Rachida Dati par Michael Darmon & Yves Derai - On n'est pas couché 7 février 2009 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:29OuverteÉludée
Vous y allez fort dans ce bouquin sur le parcours de la garde des Sceaux. Vous racontez d'où elle vient et surtout comment elle en est arrivée là.
- 0:49FerméeÉludée
Non, il y a un papa. D'après vous, il existe ce papa ?
- 2:20RelanceÉludée
Ça, est-ce que c'est vraiment possible ? Moi, je pensais qu'elle était plutôt victime de toutes ces rumeurs qui circulaient sur elle.
- 3:27OuverteÉludée
Elle l'a-t-elle vraiment prononcée ? Devant qui ? Et comment vous l'obtenez cette phrase ?
- 4:21OuverteÉludée
Alors il y a la phrase de Sarko, la première phrase de Sarko quand il la présente...
- 5:35OuverteÉludée
Mais au-delà de ça, ce que vous décrivez aussi, c'est une terrible incompétence. Ça, c'est plus embêtant.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:32PrésentateurFait
« « Ici, les Français, ils ne veulent que coucher avec les petites maghrébines. Moi, je suis célibataire et libre. Alors après tout, si je m'y retrouve. » »
- 4:26PrésentateurFait
« « Je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un qui ait autant envie de travailler avec moi. » »
- 5:40InvitéFait
« Personne n'en veut. Elle rencontre Claude Guéant, elle lui dit « Mais je vous supplie, faites-moi travailler, même avec n'importe quel conseiller. » »
- 6:04InvitéFait
« C'est Dominique de Villepin qui a réintroduit Nicolas Sarkozy dans le jeu depuis 2000 et qui, en fait, a réussi à convaincre Jacques Chirac de le remettre dans le dispositif gouvernemental. »
- 6:50PrésentateurFait
« Elle n'est pas compétente, et à la limite, sur la technicité du ministère de la Justice, elle avait le droit de ne pas être compétente. »
- 11:29InvitéFait
« Alain Minc lui dit « Ben écoute, t'as qu'à habiller ça comme ça » en disant « C'est formidable, il faut de la diversité » et les magistrats ne pourront pas lutter contre elle sous peine de xénophobie. »
- 20:03InvitéFait
« Au ministère de la Justice, elle a atteint ce qu'on appelle le syndrome de Peter, c'est-à-dire qu'elle ne comprend rien, qu'elle ne travaille pas, qu'elle n'y arrive pas. »
- 20:32InvitéFait
« Elle a été mise là parce qu'elle était femme et parce qu'elle était arabe. »
Temps de parole
- Présentateur26 %
- Invité19 %
- Présentateur 217 %
- Invité 214 %
- ?12 %
- Invité 312 %
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Evidemment, comme tous les livres qui sont d'ailleurs maintenus au secret pendant quelques semaines ou quelques mois par l'éditeur, on ne savait pas vraiment que ce livre allait sortir. Comment on dit dans ces cas-là, livre...
On
disait sous X à une époque. Livre sous X, la vraie vie de Rachida Dati, titre Le Nouvel Obs cette semaine. Vous y allez fort dans ce bouquin sur le parcours de la garde des Sceaux. Vous racontez d'où elle vient et surtout comment elle en est arrivée là. Vous racontez sa disgrâce aussi. Vous racontez des choses qu'on ne pourra pas raconter ce soir sur ce plateau parce que vous allez même jusqu'à donner le nom de l'éventuel père du bébé. Toute la France se demande d'où il vient et ce n
'est
pas les cigognes de Strasbourg, comme je l
'ai
dit en début d'émission. Non, il y a un papa. D'après vous, il existe ce papa
?
Très certainement. Je ne
vois
pas très bien comment on pourrait faire autrement.
Ma
question n'est pas totalement idiote.
Après tout, elle pourrait avoir fait ce
bébé toute seule et par fécondation in vitro sans connaître l'origine.
Voilà. Pardon, mais
ça
existe. C'est une
possibilité.
On est en 2009, monsieur. C'est une possibilité, mais on pense que le papa existe.
Pardon ? Il existe absolument. D'autant plus qu'elle avait déjà dit lors de son émission avec Arlette Chabot en octobre, la seule information qu'elle avait donnée à ce sujet, c'était de dire « je ne suis pas seul ». Bon. Mais on a enquêté un peu plus loin.
Je trouve qu'après tout,
ce
n
'est
pas forcément l'intérêt le plus fort du livre. Je m'en fiche un peu de savoir qui est le papa de ce bébé.
Mais
pourquoi vous avez choisi d'en parler, vous, alors ? D'abord parce qu'on a parlé à différents moments de différents papas potentiels, qui étaient souvent des personnalités connues, publiques, des ministres parfois. Les uns, enfin, tous ont démenti à un moment ou à un autre. –
Ou des chefs de
gouvernement d'autres pays,
monsieur. – Des chefs de gouvernement. – Des
ex-chefs
de gouvernement d'autres pays.
– Non, non, attends, mais je n
'ai
aucune responsabilité. –
On n'a pas encore
enquêté. – Un ex-premier ministre. Donc il y avait, c'est devenu un débat, on
peut
dire, politique d'une certaine manière, qui, d'autant plus qu'il était, et c'est ce qu'on révèle un peu dans le livre, en fait, un peu articulé par Rachida Dati elle-même parfois. – Voilà, c'est ça, c'est ce qu'il
y a
de plus intéressant. Vous dites en fait que c'est
plutôt
elle qui essaie de brouiller les cartes et de lancer parfois des rumeurs et des pistes. Ça, est-ce que c'est vraiment possible ? Moi, je pensais qu'elle était plutôt victime de toutes ces rumeurs qui circulaient sur elle. Et en tout cas, je ne pouvais pas imaginer un seul instant qu'elle-même essayait d'organiser ça.
–
Eh bien, c'est la
réalité.
Effectivement,
c
'est d'où la surprise du livre et de certains lecteurs et de personnes qui ne
sont
peut
-être
pas d'accord avec ça. Mais après tout, nous, on a enquêté de multiples sources, on a recoupé des récits, on a effectivement été, en essayant de faire notre métier, c'est-à-dire derrière les apparences, et en découvrant une histoire qui n'était pas exactement celle qu'on nous racontait depuis plusieurs mois.
– Vous nous décrivez une véritable arriviste. Tous
les moyens sont bons pour
réussir.
–
Oui, mais qu'elle est, qu'elle est, qu'on est obligé de le dire.
C
'est-à-dire qu'on est allé une fois de plus derrière la belle histoire, comme on dit à la mode, le storytelling qu'on nous raconte depuis des mois sur la cendrillon de Châlons-sur-Marne qui est venue, qui est partie dans l'indifférence et qui est arrivée à Paris sous les lambris, aidée par des bonnes fées républicaines. Quand on s'approche de cette histoire et qu'on va un peu derrière, on en découvre une autre. On découvre l'histoire de quelqu'un qui a une
énergie
incroyable pour arriver à monter ses intrigues, pour arriver justement
là où elle arrive. – Vous lui faites dire quand même cette phrase, c'est terrible. Elle l'a-t-elle vraiment prononcée ? Devant qui ? Et comment vous l'obtenez cette phrase ? « Ici, les Français, ils ne veulent que coucher avec les petites maghrébines. Moi, je suis célibataire et libre. Alors après tout, si je m'y retrouve. » – Mais elle a ce côté un peu mec. Rachida Hattie, elle est comme ça. Quand on parle avec elle, en dehors évidemment des plateaux et devant les micros et caméras, elle est un peu mec et elle a ce type de discours.
Et elle est d'ailleurs assez ambivalente là-dessus parce que parfois, elle est beaucoup plus réservée, notamment quand elle est devant sa famille et devant son père qu'elle respecte beaucoup, ou là, elle est tiraillée plutôt vers sa culture méditerranéenne. Et puis quand elle est à Paris, libre, voulant effectivement jouer la belle amie au féminin, eh bien là, elle a un discours beaucoup plus libre de femmes qui, après tout, « Les mecs font bien ça, pourquoi pas une femme comme moi ? »
et
voilà. – Alors il
y a
la phrase de Sarko, la première phrase de Sarko quand il la présente, il n
'est
pas encore président de la République à ce moment-là, il est ministre de l'Intérieur, et elle arrive jusque dans le cercle sarkoziste, on va dire, au ministère, il la présente à ses conseillers, à ses amis, et là, alors il a cette phrase, « Je n'avais… » Il est ironique, il se manque un peu d'elle, d'après vous en tout cas, quand il prononce cette phrase, « Je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un qui ait autant envie de travailler avec moi. En gros, Sarko dit à ses conseillers, elle a vraiment tout fait pour en arriver là. »
– Non
mais c'est ça qui est incroyable chez Rachid Adati. Si vous voulez,
c
'est pas une femme qui est issue d'un parcours militant de la diversité. C'est pas… Arlem Désir aurait pu, pourquoi pas, être ministre au lendemain d'SOS Racisme, parce qu'il incarnait, d'une certaine manière, l'antiracisme, minorité visible, etc. Là, on a quelqu'un qui est arrivé, sans ce parcours-là, mais parce qu'elle a su, par des courriers incessants, en forçant les portes qui étaient bloquées devant elle, en contactant toutes sortes de gens dans des soirées auxquelles elle n'était pas invitée, mais elle arrachait des cartons d'invitation, elle a réussi à arriver et se faire soutenir par des personnalités très importantes…
– Et tant mieux, après tout, et pourquoi pas, mais c'est ça
qui fait qu'on a eu envie de faire ce livre.
– Parce que la réalité derrière
cette phrase, en fait, c'est que personne n'en voulait au cabinet de Nicolas Sarkozy en 2002. Personne n'en veut. Elle rencontre Claude Guéant, elle lui dit « Mais je vous supplie, faites-moi travailler, même avec n'importe quel conseiller. »
Elle dit
« Mais on n
'a
pas besoin de vous, on est tranquille. » Simplement, elle est à ce moment-là la protégée du patron de la DST,
un proche de
Villepin. Et à ce moment-là, les sarkozistes qui arrivent, reviennent au gouvernement, Nicolas Sarkozy en tête, ne peuvent rien refuser.
– Et
Villepin lui est aux affaires étrangères à ce moment
-là.
–
Absolument. Et en plus, Villepin, on ne peut rien lui refuser à ce moment-là. Parce que c'est Dominique de Villepin qui a réintroduit Nicolas Sarkozy dans le jeu depuis 2000
et
qui, en fait, a réussi à convaincre Jacques Chirac de le remettre dans le dispositif gouvernemental. Et voilà qu'un ami de Dominique de Villepin dit « Prenez-la, il faut absolument la prendre.
»
Elle rencontre tout le monde, tout le monde dit « On n'en veut pas. »
On
a reconstitué ce discours et ce récit à travers tous les membres du cabinet qui ont bien voulu, en restant anonymes,
lire des choses. – C'est terrible
quand même, au-delà de son arrivisme, parce qu'après tout, ça, ça peut être considéré comme une qualité.
– Oui, d'ailleurs, qu'on le décrit comme tel. – Et la preuve, c'est qu'elle y est arrivée. – Oui, bien
sûr.
–
Mais au-delà de ça, ce que vous décrivez aussi, c'est une terrible incompétence. Ça, c
'est
plus embêtant.
–
Voilà, c'est que parfois, les rastignacs sont, à un moment donné, quand ils s'occupent des dossiers, prennent en charge des dossiers, sont compétents. Elle, non seulement, elle n'est pas compétente, et à la limite, sur la technicité du ministère de la Justice, elle avait le droit de ne pas être compétente, même si elle est magistrate de formation. Mais le problème, en plus, c'est que, comme souvent le font, d'ailleurs, les nouveaux ministres, elle n'a pas accepté l'équipe qu
'on
lui a un petit peu imposée, qui était une dream team, une super équipe, avec un Michel Dobkine au magistrat, des conseillers très techniques dans tous les domaines, mais qui étaient tous, en quelque sorte, ses supérieurs dans son domaine ministériel. Or, elle, ce qu'elle avait comme modèle de ministre, ce qu'elle avait rencontré Place Beauvau, c'était Nicolas Sarkozy, qui faisait tourner son cabinet à
la baguette.
Et là, on lui dit, mais non, là, le patron,
c
'est ton directeur de cabinet, laisse-toi porter, il va te nourrir, il va t'apprendre, il va t'expliquer, et elle ne comprend pas ça, elle
a
l'impression qu
'on
la dépossède, elle est la garde des sceaux, et donc, elle va entrer en guerre contre sa propre équipe. Et là, se pose un second problème, incompétence et incapacité de manager une équipe. Vous avez conscience, quand même, que
c
'est un livre à charge ?
C'est un livre qui, effectivement, n'est pas toujours à son avantage. Pas
toujours, pas souvent.
Non, non, le goût, il n
'est
pas toujours, on pourra toujours en parler. Ils
vont vous en parler, vous n'inquiétez pas. Je
fais les choses gentilles d'abord.
Oui, oui, j'ai bien compris, non, mais on a compris le rôle des Muppet Show. C
'est comme Starsky,
tu fais les Muppet Show, on a compris. Non, non, c'est Starsky, je fais les gentils flics et les méchants.
Mais non, l'idée, c'est que, évidemment, quand il y a ces ombres et lumières, il y a beaucoup d'ombre, parce qu'en fait,
on est
allé... Beaucoup,
beaucoup,
beaucoup. Mais on est allé rafond. Vous savez, Catherine Pegar, vous connaissez Catherine Pegar, qui était journaliste au point et qui est
maintenant
conseillère à l'Élysée ? Elle dit un truc toujours comme ça. Elle dit, en fait, les journalistes n'inventent jamais rien, ils ne font que répéter ce qu'on leur raconte. La probale, c'est pourquoi on leur raconte.
Alors, attendez, là, vous touchez un point intéressant, parce que moi, à la fin de la lecture de ce livre, je me suis dit, ce bouquin-là, c'est Cécilia
qui
leur a fait écrire, et c'est elle qui se venge.
C'est-à-dire qu'on a l
'impression qu'il
y a
des phrases et des révélations. On se dit, il n'y a que Cécilia Sarkozy qui a pu leur raconter ça. Est-ce que vous avez interviewé Cécilia Sarkozy pour écrire ce livre ? Les gens qui sont cités, ils sont quelques-uns à être cités en tant que tel, parce qu'ils ont accepté d'être cités, apparaissent sous la mention « Entretien avec les auteurs ». Ceux qui n'ont pas voulu le faire, et c'est leur droit, on a aussi, nous, journalistes, droit au secret des sources, on ne
va
pas tout d'un coup les faire le...
Donc
ce que vous êtes en
train de me dire, c'est que vous avez interviewé Cécilia
Sarkozy, mais qu'elle n'a pas accepté que son nom
parlait. Non, je ne vous ai pas dit ça. Non, non, pas du tout. Vous faites une
exégérance. Donc ma question, c'est, est-ce que c'est un livre de commande ? De qui
?
De Cécilia
Sarkozy.
Une sorte de vengeance, parce qu'elle s'est sentie trahie par celle qui était sa meilleure amie ? Non, franchement, il n
'y
a ni de commande de l'Elysée, ni de Cécilia Sarkozy, ni même... Il y
a
beaucoup de gens, vous savez, on a un chapitre qui s'appelle « Le charme discret de la bourgeoisie ». De la bourgeoisie. De la bourgeoisie. On raconte un peu comment Rachid Adati a tenté, à un moment donné, un putsch dans le milieu des élites issues de l'immigration. Beaucoup de gens qui
nous ont parlé... Oui,
une fondation... Qui s'appelait « XXIe siècle
».
Voilà,
et elle a
tenté d'évincer le président de cette fondation, en l'accusant même d'être raciste.
Tout à fait,
exactement. Et en fait, le but de l'opération était le suivant. C'était pour amener ce club, très républicain, de gens issus d'immigration, mais plutôt haut de gamme, etc., de l'amener dans l'escarcelle de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle. Beaucoup de gens nous ont parlé, on a beaucoup de témoignages dans ce livre. Malheureusement, c'est vrai que les gens nous disaient « Un,
est
-ce que vous allez aller au bout ? » Nous,
on
veut bien vous parler, mais est-ce que vous allez aller au bout ? On ne comprenait même pas cette question. On dit « Évidemment, on va aller au bout. » Et puis, petit deux, effectivement, on ne veut pas être cité parce que nous, on a des carrières, etc. Donc, on a respecté ça. On prend un peu tous les risques dans cette affaire parce que les gens nous parlent, mais ils ne veulent pas être cités. Il y a
accessoirement, c'est quand même
un phénomène politique majeur. Rachid Adati, à son début, c'est quand même quelqu'un qui arrive également en tête de la droite dans les sondages très, très rapidement, très populaire.
Très
présente dans la campagne présidentielle et
qui obtient
en plus le ministère
de la
Justice.
Alors, vous dites que c'est Alain Minc qui a, on va dire, poussé Nicolas Sarkozy à lui donner ce ministère
-là, en tout cas. Il donne
le dernier concept parce qu'en réalité, c'est Cécilia Sarkozy qui impose à Nicolas Sarkozy de nommer Rachid Adati garde des Sceaux parce qu'en fait, il voulait simplement faire une secrétaire d'État. Mais comme à cette époque-là, il y a le jeu du couple et qu'elle menace de partir complètement, ce qu'elle fera après, s'il ne fait pas vraiment comme il veut, puisqu'on raconte aussi qu'elle nomme la moitié du gouvernement quand même. Donc, elle impose son ami à cette place-là et Nicolas Sarkozy, qui doit joindre un peu l'utile à l'urgent, il consulte autour de lui, Alain Minc lui dit « Ben écoute, t'as qu'à habiller ça comme ça » en disant « C'est formidable, il faut de
la
diversité » et les magistrats ne pourront pas lutter contre elle sous peine de xénophobie.
Zemmour, Nolo,
il
y a des tas d'autres choses qu'on pourrait raconter ou d'ailleurs qu'on n'a pas le droit de raconter parce qu'autrement ça pourrait... Ah bah oui, ça pourrait tomber sous la justice. Il y
a
des noms qu'on ne peut pas prononcer. Vous-même,
vous
avez, j'imagine, dû faire lire et relire ce livre par des tas d'avocats ? Non, pas particulièrement, non, non, non, non, non,
non, non, on pense... Vous êtes des garçons
imprudents, alors
?
Non, on est des garçons courageux. Qu'est -ce qu'en pense Nolo
?
Bon, moi je vais dire ce que, en gros, ce que m'a inspiré ce livre, à la fois navrant et un peu dégueulasse, même complètement dégueulasse, je veux dire que vous nous avez comparé au Muppet Show, les deux vieux du Muppet Show au moins n'avaient pas à lire ce genre de livre, donc certains
soirs,
il m'arrive de les envier. Mais je voudrais juste remettre en perspective, la dernière fois qu'on a parlé d'un de vos livres, je crois que c'était Rupture, vous êtes y arrivé avec un scoop énorme,
c
'est-à-dire que c'était les gardes du corps de Cécilia qui avaient fait sauter les geôles des infirmières bulgares et qui les avaient traînés jusqu'à l'avion. Bon, on avait éclaté de rire, moi le premier, et d'ailleurs ça a été démenti par l'intéressé dès le lendemain.
Donc vous êtes... C
'est Cécilia qui a démenti cette
série. Je n'ai jamais démenti
cela, monsieur. Je vous conseille de réviser vos
fiches. Non, moi je dis simplement que vous êtes des spécialistes du scoop. Vous êtes vous-même dans ce
que
vous voulez dénoncer. Vous êtes vous-même dans ce que vous voulez dénoncer, c'est incroyable. Alors pourquoi c'est marrant et dégueulasse
? Parce qu'un jour, votre livre, servira un jour à mesurer la misogynie et le racisme anti-arabe qui régnait en France en 2009. D'abord, on n
'a
pas parlé du titre. Belle Amie, aux féminins, c'est donc la féminisation d'un roman de mots passants qui s'appelle Belle Amie. Qui est le héros de Belle Amie ? C'est un homme qui couche utile, c'est-à-dire qui va arriver au pouvoir par ses maîtresses. Ce qui vous permet, en
surnommant... Pas que ça. Vous connaissez Georges Durois ?
Beaucoup par ses maîtresses.
Je connais Georges Durois, c'est le héros de la passante Belle Amie. Je suis là. Qui arrive par ses maîtresses, notamment. Une donne des laissons, mais qu'on n'est
rien. Ce qui vous permet,
en
surnommant
Rachida
Dati, Belle Amie, de la traiter de courtisane, pour pas employer de mots plus désobligeants, sans risquer un procès en diffamation. Je trouve le procédé dégueulasse. Ensuite,
quand
l'ambition chez un homme, c'est toujours bien, chez une femme, ça devient une tare.
De
qui on ne peut pas écrire ce livre ? Qui s'est fait inviter, qui a essayé de s'infiltrer dans des milieux ? C'est le jeu normal de la vie. Pourquoi Rachida Dati, elle doit supporter un jugement négatif, quand tout le monde y arrive comme ça, surtout dans les milieux politiques ? Dans votre liste, tout est malveillant. Insidieux, mesquin, c'est un mélange d'insinuation et de bruit de chiottes, c'est dégueulasse. C'est absolument dégueulasse. Et en plus, évidemment, ça arrive au moment où l'étoile de Rachida Dati est en train de ne
pas
lire. Donc, votre courage, excusez-moi, moi
je m'assoie dessus, parce que je ne l'ai pas vu. Parce qu
'il a été écrit la semaine dernière, peut-être.
«
Rachida Dati, ou comment, pour Nicolas Sarkozy, joindre l'utile à l'urgent, marquer la société et faire plaisir à son épouse ? » Ça, c'est page 80, j'ai au moins été... Jusqu
'à
page 80, il y
a
des notes après. Donc, jamais c'est pour ses qualités, Dati.
C
'est toujours ce
qu'on peut mettre en avant une beurrette ou avoir la paix avec Cécile. Avant de dire ce que vous
pensez sans évaluer, on vous donne une information, on vous raconte que c'est parce
qu
'il y avait le couple en danger que Cécile Sarkozy impose à son mari. C'est une information, mais vous vous dites, je décide que ce n
'est
pas vrai.
Au nom de quoi ? Je trouve
ça dégueulasse
de
toujours ramener quelqu'un à son sexe et à ses origines. Pas du tout. Sans jamais...
Pas
du tout. Si.
Je n'ai pas
lu le livre, mais je n
'ai
pas l'impression que c'est ce qu'ils ont fait.
Eh bien, lisez-le et on en parlera
après.
L'ambitieuse beurrette, la
beurrette de Chalons-sur-Saône. Est-ce que vous écririez le protestant de Beauvais, le juif de Clermont-Ferrand ? Non. Mais la beurrette de Chalons-sur-Saône, là, on peut y aller. Le racisme arabe peut quand même...
Mais c'est le même qui se définit comme ça. Mais si. On dit le béarnais
pour Bayrou, ça n'a jamais
fait
des
personnes. Mais c'est elle-même qui se définit comme ça. C'est pas
seulement quelqu'un qu'on définit par son sexe femme ou son origine beurrette.
C
'est quelqu'un qui a fait des choses dans la vie. Vous ne
cessez de la noircir, de vous essuyer les
pieds dessus. Et cette manière à deux hommes de tabasser une femme, j'appelle pas ça du courage, moi. J'appelle ça un livre dégueulasse.
Et d'ailleurs, vous n'en
êtes pas à votre coup d'essai, hélas. Non,
non,
mais... Bon, vous avez compris qu
'il n'a pas aimé ça. Alors,
non, écoutez, d'abord, je crois que Rachida Dati n'est pas une victime expiatoire. Et je pense d'ailleurs qu'il serait hâtif de dire que c'est terminé pour elle. A mon avis, une nouvelle séquence s'ouvre pour elle maintenant. Elle ne pourra plus fonctionner, effectivement, dans ce système qu'on raconte dans ce livre et qu'on révèle dans ce livre. Mais en revanche, elle l'est maintenant face au suffrage universel. Nicolas Sarkozy lui donne une nouvelle chance de rebondir. Donc je pense qu'on ne s'attaque pas du tout, comme vous le dites, à quelqu'un d'affaibli, etc.
Et quand on a commencé notre enquête, alors pour le coup, elle était tellement puissante que personne, comme on vous l'a dit, n'osait nous parler on.
C'est tellement à charge que ça devient
incrédible à
l'instant. Maintenant,
il
y
a quelque chose quand même qui est très important dans ce portrait et qui est très important pour comprendre Rachida Dati, mais qui, visiblement, vous a un peu échappé. Éclairez-moi. Je vais vous éclairer. Rachida Dati a quelque chose d'extraordinaire dans ce milieu politique qui marche très bien, qui est un milieu un peu compassé, de costumes gris, etc. C'est qu'elle met beaucoup de vie autour d'elle. Et on le raconte, il
y
a un chapitre très Telma et Louise avec le duo qu'elle fait avec Ossusko Morizet, qui montre qu'elle met de la musique dans
la bagnole, le
G2, elle fait du karaoké dans la voiture. Cécilia, je l'ai vu de mes propres yeux souvent, l'adorait parce qu'elle fait des blagues, parce que des fois elle émeut, elle fait pleurer. Quel portrait,
elle met de la musique et elle fait des blagues. Quel portrait d'une femme politique. Oui, mais c'est une clé
pour comprendre le succès de cette femme.
Non, mais vous nous faites le coup classique. Moi, ça ne marche pas. Vous nous faites le coup classique des
invités qui, tout d'un coup, en rabattent par rapport à leur livre.
Mais ça, c'est à peu près. Ce livre est d'une noirceur totale, puis vous, vous dites non. C'est un peu systématique. On vous donne l'impression que ça marche bien. Non, c'est pas dire tout ce qu'on a écrit. Non, non, non, non. On a su tout ce qui est donné. Elle met de la musique, elle fait du karaoké. Moi, je ne lis pas ça. « Belle amie », c'est-à-dire Rachida Dati, « se taille une
position à la mesure
de son talent pour l'intrigue ». Ça, c'est la thèse de votre livre. C'est plus ce que vous êtes en train de raconter. Non, non, non, attendez.
Yves a donné cet éclairage qui existe dans le livre. Mais moi, j'assume complètement ce qui est écrit. Et pourquoi nous avons fait le titre ? Et pourquoi tant de personnes, pendant tant de mois... Parce que si vous imaginez que c'est une semaine qu'on a eu cette idée, je pense que vous ne savez pas comment ça marche. Ça fait des mois qu'on se dit qu
'il
y
a
une enquête à faire sur la réalité parce qu'on fréquente au jour le jour les conseillers de Nicolas Sarkozy, les coulisses du pouvoir, les gens du gouvernement qui nous disent « si vous saviez, si vous saviez ». Et un jour,
on
a dit « tiens, si on savait quoi
? »
« Si vous saviez, commencez vraiment avec elle. » « Ah, très bien. » « Eh bien, allons-y, essayons de raconter. » Et on a eu des gens qui nous ont dit « on vaut bien vous raconter, mais alors à condition qu'il ne soit pas question que j'apparaisse comme ayant donné un entretien. »
Et
puis, est-ce que vous irez jusqu'au bout ? Si vous le faisiez, bon, c'est vrai, nous sommes que les journalistes, nous n'avons pas votre talent, mais nous avons fait ce travail qui
consiste...
Ça
va mieux, vous voyez.
C'est-à-dire, oui, ça fait de l'ironie, mais ça... Ah bon,
c'était l'ironie, excusez-moi. On est allé faire
un signe quand vous faites de
l'ironie, c'est pas plus clair comme ça. Mais en fait, on est
allé faire justement ce travail des journalistes qu'il y a peu de temps, vous reprochiez encore à un confrère en disant « vous fiez seulement aux apparences ». On est allé derrière les apparences, c'est notre travail. Et nous avons découvert une histoire qui peut effectivement choquer, on le voit, qui peut surprendre, mais qui est une réalité.
Zemmour, qui est journaliste,
lui, justement, et politique en plus.
Ce
bouquin, qu
'est
-ce que vous en avez pensé ? D'abord, il faut que je vous dise que j'ai adoré le titre. Mais parce que moi, quand j'étais adolescent, j'ai lu tout, donc beaucoup de romans comme ça du 19e. Et c
'est
les héros, comme ça, arrivistes, ambitieux, etc., que j'aimais le plus. J'ai adoré
Rastignac,
Ruben Pré, Julia Sorel. C'est les héros qui accompagnaient mon adolescence. Et moi, je les adore et je les aime, je les admire, etc. Donc ça, c'est un premier pas. Donc pour moi, quand je lis « Belle amie », je ne vois pas, comme Nolo, la perfidie, l'hostilité. Moi, je pense que c'est très bien qu'il y ait une femme, une beurrette arriviste. Je trouve ça très bien, moi. Ça, c'est une première chose. Deuxièmement, alors moi, je n
'ai
pas fait leur enquête à ce point, mais j'ai évidemment vu
des
gens, etc. Et effectivement, on en déplaise à Nolo. Il y a beaucoup de vrais là-dedans. C'est-à-dire qu'elle n'est pas passée par les réseaux de la méritocratie, mais par les réseaux, comme ça, les réseaux tout court, par son entre-gens, par son culot, par son... Elle épate les gens par son opiniâtreté. C'est des qualités morales réelles. Mais c'est évidemment comme ça qu'elle est arrivée. Maintenant, c'est aussi vrai qu'au ministère de la Justice, elle a atteint ce qu'on appelle le syndrome de Peter, c'est-à-dire qu'elle ne comprend rien, qu'elle ne travaille pas, qu'elle n'y arrive pas, que le vrai ministre de la Justice s'appelle Patrick Hoare. Il y avait, il
y
a deux jours, un papier sur lui dans le monde et qu'il est à l'Élysée et qu'il n'est pas au... Place Vendôme. Place Vendôme. Bon, ça, ce sont des faits, je suis désolé, mais c'est comme ça. En même temps,
je
dirais, je continue, que, que ça te plaise ou non, elle a été mise là parce qu'elle était femme et parce qu'elle était arabe. Et moi, je prolonge l'idée, il le savait très bien, Sarkozy, qu'elle n'était pas au niveau. Il le savait, mais il s'en moque, puisque de toute façon, il sait que le boulot sera fait à l'Élysée. Et pourquoi il a fait ça ? C'est encore plus pervers que ce que vous dites. C'est parce qu'il savait que la politique qu'elle défendrait serait répressive et que donc, on ne pourrait pas accuser une arabe de racisme anti-arabe en faisant ces lois. C'est ça, le vrai motif. Maintenant,
il y a...
Je trouve que c
'est
terrible. C'est terrible,
mais
c'est la vie. C'est la vie. Tu ne
vas
pas me faire... On n'est pas dans l'idéal. Ce qui est vrai, maintenant, je trouve que vous n'insistez pas sur un point. Vous le dites, mais il me semble que le boomerang qu'a repris Sarkozy dans la tête, c'est que pour moi, Rachida Dati, aujourd'hui, ce n
'est
ni une ministre, elle n'est pas ministre, ce n
'est
ni une femme politique.
Pour
moi, elle est complètement à côté de la plaque. Vous allez me ressortir, people. Non, c'est une star. Ah, c'est une star. C'est une star. N 'exagérons rien. C 'est une marque sur le bas. Oui, oui, oui, c'est ça. C'est quelqu'un qui est au-delà de la politique.
C
'est ça que je veux dire, une star, dans le sens où elle incarne quelque chose. Elle incarne quelque chose qui la dépasse. Et d'ailleurs, Sarkozy a été un peu... a inventé quelque chose, là, qui le dépasse complètement. Parce que maintenant, il veut... On a tous compris qu'il veut s'en débarrasser. Et que... Parce qu'il la trouve nulle, tout ce qu'ils ont dit. Et que, donc, maintenant, si vous voulez, après avoir inventé un gouvernement qui ne sert à rien, il veut des ministres compétents. Ça, c'est le paradoxe sarkozyen. Et donc, il veut s'en débarrasser. Il ne sait pas comment s'en débarrasser. Parce que, justement, elle est au-delà de la politique.
Bon, la vision...
Je
peux dire un mot. Moi, ce qui nous gêne, c'est que...
C
'est pendant la Lali, vous rajoutez des crocs,
que,
en ce moment, tout
le monde est contre elle. Ça, c
'est vrai. Et
c'est là, c'est
le
pavé sur la gueule. Alors, je vais vous dire... La sortie, je ne parle pas de l'écriture, on ne va
pas en dire plus. Ceux qui sont intéressés par ce livre vont courir l'acheter, forcément. Parce que, oui, il y a un public pour ce livre.
Moi,
je souhaite aux auteurs de trouver le plus d'amateurs de fonds de poubelle possible. Si ça soit arrangé à leur fin de mois, moi, je suis d'accord.
Oui, c'est toujours pour la même histoire. La dernière
fois, je devais élever mes enfants avec cet enfant.
Maintenant, je... C'est toujours la même chose.
Donc,
c
'est
sympa tous les enfants. Vous devez toujours élever vos enfants. Écoutez, ils seront majeurs et vaccinés, on sera
tranquille. Nolo aussi, pour l'instant, ça sort en librairie. C'est vrai, voilà, toute la presse en parle, Nolo. Donc, voilà aussi pourquoi on avait envie d'accueillir les deux auteurs de ce livre. À qui vous avez dit ce que vous pensez ? Zemmour, lui, a un autre avis. Parce qu
'il
trouve que finalement, tout ça est plutôt vrai. Vous voyez, les avis sont partagés. Mais ce n
'est
pas parce que c'est vrai qu'il fallait forcément le dire.
Ça, c'est une autre discussion.
À vous de trancher. Mais quand on
ne
le dit pas, on reproche aux journalistes de rien dire.
Donc, c'est une discussion avec Pugélas tout à l'heure. Vous avez eu un beau débat tout à l'heure
sur la connivence.
Oui. Alors
là, on n'est pas dans la connivence. Ça,
c'est vrai
aussi.
Et Nolo,
un beau débat sur le conformisme qui a encore été prouvé.
Vous êtes dans la
connivence avec les instincts les
plus bas. Vous êtes dans
l'idéalisme, la pureté de l'esprit. Ah bah ça, c'est sûr que
ce
n
'est
pas un reproche qu'on peut vous faire.
En tout cas, ce n'est pas forcément
une qualité de vos
éditions du moment. Et on remercie Michael, Darman et Yves Doré. Merci d'avoir accepté le revenu.