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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 19 juillet 2023 17 minActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesDéfense

Déclaration du Président Emmanuel Macron au Sommet UE-CELAC.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:00OuverteÉludée

    Quel est votre agenda ?

  • 9:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous avez surtout réglé l'affaire du pollueur-payeur ?

  • 13:00OuverteRéponse directe

    Pourriez-vous faire un bilan du sommet de la réunion avec le président Petro de la Colombie ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Lequel ? A quel sujet ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Concernant l'Union européenne, vous avez rencontré beaucoup de vos homologues aujourd'hui. Il y a eu une décision assez controversée en ce moment, qui est la nomination d'une cadre américaine à un poste à responsabilité dans la [INAUDIBLE]. Quelle sont votre position et la position de la France à ce sujet ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « nous soutenons à la fois l'engagement des Nations Unies tel que demandé par Haïti et les initiatives régionales »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons tenu une réunion assez longue hier avec les présidents du Brésil, le président Lula, le président de l'Argentine, le président Fernandez, et le président Petro de Colombie »
  • 6:00Emmanuel MacronPromesse
    « Nous avons un communiqué conjoint qui vient d'être finalisé au moment où je vous parle et que nous allons publier, qui scande les prochaines étapes, à la fois de la négociation politique en vue de la préparation d'élections en 2024 »
  • 7:00Emmanuel MacronChiffre
    « la France, depuis que je suis élu président, a investi 14,5 milliards d'euros dans la région »
  • 8:00Emmanuel MacronChiffre
    « Nous mettrons un peu plus de 4 milliards et demi d'euros en supplément dans les années qui viennent »
  • 9:00Emmanuel MacronFait
    « la plus grande frontière extérieure de l'Union européenne, c'est la frontière de la Guyane française avec le Brésil »
  • 11:00Emmanuel MacronChiffre
    « les routes terrestres que nous, Européens, avons su sécuriser depuis le début de la crise, qui d'ores et déjà représentaient 60 % du transit et de la sortie de céréales »
  • 14:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons associé les membres de l’UE et de l’Union Africaine précisément afin d’aider ceux vivant dans un état de détresse lié à la sécurité alimentaire »
  • 15:00Emmanuel MacronPromesse
    « la France est en train de finaliser une planification qui va décliner au niveau national, secteur par secteur, un calendrier de réduction des émissions »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons eu une très bonne réunion avec le président Petro sur beaucoup de sujets bilatéraux »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci beaucoup. Je vais peut-être essayer de vous dire les points les plus importants de ce sommet, à mes yeux. D'abord, nous avons eu des discussions importantes sur les crises qui touchent la région.

J'ai pu m'entretenir ce matin avec le Premier ministre d'Haïti, puis évoquer la situation avec plusieurs chefs d'État de CARICOM, et revenir en particulier avec le Premier ministre de la Jamaïque sur la situation en Haïti. Je veux ici redire que, comme nous l'avons fait ces dernières semaines en soutenant la résolution aux Nations Unies, nous soutenons à la fois l'engagement des Nations Unies tel que demandé par Haïti et les initiatives régionales, pour faire face d'abord à la situation sécuritaire, mais également humanitaire et économique en Haïti. Donc je veux ici très clairement affirmer la volonté de la France de s'engager aux côtés de ces initiatives régionales et onusiennes.

J'ai surtout passé beaucoup de temps, entre hier et aujourd'hui, sur la question du Venezuela. Suite à la réunion que nous avions effectuée à Paris en novembre dernier, qui avait permis de réunir un représentant de la plateforme d'opposition d'une part, et du gouvernement d'autre part, j'ai fait le suivi avec plusieurs chefs d'État de la région. Nous avons tenu une réunion assez longue hier avec les présidents du Brésil, le président Lula, le président de l'Argentine, le président Fernandez, et le président Petro de Colombie, en présence du Haut représentant Borrell, avec la vice-présidente côté vénézuélien, et l'un des représentants de la plateforme de l'opposition.

Il s'en est suivi une très longue discussion et nous avons un communiqué conjoint qui vient d'être finalisé au moment où je vous parle et que nous allons publier, qui scande les prochaines étapes, à la fois de la négociation politique en vue de la préparation d'élections en 2024, mais aussi un processus accompagnant ces négociations de levée de sanctions, mais surtout la réaffirmation de ce qu'on appelle le processus de Mexico, et donc des conditions de l'accord à la fois politique, économique et social qui doit accompagner ce mouvement. Nous aurons, dans les prochains mois, des rencontres au sujet de cette crise. C'est, pour moi, le premier élément important qui a été discuté au moment de ce sommet.

Deuxièmement, nous avons aussi discuté des voies et moyens de réinvestir dans la région. Je l'ai dit ce matin, d'ailleurs, à l'occasion de la plénière, la France est un pays membre fondateur de l'Union européenne, mais nous sommes aussi un pays de la région Caraïbes et d'Amérique latine par notre présence caribéenne. D'ailleurs la Martinique vient de rejoindre CARICOM, et j'ai remercié les dirigeants de cette région, ce qui est pour la France un élément important pour notre diplomatie.

Nous sommes une grande puissance amazonienne à travers le territoire de la Guyane française. Je l'ai rappelé et je le dis aussi ici à Bruxelles pour tout le monde, la plus grande frontière extérieure de l'Union européenne, c'est la frontière de la Guyane française avec le Brésil. Donc nous ne parlons pas là d'une région qui pourrait paraître très exotique ou anecdotique pour notre Europe.

La France, depuis que je suis élu président, a investi 14,5 milliards d'euros dans la région. J'ai décidé de poursuivre cet effort avec un engagement accru de l'Agence française de développement et de la Banque publique d'investissement. Nous mettrons un peu plus de 4 milliards et demi d'euros en supplément dans les années qui viennent, et ceci sera démultiplié par l'initiative dite " Global Gateway " d'investissement dans les infrastructures de la région.

Plus largement, nous avons réaffirmé aussi un soutien à ce qui a été négocié à Paris il y a quelques semaines, ce fameux partenariat de Paris pour les peuples de la planète, ce " 4 P " qui s'inspirait beaucoup de l'initiative d'une dirigeante importante de la région, Mia Mottley, qui avait porté cet agenda de Bridgestone qui nous a permis véritablement de réconcilier l'agenda de lutte contre la pauvreté et de bataille pour la planète et, surtout, de pousser à ce choc concessionnel public et privé. C'est donc le deuxième grand chantier que nous avons avancé et qui était un point important de ces discussions, avec réaffirmation d'un engagement accru. Le troisième point qui a été discuté à l'égard de ce sommet et qui a été réglé il y a quelques minutes, c'est que nous avons enfin débloqué l'accord dit " sur le post Cotonou " qui, comme vous le savez, faisait l'objet de divisions entre Européens sur ce sujet.

Nous avons su lever ces divisions et il y a eu encore un accord qui nous permet de refonder vraiment la relation de notre Union européenne avec un peu plus de 70 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Donc cet accord-cadre se démultiplie ensuite en accords régionaux, mais il va permettre de donner une base légale à l'engagement de la Banque européenne d'investissement et à des choses très concrètes en matière d'État de droit. Il redonne donc un cadre, une clarté et une plus grande ambition à la relation extérieure de l'Union européenne avec les pays de ces trois régions.

Enfin, nous avons également parlé de la guerre en Ukraine. Au moment où je vous parle, les discussions formelles sont en train de se finaliser. Il y a un texte qui va à 32 états sur 33 côté CELAC, et qui va à tous les pays membres de l'Union européenne.

Il y a aujourd'hui une réticence, pour rester pudique, du Nicaragua, à signer le texte tel qu'il figure dans nos conclusions. Donc on verra s'il s'agit d'une conclusion portée par les deux présidences, compte tenu des modalités internes de la CELAC pour ne pas aller contre un seul membre. Mais je peux vous dire que les discussions que nous avons eues ont montré que, pour l'unanimité sauf un membre de la CELAC, il y avait véritablement un alignement sur le texte sur l'Ukraine que nous proposons.

Donc les discussions vont se finaliser formellement pour savoir si c'est une déclaration commune ou une déclaration des deux présidences. Voilà ce que je voulais vous dire en compte rendu de ce sommet qui, comme vous le voyez, est important à la fois pour éviter cette partition du monde et pour permettre d'avancer sur des sujets extrêmement importants, soit de crises régionales, soit de financement. Monsieur le Président Lula a bougé sur la Russie et l'Ukraine ?

Je pense que le président Lula, d'abord, est engagé. Par sa présence à Paris, au sommet que nous avons effectué, par sa présence ici et par ces discussions, il fait partie de ceux qui permettent aussi de bâtir des ponts. Donc le président Lula, le président Fernandez et plusieurs autres présidents ont agréé un texte et un langage, comme on dit, qui reconnaît quand même la nature de cette guerre et qui nous aide aussi à convaincre des pays qui peuvent être plus loin.

Donc je pense que ces grands pays émergents, dont le Brésil, jouent un rôle important. Notre responsabilité, c'est de les garder en dialogue avec nous. Il ne va pas aussi loin que, par exemple, certains alliés de l'OTAN avec lesquels nous étions il y a quelques jours à Vilnius, mais je pense qu'il est maintenant parfaitement lucide sur la nature de cette guerre et ses conséquences alimentaires ou autres.

J'ajoute que nous avons tous aussi condamné très fermement la position de la Russie qui a décidé de mettre fin à l'accord sur les céréales en Mer Noire, parce que cela est très clair, je dirais que le roi est nu, pour ne pas dire le tsar. Nous voyons très clairement que la Russie a décidé de faire de l'alimentation un élément de la guerre et d'affamer des pays qui sont déjà en difficulté. Je rappelle que les routes terrestres que nous, Européens, avons su sécuriser depuis le début de la crise, qui d'ores et déjà représentaient 60 % du transit et de la sortie de céréales, sont importantes et nous allons continuer notre effort.

Le président Lula veut que le marché public du Brésil reste pour les entreprises brésiliennes, pas les entreprises européennes. Comment voyez-vous ça ? Moi, je pense qu'il y a un accord qui existe.

Nous, on tient, comme on l'a fait d'ailleurs avec le Chili et la Nouvelle-Zélande, à ce qu'il y ait des clauses miroirs, c'est-à-dire que les réglementations qu'on impose, en particulier en matière climatique et de biodiversité, à nos industriels et nos agriculteurs doivent être respectées par ceux qui importent. Ça, c'est une discussion qui existe d'un côté. Après, il est clair que toute réouverture de l'accord dans ces équilibres conduit à le rouvrir.

Donc, moi, je pense qu'il faut continuer de cheminer. Nous ne sommes pas prêts aujourd'hui, c'est ce que nous avons tous acté, pour une signature, parce que les négociateurs doivent continuer le travail. Mais la France, sur ce sujet, a une position constante.

Nous sommes pour l'ouverture, mais nous sommes pour que nos relations commerciales soient cohérentes avec notre agenda climatique et qu'on continue de lutter contre les émissions carbone importées et la déforestation importée, et que nos discussions climatiques soient justes pour l'ensemble de nos producteurs. Le président Lula dit que c'est une menace de la France. Pas du tout.

Je lui ai dit d'ailleurs, quand il est venu. Il n'y a pas de menace et on se respecte. On ne peut pas dire que c'est une menace.

C'est ce qu'on a fait avec le Chili et la Nouvelle-Zélande. C'est aussi le cadre de ce qu'on a discuté avec le Canada post signature. Donc non, c'est respectueux, mais c'est juste. [ INAUDIBLE ] Quel est votre agenda ?

Attendez, je ne répondrai pas à des questions de politique intérieure ici, vous le comprendrez. Non, je ne le ferai pas ici ni à Bruxelles. Je le ferai en temps voulu.

Est-ce que vous avez surtout réglé l'affaire du pollueur-payeur ? Je n'ai pas compris le début de votre question. La prochaine COP pour le climat va avoir lieu aux Émirats arabes unis en décembre prochain.

Il y a plusieurs questions qui ne vont pas être réglées au niveau européen comme au niveau mondial, y compris " le pollueur-payeur ". D'abord, je soutiens évidemment la présidence de la COP. C'est toujours une responsabilité éminente donc nous ferons tout pour que ce soit un succès.

C'est une année importante de rendez-vous, et ce que nous sommes en train de vivre dans nos pays le montre très clairement. Les dérèglements climatiques sont là et nous avons à les subir. L'Europe est un continent qui est aux avant-postes, puisque nous avons non seulement adopté la neutralité carbone 2050, mais des objectifs 2030 de réduction de 55 % de nos émissions, et que nous avons bâti un plan avec des interdits et de l'investissement.

On doit aller plus loin en termes d'investissement parce que, quand je nous compare, nous Européens, aux autres grandes plaques, on est ceux qui avons le plus réglementé, donc on est sans doute ceux qui avons le plus crédibilisé notre agenda climatique, ce qui n'est pas le cas des autres grandes régions du monde, mais on investit parfois moins que ceux qui régulent pourtant moins. Donc on doit plus investir pour accompagner nos industries comme nos ménages. La France est en train de finaliser une planification qui va décliner au niveau national, secteur par secteur, un calendrier de réduction des émissions et des éléments.

J'aurai à le communiquer d'ici à la fin de l'été. Donc on va avancer, ce faisant, jusqu'à la COP. [ INAUDIBLE ] J'espère sincèrement que ça ne sera pas le cas, mais je pense que c'est la Russie qui a décidé en premier d'assumer une énorme responsabilité vis à vis de beaucoup de pays.

Je pense aux pays du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie qui sont très dépendants de cet accord qui sera impacté par la décision unilatérale de la Russie. Deuxièmement, je pense que pour ceux qui doutent encore de la sincérité du Président Poutine et de son engagement en faveur d'objectifs communs, la réponse est très claire. Il a décidé de faire de la nourriture une arme, et je pense qu'il s'agit d'une grave erreur.

Notre responsabilité est de travailler en étroite collaboration dans le but de faciliter la sortie de grains, de céréales, mais également de fertiliseurs pour assurer sa pérennité voire son suivi. C'est le cœur de l'initiative FARM que nous avons lancé il y a plus d'un an an, à l'initiative de la France. Nous avons associé les membres de l'UE et de l'Union Africaine précisément afin d'aider ceux vivant dans un état de détresse lié à la sécurité alimentaire, mais également pour augmenter le niveau de production.

Pourriez-vous faire, s'il vous plaît, un bilan du sommet de la réunion avec le président Petro de la Colombie ? Nous avons eu une très bonne réunion avec le président Petro sur beaucoup de sujets bilatéraux. nous sommes en particulier très en soutien de la réforme agraire qui est menée et nous souhaitons avancer avec lui mais, surtout, on a eu une très bonne discussion avec le président Petro, le président Fernandez et le président Lula, avec à la fois les représentants du gouvernement vénézuélien et de l'opposition, qui nous a permis de déboucher sur le communiqué qui est en train de sortir, consolidant nos efforts conjoints de paix, à la fois le processus de Mexico mais aussi l'initiative de Bogota prise il y a quelques semaines et dans laquelle il s'est engagé, et le suivi aussi de la réunion de Paris de novembre dernier.

Nous continuerons ensemble à œuvrer sur cet agenda. J'ai d'ailleurs dit que nous nous retrouverions au plus tard à Paris en novembre prochain. [ INAUDIBLE ] Lequel ?

A quel sujet ? Je pense que nous avons un langage très transparent concernant l'Ukraine, et nous nous sommes tous clairement alignés. Ce qui me semble important, c'est que l'ensemble des membres de l'UE soient parfaitement en phase sur ce sujet, et que tous les membres de la CELAC sont en accord avec cela, sauf le Nicaragua.

Je respecte le processus interne qui consiste à ne pas mettre en minorité un unique membre, ils devront donc clarifier ce point. Mais selon moi, ce qui est important est que nous sommes clairement une passerelle, nous créons plus d'unité et, comme je vous l'ai dit, je pense que nous remplissons notre tâche en soutenant l'Ukraine, en étant explicites sur les sanctions contre la Russie en tant qu'Européens, en tant qu'alliés, mais nous devons éviter une vaste division de ce monde. Et je pense qu'un tel sommet représente une contribution majeure à plus d'unité.

Je prends une dernière question. Concernant l'Union européenne, vous avez rencontré beaucoup de vos homologues aujourd'hui. Il y a eu une décision assez controversée en ce moment, qui est la nomination d'une cadre américaine à un poste à responsabilité dans la [ INAUDIBLE ].

Quelle sont votre position et la position de la France à ce sujet ? J'attends les réponses qu'il y aura. Moi, je suis attaché, comme vous le savez, à l'autonomie stratégique de l'Europe.

Donc je regarde les choses et en même temps je suis pour qu'on recrute les gens qui ont la plus grande compétence et la légitimité académique. D'abord, n'y a-t-il aucun grand chercheur européen ou aucune grande chercheuse européenne qui ait des compétences académiques qui permettraient de faire ce travail ? Si c'est le constat que nous tirons, il est extrêmement inquiétant, et il nous faut investir massivement dans la recherche académique en économie.

D'abord, j'attends des réponses de la Commission. Si nous n'avons aucun chercheur de ce niveau pour être recruté par la Commission, ça veut dire que nous avons un très grand problème avec tous les systèmes académiques européens, premièrement. Deuxièmement, je suis très attaché à la réciprocité, et je serais tout à fait ouvert à une telle configuration si je voyais les Américains embaucher un chercheur européen pour être au cœur des décisions de la Maison-Blanche ou les Chinois faire de même.

Je constate que, par la loi, ça leur est empêché et que d'ailleurs nous, par nos textes, c'est normalement empêché et que c'est une procédure d'exception. Je pense que ce n'est pas le meilleur sujet pour le faire. Enfin et surtout, je constate que, et j'ai beaucoup de respect pour cette chercheuse américaine, plusieurs de ses collègues ont d'ailleurs manifesté leur reconnaissance académique, mais il se trouve que, ce faisant, elle a été embauchée par beaucoup d'entreprises et donc elle a eu à s'exprimer sur beaucoup de situations qui font qu'elle devrait se porter en retrait de ces situations, ce qui rend quand même assez inopérant ce pourquoi on l'embauche.

Donc, premièrement, que veut dire de la recherche académique européenne ? Nous sommes 27 États membres et aucun de ces 27 États membres n'a de chercheurs assez bons pour conseiller la Commission ? C'est une vraie interrogation.

Deuxièmement, je suis attaché à la réciprocité en la matière, il faut la demander. Troisièmement, est-ce que c'est vraiment la posture la plus efficace, y compris pour cette chercheuse, si elle doit se porter en retrait et se déporter de tant de sujets sur lesquels elle aurait conseillé les entreprises qui sont questionnées ? Voilà, autant de questions que je me pose et qui me rendent dubitatif, comme vous le comprenez, sur ce sujet.

J'essaie d'être cohérent. Je pense que les Européens ont besoin de développer des compétences européennes et d'avoir une autonomie stratégique. Quand je parle d'autonomie stratégique, il faut avoir une autonomie de pensée, donc il faut former des esprits, il faut les utiliser et il faut les reconnaître.

Il faut leur donner un rôle et il faut ensuite en tirer les conséquences. Donc ce n'est pas forcément la décision la plus cohérente à cet égard. Il faut vraiment que je file, là, parce que sinon je ne pourrai pas continuer le travail.

Merci beaucoup.