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interviewFemmes du Monde et Réciproquement· 8 mars 2026 32 min

Aurore Bergé : « Ce qui restera ma plus grande fierté, c'est la constitutionnalisation de l'IVG »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Être femme, ce n'est pas une donnée naturelle. Moi, je pense que la société, elle est surtout faite par les hommes. Les lois sont votées par les hommes. Mais qu'est-ce que vous avez fait ? Franchement, rien, rien, rien du tout. C'est le résultat d'une histoire. Il y a pas un destin biologique, psychologique qui définissent la femme en tant que telle. Bonjour à chacun et chacune. Je suis Joseline Adrian Meptou et je vous remercie d'être au rendez-vous du podcast femmes engagées produit et réalisé par femmes du monde et réciproquement. L'organisme basé à Paris qui s'intéresse au droits des femmes à l'international et donne la parole à des femmes engagées aux quatre coins de notre planète. Partout dans le monde, les droits des

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femmes sont en recul au même rythme que régressent les démocraties au profit de dictatures et autres autocraties. politiques ou religieuses. Elles vont d'abord nous raconter leur parcours professionnel, militant et personnel. Et ensuite, pour finir sur une note plus légère, elles répondront à un petit questionnaire de Prou revisité par femmes du monde et réciproquement. Dans la série du podcast femmes engagées intitulé professionistre, nous avons recueilli le témoignage de huit femmes politiques ayant été ministres des droits des femmes depuis Michel André, la plus ancienne que nous avons pu rencontrer qui a été nommée ministre en 1988 jusqu'à aujourd'hui en 2026 où nous recevons Aurore Berger ministre délégué

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chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Bonjour madame la ministre, cher Aurore Berger, bonjour. Vous êtes donc ministre des droits des femmes depuis janvier 2024. Vous avez débuté votre carrière dans le conseil en agence de communication avant votre entrée en politique en 2017, date à laquelle vous êtes élu député des Yvelines. Réélu en 2022, vous devenez présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale et vous êtes ainsi devenu la première femme à prendre la tête du groupe majoritaire. Vous entrez au gouvernement en 2023 en tant que ministre des solidarités des familles et vous êtes ensuite nommé ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations en janvier 2024 dans le

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gouvernement à Tal avec une courte interruption entre septembre et décembre 2024. Vous reprenez alors ce portefeuille dans le gouvernement puis vous êtes reconduite en octobre 2025 dans les gouvernements le cornu 1 et 2. C'est un mandat dont vous tenez la barre fermement malgré les turbulences des changements de gouvernement qu'on a pu observer il y a quelques temps. Qu'est-ce que cette relative longévité par les temps qui courent vous a permis d'installer en matière de droits des femmes et quels sont vos chantiers en cours ? Alors déjà, j'espère de la confiance parce que pour euh réussir euh sur la lutte contre les violences faites aux femmes, sur la question de l'égalité, l'égalité professionnelle, il faut quand même déjà avoir la confiance

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de celles et ceux avec lesquels on a besoin de travailler parce que c'est un ministère dans lequel on peut pas réussir seul. Si tentez qu'il y a des ministères, on ne pas réussir seul. euh que ce soit avec les autres ministères et administrations, que ce soit avec les collectivités locales, que ce soit avec les associations, que ce soit avec les entreprises, elles ont je pense que chacun a vu à la fois ma sincérité et mon engagement et ma détermination à faire avancer euh ces causes et un certain nombre de de sujets. Moi, j'ai essayé de me concentrer sur des choses très opérationnelles et efficaces, que ce soit les universels d'urgence pour les femmes victimes de violence. Aujourd'hui, près de 70000 femmes ont déjà pu en bénéficier, c'est-à-dire une fois le dépôt de plainte enregistré,

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elles peuvent demander à bénéficier de cette aide financière d'urgence qui est délivré entre 1 et 3 jours par les cases d'allocation familiales ou les MSA pour le monde agricole. Et puis c'est une entrée aussi vers une assistance sociale et un accompagnement social. le pack nouveau départ aussi pour les femmes victimes de violence pour enfin avoir une coordination efficace, effective à l'échelle départementale parce que c'est souvent ça qui manque, c'est-à-dire que on a beaucoup d'acteurs, beaucoup d'acteurs qui travaillent mais la difficulté c'est que finalement les femmes victimes, elles sont souvent renvoyées d'un guichet à un autre, d'un interlocuteur à un autre avec donc des interlocuteurs qui changent et le risque qu'à chaque fois et bien il y ait des coupures sur les

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droits, sur l'effectivité des droits voir même des retours en arrière sur la décision qui a été prise de de quitter le conjoint violent. Là, le PAC nouveau départ dans chaque département, c'est entre 30 et 50 partenaires qui sont mis autour de la table mais avec une coordination unique. Et on voit déjà son efficacité dans les départements dans lesquels s'est mis en œuvre parce que le premier critère de l'efficacité, c'est qu'elles reviennent pas en arrière sur la décision qu'elles ont eu à prendre. faire évoluer le droit puisqu'on l'a fait évoluer ces dernières années. On a fait évoluer le droit pénal sur la notion de non consentement euh qui est je crois absolument déterminante en lien évidemment avec les parlementaires qui ont aussi porté ce texte Véronique Roton et Marie-Charlotte

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Garin. et on l'a fait vraiment ensemble et on a fait œuvre je crois à la fois utile et collective à la fois parce que changer le droit ça devrait permettre d'avoir des sanctions aussi plus claires parce qu'aujourd'hui certaines décisions situations échappent au magistrat mais c'est aussi la la manière avec laquelle ça pénètre la société sur ce que veut dire le consentement. Donc ça on a réussi à avancer. On a avancé aussi et on le fera de manière définitive en 2026 sur d'autres notions notamment la notion de contrôle coercitif pour montrer que les violences c'est pas que les coûts et qu'en général d'ailleurs ça ne commence jamais dans les coûts. Il y a d'autres types de violences qui s'installent au départ et qui permettent ensuite que les violences physiques ou sexuelles

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puissent s'installer. Des règles de prescription aussi qu'on est en train de revoir. Donc j'ai essayé ça. J'ai essayé à la fois d'avoir des choses très concrètes, très opérationnelles, très efficaces au bénéfice des femmes victimes de violence pour permettre que le départ soit le départ définitif et qu'elle n'est pas revenir en arrière sur la décision prise et puis changer le droit parce que ça veut dire changer potentiellement des décisions de justice, changer une atmosphère, un climat et mieux considérer ce que veulent dire les violences. Et puis il y a l'autre chantier évidemment qui est la question de la culture de l'égalité. Euh parce que c'est d'abord ça en fait qui est essentiel, c'est pas juste de traiter les conséquences, c'est-à-dire les violences, mais c'est d'arriver en

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traiter les fondements, en traiter les causes et notamment ce qu'on fait sur l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité au sein du monde scolaire pour que tous nos enfants aient des bases et des bonnes bases et des bases saines. Ça a été un vrai combat qu'on a mené à l'époque avec Ellisabeth Borne et et qu'on a tenu et qu'on continue à tenir aujourd'hui. parfois des des vents ou des forces contraires. C'est la question de l'égalité professionnelle. On va encore progresser cette année sur des règles de transparence salariale. Donc oui, on continue à à avancer je crois dans en effet dans la confiance et avec beaucoup de beaucoup de détermination. Est-ce que il vous semble qu'il y a une chose plus particulière qui vous semble

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avoir fait avancer les droits des femmes ? Je pense que c'est un un ensemble. C'est toujours un peu difficile de découper en disant on va garder qu'un seul aspect parce que tout ça c'est un système. C'està-dire que si on n pas l'indépendance économique et l'indépendance financière, c'est là don qu'on sait que peuvent se nicher plus facilement et peuvent se s'agriper plus facilement d'autres types de violence. Si on change pas la conception qu'on a de ce que veut dire le mot violence, des conséquences que ça peut emporter, alors malheureusement, je pense qu'on passe à côté de beaucoup de femmes qui malheureusement sont victimes. Donc c'est vraiment tout un ensembli en fait qu'on doit réussir à mettre en place. Moi peut-être ce qui m'inquiète le plus et ce sur quoi j'ai le plus envie

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d'agir, c'est c'est le risque de fracture générationnelle. J'ai 39 ans et à l'échelle de ma génération, on a été un peu bercé dans l'idée et parfois l'illusion. que de génération après génération, ça ne pouvait aller que mieux, ça ne pouvait que s'améliorer parce que nous allions grandir dans un monde où les femmes prenaient le pouvoir, les femmes prenaient la parole, où il y avait plus de parité, il y avait plus de mixité, il y avait plus de visibilité, il y avait moins d'acceptation de la violence et puis on voit que sous l'impulsion de l'industrie pornographique ici des réseaux sociaux et des plateformes là, d'un recul parfois sur des questions d'éducation à la sexualité, à la santé, et bien on a des mouvements de reflux très forts qui sont en train de se

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mettre en place et donc si on n'y prend pas garde, si on n'assume pas de se dire que c'est un combat et que ça doit rester un combat permanent, même si parfois c'est plus frustrant de se dire que ça reste un combat, et bien le risque c'est que si on arrête, on recule immédiatement. Donc c'est peut-être ça moi, ce sur quoi j'ai envie le plus d'insister euh aujourd'hui en 2026, en 2027 pour les années à venir, c'est assumons la part de combat euh que ça sera toujours absolument et assumons que nous devons avoir beaucoup de combattantes et de combattants d'égalité. Et c'est vrai qu'il y a eu des progrès, mais que la vigilance, il faut l'avoir tout le temps. Tout le temps. Dans tout cela, est-ce que vous auriez une quelque chose que vous considérez comme une réussite dont vous êtes fier ?

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C'est quand je rencontre des femmes qui ont été victimes de violence et que je vois le courage qui a été le leur de réussir à quitter les violences qu'elles ont subis, h à retrouver une estime d'elles-même, une fierté d'elle-même et à savoir que du coup les actions qu'on a mené, elles ont réussi à toucher au but. C'est-à-dire que c'est toujours la difficulté dans laquelle on est, c'est-à-dire qu'on on fait la loi, on conçoit des des dispositifs, des action et tu dis mais est-ce que concrètement ça va avoir un impact, un effet ? Et là, on s'en rend compte. On s'en rend compte concrètement parce que elles ont eu l'accompagnement nécessaire parce que investir sur des intervenants sociaux en gendarmerie, en commissariat, ça leur a

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permis plus facilement de franchir la porte et surtout d'être immédiatement accompagné parce que créer l'aide univers celle d'urgence, ça leur a permis d'avoir le soutien nécessaire immédiat dont elles avaient besoin parce que garantir un accompagnement global, ça a permis qu'elles ne remettent pas en question la décision qui était là leure. Donc moi la fierté c'est elle. La fierté, c'est euh quand je sais que ces femmes qui doivent d'abord à-même d'avoir réussi à à se sauver au sens propre du terme, elles ont aussi pu réussir parce que elles ont bénéficié de tout un accompagnement et d'une société qui s'est mise à leur service. C'està-dire que c'est les services de l'État, les opérateurs de l'État, les

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associations que nous accompagnons qui se sont mises à leur disposition pour garantir que ce soit possible. C'est cette cette fierté et puis quand même moi ce qui restera ma plus grande fierté évidemment la constitutionnalisation l'IVG. Bien sûr, j'ai porté cette proposition loi quand j'étais député présidente de groupe. Au moment où je dépose ce texte, on me dit un que ça n'aboutira jamais. Oui, de ça vous dit de toute façon c'est inutile. On a réussi à démontrer que c'était possible une majorité à l'Assemblée, au Sénat et ensuite au Congrès. Donc ça, on a fait cette démonstration que politiquement on avait encore quelques sujets qui pouvaient créer du consensus et de la fierté aussi. Je pense qu'on a été fier d'être français.

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La résonance que ça a eu dans d'autres États. Moi, je me souviens de mon homologue polonaise, là où on sait qu'en Pologne, il y a encore tant d'entra d'accès à LVG. l'impact que ça a eu parce que ça a permis de relancer un débat dans la société civile polonaise. Et puis quand à ceux qui disent que ça ne sert à rien, j'espère que ce sera quelque part toujours inutile parce que plus personne n'osera remettre en question ces fondamentaux là. Mais on voit bien à travers le monde à quel point les états de droit sont fragiles et à quel point partout dans le monde queles que soient les tentations, qu'elles soient identitaires, religieuses, réactionnaires, la première des choses qui est attaquée, ce sont les droits des femmes et le corps des femmes. Et donc au moment où on peut

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sécuriser des droits, il faut s'en donner moyens. Il faut le faire complètement. Vous parliez des européennes qui effectivement se sont senties soutenues par ce geste symbolique et au-delà et des africaines m'ont dit mais n'imaginez pas combien c'est important aussi pour nous. C'està dire que il y a aussi effectivement d'un continent à l'autre ça a une influence énorme. Donc ça c'est important. Vous avez parlé de vos principales réussites. Est-ce que vous avez un échec, une frustration ? Oui, moi j'ai un grand regret mais je pense qu'on y arrivera. C'est c'est la question de l'imprescriptibilité euh des des crimes sexuels commis sur les enfants. On n'a pas réussi à à avoir une majorité à l'Assemblée nationale au Sénat euh parce que des réussites juridiques

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ici mais je pense qu'elles ne sont pas entendables face à ce que vivent les victimes et je pense qu'il suffit d'avoir rencontré dans sa vie une seule fois des des victimes qui ont subi des violences sexuelles dans l'enfance pour comprendre que les victimes elles sont marquées à vie complètement et l'imprescriptibilité c'est dire que si les victimes elles le payent à vie il y a pas de raison que les bourreaux puissent un jour en réchapper il faut qu'ils sachent Quoi qu'il arrive toute leur vie à eux, la justice pourra leur demander des comptes. Aujourd'hui, on n pas réussi à voir cette majorité. Donc peut-être que dans ce quinquen on y arrivera pas, mais je pense que on y arrivera. C'est dans l'ordre des choses en fait. Euh c'est ce qu'on doit aux victimes. Ce qu'on doit aux

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victimes, c'est évidemment un devoir de vigilance pour qu'il n'y ait plus de victimes de violence sexuelle quel qu'elle soit et singulièrement évidemment nos enfants et qu'ils soient partout protégés et à minim détecté le plus tôt possible et accompagner et réparer le plus tôt possible. Mais pour ceux qui malheureusement n'ont pas échappé au pire des crimes parce que l'inceste c'est le pire des crimes, euh je pense qu'il faut que toute leur vie, ils aient le droit d'avoir accès à la justice. Donc ça je vraie frustration et même une vraie tristesse en fait de pas avoir réussi à avoir gain de cause sur le sujet, avoir une majorité mais je sais qu'on est arrivé. Oui, je pense parce que on parlait tout à l'heure de Michel André euh donc des années 1980

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1990 et elle me disait que elle s'est battue pour lever le tabou de l'inceste alors que ça n'était même pas euh pas envisageable. On nen parlait pas. C'est peut-être plus un tabou mais personne on parle de ces sujets là table. Personne n'a envie qu'on rentre un peu par réfraction famille en adressant cette question là. H sauf on peut pas se commenter juste de se dire que il y a des statistiques, c'est pas des statistiques, c'est des vies. C'est des vies qui sont brisé. C'est des familles qui sont brisées. C'est des trajectoires qui sont empêchées et puis c'est le crime absolu parce que c'est le crime qui inverse totalement la responsabilité, la culpabilité, la la charge, la violence. Euh donc on fait peser sur l'enfant qui a été victime, le

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poids de de cette culpabilité euh comme si c'était lui ou c'était elle qui était responsable du du crime qu'ils avaient eu à subir euh et le secret évidemment qui devrait impérativement perdurer. Donc moi je pense qu'on y arrivera même si je regrette qu'on est pas déjà fait. Selon vous en 2026 et dans les années à venir ce serait quoi alors la priorité des priorités pour les droits des femmes en France ? Je pense qu'on aime cet enjeu de culture de l'égalité et cet enjeu générationnel parce que on voit bien le mouvement de reflux qu'on a à subir dans toutes les démocraties. H donc il faut quand même qu'on arrive à redéfinir ce que ça veut dire le féminisme, ce que veut dire se battre pour les droits des femmes, c'est-à-dire tout simplement pour le respect,

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pour la dignité humaine, pour le respect de l'intégrité des choix de chacun, l'intégrité du corps. C'est ni plus ni moins ça en fait la question des droits des femmes et la question du féminisme comme mouvement politique, un mouvement politique d'abord d'émancipation et d'affirmation du respect du choix et du droit au choix de de chacune et de chacun. On voit bien qu'aujourd'hui on a des définitions qui sont très différentes et tant du coup de femmes et aussi d'hommes qui refusent de se reconnaître dans ce terme par peur qu'il soit mal apprendé, compris, galvodé ou qu'il soit caricaturé. Donc je pense que ça c'est un enjeu et c'est un enjeu qui commence dès l'enfance sur la question des stéréotypes, sur la question des biais, sur les imaginaire de nos enfants. Nos enfants ont le droit

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d'arriver en tout et de tout et qu'il ne soi pas enfermé dans leur sexe dès le plus jeune âge mais que justement ce ne soit qu'un élément parmi d'autres mais jamais un élément qui les limite, qui les empêche, qui les freine. Et ça parce que je crois que c'est la mère des batailles, elle est là parce que si on réussit ça, si on réussit à instiller cette culture du respect, de l'égalité, et bien chacun trouve absolument insupportable l'idée que la violence puisse s'installer. Chacun trouve insupportable l'idée que des inégalités de genre puissent s'installer et donc il y a pas d'indifférence par rapport à ça. Donc je pense que ce sera ça notre combat au-delà des lois et c'est ce qui est le plus difficile parce qu'il y a parfois des lois qui sont difficiles à faire venir. parlait sur la

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prescriptivité mais le plus difficile c'est le changement culturel changer d'une aide sociale là-dessus donc ça c'est en France et dans le monde ça serait quoi la priorité l'accès à l'éducation parce que aujourd'hui quand vous une petite fille naîe dans le monde elle a 2,5 fois moins de chance qu'un petit garçon d'aller à l'école et de d'avoir un accès à l'éducation éducation au sens large éducation sur les enjeux de scolarité mais éducation à ce qu'à son corps, éducation à sa santé éducation à ses droits pour connaî connaître ses droits. Donc là, le cœur il est là et c'est par hasard là aussi. Si dans les pays qui sont les plus intégristes et les plus réfractaires à la question de l'émancipation, la première des choses qu'on restreint, c'est l'accès des filles à l'éducation.

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Très bien. Alors, on va passer au deuxième volet de notre entretien. J'aimerais bien que vous évoquiez votre parcours plus personnel, celui qui a conduit la petite Aurore né à Paris 8e à la femme engagée que vous êtes aujourd'hui. Vous êtes né de parents comédiens, donc c'est ça vous destinait pas forcément à la politique. Non, mais moi j'ai eu la chance d'être élevé par des parents merveilleux et qui m'ont très tôt déjà donné confiance. Oui, je sais que c'est une chance absolument inestimable d'avoir des parents qui euh qui croient en vous et qui vous disent des le plus jeune âge euh que vous avez le droit de rêver à tout et qu'à partir du moment où vous êtes respectueux, euh que vous bossez, que vous donnez les moyens, ben en fait

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ils sont toujours présents pour vous, j'aurais pu être ce que je voulais, qui je voulais. J'ai jamais eu d'entrave, j'ai jamais eu de limite à mes rêves, j'ai jamais eu de limite à à mes envies. Euh la seule condition c'était euh euh d'être toujours honnête, toujours respectueuse et toujours travailleuse. Et à partir de là, j'avais le droit de choisir. Et ça, je sais que c'est une chance effectivement inestimable. C'est comme ça que j'essaie d'élever moi ma ma petite fille de de caler toutes les clés dans dans un monde qui reste un monde qui est brutal, qui est difficile, très versatile aussi sur des aspects. Mais je sais cette chance que j'ai eu moi j'ai un père qui s'est toujours défini comme étant féministe. Il me le

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disait plus. D'accord. Oui. C'est pas si courant. C'est pas si courant, surtout dans sa génération dans 1946. Euh et il a eu cette capacité moi à m'élever dans cette filiation là, dans ce courant de pensée là euh et dans dans cette liberté. Oui. Donc c'est cette chance là. Donc j'étais pas prédestinée mais j'avais le droit de rêver, de rêver grand et de m'en donner les moyens. D'accord. Et alors pourquoi la politique alors ? En fait, elle est venue à puisque vous aviez tous les possibles gens de tous les possibles. En fait, elle s'est imposée à moi, enfin de la même manière que c'est pas parce que je sais pas, vous voulez être médecin, avocat, infirmier, journaliste, il y a pas forcément quelqu'un dans

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votre famille euh euh qui incarne euh cette profession. Moi, mes parents étaient très loin de la politique. Moi, j'ai j'ai baigné dans mon enfance, dans les livres, dans le théâtre, dans la musique avec des amis de mes parents qui étaient plutôt scénaristes, comédien, enchanteur et euh compositeur et aucun d'entre eux ne faisait de la politique. J'avais côtoyé un homme ou une femme politique, un conseil municipal. Donc, je savais pas ce que c'était dans le sens où j'avais pas du tout de relationnel. Puis c'était un moment, ça paraît maintenant très loin. Faire de la politique, c'était pas en quelques clics sur des réseaux sociaux où on s'informait. Oui, la première fois, le premier lien que j'ai eu, j'ai écrit un courrier député. Ça m'arrê totalement désolé aujourd'hui,

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mais parce que fait il y avait pas forcément d'autres moyens d'être connecté. Et puis après, moi j'appartiens à une génération qui a vécu un choc électoral majeur qui est le 21 avril 2002. Le 21 avril 2002, c'est la première fois que le Front National à l'époque, l'extradroite est au second de l'élection présidentielle. Euh et à l'époque, c'est un choc. titre d'ailleurs là-dessus le choc euh c'est un choc pour tout le monde et toutes les générations. Oui, parce que c'était un effet de de sidération massive déjà dire donc c'est possible donc c'est possible éction présidentielle et aujourd'hui c'est devenu une habitude mais on s'est donc tous habitués à ça. Ça n'est plus une exception c'est devenu la règle, c'est devenu la norme. La question c'est qui

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sera face à eux ? On a un peu parfois le sentiment d'avoir rendu les armes d'ailleurs par rapport à ça, de ne plus considérer ça comme étant exceptionnel ou anormal ou inhabituel dans notre dans notre pays. Donc du coup, ça s'est imposé à moi à ce moment-là parce que j'avais 16 ans, parce que j'avais des convictions, parce que j'avais pas la possibilité de voter. Et donc la seule possibilité qui était la mienne, c'était de m'engager. Hm. Euh et donc je me suis engagée dans ce qui était à l'époque un parti nouveau qui était l'UMP qui était un parti qui réunissait l'ensemble des forces de la droite du centre et des libéraux on oublie mais à l'époque c'était quand même ça. C'était la réunion de plusieurs partis politiques euh et du coup ça a commencé de de cette

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manière-là dans les villes. aujourd'hui j'ai été élu par trois fois député euh et puis après voilà j'ai j'ai fait des choix politiques euh notamment après la primaire de la droite et du centre en 2016 où j'avais fait la campagne d'Allin Jupé je considérais que François Fillion représentait pas le courant de pensée qui était le mien et les idées qui étaient les miennes. Simulièrement sur les sujets que j'ai fond d'ailleurs aujourd'hui. Euh et donc par cohérence euh je suis partie euh et j'ai rejoint j'ai rejoint Emmanuel Macron à ce moment-là euh dans un moment où personne ne prédisait son élection en présence de la République et encore l'idée qu'on puisse avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale

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et assez naturellement et assez rapidement ils m'ont proposé être candidate aux législatives et donc et vous avez foncé et j'ai foncé et puis en plus moi c'était un combat face à un député qui était notoirement connu pour sa position contre le droit des femmes, contre l'IVG. Euh donc c'était Ouais. En tout cas, c'était un vrai euh de de de vision de société euh totalement irréconciliable. Totalement irréconciliable. J'ai été élu très largement en 2017. Heureusement pour les droits des fruits. Ah oui, je je pense mieux les représenter que mon prédécesseur à l'Assemblée nationale j'ai vraiment aucun doute en la matière. Très bien, merci beaucoup. Alors, j'ai

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l'habitude de terminer l'entretien avec mes invités par un petit questionnaire à la manière de Prou revisité par femme du monde et réciproquement. Le principal trait de votre caractère, la résilience. Quels sont vos principales qualités et principales défauts ? J'ai toujours du mal à répondre à ces questions. Je préfère que les autres les disent à ma place. Euh, défaut et qualité, je pense qu'il y a une part d'obstination qui fait que j'ai du mal à céder. C'est défaut d'une qualité aux qualités d' faut. C'est-à-dire que à la fois ça permet d'aller au bout et en même temps ça veut dire que parfois je peux me cadrer sur quelque chose et que j'ai du mal à passer à autre chose. Donc je pense qu'il y a il y a ça et donc une part d'impatience aussi qui va avec.

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Qu'est-ce que vous appréciez le plus chez les autres ? Euh leur courage. Quelle est la réforme politique qui selon vous a amélioré la société en général ? sans doute l'évolution de la peine de mort parce que ça a changé le rapport qu'on a à l'humanité, le rapport qu'on a au droit et à l'appel et l'exécution. H quelle définition de la France vous pourriez nous donner ? C'est quoi la France ? Sa meilleure définition, c'est sa devise, laquelle je rajouterai le mot laïcité, mais c'est sa devise parce que c'est comme ça qu'elle qu'elle éclaire, je trouve et qu'elle dit qui elle est et les valeurs qu'elle veut porter la liberté, égalité, fraternité. Oui. Et laïcité mais parce que c'est une vocation universelle. La France elle

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elle c'est pas des frontières. Euh la France c'est au-delà d'un projet politique, c'est une idée. Euh et donc c'est la manière avec laquelle ces valeurs ont une vocation universaliste et universelle. C'est ça qui est en train ça plus grande. Et alors quelle définition vous donneriez des Français et des Françaises ? Bah libre, c'est certain. H je pense qu'il y a cette soif de de liberté qui qui nous caractérise, qui fait que les Français n'aiment pas être catégorisé, qu'il n'aiment pas les histoires écrites à l'avance et qu'ils ont plutôt envie de les écrire eux-mêmes. Euh je pense que c'est ça qui les caractérise sans doute le mieux. H changeant de de sujet, si vous aviez une baguette magique, qu'est-ce que vous feriez ? Je pense que moi dans ce ministère, on

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voit le meilleur et le pire de la société. Hm hm. On voit le pire parce que quand vous êtes confronté euh aux violences régulièrement question des violences sexuelles, vous dites que vous avez parfois franchi un palier et que vous pouvez pas décorer quelque chose de plus insupportable que ce que vous avez déjà eu à affronter et en fait il y a toujours un sol supérieur. Euh donc une baguette magique serait déradiquée ce niveau de de violence dans la société au sein même des familles, au sein même des entourages parce que dans 9 cas/ 10 on connaît son agresseur la question de l'artiste en particulier parce que je pense que c'est les violences les plus insupportables. Est-ce que vous avez une cuisine et un plat favori ? Vous êtes cuisinière ? Alors non.

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Non dire la vérité je ne le suis pas. Euh je suis un très bon gâteau au chocolat. Et ben, c'est pas mal déjà. Et si vous m'en faites goûter, je suis partante. Est-ce que vous avez euh des auteursrices de chevet ou bien euh quel est l'artiste qui vous transporte dans dans n'importe quel domaine des arts ? En livre de chevell, il y a Romin Gari et Kundera. très clair et après moi j'ai été élevée par mon père dans dans les musées. Je pense que il y a pas une étape où on n pas visité tous les musée au monde et et moi j'ai toujours une admiration et pour Jean-François Miller et pour Dur qui sont mes peintes préférés.

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Si vous étiez un mot, la liberté et si vous étiez un lieu ou un monument. Moi mon le plus grand choc que j'ai eu en découvrant un lieu, c'est quand petite fille je suis allée en Italie et je suis allée à Florence. On sent très bien. Du coup, j'étais mes parents et je la main de mon papa. Je ce moment-là et de l'émotion que j'ai ressenti devant quelque chose de si beau. Il y a une émotion à Florence, il y a à la fois une force parce que c'est et et un choc. Moi, j'ai vraiment un choc amoureux, esthétique devant devant cette Et vous étiez petite ? Ouais, j'étais j'étais petite, j'allais avoir très bien très bien d'avoir saisi la main de mon père très très fort parce que j'a ressenti un choc et une émotion que

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j'avais jamais ressenti auparavant devant autant de beauté. Super. Si vous étiez une odeur ou un parfum, un gâteau au chocolat. Après 50 ans de ministère dédié à l'égalité entre les femmes et les hommes, quelle décision du gouvernement ferait réellement progresser les droits des femmes aujourd'hui ? là tout de suite parce qu'il y en a une qui changerait la donne plus que d'autres. Je pense vraiment que le contrôle coercitif c'est tout sauf àodin parce que c'est vraiment enfin reconnaître ce que ce que veulent dire les violences et tant qu'on considérera que la violence c'est d'abord les coûts, c'est uniquement les coûts, je pense qu'on passera à côté du sujet ou en tout cas de bien des sujets et de bien des victimes. C'est pour ça que moi j'aimais

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beaucoup d'engagement. Très bien. Votre devise ou votre ou le mantra qui vous sert de guide dans la vie, si vous en avez, vous avez le droit de ne pas en avoir. Vous êtes une femme libre. Euh non, mais la phrase de René Char ta chance de regarder s'abitueron. Donc il y a il y a un peu ça qui me guide mais après il y en a pas honnêtement il y en a pas une une particulière. Je pense que le le côté de d'assumer de revendiquer en tout cas qui ont d'accord. Et enfin la question que vous auriez aimé que je vous pose pas, je veux pas donner d'envie ou d'idée aux autres. Non, mais je j'ai la chance d'être dans enfin pourquoi je suis heureuse dans ce ministère aussi peut-être. C'est-à-dire que

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c'est c'est un ministère qui est un ministère de combat. Oui. Euh et ça ça veut dire queon sait quand même pourquoi on y met autant autant d'engagements. On sait que ça compte, on sait que ça change des vies, on sait que ça change des trajectoires. Euh donc voilà, ça c'est c'est aussi la force, c'est pas un ministère technique, c'est un ministère d'engagement. Les deux, il est technique parce que on appréhend des matières et des sujets qui le sont parce qu'on change le code pénal. Donc il y a évidemment une dimension technique euh mais une dimension qui est une dimension humaine, qui est une dimension sociale, qui est une dimension sociétale et puis qui dit beaucoup quand même de l'état du pays. Ouais, ce ce le rapport à à ce ministère là et pourquoi je voilà

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je suis fière en effet d'avoir résisté à à certains vents changements gouvernementaux et d'être d'être resté ici. Merci beaucoup madame la ministre, cher Aurore Berger pour cet entretien. Je vous remercie. Vous venez d'entendre le podcast femmes engagées produit par femmes du monde et réciproquement qui offre un micro aux femmes engagées partout dans le monde afin de faire entendre leur voix en toute liberté. Le podcast femmes engagé est enregistré soit dans le studio la poudre de la cité audacieux, soit en micronomade. J'ai eu le plaisir d'animer notre podcast femmes engagé avec la participation de toute l'équipe de femmes du monde et réciproquement.

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Merci à Marie Cholet, Léa Robert, Hugette Clint, Mathieu de la Souchère, Flore Lefèvre, Anita Nicolas Bruder, Sophie Pouget Larabi, Camille Goasdu, Hermine de Moiss Okolani Paneri Langer Lausi et le montage sont assurés par Thomas Dor. Un grand merci à lui. Merci à chacun et chacune pour votre écout. Être femme, ce n'est pas une donnée naturelle. Moi, je pense que la société, elle est surtout faite par les hommes. Les lois sont votées par les hommes. Mais qu'est-ce que vous avez fait ? Franchement, rien, rien, rien du tout. C'est le résultat d'une histoire. Il y a

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pas destin biologique, psychologique qui définissent la femme en tant que telle.