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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 6 septembre 2018 23 min

Bruno Retailleau : "Macron, l’illusionniste talentueux"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin dans le grand entretien le président du groupe LR au Sénat, sénateur de Vendée. Question au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bruno Retailleau, bonjour.

0:13
Bruno Retailleau

Bonjour Nicolas Demorand.

0:14
Présentateur

Et merci d'être au micro d'Inter, la semaine qui vient de s'écouler. Bon, elle a été mouvementée pour l'exécutif d'émissions surprises de Nicolas Hulot, puis de Laura Flessel. Feuilleton sur le prélèvement de l'impôt à la source. Mardi, le remaniement a eu lieu, les postes sont désormais pourvus. L'impôt sera prélevé à la source. On a là les éléments d'une crise ponctuelle de rentrée, non ? Une bourrasse conjoncturelle comme la vie politique en connaît parfois ?

0:41
Bruno Retailleau

Bien sûr, je pense que l'été a enterré ce qu'on appelait le nouveau monde. Donc c'est plus grave qu'une bourrasque. Ce qui s'est passé cette dernière semaine est un peu, avec le remaniement, une sorte de caricature de l'ancien monde. J'ai bien aimé cet été la phrase de Jacques Julliard sur Emmanuel Macron. Mozart de l'économie qui s'est révélé, un an après, être une sorte de Talleyrand. Voilà, les habitudes, les vieilles habitudes, les mauvaises habitudes du vieux monde reviennent. Non, vous avez cité beaucoup de choses que l'actualité a retenues.

Vous n'avez pas cité le principal, c'était l'interview du Premier ministre dans le journal du dimanche, où on a vu un Premier ministre, en réalité, qui faisait la politique du petit raboteur. Voilà, c'était une interview sans vision. C'était une interview qui, je trouve, comporte des germes de menaces de notre modèle social, dès lors qu'on le lit bien, dès lors qu'on le décrypte. Et parmi cette avalanche, vous voyez...

1:36
Invité

Pourquoi vous l'assassinez ainsi, cette interview du journal du dimanche, où vous dites qu'il n'y a pas de vision, on peut détailler les mesures ? Il y a tout de même un mantra, depuis le début de la mandature d'Emmanuel Macron, qui est, on veut faire le pari de donner de l'argent aux actifs. Et à la fin, ça finira par payer. Pourquoi est-ce que vous rejetez d'office ce postulat ?

2:00
Bruno Retailleau

Ça ne fonctionne pas, parce que, d'abord, la politique d'Emmanuel Macron ne produit pas de résultats. Vous prenez plein d'indicateurs de pouvoir d'achat, de la croissance, du chômage, de l'endettement. Un an, ça fait un an. Bien sûr, bien sûr.

2:13
Invité

Vous voulez que la révolution se passe en un an ?

2:14
Bruno Retailleau

Vous avez raison de me le dire. Simplement, je vous réponds à cette objection. Certes, mais regardez, comparons-nous. Comparons-nous aux 19 pays de la zone euro. Comparons-nous aux 28. Et à chaque fois, nous sommes à la traîne. Comment voulez-vous, d'ailleurs, faire la leçon à l'Europe dans cette position ? Ce que je veux dire...

2:31
Présentateur

Ce n'est pas nouveau, Bruno Retailleau, pour être honnête.

2:35
Bruno Retailleau

Pour être honnête, et j'accepte toutes les responsabilités. Je n'ai fait partie d'aucun gouvernement. Je suis nuancé, mais ça ne m'empêche pas de porter une appréciation. C'est ce que je fais, parce que je suis un homme public. En revanche, et on le voit bien, il y a une forme d'injustice avec les retraités qui seront taxés une deuxième fois, si j'ose dire, avec la désindexation après la CSG, et avec la disparition de l'exit taxe. En fait, Emmanuel Macron, il fait l'erreur symétrique de la gauche. Pour la gauche, les pauvres sont pauvres, parce que les riches sont riches. Et pour Emmanuel Macron, en réalité, si les riches sont plus riches, demain, les pauvres sont moins pauvres.

Ça ne se passe pas comme ça nulle part au monde. C'est une erreur, et cette injustice-là, je pense que les Français, notamment les plus fragiles, les retraités, mais la classe moyenne... Pourquoi c'est un tabou ?

3:24
Présentateur

Pourquoi c'est un tabou, les retraités pour vous ? Pourquoi c'est un tabou, Bruno Retailleau ? Dès lors que tous les Français sont mis à contribution, les salariés, les chômeurs dans une réforme à venir, les étudiants, c'est tout le monde, c'est tous les citoyens. Pourquoi pas les retraités ?

3:39
Bruno Retailleau

D'abord, parce que ce n'était pas tous les citoyens, puisque la CSG avait pour contrepartie pour les actifs d'alléger des charges. Pas pour les retraités, évidemment, puisqu'ils ne sont plus actifs. Et ensuite, je conteste ce que Léa Salamé m'a dit, mais c'est avantagé le travail. Mais alors, les retraités, ils n'ont pas travaillé, il n'y avait pas les 35 heures, eux, avant. Ils ont travaillé, ils ont fourni à la beurre pendant toute une vie. Donc c'est une fausse opposition. Je pense que, là encore, cette politique qui provoque de la justice... Aujourd'hui, ils sont inactifs, le retraité est inactif aujourd'hui. Il est inactif, attendez.

Ils ont travaillé dur, très très dur, pendant toute une vie. Donc c'est une fausse opposition. Et le manichéisme de Emmanuel Macron, qui consistait à répondre à tout, vous vous souvenez, à se retraiter, en disant, écoutez, grosso modo, taisez-vous, parce que les jeunes, eux, travaillent pour votre retraite. Je suis désolé. Nos aînés, ils ont travaillé aussi pour la retraite de ceux qui nous ont précédés.

4:29
Invité

Quand on voit les valeurs d'Emmanuel Macron, la verticalité, le retour de la verticalité du pouvoir, la culture classique, le Louvre, Versailles, son amitié avec votre ami Philippe de Villiers au Puy-du-Fou, vous devriez, ça devrait vous rapprocher, ça ?

4:46
Bruno Retailleau

En tout cas, au sortir de la présidence Hollande, il y avait un besoin d'incarnation. Un philosophe disait que le pouvoir démocratique est vide, parce qu'il est abstrait. Il y a donc besoin, et le général de Gaulle avait donné une dimension héroïque, et même monarchique à la République. Donc cette dimension de verticalité, le rétablissement d'autorité de l'État, il y en avait besoin. Emmanuel Macron, en réalité, aime se mettre en scène du Louvre à Versailles. Le problème de sa verticalité, c'est qu'elle le sert à lui. Elle n'est pas à la disposition de tous. Je m'explique.

C'est souvent une mise en scène, alors que je pense que cette verticalité, elle est bonne pour les forts et mauvaise pour les faibles. Dès qu'il y a des oppositions, j'ai vu les addistes, moi. Il a capitulé, en réalité. Notre-Dame des Landes. Je pense qu'il confond cette verticalité qui est nécessaire avec l'exaltation de sa personnalité. Il y a un égocentrisme qui est préoccupant. Et je pense qu'un certain nombre de dysfonctionnements depuis cet été, on l'a vu avec l'affaire Benalla, qui n'est pas pour elle-même une affaire d'État.

5:48
Invité

Vous n'avez pas fait trop sur l'affaire Benalla. Parce qu'on a senti que la droite, notamment, c'est là où on a redécouvert qu'il y avait une droite pendant un été, notamment vos amis sénateurs Philippe Bas et quelques autres. Là, on a senti qu'enfin vous pouviez exister. Est-ce que vous n'avez pas fait trop ?

6:04
Bruno Retailleau

Non, l'affaire Benalla révélait, en réalité, d'ailleurs, selon ses propres mots, il a dit, je crois que c'était dans un grand quotidien du soir, que tout repose à l'Élysée sur la proximité qu'on vous prête par rapport au président de la République. Un sourire. C'est le règne du bon plaisir. C'est le fait du prince. Ça a toujours existé. Mais oui, mais à ce moment-là,

6:23
Invité

sous Nicolas Sarkozy, il n'y avait pas de cotisant.

6:26
Bruno Retailleau

À ce moment-là, on ne se donne pas la prétention d'une supériorité morale, d'incarner un monde nouveau. C'est ça qui est choquant. Et cet été, c'est contre ce mur de la réalité que s'est fracassé l'illusionniste talentueux qu'est Emmanuel Macron.

6:41
Présentateur

Et maintenant, il y a quoi alors, une fois que l'illusion est fracassée, d'après vous ? Si ça n'était qu'une illusion et un écran de fumée narcissique ?

6:48
Bruno Retailleau

Je pense qu'il y a une politique qui ne fonctionne pas. Je pense qu'une autre politique est possible. Maintenant, ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron ne va pas bien, qu'une majorité de Français se détournent d'Emmanuel Macron. On le voit, sondage après sondage, que ce désenchantement va réenchanter la droite dans l'esprit, dans le cœur des Français.

7:06
Invité

C'est ce que j'ai envie de vous dire, parce que les sondages, les uns après les autres, voient certes la baisse d'Emmanuel Macron, mais ne voient pas la remontée de la droite. Vous n'en profitez pas. C'est tout le problème. Vous n'avez pas de réponse. Peut-être parce que, je ne sais pas, sans doute faut-il un peu balayer devant sa porte, et peut-être, à part s'opposer à Macron, qu'est-ce que vous proposez ?

7:22
Bruno Retailleau

Eh bien, exactement. Je pense que le temps de l'alternance automatique, le temps où les vases communicants fonctionnaient, c'est-à-dire qu'il suffisait que l'un baisse pour que les autres montrent, ça, c'est fini. Et je pense que, et c'est ce que je ne cesse de dire, qu'il faut que la droite ne se contente pas de critiquer ou de s'opposer, mais que nous puissions proposer. Et si on propose, il faut proposer quelque chose de nouveau, à la hauteur des enjeux, qui puisse en même temps rassembler toute la droite. Et c'est ce que j'essaie de faire, moi, avec Force républicaine. Moi, je pense que le monde a basculé, et je pense que, quelque part, Emmanuel Macron nous force, nous, à nous redéfinir.

7:55
Présentateur

Mais vous êtes encore libéraux, par exemple, vous dites qu'il faut rassembler toute la droite. Sur l'économie, est-ce que vous êtes encore libéraux, à l'intérieur des différentes familles de la droite, ou est-ce que libéralisme est devenu un gros mot ?

8:06
Bruno Retailleau

Moi, vous touchez. Moi, je pense que c'est à partir des idées qu'on peut rassembler. Très concrètement, moi, je veux porter ce que j'appelle une politique de civilisation, parce que je pense que la politique ne se réduit pas aux questions matérielles et à l'économie. Mais je me bats pour qu'il n'y ait pas deux droites. Une droite qui ne parlerait que le langage de la liberté, et une droite qui ne parlerait que le langage de l'identité. Je veux les réconcilier. C'est ça, ma politique de civilisation. Et pour la liberté, je pense que... Bien sûr, on parlait... Je me suis occupé, si j'ose dire, un peu personnellement, du texte fake news cet été, puisque je siège à la commission culturelle.

C'est une atteinte à la liberté. Le Sénat a toujours été cette institution gardienne des libertés publiques et républicaines. Et moi, je pense que dans la famille politique, il y a un petit vent d'étatisme, parce que la droite a toujours été un peu colbertiste.

8:51
Invité

Il y a un gros vent, Bruno Retailleau. Il y a un mouvement de chez LR, qui est porté par des gens comme Guillaume Pelletier, qui était à votre micro il y a quelques mois, chez nous, nous expliquant clairement qu'il voulait du volontarisme politique et plus d'étatisme, que la réponse était dans le volontarisme.

9:08
Bruno Retailleau

Je pense qu'il ne faut pas écarter cette idée de volontarisme, que la politique puisse bousculer le cours des choses. C'est l'objet même de la politique de ne pas se rallier à la fatalité. Mais ce que je crois, moi, c'est que quand on est rendu à 56% de dépenses publiques, ça n'est plus possible. Et je pense que la liberté, c'est notre identité. C'est ce qui nous a constitué, nous Français, nous Européens. Qu'est-ce qui a suscité le grand élan créateur, qui a changé le monde ? L'élan créateur philosophique, artistique, scientifique et technologique, c'est cette liberté qui, comme disait Pierre Manant, c'est la base continue de la pensée européenne et occidentale depuis des siècles.

Il faut, par contre, toute la liberté et pas n'importe quelle liberté, une liberté qui conçoit un certain nombre de limites. Parce qu'il y a l'État, bien sûr, malgré tout, je suis Français, parce qu'il y a des limites anthropologiques. Mais il y a la civilisation, il y a l'identité française. Qu'est-ce que la France ? La France est une nation civique qui fonctionne sur un principe d'intégration avec une assimilation de nos valeurs, liberté, égalité, fraternité. L'égalité homme-femme, la liberté de ne croire ou de ne pas croire, de changer de religion. Et puis, bien sûr, c'est aussi la république laïque.

Et moi, je crains de ce que va faire Emmanuel Macron avec cette mauvaise idée de l'islam de France. Je pense que là, Emmanuel Macron est fasciné par le modèle anglo-saxon. Si nous avions du temps, je le démontrerais parce qu'il veut faire muter la sécurité sociale. C'est très clair. Et Pisaniféri l'a dit finalement. Ce n'est pas n'importe qui, Pisaniféri. C'est lui, son directeur. Le concepteur du programme. Ce n'est pas rien. Économique. Mais je pense que son horizon à Emmanuel Macron, c'est le multiculturalisme. Or, il faut choisir. C'est soit la république, c'est-à-dire la laïcité, toute la laïcité, soit le multiculturalisme. Là, il y a un vrai problème.

Et je pense que l'islam, l'institualisation de l'islam de France, non seulement ça ne marchera pas, mais l'État va mettre la main dans des affaires religieuses où il ne devrait pas.

11:03
Invité

Nicolas Demont vous a demandé si le libéralisme est un gros mot. Est-ce que vous pensez que le populisme, être populiste, c'est un gros mot ?

11:10
Bruno Retailleau

Non. Ce que je crois, je reproche à Emmanuel Macron d'ailleurs de mettre en scène cette opposition manichéenne entre Salvini et puis lui. Comme il met en scène, ils se sont choisis avec M. Mélenchon d'ailleurs. Ce sont des positions très manichéennes. Moi, je pense que le populisme, enfin, non pas le populisme, le populisme démagogique est à rejeter. Mais je pense qu'il faut savoir écouter les peuples. D'où viennent les insurrections électorales ? À l'Est et à l'Ouest ? Du fait que les peuples ont le sentiment que ceux qui les gouvernent n'entendent plus leur souffrance, qu'ils n'y répondent plus.

Et qu'il y a une sorte de choc entre la souveraineté des peuples et la souveraineté presque individuelle. On pousse les droits individuels très très loin, on donne à l'individu plein de choses, l'individu peut tout comme individu, il ne peut plus rien comme citoyen

11:59
Présentateur

à travers l'État. Pour que les choses soient claires, Bruno Retailleau, donc dans la bataille, voire la guerre entre les populistes Salvini et Orban et le progressiste Macron, puisque c'est en ces termes que les choses se formulent, vous vous situez dans quel camp ? Dites-le nous précisément.

12:14
Bruno Retailleau

Mais précisément, ce que vous êtes en train de faire, c'est de transposer, d'imposer le clivage manichéen que voudrait nous donner Emmanuel Macron. C'est terrible pour l'Europe. En réalité, il est en train d'instrumentaliser l'Europe à ses propres fins politiciennes, pour fracturer d'ailleurs la droite. Moi, je ne souviens ni le progressisme, qui est pour lui le fédéralisme. Emmanuel Macron veut en fait que l'Europe soit le point d'aboutissement des nations. Mais ça, aucun peuple européen, pas même les Allemands, qui sont un État fédéral, ne le souhaite. Et d'autres voudraient fracturer l'Europe.

Moi, je veux l'Europe qui puisse être l'Europe des peuples, des nations, qui nous protège, en même temps qu'elle soit aussi une belle idée de civilisation. Il faut qu'on sorte l'Europe dans une ornière, dans une contradiction que les idéologues fédéralistes dans lesquelles ils l'ont enfermée... Ce sont les plus dangereux aujourd'hui. Non. Vous voyez bien que c'est cette double... Par rapport aux idéologues illibérants. C'est la double polarité. Qu'est-ce qui crée l'illibéralisme ? C'est à chaque fois que des élites s'arrogent le pouvoir de contredire les peuples. Voilà. C'est ça qui crée l'illibéralisme. Moi, je suis pour la liberté.

13:22
Invité

Est-ce que la droite doit s'inspirer d'un Salvini ou d'un Orban ?

13:26
Bruno Retailleau

Justement, non. Ce que moi, je propose, c'est qu'on puisse accorder...

13:29
Invité

Non, mais je pousse le bouchon...

13:31
Bruno Retailleau

Ah ben non, non. Je défends, moi, cette alliance entre la liberté et l'identité. Et cette identité, elle peut ne pas être... Et elle n'est pas une identité de repli. Quand vous échangez les uns avec les autres, si vous êtes les mêmes, vous n'échangez pas. La richesse de l'échange, la richesse vient de ce que nous soyons différents, évidemment. Donc, il faut cultiver cette identité au moment où la mondialisation essaie de tout aplatir, de tout uniformiser. Mais Vaclav Havel le disait très bien. Le problème de la mondialisation, c'est... Il y a deux dangers. Soit l'uniformisation, soit justement ces fractures identitaires.

14:03
Présentateur

Je vous repose la question de Léa à l'instant. Il n'y a rien à prendre chez Salvini. Il n'y a rien à prendre chez Trump. Il faut répondre aux attentes des peuples. L'immigration. Non mais la droite en France n'est pas au pouvoir. Elle l'est ailleurs. Ça n'a pas échappé. Ça ne vous a pas échappé. Donc, vous devez quand même bien regarder.

14:22
Bruno Retailleau

Si ça continue, on pourrait être dans l'opposition pendant encore quelques années. Alors que moi, mon travail, c'est d'essayer de donner une armature, une proposition à la droite.

14:29
Présentateur

Précisément, vous ne regardez pas comment ces autres droites-là, en Europe et dans le monde, ont pu faire pour accéder au pouvoir et retrouver une voie. Écoutez,

14:38
Bruno Retailleau

moi, quand je parle de...

14:39
Présentateur

Ça se regarde au minimum.

14:40
Bruno Retailleau

Je pense qu'en tout cas, en termes de politique migratoire, qu'est-ce qui se passe d'ailleurs ? Où sont passés les flux depuis que M. Salvini a dit « Niette, vous n'entrerez pas dans nos ports ? » Ils sont passés en Espagne. Et de l'Espagne, ils viennent en France parce que les migrants ne veulent pas, pour la plupart, rester en France. Voilà. Donc, cette question migratoire, elle est absolument essentielle. Est-ce que vous diriez, comme Laurent Wauquiez,

15:01
Invité

que l'immigration de masse est une menace culturelle pour la civilisation européenne ?

15:06
Bruno Retailleau

Moi, je pense que... Je pense qu'à un niveau, à une proportion, cela devient effectivement une menace. Pourquoi ? Parce qu'un certain nombre de problèmes... Je parlais tout à l'heure de l'assimilation et des valeurs. Ce mot « assimilation », plus personne ne l'emploie. Moi, je pense que... Enfin, je l'emploie parce qu'il s'agit d'assimiler des valeurs. Quelle était l'assimilation française ? C'était une contrainte, certes, de s'oublier un peu comme individu particulier. Mais c'était une promesse d'être totalement français. Or, une partie, malgré tout, de l'immigration refuse, refuse en réalité, d'entrer dans le récit national, d'entrer dans un projet collectif, de partager un héritage.

C'est là où il y a un problème.

15:46
Invité

Donc, on essaie de les convaincre ou on leur dit de ne pas rentrer ?

15:49
Bruno Retailleau

Je pense que la proportion est importante et je pense que la France n'a plus les capacités d'accueillir tous ceux qui souhaiteraient venir chez elle. C'est une question de bon sens, c'est une question aussi d'équilibre parce que la vie est faite de limites. C'est la raison pour laquelle je dis, quand je prône la liberté, je veux aussi que la liberté accepte un certain nombre de limites qui sont des limites de bon sens. C'est tout. Parce que sinon, nous allons déstructurer nos sociétés et nous créerons en réalité les conditions pour que demain, on ait les extrêmes aussi chez nous. Regardez la transformation d'ailleurs, comme madame Sarah Wacknecht des Insoumis.

écoutez la petite musique qui commence à poindre dans le discours de Marseille de M. Mélenchon.

16:28
Présentateur

Allez, on va au standard 8h38. Bonjour Lionel. Bonjour. Bienvenue.

16:36
Auditeur

Merci de prendre ma question. Voilà, je voulais dire tout simplement que moi, j'ai toujours été un homme de droite et j'étais même sarkoziste et j'ai été comme beaucoup assez déçu par le peu de décisions prises par Nicolas Sarkozy, tout au moins le raboutissement. et finalement pour l'instant je suis plutôt bluffé par la politique d'Emmanuel Macron et donc je me dis finalement est-ce que la droite n'a pas une posture pour montrer qu'elle a une politique différente mais voilà, c'est tout simplement une réflexion et une question en même temps.

17:20
Présentateur

Merci Lionel Bruno Retailleau. Bonnet blanc, blanc bonnet, un ancien sarkoziste, macronien heureux qui se dit qu'il n'y aurait pas vraiment de différence avec la droite.

17:30
Bruno Retailleau

Je reprends ce que je disais tout à l'heure finalement Emmanuel Macron nous a fait comprendre qu'entre la gauche et la droite entre des néolibéraux économiques et des néolibéraux culturels c'était la même chose. C'était la même chose. Quand je disais justement qu'Emmanuel Macron même si moi je crois au clivage mais il a bougé les lignes je pense que c'est vrai on était à un point où la droite ressemblait à la gauche et la gauche ressemblait à la droite. Je me souviens de Jacques Chirac qui lance le RPR il parle de travaillisme à la française en 1976 et regardez M. Hollande sous l'impulsion de M. Macron fait une politique économique de l'offre une politique beaucoup plus libérale.

Donc ce point de conjonction finalement a rendu obsolète un certain clivage. Moi je pense qu'il faut renouveler ce clivage je pense que la politique je le dis à Lionel vous verrez un an c'est court mais comparez encore une fois la politique française les résultats de la politique française à tous les autres pays et on fait moins bien. je pense que moi je veux mieux que pour la France une autre politique est possible sur le plan économique je pense qu'il ne suffit pas de détaxer un tout petit peu les heures supplémentaires pour pouvoir relever l'économie la compétitivité française je pense que sur le plan de la sécurité rien n'a changé bien au contraire sur le plan migratoire la loi de M.

Collomb gère la file d'attente mais elle ne fera rien de plus.

18:43
Présentateur

Allez on retourne au standard Virginie bonjour Virginie de Lyon

18:46
Auditeur

oui bonjour je voulais juste très rapidement faire un coucou à Dunia qui est à Marseille qui doit sans doute vous écouter je voulais vous remercier parce que je trouve qu'il y a beaucoup de mordants chez les chroniqueurs de France Inter que ce soit chez vous ou chez Charlene Vanhoenacker d'un point de vue personnel et professionnel j'aimerais beaucoup travailler avec vous bon c'est pas de la flacorne rien

19:05
Présentateur

donc pour la poussée de la question la lettre de motivation le coucou à Dunia la question maintenant à Bruno Retailleau

19:12
Auditeur

voilà je voulais juste dire très rapidement j'ai été totalement sabou là entre un mois si vous voulez je suis ulcéré par rapport à ce que monsieur l'invité vient de dire au sujet de la phrase de monsieur Bocquier l'immigration menace culturelle pour la civilisation moi je dirais que les discours chez les discours LR chez le mouvement les discours haineux chez le mouvement LR sur l'immigration sont une insulte à l'intelligence et une menace pour plager pour la réflexion intelligente et empathique très bien je reviens sur ma question je voulais savoir ce que l'invité pensait de la démarche est-ce un démarchage électoral de monsieur Wauquiez qui en est réduit aujourd'hui à faire du charme aux lycéens vous voyez des sms pour leur souhaiter une bonne rentrée

19:57
Présentateur

merci Virginie pour cette question Bruno Retailleau vous répond

20:02
Bruno Retailleau

écoutez il est président de région je l'ai été la plupart la grande partie de notre politique est tournée vers les lycéens moi ça ne m'a pas choqué qu'il s'adresse à des lycéens et croyez moi les lycéens ont un esprit critique qui fait que ce n'est pas simplement la réception d'un sms qui va annihiler justement leur liberté de penser

20:20
Invité

il y avait une fête hier soir vous savez sur une péniche à Paris un candidat à la présidence des jeunes LR a organisé une soirée avec des militants LR des militants RN Front National et Nicolas Dupont-Aignan qu'est-ce que vous en pensez ?

20:37
Bruno Retailleau

rien du tout j'ai vu j'ai lu cet individu a essayé de prendre un selfie avec moi à la Bôle à l'université d'été et nous avons refusé non mais écoutez il était je crois avec Virginie Calmel il y a quelques mois point final qu'est-ce que c'est que cet individu et en tout cas les choses sont très claires pas d'alliance c'est niet c'est niet

21:01
Invité

avec le RN même au niveau local même au niveau local mais je veux dire

21:05
Bruno Retailleau

que le problème le problème de la droite pour moi elle est de se redéfinir elle est de porter un projet c'est certainement pas ces alliances et encore moins en tout cas cette alliance là

21:13
Invité

avec Marine Le Pen

21:14
Bruno Retailleau

avec le RN avec le RN

21:16
Invité

c'est Marine Le Pen je sais qu'ils ont changé de nom elle n'est pas revenue d'accord

21:20
Présentateur

sur l'application inter Christophe monsieur Retailleau pourquoi n'y a-t-il aucune proposition à la lutte contre le réchauffement climatique dans le programme LR non mais

21:31
Bruno Retailleau

dans le programme LR il y a beaucoup de choses à revoir il n'y a pour l'instant pas de projet LR bon c'est ce qu'il faut que l'on ait et sur la transition écologique c'est fondamental encore une fois moi je suis toujours conseiller régional j'étais président de conseil régional on a beaucoup travaillé moi j'ai une feuille de route pour tripler par exemple la production d'énergie renouvelable moi je crois beaucoup à l'hydrogène nous lançons un plan sur l'hydrogène parce que l'hydrogène c'est ce qui va permettre de stocker l'électricité ça va permettre finalement de compenser la faiblesse de ces énergies renouvelables qui sont interminantes et en plus avec l'hydrogène on va pouvoir créer de l'oxygène et en réoxygénant les océans donc c'est un sujet qui est passionnant l'ouest de la France et notamment la Vendée est un département les plus avancé en matière d'infrastructures de recharge de bornes électriques pour les véhicules électriques

22:16
Présentateur

toujours sur l'application Johan avez-vous des propositions à faire au gouvernement pour limiter le pouvoir des lobbies dénoncés ici par Nicolas Hulot

22:25
Bruno Retailleau

ce qui est incroyable c'est pour ça que je parlais de fin du nouveau monde on nous a fait voter un certain nombre de textes pour encadrer les lobbies où on doit déclarer systématiquement au parlement et on se rend compte qu'à l'Elysée les lobbyistes sont invités à la table en tout cas de réunion du président de la république moi je pense que

22:43
Invité

vous les recevez pas vous les lobbyistes bien sûr que si

22:45
Bruno Retailleau

les lobbies c'est quoi les lobbies c'est quoi c'est la société civile qui est organisée souvent et qui a un mot à dire sur les textes il faut d'abord les écouter mais ensuite c'est le parlementaire qui dans sa conscience doit équilibrer ce qui est bon pour l'intérêt général pour le bien commun voilà merci beaucoup Bruno Retailleau merci merci

23:05
Locuteur

merci