas son point de vue, le point de vue clérical, était que la République, c'était un malentendu provisoire. Il a fallu attendre 1920 pour que l'Église catholique reconnaisse du bout des lèvres la République française dans un pot à Alger, c'est vous dire. Bref, ou c'est l'évêque d'Alger, je ne me rappelle pas, mais Alger mélangé à ça.

En tout cas, voilà, maintenant tout ça est beaucoup plus simple à gérer, si bien que celui qui viendrait faire de l'entrisme religieux se fait plus vite repérer que n'importe quel autre. Et évidemment que notre mouvement n'acceptera jamais l'entrisme religieux, ni de confier des responsabilités à quelqu'un qui dirait je le fais parce que je suis catholique et je vais expliquer les vertus catholiques ou les vertus juives ou les vertus protestantes qui sont des vertus respectables mais qui n'ont rien à faire dans notre organisation ni dans nos candidatures. Donc sur ce plan, je ne crois pas que vous... Mais si vous avez des difficultés à nous signaler, faites-le.

Après, quand même, vous êtes des élus, vous savez comment ça se passe, vous faites des listes, non dans votre coin. Tout le monde arrive au moment il faut perdre des listes. Merci M. Mélenchon,

42:09
Présentateur

on va laisser la parole pour la deuxième question à M. le rapporteur. Très bien.

42:14
Jean-Luc Mélenchon

Le continuum politique, je vous retrouverai après. D'accord.

42:21
Intervenant

M. Mélenchon, on sait que l'islamisme politique repose sur l'exacerbation de normes religieuses utilisées au service d'un projet politique et qu'il peut s'appuyer dans certaines circonstances sur des marqueurs identitaires visant à distinguer ou à séparer une communauté de la société commune dans le cadre de stratégies d'influence ou d'entrisme. Plusieurs chercheurs auditionnés ont d'ailleurs souligné que certains comportements ou symboles lorsqu'ils sont instrumentalisés peuvent devenir des leviers d'affirmation politique et de pression sociale.

A la lumière de nos travaux, une question se pose concernant la cohérence du discours politique sur ces marqueurs identitaires parmi lesquels le voile islamique. Vous-même avez exprimé au fil des années des positions assez différentes. En 2010, vous considériez qu'on ne peut se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale et que le voile constituait un stigmate que l'on s'inflige. Je vous cite M. Mélenchon. En 2015, vous qualifiez encore le voile de signe de soumission. Mais en 2025, 10 ans plus tard, vous avez déclaré avoir changé de regard et estimé que vouloir interdire le voile aux mineurs serait une violence, une insulte, un mépris.

Dans ce contexte, et alors que notre commission n'examine pas la foi des individus en aucune façon, mais l'utilisation possible de symboles religieux à des fins politiques par certains réseaux en ce qui nous concerne islamistes, j'aimerais vous interroger très factuellement. Comment expliquez-vous cette évolution de vos positions sur le voile ? Faites-vous aujourd'hui une distinction entre le port du voile pour une femme adulte par une adolescente ou par une fillette au regard des phénomènes d'influences que l'on peut observer de la part de réseaux islamistes ?

Et vous inscrivez-vous toujours pleinement dans le cadre de la loi de 2004 qui protège l'espace scolaire en interdisant les signes religieux ostensibles dans les écoles, les collèges et les lycées ? Plus largement, comment un responsable politique peut-il selon vous concilier la défense de la liberté religieuse et la nécessaire vigilance face à l'utilisation de marqueurs religieux comme instrument d'entrisme ?

44:23
Présentateur

Merci M. le rapporteur. M. Mélenchon.

44:26
Jean-Luc Mélenchon

Merci M. le rapporteur pour cette question bien précise et je vais vous faire la réponse aussi précise que possible. Je commence d'abord par ce qui me concerne puisque vous avez évoqué mon évolution et à juste titre mon point de vue a évolué. Mais il n'a pas évolué que sur l'islam. Il a évolué d'une manière générale. Je viens d'une famille catholique, de formation catholique, j'ai été enfant de cœur et ma mère était extrêmement croyante. Grâce à quoi j'ai été protégé du racisme qui régnait dans les communautés françaises d'Afrique du Nord où les propos n'étaient pas spécialement légers et délicats à propos des musulmans. J'en ai été protégé grâce à ça. Je ne peux donc que leur remercier.

Et là-dessus, ayant rompu avec la foi chrétienne à partir du moment où le divorce de mes parents leur a valu d'être excommunié, je suis devenu une sorte d'enragé de la laïcité, ce qu'on appelle ensuite toute ma vie on m'aura pourchassé pour cette histoire de religion. Alors on disait à l'époque Mélenchon, il n'y a rien à en tirer, c'est un laïcard donc on ne peut pas lui parler. Bon, et puis ma foi, je faisais avec, j'allais chercher ma section socialiste dans les villages de Montaigu à la sortie de la messe puisqu'ils allaient tous à la messe sauf moi et bon, ma foi, on arrivait à se supporter assez bien. Et ça s'est plutôt passé tranquillement.

Et puis la vie avançant, oui j'ai renoncé à une forme d'anticléricalisme grossier duquel je veux m'excuser auprès de ceux que j'ai pu blesser dans le passé. Voyez-vous, quand une seule fois dans votre vie vous croisez un groupe dans lequel il y a une bonne sœur dont vous vous êtes moqué et qu'ensuite vous la retrouvez morte après avoir été torturé par des bourreaux d'extrême droite de l'Amérique latine, plus jamais vous ne pouvez dire quelque chose contre. Ce n'est plus possible humainement et de même pour des prêtres.

Si bien que le laïcar que je suis a fait se lever toute une salle au moment où on m'a remis un diplôme en Argentine en évoquant la mémoire de nos 32 compatriotes assassinés par les dictateurs fascistes de l'Argentine et dedans j'ai fait ma pause spéciale pour le curé et les deux bonnes sœurs en pensant que peut-être ça me vaudrait de là où ils m'observent un peu de leur faveur de les reconnaître comme mes compatriotes et le combat extraordinaire qu'ils ont mené qui grandit l'idée qu'on se fait de la France puisqu'ils en sont morts comme des gens qui défendaient la liberté.

Alors ce que j'ai jugé bon de faire concernant le christianisme et les catholiques en particulier je le fais pour les musulmans mais dans un autre contexte car les catholiques ne font pas l'objet fort heureusement en France de persécution de discrimination comme c'est le cas pour les musulmans aujourd'hui je ne vous en accuse pas mais l'ambiance est épouvantable ici un sondage qui raconte n'importe quoi là-bas je ne sais quoi ça n'arrête pas les musulmans par-ci les musulmans par-là tout le monde ne fait pas preuve de vos discernements et ça y va et la défenseuse des droits la défendeur des droits dit il y a maintenant une progression de la discrimination religieuse contre les musulmans qui est terrible j'en viens au fond de votre affaire le voile ah là là ça me rappelle le président de Rugy qui a été président de cette assemblée au début que nous voici constitué un groupe d'insoumis mes camarades à la demande des femmes de notre groupe décident que l'on ne porterait plus de cravate moi pour un bon mot j'y cède parce que après les sans-culottes qu'il y ait des sans-cravate ça me réjouissait nous voici donc sans-cravate et au bureau de l'assemblée un collègue je ne sais plus lequel ou si je me rappelle je ne vous dirai pas lequel je ne dois pas me moquer de lui dit alors il faut il faut avoir une tenue décente vous allez mettre une cravate et même des chaussettes des chaussettes oui certains de vos collègues n'ont pas de chaussettes bon alors je je connais quand même de Rugy depuis un moment je lui dis écoute si vous votez qu'on doit mettre des chaussettes et des cravates on les mettra mais je vais te dire une chose ce qui va devenir intéressant c'est quand tu vas nous expliquer ce qu'est une tenue décente pour une femme et de Rugy qui est quand même quelqu'un d'intelligence s'énerve et dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire et il y a la marre et donc on n'a pu parler ni de chaussettes ni de cravate dans ce elle a le même problème tiens ça tombe sur les les femmes alors j'ai pensé en effet comme comme ça se disait autour de moi que c'était un signe de soumission et je regardais un peu narquois les photos de ma propre famille ma grand-mère avec un foulard sur la tête ma mère avec un foulard sur la tête ma soeur avec un foulard sur la tête parce que autrefois tout le monde mettait un foulard sur la tête et sinon on disait d'une femme qu'elle allait comme vous mesdames en cheveux et ça ne se faisait pas il fallait avoir un foulard sur la tête donc tout le monde portait un foulard voici que maintenant les musulmans en portent les musulmanes et vous dites comme un signal bon je ne vais pas contester que certaines personnes portent un foulard comme un signal religieux de leur appartenance à la religion musulmane il y a des français qui portent des croix très visibles y compris les collègues à qui il a fallu les faire retirer etc bon on connait tout ça donc je ne vais pas vous dire non ce n'est pas vrai oui c'est vrai il y a des gens qui mettent ça sur la tête comme un signal religieux bien à nous de faire preuve à ce moment là de discernement c'est l'état qui est laïque en France c'est pas la rue et les adultes s'habillent comme ils l'entendent sauf si leur tenue venait à choquer quoi par leur nudité c'est pas le cas sinon pour le reste le seul habit qui soit interdit c'est la burqa et bien depuis que ça a été interdit vous n'en voyez quasiment plus et c'est comme ça ça prouve qu'en général les gens respectent la loi même ceux qui sont un peu olé olé et veulent faire des démonstrations quand il s'agit de la loi tout le monde est fait du même bois voilà alors maintenant allons plus loin les gens se mettent ce qu'ils veulent sur la tête des kippahs des chapeaux en fourrure des voiles dans la rue la rue n'est pas laïque mais par contre pour accomplir le service de l'état ah là ça n'est plus pareil l'état est laïque donc personne ne met une voile personne ne met de chapeau de toutes sortes et ainsi de suite voilà après il faut faire preuve de discernement suivant les circonstances pour ne pas envenimer les problèmes et puis curieusement ça tombe encore sur les femmes mes collègues pardon monsieur le rapporteur qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse quand quelqu'un se met un foulard sur la tête vous comptez faire quoi courir dans la rue et lui dire enlevez ça vous êtes une islamiste la personne ne vous dirait pas du tout il pleut je mets ça sur ma tête vous n'en sortirez pas vous voyez bien que ce n'est pas praticable alors après on parle des enfants problème compliqué car la loi reconnaît à chaque parent le droit de transmettre ses valeurs à ses enfants et les pratiques qui vont avec après tout on pourrait dire à quelqu'un qui emmène son gosse à la messe le dimanche et bien tu le prives de sommeil on ne fera pas ça on n'est pas fou les parents transmettent leur conviction et à propos du voile je me suis posé la question moi-même c'est quoi ce truc d'abord est-ce que c'est une obligation non ce n'est pas une obligation pourquoi je dis ça parce qu'il y a des obligations par exemple un groupe de sénateurs propose d'interdire le jeûne dans le ramadan mais c'est les 5 devoirs de l'islam de faire ramadan vous avez l'intention d'empêcher les gens que jeûne et comment vous allez faire personnellement je pratique le jeûne intermittent ça n'a rien à voir avec le ramadan c'est ramadan toute l'année qu'est-ce que vous allez me demander de faire surveiller si je jeûne pour des raisons religieuses ou pas vous voyez monsieur le rapporteur ce que je veux vous dire c'est que c'est inextricable et puis c'est toujours la même histoire c'est les femmes elles mettent en voile elles ne doivent pas faire si j'ai donc posé la question à une de mes amies croyantes musulmanes qui fait ses 5 prières ce qui est un exploit il faut se lever à 5 heures du matin pour faire la première prière et je lui dis mais pourquoi toi qui es féministe qui enseigne à ta fille toutes ces choses pourquoi elle dit mais moi je ne mets pas de voile ce n'est pas une obligation je fais mes 5 prières parce que c'est dans les 5 obligations avec le ramadan le pèlerinage et l'aumône bon ça je le fais mais moi je ne suis pas soumis à un homme à ce moment là elle me dit moi je n'en ai pas d'homme je suis soumis à Dieu alors vous êtes des militants comme moi si vous voulez vous disputer avec Dieu vous avez perdu d'avance parce que personne n'est jamais arrivé à rien sur ce sujet tous ceux qui ont essayé d'extraire la foi par des moyens violents ne sont arrivés à rien par des moyens de persuasion la foi est-elle rationnelle vous savez comme moi si vous avez la foi ou ceux qui l'ont eu que ce n'est pas un acte de raison c'est un autre degré de relation au grand tout qu'est-ce que vous faites et bien moi je ne sais pas d'accord j'ai fait j'ai tapé aux portes pour vendre le programme commun et quand les gens me disaient c'est très bien tout ce que vous nous dites c'est bien vous y croyez mais vous êtes alli avec des communistes qui ne croient pas en Dieu nous on ne vote pas pour ceux qui ne croient pas en Dieu qu'est-ce que vous voulez que je leur dise et bien rien alors on passait à la porte merci monsieur Mélenchon je n'ai pas fini je vais quand même vous dire je vais attendez je prends une question

53:20
Présentateur

vous avez pas la dire on a une audition avec le garde des Sceaux à 15h30 ah non c'est pas moi le pire alors président on ne lui a jamais dit ça monsieur le ministre et donc qu'on ait le temps à la fois le rapporteur pour se poser ces questions et vous vous invitez effectivement à ce qu'on soit dans un format un peu plus compact je vous en prie pour le dernier mot

53:41
Jean-Luc Mélenchon

je termine sur mon format compact je vous lance le défi monsieur le rapporteur pour que vous soyez dans le même embarras que moi pour trancher des questions de cette nature vous me parlez du voile et des enfants à qui l'on met en voile et que dites-vous de la circoncision elle concerne des jeunes enfants qui ne demandent pas leur avis elle est présente dans deux religions et maintenant présente dans les mœurs des gens qui n'ont pas de religion mais qui considèrent que c'est une bonne chose de le faire personne ne pose jamais la question ça c'est pas un problème les voiles sur la tête des filles oui c'est un problème et la circoncision il y a des gens pour qui c'est un problème qui disent c'est une maltraitance comment allons-nous sortir de ça monsieur le rapporteur monsieur le président comme je suis là je ne sais pas vous répondre

54:25
Présentateur

mais si vous avez des lumières n'hésitez pas à nous les donner vous aurez posé la question monsieur le rapporteur

54:30
Intervenant

merci monsieur Mélenchon les travaux de notre commission ont mis en lumière un phénomène préoccupant c'est l'usage stratégique par certains réseaux islamistes du terme islamophobie pour délégitimer toute critique de leur idéologie affaiblir la vigilance républicaine et nourrir un récit de confrontation entre les musulmans et le reste de la société les services de l'état nous ont alerté sur la dangerosité d'un tel usage qui confond volontairement la critique d'un projet politique avec la stigmatisation de croyants créant ainsi un brouillage dont les mouvances radicales tirent profit de plus en assimilant volontairement avec l'emploi de ce terme toute critique de l'islamisme à une hostilité envers les musulmans ils fabriquent des adversaires ils désignent des cibles ils cherchent à réduire au silence celles et ceux qui font l'étude de leur idéologie comme on a pu le constater à travers les menaces d'ailleurs reçues par certaines personnes auditionnées dans notre commission je pense notamment à la chercheuse Florence Bergeau-Blacler à Nora Bussini à Emmanuel Razavi à Bernard Rougier et d'autres ces menaces ont été déclenchées précisément en réaction à leurs travaux sur l'islamisme ce qui illustre la mécanique de mise en danger que les services de l'Etat nous ont décrites une accusation militante suivie d'une exposition publique puis d'une menace réelle notre commission ne peut ignorer ce climat la République ne saurait accepter qu'un mot soit utilisé pour intimiter délégitimer ou susciter des menaces contre des chercheurs des journalistes ou des responsables publics parce que défendre la liberté d'expression c'est protéger ceux qui contribuent à éclairer la nation même lorsque leurs analyses nous dérangent dans le même temps la réalité statistique impose une forme de lucidité selon les chiffres de 2024 du ministre de l'Intérieur notre pays a recensé récemment environ 240 actes anti-musulmans que nous devons dénoncer avec la plus grande rigueur contre plus de 1600 actes antisémites alors même que la population juive est près de 10 fois moins nombreuse que la population musulmane ainsi si les actes visant nos concitoyens musulmans appellent évidemment une coordination ferme et résolue l'antisémitisme demeure encore aujourd'hui malheureusement la haine la plus meurtrière la plus persistante est la plus massivement dirigée contre une minorité religieuse en France plusieurs services auditionnés ont souligné que lorsque le terme islamophobie est utilisé d'une manière militante et extensive il peut contribuer même involontairement à alimenter certains ressorts antisémites en diffusant l'idée fallacieuse d'une guerre menée contre les musulmans et en désignant en creux les juifs comme des bénéficiaires supposés de l'ordre républicain ce discours active des schémas complotistes déjà mobilisés par les mouvances islamistes radicales vous-même monsieur Mélenchon avez rappelé par le passé votre réticence à employer ce terme avant d'expliquer avoir changé de position comme pour le voile d'ailleurs cette évolution mérite d'être comprise dans un contexte où la clarté des mots est essentielle à la cohésion nationale mes questions sont donc les suivantes comment selon vous concilier la lutte indispensable contre les actes anti-musulmans avec la nécessité de prévenir l'usage idéologique du terme islamophobie lorsqu'il peut brouiller la critique légitime de l'islamisme et nourrir par ricochet des imaginaires antisémites pensez-vous qu'un usage trop extensif de ce terme puisse contribuer à renforcer ses ressorts et comment maintenir dans le débat public une frontière nette entre la critique d'une religion la dénonciation d'une idéologie politique et la protection et la protection de tous nos concitoyens contre le racisme

58:03
Présentateur

merci monsieur le rapporteur monsieur Mélenchon

58:05
Jean-Luc Mélenchon

qui dit question vaste bon alors d'abord je suis d'accord avec vous pour dire que les mots ont une grande importance parce que c'est eux qui fixent la réalité à laquelle nous accédons pas de mots pas de pensée c'est un point de vue matérialiste et je suis content de vous retrouver sur ce terrain les mots ont leur importance alors oui en effet moi au départ j'étais hostile à l'utilisation du mot islamophobie parce qu'on me disait mais alors tu nous interdis de critiquer quand on utilise le mot islamophobie tu interdis de critiquer l'islam et donc je m'étais dit non on va pas utiliser cette expression là on va en utiliser une autre qui vaut pas mieux qui s'appelle haine des musulmans et puis la discussion avance et je vois que l'usage commun autour de moi se fait sur le mot islamophobie je m'en vais donc regarder dans quelles circonstances il intervient et je vais vous dire monsieur le rapporteur que ceux qui se font à nos cerveaux en déduisant de l'islamophobie que c'est une forme qui conduit à l'antisémitisme pardon mais si c'est vraiment des gens très préoccupés et bon je respecte la complexité de leur pensée mais je ne vois pas le lien entre les deux par contre ce que je peux vous dire c'est que le mot islamophobie est un mot d'usage international qui donne lieu tous les ans à l'initiative de l'organisation des nations unies à une journée de lutte contre l'islamophobie qui a lieu le 25 mars par conséquent je me sens maintenant libre de l'utiliser et je l'ai utilisé bien avant de m'être aperçu que l'ONU l'utilisait pour une raison c'est que dans la haine des musulmans il y a le mot haine d'eux et pour ma part je hais les nazis et je n'ai pas l'intention de changer d'avis je pense que la plupart d'entre nous en sont au même point je hais les nazis voilà c'est une haine que je trouve saine salutaire qui m'entretient bien et que j'essaye de transmettre à d'autres le mot haine n'est pas bon islamophobie ça parle bien pourquoi parce qu'il y a islam et il y a phobie la phobie c'est quelque chose qui échappe à la raison qui est de l'ordre de la déraison par exemple les gens qui ont la phobie des araignées vous en connaissez forcément quelqu'un autour de vous peut-être vous-même êtes pro en cette phobie ou une autre d'autres c'est les mouches d'autres c'est je ne sais quoi enfin bon l'esprit humain est ainsi fait que nous avons tous nos démons intérieurs qui surgissent sous des formes fantasmées et bien pour moi l'islamophobie le mot est particulièrement bien adapté quand vous regardez les gens qui sont en proie à l'islamophobie même quand ils sont je mets de côté les gens qui ont une critique sur la religion musulmane par exemple parce qu'ils sont d'une autre religion mais c'est une critique c'est de l'ordre de la raison c'est de l'ordre du l'islamophobie c'est les gens font n'importe quoi ah mon dieu un musulman ils vont faire ci ils vont faire là ils vont nous égorger ils vont nous tirer dessus c'est de la folie ce n'est même plus rationnel on ne peut même plus parler c'est pourquoi j'estime que le mot est bien utile parce qu'il décrit un comportement irrationnel alors j'ai lu qu'il aurait telle ou telle origine le mot mais que voulez-vous les mots sont les mots nous n'en avons pas tant que ça je vais vous prendre un autre exemple par exemple récemment il a été décidé que ceux qui étaient contre le sionisme étaient des antisémites ça n'a rien à voir pour plein de gens le sionisme est un point de vue politique et l'antisémitisme est un point de vue raciste donc ça n'a rien à voir donc on peut être anti-sioniste sans être raciste on peut être sioniste sans être pour autant anti-ceci ou anti-cela donc voilà un usage qui a été fait abusif du mot exactement comme on peut penser que le mot islamophobie contient toutes sortes de choses et parmi elles des choses que nous n'accepterions pas mais ce n'est pas parce que nous refusons l'assimilation antisémitisme et hostilité au sionisme que nous allons rejeter le mot antisémitisme parce que l'antisémitisme c'est une réalité à combattre de même l'islamophobie est une réalité à combattre je préfère moi si vous voulez me dire que je combats une phobie que de combattre une haine dont je ne saurais plus que faire je peux expliquer à quelqu'un pourquoi il est absurde d'avoir sur les musulmans un regard réducteur qui les ramène à ceci ou à cela moi je n'ai jamais dit que l'église catholique était responsable du massacre en Norvège de 70 jeunes assassinés par un illuminé qui se réclamait de la religion catholique pour le faire la religion catholique n'a rien à voir avec ça lui il est en prison mais il sert aujourd'hui d'idole à toutes sortes de gens qui continuent à utiliser son nom nous les gens de raison et surtout nous les français qui sommes des praticiens de la laïcité à chaque pas nous devons faire attention à ne pas donner à manger aux extrêmes à ceux qui voudraient à tout prix que tout soit en conflit voilà ce que j'ai à vous dire et je ne saurais vous dire mieux que en adoptant ce mot et bien ça me permet de mieux comprendre la tâche que j'ai à faire dans la lutte contre le racisme

1:03:00
Présentateur

merci monsieur Mélenchon monsieur le rapporteur pour votre dernière question

1:03:03
Intervenant

notre commission a examiné en détail le rôle de certaines organisations qui sous couvert de défense des droits ont contribué à diffuser une vision militante de l'islamophobie visant à délégitimer l'action de l'état et à entraver la lutte contre l'islamisme politique c'est précisément ce qui avait conduit en 2020 à la dissolution du CCIF par le ministre de l'intérieur qui était alors Gérald Darmanin suite à l'assassida au dieu de Samuel Paty dissolution qui avait été confirmée vous le savez monsieur Mélenchon par le conseil d'état au regard des objectifs poursuivis par cette organisation or depuis cette dissolution un groupe présenté comme son prolongement direct le CCIE opère désormais depuis la Belgique avec possibilité de poursuivre les mêmes activités sur notre territoire le dit CCIE avait même été convié à participer à une réunion dans les murs du palais Bourbon mes questions sont les suivantes que pensez-vous de la dissolution du CCIF et au-delà de votre opinion sur cette dissolution pensez-vous qu'il est conforme à l'exigence démocratique que des groupes dissous par nos institutions et dont la dissolution a été juridiquement confirmée retrouvent une forme de reconnaissance institutionnelle en étant accueillie ici au sein du palais Bourbon

1:04:13
Présentateur

merci monsieur Mélenchon

1:04:16
Jean-Luc Mélenchon

je vous réponds comme le feraient tous ceux qui ont à répondre à des questions complexées avec toutes sortes de tiroirs bon cet organisme a été dissous le CCIF nous en sommes d'accord je l'ai observé comme vous il a été après un meurtre abominable qui nous soulevait tous de dégoût et nous inspirait tous des sentiments de vengeance ou des réprésailles pour essayer de de dissoudre en nous toute cette révolte qu'avait créé cet événement mais après il y a le droit que voulez-vous alors le conseil d'état dit oui on peut dissoudre mais la ligue des droits de l'homme mais le syndicat des avocats de France mais le syndicat de la magistrature qui ne sont pas des organisations gauchistes en tout cas pas à mes yeux peut-être vôtre mais pas à mes yeux donc des organisations de professionnels du droit qui disent c'est absolument intolérable on a fait une erreur pas possible et le conseil n'a pas dit oui il faut le dissoudre le conseil qui a donné son avis a dit oui vous pouvez le dissoudre il n'a pas dit vous devez le dissoudre en tout cas voici ma réponse à ce moment embarrassé que je suis comme tout le monde quand on se trouve dans une situation où d'un côté vos meilleurs amis à qui vous avez le plus grand respect pour l'heure et eux vous dites je me fie à eux de l'évaluation de ce qui est juridiquement acceptable ou pas et un conseil une institution de l'état bon alors voilà je dis comme la ligue des droits de l'homme comme le syndicat des avocats de France comme le syndicat de la magistrature comme attaque et comme la fédération nationale de la libre pensée que cette organisation n'aurait pas dû être dissoute si j'avais un doute sur le fait qu'on puisse dissoudre d'une manière aveugle et bien par exemple je n'en ai plus depuis que j'ai vu qu'on a dissous la jeune garde organisation antifasciste qui n'est coupable ni responsable de rien mais qu'on a dissous à la faveur d'un jour où le gouvernement avait besoin d'en dissoudre d'un coup à droite à gauche donc on a dissous ça pour pouvoir dissoudre les soulèvements de la terre le même jour bon tout ça procède plus de la politique politicienne que du fond mais moi je suis attaché à rester lié à ma famille intellectuelle et de penser parce qu'elle m'aide à penser et à décider et dans cette circonstance elle me permet ça d'ailleurs vous savez je sais qu'on m'avait fait un reproche similaire au moment de la participation à la manifestation du 10 novembre vous permettez que j'en parle ou quelqu'un d'autre a prévu de m'en parler peut-être peut-être vous monsieur le rapporteur ou quelqu'un d'autre bon alors j'en parle

1:06:50
Présentateur

très rapidement avec votre permission

1:06:52
Jean-Luc Mélenchon

oui alors il y a eu une attaque à la mosquée de Bordeaux deux pauvres papés qui sortaient de la preuve des coups de fusil et que se passe-t-il rien c'est-à-dire pas la moindre trace de mobilisation des organisations décident d'appeler à une marche et après avoir discuté comme vous imaginez oui non oui non on y va on y va pas qui est-ce qui appelle qui est-ce qui n'appelle pas on décide d'y appeler parce que on se sent en sympathie et en adhésion avec la masse considérable de gens ensuite qui s'est révélé être présente le jour de cette manifestation le 10 novembre et comme il s'est trouvé que dans la manifestation il y a quelqu'un qui a crié un slogan mais qu'est-ce qu'on y pouvait une personne crie Dieu est grand ma foi déjà c'est un problème d'aller lui dire on n'est pas d'accord parce qu'il y en a qui pensent qu'en effet Dieu est grand et peu importe la langue dans laquelle on le dit et puis d'autres qui pensent est-ce que c'est pas le moment bref on n'en finirait plus mais je veux moi en finir la marche a eu lieu on me l'a reproché des dizaines de fois pourquoi ne l'a-t-on pas reproché aux autres appelant attaque la CGT la FSU la Ligue des droits de l'homme NPA Europe Ecologie Les Verts pourquoi parce que c'est absurde nous étions tous là nous sommes tous de gauche nous sommes tous laïcs et je termine sur un mot à la fin monsieur le président on chanta la marseillaise sur la place et bien moi je regrette de ne pas être resté jusqu'à la place

1:08:14
Présentateur

bien nous en venons merci monsieur le rapporteur pour vos questions nous en venons aux questions des collègues ici présents à commencer par madame Thévenot pour le groupe EPR

1:08:24
Intervenant

merci beaucoup alors effectivement monsieur Mélenchon on va aller droit au but je pourrais vous parler de la montée de l'antisémitisme dans notre pays vous rappelez que les actes antisémites représentent 60% des agressions à caractères religieux alors que la population juive constitue moins de 1% de la population je pourrais alors vous demander pourquoi vous semblez voir de l'islamophobie partout et de l'antisémitisme nulle part je pourrais ajouter que cette minimisation de l'antisémitisme participe à créer un terrain propice à l'antriste islamiste mais je sais que face à ce phénomène pourtant préoccupant vous allez faire le tribun comme vous savez souvent le faire théâtraliser pour esquiver ou transformer cette question en long cours d'histoire pour m'expliquer que je me trompe alors aujourd'hui je ne vous demanderai pas de répondre à ces questions déjà posées mille fois je vous demande plutôt de nous éclairer sur les agissements de ceux que vous faites élire au sein de nos institutions nationales et européennes qui portant notre écharpe tricolore semblent pourtant ne pas du tout vouloir défendre notre pays cautionnez-vous que votre députée européenne Rima Hassan ait des liens assumés avec des associations liées aux frères musulmans type Lalab pouvez-vous nous dire si vous cautionnez sa présence à une manifestation en Jordanie pour la mort du terroriste si noir comment voyez-vous la proximité de plusieurs élus insoumis avec Shaheen Azami agent d'influence lié au régime iranien qui sera jugé dans quelques mois et pour qui plusieurs députés de votre famille politique viennent encore de signer une tribune cette semaine pouvez-vous nous confirmer que vous avez apporté votre soutien à Julien Théry enseignant qui avait fait une liste de 20 génocidaires à boycotter les personnalités de confession juive qui avait partagé d'ailleurs un visuel représentant des clichés antisémites en répondant je l'espère à ces questions monsieur Mélenchon montrez-nous aujourd'hui devant cette commission que vous n'êtes pas devenu malgré vous ou par calcul le cheval de Troie idéal de l'entrée islamiste dans notre politique française je vous remercie

1:10:34
Présentateur

merci chers collègues monsieur Mélenchon

1:10:37
Jean-Luc Mélenchon

allez-vous vous me montrer que vous n'êtes pas le cheval de Troie d'un pays étranger qui cherche à faire passer ses assassinats pour une cause noble je ne vous poserai pas la question je connais la réponse la réponse c'est non vous n'êtes pas l'agent d'un pays étranger bien de même pourquoi voudriez-vous que moi je sois l'agent de ceci ou de cela je suis l'agent de moi-même des insoumis de la pensée humaniste d'un radicalisme que je ne nie pas mais qui n'a rien à voir avec le racisme quel que soit le racisme mais je ne peux pas vous cacher l'agacement qu'il y a de voir sans cesse montrer pas de blanche devant des inquisiteurs de circonstances qui vous enjoignent de dire ceci de dire cela du calme moi j'ai une vie qui témoigne pour moi vous n'étiez pas né j'étais en train d'aider des juifs à quitter l'URSS alors que j'étais pro-communiste j'ai passé mon existence à mener ces batailles là il n'y a pas une fois où l'on peut me prendre en défaut puisque j'ai des juges quelle que soit la situation alors je vous ai répondu quoi que ce ne soit pas le sujet de la commission et je pense que le mieux est qu'on en reste au sujet de la commission mais je suis prêt à venir invitez-moi à une réunion celle que vous voulez avec qui vous voulez pour que je puisse venir expliquer en quoi consiste la bataille contre l'antisémitisme que nous menons car nous la menons quant aux statistiques elles ont une très grande importance et c'est la raison pour laquelle j'aimerais que l'état le ministère de l'intérieur établisse les statistiques et pas les organisations associatives liées aux différentes communautés nous avons besoin de savoir exactement où nous en sommes mais s'il y avait un seul crime on serait contre voyez-vous quand madame Mireille Knoll a été assassinée dans les conditions dont vous vous souvenez sans doute nous appelâmes nos groupes j'étais le président du groupe à la marche qui devait se faire tous les groupes ont signé nous nous y sommes rendus nous avons téléphoné la veille pour prendre nos précautions auprès du Christ pour lui demander d'assurer notre sécurité il nous a dit qu'il ne pouvait pas le faire nous sommes venus quand même nous avons été agressés par une organisation juive qui est considérée comme terroriste en Israël comme à New York et qui a couvert d'insultes les femmes qui étaient parmi nous et qui nous a agressés et personne ne nous a défendus ce jour-là qu'ai-je dit à la sortie et je m'en dis tout le monde j'ai dit je ne confonds pas 40 illuminés et je veux que chaque juif du plus modeste village de ce pays sache que s'il a un problème il aura les insoumis à ses côtés pour le défendre nous n'avons aucune raison de faire quelques concessions que ce soit j'ai vu qu'on me dit que c'est par clientélisme mais qu'est-ce que c'est que cette histoire vous figurez que les musulmans sont clients de politiques antisémites mais c'est une vision raciste des musulmans ça n'existe pas et croyez-vous qu'ils soient sensibles à autre chose quand ils m'écoutent à part à mon art de parler qu'est-ce que je raconte quand même ce sont des gens munis d'un cerveau et ils entendent des revendications sociales avec lesquelles ils se retrouvent pourquoi parce qu'il se trouve que les musulmans à cette étape de notre histoire font partie des catégories sociales qui ont été qui ont commencé à la première marche et maintenant ils sont en train de monter à toute vitesse gloire au peuple français ainsi composé alors après madame Rima Hassan franchement écoutez vous ne vous fatiguez pas de la prendre pour cible mais oui mais ce n'est pas vrai elle n'a pas participé à une marche pour machin pour truc tourbidule qui fait que je suis obligé de me tenir informé à chaque instant de ce que tout le monde fait pour pouvoir y répondre non elle est à une marche qui a lieu toutes les semaines et toutes les semaines comme elle se trouvait là elle est allée à la marche voilà elle est allée à la marche elle n'a aucune elle s'est elle s'est excusée elle s'est expliquée dix fois sur cette affaire je ne vous dis pas qu'on ne commette pas d'erreur madame je ne vous dis pas ça nous en commettons et quand nous en commettons nous nous excusons pour avoir dit des choses qu'il ne fallait pas dire ou parce que nos adversaires jamais je n'ai jamais entendu un seul dire ah ben non j'aurais pas dû parler comme ça à monsieur Mélenchon alors je dis au rapporteur Mathieu Bloch il y a un instant à montrer le lien qu'il y a à créer une ambiance avec les violences que l'on déclenche nous autres moi je viens du mouvement socialiste nous en savons quelque chose parce que c'est pour ça et comme ça qu'on nous a assassiné je reste à force de le présenter comme un ami de l'Allemagne et la reste etc il s'est trouvé un dingue pour aller lui tirer dessus bon figurez-vous que moi j'ai fait l'objet de deux tentatives de meurtre n'est-ce pas dans le premier cas le premier commando il s'est pris 9 ans de prison et dans le deuxième 18 donc je sais de quoi vous parlez monsieur le rapporteur et je n'ai pas l'intention moi si peu que ce soit de le créer pour les autres j'aime la joute j'aime la polémique j'aime la dispute philosophique à la dispute mais pas à ça pas à la menace physique pas à l'intimidation pas au meurtre etc aucun d'entre nous ne l'a fait et ne le fera jamais et si quelqu'un a un comportement ambigu alors je le lui dirai vous me le signalerez je lui dirai il ne faut pas faire comme ça parce que moi Mélenchon qui suis un méditerranéen je parle avec les mains et avec les yeux mais le reste du temps il faut tous baisser d'un ton et j'y suis disposé votre question ensuite c'était à Paris Massane l'enseignant alors madame mais vous serez vous même la première à vous alerter de ce qui se passe dans ce pays voilà que des gens complètement illuminés se mettent à pourchasser les influences de ceux-ci de ceux-là dans l'université quand est-ce que ça arrive on n'a jamais vu ça en France il y a une liberté universitaire depuis Robert de Sorbon ça date du 6ème siècle donc c'est vous dire que ça fait un moment que dans ce pays on dit que dans les universités on raconte ce qu'on veut figurez-vous j'exagère peut-être avec la date pour Robert de Sorbon mais c'est comme ça c'est à dire mais oui vous allez voir madame pourquoi je vous dis ça parce que monsieur Thierry c'est un enseignant c'est un enseignant et voici qu'on a trouvé une porte d'entrée pour commencer la chasse à l'enseignant du supérieur que l'on prendrait en défaut qu'est-ce qu'il a fait il a pris une liste de gens qui ont signé une tribune et prenant cette liste de gens il cite qui sont les signataires il y a dedans un curé alors c'est dire que comme juif on fait mieux qu'un curé et il les cite il dit ceux-là faudra s'en rappeler ils soutiennent le génocide est-ce que c'est une bonne idée de faire ça ou pas il n'a pas été prudent car aujourd'hui il suffirait de citer un seul nom pour que ça déclenche une affaire alors après d'autres gens ont trouvé ceci cela parce qu'aussitôt il y a des armées qui se mettent en mouvement pour aller vous chercher sous chaque cheveu si vous n'avez pas un poux bon lui il a critiqué une tribune et les signataires de cette tribune et j'ai défendu cet homme et je vous préviens que je vais défendre tous ceux qui à l'université auront des points de vue iconoclastes cet enseignant n'est pas antisémite ne l'a jamais été il ne l'est pas et il ne le sera jamais si vous me prouvez le contraire madame je serai le premier à vous donner raison et aller lui dire je change d'avis venez me démontrer qu'il l'est à mes yeux il ne l'est pas mais je vous mets tous en garde attention au confort à la facilité qui consiste à prendre un adversaire et à la harceler sans vous rendre compte du précédent concret moi et d'autres nous ne permettrons pas qu'à l'université on fache la chasse aux malpensants voyez ce que ça donne aux Etats-Unis d'Amérique soit monsieur Théry a eu un comportement antisémite il sera pourchassé et condamné pour ça soit il ne l'a pas et alors on lui fout la paix et on ne le menace pas et on n'essaye pas d'intimider les autres voilà ce que je peux vous répondre je ne peux pas faire mieux que de vous dire dans quelle situation je prends y a-t-il une question à laquelle je n'ai pas répondu même si vous considérez que ce n'est pas vraiment une réponse que je vous fais là

1:17:56
Présentateur

merci monsieur Mélenchon madame Thévenot votre micro pardon pardon rapidement oui

1:18:03
Intervenant

non c'est pas monsieur voilà excusez-moi madame Thévenot c'est monsieur Mélenchon lui-même qui demande s'il n'y a pas une autre question à laquelle il n'a pas répondu et oui vos questions vos réponses ne répondent pas du tout sur le fond à ce que je vous ai posé mais ce n'est pas grave il y en a une sur Chaim Amzami et les liens avec plusieurs députés de votre famille politique qui ont assigné une tribune encore cette semaine

1:18:33
Jean-Luc Mélenchon

merci monsieur Mélenchon ne m'envoyez pas madame je ne vais pas pouvoir répondre je ne sais pas de qui vous parlez alors donc j'ai la plus grande idée de quelle nationalité déjà pour commencer iranien ah bah alors je suis le dernier que vous allez venir embêter avec l'Iran parce que même quand l'ayatollah Khomeini était en France et que tout le monde était là alors qu'on était tous anti-chat moi je soutenais pas l'ayatollah alors c'est pas maintenant que je vais le faire ni aucun des miens non avec le régime iranien nous n'avons aucune et d'ailleurs il nous rend bien la monnaie de notre pièce parce que nous n'avons aucune sorte de sympathie ni pour eux ni de près ni de loin et dans aucune de leur activité j'ai d'ailleurs dit notamment qu'un régime dont le premier chef dit qu'il variait de la carte un état voisin en l'occurrence il s'agissait d'Israël ne peut pas mériter autre chose que notre mépris et notre volonté de l'avoir dégagé le plus vite possible nous sommes opposés à tous les régimes théocratiques tous sans exception et je n'en ferai pas la liste pour me fâcher avec le moins de monde possible dans cette salle parce que je crois que j'en ai déjà assez fait tout à l'heure avec les Emiratis à qui je tiens à répéter que je n'ai aucune querelle avec eux mais s'ils veulent bien les espionner plus loin ça nous arrangerait

1:19:39
Présentateur

merci monsieur Mélenchon j'indique que nous avons eu un contact avec le garde des Sceaux que l'audition est reportée d'un quart d'heure c'est pas une raison pour que les questions et les réponses soient plus longues monsieur Saint-Houle pour le groupe excusez-moi c'était ce qu'on m'avait indiqué autant pour moi mille excuses monsieur Lachaud

1:19:55
Intervenant

merci monsieur le président vous êtes tout excusé évidemment monsieur le président Mélenchon nous sommes ici nous le savons sur l'injonction de la droite extrême et de l'extrême droite qui prétendent vouloir mettre au jour les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste chacun sait de quoi il retourne en réalité jeter l'opprobre sur la France insoumise et ressasser une énième fois les fantasmes islamophobes qui dominent aujourd'hui le débat public une farce qui ne mériterait que le rire et le dédain si elle n'avait pas pour conséquence de livrer des millions de nos concitoyens de confession musulmane au soupçon et à la vindicte en les amalgamant à une menace intérieure les précédentes auditions ont déjà permis de dégonfler le soufflet en établissant que ces élucubrations n'ont aucune base factuelle le directeur général de la sécurité extérieure Nicolas Lerner a ainsi déclaré qu'il n'y avait pas d'éléments prouvant des connivences structurelles au sens de plan d'action de programmes d'échéance d'agenda commun entre les partis politiques et la mouvance islamiste l'absence du moindre fait incriminant étant désormais établi nos débats de ce jour ont quant à eux la vertu de dissiper certains des présupposés intellectuels qui sous-tendent cette chasse aux sorcières car tous ces fantasmes tantôt le communautarisme tantôt le séparatisme tantôt l'antrisme on ne sait plus trop reposent sur des idées fausses quant à la réalité du fait religieux autant que du principe de laïcité c'est sur ce plan que je voudrais vous interroger monsieur le président en vous demandant donc quelle doit être selon vous en république la place de la religion et son rapport avec le politique et que pensez-vous de la thèse de la thèse développée sous diverses nuances d'une certaine gauche néoconservatrice jusqu'à l'extrême droite selon laquelle la religion musulmane poserait une question spécifique voire comme le disent certains idéologues islamophobes seraient incompatibles avec la république je vous remercie

1:21:56
Présentateur

merci monsieur la chose simplement pour dire vous avez pu citer des extraits de compte rendu je pourrais vous en citer d'autres qui ont été faits par des hauts fonctionnaires qui travaillent chaque jour à la sécurité de notre pays et qui montrent qu'il y a effectivement un risque d'antrisme islamiste dans notre pays et qu'il y a besoin d'une sensibilisation particulière à ce sujet monsieur Mélenchon en réponse à monsieur Lachevaux

1:22:18
Jean-Luc Mélenchon

monsieur le président vous parlez d'or monsieur Hugues Brick directeur du renseignement de la préfecture de police de Paris a dit la chose suivante devant vous en revanche après avoir dit que l'ultra gauche je ne sais plus où on nous classe aujourd'hui parce que nous sommes passés de gauche à gauche radicale extrême gauche suivant les humeurs de ceux qui nous s'adressent à nous dit l'ultra gauche est totalement absente lors de ce qu'il appelle les émeutes et les violences urbaines en revanche dit-il une certaine frange de l'ultra droite négationniste se rapproche par antisémitisme pur par antisémitisme pur de certains islamistes ou référents religieux islamistes qui tiennent des propos antisémites bon alors voilà ça c'est pour confirmer à la fois ce que vous dites président et ce que vient de dire monsieur Bastien Lachevaux nous n'avons naturellement rien à voir avec tout ça et s'il arrivait qu'ici ou là on constate le contraire je serai le premier à le condamner je viens sur la phrase je sais qu'il faut se hâter mais je ne peux faire moins comme comme intellectuel si vous le permettez me perchant sur ma pauvre petite licence de philosophie qui impressionna tant mes parents que de vous dire la chose suivante à propos de l'islam l'islam est une religion et comme toutes les religions on peut considérer qu'elle pose un problème au pouvoir politique qui veut se tenir à distance d'elle nous autres français nous avons commencé avec Philippe le Bel je ne vous raconterai pas l'histoire mais le pape Boniface VIII a eu cher à connaître de son opposition au roi de France qui ne voulait pas qu'il se mêle de ses affaires dans l'immédiat je sais que l'esprit des lumières la pensée qui a cheminé de la renaissance jusqu'à la grande révolution doit à l'islam et au docteur de la foi islamique je pense à Averroès qui ne sait pas son nom c'est le nom qu'on a latinisé pour éviter d'avoir à citer un arabe dans nos sources Averroès est le premier qui va dire et nos intellectuels à nous au collège de France disent qu'il fait partie des fondateurs des lumières à mon avis c'est un peu exagéré mais j'ai compris ce qu'il voulait dire pourquoi parce qu'Averroès c'est le premier qui dit à la consternation des chrétiens d'occident qui viennent étant entrés par les croisades en contact avec les musulmans ont ramené des sciences qu'on trouve avec sa tête les mathématiques la physique la chimie sont consternés comment peut-il y avoir deux vérités l'une qui enseigne le livre et la religion et l'autre qu'on trouve avec sa tête et bien Averroès règle ce problème et il dit la vérité est une et indivisible mais on y accède par des chemins différents il cite la rhétorique la philosophie et la foi et Averroès avec d'autres conséquences étant son raisonnement au départ il s'agit d'un jugement religieux ça n'a rien de philosophique qui va pénétrer travailler toute la pensée naissante à partir de la renaissance et c'était pas un compliment à l'époque de se faire traiter d'Averroïste parce qu'il y a des écoles musulmanes qui ont dit ce type là est lui-même un hérétique c'est dire que dans toutes les religions il y a beaucoup de discussions mais Averroès fait partie prenante totalement de la culture des lumières françaises je dis bien les lumières françaises parce que les lumières françaises sont particulières comparées à celles des Pays-Bas comparées à celles des autres pays les lumières françaises ont pu déboucher sur la loi de 1905 qui n'est pas un athéisme d'état et bien il faut que nous soyons capables quand on entend tant d'horreur d'être capable de reconnaître les liens idéologiques qui nous ont bâti en tant qu'humanité telle que nous sommes aujourd'hui tous autant que nous sommes voilà pourquoi je ne dirais pas l'islam est incompatible avec la république parce que si vous allez par ce chemin bien des choses sont incompatibles avec la république mais c'est si on a de la république une vision fermée et non pas la vision de la liberté qu'elle porte la république c'est d'abord la liberté et la souveraineté du peuple ce seront mes mots pour vous dire monsieur le président monsieur le rapporteur je suis certain que c'est nous tous les laïcs qui auront le dernier mot dans ce pays comme d'habitude

1:26:24
Présentateur

merci pour deux questions de collègues madame la présidente Pannot puis monsieur Saint-Hout je vous propose de les faire dans la foulée qu'on puisse tenir les délais merci madame la présidente

1:26:36
Locuteur

Pannot

1:26:36
Intervenant

merci monsieur le président monsieur le rapporteur monsieur le président Mélenchon en 2013 deux figures du front populaire tunisien qui étaient à la fois vos amis et nos compagnons de route Chokri Belaï puis Mohamed Brami ont été assassinés par des islamistes vous aviez déclaré alors quand les islamistes tuent ce sont souvent les nôtres qui meurent à l'époque vous vous étiez rendu en Tunisie à la mémoire de Mohamed Brami et de ceux qui ont payé de leur vie leur combat contre le fanatisme en solidarité avec le peuple tunisien en 2019 alors que vous étiez président du groupe parlementaire insoumis je me suis rendu avec Daniel Obono au Rojava pour apporter notre soutien au peuple kurde en première ligne contre Daesh et les milices djihadistes leur contribution à ce combat mérite une nouvelle fois d'être saluée aujourd'hui certains nous accusent de proximité avec ceux que nous avons toujours condamnés sans ambiguïté ceux qui ont tué nos amis évidemment ces mêmes odieux ne disent absolument rien quand par exemple c'est Lafarge qui en ce moment se trouve en procès pour financement de terrorisme or celui qui a mené les négociations entre Lafarge et Daesh est un ancien candidat du Front National idéologiquement tous hiérarchisent les vies humaines et défendent l'inégalité comme principe ma question est donc la suivante au regard de votre engragement auprès de ceux qui sont en première ligne contre les fanatiques partout dans le monde quel est selon vous le contenu politique du procès stupide mené contre vous contre nous aujourd'hui alors que l'extrême droite a la faveur des médias le masse

1:28:01
Présentateur

merci madame la présidente panneau monsieur Saint-Toul et puis il y aura madame Tanguy aussi qui a posé qui veut poser une question monsieur Saint-Toul

1:28:07
Intervenant

merci monsieur le président monsieur Mélenchon je vais poser une question assez simple en réalité d'abord évoquer rappeler que cette commission d'enquête n'a pas bénéficié des lumières de tous les savants les plus autorisés en réalité sur la question de la représentation politique des musulmans je note les absences de chercheurs très reconnus dans leur domaine Franck Frégozy Margot Dazet Awaseniger qui sont des personnalités qui pourtant font autorité l'une d'elles que j'ai citée madame Dazet dans son travail de thèse caractérise la position de l'UOIF l'une des principales organisations des musulmans de France selon trois traits la loyauté nationale la déférence politique et la discrétion religieuse alors comme notre rapporteur a évoqué tout à l'heure la question de l'islamophobie de l'usage du mot islamophobie est-ce que vous diriez que cette caractérisation par la loyauté nationale la déférence politique la discrétion religieuse est un point de vue scientifique ou une manifestation d'islamo-gauchisme et quel est le sens que vous donneriez éventuellement à ce mot merci monsieur Saint-Houle madame Tanguy merci monsieur le président monsieur Mélenchon j'ai une question très simple que faisait le député de la France insoumise Thomas Porte le 6 octobre 2023 soit la veille des massacres menés par le Hamas contre des civils israéliens en Égypte aux côtés de Abu Ami Elewa qui dirige une association française humanitaire héritière du comité de bienfaisance et de secours aux palestiniens jugé proche des frères musulmans par les services de renseignement français et visé par une enquête du parquet national antiterroriste pour ses liens présumés avec le Hamas alors que faisait votre député en réunion avec cet homme à la frontière de Gaza à deux kilomètres du lieu où ont lieu le lendemain ces actes terroristes d'une ampleur et d'une brutalité sans précédent monsieur Mélenchon cautionnez-vous la proximité de votre député comme celle d'autres cités par ma collègue Priska Thévenot et certains de vos militants avec l'islamisme politique et à travers leur lien avec l'organisation des frères musulmans leur volonté de pénétrer le champ politique français merci

1:30:23
Présentateur

merci chers collègues juste pour vous dire que dans les noms que vous avez cités chers collègues Saint-Toul nous avions contacté deux des chercheurs vous indiquiez monsieur Frégory et monsieur Séniquet voilà pour vous dire et qu'ils n'ont pas donné suite à notre contact voilà donc monsieur Mélenchon je vous rends réponse aux trois collègues qui vous ont posé des questions

1:30:48
Jean-Luc Mélenchon

je vais m'efforcer d'être aussi succinct que possible on a évoqué les luttes que nous avons menées ensemble madame la présidente Paneau dans des circonstances qui ont forcé mon admiration pour votre courage et celui de madame Obonou parce que pour vous rendre au Rojava vous se trouvez un gouvernement provisoire féministe écologique socialiste vous avez dû traverser tout l'Irak en passant par la zone où vous n'aviez pas que des amis du kurdistan je mets des guillemets car je ne veux pas me fâcher avec la république d'Irak irakien qui est plutôt favorable aux thèses islamistes puisque les dirigeants kurdes pratiquent la religion et la mettent au pouvoir il faut traverser tout ça pour aller de l'autre côté manifester notre soutien je demande qu'on nous entende parce que nous sommes capables de ça et je ne sais pas si vous avez beaucoup de partis politiques qui peuvent établir la même liste que nous d'actes qui ont été accomplis de cette ampleur et de cette vigueur de même je me trouvais aux côtés de la famille de Choukri Belhaïd en Tunisie 48 heures après qu'il ait été assassiné et quand je suis venu le sang était encore là ainsi que les fleurs dans le village dans cette partie de dans cette partie de la cité nous sommes partis en cortège manifester je suis retourné pour les 40 jours à la fin des 40 jours de deuil de Mohamed Brami autre dirigeant du front populaire tunisien et je l'ai fait cette fois là sur la recommandation de bien des gens entourés d'un service d'ordre qui est exceptionnel et rarissime de ma part français de police française parce qu'on pensait qu'un français venant défendre une position pareille n'était pas en sécurité pour cette célébration je ne mets pas en avant mon courage parce que dans cette situation c'était simple je me sentais sous la protection des tunisiens eux-mêmes mais combien d'autres exemples de cette nature pourraient être donnés je vous en fais grâce mais je voudrais vous rappeler que sur la question de la compromission de la farge qui a payé Daesh nous avons été la seule force politique pendant de très très très longs mois à mener la bataille dans une indifférence glacée assez générale et pourtant nous n'avons pas lâché prise et je me réjouis de savoir qu'en ce moment même a lieu le procès des responsables souvent il en a coûté voyez-vous président quand j'étais ami par hasard ces choses là nous arrivent dans la vie j'étais ami par hasard avec un officier supérieur de l'armée algérienne Mohamed Boukoubza qui avait écrit un magnifique livre sur les événements en Algérie et je me suis trouvé là-bas quelques jours avant quelques semaines avant les élections et nous avions sympathisé tous les deux bon c'était un militaire et un intellectuel et bon on n'était pas exactement sur les mêmes positions politiques Mohamed Boukoubza a été égorgé sur le pas de sa porte ayant sa fille à la main et j'en ai connu une colère j'en ai conçu une colère terrible qui ne m'a toujours pas lâché contre la lâcheté d'un tel attentat qui a résonné en moi lorsque Paty a été assassiné et ainsi de suite chaque fois je retrouve cette même rage contre cette manière de se comporter cette barbarie absolue mais voyez-vous Kant a été signé un accord sous l'autorité des autorités religieuses catholiques qui ont fait leur travail je ne leur reproche pas à Sant'Editio ça s'appelait les accords de Rome auxquels une série de forces politiques plus ou moins importantes de l'Algérie avaient cru bon d'apporter leur signature et je pense en particulier à quelqu'un qui a été un ami et pour qui j'ai eu beaucoup d'admiration également aussi Naït Ahmed qui a été le fondateur des forces socialistes du front socialiste en Algérie aussi il n'a signé et je lui ai dit que moi jamais je signe quoi que ce soit avec des fascistes et avec des égorgeurs et nous nous sommes fâchés alors que nous étions amis et que je l'admirais et que je l'admire toujours et nous ne sommes plus jamais parlé hélas pour moi parce que jamais je n'ai approuvé si peu que ce soit la moindre compromission ni la moindre concession dans une lutte ou comme l'a dit la présidente quand il tue c'est souvent nous mais pas que nous en tant que militants politiques ce sont des musulmans qui sont assassinés à Nice il y a des musulmans parmi les morts en nombre qui étaient là parmi tous les autres je ne sais pas s'il y en avait au Bataclan mais je peux vous dire que chaque fois qu'une bombe explose dans tel ou tel pays c'est souvent des musulmans qui sont les premiers à mourir dès lors la haine que je porte à ces assassins elle n'est pas sur une base religieuse elle ne trie pas dans les victimes je voulais le dire alors madame après je trouve votre question madame Tanguy bien sûr vous me la posez je le comprends mais franchement on peut faire mieux quoi monsieur Porte se trouvait là-bas vous dites à la frontière ben oui il était à la frontière il avait l'intention de la passer donc il était là-bas pour passer la frontière c'était deux jours avant l'abominable crime du 7 octobre les abominables crimes du 7 octobre j'espère que vous ne sous-entendez pas qu'il était au courant ou qu'il venait pour les présider non il se trouvait là que voulez-vous ça arrive qu'on se trouve à côté d'un endroit où il se passe des choses épouvantables j'étais dans Paris à l'heure des assassinats du Bataclan je n'ai rien pu faire d'autre que ce qu'a fait tout le monde c'est-à-dire avoir peur et pleurer beaucoup ben là c'est pareil alors le type qui est à côté de lui est monsieur Machin qui est monsieur Bidu très bien si c'est un personnage qui n'est pas fréquentable ne le fréquentons pas mais à l'époque Thomas n'en sait rien du tout il y a un type qui est à côté de lui qui lui dit qui va l'aider à passer la frontière voilà tout alors il peut se trouver qu'à certains moments on se trouve à côté de gens qu'on n'a pas envie de fréquenter je pense que c'était le cas de même me suis trouvé moi des fois dans des manifestations avec des uluberlus et pas seulement je ne parle pas seulement de questions religieuses je dis des uluberlus au sens le plus radical du terme portant des pancartes étranges franchement vous n'avez jamais été dans cette situation vous ben vous êtes bien embêté voilà mais si il y en a qui manifestent attends regarde le mariage pour tous ils y étaient tous et là vous étiez tous avec des islamistes ça ne vous a pas dérangé bon ben on comprend ils défendent des vues sur la famille qui sont plus proches des vôtres que des miennes et alors ben on est tous du même pays non alors on se déteste le reste du temps mais il y a des moments où on fait la pause moi madame jamais je vous accuserai d'être complice de qui que ce soit qui tire sur les autres ben ce pauvre Thomas Porte vous le voyez en train d'être complice d'un meurtre aussi épouvantable des assassinats qu'il y a eu le 7 octobre bien sûr que non si nous ne faisons pas preuve de raison entre nous alors nous sommes perdus parce que nous allons commencer à nous dévorer au lieu d'essayer de voir comment on peut faire et si quelqu'un commet une erreur ou a une mauvaise fréquentation on le lui dit et si vous n'en êtes pas content vous dites mais celui-là il ne cède à rien je vais téléphoner s'il vous plaît pas à moi parce que vous me dites votre député non pardon c'est pas le mien c'est celui du peuple français qui l'a élu c'est pas mon député c'est mon camarade voilà ce que je peux vous dire je vous invite tous à la raison

1:38:01
Présentateur

une dernière question qui prolonge un peu ça parce que dans les auditions on se rend compte qu'il y a effectivement un certain nombre de témoignages de faits qui sont donnés où il y a la présence d'élus de collègues députés ou d'élus locaux qui se retrouvent dans des manifestations il y en a eu une en octobre 2024 qui était organisée par Urgence Palestine et dans laquelle un animateur un organisateur de cette de cette manifestation indiquait qu'il fallait continuer à être en parlant à la foule qui était là ce déluge d'Alaxa c'est effectivement ce qui s'est passé de cette octobre bien sûr les collègues qui sont là ce n'est pas eux ce n'est pas eux qui ont prononcé ces mots mais on a quand même une responsabilité soit de partir déjà si on n'est pas d'accord soit ensuite de faire un débriefing pour que ça ne se recommence pas donc vous au niveau du parti que vous avez fondé on a bien compris que vous n'en avez plus la responsabilité directe mais on ne doute pas de l'influence que vous avez encore à l'intérieur j'espère bien moral au moins voilà au moins moral à minima et donc quel retour vous faites de ces expériences parce qu'effectivement quand le président Chirac a entendu la Marseillaise être siffée ou la France il a quitté parce que c'était inconcevable quand vous entendez des propos qui flirtent avec l'apologie du terrorisme vous ne pouvez pas rester sur une estrade est-ce que ça c'est quelque chose que vous comprenez ou pas

1:39:25
Jean-Luc Mélenchon

évidemment monsieur le président que croyez-vous qui se passe je ne vais pas vous raconter les secrets des préparations de manif mais c'est une déprise de tête dont vous n'avez pas idée sur ce que l'un l'autre va dire ou ne pas dire est-ce qu'on n'acceptera pas et ceci et cela et qui on ne veut pas bon on s'en débrouille quand quelqu'un mord le trait ou ne respecte pas les autres on le prend d'abord pour un manque de respect si c'est pas ça dont on est convenu donc nous ne venons pas une manif pour entendre des choses pareilles bon on se le dit entre nous on tâche de le régler mais je ne connais pas un insoumis ou une insoumise qui a trouvé que tout ça était écoutable et supportable et que ça lui convenait parfaitement ça n'existe pas président croyez-moi si vous voulez ou pas mais je vous dis ça n'existe pas dans nos rangs moi je pourrais je ne vous je ne vous je ne vous cherche pas querelle sur la présence d'islamistes féroces qui étaient présentes aux manifs du mariage pour tous parce que je sais très bien que ce n'était pas votre sujet ceux qui étaient contre le mariage pour tous l'étaient pour des raisons morales ce que vous voulez philosophiques religieuses et ma foi je ne suis pas d'accord avec mais jamais j'irai vous embêter parce que vous pensez ça et je ne fais pas le reproche de ceux qui s'y trouvaient car je suppose que si j'en faisais la liste vous seriez aussi embarrassés que je le suis moi quand vous m'évoquez tel ou tel moi les seuls qui me conviennent politiquement c'est les miens alors bon je fais un effort pour tous les autres et pour certains non l'effort est trop grand alors on va leur dire écoutez vous abusez on n'est pas venu là pour que vous nous fassiez endosser vos positions parce qu'après on va se retrouver dans une commission d'enquête où on va nous demander ce qu'on pense de ceci et de cela alors qu'on n'y est strictement pour rien président je ne peux pas faire mieux que de vous dire que nous faisons de notre mieux et je suis sûr que vous même vous en faites autant à l'égard des excessifs qui sont aussi dans vos rangs

1:41:05
Présentateur

monsieur Mélenchon je vous remercie pour ces éléments votre édition je crois a été utile il suffit de voir d'ailleurs par la présence de nombreux collègues qui sont ici présents mais chaque fois je vous remercie on va suspendre la séance pour quelques minutes et nous allons retrouver pour auditionner monsieur Charles Darmanin garde des Sceaux je vous remercie