Ukraine, Macron… L'interview en intégralité d'Alexey Meshkov, ambassadeur de Russie en France
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:40FerméeÉludée
La Russie va-t-elle accepter de cesser les combats pendant 30 jours ?
- 1:46RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce cessez-le-feu vous paraît plausible pour la Russie ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Quelles seraient les conditions dans lesquelles la Russie accepterait un cessez-le-feu ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Quelles sont vos lignes rouges pour un cessez-le-feu ?
- 6:06RelanceRéponse partielle
La dénazification était-elle un objectif de renverser Zelensky ?
- 7:44FerméeÉludée
Est-ce que le départ de Volodymyr Zelensky est une condition pour un cessez-le-feu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueFait
« Avant tout, je tiens à dire une chose, c'est encore trop tôt pour donner des évaluations. »
- 1:37Invité politiqueFait
« la partie russe s'est toujours prononcée pour une solution diplomatique, politique de ce conflit. »
- 4:12Invité politiqueFait
« non-adhésion de l'Ukraine à l'OTAN »
- 4:15Invité politiqueFait
« non-déploiement des troupes de l'OTAN sur le territoire de l'Ukraine »
- 5:44Invité politiqueFait
« aujourd'hui, il y a quatre régions, je ne parle même pas de la Crimée, mais en outre, il y a quatre régions ukrainiennes, le Donbass et la Nouvelle-Russie, qui font désormais partie de la Fédération de Russie. »
- 6:55Invité politiqueFait
« Nous n'avons jamais fixé cet objectif de renverser le président Zelensky. »
- 8:19Invité politiqueFait
« Il s'agit de savoir la chose suivante. Bon, déjà, le président Zelensky a promulgué un décret interdisant de mener des négociations avec la Russie. »
- 9:01Invité politiqueFait
« Son mandat présidentiel a expiré en mai dernier et les élections n'ont pas été organisées. »
- 11:10Invité politiqueFait
« Si la France livre des armements qui servent à tuer nos enfants, nos vieux, nos femmes... »
- 13:00Invité politiqueFait
« En février 2014, il y a eu un coup d'État en Ukraine, un coup d'État militaire. »
- 15:03Invité politiqueFait
« La Russie n'a jamais menacé la France. »
- 26:44Invité politiqueFait
« La Russie ne menace personne. Elle ne l'a jamais fait. »
- 28:37Invité politiqueFait
« Poutine n'est pas un dictateur. »
- 28:42Invité politiqueFait
« C'est une personne qui a été élue et réélue par la voie démocratique par son peuple. »
Temps de parole
- Invité politique40 %
- Présentateur32 %
- Invité28 %
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Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le monde veut savoir et d'avoir accepté de répondre à nos questions dans ce moment crucial. Je cite, la balle est dans le camp de la Russie, voilà ce que dit désormais l'administration Trump, alors que l'Ukraine soutient la proposition d'un cessez-le-feu de 30 jours, dans un moment où votre pays, la Russie, est qualifiée, je cite, de menace existentielle par Emmanuel Macron, où vous êtes accusé aussi, souvent de façon documentée, de mener des opérations de déstabilisation contre la France, d'ingérence dans des pays étrangers ou des processus électoraux, on en parlera.
Mais d'abord, monsieur l'ambassadeur Alexei Meshkov, les yeux sont donc rivés vers Moscou, en attente de la réponse de la Russie à la proposition de cesser le feu de 30 jours. Question simple pour commencer, la Russie va-t-elle accepter de cesser les combats pendant 30 jours ? C'est ce que demandent les Etats-Unis et l'Ukraine est d'accord.
Avant tout, je tiens à dire une chose, c'est encore trop tôt pour donner des évaluations.
Les accords entre la partie ukrainienne et la partie américaine ont été conclus,
mais la partie russe n'a pas encore été informée sur les résultats de ces négociations en Arabie Saoudite à Jida. Vous savez, il y a un proverbe qui dit que le diable est dans les détails. Donc on voudrait d'abord connaître les détails, apprendre les détails, mais sinon, bien évidemment, la partie russe s'est toujours prononcée pour une solution diplomatique, politique de ce conflit.
Une solution diplomatique, en même temps, monsieur l'ambassadeur, moi j'ai le souvenir de ce que disait votre ministre des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, qui le 28 décembre dernier disait la chose suivante, un cessez-le-feu en Ukraine maintenant ne mènerait nulle part. Vous dites bien sûr qu'il faut attendre d'avoir les détails de ce qui s'est conclu et de voir les éventuels échanges entre les Etats-Unis et la Russie, mais est-ce que ce cessez-le-feu vous paraît plausible ? Est-ce qu'il vous paraît être une possibilité pour la Russie ?
Oui, bien sûr. Effectivement, la Russie est très intéressée à trouver une solution, on va dire, radicale de ce problème, à savoir parvenir à un accord définitif.
Malheureusement, nos partenaires occidentaux nous ont leurré,
nous ont dû payer à mon entreprise à cet égard. Je peux vous donner un exemple des accords de Minsk.
Lorsque les accords ont déjà été convenus, notamment sur l'arrêt des hostilités, des combats,
mais ni la partie ukrainienne, ni les partenaires occidentaux n'ont pas voulu mettre en œuvre les accords de Minsk en réalité. Donc oui, je le répète, la Russie a tout l'intérêt de voir les accords bien réels pour qu'ils puissent assurer notre sécurité.
Pour être très précis, et on reviendra dans un instant sur ce que vous dites et sur la façon dont vous mettez en cause les occidentaux, vous parlez des accords de Minsk qui datent d'après l'annexion de la Crimée par la Russie, mais pour être très concret, quelles seraient les conditions dans lesquelles votre pays, la Russie, accepterait un cessez-le-feu ? Quelles sont au fond vos lignes rouges, ce que vous allez dire, ce que la Russie, le Kremlin, va dire à l'administration de Donald Trump ?
Nos positions, nos positionnements sur cette question sont bien connus,
ils ont été énoncés à plusieurs reprises.
Il s'agit d'avoir un accord qui soit déjà basé sur les accords russo-ukrainiens en date d'avril 2022, qui prévoyait, première chose,
non-adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, deuxième chose, non-déploiement des troupes de l'OTAN sur le territoire de l'Ukraine,
troisième point, un renoncement à toute manœuvre et exercice de l'OTAN sur le territoire ukrainien et aussi un nombre de questions relatives à la dite démilitarisation et dénazification de l'Ukraine. La démilitarisation, de quoi s'agit-il ? Ce sont bien des propositions qui, d'ailleurs, à l'origine, provenaient du côté ukrainien et qui portaient sur les effectifs militaires de l'Ukraine, à prévoir. En fait, il y avait des chiffres bien concrets en termes des effectifs militaires,
le nombre des chars, le nombre d'avions et ainsi de suite,
tandis que le terme de nazification décrit l'abolition des lois qui ont été adoptées par l'Ukraine
et qui, par leur essence, étaient très proches de l'idéologie nazie. Il s'agissait d'interdire l'utilisation de la langue russe, ces lois piétinées, les droits des minorités, non seulement des populations russophones, mais aussi des populations bulgares, hongroises. Et bien sûr, tout simplement, il faut aussi tenir compte de la réalité sur le terrain. Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, il y a quatre régions, je ne parle même pas de la Crimée, mais en outre, il y a quatre régions ukrainiennes, le Donbass et la Nouvelle-Russie, qui font désormais partie de la Fédération de Russie. Et du coup, leurs droits sont consacrés, sont scellés par la Constitution russe.
– Des régions que vous évoquez, M. l'Ambassadeur, et qui, je rappelle, ont été envahies par les troupes russes en février 2029. Je reviens sur l'expression que vous utilisez, la dénazification. C'était un objectif qui avait été posé par votre président, le président Poutine, et qui signifiait, pour dire les choses, au moment où les troupes marchaient sur Kiev, le fait de vouloir prendre toute la souveraineté territoriale de l'Ukraine, faire tomber le président Zelensky. Ça veut dire que cet objectif-là est toujours le vôtre, que c'est une condition pour obtenir un arrêt des combats.
– En fait, nous ne l'avons jamais formulé de cette manière.
Nous n'avons jamais fixé cet objectif de renverser le président Zelensky. Cette question relève de la volonté des Ukrainiens. c'est à eux de décider qui ils veulent voir à la tête de leur État.
Mais notre réflexion est basée surtout sur le fait que ce qui restera de l'Ukraine actuelle ne devra pas être une structure anti-russe. à savoir, cette entité devra adopter des lois démocratiques, elle devra représenter un système qui finalement permettra
d'y vivre différentes personnes en dépendant de leur nationalité.
– Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été élu par les Ukrainiens. Est-ce que vous fixez là encore comme condition pour un cessez-le-feu et pour d'éventuelles négociations en vue d'une paix durable le départ de Volodymyr Zelensky ?
– C'est quelque chose que le président Poutine disait aussi. Nous restons ouverts, nous restons disposés à mener en dialogue avec la partie ukrainienne, notamment avec les personnes qui font partie de l'entourage direct, on va dire, du président Zelensky. La question est très simple en fait. Il s'agit de savoir la chose suivante. Bon, déjà, le président Zelensky a promulgué un décret interdisant de mener des négociations avec la Russie. Donc, naturellement, ce décret devrait être aboulis. S'il interdit de parler avec la Russie, de quelles négociations parle-t-on ?
Le deuxième point, comme vous le savez,
une année s'est écoulée presque depuis que le président Zelensky n'est plus président de l'Ukraine. Donc, on pourrait parler de l'usurpation du pouvoir. Pourquoi ?
– Qu'est-ce que vous voulez dire en disant qu'il n'est plus président de l'Ukraine ?
– Son mandat présidentiel a expiré en mai dernier et les élections n'ont pas été organisées.
– Vous savez, monsieur l'ambassadeur, que les règles constitutionnelles ukrainiennes veulent que quand un pays est en guerre, il n'y a pas d'élections qui sont organisées, que par ailleurs, tous les sondages montrent qu'en Ukraine, la population est derrière le président Zelensky, considérant que des élections ne peuvent pas être organisées parce qu'il y a des zones qui sont en guerre. Quand on compare par ailleurs à la façon dont le président Poutine exerce le pouvoir depuis désormais le début des années 2000, on pourrait dans ce cas-là se poser les mêmes questions pour le président Poutine.
– Contrairement au président Zelensky,
le président Poutine a été réélu en mars dernier et malgré toute la situation actuelle, les élections en Russie ont été organisées de façon démocratique. pour ceux qui sont de l'Ukraine, conformément justement à la constitution de l'Ukraine, je n'ai pas d'autres références, je parle de la constitution ukrainienne. Si les élections ne sont pas organisées,
le chef légitime de l'État ukrainien,
c'est le président du Parlement ukrainien
et pas la personne qui se dit président
malgré l'absence des élections.
– Vous dites que le président Poutine a été élu démocratiquement, je vous poserai une question à l'issue de cette interview à ce sujet, mais juste avant pour rester sur les conditions d'un cessez-le-feu, de ce qui pourrait se passer. Il y a un débat entre les pays européens sur la possibilité d'envoyer des troupes européennes en cas de cessez-le-feu pour s'assurer de la garantie de ce cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie, des troupes européennes, ça pourrait être des troupes britanniques, également des troupes françaises.
Est-ce que ça, c'est une ligne rouge pour la Russie ou est-ce que la Russie pourrait accepter qu'il y ait par exemple un contingent de 20 000, 30 000 soldats pour s'assurer que ce cessez-le-feu soit effectif ?
Je pense que vous avez entendu tous
ce que c'est que les troupes de maintien de la paix. Ce sont des forces qui sont déjà neutres
et qui sont déployées conformément
à l'accord des deux parties du conflit. Alors de quelles forces du maintien de la paix de l'Union européenne, de l'OTAN, de la France, du Royaume-Uni, peut-on parler ?
Si ces pays, en fait,
sont en état de guerre par procuration contre la Russie, bien évidemment, la Russie n'acceptera jamais
de voir les troupes de ces pays déployées le long de la frontière, disons,
et qu'ils fassent partie de la solution, parce que ce ne sont pas justement des forces du maintien de la paix.
Donc, des troupes françaises, des troupes britanniques, qui ne seraient pas des troupes dans le cadre d'un conflit, ce ne seraient pas des troupes combattantes, mais des troupes pour s'assurer que le cessez-le-feu, que la paix est maintenue. Ça, pour vous, c'est non ?
Oui, je tiens à le répéter.
Si la France livre des armements qui servent à tuer nos enfants, nos vieux, nos femmes...
Ce sont des armes, monsieur l'ambassadeur, pardonnez-moi, ce sont des armes qui aident l'Ukraine à résister contre l'invasion de la Russie, la Russie qui a envahi un pays souverain en février 2022. Ce ne sont pas des armes qui servent à tuer des civils russes.
Si vous voulez, on peut vraiment commencer
dès le point de départ. En février 2014,
il y a eu un coup d'État en Ukraine,
un coup d'État militaire. Même avant, un jour avant ce coup d'État, il y a eu un accord qui a été signé
entre le président en exercice
et les oppositions, avec les garants, la France, l'Allemagne, la Pologne. Dès lendemain, cet accord a été violé. Alors, si cela n'avait pas été le cas, on ne verra jamais aucun combat. Après, on passe à l'année 2015. Même encore en 2014, des unités, des troupes ont été envoyées pour pacifier, entre les parenthèses, les populations du Donbass, donc la population qui n'a pas été d'accord avec ce coup d'État à Kiev, ce qui a donné finalement...
Oui, ce qui a engendré finalement
ce qui nous a conduits aux accords de Minsk. Elle a encore, selon les aveux de Hollande, Merkel et le président ukrainien de l'époque,
Poroshenko,
il n'avait aucune intention, en fait, de respecter ces accords de Minsk, eux qui se portaient garants
des mêmes accords. Donc, tout cela nous a amenés
à l'évolution des choses en 2022.
Monsieur l'ambassadeur, le processus a été long,
le Donbass a été bombardé.
Votre vision de la façon dont les choses se sont passées en 2022, je voudrais qu'on parle des mots du président de la République, Emmanuel Macron, qui a qualifié dans ce contexte la Russie de menaces existentielles pour l'Europe. Il a qualifié également votre président Vladimir Poutine d'impérialiste révisionniste. Vous êtes une menace Monsieur l'ambassadeur de Russie en France pour l'Europe, pour la France ?
Oui, cette fameuse déclaration,
ces propos télévisés ont été qualifiés par notre ministre des Affaires étrangers, comme vous savez, des propos assez drôles, même marrants. Vous pouvez ouvrir un manuel d'école, un manuel d'histoire. Est-ce qu'une seule fois, la Russie a menacé la France ?
La France, oui.
L'histoire de nos relations n'a pas toujours été facile. On peut se rappeler Napoléon Ier, puis la guerre de Crimée avec Napoléon III, mais la Russie n'a jamais menacé la France.
Un autre,
après la Seconde Guerre mondiale, en fait, la Russie et la France
ont été
les deux puissances principales
qui ont souverte vraies
à ce que
en nouvel ordre
équitable et pacifique soit créée en Europe.
La Russie n'a pas menacé la France. Je voudrais vous prendre trois exemples et pour cela, j'ai pris trois photos pour illustrer cela auprès de ceux qui nous regardent ce soir. La première photo, vous la voyez ici, c'est un avion de chasse russe Su-35 qui, il y a quelques jours, a frôlé un drone français à plusieurs reprises. Un comportement dangereux qui aurait pu entraîner la perte de contrôle du drone, a dit le ministre des Armées. Voilà la première photo. Je vous la montre, monsieur l'ambassadeur. La deuxième ici, ce sont des étoiles de David taguées sur des murs à Paris. Cela avait créé beaucoup d'émois. Au début, certains pensaient à des actes antisémites.
Il s'avère qu'en réalité, c'était des opérations téléguidées par des réseaux russes, notamment un Moldave dont on s'était rendu compte qu'il était effectivement très proche des combats du Kremlin. Et puis la troisième photo, c'est celle-ci. C'est l'hôpital de Corbeil-Essen qui, en 2022, a été visé par une cyberattaque qui l'a tout à fait paralysée. Et là encore, derrière cette cyberattaque, il y avait des hackers russes. Monsieur l'ambassadeur, ces trois exemples, ils sont extrêmement précis. Comment est-ce que vous justifiez ces attaques contre la France ? – D'accord, bon,
on va avancer pas à pas.
– Ça fait assez longtemps
que je vis en France.
– Donc je n'ai pas
tellement envie
de commenter le niveau
de votre santé publique. mais c'est vraiment ridicule.
– Qu'est-ce que vous entendez par cela ? – C'est ridicule
de dire que
quelqu'un en bon état d'esprit,
je parle de l'État, de l'État russe, par exemple, ait envie et cette idée de perpétrer une attaque contre votre système de santé publique.
– D'où viennent
les problèmes de cet hôpital ? Vous pouvez vous poser la question.
– Monsieur l'ambassadeur, quand un avion russe, quand un avion de chasse russe, au moment où... – Attendez un seconde,
on va venir à l'avion russe. – On n'est pas encore là.
– La Russie, c'est un pays
avec 200 différentes ethnies.
Et l'un des diasporas
les plus grands, c'est justement une diaspora juive. Vous l'avez dit vous-même
dans votre question. Ce n'est pas la Russie
qui a dessiné ces étoiles de David à Paris.
Je vous proposais de poser cette question
à la présidente Moldave qui a été en visite officielle à Paris hier. Si je me souviens bien d'où viennent ces étoiles. Là encore, ça n'a rien à voir avec la Russie. Bon, pour en venir finalement à cet avion de chasse
responsable de cet avion de David était un Moldave pro-russe.
– Vous vous êtes médecin que c'est le mot de l'avion pro-russe. – Oui,
Moldave, pro-russe, ça fait un peu rire, non ?
On a quand même
une conversation sérieuse.
– Alors, sur l'avion de chasse ? – Oui, donc pour revenir à l'avion de chasse. – Je ne connais pas
les détails de la situation, donc j'aurais du mal à donner un commentaire détaillé,
mais… – D'ailleurs,
c'était où ? C'était dans quelle zone ? Le drone est survolé ?
– Au-dessus de la Méditerranée orientale, dans l'espace aérien international. C'était ce qu'on appelle une mission de surveillance. d'un drone, Reaper, pour être extrêmement précis, et à plusieurs reprises, un avion de chasse russe s'approche de ce drone au risque de le détruire.
– Bon, il ne l'a pas détruit quand même.
– Donc après, pour dire s'il y avait vraiment un risque ou pas, je ne sais pas. Est-ce qu'il y avait un risque pour ce drone ?
Vraiment ? De quoi parle-t-on ? – Il y a des определенes séries de la procédures ? – Je pense que dans
les milieux militaires, il existe des procédures bien concrètes pour définir, identifier le niveau du risque. Alors moi-même, n'étant pas militaire, je m'arrêterai là.
– Plus généralement, et vous répondez point par point, et là encore, ceux qui nous regardent se feront un avis, une idée. si je veux dire, comment est-ce que vous qualifiez les relations entre la France et la Russie aujourd'hui ? Vous parliez tout à l'heure de ce qu'avait dit Vladimir Poutine qui a comparé Emmanuel Macron à Napoléon. On ne peut pas dire que Napoléon était exactement un allié de la Russie impériale. Pour vous, Emmanuel Macron, c'est quoi ? C'est un ennemi ? C'est un adversaire de la Russie aujourd'hui ?
– Moi-même,
je suis l'ambassadeur qui est accrédité en France auprès du président Macron.
Donc, bien sûr,
je vais m'abstenir à donner des évaluations, des estimations quelconques à l'égard du président Macron. Par ailleurs, le président Poutine,
je pense, est aujourd'hui l'un des leaders qui respectent le plus ses partenaires.
En fait, il n'a pas nommé le président Macron. Macron en personne. Mais bon, après, bien évidemment, par association, on peut faire des liens.
– Vladimir Poutine, serait prêt à avoir un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron ?
– Ce n'est pas nous,
ce n'est pas la Russie qui a brisé
la communication
avec la France. Ce n'est pas le président Poutine qui a arrêté de parler au président Macron. Donc, ce n'est pas à nous de donner un coup de fil. Si le président Macron
en a envie,
s'il le considère utile, nécessaire, d'appeler Poutine,
le président russe,
ne refuse jamais ce genre de communication à ses contacts internationaux.
– Un mot encore, monsieur l'ambassadeur, puisque vous le dites, vous êtes donc ambassadeur de Russie en France, sur une opposante au président de la République, Marine Le Pen, qui elle a considéré qu'Emmanuel Macron jouait avec les peurs. cette même Marine Le Pen avait rencontré Vladimir Poutine au Kremlin en 2017. Est-ce qu'il y a une proximité entre votre pays, la Russie et le Rassemblement national, comme le disent certains des opposants à Marine Le Pen ?
– Vous le dites vous-même, elle a été au Kremlin quelle année ?
– En 2017.
– Mais aujourd'hui, on est en 2025. Est-ce que j'ai bien répondu à la question, je pense ?
– Je ne sais pas, puisque ça pose la question encore aujourd'hui. Est-ce que, par exemple, dans le cadre d'une candidature de Marine Le Pen, est-ce que vous aimeriez, est-ce que ce serait une bonne nouvelle pour les relations entre la France et la Russie que Marine Le Pen accède au pouvoir ?
– Je ne sais pas, je ne sais pas, mais je ne sais pas que la Russie ne fait pas d'ingérence
dans la politique antérieure nationale de la France. Mais sinon, nous sommes disposés à maintenir les contacts avec tous les partis parlementaires de la France.
– Vous parlez d'ingérence. Il y a des ingérences russes qui ont été documentées dans des élections, dans des processus électoraux en Roumanie. Récemment également, des enquêtes journalistiques ont démontré qu'il y avait eu des tentatives d'ingérence dans le processus électoral allemand. Est-ce qu'il faut s'attendre à ce qu'il y ait des ingérences russes dans la prochaine élection présidentielle en 2027 ?
– Oui, ça me fait quand même bizarre
d'entendre ce genre de questions. Le vice-président américain, Vance, je pense, en a déjà beaucoup parlé. Il a donné une réponse exhaustive à ce qui se passe en Roumanie. En fait, c'est un scandale européen.
La personne qui a remporté une victoire
au premier tour d'élection, après, pour des raisons que personne ne connaît, est privée du droit de participer aux élections et les élections sont taboulées,
sont annulées. La Russie n'a rien à voir avec les élections en Roumanie. – La Cour constitutionnelle a considéré qu'il y avait eu des références contraires au processus électoral. – Après, si vous ne croyez pas
à la Russie, vous pouvez peut-être écouter le vice-président Vance
qui l'a caractérisé,
qui a donné son évaluation à Munich, qui a donné son évaluation à la façon dont l'Union européenne s'est comportée à l'égard des élections en Roumanie.
– Je pense que c'est le manque
de respect.
– Votre question,
c'est le manque de respect à l'égard des électeurs français.
– Comment, en autre pays, la Russie, ou en autre pays, comment peut-elle
enflouer sur le choix du peuple français,
le choix souverain ? – Avec la manipulation de réseaux sociaux. Mais là encore ici, pas de jugement, pas de mépris, des questions. J'ai encore, monsieur l'ambassadeur, deux questions précises à vous poser. La première, certains se posent la question de quelles seront les ambitions de Vladimir Poutine si d'aventure il obtenait gain de cause en Ukraine. Les pays baltes, certains ont peur de ce que pourrait faire Vladimir Poutine. La Roumanie, la Moldavie, est-ce que ces pays sont les prochains à être envahis par Vladimir Poutine ? Est-ce qu'ils sont les prochains sur la liste ?
C'est une ineptie absolue.
La Russie ne menace personne. Elle ne l'a jamais fait.
La Russie n'a pas l'intention
d'envahir qui que ce soit.
La crise en Ukraine est avant tout liée au fait
que les droits
des populations russophones
ont été piétinés. Ce sont des populations qui ont toujours vécu sur leur sol historique. Grâce à la Russie, les accords de Minsk ont été conclus et conformément aux accords de Minsk,
le Donbass qui fait aujourd'hui
partie de la fédération de Russie
devait rester comme faisant
partie de l'Ukraine
avec des droits de l'armes sur ces territoires.
Et la France et l'Allemagne
ne pas respecter leurs propres obligations. Il n'y aura jamais d'invasion de la Moldavie, de la Transnistrie qui est une région moldave, de la Roumanie. Il n'y aura jamais d'invasion russe dans ces pays.
Non, non.
Une toute dernière question, M. l'ambassadeur. Nous espérons que la Roumanie
ne va pas envahir la Moldavie non plus.
Je ne crois pas que ça fasse partie des plans du futur président ou de la future présidente roumaine. Une dernière question, M. l'ambassadeur. Oui, ça ne fait pas partie de nos plans non plus. Et c'est pour ça que j'ai posé la question. Une toute dernière question. On a entendu le président américain, Donald Trump, qualifier il y a quelques jours, même si ensuite il était revenu sur ces mots, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien de dictateur sans élection. Et certains ont répondu, observateurs internationaux. Le vrai dictateur, c'est Vladimir Poutine. C'est un dictateur, Vladimir Poutine ? Non,
Poutine n'est pas un dictateur. C'est une personne
qui a été élue
et réélue par la voie démocratique par son peuple.
avec un grand nombre
d'observateurs étrangers.
En ce qui concerne
les évaluations que M. Trump
a données
à Zelensky, oui, je partage cette caractéristique.
Donc, quand on enferme des opposants politiques qui sont parfois assassinés, qui n'y a ni liberté d'expression ni liberté de la presse, qu'un dirigeant est au pouvoir depuis 25 ans, c'est quoi ? C'est une démocratie ?
Ce sont deux choses différentes. Vous savez,
Angela Merkel, elle a été chancelière
de l'Allemagne. Là, je ne vous donnerai pas la date exacte, mais pendant 17 ans.
Le président Poutine, à chaque fois, a été réélu dans le cadre de l'élection. légitime.
Avec des opposants politiques qui étaient le plus souvent disqualifiés des élections, voire enfermés dans les prisons.
Les opposants politiques ont toujours
participé aux élections.
Il y avait toujours des alternatives, vous savez. Il y avait toujours d'autres candidats. vous parlez de la liberté
de la presse,
mais quelle est la situation
des journalistes
en France aujourd'hui ? rachat today France
a été fermée tout simplement.
Pourquoi ? Quelle est la raison ? Depuis 2017,
nos journalistes ne sont pas admis aux conférences de presse à l'Elysée, au Quai d'Orsay.
Russia Today était des agents d'influence du régime russe. Les journalistes français,
par contre, fréquentent le ministère russe.
qu'il exerçait de la manière la plus déontologique ou libre possible ?
Mais quelle ingérence ?
Non, je pense qu'en fait, c'est encore,
c'est du mépris à l'égard du peuple français de lui dire qu'il y a quelqu'un qui est capable d'exercer cette ingérence et que le peuple français doit suivre pour ceux qui en gèrent. La nation française est quand même une grande nation en citoyen français avec toute l'histoire de la révolution française et tout. N'est-il pas capable d'avoir sa propre lecture, sa propre vision des informations qu'il reçoit ? Il s'agit d'avoir la globalité des informations. Si vous regardez aujourd'hui la télé à la télé russe, le spectateur russe a accès à toutes les informations qui sont les vôtres que vous diffusez. Après, oui, on peut donner des commentaires.
Mais en tout cas, on peut avoir accès à la source. Tandis que le spectateur français n'a pas cette possibilité. Il n'a pas le moyen d'écouter
le point de vue russe. Donc voilà,
poser la question sur la démocratie,
c'est pas si simple que ça. M. l'ambassadeur, en tout cas, ces sujets-là ont été abordés avec une liberté et là encore, ceux qui nous regardent ce soir se feront un avis parfois sur les parallèles qui sont faits entre nos deux pays. Merci en tout cas d'avoir accepté de répondre aux questions de BFM TV ce soir et tout le monde veut savoir. Merci. Pour moi,
c'était un grand plaisir de faire partie de votre émission. Merci.