Pierre Jouvet: « Nous sommes les seuls en position de battre l’extrême droite ».
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse partielle
La gauche est-elle en train de s'enferrer dans le piège de la division ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas soutenir Raphaël Glucksmann au lieu de partir dans une primaire ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Les sondages ne font pas l'élection, mais pourquoi une primaire maintenant ?
- 1:59OuverteRéponse directe
L'ego du PS ne parle-t-il pas plutôt qu'une stratégie ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Faut-il accélérer le débat présidentiel à 8 mois du scrutin ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Le nombre de votants sera-t-il un frein pour la primaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20Pierre JouvetFait
« Je pense qu'il est sain de ne pas simplement voir les élections à l'aune de sondages. »
- 2:10Pierre JouvetFait
« Les sondages ne font pas l'élection et je pense qu'il est aussi bon de pouvoir avoir ces temps de débat, de différenciation. »
- 4:23Pierre JouvetFait
« 15 euros, c'est trop ? On est loin de la gauche populaire, 15 euros pour aller voter. »
- 9:06Pierre JouvetFait
« François Hollande est un homme politique raisonnable, responsable et que ce petit tour de piste, si je puis me permettre, prendra fin à Noël. »
- 11:38Pierre JouvetFait
« Les gens préfèrent toujours l'original à la copie. »
- 12:54Pierre JouvetFait
« Nous refusons de dire que l'augmentation du pouvoir d'achat doit passer par une baisse des cotisations sociales. »
- 13:38Pierre JouvetChiffre
« Dans ce pays, le différentiel d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre est de sept ans. »
- 14:55Pierre JouvetFait
« On a laissé des territoires entiers se désindustrialiser. Le Pas-de-Calais en est l'illustration. »
- 15:29Pierre JouvetChiffre
« La part de l'industrie en France, c'est 10 % du PIB de la France. C'est le même niveau que la Grèce. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Olivier, Fabien Roussel, les candidats de gauche sont déjà nombreux sur la ligne de départ. Il en manque un, celui du PS Place Publique désigné via une primaire mi-octobre. Raphaël Glucksmann, Olivier Force et Golen Royal, Jérôme Guetsch, Philippe Brun, ils ne sont pas moins nombreux sur la ligne de départ ? La gauche est-elle en train de s'enferrer dans le piège de la division ? Pour en parler, nous recevons Pierre Jouvet. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation, député européen, secrétaire général du Parti socialiste. Et comme tous les jours, cette interview est en partenariat avec la presse quotidienne régionale qu'on est ravis de vous retrouver représentée ce matin par Fabrice Vesseredon du groupe Ebra, les journaux régionaux de l'Est de la France.
Bonjour Fabrice. Ravi aussi, chère Auriane. Bonjour, Pierre Jouet. Bonjour, pas que l'Est de la France quand même. La faceste ! La faceste ! Parce que ça vient jusque dans la Drôme, l'Ardèche. Le Vaucluse, tout le côté Est de la France. Absolument. Ça vient chez vous, c'est parce que vous êtes de la Drôme, Pierre – Vous savez, la part de chauvinisme dès le début de l'Intérieur. – Vous faites bien ! On va parler de la primaire, de la gauche. Vous avez un candidat qui est sur votre ligne, il s'appelle Raphaël Glucksmann. Il est crédité de 10%, plus de 10 % dans les sondages, 13-14 % dans certains sondages. Pourquoi ne pas le soutenir au lieu de partir dans une primaire ? – Parce que je crois que ce qui est important, c'est d'avoir un débat qui est
un débat entre candidats, qui vont avoir des lignes et des orientations qui seront exprimées dans différents débats. A priori, il y aura trois débats dans ce grand moment démocratique qui est la primaire du Parti socialiste et de place publique. Et que je pense qu'il est sain de ne pas simplement voir les élections à l'aune de sondages. Raphaël Luxman aujourd'hui a des sondages qui sont des sondages intéressants, moi je m'en satisfait parce qu'à la fin nous devrons avoir un candidat ou une candidate qui gagne l élection présidentielle, c'est quand même ça l'enjeu. On est très loin de l'élection, on est à 8 mois. Mais les sondages ne font pas l'élection et je pense qu'il est aussi bon de pouvoir avoir ces temps de débat, de différenciation.
Est-ce que ce n'est pas plutôt l'ego du PS et de ses candidats qui parle d'un PS qui ne veut pas être absent de la présidentielle ? Regardez ce qui se passe ailleurs. Prenons un pas de recul et regardons ce qui se passe par exemple dans le bloc central. Vous avez un bloc central qui est enferré dans un espèce de débat avec des sondages sauvages et une primaire sauvage où il n'y a aucune discussion entre les candidats, pas de choix. Et donc à la fin, on ne sait pas comment ça va se terminer pour eux. On voit dans cette espèce de débat présidentiel qui est suraccéléré finalement, on est quand même à huit mois de l'élection présidentielle. Moi je voudrais qu'on regarde un peu les choses de manière factuelle. Le débat va être long, il va y avoir beaucoup de propositions,
personne n'est en retard sur la préparation de l'élection présidentielle et ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de débats à la télé et dans les journaux qu'il faudrait accélérer de manière permanente. Je pense qu'il faut aussi que les politiques remettent de la temporalité. Je crois – Je crois que ce qui est sain, c'est d'avoir ces débats entre nous et ensuite qu'on soit toutes et tous rassemblés. C'est ça l'enjeu de cette primaire. Et vous savez, la confrontation démocratique, si elle se passe bien, et je crois qu'elle se passera bien, Elle est plutôt saine et elle est bonne parce que l'objectif d'une primaire, c'est aussi d'aller chercher. Moi, je profite de votre antenne ce matin pour dire aux Français qui nous écoutent
d'aller s'inscrire en nombre sur le site Internet du Parti Socialiste. C'est très simple, vous vous inscrivez, partissocialiste .fr, vous donnez 10 ou 15 euros selon votre niveau de revenu, vous êtes inscrit pour voter à la primaire et vous faites votre choix. Et ensuite, on aura un candidat ou une candidate et on sera tous rassemblés et on sera en marche pour l'élection présidentielle, si je peux prendre cette expression. – Petit mot juste sur ce que vous venez de dire, la question du nombre de voteurs. Il y en avait plus de 2 millions lors de votre dernière primaire en 2016. Vous en espérez combien là dans un mois C'est difficile à estimer. En 2016, c'était une primaire qui était beaucoup plus ouverte.
Là, les militants socialistes ont fait un choix qui n'était pas celui que j'avais défendu. Vous vous rappelez, j'avais eu l'occasion de le dire sur votre plateau. Moi, j'avais souhaité que l'accès à la primaire soit plus facile d'un point de vue financier. J'avais plaidé avec Olivier Faure pour que ce soit une primaire à 2 euros. Donc 15 euros, c'est trop ? On est loin de la gauche populaire, 15 euros pour aller voter. Les militants socialistes ont fait un autre choix. Moi, ce n'était pas le mien. Mais maintenant, c'est ainsi. Et donc, je ne veux pas rajouter la question financière dans ce débat. Et donc, j'invite toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, qui aiment la politique et qui s'y intéressent. – Est-ce qu'il va être un frein pour de nombreux votants ?
Est-ce qu'il y a des gens qui n'ont pas les moyens de mettre 15 euros pour aller C'est un frein financier. C'est un frein financier, c'est sûr. Mais malgré tout, ce que je souhaite, c'est qu'il y ait le plus de monde possible qui vienne voter. Parce que de la dynamique populaire dont découlera le candidat ou la candidate de cette primaire, il y aura aussi une force politique pour aller affronter cette élection présidentielle qui est, rappelons-le, l'élection présidentielle qui sans doute va être la plus décisive de notre pays de ces décennies. On voit, et vous en avez beaucoup débattu avant que je rentre sur le plateau, de ce qui est en train de se passer en Saxe en Allemagne. Le risque d'une poussée de l'extrême droite massive en France est Et là, les dangers sont éminents.
Et donc la gauche et mon camp, les socialistes, la social-écologie, doivent rentrer de manière extrêmement forte et puissante dans ce débat présidentiel pour éviter le pire. – On vous a entendu sur le sujet des sondages, des débats, une espèce d'excitation à huit mois du scrutin. Le sens de cette primaire, le sens de votre présence dans ce scrutin, malgré quand même les difficultés de votre candidat il y a cinq ans enfin quatre ans c'est d'être le candidat d'avoir un candidat au deuxième tour de la présidentielle ou que ça ne soit surtout pas Jean-Luc Mélenchon ? Non c'est d'avoir un candidat au deuxième tour de l'élection présidentielle pour la gagner. Mais est-ce que compte tenu de ce qu'on sait aujourd'hui et de ce qu'on sait d'il y a cinq ans c'est possible aujourd'hui ?
Mais il y a cinq ans l'élection présidentielle a été celle qu'elle a été et la candidate que j'avais soutenue à l époque a fait le plus mauvais score de l'histoire du Parti Socialiste. Nous en avons tiré des leçons, nous avons travaillé… – C'est Anne Hidalgo 1 ,8%. – Nous avons proposé ces dernières semaines un projet, le projet du Parti Socialiste qui a été écrit par Chloé Rydel qui s'appelle « Vivre libre ». Nous avons fait et nous faisons des propositions, nous en parlerons tout à l'heure, sur la question de la réindustrialisation, sur la question des services publics, sur la question du modèle social français, sur la projection que nous portons de la France dans les 20 prochaines années, et les socialistes ont cette voix apportée dans le débat présidentiel.
Et donc notre objectif, je veux le dire clairement parce que là aussi, vous avez raison de poser la question comme ça, je pense qu'il ne faut esquiver aucun en débat. Le sujet, c'est d'être au deuxième tour. Et le sujet, c'est d'être au deuxième tour parce que nous sommes les seuls, écoutez-moi bien, les seuls en situation de battre l'extrême droite. Pourquoi je vous dis ça ? J'ai une conviction extrêmement forte, je suis élu local dans la Drôme, vous le savez, je parle avec des gens tous les jours. J'ai une conviction très forte, c'est que les Françaises et les Français ne voteront pas à l'élection présidentielle pour les clones ou pour les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron, qui depuis dix ans a eu les résultats politiques qu'il connaît,
que nous connaissons et qui a fracturé le pays. Donc je pense que cette offre politique... Donc Édouard Philippe, il n'est pas en mesure de battre Marine Le Pen selon vous ? Non, je pense qu'Édouard Philippe, tout comme Gabriel Attal, sont politiquement disqualifié pour espérer battre Marine Le Pen. En même temps, ce que je sais aussi, et pardon, je vais jusqu'au bout, c'est que Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui à tort ou à raison et c'est aussi le choix politique qu'il a Ça fait un épouvantail politique qui est tellement inquiétant pour nombre de Français qu'il paraît, et croyez-moi qu'en homme de gauche ça me désespère de voir ça, qu'il paraît comme plus inquiétant et plus
C'est pour ça que nous devons réussir cette élection présidentielle et donc avant ça, cette primaire. En même temps, les candidatures hors primaires de candidats comme François Hollande ou Ségolène Royal qui peuvent d'ailleurs obtenir leurs 500 signatures dans la primaire. Oui, alors parlons de François Hollande. Effectivement, vous avez raison. Est-ce que ça n'est pas un boulevard pour Édouard Philippe et un second tour ? Mais je pense que François Hollande ne sera pas candidat à l'élection présidentielle et qu'il le sait et que dans toutes les rédactions, tout le monde le sait. Vous n'avez pas l'impression qu'il mise sur l'échec de cette primaire ? Mais François Hollande, un, je pense que François Hollande, il se dit s'il y a un trou de souris sur un malentendu, ça peut passer,
mais il n'y a pas de malentendu en politique. Et François Hollande, malgré toutes les qualités qu'il peut avoir, malgré toutes les propositions qu'il fait, il n'est pas venu dans la primaire. Je le regrette, j'avais été de ceux qui lui avaient conseillé, y compris publiquement, de venir dans cette primaire. Il a fait un autre choix. François Hollande, il n'a pas d'espace politique pour être candidat à l'élection présidentielle. Dans un mois, les socialistes auront un candidat ou une candidate à l'élection présidentielle et tous les socialistes soutiendront ce candidat ou cette candidate à l'élection présidentielle. Donc François Hollande, il peut espérer que son camp politique perde. Je crois que François Hollande est un homme politique raisonnable,
responsable et que ce petit tour de piste, si je puis me permettre, prendra fin à Noël. Est-ce que vous l'appelez à se prononcer, à soutenir un des candidats engagés dans cette primaire ? Vous êtes un proche d'Olivier Faure, vous. Est-ce que vous espérez qu'il soutiendra Olivier Faure ? Il fait ce qu'il veut François Hollande. J'ai entendu sur une matinale concurrente il y a quelques jours, qu'il avait dit qu'il viendrait voter et qu'il dirait sans doute pour qui il veut voter en fonction des idées qui sont les siennes et qu'il met dans le débat. Je ne veux pas faire donner l'annonce avant la fin du film. Je constate que les propositions qui pour l'instant sont mises sur la table par François Hollande, comme par exemple le retour de la TVA sociale,
qui est je le rappelle l'impôt le plus injuste qu'on fait payer à tous les Français et où on voudrait expliquer aux Français qu'on va leur redonner un peu de pouvoir d'achat, mais qu'en contrepartie, on va faire passer la TVA de 20 à 24 %, c'est à peu près d'un point de vue social et sociétal aux antipodes de ce que nous proposons avec Olivier Faure dans cette prime. – Donc vous espérez quoi ? Qu'il ne soutienne surtout pas Olivier Faure ? C'est quoi ? Ça serait un boulet de soutien de François Hollande ? – Non, non, pas du tout, je n'espère rien, il sera libre et vous savez, je pense que ce que je dirais en appel à François Hollande pourrait l'inciter à faire l'inverse, en tout cas ou lui ou à ses proches, donc je le laisse libre de sa parole et de son choix.
Ce que je dis c'est qu'il porte des sujets dans ce débat politiquement, dans le livre qu'il a écrit, que que ce soit sur l'augmentation de la TVA de 20 à 24%, que ce soit sur sa vision sur les retraites, qui ne sont pas celles que je considère aller dans le bon sens. Je considère qu'aujourd'hui François Hollande est en train de faire un choix politique qui est celui d'aller vers un espace plus centriste, pas sur celui que nous essayons de rassembler. – Mais en même temps, est-ce que vous n'en aurez pas besoin de cet espace centriste ? Comment vous comptez battre Marine Le Pen sans les voix sans l'apport de cet espace centriste ? Dans une France qui vote quand même très à droite. Mais on aura besoin de tout le monde au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais qu'est-ce que vous faites pour leur parler, vous, à cet espace centriste ? Mais en fait, on fait des propositions. C'est-à-dire que ce n'est pas la peine d'essayer de dire au premier tour qu'on va les convaincre en étant plus centristes que les centristes et que ça pourrait fonctionner. Enfin, à un moment... Vous savez, la politique, c'est aussi simple. Les gens ne sont pas naïfs. Les politiques ont toujours l'impression de réinventer l'eau chaude, mais les gens préfèrent toujours l'original à la copie. Si les gens veulent voter pour quelqu'un qui veut la retraite à 67 ans, ils ont Edouard Philippe. Si les gens veulent voter pour quelqu'un qui veut augmenter le taux de TVA à 24%, ils ont a priori Gabriel Vous voyez, on est dans un moment où il faut aussi de la clarté politique.
Et moi, ce que nous disons au Parti socialiste avec Olivier Faure, c'est la clarté politique, c'est quoi ? Nous avons un modèle social, nous devons le préserver. Nous avons un questionnement sur la situation du pouvoir d'achat des français qui sont aujourd'hui en grande difficulté on voit qu'on a de plus en plus de français qui ont du mal à boucler les fins de mois comment on augmente les salaires sans grever les cotisations sociales c'est à dire sans leur dire ce qu'on va vous donner en plus maintenant vous l'aurez en moins au moment de la retraite comment est-ce qu'on fait pour remettre de la production dans ce pays pour remettre des industries pour permettre à nos jeunes de retrouver du travail c'est ça les questions qu'on a alors
justement parlons du programme pierre jouvet on le disait les candidats à gauche sur la ligne de départ ils sont déjà nombreux qu'est ce qui différencie le potentiel le futur candidat ps des autres je crois que c'est les propositions alors le futur candidat ps il ya plusieurs candidats ps sur la ligne de départ en tout cas je crois que il n'y en aura qu'un je pense que ce qui différencie c'est sans doute une approche qui peut y avoir sur la question du modèle social je le disais à l'instant moi je refuse et c'est ce qu'a dit Olivier Faure et c'est ce qu'il a rappelé ce qu'il va rappeler dans les prochains jours dans un livre qui va sortir où il va présenter toutes ses propositions nous nous refusons de dire que l'augmentation du pouvoir d'achat doit passer par une baisse des cotisations
sociales nous nous disons qu'aujourd'hui on doit aller chercher l'argent là où il se trouve par exemple et là c'est un débat qui est très irruptif dans le sujet dans la société française mais on a ces dix dernières années les millionnaires et les multimillionnaires et les milliardaires qui en proportion ont payé moins d'impôts donc on donnait moins à la société que vous et moi et tous les français qui travaillent chaque jour ça c'est insupportable et donc on doit récupérer de manière équilibrée la redistribution et la justice fiscale dans ce pays pour permettre d'augmenter les salaires par exemple on doit conserver un modèle social fort nous nous sommes attachés à un modèle redistributifs qui permettent à chacun de pouvoir partir à la retraite dans un contrat social qui a été fixé avec
le pays et de ne pas partir à la retraite quand on est le dos brisé, quand on est finalement à quelques mois, quelques années d'une fin de vie qu'on annonce difficile, notamment quand on est ouvrier par rapport au cadre. Je rappelle que dans ce pays, le différentiel d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre est de sept ans. Donc on peut faire sur des grands plateaux télé et c'est facile pour tous les responsables politiques de le faire, de dire il faut travailler plus longtemps, il y a un problème de démographie, etc. Nous, on dit, on sait pour qui on est là et aussi pour qui on se Voilà, ça fait partie du cœur des propositions. On l'a vu en Sachsen-Halt et on en a parlé, la désindustrialisation, c'est un moteur pour l'extrême droite.
Est-ce que vous, vous allez travailler sur cette question de réindustrialisation J'y travaille d'autant plus que vous m'invitez aujourd'hui et je remets dans quelques heures au Parlement européen un rapport sur la réindustrialisation. Je suis rapporteur pour le Parlement européen de l'Industrial Accelerator Act, concrètement et en français, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est le rapport pour réindustrialiser l'Europe. Ces dernières années, les Européens et les Français en particulier ont cru et ont considéré qu'on pouvait produire sans avoir d'usine, qu'on pouvait avoir des usines sans avoir d'ouvriers. Et qu ce qu'on a fait, on est devenu un continent et un pays de consommateurs où on a laissé nos usines partir à l'autre bout du monde.
On a laissé des territoires entiers se désindustrialiser. Le Pas-de-Calais en est l'illustration. La Drôme par exemple à Romont-sur-Isère avec la chaussure en est l et on se dit aujourd'hui la mondialisation heureuse va nous permettre simplement d'être des consommateurs et de plus rien produire. Nous ce que nous voulons, ce que moi je propose dans ce rapport, c'est de réindustrialiser en mettant de la souveraineté européenne, c'est-à-dire de la protection à nos frontières. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui on voit que les Chinois sont dans un modèle très agressif, qui viennent nous voler nos industries de manière extrêmement forte et extrêmement agressive, qu'on a eu par exemple en Allemagne cet été, 100 000 suppressions de poste chez Volkswagen
et le résultat des élections dans la région, dans le land de la Saxe n'est pas pour rien. Quand vous avez 100 000 suppressions de poste chez Volkswagen parce que l'industrie de l'automobile en Allemagne comme en France est en train de se faire dépecer par la Chine qui devient leader mondial, et bien nous devons, et c'est le rôle des socialistes, porter un message sur la réindustrialisation, sur la protection des salariés et sur notre capacité à inventer un nouveau modèle productif. Fabrice ? Le phénomène n'est pas nouveau ? Bien sûr qu'il – Je m'adresse à l'Européen que vous êtes, avoir voulu voir Arnaud Montebourg et son ministère du redressement productif, un de vos amis, à essayer ça. On en est là, on a le sentiment que rien n'a été fait pour lutter contre ça.
Vous savez pourquoi parce que les libéraux et les libéraux, quand on dit les libéraux, on ne sait pas ce que ça veut dire. Parce que la droite, parce que les libéraux, je vais donner une illustration aux téléspectateurs. Parce que les amis d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal, de Bruno Rotaillot, sont en fait les gens qui pensent que la mondialisation est heureuse, qu'il n'y a plus besoin de produire et qu'il n'a pas besoin de se protéger. On a face à nous, à la Commission européenne, une présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui est convaincue d'une chose, c'est qu'il faut continuer le libre-échange comme si de rien n'était. Malgré les crises agricoles, malgré les crises industrielles,
qu'il faut respecter toutes les règles de l'Organisation mondiale du commerce quand on a des compétiteurs internationaux comme la Chine et les États-Unis qui ne les respectent pas. Moi, ce que je veux réaffirmer, ce que les socialistes réaffirment à travers ma voix dans ce texte, c'est de dire le temps de la désindustrialisation est fini. Nous avons des capacités de production, nous devons accompagner nos usines, nous devons accompagner le développement pour reprendre notre part. Vous vous rendez compte que, je vous donne un chiffre, la part de l'industrie en France, c'est 10 % du PIB de la France. C'est le même niveau que la Grèce. Vous vous rendez compte quand la France était à plus de 20 % de parts d 'industrialisation dans son PIB, aujourd'hui on a divisé par deux parce
qu'on ne produit plus, parce qu'on n'aide plus nos entreprises, parce qu'on ne les accompagne plus, parce qu'on ne met plus de production et de protection autour de nos frontières européennes, c'est ça le modèle que nous portons. – Un mot sur le budget pour terminer Pierre Jouvet, puisque dans quelques semaines débutera le débat budgétaire au Parlement, est-ce qu'il y aura censure automatique du PS ou est-ce que vous allez discuter avec Sébastien Lecornu ? – Le Parti Socialiste est un parti qui discute et nous avons toujours discuté, nous avons mais si le budget de Sébastien Lecornu est la photocopie des projets ou des pré-projets présidentiels de M. Attal, Philippe ou Retailleau pour aller chercher les voies du Bloc centrale. Évidemment, il y aura une censure.
Nous ne voterons pas un budget qui va encore sacrifier les classes populaires, les classes moyennes de ce pays, épargner les plus riches qui sont depuis dix ans les plus épargnés. Mais quelles sont vos marges de manœuvre ? Le budget dernier, vous avez obtenu la suspension de la réforme des retraites. Là, qu'est-ce que vous espérez obtenir ? Pour l'instant, vous savez, nous n'avons aucune proposition qui est mise sur la table. On a des ballons d'essai. Alors un coup, c'est l'épargne salariale. Alors plutôt pour ou plutôt quand ? Mais totalement contre. Mais qu'est-ce que c'est que ce contrat social qu'on va encore rompre avec les Français ? On va dire aux Français, travaillez plus. C'était ça l'épargne salarielle. Vous travaillez plus, vous avez finalement les parts de dividende
puisque c'est comme ça qu'on dit chez les grands patrons. Mais eux, chez les Français, c'était un peu d'épargne salariale que vous mettez de côté, que vous pourrez toucher en pécule financier pour la suite et c'est le mérite de votre travail. Et là, on va leur dire qu'on va le taxer plus. Mais pardon, mais qu'est-ce que c'est que ce pays qui veut taxer l'épargne salarielle de tous les Français quand dans le même temps, quand dans le même temps, depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, depuis 10 ans, depuis 10 ans, le travail est plus taxé que le capital dans ce pays,
il voudrait aller taper sur les Français. Donc j'en reviens à ma question, quelles mesures espérez-vous obtenir ? Qu'est-ce qu'il faut que Sébastien Lecornu mette sur la table pour que vous votiez le budget ou du moins pour que vous ne votiez pas.
– Des mesures très concrètes pour nos services publics, par exemple pour nos écoles. On vient de vivre une crise catastrophique cet été par exemple avec la transition école. – On n'imagine pas Sébastien Lecornu dire moi je ne veux pas de mesures pour les écoles, moi je ne veux pas aider les classes Et alors comment ça se fait que Sébastien Lecornu 1 ne fasse pas de proposition pour augmenter les salaires des classes populaires et des classes moyennes ? Comment est-ce explicable que Sébastien Lecornu par exemple avec l'été caniculaire qu'on vient de vivre, ne fasse toujours pas de proposition sur la remise en place d'un fonds vert pour permettre aux écoles, aux mairies de faire la transition écologique dans leurs écoles ? – Donc ça, c'est parti des mesures que vous avez ?
– Responsable, mais je crains que ça n'arrive malheureusement. – Députés et sénateurs sont sur la même ligne du côté social – J'ai le sentiment que les députés en tout cas sont sur la même ligne mais le débat là aussi s'exprimera. – Et pas avec les sénateurs ? – J'ai peu de doutes, je pense que les sénateurs seront sur la même ligne mais les sénateurs sont aussi sur des sujets qui arrivent un peu plus tardivement. – Merci Pierre-Joulet, merci beaucoup d'avoir été notre invité,
Pierre Jouvet