Le Pen accélère, Macron s'éssouffle #cdanslair 29.04.2017
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- 2:02OuverteRéponse directe
Est-ce que ça bouge aussi dans les enquêtes d'opinion de Bernard Salanès ?
- 2:39RelanceRéponse directe
Il y a une dynamique sur la cote de Marine Le Pen depuis quelques jours ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Est-ce que l'appel et le soutien de Nicolas Dupont-Aignan fait passer encore un cran de plus au sein de l'électorat de droite ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Marine Le Pen peut-elle gagner dimanche 7 mai ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Il y a un fort risque d'abstention, Patrice Duhamel, parce que c'est le week-end de trois jours ?
- 5:49RelanceRéponse directe
Le risque est limité pour vous ? C'est improbable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:16PrésentateurChiffre
« On était à 63-64%. Et puis là, on est plutôt autour de 60% pour Emmanuel Macron, 59% même pour certains instituts. »
- 2:57PrésentateurFait
« Il y a plus d'électeurs de François Fillon ou de Jean-Luc Mélenchon qui, en début de semaine, indiquaient qu'ils étaient prêts à voter Emmanuel Macron qui, aujourd'hui, se décalent vers l'abstention. »
- 11:34PrésentateurChiffre
« Marine Le Pen a décroché un ralliement de poids, celui de Nicolas Dupont-Aignan, qui avait obtenu 4,7% des voix au premier tour. »
- 12:20InvitéPromesse
« Présidente de la République, je nommerai Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre de la France. Nous constituerons un gouvernement d'union nationale qui réunira des personnalités choisies pour leurs compétences et leur amour de la France. »
- 21:56PrésentateurFait
« elle dit ce n'est plus un préalable »
- 22:13PrésentateurChiffre
« les français sont très majoritairement défavorables à la sortie de l'euro, ils ne sont que 28% à souhaiter sortir de l'euro »
- 27:43PrésentateurChiffre
« si Marine Le Pen ne l'emporte pas mais qu'elle fait 40% ou plus, ce qui est aujourd'hui tout à fait possible »
- 33:42InvitéPromesse
« ça sera bien sûr Macron le 7 mai »
- 35:17PrésentateurFait
« il fallait qu'il s'adresse aux français, qu'il souligne le risque démocratique »
- 35:35PrésentateurFait
« Marine Le Pen n'est pas une adversaire comme les autres »
- 35:49PrésentateurFait
« elle l'a fait avec Whirlpool »
- 40:27PrésentateurFait
« il ne dramatise pas assez »
- 40:56PrésentateurFait
« elle pense qu'elle peut gagner »
- 43:21InvitéFait
« le fond républicain il n'existe plus à gauche comme à droite »
- 44:26PrésentateurFait
« le front républicain n'a vraiment plus le même éclat »
- 46:07InvitéFait
« 15-20 ans de dédiabolisation du FN sont passés par là »
- 47:06InvitéFait
« l'abstention le vote blanc demain c'est un piège »
- 47:27InvitéFait
« en 2002 il y avait eu un Front syndical très fort »
- 49:48PrésentateurFait
« il dit quand même deux choses un il ne prend pas position deux il explique qu'ils respecteront les résultats »
- 51:16InvitéFait
« il risque non seulement d'être mal élu mais de faire un quinquennat qui commencera dans des conditions extrêmement difficiles »
- 1:01:56InvitéFait
« même mettre sur le même plan l'abstention, le vote nul ou le vote de Marine Le Pen »
- 1:01:58InvitéFait
« c'est un changement de pied radical de la part de Jean-Luc Mélenchon »
- 1:02:03InvitéFait
« à tout ce qu'il a prôné depuis 30 ans »
- 1:02:55PrésentateurFait
« elle se proclame la candidate du peuple et la candidate des pauvres »
- 1:03:20PrésentateurChiffre
« tous les économistes qui ont fait des simulations sur les sorties de l'euro imaginées par Marine Le Pen ont plutôt montré que ceux qui trinqueraient seraient précisément les classes populaires »
- 1:03:29PrésentateurFait
« avec un effet inflationniste, un effet hausse des taux »
- 1:04:22InvitéFait
« il existe sur la décomposition générale »
- 1:04:30PrésentateurFait
« elle a appelé à voter contre Emmanuel Macron »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité12 %
- ?5 %
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Cette campagne présidentielle avait déjà été marquée par une série de rebondissements et d'affaires. Mais on sait maintenant qu'elle provoque aussi un bouleversement de l'échiquier politique. Les lignes bougent, des tabous sont brisés. Celui du Front républicain, par exemple. Jean-Luc Mélenchon a confirmé hier soir qu'il ne donnait aucune consigne de vote aux 7 millions de Français qui ont voté pour lui. Autre coup de tonnerre, Nicolas Dupont-Aignan fait désormais équipe avec Marine Le Pen.
Le candidat qui a obtenu 4,7% des voix au premier tour sera même Premier ministre si la patronne du Front national est élue, annonce ce matin des deux nouveaux alliés. Alors que de nombreux électeurs hésitent à s'abstenir ou à voter blanc, Marine Le Pen impose le rythme de cette campagne d'entre-deux-tours. Elle met au défi en permanence Emmanuel Macron qui est pourtant le grand favori du second tour. Les sondages le donnent en effet large vainqueur de l'élection avec en moyenne 60% des suffrages. Mais il reste une semaine de campagne et surtout un grand débat télévisé qui pourrait être décisif. À J-8, Le Pen accélère et Macron s'essouffle. On en parle ce soir avec nos invités.
Bernard Salanès, vous êtes politologue et sondeur, président du cabinet d'études et de conseils Elab. Mathieu Croissando, vous êtes directeur de la rédaction de l'Obs en une de votre magazine cette semaine. Un choc de France. Patrice Duhamel,
vous
êtes journaliste politique. Votre livre, L'Elysée, Histoire, Secrets, Mystères avec Jacques Santamaria est publié chez Plon. Virginie Le Guet, vous êtes chef adjointe du service politique de Paris Match en une de votre magazine cette semaine. Emmanuel Macron, le pari réussi. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup
de
participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Marine Le Pen occupe le terrain. Emmanuel Macron multiplie les déplacements.
Évidemment,
c'est quand même très tendu entre les deux candidats. Est-ce que ça bouge aussi dans les enquêtes d'opinion de
Bernard
Salanès ? Effectivement, ça a bougé tout au long de cette semaine. Si on regarde les sondages faits par les différents instituts, on peut considérer qu'on était assez nettement au-dessus de la barre des 60% au lendemain du premier tour. On était à 63-64%. Et puis là, on est plutôt autour de 60% pour Emmanuel Macron, 59% même pour certains instituts. Donc, incontestablement, les écarts se resserrent, ce qui traduit évidemment le fait que la dynamique de cette première semaine de campagne est incontestablement à mettre au crédit de Marine Le Pen. J'allais vous poser la question parce que ce mot dynamique, il est à prendre quand même parfois avec précaution. Là, vous l'assumez.
Il y a une dynamique
sur
la cote de Marine Le Pen depuis quelques jours ? Bien sûr, il y a une dynamique. Et comme on dit souvent, la dynamique est toujours plus forte que l'arithmétique dans une campagne électorale. Cette dynamique, elle s'observe notamment pas tant par le fait qu'il y ait plus d'électeurs qui déclarent vouloir aller voter pour Marine Le Pen. Mais il y a plus d'électeurs de François Fillon ou de Jean-Luc Mélenchon qui, en début de semaine, indiquaient qu'ils étaient prêts à voter Emmanuel Macron qui, aujourd'hui, se décalent vers l'abstention. C'est ça le fait marquant de la première semaine. Et ce qu
'on
va voir, c'est est-ce que, par exemple, l'appel et le soutien de Nicolas Dupont-Aignan fait passer encore un cran de plus au sein de l'électorat de droite ? Posons la question que tout le pays se pose. Vous l'avez sans doute constaté, entre amis, en famille, au marché, chez vos commerçants, Marine Le Pen peut-elle gagner dimanche 7 mai ? Il y a toujours un risque.
C
'est une élection. C'est un jeu qui est ouvert. Ça dépend, Bernard Ressouligny, évidemment de la participation. On sait que du côté des électeurs de Marine Le Pen, les électeurs seront très motivés. Du côté de ceux d'Emmanuel Macron, ceux du premier tour ne suffisent pas, évidemment, à lui faire emporter la mise. Il y aura nécessairement des voix qui viendront de la droite, de ceux qui ont voté François Fillon, mais pas tous.
Il
y aura nécessairement des voix qui viendront de ceux qui ont voté socialistes. Et puis, de Jean-Luc Mélenchon, c'est la grande question. Aujourd'hui, l'abstention dans laquelle se réfugie une partie des électeurs, qui conteste, on y reviendra, à la fois le système, les candidats, met en péril la réussite d'Emmanuel Macron au second tour et permet sur le papier, après, passer de la théorie à la pratique,
c
'est toujours une autre affaire, permet sur le papier, en tout cas, une victoire de Marine Le Pen. Après, quand on regarde les grands rapports de force, les grands équilibres qu'a souligné Bernard tout à l'heure, on est sur du 6 français sur 10, a priori, pour Emmanuel Macron. Pour que Marine Le Pen soit élue la semaine prochaine,
il
faudrait que cette semaine
se
s'opère une véritable bascule, donc avec un véritable accident d'Emmanuel Macron. Moi, je ne considère pas qu'il y
ait
eu un véritable accident dans l'entre-deux-tours pour cette première semaine, on y reviendra, mais il n
'y a
pas eu de faute majeure d'Emmanuel Macron.
Il
y a eu des déceptions du flottement. Mais là,
il
faudrait un véritable accident et qu'il peut se jouer au débat, mais plus largement que ça. Les débats ne font pas non plus l'élection, on l'a vu par le passé. Surtout avec un tel écart. C'est vrai qu
'il
y
a
un fort risque d'abstention, Patrice Duhamel, parce que c'est quand même le week-end de trois jours, du 8 mai, il y a un risque d'abstention, il y a cette espèce de truc qui est en train de monter dans le pays. Et si c'était possible ? Vous l'avez ressenti, vous aussi ? Vous l'avez entendu ? Ce que je ressens,
c
'est que les gens se disputent, ils se parlent dans la rue, ils disent, mais qu'est-ce qu'il va se passer ? Deux, qu'est-ce que vous allez faire ? Qu'est-ce que vous entendez autour de vous ? Je ne
sais
pas s'ils veulent s'inquiéter ou se rassurer. Pour l'abstention, il faudrait demander à Bernard. Dimanche,
c
'était 78%, c'est bien ça, de participation ? Là, on est autour de 72%. Donc, il
y a
six points de moins a priori. Mais ce que disait Mathieu Croissando, c'est l'évidence, pardon. C'était très intelligent.
Il a dit,
les mots sont importants, il y a un risque, mais
le
risque, il est limité pour vous ? C'est improbable ? Aujourd'hui, vous ne
vous
dites pas la même chose que lundi dernier ?
C
'est ça ma question aussi. Je pense que le risque est improbable, mais il existe. Sauf un coup de théâtre
pendant
le débat de mercredi, coup de théâtre pendant la face-à-face. Ça n'est à peu près jamais arrivé depuis 1974, mais comme c'est un débat absolument inédit, parce qu'on compare avec les débats précédents, mais on oublie que c'est la première fois qu'il y aura le Front National, puisque Jacques Chirac n'avait pas voulu débattre avec Jean-Marie Le Pen. Donc, sauf un coup de théâtre dans ce débat, c'est-à-dire quelqu'un, et en l'occurrence Marine Le Pen, qui dominerait nettement Emmanuel Macron, ce qui, moi, me paraît peu probable, parce que je trouve que dans les débats, il a été plutôt bon, et qu'elle n'a pas été exceptionnelle.
Elle avait été un peu déstabilisée par Philippe Poutou, on s'en souvient, dans un des débats. Moi, ça me paraît peu probable, mais dire que le risque n'existe pas, ça serait absurde. Virginie Le Guet, votre sentiment
? La
possibilité d'une victoire de Marine Le Pen dimanche 7 mai
? Ce qui
semblait absolument invraisemblable en 2002, on se rappelle de l'assidération qui avait suivi l'accession de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, aujourd'hui, paraît tout à fait possible. Et ce qui s'est passé durant cette semaine qui vient de s'écouler, cette première semaine de l'entre-deux-tours,
a
montré que non seulement c'était possible, mais que Marine Le Pen mettait en place toute une série d'éléments de campagne qui
travaillent
à la respectabiliser, qui travaillent aussi à amener Emmanuel Macron sur un terrain où il n'avait pas forcément envie d'aller. C'est elle qui l'a quasiment obligée à aller rencontrer les ouvriers de Whirlpool. C'est elle qui, sans arrêt, va le chercher sur un terrain où il n'est pas toujours prêt à aller. Et je trouve que depuis une semaine, c'est elle qui mène la danse, c
'est
elle qui mène le bal, et c'est elle qui lui impose son tempo. Et je trouve que, par exemple, aujourd'hui, depuis ce matin, de quoi parlons-nous ? Depuis l'aube, on parle de l'alliance de Nicolette Dupont-Aignan et de Marine Le Pen, et on parle finalement presque pas de la visite au même moment d'Emmanuel Macron. Donc, c'est elle, non pas, je ne dirais pas qu'il s'impose électoralement, mais qu'il s'impose dans l'imaginaire des Français, qui regarde cette campagne, et qui voit que finalement, tout tourne autour de Marine Le Pen. Et ça me fait penser aussi, parfois, à Nicolas Sarkozy, du temps où il faisait campagne, c'était un événement par jour.
Elle, elle a réussi à imposer un événement par jour depuis le début de la semaine.
Et de
ce point de vue-là, elle marque la campagne. Enfin, je parle de la campagne d'entre-deux-tours, parce que la campagne de premier tour n'a pas été si réussie que ça pour elle, mais la campagne d'entre-deux-tours, elle
est
leader.
Mathieu Croissandeau ? Pour poursuivre la question que vous posez, il y a à la fois la campagne que mènent les candidats, comme l'a souligné Virginie, le travail que fait Marine Le Pen, le séquençage de sa campagne, bon voilà. Mais il
y
a surtout un bouleversement historique. Jusqu'à présent, le Front National était relégué hors du champ républicain. Là, on a trois éléments qui montrent que ça n'est plus le cas. Il y
a
le débat, comme le soulignait Patrice, c'est vrai qu'on se souvient que Jacques Chirac avait refusé de débattre face à Jean-Marie Le Pen, il n'en était même pas question. Là, il y aura un débat.
Vous avez trouvé
ça normal en 2002 qu
'il
n
'y ait
pas ce débat, effectivement
? D'une
certaine façon, ça n
'a
même pas fait débat, que le débat est dû à Jean-Marie Le Pen, première chose. Deuxièmement, il y a un effondrement du Front Républicain. Jusqu'à présent, dans toutes les élections, dans tous les scrutins, qu'ils soient nationaux, qu'ils soient locaux, il y avait un Front Républicain qui tenait plus ou moins, mais qui faisait que les forces politiques de l'échiquier classique se remettaient ensemble pour s'opposer à l'accession au pouvoir du Front National. Et la troisième chose, le troisième bouleversement historique, c'est que le cordon sanitaire a sauté. Il a sauté hier soir avec le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan.
Jusqu'à présent, les partis traditionnels, les partis classiques de l'échiquier politique, refusaient de nouer une forme d'alliance avec le Front National. Ceux qui le faisaient, le faisaient intuitu personné et se faisaient généralement saquer par les appareils d'où il venait. Là, pour la première fois, on a une formation politique qui vaut ce qu'elle vaut, qui est celle de Nicolas Dupont-Aignan, mais qui en tout cas a
dit,
ben oui, c'est possible de dealer, c'est possible de négocier, c'est possible de composer une majorité avec le Front National. Et ces trois changements historiques, surtout les deux derniers, l'effondrement du Front Républicain et le cordon sanitaire qui saute, ça nous amène dans un inconnu total. Jusqu'à présent, ça fait 30 ans qu'on observe le Front National monter, ça fait 30 ans que les gens cherchaient à s'y opposer. Ils y arrivaient plus ou moins, moins quand on regarde les scores qui s'accumulaient, mais plutôt plus parce que pour l'instant, le Front National n
'a
jamais exercé de responsabilité, aujourd'hui, ces deux réflexes-là, qui étaient majeurs, qui ont permis de contenir l'accession du Front National au pouvoir, ont sauté. Bernard Sadanes ? En tout cas, c'est vrai que
ce
qui s'est passé hier soir et ce matin avec Nicolas Dupont-Aignan est le symbole de la stratégie, on peut le dire, réussie de dédiabolisation qu'a menée Marine Le Pen depuis son accession à la présidence du Front National. Et c'est sans doute, effectivement, la manifestation la plus concrète. La deuxième qui est intéressante, c'est de voir que, finalement, contrairement à 2002, contrairement même aux élections régionales de 2015, le second tour ne se fait pas pour ou contre Le Pen, pour ou contre le Front National. Elle a réussi à déplacer le débat.
Le débat, il se fait aujourd'hui pour ou contre l'Europe, pour ou contre la mondialisation, et presque aussi, en tout cas, c'est intéressant de voir hier l'appel de Marine Le Pen aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, elle a appelé à faire barrage à Emmanuel Macron, comme si elle essayait d'inverser la thématique du débat. Et c'est vrai, Virginie le disait tout à l'heure, qu'elle est à l'initiative, qu'elle est à l'offensive, en tout cas depuis huit jours, après une campagne de premier tour, il faut le rappeler, qui avait été plus difficile, et qu'il ne lui avait pas permis d'être en tête.
Ce qui était
sûrement une déception pour elle au soir du premier
tour. Elle
a longtemps été en tête, pendant à peu près dix mois, ces derniers mois. Alors, c'est le coup de théâtre du week-end, en effet, Marine Le Pen a décroché un ralliement de poids, celui de Nicolas Dupont-Aignan, qui avait obtenu 4,7% des voix au premier tour. Il sera son Premier ministre. Si elle gagne, les deux nouveaux alliés ont donné une conférence de presse ce matin pour sceller leur accord. Marie-Laurent et Clément Voyer.
Elle
restera sans doute comme l'image de l'entre-deux-tours.
Une
brèche historique dans le front républicain.
Il
y
a
des moments dans l'histoire de France où la situation du pays appelle au sursaut.
Ce
sursaut vital des peuples dont la survie est en jeu.
Ce
moment, nous le vivons. Présidente de la République,
je
nommerai Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre de la France. Nous constituerons un gouvernement d'union nationale qui réunira des personnalités choisies pour leurs compétences et leur amour de la France. Sourire, complicité mise en scène entre Marine Le Pen et le président de Debout la France qui, malgré l'accord de gouvernement, tient à réaffirmer son indépendance.
Il
ne s'agit en aucun cas
un
ralliement de ma part
au
Front National comme certains
qui
n'ont pas compris la hauteur de l'événement historique voudraient le faire croire.
Je
suis un homme libre.
Nous
nous sommes rencontrés à plusieurs reprises cette semaine.
Eh
bien, cette feuille de route,
nous
l'avons rédigée en quelques minutes
parce
que c'était évident.
Alors
je sais combien certains
vont
m'attaquer,
me
menacer, me caricaturer, mais je vois aussi, depuis hier soir Marine,
l
'immense approbation
de
mon geste qui se lève dans le pays.
Les
réactions, effectivement, n'ont pas tardé. Sur cette ère, les électeurs crient leur colère envers leur maire.
Il
se dit gaulliste
et
il se met avec le FN. Je ne comprends pas.
Je
suis atterrée. Atterrée.
J
'ai voté au municipal pour Dupont-Aignan. Je n
'ai
aucun problème là-dessus. Par contre, de devoir accepter ce genre de compromis,
c
'est extrêmement choquant. C
'est un homme qui est indigne, qui me fait la honte. J'ai honte d'avoir un maire comme Nicolas Dupont-Aignan.
Même
le premier adjoint de la ville le lâche, dès l'annonce de son ralliement la veille au soir.
Le
secrétaire général, le responsable du projet et trois des quatre vice-présidents de Debout la France quittent le parti.
Le
FN est loin d'avoir achevé le ménage dans sa propre boutique. Il a repeint la façade, la vitrine est attrayante, mais dans l'arrière-boutique, mais dans les arrières-fonds, dans la cave, il y
a
encore beaucoup de choses qu
'il
ne vaut pas.
En terrasse, une discussion s'engage avec le secrétaire départemental du FN, justement.
La base sur laquelle s'est fondée et a fonctionné pendant longtemps Debout la France, c'était ni système ni extrême.
Ce qui ne concerne pas, je ne sens pas extrémiste. Les deux hommes ne tomberont pas d'accord.
On
est extrêmement heureux et on l'accueille avec grand plaisir dans la grande famille des Patriotes. Je crois que c'est un tournant très important de la campagne présidentielle de l'entre-deux-tours et ça va peut-être désinhiber un certain nombre de votants qui n'osaient peut-être pas franchir le Rubicon pour, à mon avis, des mauvaises raisons.
À
droite et au centre, les réactions sont virulentes. Honte pour François Bayrou, trahison pour Alain Juppé, collabos, selon Dominique Bussereau.
Le
sous-marin du FN, écrit Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de faire surface.
C
'est une faute majeure qu'il a commise en ralliant, comme il l'a fait, Marine Le Pen pour un plat de lentilles. Il faut maintenant que chacun comprenne que Marine Le Pen peut gagner sur un malentendu.
Mais
Nicolas Dupont-Aignan n'est pas le seul à fissurer le front républicain. L'ancienne ministre chrétienne-démocrate Christine Boutin en début de semaine et jeudi, Marie-France Garraud, gaulliste, historique, prône désormais le vote bleu marine.
Question SMS. Après avoir violemment critiqué le FN, quelles sont les raisons qui ont poussé Nicolas Dupont-Aignan à rejoindre Marine Le Pen ? Virginie Leguet, pourquoi est-ce qu'il y va ? Les raisons officielles et officieuses. Allons-y, on met tout sur la table.
La raison peut-être la plus basse, ça serait peut-être son score, 4,7%, qui est en dessous des 5%, donc ses frais de campagne ne sont pas remboursés. Et Nicolas Dupont-Aignan a beau dire qu'il avait fait des emprunts et des souscriptions et que de ce point de vue-là tout est bouclé,
on
pourrait imaginer, si on est un peu mauvaise langue, que cet accord de gouvernement qui vient de passer avec Marine Le Pen lui permet d'espérer des arrangements par la suite pour éponger ses dettes et repartir sur des nouvelles bases. La raison politique, elle est aussi s'assurer à lui un avenir parce que Nicolas Dupont-Aignan avait 4,7% et imaginons Emmanuel Macron élu demain, il n'existe plus beaucoup. Avec une Marine Le Pen qui serait au pouvoir, il peut espérer des députés,
il
peut espérer peser, bien sûr là, elle a dit qu'elle en ferait son Premier ministre, donc ça lui assure à l'âge qu'il a, après 30 ans de vie politique, un avenir politique. Mais c'est au prix d'un reniement, d'une renonciation très forte parce que Nicolas Dupont-Aignan encore très récemment n'a eu de cesse que de prononcer des mots très durs sur le Front National en disant qu'il était élu à l'équidistance entre la famille de droite et le Front National mais qu'il n'irait jamais au Front National. Donc les dégâts politiques pour lui vont aussi être terribles.
Patrice Duhamel
? Non
mais il faut inviter vos téléspectateurs à aller sur Internet regarder tout ce que Nicolas Dupont-Aignan a dit sur Marine Le Pen et sur le Front National non seulement depuis le début de la campagne présidentielle mais depuis des années en expliquant que la main tendue il ne la prendrait jamais etc. Tout récemment il a condamné la xénophobie du Front National il a parlé des affaires en disant qu'il y avait celle de Fillon mais aussi celle de Marine Le Pen etc.
Il
fait une espèce de coup de poker en espérant en imaginant peut-être que Marine Le Pen peut être élue à ce moment-là on a vu Premier ministre très bien bravo l'artiste et que si elle est battue elle sera l'une des patronnes de l'opposition et qui peut éventuellement à ce moment-là avec un arrangement électoral se retrouver avec un groupe maintenant c'est 15 députés c'est accessible 15 députés moi il
y a
une chose que je voudrais dire sur lui c
'est
ce responsable politique qui n'est pas non plus dans le premier sur le premier cercle je veux dire c'est pas des grands acteurs politiques c'est
pas
un premier rôle voilà mais bon c'est un élu respectable etc. mais il a été rocardien il a même quand il était adolescent il collait des affiches pour Chabondelmas Chabondelmas c'est pas un anti-européen c'était un européen convaincu et un vrai gaulliste social je vais y revenir après il a été plusieurs années après et après l'ENA il a été dans le cabinet de Bayrou et je crois de Michel Barnier deux européens alors parmi les plus les plus européens de la scène politique française bon il a quand même varié mais là où c'est son droit de rejoindre Marine Le Pen moi ce que je trouve quand même problématique pour ne pas dire plus c'est qu'il affiche ça presque au nom
du
gaullisme humaniste alors j'aimerais bien qu'il puisse dire un jour sûrement quand vous l'inviterez si vous l'invitez ici ou ailleurs ce qu'il y a de commun entre le Front National d'aujourd'hui et accessoirement d'hier parce que l'histoire d'un parti ça compte quand même et le gaullisme et ce qu'était le général de Gaulle c'est exactement le contraire sur tous les sujets j'en prends un seul
les
relations avec l'Allemagne Marine Le Pen qui
polémique
avec Angela Merkel du matin au soir hier encore elle disait on ne peut pas être à côté d'Angela Merkel on doit être face à elle etc. général de Gaulle qui n'était pas un Européen fervent fédéraliste mais qui était un Européen l'Europe des nations et l'Europe réaliste la première chose qu'il a faite en 59 quand il est revenu au pouvoir
il
s'est mis d'accord avec Odenauer il a totalement mis en oeuvre le traité de Rome la construction européenne le seul grand chef d'état étranger qui l'a invité chez lui à Colombay c'est la seule fois que ça lui est arrivé c'était à Odenauer voilà il s'est comporté avec l'Allemagne comme un partenaire historique devant dynamiser l'Europe donc il y a une sorte franchement sans employer le grand mot je déteste ça mais dans le fait d'assumer d'afficher le gaullisme humaniste
pour
expliquer un ralliement à Marine Le Pen il y a une sorte de supercherie politique quand même franchement au-delà du cas et du paradoxe pointé à l'instant par Patrice Duhamel est-ce que c'est une digue qui saute Bernard Salandès on va le voir c'est une digue qui saute dans le sens où en 2002 on s'en souvient aucun responsable de parti politique n'avait appelé à voter pour Jean-Marie Le Pen donc c'est une première et ça peut avoir un impact pourquoi même si Nicolas Dupont-Aignan il faut le dire n'a pas réussi son pari du premier tour il espérait passer la barre des 5% pas seulement c'est important pour les raisons financières Virginie a raison mais aussi parce qu'il espérait occuper un espace situé entre Marine Le Pen et François Fillon et encore plus après les affaires et donc il a réussi son pari de la moitié il a un électorat Nicolas Dupont-Aignan qui vient plutôt de la droite d'une droite souverainiste une droite un peu moins aisée d'ailleurs que les électeurs de François Fillon également des électeurs de François Bayrou de 2012 on le voit il y
a
toujours dans les trajectoires électorales des anciens électeurs Bayrou sur Dupont-Aignan sans doute pour l'indépendance pour l'honnêteté qu'ils appréciaient mais ce qui est intéressant c'est de voir ce qui se passe aujourd'hui c'est aussi à mon avis avec l'annonce de Dupont-Aignan c'est le renoncement de Marine Le Pen ou en tout cas son changement de pied sur la sortie de l'euro ça j'allais dire c'est encore plus important peut-être que l'annonce de Dupont-Aignan pourquoi ? parce qu'on le sait ce n'est plus pardon de vous couper dans sa profession de foi
voilà elle dit ce n'est plus un
préalable je
ne reviens pas
dessus elle dit ce n'est plus un préalable et ça ça peut être une digue importante pourquoi ? parce que dans l'électorat de droite et notamment chez les retraités qui ont placé François Fillon en tête on sait que la sortie de l'euro les français sont très majoritairement défavorables à la sortie de l'euro ils ne sont que 28% à souhaiter sortir de l'euro les retraités ne sont que 17% donc on voit bien que c'est la tranche de population la plus réfractaire à la sortie de l'euro et là ce changement de pied programmatique je ne
vais pas
dire idéologique mais programmatique peut tout d'un coup rendre possible le vote Le Pen pour un certain nombre d'électeurs de
droite
ça
peut achever de convaincre certains
hésitants ça peut on va voir on va voir c'est quand même paradoxal Emmanuel Macron aurait fait un changement de pied comme ça sur son programme tout le monde lui serait tombé dessus à bras raccourcis en disant qu'est-ce que c'est que ce peintre qui n
'est
même pas capable de tenir une de ses positions quand on prend la semaine qui s'est déroulée la semaine de Marine Le Pen tout est une affaire d'appréciation on disait tout à l'heure elle est en dynamique elle a quand même dû changer le président de son parti parce qu'on a découvert que le président de son parti avait tenu des propos qui remettaient en cause l'utilisation de Ziklombé dans les chambres à gaz c'est pas rien ça serait arrivé au président d'En Marche vous imaginez la catastrophe que ça aurait fait ça aurait fait une explosion nucléaire sur la campagne électorale là on a l'impression qu'on passe à côté de ça non ça c'est un événement structurant qui rappelle d'où vient le Front National son père qui prend la parole alors c'est son père on sait qu
'elle
a rompu avec lui mais qui rappelle aux électeurs aussi d'où vient ce mouvement là qui prend la parole pour remettre en cause l'hommage qui a été rendu aux policiers tués sur les Champs-Elysées en expliquant qu'on a célébré
c'est
un événement la voilà qui change de pied sur son programme ça témoigne aussi elle met absolument tout tout sur la table dans une forme de démagogie qu'on lui connaît dans une forme de violence verbale
qu'on connaît avez-vous remarqué
juste le langage utilisé pendant cet entre-deux-tours que ce soit Gilbert Collard alors je ne
sais
pas si les téléspectateurs doivent se boucher les oreilles ou si on prononce ou pas mais qui traite les banquiers de
termes
vulgaires qu'on emploie pour désigner les prostituées une salle de meeting
qui
crie Macron,
Macron,
honteux voilà
on est
sur un niveau de violence verbale ce que vous décrivez ça s'appelle jouer son vatou ça s'appelle exactement jouer son vatou et jouer son vatou c'est aussi l'expression des joueurs qui n
'ont
plus grand chose à perdre on le sait elle s'est hissée au deuxième cours mais ça témoigne aussi d'une forme de fragilité quand on est capable de faire tout et n'importe quoi comme elle le fait restons là-dessus c'est important parce qu'il y a quelque chose de frappant dans cette campagne d'entre-deux-tours elle est largement distanciée on le voit même si l'écart s'est un peu réduit elle joue cette campagne comme si elle jouait la gagne Virginie Leguay c
'est ça qui est
elle joue son vatou et
elle
surfe sur un climat de colère qui est très très très profond et c'est là où elle entre en résonance avec les français parce que les électeurs qui se sont déplacés au premier tour on voit bien ce qu'ils ont fait ils ont choisi Emmanuel Macron mais ils l'ont choisi sans enthousiasme excessif ils ont choisi ensuite Marine Le Pen là ils lui ont donné un score qui était certes moindre que ceux que les sondages lui annonçaient mais ils se sont pas déplacés fortement ils se sont pas mobilisés très fortement et la donne aujourd'hui de ce deuxième tour ne les satisfait pas donc elle elle essaye de surfer sur quelque chose qui ressemble à de la frustration à de la colère les deux parties traditionnelles qui ont structuré la vie politique française depuis 60 ans ne sont plus là le terrain s'ouvre la mer rouge s'ouvre et elle essaye de de forcer un chemin à toute force elle force son destin et elle essaye de s'appuyer sur quelque chose qui ressemble aussi à j'allais dire une forme de tiédeur envers Emmanuel Macron Emmanuel Macron certes il est arrivé en tête au premier tour est-ce que les français se reconnaissent en lui est-ce que lui-même suscite suffisamment l'envie est-ce que son programme raisonnable et même les mots raisonnables qu'il utilise lorsqu'il est allé voir les ouvriers il a dit moi je ne vous promettrai pas des choses insensées je serai réaliste je serai honnête je serai pragmatique est-ce que ça suffit ça est-ce que les gens se satisfont de promesses comme ceci la phrase qui revient le plus aujourd'hui et qui moi me frappe c'est j'ai essayé la gauche ils m'ont trahi j'ai essayé la droite ils m'ont trahi aujourd'hui je vais essayer Marine Le Pen elle le sait ça et elle joue là-dessus et quand tout à l'heure on parlait des chances réelles qu'elle l'emporte je ne sais pas si les chances sont réelles mais elles sont sérieuses et elle l'a parfaitement compris
Patrice Duhamel avant même de savoir le résultat de ce second tour est-ce qu'on peut dire que c'est une recomposition politique qui est en cours qu'on est vraiment dans quelque chose qui bouleverse comme je le disais en début d'émission tous les chiquiers politiques oui je vais vous dire mon sentiment juste avant un mot sur la sortie de l'euro effectivement sur le changement de pied qui est quelque chose d'essentiel
ça
rend caduque me semble-t-il pour le moment jusqu'au moment où elle transformerait l'euro en franc toutes ces propositions essentielles la préférence nationale si on reste dans la zone euro c'est pas possible la surtaxation de produits apportés c'est tout simplement pas possible tant qu'on est dans l'euro donc voilà pour le reste c'est je dirais à la fois recomposition et décomposition ça va être un mélange des deux et on va se retrouver avec un système si Emmanuel Macron est élu avec les deux grands partis d'hier qui vont devenir des parties périphériques je
ne veux
pas dire petit parce que je ne sais pas ce qui sortira des législatives mais périphériques c'est à dire que la force centrale voilà et il y aura ça à la droite et à la gauche donc c'est à la fois recomposition et décomposition et ça on ne le saura pas uniquement le 18 juin au soir le soir du deuxième tour des législatives ça va continuer et ce sera d'ailleurs très différent de 2002 parce que si Marine Le Pen ne l'emporte pas mais qu'elle fait 40% ou plus ce qui est aujourd'hui tout à fait possible elle est de facto on l'a dit chef de l'opposition mais surtout le paysage politique ne peut pas retomber sur ses pattes en 2002 Jean-Marie Le Pen fait 17% il ne progresse pas entre les deux tours et les législatives qui suivent sont un échec pour le Front National les grands partis reprennent leur place là les deux grands partis historiques de la Ve République sont extrêmement affaiblis et c'est vrai que plus le score de Marine Le Pen sera important notamment plus pour la droite ce sera compliqué d'espérer revenir en force au Parlement et ça on l'oublie quand on parle des législatives et que certains responsables de la droite disent mais on va pouvoir gagner on va pouvoir gagner les législatives et faire une majorité de cohabitation bon imaginons qu'elle gagne
bon
50,1% dimanche 7 mai elle peut gouverner ensuite elle a une majorité pour elle Mathieu Croissandeau comment concrètement elle peut diriger le pays
de
deux façons d'abord par référendum elle l'a annoncé c'est dans son programme
donc
ça va être un coup d'état référendaire tous les mois pardon juste si elle est gaulliste entre guillemets je mets vraiment les guillemets à gaulliste mais si elle est gaulliste comme elle le dit et comme le dit son éventuel futur premier ministre elle doit s'en aller si elle perd elle doit partir si elle perd donc
elle
remettrait son titre en jeu tous les mois et deuxièmement deuxièmement l'appareil d'état offre quand même les moyens de faire tourner la machine sans forcément jouer sur le Parlement et deuxièmement il n
'est
pas exclu que se recompose une forme de majorité législative c'est là où la responsabilité de Nicolas Dupont-Aignan dépasse sa seule personne on est vraiment dans un moment de recomposition historique on sait que la droite elle est traversée par une ligne de fracture qu'on a appelée la ligne Buisson dans le temps qui en gros est-ce qu'on est sur une droite qui est à la remorque du Front National sur l'agenda que lui dicte le Front National ou promeut parfois des passerelles avec le Front National pour l'instant ils étaient très peu nombreux ceux qui défendaient les passerelles entre le Front National et la droite là ce que fait Dupont-Aignan fait que ça va sauter là et puis de l'autre côté il
y a
une droite qui est plus libérale plus attachée à l'Europe à la mondialisation et donc on peut avoir autour d'une partie de la droite qu'on appelle dure qui se dit c'est là que ça se joue désormais parce que de toute façon les républicains se sont effondrés et qu'à gauche la gauche va se recomposer il faut rebâtir une forme de majorité autour de l'identitaire et quand vous entendez parler Marion Maréchal-Le Pen quand vous entendez parler certains ténors de la droite dite républicaine vous voyez qu'il y
a
des passerelles sur l'identitaire les sens communs on voit bien ils soutenaient François Fillon ils vont basculer chez Le Pen donc les passerelles elles sont naturelles de ce côté là et donc on ne peut pas non plus exclure qu'elle ait sinon une majorité en tout cas un nombre de députés suffisant pour pouvoir mener une bataille parlementaire et s'appuyer le cas échéant de temps en temps sur d'autres groupes qui viendraient soutenir tel ou tel projet
Alors
Emmanuel Macron lui il poursuit sa campagne hier soir il a dénoncé la position de Jean-Luc Mélenchon qui ne donnera pas de consigne de vote pour le second tour ce matin il était dans la Vienne au contact des électeurs Laurent Hirsch et David Lemarchand En visite ce matin sur une exploitation agricole dans la Vienne
Emmanuel
Macron vient concurrencer Marine Le Pen sur son terrain de prédilection
la
défense de la France rurale l'occasion aussi de dénoncer l'accord que vient de passer sa rivale avec le leader de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan ça montre que d'une part il y
a
une vraie clarification de la vie politique française je le disais il y a une droite réactionnaire nationaliste anti-européenne qui s'est structurée et qui aujourd'hui est une force politique importante et au deuxième tour de cette élection présidentielle c'est un élément de clarification et face à elle il y a un bloc progressiste que je représente qui défend la France Saletant pour Emmanuel Macron hier après-midi il apprend qu'il doit renoncer au soutien de Jean-Luc Mélenchon après 5 jours de diète médiatique le candidat des insoumis sort de son silence pour dire
qu
'il ne dirait rien
ce
qu'il nous est demandé
ce
n'est pas un vote anti-fasciste ce n'est pas un vote anti-extrême droite ce que nous demande monsieur Macron il l'a dit il nous demande un vote d'adhésion
vous
comprenez
non
nous n'adhérons pas à ce projet
quel
que soit le résultat du deuxième tour nous avons affaire à deux personnages qui tous les deux portent un projet qui va diviser tout le monde
créer
une pagaille inouïe dans ce pays renvoyer dos à dos les deux finalistes une attitude grave une faute dénoncée quelques heures plus tard par Emmanuel Macron en meeting hier soir à Châtellerault aux côtés notamment des dits Cresson
et
que j'entends certains responsables
politiques
se glorifier de nous comparer au Front National
ce
qu'il y a aussi dans notre pays
c
'est un affaiblissement moral c'est une perte de repères profondes et cela nous ne pouvons pas nous y résoudre
pour
le candidat d'en marche c'est la fin d'une mauvaise semaine de campagne
on
lui reproche une attitude et un discours triomphaliste au soir du premier tour suivi d'une fête malvenue dans une brasserie parisienne
deux
jours plus tard sa rencontre chaotique avec les salariés de Whirlpool a elle aussi laissé des traces
une
fin de campagne en demi-teinte et des soutiens parfois du bout des lèvres Martine Aubry par exemple a attendu jusqu'à hier soir pour afficher son choix
pour
moi j'ai jamais pensé un seul instant qu'il y ait eu un doute sur le choix de mon bulletin de vote ça a été Chirac ça a été Xavier Bertrand l'année dernière et ça sera bien sûr Macron le 7 mai
dans
ce contexte les militants redoublent d'efforts pour convaincre les électeurs
qui
souvent se montrent sceptiques face aux candidats d'en marche
vous
pensez qu'il va aussi intégrer le programme des autres candidats qu'il a
oui donc
par exemple le programme de monsieur Mélenchon vous pensez qu'en partie il sera récupéré par
monsieur Matthe si
j'ai pas quelqu'un qui me convainc complètement sur la plupart de mes idées
je compte pas
adhérer
à ses propositions je pense qu'il va falloir qu'il renforce qu'il soit beaucoup plus punchy qu'il se renforce qu'il enlève cette image de personne peut-être trop consensuelle
à
une semaine du second tour la dynamique est du côté de Marine Le Pen
dans
les sondages elle remonte légèrement mais c'est surtout le taux d'abstention attendu ce dimanche
qui
est en hausse
c
'est intéressant d'entendre les réactions des militants sur le terrain vous avez entendu il faut qu'il soit plus punchy il est trop consensuel ils sont inquiets les militants ils ont raison Mathieu Croissant ils ont raison de l'être je pense qu
'ils
sont inquiets autour d'Emmanuel Macron aussi il faut reconnaître qu'il n
'a
pas fait un bon début d'entre-deux-tours on a beaucoup glosé sur le côté un peu hors-sol de sa prestation de dimanche soir moi je pense que c'est moins la rotonde qui est embêtant que le discours qu'il a tenu qui n
'était
pas un discours de situation c'est à dire à la hauteur
à
la hauteur en tout cas oui c'était pas un discours adapté à l'événement il fallait qu'il s'adresse aux français qu'il souligne le risque démocratique il a commencé par parler de lui ensuite il s'est adressé à ses supporters on n'était pas c'était un complet décalage et puis ensuite je crois qu'ils n'ont pas bien mesuré que rien n'était joué jusqu'au deuxième tour ils n'ont pas bien mesuré non plus à quel adversaire ils avaient à faire autour d'Emmanuel Macron parce que Marine Le Pen n'est pas une adversaire comme les autres donc on n'est pas dans un duel à fleur et moucheter projet contre projet avec un candidat de l'échiquier classique on est avec quelqu'un qui ne recule devant rien on l'a vu qui est prêt à torpiller les déplacements de campagne ou à tenter de les torpiller comme elle l'a fait avec Whirlpool qui fait de la politique et qui fait à sa façon c'est pas très surprenant de la part du Front National beaucoup de démagogie donc là je pense qu'ils ont pris un ou deux wagons de retard dans les deux premiers jours après il a tenté de rétablir et de retomber sur ce pat en faisant des déplacements une prestation dans une émission télévisée jeudi soir qui a été jugée plutôt pédago mais c'est toujours plus dur de faire de la pédagogie quand on est face à la démagogie c'est vrai que ça ça percute moins ça imprime moins donc je pense qu'ils ont pris conscience qu'ils avaient une semaine supplémentaire à tenir et qu'il fallait l'occuper et pour l'occuper je pense qu'il faut qu'ils parlent à la gauche parce que c'est vrai qu'on ne l'a pas entendu tellement essayer de parler à la gauche à ces électeurs désorientés on viendra sans doute sur la position de Jean-Luc Mélenchon tout à l'heure et puis on ne l'a pas vu non plus avancer sur des idées sur des projets de façon un peu plus combative question SMS pour prolonger ce que disait à
l
'instant Mathieu Croissando Macron se rend-il compte du danger de l'abstention et réalise-t-il qu'il n'est pas dans la configuration de Chirac en 2002 ? Oui je pense d'ailleurs il l'a dit dans ses dernières interventions mais je rejoins Mathieu Croissando c'est vrai que dimanche soir quand on a vu son intervention on n'a même pas assisté ou avoir le sentiment de cette dramatisation à laquelle il aurait pu je dirais même tactiquement procéder pour mobiliser tout de suite les électeurs qui voulaient faire barrage au Front National ça c'est le premier point ensuite il y
a
un deuxième point qui bien sûr dépend de l'explosion du clivage droite-gauche dont on a parlé mais aussi du fait que les troisième et quatrième Fillon et Mélenchon sont quasiment à égalité et ça ça rend une complication dans la tactique de campagne quand Nicolas Sarkozy en 2007 arrive nettement en tête et qu'il a un troisième qui est François Bayrou qui fait 18% alors que Jean-Marie Le Pen t'as 10% il sait qu'il doit se tourner d'abord vers les électeurs de François Bayrou c'est là où il y a le plus grand réservoir à l'inverse en 2012 Nicolas Sarkozy n'y arrive pas il se tourne plus vers les électeurs de Marine Le Pen dans l'entre-deux-tours là pour Emmanuel Macron c'est très compliqué de savoir est-ce qu'il faut plutôt parler à l'électorat de droite du centre-droit les électeurs de François Fillon notamment sur les questions économiques on sait que là il y a plus de convergence
sur
ces sujets-là ou est
-ce
qu'il faut plutôt aller parler aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour les mobiliser sur les questions sociétales et d'éducation et ça ça fait que Emmanuel Macron fait cette première semaine de campagne plutôt sur la défensive que sur l'offensive oui et c'est vrai que pour aller dans votre sens hier par exemple il a rencontré Jean-Pierre Raffarin il était dans la Vienne bon puis ensuite il y avait Edith Cresson qui était au premier rang de son meeting alors est-ce que c
'est
la bonne stratégie finalement ce rassemblement permanent hétéroclite Virginie Leguet
? bah
ça fait pas très renouveau ça fait pas très 2.0 Raffarin Edith Cresson franchement sans
leur faire injure c'est vrai que ça fait pas 2.0 ils
sont sympathiques ils ont une longue carrière politique derrière eux mais voilà c'est pas exactement mais surtout Emmanuel Macron il devrait s'adresser aux français tout court leur raconter une histoire leur raconter l'histoire de cette campagne présidentielle leur raconter l'histoire de leur pays de la situation dans laquelle ils sont aujourd'hui je ne sais pas à qui s'adresse en ce moment il a l'air de s'adresser à un petit groupe de gens qui le trouve formidable mais il faut qu'il parle à ses électeurs et je ne sais pas pourquoi ils ne leur parlent pas il y a quelque chose à leur dire il y a une histoire pourquoi la France est dans cet état là aujourd'hui de colère de frustration d'incertitude pourquoi les deux principaux partis politiques ne sont pas au second tour pourquoi ils ont joué à ce dégagisme qui a fait que Nicolas Sarkozy a été éliminé au premier temps de la primaire Alain Juppé au second que François Hollande n
'a
pas pu se présenter à sa propre succession ce qui ne s'était jamais produit pourquoi la situation on est là il faut qu'il le raconte il faut qu
'il
dise que lui est l'homme qui est capable de prendre la succession de cette situation est
-ce qu'il gère cette campagne comme s'il était au fond face à n'importe quel candidat est-ce qu'il aurait dû dramatiser les choses comme Jacques Chirac l
'a
fait en 2002 on s'en souvient dès le sort du premier tour
moi
je suis d'accord avec beaucoup de choses qui ont été dites mais petit bémol quand même moi à titre personnel quand j'ai regardé les résumés de ce qui a été de ce qui s'est passé à Amiens chez Whirlpool j'ai trouvé qu'il s'en était plutôt bien tiré et de ce que j'ai pu observer depuis il n'a pas été laminé ce jour-là par l'initiative qui était un coup de com' de Marine Le Pen il y a une chose qui n
'est
pas une anecdote qui peut faire comprendre ce qui se passe chez Marine Le Pen et effectivement le fait que je pense qu
'il
ne dramatise pas assez moi j'ai plusieurs témoignages je ne
sais
pas si vous avez dû peut-être les avoir aussi selon lesquels en 2002
quand
Jean-Marie Le Pen a appris vers 7h du soir qu'il était au deuxième tour il était furieux et pourquoi il était furieux parce qu'il savait son objectif c'était d'éliminer Chirac de la scène politique il espérait que Jospin allait gagner au deuxième tour il a compris tout de suite qu'il allait se faire écraser par Chirac c'est à 80-20 voilà il n'était pas dans la peau du vainqueur potentiel aujourd'hui elle pense qu'elle peut gagner elle fait tout ce qu'il faut et entre les deux tours en 2002 Jean-Marie Le Pen il a fait une
une
campagne d'une banalité j'allais dire absolument infligeante en plus de ses idées il a quasiment d'ailleurs quasiment pas fait campagne à ce moment là c'est une vraie différence il y a une chose qui moi me frappe je n
'ai
pas la réponse peut-être que vous l'avez dans le Figaro ce matin quand la question lui est posée sur non pas la main tendue mais est-ce qu'il pourrait y avoir une coalition avec soi les républicains
à
Emmanuel Macron à Emmanuel Macron
pardon
ou au PS il les rejette assez sèchement
je
ne comprends pas bien pourquoi parce que pour le reste ça peut apparaître ambigu parce qu'il continue à assumer d'être et à droite et au centre et à gauche donc à droite etc là je ne mesure pas bien pourquoi je ne vois pas bien pourquoi il rejette ce type d'hypothèse politique comme ça au milieu de l'entre-deux-tours je ne
sais
pas quel est votre sentiment je pense que ça prouve sa fragilité du moment c'est-à-dire qu
'il
ne
veut
pas une déclaration qui puisse servir d'épouvantail à un camp ou à un l'autre quand on voit le niveau d'abstention programmé je parle sous le contrôle de Bernard dans l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et en partie aussi de François Fillon il marche sur des oeufs il fait très attention là-dessus mais en tout cas il y en
a
un pardon de vous couper mais il
y
en a un qui a compris je pense que l'heure était grave François Hollande qui appelle à nouveau quelques jours donc après son intervention solennelle à nouveau à voter Macron ça s'est passé il y a quelques minutes à Bruxelles où se tient un sommet européen regardez
mais
le front républicain il est
tout
simplement
un
réflexe démocratique
ça
ne devrait même pas être un sujet de discussion
pour
les forces républicaines j'entends ou pour les personnalités qui sont dans le champ démocratique
dans
le champ de la république ça ne devrait même pas être un sujet
on
prend le bulletin en l'occurrence aujourd'hui c'est le bulletin Macron
et
on le considère comme le bulletin qui empêche
l
'extrême droite et qui donne à la France la certitude qu'elle restera fidèle à elle-même voilà François Hollande qui lui dit il n'y
a
pas de lieu d'hésiter sur le
fond il a raison il dit des choses sensées en vieux routier de la politique qu'il est mais je ne sais pas s'il raconte la situation telle qu'elle est aujourd'hui le fond républicain il n'existe plus à gauche comme à droite on voit bien les ambiguïtés de Mélenchon on voit bien comment se comportent les personnalités de droite on voit bien que tout saute donc là ce discours-là il est presque un peu abstrait un peu loin de la réalité du moment
sur
le papier il a parfaitement raison de le dire ça devrait être la règle le fond républicain d'ailleurs ça a été la règle jusqu'à aujourd'hui mais ce n'est plus du tout la règle depuis une semaine
il
faut distinguer à mon avis d'ailleurs deux choses il peut y avoir un fond républicain j'allais dire citoyen par exemple on l'a vu aux élections régionales il y a eu entre les deux semaines des élections régionales dans les deux régions où le fond national pouvait l'emporter une mobilisation y compris on l'a vu 7 à 8 points de participation en plus dans les deux régions qui étaient concernées ce dont les gens ne veulent pas sans doute c'est l'aspect consigne de vote ils ont envie de pouvoir faire leur choix tout seul mais c'est vrai que le front républicain politique qui était grosso modo tous contre le front national cette digue là et c'est la première fois à l'élection présidentielle elle a évidemment sauté alors justement 15 ans après le 21 avril le front républicain n'a vraiment plus le même éclat le front national s'est-il banalisé ou bien c'est est-ce la société qui a changé en tout cas il n'y a pas cette fois de grands rassemblements en France notamment à l'occasion du 1er mai Thomas Jarion et Clément Voyer 21 avril 2002 les résultats viennent de tomber Jean-Marie Le Pen est au second tour
c
'est catastrophique pour la France catastrophique pour la démocratie une réaction épidermique s'empare de toute la France manifestation spontanée dans les grandes villes comme ici à Strasbourg
toute
la semaine les rassemblements se succèdent le vote pour Chirac ne fait aucun doute
15
ans plus tard l'esprit du 21 avril semble bien loin
dès
l'annonce des résultats seule une poignée de militants d'extrême gauche étaient dans la rue
et
les slogans ont changé en 2017 pour une partie de la jeunesse
c
'est ni Le Pen ni Macron
dans
leur loco
parisien
les étudiants de l'UNEF ont bien conscience que l'état d'esprit de la jeunesse a changé
le
soir même quand on a vu les résultats on est allé à République il n
'y
avait quasiment personne
peut
-être aussi que cet effet de surprise qu'on n'avait pas par rapport à 2002 à jouer et peut-être qu'aussi 15-20 ans de dédiabolisation du FN sont passés par là
nous
notre travail en tant que syndicat étudiant c'est pas d'être révolté qu'il n
'y ait
pas de mobilisation c'est d'expliquer encore et toujours en quoi le programme du Front National il n'est pas bon
c
'est dans la rue que l'UNEF veut porter son message anti-FN il prépare la manif du 1er mai ils appelleront à voter Macron même si convaincre sera difficile
malgré le fait qu'on ait lutté pendant 5 ans contre Macron on va quand même aller voter pour lui pour sauver le cadre démocratique et pour pouvoir être dans la rue après pendant 5 ans ce qu'on n'est pas sûr de pouvoir faire avec Marine Le Pen
alors
ils ont choisi leur mot d'ordre la jeunesse emmerde toujours le Front National
demain on est là très tôt pour rappeler notamment tout le monde pour faire en sorte qu'on organise le 1er mai
le
1er mai en 2002 l'événement avait réuni plus d'un million de personnes dans les rues
et
contrairement à leurs habitudes les syndicats
avaient
défilé ensemble
il
s'agit aujourd'hui de dire attention l'abstention le vote blanc demain c'est un piège parce qu'il va gonfler artificiellement le poids du courant d'extrême droite
cette
année pas d'unité syndicale et de rassemblement d'un côté la CGT FO UNEF de l'autre la CFDT ses alliés réformistes
en
2002 il y avait eu un Front syndical très fort on avait réussi à dire ensemble que la démocratie était menacée et qu'il fallait la protéger aujourd'hui des organisations syndicales souhaitent qu'il y ait ce message mais aussi qu'il y ait des critiques sur les partis politiques les politiques qui ont pu être menées pour la CFDT le débat reste le même qu'en 2002 c'est d'abord protéger notre démocratie
mais
l'esprit du 21 avril c'est aussi la prise de position des artistes
sur
Facebook Luc Besson appelle à voter Macron
l
'actrice Léa Cédoux le groupe de rap I am et le comédien Philippe Torretton veulent aussi faire barrage au FN
même
la légende Zinedine Zidane a un message pour les français c
'est toujours le même
c
'est toujours le même celui de 2002 en fait je suis loin de toutes ces idées là de ce Front National donc voilà
donc
évitez évitez au maximum ça
en
2002 le monde de la culture était allé bien plus loin avec une soirée anti-FN au Zénith de Paris et un appel général à voter Chirac
les
gens n'écoutent plus les hommes politiques et peut-être ils vont nous écouter nous c'est ce que j'espère
cette année aucun rassemblement de ce type n'est encore prévu
15
ans après Mathieu Croissandeau on s'est habitué
?
je pense qu'il
y a
un effet de sidération qui n'est pas là parce que souvenez-vous 2002 c'est une surprise là ça n'est pas une surprise tous les sondages qui ont bien fait leur boulot il faut le souligner pendant cette campagne les sondeurs avaient pronostiqué la présence de Marine Le Pen au second tour donc du coup il n
'y a
pas l'effet de surprise il y
a
sans doute une forme de lassitude aussi dans une partie de
l
'électorat de gauche de se dire à chaque fois à chaque fois on nous somme d'aller voter pour le candidat de droite c'est ce qui s'était passé jusqu'à présent pour empêcher le Front National donc peut-être qu'il
y a
une forme de lassitude et puis il y a à mon avis surtout le signe d'une énorme confusion des valeurs quand on entend Jean-Luc Mélenchon tenir les propos qu'il tient dimanche soir au soir de l'élection et jusqu'à hier dimanche soir il dit quand même deux choses un il ne prend pas position deux il explique qu'ils respecteront les résultats quand on en est là un candidat à la présidentielle dans un régime démocratique qui dit de toute façon on respectera les résultats comme si c'était nécessaire de le souligner vous vous rendez compte où on en est il
y a encore
il évoque une demi contestation du résultat mettre un signe égal entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen c'est très nouveau ça n'a pas eu lieu en 2002 il n
'y a
pas de signe égal entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac y compris pour les plus purs opposants ça n'est pas la même chose c'est insensé de pouvoir mettre un signe égal alors c'est pas la première fois qu'il
y a
un rendez-vous qui n
'est
pas pris avec l'histoire en partie dans l'extrême gauche souvenez-vous pendant la seconde guerre mondiale il y a une partie de l'extrême gauche qui condamne l'impérialisme américain la libération de Roosevelt et qui la met sur le même plan que ce que fait l'Allemagne l'Allemagne d'Hitler donc il y a des moments où la confusion des valeurs est telle qu'on ne voit pas les enjeux essentiels et je pense que c'est ça qui explique aussi la phrase du Front républicain Quels sont les risques de cette absence de Front républicain de cette hésitation ? Question SMS Va-t-on vers un résultat serré et une assemblée sans majorité ? Virginie Leguay
? On
va peut-être vers un résultat plus serré que ce qu'on imaginait au lendemain du premier tour je crois que les premiers sondages donnaient un résultat qui pourrait être de l'ordre de 40-60 je ne suis pas sûre que cet écart sera si important
Du
coup est-ce qu'il risque d'être l'expression un peu bizarre mais mal élu ?
Il risque non seulement d'être mal élu mais de faire un quinquennat qui commencera dans des conditions extrêmement difficiles parce que s'il est élu et qu'il a face à lui une Marine Le Pen très forte et donc des électeurs qui l'auront contesté jusqu'au bout comment il va faire ?
Oui mais ça c'est toutes les élections il y
a
toujours quand
ça se joue à 51-49 Mais là on n'est pas
dans une élection classique on est face à un Front national qui n'a jamais eu des scores aussi importants et qui n'aura jamais dimanche prochain de scores aussi
importants
qui n
'a jamais
eu ça ne s'est jamais produit et si ce n
'est
pas cette fois-ci ça sera la prochaine fois si ce quinquennat-là n'est pas réussi si Emmanuel Macron n'arrive pas admettons qu'il soit élu n'arrive pas à imposer quelque chose
de
sa politique et de ses réformes pendant 5 ans la prochaine fois elle va être élue
Le
risque de toute façon pour les 4 candidats qui ont chacun fait moins de 25% c'était d'être un président sans élan Emmanuel Macron même s'il l'emporte ne sera pas dans la situation de Nicolas Sarkozy en 2007 Nicolas Sarkozy il sort du premier tour avec 31% des suffrages c'est un élan pour réformer ça veut dire que les électeurs qui ont voté pour lui au premier tour sont plus nombreux que ceux qui l'ont rejoint au second tour là dans tous les cas ça sera l'inverse il y aura plus d'électeurs qui n'auront pas voté
pour celui ce
sera pareil pour Marine Le Pen 24-21 mais même si c
'est
51 ça c'est le premier point et puis le deuxième point c'est bien sûr l'évolution de l'abstention traditionnellement en France à une élection présidentielle la participation progresse parfois légèrement en 2012 1 point parfois plus fortement en 84 points en 2002 8 points il n'y a qu'une seule exception historique on la connait c'est 1969 avec la fameuse consigne de Jacques Duclos bonnet blanc et blanc bonnet et là on a 2 millions d'électeurs qui désertent les urnes mais si la participation recule dimanche prochain évidemment le président même s'il aura été légitimement élu sera déjà affaibli Patrice Duhamel c'est terrible ce qu'on est en train de se dire c'est que cette élection présidentielle au fond quelle que soit l'issue du second tour si c'est Marine Le Pen ça peut être un chaos politique si c'est Emmanuel Macron il aura un problème de légitimité presque immédiat
je
peux juste ajouter quelque chose je pense dans la responsabilité de la situation de cet entre deux tours où il y a une absence vous avez raison de sidération on a l
'impression
que c'est relativement dimanche soir effectivement on s'y attendait c'était etc moi je pense qu'il
y a
une responsabilité aussi d'un certain nombre de grands leaders des républicains et que pardon mais quand on voit ni Macron ni Le Pen ça rappelle quoi Nini qui a inventé le Nini
c
'est quand même la droite républicaine et je pense qu'il faudra à un moment quand les leçons devront être tirées ça va être intéressant de se souvenir qui a dit quoi et qui a fait quoi
quand
Fillon quelques jours avant le premier tour envisage de nommer au gouvernement quelqu'un de sens commun
je
veux dire on n'est plus dans la porosité entre les républicains et
le
Front National je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qui a été dit sur l'élan peut-être mais un président de la république surtout 39 ans le profil de Kennedy 10 ans de moins que Giscard dont on avait dit vous avez vu comme il était jeune etc même s'il est élu avec 55-56% il y aura une dynamique après compte tenu de la décomposition recomposition du paysage politique jusqu'à présent
à
chaque fois qu'un président a gagné et qu'il y
a
eu des législatives dans la foulée notamment depuis le quinquennat à chaque fois ça a été très
large j'ai dit
qu'il n'aurait pas de majorité ah non non mais je n
'ai
pas dit ça donc là comme on va de surprise en surprise depuis 6 mois ça serait la surprise ultime puisque ça serait la première fois à chaque fois la majorité était là en 88 elle a été un peu étroite mais Mitterrand
très bien
oui mais Mitterrand ne
s
'était pas battu pour qu'il
y ait
une large majorité non plus ça lui allait ça lui allait parfaitement bien ce qui s'était passé là ça serait l'ultime surprise Mathieu Croissandeau vous pensez qu'il y a comme ça qu'il y a un lendemain difficile pas d'état de grâce enfin ça dépend ça dépend du score qu'il fera après quand on est élu par plus de 6 Français sur 10 moi je rejoins c
'est ça
c'est autre chose il
y a un effet
de souffle une victoire à la présidentielle entraîne toujours un effet de souffle qui peut être fort ou qui peut être léger mais il y
a
un effet de souffle quand c'est par un homme qui s'est lancé en politique il
y
a un an qui se sera hissé au second tour et s'il est élu à l'Elysée ça va avoir un effet de souffle à mon avis énorme donc on regardera moins les soucis d'entre deux tours savoir s'il fallait qu'il aille chez Whirlpool ou pas qu'il y aille et qu'il a invité à la rotonde que cette rupture fondamentale dans notre histoire politique qui est l'arrivée d'un homme dit neuf avec en tout cas un parcours qui n'était pas un parcours classique pas soutenu par un parti mais je pense qu
'il
y
aura
quand même un certain nombre de candidats qui seront élus derrière Voici Gilles Carre une fois m'avait dit longtemps après l'élection il m'avait dit il
y a
une chose que vous les journalistes vous ne mesurez pas c'est quand il y
a
une élection présidentielle au deuxième tour et même au premier tour à 20h01 la situation politique a complètement changé elle n'a pu rien à voir avec ce qui se passait avant donc si Macron est élu le 7 mai à 20h01 le paysage politique en
plus de la
reposition aura changé Voici maintenant vos questions SMS et internet
Tiens
on revient sur le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan va-t-il en appeler d'autres ralliements et si oui lesquels Virginie Le Guay il y a d'autres noms
Philippe De
Villiers Philippe
De
Villiers Henri Guéno Henri
Guéno
qui hier a tweeté quelque chose d'assez enthousiaste pour Marie
Le Pen
C'est un vrai gaulliste Henri Guéno ce qui n'est pas le cas de Dupont-Aignan
Je
ne
sais
pas si c'est un vrai gaulliste Henri Guéno je ne sais pas et
puis
de toute façon Il pourrait rejoindre Marine Le Pen ?
Non
mais je dis ça je n'en sais rien
ça fait
partie des noms qui circulent et en tout cas ça ne fera qu'alimenter son moulin ça dira
aux
électeurs on peut très bien voter Marine Le Pen Il
y avait qui dans votre gouvernement dans le numéro où vous aviez fait les 100 jours de
Marine Le Pen ? Il
y avait d'autres hommes de droite dont on ne donnera pas de nom parce que là pour le coup ça serait le procès d'intention c'était
quand même un scénario
mais ça montre qu'on peut avoir commencé sa carrière comme chef de cabinet de François Bayrou et finir avec Marine Le Pen ou dans le cas d'Henri Guéno si jamais il franchissait d'avoir été séguiniste qui
aïssait le Front National dans les
bras de Le Pen ça montre que la confusion des valeurs elle touche tous les chiquiers Question suivante en quoi Nicolas Dupont-Aignan est-il gaulliste ? Comme il l'affirme Vous nous avez dit
non En rien En rien En rien
Zéro Il n'y
a
pas un argument Personne pour défendre le gaullisme
de Nicolas Dupont
-Aignan Bernard Sananès Certains électeurs retrouveront peut-être l'aspect souverainisme
qui ne
résume pas
tout le gaullisme loin de là Dans
la lecture de certains électeurs ça peut être ça Les Républicains modérés et l'UDI le centre ne devrait-il pas se rapprocher plus directement de Macron et proposer ainsi un large rassemblement
? Ils
l'ont fait déjà ?
Bruno
Le Maire Nathalie Kosciusko-Morizet Alain Juppé ils ont déjà dit assez clairement les choses Est-ce que ça devrait être plus ferme
? Mais
en même temps il n
'y
a pas le sentiment
qu
'Emmanuel Macron qui a pourtant fait du « et droite et gauche » un élément fondamental de son offre politique ait envie de traduire ses soutiens en rassemblements politiques mais plutôt en des ralliements C'est vrai que l'idée d'avoir un gouvernement pluriel vous parliez tout à
l
'heure d'interview au Figaro c'est vrai que quand on lit ça on ne se dit pas alors que c'était dans l'offre d'Emmanuel Macron il va ouvrir une majorité et il veut des accords il veut des accords politiques c'est peut-être un des points qu'il va préciser dans la deuxième semaine de campagne parce qu'il sait que justement vis-à-vis de l'électorat du centre c'est important C'est aussi surtout qu'il
y a
une question de timing pour les élus républicains qui se disent quand est-ce qu'on le rejoint si
jamais
on doit le rejoindre on y va dès maintenant et quitte à avoir une étiquette en marche pour les législatives ce qui pour certains risque d'être compliqué ou est-ce qu'on joue le coup à fond en se disant sur un malentendu on pourrait remporter la majorité à l'Assemblée et à ce moment-là imposer à Emmanuel Macron une cohabitation ou en tout cas se faire élire sous notre étiquette et venir derrière
Le
ralliement de Nicolas Dupont-Aignan peut-il nuire à Marine Le Pen
?
Est-ce que ça peut être une mauvaise nouvelle pour elle ?
On
ne
voit
pas très bien comment
? Il peut éventuellement
contrarier des électeurs les électeurs de Mélenchon qui éventuellement 15% je crois qui s'apprêtaient parce que là ça fait double dose Marine Le Pen et Dupont-Aignan franchement c'est de là les électeurs de Mélenchon qui pouvaient imaginer ça ça doit quand même les refroidir
légèrement Mais ça peut
donner des arguments à Emmanuel Macron dans le débat pour attaquer Marine Le Pen sur son absence de cohérence par rapport à cette évolution c'est vrai ça peut être perçu quand même comme un changement de pied y compris chez des électeurs du Front National pour qui la sortie de l'euro était un élément discriminant Et elle n'avait cessé de dire je ne ferai pas d'arrangement derrière boutique enfin ça on l'a entendu énormément pas de
convivines de la part de Marine Le Pen Si on dit
ça fait longtemps qu'elle fait des œillades appuyées à Nicolas Dupont-Aignan ça fait très très longtemps et là bon bah ça y est les fiançailles sont signées le mariage est demain mais c'est un processus qui se prépare
La
prochaine question est plus un commentaire Macron a déjà fêté sa victoire Le Pen a déjà nommé son premier ministre pourquoi irais-je voter ?
Mais
parce que l'abstention favorise mécaniquement Marine Le Pen il faut quand même que les gens le comprennent
Parce
qu'à ce côté présidentiel on vote On va lire son
président Bien
Tout simplement Jean-Luc Mélenchon et ses insoumis vont-ils finir par appeler à voter Macron
?
Non Il ne le fera pas sinon il l'aurait fait On a souligné tout à l'heure l'absence de responsabilité de la part des responsables politiques c'est quand même très très curieux Ils ne le feront pas parce qu'ils jouent cette politique du signe égal mettre un signe égal entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen tout en disant mais on a toujours combattu le Front National bref ils ne disent pas les choses clairement et ils ne disent pas les choses clairement pour entretenir une forme d'ambiguïté jusqu'au bout histoire de fédérer parce qu'ils pensent c
'est
le seul moyen de fédérer toutes ces troupes de Mélenchon ce qu'on connaît mal au fond parce qu'il y avait les vrais soutiens de Jean-Luc Mélenchon ceux qui s'étaient déjà exprimés en 2012 et puis là il en a quand même deux fois plus donc comme on ne
sait
pas très bien ils ne savent pas très bien de quels horizons tout ce monde la vient ils essaient de les fédérer en disant débrouillez-vous chacun fera en son âme et conscience ce qui est le meilleur moyen
de ne pas choisir pour garder tout le monde
même mettre sur le même plan l'abstention le vote nul ou le vote de Marine Le Pen franchement c'est un changement de pied radical de la part de Jean-Luc Mélenchon
c'est inverse à toute sa carrière
à tout ce qu'il a prôné depuis 30 ans
il
veut garder l'unité de son mouvement lui aussi dans la perspective des législatives Jean-Luc Mélenchon il espère continuer et terminer sa victoire sur le parti socialiste et donc il espère avoir plus de députés
que le parti socialiste et ce qu'on
va suivre chez les électeurs Jean-Luc Mélenchon ce sera intéressant de voir notamment chez les jeunes chez les jeunes insoumis est-ce qu'ils vont s'abstenir ou est-ce qu'ils vont aller voter tu as raison de dire qu'il espère mais à l'arrivée compte tenu de ce qu'il fait depuis dimanche soir je ne
suis
pas sûr que ça l'aide précisément pour les élections législatives parce que ça va quand même troubler beaucoup de ses partisans en quoi le programme de Le Pen est-il perçu comme plus social par l'électorat populaire c'est vrai qu'on sait qu'elle marque des points dans cet électorat qu'est-ce qui séduit j'ai envie de vous répondre en rien mais voilà c'est un commentaire quand
on regarde
elle se proclame la candidate du peuple et la candidate des pauvres et caricature son adversaire qui est passé deux ans à la banque Rothschild comme un banquier donc déjà ça lui donne en termes d'image une espèce de crédibilité quand on regarde son programme les mesures qu'elle préconise à partir du moment où elles ne sont pas financées ou à partir du moment où elles s'inscrivent dans un cadre de sortie de l'euro alors qu'il
est
un peu différent aujourd'hui en tout cas ne tiennent pas la route tout a plutôt montré que les premiers enfin et là pour le coup tous les économistes qui ont fait des simulations sur les sorties de l'euro imaginées par Marine Le Pen ont plutôt montré que ceux qui trinqueraient seraient précisément les classes populaires avec un effet inflationniste un effet hausse des taux
les
manifestations du 1er mai auront-elles un impact sur le second tour
?
ça
a priori... Le Pen
tiennent tous les deux un meeting le 1er mai voilà ça sera écouté forcément
ce
sera un impact tout aura
un impact le deuxième tour ce sera le débat un des gros
enjeux de la semaine sauf événement évidemment ce sera le débat du second tour en
tout cas
je ne
dis
pas qu'il va inverser
les choses sur la manifestation
du 1er mai elle envoie quand même une image symbolique il y a des gens qui vont se dire dans 10 ans quand mes enfants me demanderont qu'est-ce que tu as voté dans cet entre-deux-tours si je leur réponds rien ça sera un peu particulier
je prends une
responsabilité
ce second tour aura le mérite de faire tomber les masques à droite comme à gauche non
à
droite comme
à gauche il
recompose en tout cas il crée un nouveau paysage
le second tour
il existe sur la décomposition générale
l'organisation Sens commun c'est-elle positionné pour un candidat au second tour
?
en tout cas elle a appelé à voter contre Emmanuel Macron oui absolument pourquoi Emmanuel Macron dans son esprit d'ouverture ne tend-il pas la main aux électeurs de François Fillon
?
il a envoyé des messages mais il veut garder un équilibre et c'est compliqué dans sa stratégie entre les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et les électeurs de François Fillon pour ne
pas
être suspecté de collusion avec la droite merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air dans un instant Anne-Élisabeth Lemoyne pour C'est l'hebdo demain ne manquez pas C'est Politique Karim Rissouli 18h35 bien sûr et j'aurai le plaisir de vous retrouver pour C'est Polémique à 19h45 avec un débat autour de la bataille des deux France incarnée par les deux finalistes et je recevrai Florian Philippot le député macroniste Christophe Castaner l'économiste Jacques Sapir la porte-parole de Jean-Luc Mélenchon Raquel Garrido et le comédien Jacques Weber très bonne soirée sur France 5 et à demain