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interviewBFMTV· 17 septembre 2025 42 min

18 septembre, dette française, Sébastien Lecornu... L'interview en intégralité de Sandrine Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Sandrine Rousseau

Non mais évidemment que j'irai manifester, évidemment que j'irai soutenir les manifestants. Je suis très très surprise, enfin surprise et pas en fait, de l'ampleur de la mobilisation qui s'annonce. Tous les syndicats disent que c'est une journée qui s'annonce historique. Et évidemment je serai avec les salariés qui seront dans la rue, bien sûr. Et avec en plus force et solidarité et joie.

0:21
Présentateur

Qu'est-ce que vous attendez de cette manifestation ?

0:23
Sandrine Rousseau

Mais que la révolte qui est en cours dans le pays s'exprime. Elle s'exprime parce qu'aujourd'hui elle est tue, elle est effacée, elle est étouffée de mille et une manières. Et d'ailleurs on le voit dans la manière dont on traite cette manifestation qui n'est abordée que sous l'angle des débordements qu'elle pourrait générer. Alors que ce que veulent exprimer les gens qui sont dans la rue, vous savez, perdre une journée de salaire aujourd'hui, compte tenu des difficultés dans lesquelles se retrouvent énormément de salariés, c'est pas un petit sacrifice. Et s'ils le font, c'est pour dire véritablement qu'ils tiennent absolument au service public dont ils ont la charge.

Enfin moi, je pense qu'il y a un sujet qui est le service public, je m'arrête juste après. Mais là il va y avoir beaucoup de salariés du service public qui vont aller dans la rue.

1:06
Invité

C'est ce que j'allais vous dire, vous parlez de révolte, c'est la révolte du service public et des fonctionnaires qui le plus souvent sont dans ces manifestations inter-salitales.

1:15
Sandrine Rousseau

Alors pas que déjà, pas que. Et ensuite sur le service public, moi je voudrais en dire deux mots parce que le service public, les gens ont accepté des conditions de salaire qui étaient plus faibles que dans le privé pendant bien longtemps. Et au nom de quoi ? Au nom d'un sens du service public. C'est-à-dire que la mission, le travail qu'il faisait avait un sens et il participait à un projet national. Et en fait aujourd'hui, on le voit avec les enseignants, la moitié des postes ouverts au concours d'enseignants ne trouvent même pas de candidats, tellement ces métiers qui étaient pourtant enviés dans la population aujourd'hui sont tout à fait relégués.

Et en fait, il y a tellement plus de sens, on comprend tellement plus ce qu'on fait, le service est tellement dégradé que la mission de service public, qui était vraiment une mission extrêmement noble, qui était à dire que quel que soit le niveau social, quelle que soit l'origine, quel que soit le quartier dans lequel vivaient les personnes, eh bien elles avaient le droit à une éducation pour leurs enfants de très haute qualité. Ils avaient le droit à des soins à l'hôpital de très haute qualité. Tout ça est en train de s'effondrer littéralement. Et donc ces gens-là vont aller dire dans la rue qu'ils tiennent à ça, qu'ils tiennent à leur travail, qu'ils tiennent à leur sens du travail.

Et bravo à eux de le faire.

2:24
Invité

Est-ce que ça s'effondre aussi parce que pendant trop d'années, on n'a pas voulu réformer, que notamment la gauche s'est opposée à beaucoup de réformes pour améliorer aussi la situation de l'organisation de l'hôpital ? Ou lorsque parfois elle a été au pouvoir, elle a plutôt renforcé la suradministration des hôpitaux ? Parce que vous dites les soignants qui se plaignent beaucoup. C'est vrai qu'ils se plaignent beaucoup, mais ils se plaignent aussi beaucoup parce qu'il y a trop d'administration dans les hôpitaux.

2:50
Sandrine Rousseau

Oui, alors parlons de l'administration dans les hôpitaux, pas de problème. La tarification à l'acte, la T2A, a été mise en place par un gouvernement de droite. Oui, et donc en fait, ce n'est pas la gauche qui l'a fait. Et par ailleurs, je vais vous parler aussi de la psychiatrie, par exemple, dans l'hôpital public sur lequel j'ai fait une mission d'information avec Nicole Dubré-Echira. Et en fait, c'est un état absolument dramatique. Et aujourd'hui, la psychiatrie est largement déplacée vers le privé. Et aujourd'hui, les patients en psychiatrie qui sont accueillis par le privé génèrent les marges les plus importantes pour les cliniques privées.

Donc en fait, on a vraiment un décalage d'un service public utile à tous vers un service de profitabilité privée. Et en fait, c'est ça qu'on ne veut pas en France parce que c'est un choix radical qu'on a fait à la sortie de la guerre qui est un choix noble, qui est un choix vraiment qui nous fait honneur qui est de dire que oui, on met beaucoup de notre richesse en commun pour faire en sorte que chacun ait des droits équivalents quel que soit son niveau de richesse. Et en fait, c'est beau.

3:48
Invité

On a une impression de décalage entre la mobilisation et les débouchés politiques. Les débouchés politiques à gauche, j'entends. C'est-à-dire qu'on voit une gauche qui peine à tenir le mouvement et faire en sorte que ça ne parte pas dans tous les sens. C'est la même chose à la fête de l'Huma. Alors qu'à une époque, dans les années 70, en réalité, la gauche avait un véritable service d'ordre, avait un mouvement, avait un encadrement qui était beaucoup plus fort. On sent aujourd'hui... Vous pouvez rire un... Ah bah oui, oui, je ris, oui. Je vais vous abondrer, mais je ris, oui. Très bien, tant mieux. Pour suivre, Rachel.

Ensuite, on a l'impression aussi d'un manque de débouchés politiques, c'est-à-dire avec une gauche qui finalement, et je ne dois pas être la première à vous l'avoir dit, qui finalement investit le sujet sociétal et très peu la question sociale aujourd'hui et qui en plus, et qui en plus, je vais terminer de vous faire rire là-dessus, n'a pas un programme commun et ne se montre pas unie aujourd'hui. Et on a du mal à voir quel débouché politique, justement, de ce type de mobilisation, autre que les images peut-être de casques que l'on va voir. Est-ce que vous l'entendez ? Est-ce que...

Je vois que vous ne le prenez pas au sérieux, et c'est tout à fait votre droit, mais est-ce que vous n'avez pas l'impression parfois qu'il y a quelque chose de presque stérile,

5:02
Sandrine Rousseau

qui n'accouche pas d'un véritable débouché ? Ce qui est bien, c'est que vous enfilez les clichés comme les perles sur un collier, donc on va les prendre les uns après les autres. C'est pour ça que j'ai été en fait. C'est-à-dire qu'à la fête de l'Huma, il y a un service d'ordre, et qui est extrêmement efficace par ailleurs.

5:15
Invité

On a même dû changer l'adresse, vous savez très bien.

5:18
Sandrine Rousseau

Il y a un service d'ordre qui est parfaitement efficace, et j'en ai bénéficié d'ailleurs à la fête de l'Huma. Et je salue tous les bénévoles et toutes les personnes qui ont assuré cette fête de l'Huma. Non, mais la fête de l'Huma, il y avait plus de 660 000 personnes qui y ont participé, c'est un record historique. Et tout s'est extrêmement bien passé. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose sur le fait qu'il va y avoir des violences, c'est à peu près à chaque fois le même refrain avant chaque manifestation. Et j'entendais ça de manière continuelle et en boucle avant le 10 septembre. Il ne s'est rien passé.

La seule chose qui a eu lieu, c'est une espèce d'incendie le long d'un mur d'un restaurant qui a été une image fixe sur votre chaîne pendant à peu près deux heures, puisque je l'ai moi-même vue. Et qu'à partir du moment où la procureure d'Île-de-France a dit que c'était les policiers qui, par une grenade lacrymogène, avaient mis le feu, ça s'est arrêté. Ça s'est arrêté. Oui, je suis allée les voir. Je suis allée voir les gens. Oui, et aucune mise en examen aujourd'hui. Aucun défermant devant le tribunal. Donc en fait, oui, il y a des gardes à vue pour parler dans les journaux. Il n'y a aucun défermant en comparution immédiate. Il n'y a pas d'abri du jour. Vous tirez, Marc-Poîtier.

Et par ailleurs, sur le nouveau front populaire, et par ailleurs, sur le projet, vous disiez que nous n'avions pas de projet commun de la gauche. Il y a un projet, ça s'appelle le nouveau front populaire. Vous oubliez bien qu'à la France. Non, ce que je veux dire, c'est que... Non, mais non, non.

6:48
Invité

Ils sont des solidaristes.

6:49
Sandrine Rousseau

Mais non, ils ne se sont pas désolidarisés du programme du nouveau front populaire.

6:52
Invité

J'ai pas eu l'impression que les socialistes et les filles marchent du même pas.

6:55
Sandrine Rousseau

Alors, les socialistes ont fait un contre-projet, mais le nouveau front populaire... Non, mais le nouveau... Oui, mais enfin, là, ils vont discuter avec le Premier ministre. Vous avez entendu ce qu'ils ont dit à la sortie. C'est qu'en fait, ils n'avaient rien à dire. Donc voilà, moi, je pense qu'il y a des stratégies différentes.

7:09
Invité

Il ne peut pas y avoir de majorité de gouvernement avec les filles, pour les socialistes.

7:14
Sandrine Rousseau

Enfin, il a surtout dit que pour l'instant, il n'y en avait pas avec le cornu. Donc voilà, vous entendez ce que vous voulez. Moi, j'entends que... Donc vous, vous croyez encore à l'unité... Mais ce sera obligatoire, en plus, il y a une dissolution. Mais ce sera obligatoire. S'il y a une dissolution, en plus, il y aura forcément une union.

7:27
Invité

Non, ce que je veux dire simplement, c'est que, on va pas rentrer dans la polémique, mais on a l'impression qu'il n'y a pas assez de dépenses publiques en France, qu'il n'y a pas assez d'impôts. Alors que nous sommes numéro un du monde des dépenses publiques par rapport à notre richesse. Il n'y a pas un pays qui fait plus que nous. On est d'accord, c'est les chiffres du FMI, de l'OC2. Donc il faut arrêter de dire qu'il n'y a pas assez de dépenses publiques. Le problème, c'est que les dépenses publiques, elles sont là, mais elles sont mal utilisées. Effectivement, ce qui a le plus augmenté ces dernières années, ce sont les dépenses... C'est les aides aux entreprises. Non, pas du tout.

Ce sont les dépenses de fonctionnement. C'est très bien que ce chiffre est faux, parce que les 220 milliards d'euros, ils sont complètement fous, parce que dedans, on met les aides, par exemple, à la SNCF, qui n'est pas une entreprise privée, vous voyez. On met également les aides pour les stages qui vont, évidemment... Crédit d'importance. Donc, crédit d'importance, etc. Oui, niche fiscale dénoncée par la Cour des comptes. Non, mais c'est ça, le problème, c'est que...

8:08
Sandrine Rousseau

Mais si, niche fiscale dénoncée par la Cour des comptes, absolument.

8:10
Invité

Il faut regarder les chiffres d'un point de vue global, on peut venir avec l'économique, nous sommes numéro un du monde des dépenses, ce sont les dépenses de fonctionnement, justement. 100 milliards d'euros d'augmentation depuis 2021. Moi qui le dis, c'est l'initier. Et donc, à partir de là, c'est effectivement tout un changement de paradigme qu'il faut faire. Donc, dire qu'on va augmenter bêtement la dépense publique, on sait très bien que ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas. Donc, le problème est là, c'est que... Dans le même temps, si vous augmentez les impôts, on l'a dit tout à l'heure, vous allez casser l'activité économique.

Donc, c'est ça, vous n'avez pas de vrai programme économique. Ah si, si.

8:41
Présentateur

Alors, attendez, attendez, s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît.

8:43
Invité

Oui, alors allez-y, Jean-Marc Chilesse, mais après, je voudrais qu'on revienne sur demain spécifiquement. Vous êtes économiste, hein. Tout à fait. Vous êtes de formation économique.

8:50
Sandrine Rousseau

Ah ben, j'ai un doctorat d'économie, oui.

8:53
Invité

55% des dépenses publiques et sociales représentent du PIB. Les dépenses sociales et privées dont parle... 57, 57. 57, bon, enfin, c'est 57. 57%, ça veut dire que plus de la moitié de la population vivent sur des revenus de redistribution par l'État.

9:13
Sandrine Rousseau

C'est un choix que nous avons fait.

9:15
Invité

Ça veut dire que un type normalement constitué, il a presque plus intérêt à essayer d'avoir des recettes de l'État que des recettes de la création de richesses.

9:25
Sandrine Rousseau

Mais c'est incroyable. C'est ça, l'économie. C'est incroyable ce qu'on dit. Non, parce que, contrairement à bien d'autres pays dans le monde, vous n'avez pas à vous inquiéter que vos enfants fassent des études supérieures parce que vous n'avez pas à payer les études supérieures, vous n'avez pas à payer l'école ni le collège.

Non, mais vous n'avez pas à payer l'hôpital quand vous êtes malade et vous n'avez pas peur des soins qu'on va vous prodiguer, précisément parce que nous avons fait ce choix à la fois radical et encore une fois, qui est l'honneur de la France, qui sont les valeurs de la France, qui est de dire que quel que soit votre niveau économique, social, tout ce que vous voulez, vous pouvez entrer dans un hôpital et vous aurez les mêmes soins, de la même qualité, avec des plateaux techniques. Avec des plateaux techniques. On peut le faire avec moins de 57% du PIB, on peut le faire avec un niveau. Mais dans ce cas-là, touchons les 200 milliards de l'entreprise.

10:14
Invité

Il faut toucher à tout, mais encore une fois, ce n'est pas 220 milliards. Je vais vous donner mon propre exemple. Moi, je viens de citer HLM d'Orly. Moi, je viens de tout en bas, vous comprenez ? Moi, les difficultés, je les ai vraiment connues. Ce n'est pas de la théorie, vous comprenez ? Donc, à partir de là, quand moi, j'étais dans une cité HLM, mon seul but, entre guillemets, dans la vie, c'était de m'en sortir. Ce n'était pas de tout casser. Oui, vous avez bénéficié d'un HLM grâce à l'impôt. Alors, justement, vous avez bénéficié d'un école publique, vous avez bénéficié d'associations Jean-Marc-Foîtier.

À partir de ce moment-là, à cette époque-là, il y avait 48% de dépenses publiques par rapport au PIB. Et j'ai réussi à m'en sortir. Aujourd'hui, j'ai eu de la chance, mais j'ai réussi à m'en sortir grâce à mes parents. Mais globalement, il y a l'État aussi. Mais tu n'es pas sûr, j'avais une bourse, tout à fait, j'avais une bourse. Et effectivement, c'est pour ça qu'il faut remercier l'État français. Ce que j'ai parlé de cette époque, il y avait 48% du PIB de dépenses publiques. Aujourd'hui, on est à 57%. Or, dans les cités HLM où je suis issu, quel est le taux de chômage aujourd'hui des moins de 25 ans ? 60%.

Quelle est la chance, quelle est la probabilité de s'en sortir dans les cités HLM aujourd'hui ? Donc, c'est la preuve que vous avez augmenté votre dépense publique, mais ça n'a pas fonctionné. Donc, moi, je suis pour la dépense publique.

11:19
Sandrine Rousseau

Mais précisément parce qu'on ne l'a pas orienté vers les quartiers qui n'ont pas bénéficié à la hauteur des enjeux de l'ANRU, etc. Il y a eu l'ANRU et il n'y a pas eu derrière. Et on l'a vu d'ailleurs avec Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo que vous receviez sur ce plateau, ou à un autre horaire, je ne me souviens pas, récemment. Et qui disait que, en fait, cette espèce d'abandon de l'État génère aussi une forme de ressentiment. C'est ça le problème. – Oui, très bien, mais quand j'entends, par exemple, Jean-Marc Sylvain, pas tout semble dire que le crédit impôt recherche, il est absolument indispensable.

La Cour des comptes a fait plusieurs rapports, pas un seul, plusieurs, pour dire que c'était une niche fiscale et qu'une partie était totalement inefficace. Donc, c'est cela qu'il nous faut regarder en face. Et par ailleurs, quand j'entends sur la taxe du Kman, que ce serait du communisme. – Ça, c'est le patron de la BPI qui l'a dit sur notre chaîne ce matin. – On parle de 2% d'imposition. Je rappelle que si le SMIC avait suivi le niveau de progression des revenus des personnes les plus riches, aujourd'hui, le SMIC serait à peu près à 10 000 euros. Donc, on va se calmer. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a eu un enrichissement éhonté des plus riches.

Il est normal qu'il redonne une partie de cette richesse qui vient d'une forme de service public, etc., à la société.

12:37
Présentateur

– On va parler des pistes pour faire des économies. Et la taxe du Kman est évidemment sur la table, alors qu'il y a ces négociations à Matignon. Mais juste avant, parce qu'il y a quand même le 18 septembre demain, les Français qui nous regardent se demandent un petit peu comment ça va se passer. Quels sont les blocages prévus, Samy ? Quels sont les dispositifs déployés pour ce 18 septembre ? – Factuellement, c'est vrai qu'on peut le dire. Ça sera une mobilisation considérable, puisque les autorités parlent de 800 000 personnes. La mobilisation dans la fonction publique est également extrêmement importante. – Regardez le mouvement du 18 septembre.

À part sur les lignes automatiques 1 et 14 et également la 4, le trafic sera fortement perturbé, parce que les chauffeurs en tout cas sont très mobilisés. Sur le RER également, le trafic sera perturbé. Du côté du TGV, ça se passera plutôt bien si vous partez. En tout cas, 90% du trafic sera assuré. Un train sur deux, un intercité sur deux, 3 TER sur 5. Le RER, je le disais, sera très perturbé. Dans l'éducation nationale, les professeurs sont également très mobilisés. 90 écoles qui seront fermées sur 626 à Paris. 45% en tout cas de taux de grévistes à Paris et 33% à l'échelle nationale.

Donc beaucoup d'entreprises se sont organisées pour du télétravail, pour pouvoir garder d'ailleurs les enfants. Et le dispositif de sécurité, on en parlait tout à l'heure, il va être exceptionnel. 80 000 policiers et gendarmes vont être mobilisés demain avec 10 canons à eux. Vous savez, ces fameux véhicules, les Centaures, on va y revenir dans un instant, qui vont être également déployés dans la capitale. On va voir à quoi ça ressemble un Centaure. C'est un peu l'équipement de pointe de la gendarmerie. Ce sont ces blindés-là qui sont équipés de visions nocturnes, de lanceurs de gaz lacrymogènes et qui vont être répartis à Paris, mais également en province.

Alors, ce qui est intéressant, c'est que 90 Centaures ont été commandés. Ça représente quand même, je le notais, 67 millions d'euros, 740 000 euros pièce. Et alors, vous parliez de la Cour des Comptes tout à l'heure, Sandrine Rousseau. La Cour des Comptes, qui l'année dernière a estimé avoir de forts doutes sur l'adéquation de la flotte de Centaures à l'usage réel qui en serait fait. Un achat, je cite, dans l'urgence du plan de relance, avec une spécification rapide et incomplète. Ça, c'est la Cour des Comptes qui l'a dit l'année dernière. Laurent Nunez, le préfet de police de Paris, se dit très inquiet de la présence de perturbateurs dans la capitale et ailleurs.

Ils sont estimés à 1 000 à Paris, 8 000 en province. Est-ce que vous partagez quand même cette inquiétude que ça ne dégénère demain ?

15:13
Sandrine Rousseau

Mais on avait déjà ces discours-là sur le 10 septembre et ça n'a pas dégénéré. Moi, ce que je voudrais juste dire aux manifestants de demain... Et je suis sûre qu'ils seront dans le même état d'esprit. C'est que le mouvement social gagnera par le fait qu'il soit puissant, fort et solidaire, mais pas violent. Et en fait, je le dis aux personnes qui manifestent. Et je suis sûre que c'est l'état d'esprit dans lequel tous et toutes vont aller manifester.

15:37
Invité

Mais quel est l'objectif de cette inter-syndique ? Quel est l'objectif de cette journée de manifestation ? On ne voit pas très bien... Mais vous savez, est-ce que vous connaissez les chiffres de la souffrance au travail ?

15:50
Sandrine Rousseau

Est-ce que vous connaissez les chiffres de la souffrance au travail, par exemple ? Il y a une personne sur deux...

15:56
Invité

Je ne sais pas si demain, c'est l'objectif, c'est la fin de la souffrance au travail.

16:00
Sandrine Rousseau

Il y a une personne sur deux qui pense à démissionner. Il y a une personne sur quatre qui se dit en souffrance aiguë au travail. On n'a jamais eu autant d'arrêts pour des problèmes de souffrance au travail, de dépression, de burn-out. Et en fait, là, ce que veulent dire les gens qui vont aller dans la rue, mais j'imagine que vous allez les interroger demain, c'est que ce monde qui les oblige à travailler plus... Parce que je rappelle quand même que François Bayrou est entré dans la discussion avec deux jours fériés sur le primet. Oui, très bien. Enfin, c'était la première mesure qu'il annonçait.

Alors qu'on parle de communisme quand on parle de la taxe Zuckmann, là, on oblige les gens à travailler plus sans un euro de salaire supplémentaire. Et en fait, là, ces gens qui se donnent, qui donnent leur vie dans ce travail, qui souvent sont très attachés... qui sont très attachés, qui très souvent se sentent très attachés à ce travail, qui, encore une fois, cherchent le sens de ce travail, eh bien, vont aller dire dans la rue qu'après la réforme des retraites, par exemple, eh bien, ils veulent des conditions de travail meilleures, des conditions de salaire meilleures, et ils veulent juste vivre dignement.

Et d'ailleurs, je n'ai pas répondu à une des perles de votre collier de tout à l'heure, qui était de dire... Vous pouvez être un peu plus agréable, hein, si c'est pas impossible. Vous aussi, vous en enchaînez.

17:16
Invité

Tu vois, je suis en train de gagner des points de pénibilité de travail, hein, avec vous. Mais ce soir, vous les enchaînez, Mme Rousseau. Franchement...

17:21
Sandrine Rousseau

Dites-moi lesquels ? Dites-moi lesquels, en fait.

17:23
Invité

Mais tout ce que vous dites, là, vous savez que les téléspectateurs qui travaillent dans le privé, ils doivent se dire, mais elle vit où, Mme Rousseau ?

17:28
Sandrine Rousseau

Les personnes qui travaillent dans le privé, ils ont des problèmes de salaire, des problèmes de burn-out, ils ont des problèmes de... Mais bien sûr, mais bien sûr, ils ont des problèmes de salaire. C'est très aigus, et en fait, je suis sûre qu'ils me comprennent extrêmement bien. Et bien absolument que si, puisqu'on a dit... Mais bien sûr que si, puisqu'on proposait l'augmentation des salaires. On est les seuls à proposer ça, par exemple. Et en fait, je me sens bien que...

17:47
Présentateur

Comment est-ce que vous augmentez les salaires ? Comment vous le financez ?

17:54
Sandrine Rousseau

Mais il y a eu des propositions sur la table qui étaient d'augmenter le niveau du SMIC et de faire en sorte qu'il n'y ait pas de palier aussi important qu'il y a actuellement sur la baisse des cotisations sociales. et des exonérations de cotisations sociales. On avait proposé de faire un fonds de solidarité pour les petites entreprises qui n'arriveraient pas à augmenter les salaires. On a proposé aussi de soutenir les PME, de soutenir les commerçants, de soutenir les PME, précisément parce qu'il nous faut la taxe Zuckmann et d'autres manières de le faire. Mais évidemment, mais comment vous...

18:28
Invité

Vous allez faire récupérer grand-chose. Mais non, mais vous êtes dans le monde irréel, vous êtes dans un rêve.

18:33
Sandrine Rousseau

Mais vous, vous êtes dans le monde où... Vous disiez tout à l'heure que l'ère gauche ne s'intéressait qu'aux questions sociétales. Une des plus grosses mobilisations qu'il y a eu ces derniers temps, c'était sur la retraite. Et nous avons absolument mené une bataille, mais gigantesque, dans l'hémicycle sur les retraites. Nous n'oublions jamais les salariés. Moi, j'étais à Saint-Avold qui était la centrale à charbon la semaine dernière, où les salariés ne savent pas du tout de quoi demain sera fait, où il manque de stratégie d'État, où il manque de vision d'État à 5, 10, 15, 20 ans. Je suis d'accord.

19:12
Invité

Moi, j'étais écologiste, vous n'allez pas favoriser le charbon.

19:16
Sandrine Rousseau

Non, mais par contre, je me soucie de la situation des salariés. Mais à un moment, faites ce que vous ne voulez pas, c'est que la France puisse avoir un programme de gauche. Moi, je vous dis, l'Espagne en a un. Ils ont augmenté le nombre de salariés en Syrie. S'il vous plaît, s'il vous plaît, est-ce qu'on peut les baisser d'un ton ? Ils ont augmenté le nombre de CDI, ils ont augmenté les salaires, ils ont diminué leur déficit, ils ont une croissance économique qui est bien supérieure à la mienne, à celle de la France. Et pour autant, je ne suis pas pour la croissance. Mais regardez ce que ça fait, en fait, un programme de gauche. Pourquoi les ouvriers ne votent pas pour vous ?

Regardez le mieux que ça fait sur la vie des gens. Et moi, j'entends que la préservation du capital est première dans votre raisonnement. Je vous dis, moi, je me battrai toujours pour que la vie des gens soit première sur tout taux de rentabilité. Et en fait, c'est cela, demain, qui va se discuter dans la rue.

20:11
Présentateur

Sauf que les Français qui nous regardent sont aussi conscients de l'urgence de la situation financière française. On a Nadine qui nous écoute. Si demain, Mme Rousseau arrivait au pouvoir,

20:23
Sandrine Rousseau

que ferait-elle pour réduire le déficit ? Alors déjà, on n'a pas besoin de le réduire de 44 milliards comme le proposait François Bayrou. Parce que l'Union Européenne nous impose 15 milliards.

20:34
Présentateur

Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque Centrale Européenne qui était juste à côté de vous il y a un instant, disait que l'ampleur de l'effort, c'était bien ça. C'était au moins de 44 milliards d'euros d'économie.

20:43
Invité

C'est 120 milliards sur 5 ans.

20:44
Présentateur

L'Europe nous impose 15 milliards.

20:46
Invité

120 milliards sur 5 ans. Mais l'Europe nous impose rien. C'est nous qui devons réduire notre déficit pour nos enfants. Pour éviter qu'on laisse des rapages permanents, cette dette publique qui nous coûte, comme vous le savez, on va payer l'année prochaine 70 milliards d'euros de charges d'intérêt de la dette. Bientôt 100 milliards d'euros. Complètement fichés en l'air. Vous voyez, c'est de la dépense publique qui est donnée effectivement, voilà, et qui est jetée par le sonnet, qui pourrait faire des hôpitaux, qui pourrait faire effectivement du social. Malheureusement, vous et vos collègues, vous avez dit, ben non, la dette, on s'en fiche, ça ne coûte rien, etc.

Mais oui, ça nous coûte extrêmement cher. Donc c'est ça que demandent les Français. Mais déjà, personne n'a dit qu'on s'en fichait. C'est de la crédibilité. Il y avait votre collègue dernièrement, M. Corkel, qui était à votre place, qui disait ça. Mais bon, toujours dit que, mais il n'y a pas que lui. Aujourd'hui, le vrai enjeu, il est qu'il faut redonner un horizon aux Français. Il faut redonner de l'espoir. Aujourd'hui, moi, je le vois tous les jours, que ce soit les chefs d'entreprise ou les particuliers, on leur dit, voilà, on va complètement bloquer la France. Alors c'est vrai qu'il y a une responsabilité de la part de M. Macron. Ça, j'en suis tout à fait conscient.

Et donc, il faudra complètement réformer cette France. Mais en simplement, en proposant d'augmenter les impôts, alors que nous sommes numéro un du monde des impôts, d'augmenter encore les dépenses publiques, alors que nous sommes numéro un du monde des dépenses publiques, ce ne sont pas les solutions. Et quand on vous dit comment vous financez, oui, on va trouver l'argent quelque part. Donc c'est ça, il faut être cohérent. Donc c'est ça, le vrai enjeu. C'est qu'il faut aujourd'hui être crédible. Et je vous rappelle qu'aujourd'hui, la France est le seul pays de la zone euro qui augmente son déficit public. Et c'est le seul pays qui perd en crédibilité.

C'est-à-dire qu'on améliore les notes des autres pays européens, et nous, évidemment, on est en train de se dégrader, de tomber. Donc si vous arrivez au pouvoir, ça ira beaucoup plus grave, beaucoup plus loin, bien entendu.

22:21
Sandrine Rousseau

Sambri de Rousseau. Donc, aujourd'hui, la charge de la dette dans le budget de l'État, c'est 2% du PIB. Non, c'est 3, ça c'est l'année dernière. C'est 2% du PIB. Non, c'est pas 3%, c'est 2% du PIB. C'est l'année dernière, on a avancé. En Italie, c'est 4%. En Espagne, c'est 3%. La plupart du temps en France, le poids du remboursement de la dette a été, pendant bien des années, autour de 3-4%. Donc en fait, ça n'est pas vrai. Donc ça n'est pas vrai qu'on est dans une situation historiquement dramatique. En 2007, François Fillon disait, avec des trémolos dans la voix, qu'il était à la tête d'un État en faillite. À ce que je sache, nous n'avons pas fait faillite depuis 2007.

Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'il y a un sujet autour de l'accumulation de la dette, dont je rappelle que 1 000 milliards de cette dette a été créée sous le mandat d'Emmanuel Macron. Et quand je dis 1 000 milliards, je suis en dessous de la réalité.

23:14
Invité

Vous étiez parmi les premiers à réclamer des aides après la fin du Covid. Vous n'avez jamais empêché de voter.

23:22
Sandrine Rousseau

1 000 milliards d'augmentation de la dette, qui est en dessous de la réalité, puisque j'ai retiré de ce chiffre-là le montant de la dette liée au Covid, qui est de 280 milliards, 110 en direct, 280 milliards en indirect. De sorte que les 1 000 milliards, c'est vraiment le résultat de la politique d'Emmanuel Macron depuis 2017. Il est absolument incroyable qu'on ne lui demande aucun compte sur ce chiffre qui est aucun gouvernement, aucun président de la République n'a augmenté dans cette proportion la dette publique.

Donc permettez quand même que je le pose, puisque ça permet de penser que la politique libérale qui est menée par Emmanuel Macron ne permet pas en tous les cas de rétablir les comptes. Donc oui, il faut s'intéresser à la dette. Aujourd'hui, je rappelle que la dette de l'État est d'à peu près 110% du PIB, mais que la dette des entreprises et des ménages, elle, est de 135% du PIB. Et donc oui, il y a quelque chose à faire.

Je proposais par exemple, pour améliorer, pour détendre la contrainte sur la dette, de faire en sorte que l'épargne des Français puisse, qu'on puisse ouvrir une souscription pour que les Français qui ont un taux d'épargne parmi les plus élevés au monde puissent souscrire de la dette française, de sorte que, comme au Japon, qui a près de 240% de son PIB en dette, comme ce sont les Japonais qui détiennent la dette, il y a moins de pression des marchés financiers. Quand j'ai dit ça, Marine Le Pen a fait un tweet pour expliquer combien j'étais absolument stupide. Je vous le dis, aujourd'hui, ça fait partie des propositions qui sont sur la table par la banque centrale.

Je vous remercie de le dire.

25:05
Invité

Je vous assure, mais ils peuvent le faire aujourd'hui.

25:09
Sandrine Rousseau

Baladur, quand il l'a fait, a réussi à lever 40 milliards d'euros.

25:16
Présentateur

Attendez, arrêtons-nous là-dessus pour qu'on comprenne bien. Ils peuvent déjà le faire, c'est ce que vous dites ?

25:20
Invité

Ils peuvent le faire, ils peuvent déjà investir l'argent là où ils veulent. Ils ont plein de banques qui peuvent leur offrir des choses aussi intéressantes que la caisse d'épargne. Ça s'appelle ? Ben oui. Et alors, vous voulez changer le nom ? Non.

25:32
Sandrine Rousseau

Edouard Baladur a fait une souscription.

25:35
Invité

Non, mais ça, c'était un emprunt d'État.

25:36
Sandrine Rousseau

C'était un emprunt d'État, absolument.

25:37
Invité

Oui, mais c'était le seul réussi dans l'histoire, parce que celui de Giscard avant a été un fiasco terrible.

25:42
Sandrine Rousseau

Il s'était donné comme objectif 10 milliards d'euros, il en a levé 40.

25:48
Invité

Et le prix auquel il les a remboursés, vous le connaissez. Il a tiré les capitaux avec un taux d'intérêt supérieur. Si vous demandez un taux d'intérêt supérieur, ça va nous coûter cher à l'État, encore une fois. Donc comment vous financer les fonds ? Non, mais on n'est pas justement... Donc ce qui est dangereux, c'est qu'après, on arrive à la scolation.

26:01
Présentateur

Vous avez totalement raison.

26:01
Sandrine Rousseau

Vous n'avez pas tous en même temps, s'il vous plaît. S'il vous plaît, autour de la table, on peut discipliner. Non, mais quel que soit le truc que je propose, en fait, à la fin, c'est... Non, mais on a aimé... Là, vous venez quand même de dire que c'était intelligent de vous remercier.

26:11
Invité

Non, mais oui, parce que c'est un truc qu'il faut sortir. Mais il y a un problème de confiance globale. Vous n'allez pas recrutir Jean-Marc Sylvestre dans vos rangs, c'est bon.

26:21
Sandrine Rousseau

Alors, c'est l'honneur. Je le dis juste pour moins dépendre de la note des agences internationales. Il y a un moyen, c'est notamment de faire des souscriptions publiques qui permettraient de lever largement, de quoi desserrer la contrainte et de quoi amortir les dépenses de la dette.

26:38
Présentateur

Sébastien Lecornu, qui, après avoir rencontré le PS aujourd'hui à Matignon, s'est dit prêt à travailler sur la justice fiscale. Mais il veut faire attention, je cite, au patrimoine professionnel visé par cette taxe. On parle donc de la taxe Zuckmann 2% sur les hauts patrimoines. Ça concernerait environ 1 800 foyers. Et je voulais vous refaire écouter. Visiblement, vous l'avez entendu, mais pour les téléspectateurs qui nous rejoignent, Nicolas Dufourc, le patron de la BPI, la Banque Publique d'Investissement, qui n'est absolument pas d'accord. Et c'est un euphémisme avec cette piste évoquée par la gauche, notamment. On l'écoute.

27:15
Invité

C'est délirant. C'est communiste, en réalité. Et donc, d'où ça sort ? Comment est-ce qu'on peut encore sortir des énormités comme ça en France ? Et beaucoup de choses jouent dans cette affaire. Il y a évidemment la haine du risque, qui est soi-disant le nouveau noble. Alors qu'il faut quand même rappeler que François Pinault, il était fils de petit entrepreneur du bois. Vous lui piquez la totalité, à Bernard Arnault. Ça finance combien de mois d'assurance maladie ? Ça finance 10 mois. Une fois qu'on a financé 10 mois d'assurance maladie, il n'y a plus d'Arnault. C'est fini. On fait comment ?

27:43
Présentateur

Qu'est-ce que vous lui répondez à Nicolas Dufourc ?

27:46
Sandrine Rousseau

C'est incroyable de dire ça. Vraiment, c'est incroyable de dire ça. Depuis 2010, les sans-fortunes les plus riches ont vu leur richesse augmenter et multiplier par 6. Là, on parle d'une taxe à 2%. Sur le risque d'exil fiscal ? Mais l'exil fiscal a été mesuré. C'est-à-dire qu'il y a eu plusieurs épisodes en France d'augmentation des taxes sur les plus riches. Et à chaque fois, l'exil fiscal est de l'ordre de 0,3%, ce qui est vraiment minime en réalité. Et donc, il n'y a pas de risque majeur de riches qui prendraient leur valise et qui partiraient. Ça n'est pas vrai. Surtout qu'on pourrait très bien mettre en place ce qu'ont mis en place les États-Unis, par exemple, qui est l'exil taxe.

C'est-à-dire que même pour des personnes qui s'en vont, ils sont redevables de l'impôt en France pendant un certain nombre d'années. De sorte que le fait de partir n'est plus un avantage. Et puis c'est tout simple. Est-ce que c'est vraiment le cas ? Le risque est minime ?

28:41
Invité

Non, pas du tout. Parce que justement, il n'y a pas eu de taxe de cette ampleur. C'est pour ça qu'on n'a pas eu d'exode. Non, mais l'enjeu, encore une fois, c'est... C'est les perspectives. Ce que je veux dire, c'est que tous les pays du monde aujourd'hui ont fait l'inverse. C'est-à-dire que pour restaurer justement leur activité économique, ils ont réduit la pression fiscale. Mais c'est faux. Les Italiens... Mais non, c'est une réalité. Regardez les chiffres, encore une fois. C'est une réalité. Regardez les chiffres de ces deux et de la famille. Mais Biden a posé un impôt de 25%. C'est une réalité. C'est faux.

On a effectivement réduit, dans la plupart des pays qui s'en sortent aujourd'hui, on a réduit effectivement l'imposition et justement relancé... Regardez, l'Italie aujourd'hui, elle réduit de 30 milliards d'euros les impôts cette année. Parce que globalement, on se rend bien compte que, surtout nous, les Français, nous sommes déjà numéro 1 du monde des impôts. Donc si on augmente encore, moi je vous le dis très honnêtement, il y aura évidemment, non seulement un exode fiscal, pas un exit, un exode fiscal. C'est-à-dire qu'il y aura aujourd'hui, il n'y a pas que les riches. Parce qu'on sait très bien comment ça se termine. Au début, on dit, tiens, on va punir les riches.

On ne sait plus ce que c'est un riche. Il n'y en a pas beaucoup d'ailleurs, plus beaucoup en France. Et après, qui c'est qui reste ? La classe moyenne. Et c'est la classe moyenne qu'on va taper. C'est la classe moyenne, malheureusement, qui aujourd'hui paye lourd, cette pression fiscale. Parce que justement, on n'a pas les moyens de retenir, justement, ces fortunes. Ensuite, il y a les perspectives. Quand je termine, il y a les perspectives, effectivement, sur les entreprises. Comment vont-elles continuer, effectivement, à investir ici ? Parce que je vous rappelle que cette taxe, elle veut taxer le potentiel de gain. C'est-à-dire la valorisation des actions qui peut monter, évidemment.

On dit, vous êtes aussi riches. Mais si demain les actions baissent, là, vous avez perdu votre richesse. Mais là, on va taxer votre richesse que vous n'avez pas. Ce qui veut dire que vous allez devoir vendre vos actions. Et donc, à partir de là, en plus, si l'État... C'est ça, le terme communiste. C'est-à-dire que si l'État, effectivement, prend les actions à sa place, c'est une sorte de nationalisation déguisée. Donc, c'est du jamais-vu, bien entendu. Et moi, je dirais juste un dernier point qui m'inquiète. Parce que moi, je vais voir, justement, les Français, les entreprises et les particuliers dans toute la France.

Et ce qu'il me dit aujourd'hui, c'est qu'il y a un problème de consentement à l'impôt. C'est-à-dire que tous les Français sont prêts à payer l'impôt. On est tous, on paye des impôts ici, on est tous d'accord. Le problème, c'est qu'à partir d'un certain moment, on voit que l'impôt est mal utilisé. Là, il y a un problème de consentement à l'impôt. Et ça, c'est très grave. Parce que ce qui inspire confiance, justement, par rapport à la France, c'est le fait que la France, elle sait très bien lever l'impôt. Si demain, on a et un exote fiscal, et un problème de consentement à l'impôt, je ne vous dis pas la crise de confiance qu'on va avoir internationale également pour les Français.

30:53
Présentateur

Il y a ce sondage commandé par le PS qui est sorti. Et à la question, êtes-vous favorable pour instaurer la taxe Zuckman ? 86% des Français s'agissent favorables. Et 92% de renaissance.

31:05
Invité

Il y a eu tellement de marketing, si vous voulez, qui a été fait autour de cette taxe, etc. On a vu, on en a parlé, on l'a présenté. On ne dit pas ce qu'elle recoue vraiment. Je pense qu'elle est crédible. Donc évidemment, si on vous dit, voilà, moi je ne paye pas d'impôt, on va taxer plus celui qui paye des impôts. On a l'impression qu'ils n'ont jamais payé d'impôt. Effectivement, ils ont payé des impôts. Mais encore une fois, ce n'est pas le problème des riches, c'est le problème de l'entreprise. C'est-à-dire que là, on taxe le capital des entreprises et c'est là où ça devient dangereux. Parce que nous ne nous sommes pas que les entreprises créent également des emplois.

Donc moi, ce qui me gêne, pour terminer, ce qui me gêne, encore une fois, je rappelle toujours mes origines des sites HLM, parce que c'est important, ça marque votre vie, vous comprenez, encore aujourd'hui, on me le rappelle. Le vrai enjeu est là, c'est que ce qui me dérange dans ce discours-là, c'est que ça casse la cohésion sociale. Mais si, c'est vrai, on est en train de montrer du doigt à la CCE, c'est les méchants riches, les méchants du privé, etc., les méchants des entreprises, et c'est ça qui est dangereux. Il faut de la cohésion sociale aujourd'hui, il faut donner envie aux Français de s'en sortir, il faut leur donner un horizon, de s'élever, pas de tout casser.

Et ça, c'est la grande différence.

32:04
Sandrine Rousseau

Ce qui casse la cohésion sociale aujourd'hui, c'est les propositions de TVA Social, ce qui casse la cohésion sociale aujourd'hui... Je ne suis pas du gouvernement, moi, ils disent qu'il fallait augmenter la TVA, par exemple. Donc la TVA, c'est le pire impôt qu'il soit. Le pire, c'est l'impôt sur les plus pauvres. C'est vraiment ce qu'on a... Ça, ils étaient prêts à le faire. Par contre, 2%, 2% sur les 100 personnes les plus riches, ça, c'est pas possible. Et franchement, la taxe Zuckman a quand même été portée par deux personnes de mon groupe qui s'appellent Eva Sasse et Clémentine Autain. Je tiens à le dire parce qu'on a l'impression que cette taxe a été portée comme ça dans le débat.

Ça a été votée à l'Assemblée nationale en première instance. Ça n'a pas été votée au Sénat, mais ça a été votée à l'Assemblée nationale. De sorte que quand vous vous interrogiez pour savoir s'il y avait une possibilité de majorité, je vous conforte. Oui, il y a une possibilité de majorité puisque ça a déjà été...

32:53
Présentateur

Un dernier mot, Jean-Marc Silvestre. Il y a un témoignage intéressant qu'on voulait présenter. Oui, il y a un seul point,

32:57
Invité

c'est que la taxe Zuckman, elle ne sera pas payée par les gens parce qu'ils n'ont pas l'argent pour le faire. Tous ceux que j'ai vus, notamment tous les gens qui ont monté des startups parce que ce sont eux qui sont concernés, c'est-à-dire qu'ils sont à la pointe de l'innovation. Tous les gens disent, il y a à peu près 1 500 personnes. Et ces gens-là n'ont pas les quelques millions qu'on va leur demander pour payer la taxe Zuckman. Alors c'est pour ça qu'on veut les inviter à prendre des actions de l'État, à le vendre à l'État. Mais enfin, ce n'est pas la solution. S'ils les vendront à l'État, ils ne trouveront plus d'investisseurs privés et d'investisseurs étrangers pour le faire.

Donc vous serez, on sera coincés, mais ce n'est pas la première fois.

33:34
Sandrine Rousseau

Ce ne sont pas les startups qui sont les premières...

33:38
Invité

Non, ce sont les empires

33:40
Sandrine Rousseau

type LVMH, Bolloré, etc.

33:45
Invité

En 20 ans, LVMH n'existe plus.

33:47
Sandrine Rousseau

On met une taxe à 2%, mais arrêtez d'être ridicule. Franchement, on retourne au ridicule, on parle de 2%, 2% sur un patrimoine net, sur un patrimoine net, pas sur un patrimoine brut, c'est-à-dire sur un patrimoine dont on enlève les dettes, dont on enlève les dettes. Donc vraiment 2%.

34:07
Invité

Dans toutes les bases fiscales.

34:08
Sandrine Rousseau

Mais je vais vous dire, toutes les personnes qui payent des TVA à 20% et qui n'ont aucun moyen d'épargne, etc., elles doivent rigoler, là, en vous entendant vraiment, parce que c'est des taux d'imposition à 20%. Là, on parle de 2% pour des gens qui ont des revenus qui se comptent en millions d'euros. Ce ne sont pas les revenus que vous imposez. C'est le patrimoine. C'est le patrimoine, bien sûr que c'est le patrimoine. C'est donc un capital. Mais vous savez qu'aujourd'hui, les inégalités de patrimoine sont bien, bien plus importantes que les inégalités de revenus, de sorte qu'on ne peut pas laisser s'accumuler comme ça des inégalités de patrimoine.

Et quand vous parliez de cohésion sociale, la cohésion sociale, elle est aussi liée à un niveau d'inégalité qui ne peut pas exploser. Et on le voit aux États-Unis, d'ailleurs. Et donc, plus les riches s'envolent comme ça, plus la cohésion sociale est menacée. Donc, la taxe Zuckmann, c'est aussi une manière de ressouder...

34:59
Invité

Vous en mettez quand même le fait qu'ils créent beaucoup d'emplois. C'est riche, comme vous dites. Non mais encore une fois, moi, je ne veux pas parler des riches parce que tant mieux pour eux. Le problème, c'est la classe moyenne. Ce qu'il faut regarder, dans la réalité, c'est que ces dernières années, la dépense blague a augmenté. Avec Macron, qui n'est pas du tout libéral, il a continué d'augmenter la dépense blague. Il n'y a pas un président qui a plus augmenté le nombre de fonctionnaires que M. Macron. Donc, il n'est pas du tout libéral. Et pourtant, on a une réduction, on a une augmentation du taux de pauvreté et une augmentation des inégalités.

C'est la preuve qu'augmenter la dépense blague, ce n'est pas la solution. C'est ça qu'il faut regarder.

35:34
Présentateur

On a un témoignage. Brice, merci d'être avec nous. Vous êtes serveur en Seine-Maritime. Vous, bonsoir à vous, vous ne souhaitez pas manifester, vous n'allez pas manifester demain ?

35:45
Invité

Non. Tout au moins.

35:47
Présentateur

Pourquoi ?

35:49
Invité

Parce que M. Lecornu, on veut déjà d'office quasiment le censurer. Il faudrait peut-être lui laisser sa chance. Il est en train de faire des concertations. Il est en train de renier sur certaines choses que Bayrou avait proposées comme les deux jours fériés. Il faut peut-être lui laisser sa chance de proposer un budget avant de descendre dans la rue tout de suite et de dire on n'en veut pas. On ne sait même pas ce qu'il va y avoir dans ce budget.

Je ne me sens pas vraiment concerné ni représenté par les grévistes professionnels du secteur public qui sont l'Éducation nationale, EDF, la SNCF, tous ces gens-là qui quand on les écoute leur travail c'est germinal, c'est la mine, alors que je ne pense pas que ce soit ceux qui aient les conditions de travail les plus difficiles en France. C'est ceux qui sont le plus protégés et c'est ceux demain qui vont nous empêcher encore de se déplacer, de travailler, qui vont empêcher les commerçants de faire leurs recettes. Vous parliez tout à l'heure des aides du Covid. Il y a des commerçants qui attendent toujours de pouvoir rembourser leur PGE. Donc on va les amputer d'une journée de recettes.

Ça, il ne faut pas l'oublier non plus parce que ces recettes-là aussi, un commerçant payent des charges pour abonder tout ce qui est le service public que Mme Rousseau prend le temps. Vous vous dites

36:52
Présentateur

en gros qu'il faut laisser sa chance à Sébastien Lecornu qui a déjà décidé par exemple d'abandonner les jours fériés. Est-ce que je peux vous demander vous pour qui vous votez ?

37:00
Invité

Moi à la base en 2017 j'ai cru comme beaucoup à Macron. Je me suis par dépli en 2022 j'ai rejoint le camp que je votais avant Macron c'était les LR. Valérie Pécresse ça arrive j'en fais partie mais par dépli j'ai voté Emmanuel Macron au deuxième tour parce qu'il était pour moi hors de question de voter pour Marine Le Pen et du coup de législative après la dissolution je me suis retrouvé au deuxième tour avec un candidat à ARN et une super candidate Alma Dufour qui n'a rien de mieux à faire qu'aller faire une plotille à Gaza cela dit en passant donc j'ai dû voter blanc pour la première fois de ma vie pour vous dire à quel point on est représenté.

37:41
Présentateur

Ma question derrière c'est effectivement de savoir si vous souteniez le gouverneur parce que votre parole est assez rare finalement de dire il faut lui laisser sa chance

37:50
Invité

Bah écoutez au bout d'un moment vous voulez faire comment ?

Le pays est bloqué il n'y a pas d'autre solution donc au bout d'un moment même si ça embête le RN ça embête la gauche ça embête un peu la droite ça arrange peut-être le PS mais au bout d'un moment on n'a pas 36 000 solutions une dissolution ça nous amènera exactement dans la même situation que celle où on est aujourd'hui ça ne changera strictement rien l'erreur que Emmanuel Macron a fait à mon avis pour moi même si je n'étais pas d'accord avec lui c'était de mettre Lucie Casté en premier ministre au lendemain de la dissolution elle aurait été censurée de toute façon on a bien vu après que le NFP c'était une vaste blague parce qu'ils étaient incapables de travailler tous ensemble donc derrière elle aurait été censurée après je ne sais pas qui l'aurait mis on aurait peut-être gagné du temps je ne sais pas il reste 19 mois à tenir et bien le corps nu il a l'air quand même de discuter avec un peu tout le monde il a l'air d'être respecté quand même par pas mal de camps politiques autant lui laisser sa chance lui laisser le temps de monter un budget et à partir du moment où il aura présenté son budget qu'on considère déjà comme un budget d'austérité alors qu'on n'a strictement aucune information dessus là on pourra se mettre à le juger et les camps politiques pourront le censurer s'ils ont envie

38:54
Présentateur

intéressant ce point de vue Sandrine Rousseau qu'est-ce que vous répondez à Brice les écologistes étaient reçus aujourd'hui à Matignon il n'en est pas ressorti grand chose pourquoi ne pas choisir de discuter avant de descendre dans la rue c'est ce que dit Brice ce soir

39:10
Sandrine Rousseau

parce qu'il n'en est pas ressorti grand chose parce qu'il ne peut pas en ressortir grand chose Sébastien Lecornu a été le ministre le plus fidèle des gouvernements Macron c'est-à-dire c'est le seul qui a échappé à tous les remaniements et qui a toujours eu un siège de ministre dans les gouvernements mais qui a déjà fait

39:27
Présentateur

des concessions Sandrine Rousseau qui a déjà décidé d'abandonner la suppression des deux jours fariés qu'il avait voulu mettre en place François Bayrou qui veut empêcher les avantages à vie le décret a été publié aujourd'hui des anciens premiers ministres il y a déjà des pas qui sont faits et il se dit être le premier ministre de la rupture vous n'y croyez absolument pas

39:49
Sandrine Rousseau

les jours fériés ça a été une annonce qui n'a pas été mise en place ça n'est pas une concession ça n'est pas un programme qui tend vers la gauche ou vers la droite d'ailleurs c'est en fait c'est la continuation de la politique de la politique suivie par Emmanuel Macron depuis 2017 et l'entêtement et l'égo d'un homme à l'Elysée est en train de nous plonger dans une crise politique aiguë oui ça je suis d'accord avec vous là-dessus après quand vous disiez que vous aviez voté LR et bien les LR ont participé au précédent gouvernement et pour autant on a bien vu que ça n'a pas permis de trouver une majorité donc maintenant il y a un résultat sorti des urnes on ne peut pas rester dans le déni démocratique qui est actuellement et je vous le dis aussi en tant que serveur si vous voulez en tant que commerçant que votre commerce fonctionne et bien il faut aussi que les gens aient les moyens de pouvoir venir prendre un verre ou se payer un repas et pour ça et bien les conditions de vie des personnes les plus précaires doivent être une priorité parce que sinon évidemment ils ne pourront jamais venir dans votre commerce Une dernière question

40:58
Présentateur

peut-être Sandrine Rousseau quel regard portez-vous sur les socialistes qui eux sont en train de discuter avec Sébastien Lecornu

41:06
Sandrine Rousseau

Mais ça vous dites qu'ils sont en train de discuter moi je n'ai pas entendu qu'ils sortaient avec des éléments de discussion très forts ou alors je n'ai pas entendu la bonne chose je n'en sais rien c'est possible mais ils sont dans l'attente des propositions ils ne sont pas fermés comme vous à dire

41:19
Présentateur

ça ne sert à rien Ils ont dit qu'ils allaient revenir Voilà ils reviendront à Matignon pour faire le compte dans quelques jours parce qu'ils attendent

41:24
Sandrine Rousseau

15 jours comme ça y aller et à repartir et à revenir et moi je vous dis que dans 15 jours ils n'auront rien obtenu parce que de toute façon il n'y a rien à obtenir mais encore une fois ils sont passés les 15 jours et on verra qui a raison Merci beaucoup Sandrine Rousseau

41:35
Présentateur

d'être venue sur le plateau

41:37
Sandrine Rousseau

ce soir sur BFM TV