"Les Français paient les intérêts de la dette !" - Benoît Perrin
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« Le remboursement des intérêts de la dette qui est à 70-75 milliards cette année pourrait monter à 110 peut-être 120, c'est-à-dire 115 % du PIB. »
- 3:57?Fait
« La France tous les ans, elle doit rembourser les intérêts que engendre cette dette de 3600 milliards dont on peut supposer qu'elle sera jamais vraiment remboursée. »
- 5:01?Chiffre
« On est à peu près à 200 points de base, qui est absolument énorme. Normalement, on est à peu près à 60 points de base de l'Allemagne. »
- 9:05?Chiffre
« La charge de la dette devrait augmenter de 9,6 milliards d'euros en 2027. »
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14h Sud Radio, la France dans tous ces états. Le fait du jour. C'est vrai que nous sommes au bord de la crise financière. Ça c'est une réalité. Euh quand vous êtes à près de 5 points de taux d'intérêt et que l'écart notamment avec l'Allemagne ne cesse, j'allais dire de grandir, vous vous dites que pour les finances publiques, l'heure est venu enfin enfin de retrouver une trajectoire de réduction de la dépense publique. Vous avez reconnu Gérard Larch, président du Sénatin, qui était au sur au micro de nos collègues de de BFM TV ce matin. Il lance le signal d'alarme, il n'est pas le seul. Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a
fait une déclaration Financial Times en disant que la situation financière de la France était catastrophique et qu'on était au bord d'une crise majeure. La situation est très simple. On annonce depuis longtemps que c'est un ces intérêts de la dette vont engendrer des taux des taux d'emprunt qui sont de plus en plus hauts. 4 4,3 4,6. Là, on est à 5 et peut-être 5,4. Euh c'est-à-dire que euh le remboursement des intérêts de la dette qui est à 70-75 milliards cette année pourrait monter à 110 peut-être 120, c'est-à-dire 115 % du PIB. Ce sont des chiffres absolument catastrophiques pour lesquels on nous a annoncé et tous les experts en conviennent que euh c'est tragique et qu'on est vraiment si on était à 100 km du mur puis à puis à 50 puis à 10 puis à 1 km, là on est à 100 m
du mur. Je suis d'ailleurs étonné que nos confrères a pas donné plus d'importance à cette information parce qu'elle inquiète vraiment les milieux financiers et le sommet de l'État et surtout le risque. Et c'est pour ça que vous êtes là cher Benoît Périn. Je disais tout à l'heure en reprenant la phrase de Francis Blan dans les tontons flingueurs tous pas au Grisbly Est-ce qu'à un moment donné, et c'est un thème que l'on a souvent évoqué dans cette émission sur cette antenne, est-ce qu'à un moment donné l'État, le gouvernement, faute de pouvoir trouver des fonds pour justement compenser ces intérêts de la dette qui deviennent exorbitants et qui sont asphixiants pourrai prélever chez les contribuables français dans certaines conditions très précisément définies par la loi 122.
Est-ce qu'on pourrait voir le jour où ce n'est peut-être pas immédiatement euh là pour demain matin, mais on sait que cette ce protocole financier existe, ce protocole économique existe et est-ce qu'à un moment donné, est-ce qu'on va pas être obligé nous de mettre la main au portefeuille des contribuables pour euh, j'allais dire compenser les carences, les défaillances, les lâchetés, les insouciances et les imprévisions de l'État ? Alors, vous avez malheureusement raison, Périco. La difficulté, c'est que on a aujourd'hui euh, vous savez, on nous parle depuis des années de la dette, de la dette, de la dette et on voit ça de très loin [grognement] et on nous dit mais de toute façon, c'est pas très grave, ce sont en quelque sorte nos enfants et nos petits-enfants donc qui règleront ce
problème-là. Donc, c'est pas un problème à régler aujourd'hui. Ça fait des années qu'on nous dit ça. Mais on oublie une chose, on oublie la chose que vous venez de rappeler. C'est-à-dire qu'en fait, les intérêts de la dette, on les paye tous les ans. Je donner un truc tout bête. En 2026, on a payé à peu près 75 milliards d'euros de dettes. J'ai fait un calcul tout bête. J'ai divisé ce nombre-là par le nombre d'habitants en France et vous arrivez à 1100 €. Ça veut dire quoi ? D'habitant pas de contribuable d'habitant. D'habitants, vous avez raison. C'est-à-dire vraiment du nourrisson jusqu'au plus grand des seniors. Donc ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire que en 2026 chaque français aura fait un chèque de 1300 € à nos créanciers. pas du tout pour rembourser
le capital de la dette, simplement pour rembourser les intérêts de la dette. Imaginez en 2027, a priori, on devrait payer 90 milliards 90 milliards de d'emprunt. Et bien 90 milliards, ça fait 1300 € par tête. Donc une famille de qu enfants pai plus fait un chèque tous les ans de plus de 4000 € seulement pour engraisser nos créanciers. Pour que ceux qui nous écoutent comprennent bien ce qu'on appelle les intérêts de la dette, ce qu'on appelle vulgairement pour un particulier les agiaux. C'est-à-dire quand vous empreintez de l'argent à votre banque, elle vous prête pas l'argent gratuitement, que ce soit pour acheter un appartement, une voiture, elle vous le prête. Bon bah à 2 et demi, 2 3 4, c'est descendu quelque fois très bas. Ensuite, c'est voilà. Et là, la France
tous les ans, elle doit rembourser les intérêts que engendre cette dette de 3600 milliards dont on peut supposer qu'elle sera jamais vraiment remboursée, sauf qu'elle engendre des des intérêts qu'il faut payer rubis sur longue, sinon ça s'appelle faire défaut. Et là, c'est une faillite totale. Et là, aujourd'hui, c'est le montant de ces intérêts de la dette. 75 milliards cette année, 90 ou 100 peut-être plus euh dans les années qui arrivent plomb littéralement l'économie française. Est-ce que voilà qu'en fait c'est autant d'argent qui sert pas par définition à financer les services publics. On peut pas se plaindre d'un côté que les services publics s'effondrent et de l'autre côté continuer à accepter qu'il y ait autant d'écart entre les dépenses et les
recettes de l'État. Puisque quand vous avez un écart entre les dépenses et les recettes de l'État, bah l'État c'est comme un particulier. Qu'est-ce qu'il fait ? [grognement] Comme malheureusement en France on n'ose pas toucher aux dépenses, qu'est-ce qu'on fait ? Et bien on va voir sa banque pour emprunter. Sauf que la banque, qu'est-ce qu'elle regarde ? Elle regarde en fait la manière dont vous gérez votre argent. Et si vous gérez mal votre argent, et bien vous avez un taux d'intérêt plus important parce qu'elle se protège du risque. Donc [grognement] des comptes bien tenus, c'est la c'est la possibilité d'avoir des taux d'intérêt plus bas. Le problème de la France, au-delà du fait que les taux d'intérêt montent partout dans le monde, il faut quand même le dire. C'est clair.
C'est que par rapport à l'Allemagne qui est en quelque sorte une espèce d'étalon, vous l'avez dit aussi tout à l'heure, malheureusement les cars se creusent considérablement. on est à peu près à 200 points de base, qui est absolument énorme. Normalement, on est à peu près à 60 points de base de l'Allemagne. Et là, on voit que par rapport à cet étalon qui est en fait en quelque sorte une espèce de de de taux, on va dire convenable, et bien on voit que l'écart se creusent considérablement avec une nation qui gère plutôt bien son argent, enfin plutôt l'argent des Allemands. Et donc [grognement] la conséquence directe, c'est qu'effectivement plus le temps passe, plus on empreinte cher, plus on empreinte cher, plus les Français sont obligés de travailler tous les jours
pour rembourser encore une fois seulement les intérêts de la dette. Je je rajoute quand même juste un mot que l'année prochaine en 2027, on va tenez-vous [raclement de gorge] bien emprunter 340 milliards d'euros sur les marchés. Un, pour payer le déficit, puisqueencore une fois, nos dépenses sont plus importantes que nos recettes. Et de on va emprunter pour rembourser les dettes qu'on a emprunté il y a quelques années. 340 milliards d'euros, ça veut rien dire. Retenez juste un chiffre. 340 milliards d'euros, c'est 34 fois le budget de la justice. 34 fois le budget de la justice. Vous imaginez un peu dans les dans quel état financier nous sommes ? Et là aussi, ce sont des contribuables qui vont mettre la main au porte-monnaie. Alors, ce sont toujours les contribuables qui de toute façon
finissent par payer l'adition, en tout cas la mauvaise gestion de nos gouvernants. Et là le risque. Donc les marchés disent à la France pour vous c'est plus cher. Pour les Allemands, les Italiens, les Espagnols, c'est un peu moins cher parce qu'ils sont sérieux et qui ont une gestion de leur économie qui est plus rigoureuse. Là, vous avez laissé filer votre déficit. Euh le quoi qu'il en coûte, on le touche là aujourd'hui du doigt qui était peut-être nécessaire mais il fallait peut-être le gérer différemment. Par la suite. On a ouvert les caisses, on est en disant ben écoutez euh aprèsmi moins le déluge, c'est exactement la phrase de Louis X. Euh c'est François Mitteran qui le premier découvre qu'on peut emprunter sur les marchés. Jusqu'à présent l'obsession des gouvernants, c'était de
faire des budgets à l'équilibre. Le dernier, c'est 74. Euh Raymond Bar laisse une économie à peu près saine et la gauche arrive et parce qu'il faut faire du social et ensuite les autres se sont en coupfrés que ce soit Chirak, Sarkozi, Hollande hop on ouvre. Oui mais malheureusement il y a pas vraiment beaucoup de différence entre la droite et la gauche sur la manière de gérer l'argent des Français puisque vous pouvez voir avec le temps, ça fait effectivement, vous venez de le dire plus de 50 ans qu'on a pas voté un budget à l'équilibre euh et malheureusement les déficits continuent de gonfler, la dette continue de gonfler. Euh j'aurais tendance à vous dire que sur le papier euh les candidats de droite ont toujours des comment dire vélité de mieux gérer l'argent des
Français mais malheureusement quand ils arrivent au pouvoir en fait ils ils mettent leur pas dans ceux de leurs prédécesseurs. Alors le risque est-ce que euh Mercy peut décréter à un moment donné que pour payer ses intérêts de la dette exorbitant et ben on va faire appel de façon exceptionnelle au fond au fond donc que détiennent les Français dans l'épargne puisqu'ils ne sont pas protégés. Il paraît que les actions sont totalement protégées. C'est une propriété mais tout ce qui est obligation et compte bancaire, assurance vie, ce n'est pas protégé. C'est un contrat avec une banque et là-dessus le gouvernement peut prélever. Alors la difficulté c'est que on l'a dit tout à l'heure, quand vous avez un problème de de déficit, ça veut dire que soit vous avez un problème de de
dépense, soit vous avez un problème de recette. Problème de dépense, il est assez vite vu parce que nos responsables veulent pas toucher la dépenses publiques. Donc on va dire que le sujet est clos. Leur seule obsession, c'est effectivement de trouver de l'argent partout et notamment de faire la poche des Français. Et vous avez raison. Il y a un enjeu sur l'épargne. Pourquoi il y a un enjeu sur l'épargne ? Parce que vous avez à peu près 6600 milliards effectivement d'épargne. Alors 6600 milliards d'épargne, c'est quoi ? Ce sont des actions, ce sont des livrés réglementés, ce sont des assurances vies, enfin bref, tout un tout un panel de placement financier. Et donc du coup, la crainte ou en tout cas la on va dire que cette somme fait saliver nos responsables politiques puisque 6600
milliards, c'est quasiment le double de notre dette. Et donc l'enjeu c'est effectivement de se dire est-ce que demain l'État va piocher sur de comptes ? La réponse me semble-t-il. En tout cas demain la réponse est non. Aprèsin j'en sais rien. Demain qu'est-ce qu'ils font ? Ils vont continuer à renier sur effectivement les différents dispositifs fiscaux qui sont intéressants pour les Français. Je pense notamment à l'assurance vie que vous avez cité qui est un placement qui est plébiscité par les Français qui est intéress vraiment intéressant socialement et et fiscalement. Et la crainte, c'est qu'en fait nos responsables euh continuent à renier de l'argent, enfin à [rires] renier les avantages que confè un nombre de placement. An regarder, elle a enquêté pour savoir quels sont les fonds sur
lequels les les que l'État pourrait racler. Alors effectivement, il le l'État ouvre tous les tiroirs. La charge de la dette devrait augmenter de 9,6 milliards d'euros en 2027, n'est-ce pas ? Et pour trouver de l'argent, ben le gouvernement explore plusieurs pistes très concrètes. D'abord, l'argent oublié. Le projet de budget prévoit de prélever 17 % des avoirs en désérance déposés à la Caisse des dépôts. Compte bancaire, assurance vie, épargne salariale. Rendement attendu 1,4 milliards d'euros. Les propriétaires conserveraient toutefois le droit de récupérer l'intégralité des sommes prélèvement compris dans les délais légaux, on l'espère. Ensuite, les réserves des organismes publics avec 125 millions d'euros qui seraient prélevés sur l'Agence nationale pour les chaque
vacances et 3 millions sur le fond de compensation des risques de l'assurance construction, direction le budget de l'État également. Autre piste, réduire l'avantage fiscal des retraités. Évidemment, le plafond de l'abattement de 10 % sur leur pension passerait de 4439 à 3000 € par foyer. Le gouvernement en attend également 1,4 milliards d'euros supplémentaires. Ce sont donc des propositions concrètes pour 2027, encore soumises au Parlement, hein, précisons-le. Et voilà comment on racle finalement les fonds de tiroir, argent oublié, réserve disponibles, avantages fiscaux réduits, mais les prélèvements exceptionnels rapportent une fois. Les intérêts de la dette, bah eux reviennent chaque année. Euh Benjamin, quelles sont les conditions de la loi SP2 ? D'application de la loi SP2 ?
Alors Sapin 2, c'est que c'est une loi qui était votée en 2016 qui en fait en cas de crise interdit les retraits d'argent sur une période de 3 mois renouvelable une fois donc très concrètement sur 6 mois. Donc on vient pas vous piocher votre argent, on vient pas récupérer de l'argent en revanche, on vous empêche de le récupérer. Et pour rebondir sur ce que vient de dire Anissa qui est très juste, nos responsables politiques sont pas fous. ils vont pas augmenter parce que le cadre de ce budget, le premier ministre l'a dit, c'est pas d'augmentation d'impôts. Et pourtant, on voit en regardant dans le détail qu'en fait il y a des une augmentation du taux de prélèvement obligatoire parce que qu'est-ce qu'ils font ? Ils vont pas augmenter le taux de l'impôt sur le revenu, ils vont pas
augmenter le taux de la TVA, ce serait trop visible. Donc qu'est-ce qu'ils font ? Ils rognent sur les niches fiscales et il rognent effectivement sur des taux de cotisation. par exemple l'indiemnité journalière quand vous êtes malade, vous savez, vous recevez de l'argent de la de la de la de la sécurité sociale. Bon et ben là, ils vont augmenter justement la fiscalisation de ces indemnités journalières et donc du coup en fait il y a une augmentation d'impôts qui est en fait masqué. Bon écoutez, on en est là aujourd'hui. Euh on vous reconsultera docteur parce que je pense que ce dossier n'est pas terminé et qu' va il ne va hélas que s'aggraver. C'est quand même le bilan d'une d'une inconséquence politique parce que je me doute qu'il il le voyait venir que ça soit le gouverneur de la
Banque de France Emmanuel Moulin qui a été directeur à Berti directeur de cabinet voilà qui a eu des postes et on s'inquiète maintenant quand il est trop tard. C'est quand même en fait il y a deux enjeux Périco, c'est un on dépense trop et deème deuxème point on ne produit pas assez. Il y a un vrai sujet de richesse en France et ça il faut absolument tout faire pour que nos entreprises retrouvent de la croissance. Ce sera je crois au cœur du débat de la campagne électorale pour la présidentielle 202. Ben jamais merci d'avoir été avec nous aujourd'hui sur ce travail.