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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 25 avril 2016 14 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Michel Chassang: «Macron est une bulle médiatique»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Pourquoi le projet de loi Elcomerie enfonce les PME ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les éléments intéressants du projet de loi qui ont été écartés ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous en voulez au MEDF ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quels sont vos moyens d'action face à cette loi ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous allez faire d'ici à l'adoption de cette loi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Fait
    « Le projet de loi Elcomerie enfonce les PME. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Euh le projet de loi, le comerie encore et toujours et ben oui, c'est pas fini. Le feuilleton n'est pas fini et les euh petites entreprises, les patrons de petites entreprises et les professions libérales sont fort mé contents du traitement qui leur a été réservé par le gouvernement et accessoirement par le MEDDEF aussi. On va en parler avec Michel Chassan qui est le président de l'Union nationale des professions libérales. [Musique] Michel Chassan, bonjour.

J'en profite pour montrer le magazine que vous sortez. Alors bayonn hein, les petites les les les petits patrons comme on dit. Formule pas très heureuse d'ailleurs, ils n'ont pas tellement le droit au chapitre.

Alors, pourquoi euh le projet de loi Elcomerie enfonce les PME ? D'abord, le projet de loi Camerie, il est pas terrible hein hein parce que entre la première mouture qui comportait vous revenez la première mouture première mouture, il y avait un certain nombre d'initiatives qui étaient intéressantes pour les TP, on y reviendra certainement comme par exemple les indemnités plafonnées avec une barisation d'indemnités prudom qui était déjà prévu dans la loi Macron d'ailleurs. Oui, mais c'était indicatif dans la loi Macron.

Là, ça devenait opposable. Ça ça été écarté. Écarté.

Il y avait une deuxième mesure qui qui est très intéressante pour nous qui était la possibilité de mettre en place une forfaitisation du temps de travailou soit en mois soit en année hein. C'est-à-dire que vous pouviez moduler le temps de travail de vos salariés à l'intérieur de votre propre entreprise en fonction des commandes en fonction écarté. Il faut désormais passer par la branche.

C'est-à-dire qu'il faut avoir un accord de branche pour pouvoir le mettre en œuvre. L'utile de vous dire que ça change rien d'ailleurs par rapport à la situation actuelle parce que c'est déjà comme ça. Autre élément, c'était la possibilité de moduler le temps de travail au sein d'une entreprise.

Euh on était passé à 16 semaines, c'était convenable. Malheureusement, on est revenu à 9 semaines, ce qui est tout à fait inacceptable. C'est qu'on pouvait moduler temps de travail dans la première mouture à hauteur de 16 semaines.

Et maintenant, c'est 9 semaines. 9 semaines. Voilà.

Donc il y avait des éléments intéressants. Il n'existe plus ce projet de loi tel qu'il existe. Il y a simplement une petite petit élément qui est intéressant, c'est le fait de pouvoir définir les causes de licenciement économique.

Ouais. Et les définir en fonction de la taille de l'entreprise. On voit bien que ça va être compliqué parce que ça risque d'être ça risque d'être toqué par le conseil constitutionnel.

N'oublons pas que celui même conseiller constitutionnel a retoqué le principe d'une indemnisation une barisation plus celle indicative dans la loi Macron de l'an dernier en fonction de la taille des entreprises. Donc le le le gouvernement fait le jeu des grandes entreprises. Le gouvernement incontestablement fait le jeu des grandes entreprises.

Alors non mais c'est pas ce qu'il dit parce qu'il dit l'inverse. Il dit il faut il faut mettre en œuvre des mesures spécifiques favorables aux TPE aux petites entreprises. Mais dans le même temps, il fait l'inverse.

Pourquoi il fait l'inverse ? met pas ses accords en accord, ses actes avec ses parents bah non, il fait strictement l'inverse de ce qu'il dit parce que au lieu de les aider les petites entreprises, il les enfonce. Et je vais vous donner un exemple très concret.

C'est ce fameux article 19 dont personne ne parle. Alors article 19, c'est un élément fondamental. Cet article 19 inverse radicalement les comment dirais-je les mesures la mesure les critères de mesure de l'audience patronale en clair.

Alors de la représentativité avant c'était le nombre d'entreprises qui adhéraient à un syndicat ou à une confédération à une organisation patronale. C'était ça la mesure. Ce n'est plus la mesure.

La mesure maintenant c'est laquelle ? La mesure c'est à 80 % le nombre de salariés des entreprises. Autrement dit on est plus dans une pondération.

On a mais non seulement on est perdant mais on est passé du de du rez-de-chaussée à la cave. Ça veut dire que vous vous n'êtes plus présent dans les négociations. Ça veut dire que il faut qu'on il faut concevoir tout cela à l'honne de la réforme très profonde qui va concerner les branches professionnelles.

Aujourd'hui, il y a beaucoup trop de branches professionnelles. Tout le monde est d'accord là-dessus. Il y en a 750.

Il est question de faire passer tout ça à 250 dans un premier temps puis aller vers 100. Donc on voit bien que si on réduit une nombre de branches évidemment quelles sont les branches qui vont d'abord être touchées ? des branches à faible effectif et évidemment faible effectif à nous parce que vous vous représentez quoi les médecins les notaires on représente d'abord des entreprises parce que très souvent on assimile les professions libérales à au professionnel lui-même mais pas du tout nous avons non seulement d'abord notre emploi c'est quand même un emploi un emploi indépendant mais nous avons aussi un certain nombre de salariés 1 million de salariés nous avons 1 million d'entreprises 1 million de salariés dans le secteur des profession libérales si vous ajoutez à cela, les 3 millions de salariés qu'emploient l'artisanat et les TPE en France, vous voyez bien que on est projet de 4 millions 4 5 millions, c'est énorme.

Ça représente un gros paquet d'emploi dans ce pays. Et donc on considère qu'on devrait être mieux traité qu'on les alors revenons à cet article 19, il institue non pas une pondération mais un changement pratiquement des règles. Ça veut dire en clair qu'une entreprise qui a 1000 salariés, elle pèera plus 800 fois plus qu'une entreprise qui a un salarié voir qu'il y en a pas du tout.

Donc on voit bien là que on arrête littéralement écrasé. C'estàd que non seulement il va moins y avoir de branches h mais dans les branches qui vont rester, on va compter Pzoui c'estàdire qu'on comptera plus rien du tout. Est-ce que vous en voulez au MEDF ?

Écoutez, il s'agit pas de personnaliser les choses simplement derrière le terme grosse entreprise. Alors je rappelle les chiffres quand même hein j'en un petit bête. Il y a 243 entreprises grosses entreprises dans ce pays à soit il faut ajouter les 5000 on appelle ça les ééistes les entreprises de taille intermédiaire c'est ceux qui ont quand même plus de 250 salariés et bien vous en avez au total là ça fait un peu plus de 5000 5000 entreprises et bien au regard vous avez les 3 millions d'entreprises qui sont représentées par les TPE qui sont de moins de 250 salariés qui sont moins de 250 salariés donc on voit incontestablement aujourd'hui une inversion des charges C'est-à-dire que les petites entreprises ont pas droit au chapitre et donc tout va être gouverné par les grosses.

Quels sont vos moyens d'action ? Qu'est-ce que vous allez faire ? D'abord, on sensibilise, on sensibilise les choses parce que la discussion sur le projet de loi et comerie va aller jusqu'au mois de juillet si j'ai bien compris.

La discussion sur le loi de Comerie, elle a déjà débuté en commission des affaires sociales il y a 10 jours. On a quand même obtenu non non à l'Assemblée nationale. On a obtenu une petite victoire.

On va appeler ça une victoire. C'est une victoire d'étape hein, on n'est pas rendu. C'est que la l'article 19 auquel je faisais allusion tout à l'heure a été supprimé par la commission des affaires sociales.

Alors de quoi vous vous épliguer ? Alors parce que nous savons très parce que nous avons suivi les débats avec beaucoup d'attention, nous savons très bien qu'il va revenir en sciences publiques et nous ne savons pas du tout au moment où je parle quel sera le contenu de cet article 19. Est-ce qu'il s'agira finalement de bricoler, de passer de 80 à 70 30 enfin bref, un coup de le coup du marchand de tapis où est-ce que là on va être vers des choses qui v être de peu plus raisonnabl c'est est-ce qu'on va revenir finalement au fait que une entreprise même si elle a pas d'employé une entreprise potentiellement et bien elle peut en avoir demain parce que le gros problème de l'emploi en France c'est pas les embauches dans les grosses entreprises c'est l'embauche dans les TPE parce qu'aujourd'hui franchir le pas c'estàd pas avoir de salarié à en avoir un demi c'estàd un poste à temps partiel c'est ça qui le plus difficile aujourd'hui.

La moitié de nos entreprises n'ont pas d'emploi et donc aujourd'hui bah ce qu'il faut c'est faire en sorte qu'elles aient et qu'elles emploient des gens. Ça c'est vraiment dit aux gens. Si cette loi elle comerie à l'origine comme elle était à l'origine était passée, vous auriez pu embaucher combien de personnes ?

Si la loi euh alors écoutez c'est difficile hein contestalement c'est difficile pas comme vous qui dit alors alors le PIN c'est un million d'emplois euh c'est pas pour nous nous pas du tout par contre on a fait des études et on a fait une étude qui est récente dont on a assez peu parlé qui est on a posé la question au chefs d'entreprise des entreprises libérales je rappelle un million de salariés un million d'entreprises et leur a dit et bien si aujourd'hui euh vous auriez besoin de combien d'emplois pour satisfaire vos besoins ? Il répondent 1,7 en moyenne. 1,7 en moyenne et quand on leur pose la question est-ce que vous êtes prêt à franchir le pas ?

Malheureusement ils sont plus que 1 0,2. C'estàd que potentiellement sur 1 million d'entreprises, il y a 1,5 emplois par entreprise potentiel. Michel Chassant, euh qu'est-ce que vous allez faire d'ici à l'adoption de cette loi ?

Bah, d'abord nous rencontrons un certain nombre de députés mais je dois pouvoir vous dire que les députés qui nous rencontent de droite et de gauche évidemment parce que par définition nous ne sommes pas orienté plus écouter à droite ou à gauche ? Paradoxalement, on a l'impression, c'est assez curieux, d'être plus écouté à gauche qu'à droite. Ah oui, donc vous en voulez à la droite ?

J'en veux pas la droite. J'en veux simplement au fait que la droite, elle devrait considérer qu'il y a pas que des grosses entreprises dans ce pays. Il y a aussi des petites entreprises et derrière des petites entreprises, il y a des chefs d'entreprises sont dans les territoires.

Ils n'y connaissent rien à la ville de l'entreprise les gens de droite. Droit vous savez pas plus de droite que de gauche. Il y a très peu de gens dans ce pays qui connaissent la vie réelle d'une entreprise.

Il suffit de regarder les curriculums bit de la plupart des députés. Donc il s'agit pas, c'est pas d'ailleurs parce qu'on pas vécu dans une entreprise que pour autant on n connait pas et qu'on pas appris et qu'on on est on n'est pas capable de s'imaginer comment ça fonction. Qu'est-ce que vous allez faire ?

Ben ce qu'on fait c'est qu'on rencontre des députés. On a un certain nombre de d'avis qui vont dans notre sens qui nous laissent souvurer une issue plus favorable que celle aujourd'hui. Bien donc on verra falloir en sciences publique artic.

Nous avons comme nous l'avons souhaité et comme nous l'avions dit initialement pris l'initiative de rencontrer nos homologues c'estàd le MDF, la CGPME, l'UPA et cetera pour voir si on ait pas une solution nous pour trouver. Il y a une cause commune, il y a des rencontres qui ont lieu actuellement. Il y a eu des rencontres la semaine dernière, il y en a une encore sur l'affiction avec la CGPME quand même non ?

Un peu écoutez, on comprend très peu mal la politique suit par la CGPME dans la mesure plutôt promfel. Alors écoutez, si j'ai bien compris la CGPME, ça veut dire qu'enfédération générale des petites et moyennes entreprises. Donc par définition le fond de commerce si j'ose dire de la CGPME, c'est de défendre des petites entreprises et ils sont plutôt avec les grandes.

Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que moi je ne connais pas de d'organisations qui défendent les intérêts de d'autres que elle-même que ceux lesquels elle est censé les représenter. Donc il s'est passé quelque chose.

Qu'est-ce qui s'est passé ? Bah nous le savons. Malheureusement, il y a un certain nombre de grosses entreprises qui sont biappartenantes, c'est-à-dire qui appartiennent et qui adhèrent à la fois au MEDF et à la fois à la CPME.

Ouais. Ces grosses entreprises, on les retrouve par exemple dans le bâtiment, on peut également les retrouver dans la métallurgie. Suivez mon regard. et bien ces entreprises ont peut-être tordu le bras on va dire à la CGPME pour les amener à la raison d'accord.

Alors nous on espère que notre action va permettre à la CGPME qui à vocation a travaill avec nous de retrouver la raison. Vous allez faire des actions de coup de point ou pas ? Écoutez, on a d'abord fait des actions médiatiques.

Ces actions médiatiques, elles consistent symboliquement à montrer qu'on nous bayonne que on met des billons et en dehors de ça, vous allez occuper euh ce la vocation la vocation des chefs d'entreprise n'est pas ni de descendre dans la rue ni de faire grève. C'est pas du tout notre philosophie. Vous connaissez Emmanuel Macron ?

Bien sûr. Macron président, ça vous dirait ça ? Écoutez, moi je pense qu'on est là sur une bulle médiatique.

On parle de bulle. Ah oui, ça va pas durer ça. Bah écoutez euh on connaît bien Emmanuel Macron parce que on a fait railler l'an dernier notamment sur les professions réglementé donc on a appris à se connaître le notaire notamment c'est quelqu'un de tout à fait intéressant quelqu'un qui qui a beaucoup d'idées mais il a ses idées ça pourrait améliorer le sort de la France sur le plan économique.

Moi je pense qu'il a de de bonnes idées. Le problème c'est qu'il est quand même par certains côtés ultralibéral. c'est qu'il confond professé par exemple avec avec des professions réglementées parce que si on réglente des professions, c'est justement pour protéger le public. il il oublie un peu vite et que la libre concurrence dans un certain nombre de domaines est pas génératrice de de gain de productivité d'une part et d'autre part de qualité parce que c'est ça quand même le problème.

Euh il y a un sujet qui aussi alors internationalement et occupe beaucoup notamment les pays occidentaux, c'est le traité transatlantique. Est-ce que vous vous avez quelque chose à craindre de ce traité qui apparemment et de ce côté-ci de l'Atlantique et de l'autre côté et bien a beaucoup d'opposants ? Ben nous, on vit ce traité comme la plupart des Français et comme la plupart des ch d'entreprise, ça nous passe au-dessus de la tête.

Ouais. On n'a pas eu déconcerté par J'ai appris moi parce que je suis membre du conseil économique et social et j'ai assisté à un certain nombre de séances sur ce fameux traité. On a d'ailleurs voté un avis récemment mais la conclusion qu'on en tire c'est qu'on aimerait quand même être un petit peu informé en amont et associé.

Donc vous redoutez ce que vous reprochez aujourd'hui, c'est de pas être informé. Pas être informé, pas être associé. Et d'autre part, il y a un certain nombre de mesures qui vont déstabiliser profondément. les professions libérales, peu les professions libérales mais beaucoup l'agriculture par exemple, beaucoup la petite industrie donc attention risque de déstabiliser des entreprises qui se vont pas si bien que ça aujourd'hui.

C'était le talk de Michel Chasson, le président de l'UNDAPL euh qui nous a dit etH il redoutait que le son organisation et d'autres qui défendent les professions libérales et les petites entreprises et bien ne compte plus que pzzouille dans le la négociation avec euh le gouvernement et les salariés. Et donc et bien cet article 19 du projet de loi Elcomerie, il espère qu'il ne va pas refaire surface. Il regrette évidemment que ce projet de loi a été vidé pour et bien les indemnités de licenciement.

Et puis il nous a dit que Macron, bah Macron, Emmanuel Macron qui fait la une de beaucoup de journaux et de médias actuellement et bien ce n'était peut-être qu'une bulle médiatique. Merci Michel Chasson. Merci. [Musique]