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interviewLe Crayon· 27 mai 2022 7 min

Sera-t-il le futur chef du gouvernement ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jean-Luc Mélenchon

Je demande aux français de m'élire premier ministre.

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Présentateur

C'est possible ? Mélenchon premier ministre, c'est possible. Mais tout le monde n'y croit pas, c'est ce qu'on va voir aujourd'hui. Alors, si c'est possible, c'est parce qu'une coalition de la gauche, c'est la raison qui pourrait permettre à Mélenchon d'être élu premier ministre. Bon, en réalité, le premier ministre, on ne l'élit pas vraiment, mais ça, on va le voir plus tard. En quoi ça consiste une coalition de la gauche ? Eh bien, ça fait des années qu'on reproche à la gauche de ne pas être suffisamment unie. Or, que se passe-t-il exactement en ce moment ? La gauche a justement trouvé une union. Une coalition qui s'appelle NUPS. NUPS. NUPS.

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Jean-Luc Mélenchon

NUPS. NUPS. NUPS. NUPS. NUPS. NUPS. Bon, écoutez, ça va, hein ? On s'est bien fait à la REM. Alors, la NUP, pourquoi pas ? Ouais.

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Présentateur

N-U-P-E-S. Nouvelle Union Populaire Écologique et Solidaire. Heureusement qu'ils n'ont pas appelé ça la Nouvelle Union Démocratique Écologique et Solidaire. N-U-D-U-S. La NUPS, c'est une alliance à laquelle sont parvenues la France insoumise et d'autres partis de gauche. Enfin, diront les gens de gauche, les partis ont su trouver une entente cordiale et s'allier sur les circonscriptions et le programme à défendre pour les élections législatives. Pourquoi c'est important, ça ?

Eh bien, les élections législatives, c'est ce qui pourrait permettre à Jean-Luc Mélenchon d'être Premier ministre s'il gagnait un groupe majoritaire à l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire le plus grand nombre de sièges de députés. Mais est-ce qu'on y croit à ça ? Il y a des raisons d'y croire. D'abord parce que le groupe formé par la France insoumise, les écolos de LV, les communistes du PCF et désormais les socialistes du PS rassemble 34% d'intentions de vote dans les sondages. Entre 24% pour le bloc des libéraux d'Emmanuel Macron et 24% aussi pour le candidat national.

Et si cette alliance rassemble autant de soutien, c'est pas pour rien, c'est parce que c'est un accord tout simplement historique pour cause. La France insoumise qui s'allie avec les écolos, les communistes, les socialistes, chasse, pêche, nature et tradition, tout le monde ! Pas le dernier, je rigole. La politique avec eux, c'est plus Game of Thrones, c'est Pokémon, attrapez-les tous. C'est un bloc qui rassemble peu ou prou 11 millions de voix, c'est-à-dire un quart des électeurs inscrits sur les listes. Et ça, face à une droite qui est plutôt morcelée.

Parce qu'à droite, les républicains sont assis sur deux chaises à bascule entre ceux qui soutiennent Éric Zemmour comme Guillaume Beltier et les nouveaux amis de la Macronie comme Éric Wörth ou Nicolas Sarkozy. Cette même Macronie n'a non seulement aucun montrage local et se tire en plus dans les pattes puisqu'il se dit tout bas que le camp d'Emmanuel Macron considère le parti d'Edouard Philippe et ses sbires comme des connards. Tout ça pourrait bénéficier à cette nouvelle union et propulser Jean-Luc Mélenchon au rang de première mise.

Tant rien n'est joué, pour que le président de la République puisse mettre en oeuvre le programme sur lequel il a été élu pendant son quinquennat, il faut que les députés votent les lois qu'il propose. Pour ce faire, il y a besoin d'une majorité parlementaire à l'Assemblée. Sauf que si la majorité est obtenue par l'opposition, à savoir, puisqu'Emmanuel Macron est Premier ministre par exemple par la gauche, eh bien le président de la République doit nommer un Premier ministre qui incarne, qui représente cette majorité parlementaire d'opposition. C'est ce qu'on appelle la cohabitation. Et la cohabitation, c'est pas comme la colocation.

Ça marche pas à chacun dans son coin de faire sa vaisselle ou de mettre la bouffe dans son placard. Non, faut collaborer. Et à vrai dire, Emmanuel Macron ne serait même pas forcé de nommer Jean-Luc Mélenchon en tant que Premier ministre, parce qu'il pourrait choisir également une autre personnalité. Mais Jean-Luc Mélenchon défend son cas en arguant qu'il est le chef légitime. qui représente cette coalition de gauche. Et que c'est lui que Emmanuel Macron choisirait probablement. Enfin, à supposer que cette coalition n'implose pas avant les législatives. Parce qu'on a vu là tout ce qui est allé en faveur de la victoire de Jean-Luc Mélenchon et de sa nomination au poste de Premier ministre.

Mais il y a encore plein de facteurs qui vont contre. D'abord, une forme d'instabilité potentielle. Parce que cette coalition rassemble des partis qui n'ont pas grand chose à voir. Surtout programmatiquement. On se met d'accord sur l'Europe, le nucléaire, l'ambition écologique ou encore l'âge de départ à la retraite ainsi que la répartition des circonscriptions. Mais imaginons qu'il y ait des dissensions qui pourraient très bien arriver par exemple si Yannick Jadot décidait de contester le leader naturel Jean-Luc Mélenchon et son accession au poste de Premier ministre.

Il se prouvait aussi que les électeurs ne suivent pas cette espèce d'agglomérat de différents partis qui auraient une base programmatique qui ne leur conviendrait pas. C'est ce que critiquent d'ailleurs certains cadors du PS.

3:50
Jean-Luc Mélenchon

Carole Delga, François Hollande, Jean-Christophe Cambadélis ils sont plusieurs poids lourds à dénoncer cet accord. Il y en a un qui est allé encore plus loin qui a claqué la porte du parti après 35 ans de carrière au PS. Bernard Cazeneuve.

4:00
Présentateur

Mais si on s'éloigne de cette coalition de gauche il y a une réaction que peut avoir la droite aussi. Et la coalition n'en est pas une des moindres. Le parti reconquête d'Éric Zemmour appelle celui de Marine Le Pen à s'allier, à créer une grande union des droites afin de combattre cette union des gauches de Jean-Luc Mélenchon. Ensemble, d'après Éric Zemmour ils pourraient empêcher cette union de la gauche de parvenir au pouvoir. Les républicains ne sont pas en reste puisque LR a traditionnellement un très fort ancrage local. Et la Macronie non plus n'a pas dit son dernier mot le parti LREM vient de se renommer Renaissance.

D'ailleurs l'union des droites permettrait aux droites nationalistes, lepénistes et Zemmouriennes de passer le barrage du second tour. Les castors qui font barrage ! Dans un scrutin comme les législatives le second tour est toujours l'occasion pour les partis dits républicains de faire alliance pour empêcher un candidat nationaliste d'obtenir un siège. Mais si les droites et notamment une partie des les républicains s'allient avec les Zemmouriens et les lepénistes peut-être que ce barrage ne sera plus efficace et que cette partie de la droite arrivera quand même à gagner un nombre important de sièges. D'où l'importance des coalitions.

Tout ça devrait faire l'objet de tractations dont nous verrons les évolutions de l'essai qui viennent. Et oui, pour rappel, l'élection législative c'est un scrutin uninominal à deux tours. Ça signifie qu'il y a un seul nom qui est élu à la fin et que c'est une élection en deux tours qui se joue dans des circonscriptions au nombre de 577. 11 en Outre-mer, 566 en France. Donc circonscription c'est quoi ? C'est un bout de territoire qui regroupe à peu près 100 000 habitants et qui permet du coup d'élire un siège de député. Vous avez une élection présentielle ? Retrouvez les 577 territoires de 12 et 19 vivants dans votre région.

Un dernier enjeu très très très crucial lors des législatives c'est le financement des partis et donc de la vie politique. Écoutez ça. Aujourd'hui vous allez découvrir quelque chose qu'on n'apprend pas à l'école. L'élection législative permet au parti de se financer pendant les 5 ans qui suivent. Pourquoi ? D'abord, chaque siège de député rapporte 37 400 euros par an au parti du député qu'il a vu élire. Premier vecteur de financement. Deuxième vecteur de financement. Un parti qui obtient au moins 1% des voix dans plus de 50 circonscriptions sur le territoire sur les 577 bénéficie d'une aide financière d'un euro 64 par voix qu'il a obtenu dans chacune des circonscriptions.

Ça fait beaucoup d'argent. 66 millions d'euros ont été distribués chaque année à 16 partis politiques entre 2017 et 2022 grâce à ces dispositifs. C'est pour ça que les partis se battent pour obtenir des circonscriptions dans lesquelles ils pourront faire un bon score voire même la gagner.

Vous comprenez maintenant pourquoi les partis luttent si férocement les uns avec les autres même dans cette union de la gauche où ils partagent des choses au niveau du programme pour obtenir un candidat d'issue de leur parti soit investi par la coalition soutenu par tous les partis de cette coalition parce que ça leur permet d'obtenir potentiellement ces financements très précieux des 1% voire même du siège de député. Heureusement pour Mélenchon les partis de cette coalition ont réussi à trouver un accord sur les circonscriptions comme sur le programme. Et ça, ça pourrait lui permettre d'accéder au poste de Premier ministre malgré tous les obstacles qu'on a vus.

En revanche, même s'il gagnait il ne serait quand même pas certain d'accéder à ce poste et pourtant, même si la NUPS remportait une majorité aux élections législatives il ne serait quand même pas certain d'être Premier ministre. La question reste donc entière et elle sera passionnante au cours des semaines qui viennent. Mais peut-être qu'on se retrouvera aussi avec un Premier ministre issu du camp national ou totalement inconnu du grand public. On va suivre ça dans les prochaines semaines d'ici là, abonne-toi lâche un like et un commentaire pour soutenir pour le référencement c'était Jules pour le crayon allez, sors d'ici.

C'est la fin de cette vidéo j'espère qu'elle vous aura plu n'hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire c'est toujours précieux pour nous et puis surtout abonnez-vous à la chaîne du crayon et activez la cloche ça soutient notre travail merci