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interviewBFMTV· 6 mai 2025 51 min

La France insoumise, "La Meute", Jean-Luc Mélenchon... l'interview en intégralité de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône, coordinateur de la France Insoumise. Merci d'avoir accepté notre invitation, merci d'avoir accepté de répondre aux questions que soulève la parution de ce livre, La Meute, enquête sur la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Menaces, harcèlement, violences, purges, dérives autoritaires, propos antisémites, c'est un portrait très sombre qui est dépeint du système Mélenchon par les journalistes Charlotte Bélaïch de Libération et Olivier Perroux du Monde.

On va évoquer le fond dans un instant, mais juste avant, est-ce que vous redoutiez, parce que vous avez participé à cette enquête, vous avez été interrogé, est-ce que vous redoutiez la parution de ce livre et comment il a été accueilli au sein de la France Insoumise ?

0:43
Manuel Bompard

Avec assez de légèreté, parce que je pense que ce livre est un collage, une collection de ragots, de fausses informations. Vous venez de dire quelque chose d'intéressant. Vous avez dit, et c'est vrai, que moi-même j'ai pu rencontrer ces deux journalistes pendant la conception du livre. Et ce qui est assez curieux comme méthode journalistique, qui devrait peut-être vous interroger, c'est qu'il y a un certain nombre, par exemple, de propos ou de scènes qui me font référence, ou des propos qui me sont attribués dans ce livre. Et bien, moi, quand j'ai rencontré ces journalistes, je n'ai jamais été interrogé sur ces éléments.

Et c'est dommage, parce que si j'avais été interrogé sur ces éléments, j'aurais pu dire que c'était faux, et sans doute peut-être que ça n'aurait pas été écrit dans le livre. Et normalement, il y a un principe journalistique, je crois qu'on essaye toujours d'appliquer, ça s'appelle le respect du contradictoire, je crois. Et donc, quand vous interrogez quelqu'un sur des propos se disant qu'il a tenus, quand il vous dit qu'il ne les a pas tenus, vous ne les mettez pas dans le livre. Au minima, vous précisez que lui-même les réfute.

1:40
Présentateur

Alors justement, on va y revenir tout à l'heure, on viendra, parce qu'il y a tout un passage vous concernant, et on vous demandera justement votre réponse, et c'est pour ça qu'on vous a invité aussi ce soir. Pas que pour ça, j'espère. Pas que pour ça, mais en partie pour ça. Parce que ce livre, évidemment, il suscite beaucoup de questions. Les journalistes décrivent une machine à broyer cadres et militants à un système autocratique, où il est demandé une dévotion aveugle au chef. Alors on pourrait se dire qu'ils règlent ça entre eux. Au final, ça concerne que la France insoumise.

Le problème, c'est qu'il y a une dissonance entre les aspirations démocratiques de la France insoumise, le discours qui est tenu publiquement, et le portrait qui est dépeint du fonctionnement interne de votre mouvement.

2:21
Manuel Bompard

Ah, peut-être avec le portrait qui est dépeint. Mais comme je vous l'ai dit vous-même, comme ce portrait s'appuie essentiellement sur des ragots, des fausses informations, il ne correspond pas, vous savez, à la réalité de ce qu'est la France insoumise. Vous savez, la France insoumise, c'est des militantes et des militants qui sont engagés dans un mouvement politique et qui le font autour de convictions qu'ils ont, autour d'un programme qu'ils défendent. Et contrairement à ce que veut laisser croire ce livre, les militants de la France insoumise, ils ne passent pas leur temps à faire des dévotions pour un leader ou je ne sais quoi.

Vous savez ce qu'ils font par exemple, les militants de la France insoumise ? Ils font des collectes de solidarité pour les gens qui n'ont rien à manger. Ils viennent auprès des salariés qui se battent pour défendre leur emploi. Ce n'est pas les militants de la France insoumise qui sont mis en question aussi.

3:08
Présentateur

Bien sûr, on a tout à soirée.

3:10
Manuel Bompard

C'est important quand même de dire ça parce qu'à travers ce livre, on dépeint, contrairement à ce que vous alliez sans doute me dire pour me couper la parole, on dépeint des militantes et des militants de la France insoumise comme étant des gens finalement qui ne penseraient pas, qui ne réfléchiraient pas, qui seraient alignés comme si finalement le matin quand on se lève, quand on est militant de la France insoumise, on demande l'avis à Jean-Luc Mélenchon pour savoir si on va prendre un thé ou un café, vous savez. Ben non, ça ne correspond pas à la réalité, ce n'est pas comme ça que ça marche. Donc voilà, moi ce livre, je pense que c'est une fiction.

3:42
Présentateur

On va y revenir dans le détail, mais quand même je m'arrête sur ce que vous venez de dire. Ce livre, c'est une fiction, ce sont des ragots. Je précise quand même pour les téléspectateurs qui nous regardent, qui n'ont pas encore lu ce livre parce qu'il paraît demain. Cette enquête, elle a duré deux ans. Il y a 200 témoignages dont de nombreux avisages découverts qui font écho d'ailleurs au complément d'enquêtes diffusées la semaine dernière sur France 2 qui dépeint le même système autoritaire. Là encore, il y a des preuves, il y a des preuves à l'appui. Ça ne s'appuie pas que sur des rumeurs, il y a des faits dans ce livre.

4:12
Manuel Bompard

Madame, par exemple, dans ce livre, il est écrit à un moment que les militants de la France insoumise, à la France insoumise, on souhaite que les militants ne pensent pas. Mais la France insoumise est le seul mouvement politique en France qui a mis en place une école de formation dans laquelle chaque année, il y a 150 militants qui ont accès à des formations, y compris dispensées par des intervenants extérieurs à la France insoumise.

Comment vous pouvez, vous comprenez, que je prenne ça avec un peu de légèreté, comment on peut écrire à la fois dans un livre que des militants ne pensent pas et qu'il y a une volonté de la France insoumise que les militants ne pensent pas, alors que c'est le seul mouvement politique qui a mis en place une école de formation précisément pour que les militantes et les militants aient des outils pour penser ?

4:53
Présentateur

Je vois à quoi vous faites référence. Ce ne sont pas les journalistes qui le disent, c'est Sophie Camard qui raconte ce que Jean-Luc Mélenchon a dit, donc ancienne insoumise, qui raconte ce que Jean-Luc Mélenchon a dit un jour à Julien Drey, son ancien camarade socialiste, et il lui a dit « Les militants sont mes bras et mes jambes et moi je suis la tête, je n'ai besoin de personne pour penser, en clair, tracter, mais ne réfléchissez pas ».

5:17
Manuel Bompard

Donc vous êtes, madame, en train de m'interroger sur des propos qui auraient été tenus par une personne auprès d'une autre personne qui les aurait répétés à des journalistes ? Mais franchement, madame, je suis sûr que je peux trouver des gens qui vont vous dire et qui vont me dire que quelqu'un m'a dit, que quelqu'un m'a dit que peut-être que vous, une fois, vous avez eu des propos qui étaient des propos désobligeants. – Ça, il y en a 200 des témoignages. – Non mais, il faut partir des faits, vous voyez. – Alors justement, je n'ai pas à vous donner… – Il ne faut pas partir des rumeurs, des fragots qui sont colportés comme ça, parce qu'en fait, ça ne correspond pas à la réalité.

5:46
Invité

– J'ai des faits à vous opposer, c'est l'expression. Il y a des faits qui sont connus de tous. Il y a quand même quelques proches de vous et de M. Mélenchon qui ont été purgés, ce qu'on appelle purgés, c'est-à-dire qu'ils ont été exclus.

5:59
Manuel Bompard

– Non, ça, ce n'est pas des faits, ça s'appelle un mensonge.

6:01
Invité

– Oui, ça ne s'appelle pas un mensonge.

6:03
Manuel Bompard

– Précisément dans votre question.

6:04
Invité

– Alors, on va quand même les citer, M. Corbière, Mme Garrido, Mme Autain… – Voilà, c'est deux mensonges, trois mensonges.

6:11
Manuel Bompard

– Eh bien, écoutez, ils ont été exclus de son entourage quand même. – Non, pas du tout, monsieur.

6:16
Présentateur

– Pourquoi ils ne sont plus à ses côtés ? – Attendez, attendez, j'apporte juste une précision. – Et ensuite, je vous laisse répondre, Manuel Bompard, j'apporte juste une précision à ce qui a été dit par Yves Tréhard. Effectivement, on a beaucoup parlé de ces cas médiatiques et ce que dit l'enquête, c'est qu'il y en a eu des dizaines d'autres, beaucoup plus silencieuses. Charlotte Girard, François Coq, Gérard Kuzmanowicz, Manon Le Breton, Hélène Franco, tous ont été expulsés parce qu'un jour, ils ont osé s'opposer au chef.

6:39
Manuel Bompard

– Madame, pardon, mais M. Tréhard vient de dire quelque chose qui est, puisque vous parliez de faits, factuellement faux. – En l'occurrence, les personnes que vous avez citées n'ont pas été exclues de la France insoumise, ce n'est pas vrai.

6:50
Invité

– Elles n'ont pas été investies comme candidats avec l'étiquette LFI, alors même que c'était leur circonscription.

6:57
Manuel Bompard

– Non, mais d'accord, madame, mais attendez, madame, vous êtes journaliste, vous êtes d'accord ?

7:00
Invité

– Ça s'appelle une excommunication en l'enquête politique.

7:02
Manuel Bompard

– Non, non, madame, madame, madame, madame, madame, vous êtes journaliste, donc quand on est journaliste, on parle de faits, pas d'inventions. Donc les personnes dont vous êtes en train de me parler, – Elles ont appris qu'elles n'étaient pas investies. – Attendez, madame, madame, monsieur Tréhard a dit qu'elles avaient été exclues, je ne me trompe pas, vous êtes d'accord, ce n'est pas vrai. – Oui, mais ça y ressemble. – Ces personnes-là n'ont pas été investies comme candidats sur leur circonscription.

7:22
Invité

– Alors qu'elles étaient, enfin, ils étaient tous des candidats, enfin, des députés sortants qui ne sont pas réinvestis.

7:28
Manuel Bompard

– Et donc ça vaut exclusion, ça ? – Et une personne qui est... – Ça s'appelle une excommunication. – Non, madame, ça s'appelle un non-investissement. Attendez, attendez, attendez, attendez. – Aux dernières élections législatives, ne me coupez pas de tout cela par le même temps, sinon ça va être vous la meute, ce soir, sur le bloc de la division. – Non, mais allez-y, allez-y. – Donc il vaut mieux, comme vous m'interrogez sur des faits, vous voyez, j'essaye de vous répondre de manière claire et franche et tranquille.

Précisément, les personnes dont vous venez de parler sont des personnes qui ont souhaité être candidats sur une circonscription et n'ont pas été investies comme candidats sur ces circonscriptions, et qui ensuite, effectivement, ont fait le choix de quitter la France insoumise. Donc vous pouvez parler d'exclusion,

8:06
Invité

mais ça ne correspond pas à la réalité. – Mais ce ne sont pas quand même des personnes, comme vous les appelez maintenant, des personnes qui n'étaient pas de presse. – Non, mais pardon, personne, ce n'est pas infâme. – Non, je vais préciser qu'ils sont quand même des députés sortants ou des élus importants du mouvement, des compagnons de groupe de Jean-Luc Mélenchon qui ont été très très proches, et ça s'appelle, à mon avis, quand même, de l'excommunication. Vous dites que non. – Ah mais peu de l'exclusion, alors, vous avez changé le terme. – Non, non, mais moi, je n'ai pas. – C'est bien que j'ai pu préciser, parce que ça permet que petit à petit les faits soient rétablis.

– Non, mais sur le fonctionnement de la France insoumise, vous êtes favorable à une 6ème République, donc ça veut dire que demain, la République, votre 6ème République, elle fonctionne comme la France insoumise ? – Alors, c'est-à-dire comme la France insoumise ? – Elle excommunie les gens qui ne sont pas d'accord, elle empêche le débat en interne. Les gens dont on parle, je reprends un mot que Jean-Luc Mélenchon aime bien, c'est les gens. Les gens dont on parle, c'est des gens qui étaient très très proches à Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est pas des gens qui sont arrivés il y a deux ans, des gens qui ont toujours accompagné le parcours de Jean-Luc Mélenchon.

Et parce qu'à un moment, ils s'opposent à lui, ils n'ont plus le droit de citer dans le mouvement.

9:07
Manuel Bompard

– Mais ça, c'est votre vision des choses. – Je vous demande si ce serait le fonctionnement de votre 6ème République. – Ben non, puisque vous savez, à la France insoumise, parce que j'imagine que pour venir commenter sur un plateau de télévision le fonctionnement de la France insoumise, vous devez bien le connaître.

Donc vous savez par exemple que tous les six mois à la France insoumise, il y a ce qu'on appelle une assemblée représentative, dans laquelle il y a des orientations stratégiques qui sont discutées par l'ensemble des groupes d'action du mouvement de la France insoumise, et que tous les six mois, il y a un vote sur la plateforme de la France insoumise, à laquelle les insoumises et les insoumis peuvent se prononcer pour dire s'ils sont en accord ou en désaccord avec la stratégie de la France insoumise. – Mais ce que dit l'en fait, c'est bizarre. – Vous venez commenter le fonctionnement de la France insoumise, vous ne le connaissez, mais vous ne me répondez pas.

9:49
Invité

– Ce sont des gens qui étaient très proches de Jean-Luc Mélenchon et qui ont été écartés du jour au lendemain.

9:52
Manuel Bompard

– Alors moi, je vais vous répondre par une question. Dans les faits, dans les éléments, j'ai vu que vous avez montré à peu près toute la journée sur votre plateau des extraits… – Non mais c'est intéressant de voir votre réponse, c'est pour ça qu'on prend le temps. – Je réponds, vous voyez, des extraits du livre. Il y a des éléments qui remontent à il y a 10 ans, il y a 15 ans, il y a 20 ans. Et peut-être qu'il y a une question qui devrait vous interroger.

– Pourquoi les personnes dont vous êtes en train de me parler, pendant 10 ans, 15 ans, elles ont été membres de la France insoumise et bizarrement, le jour où elles n'ont plus été investies comme candidats sur leur circonscription, elles se sont dit que finalement, il y avait des choses à la France insoumise qui ne leur convenaient pas. – Alors justement… – Peut-être que vous pourriez poser la question de savoir si ça ne leur convenait pas, pourquoi ils ne l'ont pas. – Mais vous savez que les journalistes… – Alors, monsieur, je dis… – Alors, monsieur, je dis… – Attendez, tranquille. – Mais vous n'énervez pas, tranquillement, monsieur, je dis.

– Vous n'énervez pas, mais alors, monsieur, je dis. – Attendez, vous, Manuel Pompard, excusez-moi. – Comme vous connaissez très bien, et monsieur Tréard aussi, madame Kavané aussi, vous connaissez très bien le fonctionnement des formations politiques. Je crois que vous savez très bien… – Manuel Pompard, attendez, je termine une phrase, je sais pas si. – Oui, oui, allez-y. – Je crois que vous savez bien, comme moi, que dans toutes les formations politiques, il y a parfois des déceptions, des gens qui voulaient être candidats et qui ne le sont pas, et qui se mettent effectivement à critiquer cette formation politique.

11:03
Invité

– Ça rappelle effectivement le parti politique dont est issu Jean-Luc Mélenchon, les trotskistes, l'ambertistes, qui sont… bah si, je suis désolé. – Vous êtes… – Ça fonctionne exactement de la même façon, ça fonctionne comme une secte politique. – Mais alors justement, justement, point le nom. – Avec un chef qui est tout puissant et qui a droit de vie ou de mort, entre guillemets, sur chacun. Et on peut être tout à fait étonné d'ailleurs de certains comportements, comme celui qu'il a eu avec madame Charlotte Girard, qui est l'épouse de son meilleur ami, le pauvre qui est décédé de maladie. – François Deleterre.

– Alors là, j'ai employé un mot très fort, quasiment répudier cette femme qui l'a écartée, alors qu'elle était l'épouse de son ami qui l'inspirait, qui était très important programmatiquement pour lui. C'est vraiment, on a l'impression que ça fonctionne comme ça. – Alors attendez, il y a deux choses qui sont dites. – Mais moi je ne suis pas là pour commander des informations. – Mais justement, Manuel Bompard, excusez-moi, excusez-moi. – Il y a des SMS à chaque fois, à chaque fois, il y a des messages qui sont envoyés par Jean-Luc Mélenchon aux uns et aux autres.

12:07
Présentateur

– On va le détailler, mais juste, j'aimerais revenir sur deux choses, deux éléments que vous venez de dire, Manuel Bompard. Sur la première, vous avez posé une question. Vous avez dit pourquoi il parle après. La question a été posée par les journalistes qui ont fait l'enquête à toutes ces personnes qui ne sont plus au sein de la France Insoumise et toutes évoquent justement un fonctionnement de secte. Et elles disent, on est sous emprise. – Madame, ne dites pas des choses comme ça, s'il vous plaît. – Je rapporte les propos qui sont dans le livre. – Non, mais faites attention quand même. – Moi, vous voyez, je prends cette discussion avec beaucoup de tranquillité.

– J'explique juste que la question leur a été posée. – Madame, je dis la même chose pour M. Très. – La réponse est de dire, on était comme dans une secte et l'emprise, on ne s'en rend pas compte quand on est à l'intérieur et c'est une fois à l'extérieur qu'on s'en rend compte.

12:46
Manuel Bompard

– Madame, soyez pas, il faut faire attention quand même. à ce qu'on dit. Et vous savez, il ne faut pas être insultant, méprisant pour des dizaines de milliers de militantes et de militants de la France Insoumise. Parce que je vais vous dire, il y a quand même une très lourde contradiction dans ce que vous dites qui devrait vous interroger beaucoup. C'est que si vous pensez que les militantes et les militants de la France Insoumise, en fait, sont engagés dans ce mouvement pour suivre un homme aveuglement, sans réfléchir et sans penser. – On peut arriver en politique.

– Au vu du torrent de boue et d'infamie que vous déversez, sur Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, pas aujourd'hui, seulement aujourd'hui, depuis des mois et des mois. Vous devriez quand même vous poser la question de savoir pourquoi…

13:26
Présentateur

– Qui déverse en tourant de boue ?

13:27
Manuel Bompard

– Je crois que tout le monde, quand il allume la télévision, s'en rend compte. – Je ne sais pas à quoi vous faites allusion. – Peut-être que vous ne le savez pas, mais je crois que les gens qui m'écoutent le savent assez bien. Je pense qu'il y a une contradiction dans votre discours. C'est que si les militantes et les militants de la France Insoumise étaient engagés uniquement pour suivre… – Moi, je n'ai pas le discours,

13:46
Présentateur

un rapport juste à ce qui est dit par les journalistes.

13:48
Manuel Bompard

– Dans les propos que vous rapportez. Si les militantes et les militants de la France Insoumise étaient engagés dans ce mouvement, juste pour la volonté de suivre un homme aveuglement, vu comment vous salissez collectivement les médias, de manière générale, Jean-Luc Mélenchon, depuis des mois et des mois, pourquoi il y a de plus en plus de militantes et de militants de la France Insoumise ? – Ils disent que la fin justifie les moyens. – Précisément, pas pour ça, madame. – Précisément parce que ces militantes et ces militants, en fait, ils ont des convictions, ils ont des engagements, ils mènent des initiatives et des actions. – C'est que les convictions sont tellement fortes…

14:16
Présentateur

– Non, mais là, vous n'allez pas tout à fait dans mon sens,

14:19
Manuel Bompard

c'est-à-dire que vous me coupez la parole à peu près toutes les deux phrases.

14:22
Présentateur

– Que du coup, on est prêt à accepter ce régime.

14:26
Manuel Bompard

– En fait, vous ne voulez pas que je vous réponde, donc si vous ne voulez pas que je vous réponde…

14:28
Présentateur

– Allez-y, allez-y.

14:29
Manuel Bompard

– Mais non, mais… – Je faisais juste… – Soit vous me posez des questions, moi, je vous le dis très tranquillement, il n'y a aucun problème, mais ça, vous me posez des questions avec la volonté que je puisse vous répondre. Parce que si vous me coupez la parole au bout de deux phrases, en fait, au bout d'un moment, ma réponse, elle n'est pas très intelligible.

Donc, je vous interrogez sur une contradiction qui consiste à imaginer que la France insoumise est composée de personnes qui auraient une forme de suivi aveugle pour une personne et en même temps, du fait que cette personne vous la salissez beaucoup et pourtant qu'il y a de plus en plus de militantes et de militants à la France insoumise. Et bien, c'est précisément parce qu'ils ne sont pas dans un rapport qu'un rapport de suivi aveugle et de dévotion, mais précisément parce qu'ils sont dans un rapport de conviction, précisément parce qu'ils croient aux idées, parce qu'ils croient à la stratégie, parce qu'ils croient à l'importance de la France insoumise. C'est très contradictoire.

15:09
Invité

Je vous trouve étonnant, c'est que ce n'est pas du tout incompatible. Vous pouvez avoir quelqu'un qui est brillant, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui a des talents de tribun, qui est très intelligent et qui a une culture très importante, sans doute au-dessus de la moyenne du personnel politique d'aujourd'hui, qui manie les idées avec grande dextérité, mais qui pour autant a un caractère qui est un caractère intransigeant, dictatorial. Ça s'est déjà vu en politique et l'histoire, on est bourré. Et pourquoi Jean-Luc Mélenchon n'en ferait pas partie ? Ce n'est pas une critique, ce n'est pas infamant. C'est comme ça.

15:51
Manuel Bompard

Mais il faudrait juste s'appuyer sur des faits, en fait.

15:54
Invité

Juste sur le nombre de militants, je ne crois pas que le nombre de militants est augmenté. Ah, vous ne le croyez pas ? En tous les cas, vous nous donneriez une information nous donnant exactement le nombre d'augmentés.

16:06
Manuel Bompard

Je peux vous dire les choses de manière très simple. Après l'élection présidentielle de 2022, il y avait à peu près... Vous savez, à la France insoumise, il y a les gens qui signent la plateforme, c'est-à-dire qui... Attendez, attendez, attendez, laissez-moi terminer. Vous ne voulez pas ma réponse ? Non, non, allez-y, allez-y. Je peux dire « Ah ! »

16:19
Invité

Je peux dire « Ah ! » Attendez, vous m'interdisez de...

16:21
Manuel Bompard

Non, je ne vous interdis rien, Bruno. Alors, allez-y, il n'y a pas de problème. Allez-y. Mais vous me demandez le nombre de militantes et militants de la France insoumise. Je vous dis comment fonctionne la France insoumise parce que sur ce plateau, depuis tout à l'heure et depuis le début de la journée, tout le monde commente la France insoumise mais bizarrement, personne ne sait comment ça fonctionne.

16:37
Présentateur

C'est pour ça qu'on vous donne la parole, ce soir ? Oui, mais c'est quand même assez curieux.

16:41
Manuel Bompard

Donc, la France insoumise, par exemple, dans ce qu'on appelle les militantes et les militants de la France insoumise, c'est un des groupes d'action de la France insoumise, c'est-à-dire les militants qui agissent concrètement sur le terrain. Il y en avait à peu près 70 000 après l'élection présidentielle de 2022. Il y en a plus de 100 000 aujourd'hui.

16:54
Invité

Voilà, vous voulez un chiffre ? J'ai regardé au nombre de... Là, je vous parle des militantes... Éric Zemmour, à peu près le même.

16:58
Manuel Bompard

Je vous parle des militantes et militants qui sont membres des groupes d'action de la France insoumise. Ensuite, le nombre de signataires sur la plateforme sont autant de 350 ou de 400 000. Donc, c'est plutôt un mouvement politique qui a du succès.

17:10
Invité

On siège de députés en moi, en 2024.

17:13
Manuel Bompard

On siège. C'est-à-dire que vous, quand on était 75 et qu'on est 71,

17:17
Invité

pour vous, ça fait 11. Les sièges dépurgés... Non, non, mais attendez, attendez, attendez.

17:21
Manuel Bompard

Bruno Jeudy.

17:22
Invité

Vous avez perdu les sièges ?

17:23
Manuel Bompard

Non, mais Bruno Jeudy. Oui ? On était 75 entre 2022 et 2024. On est aujourd'hui 71. Donc, 75 moins 71, ça fait 4. Ça ne fait pas 11, non ? C'est même 3, peut-être même. Non, non, je crois que vous n'en avez pas vu. Non, je crois que ça fait 4, hein, 75 moins 71. Vous voyez, il faut... Quand on fait des attaques aussi graves, il faut essayer de les faire. Non, tout à l'heure, vous nous disiez... Il faut essayer de les faire un peu sérieusement. Mais vous nous disiez que vous êtes en expansion.

17:48
Invité

Non, mais on va apprendre la soustraction, l'addition, la multiplication et la division. Bruno Jeudy. Vous n'êtes plus en expansion, en tout cas.

17:55
Présentateur

Revenons, si vous le voulez bien, aux faits qui sont décrits dans le livre.

17:59
Manuel Bompard

Mais on pourra discuter, si vous voulez, de la constitution du nouveau... Non, non, mais ne cherchez pas à retrouver... On ne va pas... Avant de m'interroger, on va pas refaire des calculs... Apprenez au moins les additions et les soustractions.

18:09
Présentateur

Mais alors, prévienne le bon pas. Apprenez que vous avez perdu des sièges. Vous qui êtes attachés aux faits, notamment dans les liens, Anna ?

18:14
Invité

Voilà quelques mots. Les messages envoyés par Jean-Luc Mélenchon lui-même à ceux qui se sont sentis excommuniés, Manuel Bompard, ces mots, ils méritent quand même d'être portés à la connaissance de nos téléspectateurs. Charlotte Girard, dont on parlait, la veuve de Lapierre, a reçu un message d'une violence qui s'entend juste à le lire. Delap aurait honte de toi fermer les guillemets signés par Jean-Luc Mélenchon. Delap, c'est le diminutif du nom de son époux, donc son époux décédé. Et sachant que cet époux décédé était donc le bras droit, y compris intellectuel, de Jean-Luc Mélenchon. Ça, c'est pas violent ? Manuel Bompard, un autre exemple. Un autre exemple.

Et après, vous pourrez répondre à ces exemples groupés. J'ai l'habitude. Alexis Corbière, qui a dans son téléphone un message qui dit « ne m'adresse plus jamais la parole ». Ou un autre encore, François Coq, avec une... Là, pour le coup, l'excommunication, elle s'est passée en direct. C'était sur le plateau de nos confrères de CNews, c'était le 5 janvier 2019. Il était sur le plateau en train de défendre la France insoumise et son chef, donc Jean-Luc Mélenchon. Mais pourquoi vous dites des choses inexactes ? Lequel chef ? Lequel chef ?

19:34
Manuel Bompard

Madame, pourquoi vous dites des choses inexactes ? Après, vous répondrez. Je finis juste quelques... Oui, mais vous dites des choses vraies

19:38
Invité

si vous voulez me poser des questions. Donc, un tweet de Jean-Luc Mélenchon est envoyé par Jean-Luc Mélenchon pendant que François Coq est sur le plateau et il écrit « CNews déclare porte-parole insoumis un nationaliste qui a été banni du mouvement comme François Coq, assez de manipulation. » Il a appris qu'il était banni. Banni, c'est le mot de Jean-Luc Mélenchon. Il a appris, M. Coq a appris en direct sur CNews qu'il était banni par Jean-Luc Mélenchon.

20:03
Manuel Bompard

Vous avez vérifié ?

20:05
Invité

Ah, maintenant, je vous écoute. Non, mais Charlotte Girard, vous avez des messages. Mais dites-nous.

20:08
Manuel Bompard

Non, mais je vous pose juste une question. Vous avez vérifié ces informations.

20:12
Invité

Vous êtes là pour nous répondre. Dites-nous.

20:14
Manuel Bompard

Non, je ne suis pas là pour faire votre travail à votre place. Non, mais vous avez des messages.

20:19
Invité

C'est une enquête de deux ans que j'invite nos téléspectateurs à consulter. Et on vous pose juste une question à partir de ce qu'on a lu dans cette enquête.

20:27
Manuel Bompard

Oui, mais madame, pardon, mais je ne sais pas avant d'attribuer des propos aux uns...

20:31
Invité

Donc ces messages n'ont pas été écrits, Manuel Bompard ?

20:33
Manuel Bompard

Mais madame... C'est intéressant si vous nous le dites. Si vous voulez, maintenant, on parle là en ce qui concerne par exemple le dernier exemple que vous avez donné, d'événements qui datent de 2019. Oui, 5 janvier 2019. Donc si vous voulez, on reparle de la campagne de l'élection présidentielle de 2019 et des raisons pour lesquelles François Coq, par exemple, et d'autres, à un moment, ont fait le choix de se mettre à distance de la France insoumise. On peut en discuter. Par exemple, curieusement, que certains ont commencé à exprimer des désaccords politiques au moment où a été publiée la liste des candidats qui allaient se présenter à l'élection européenne de 2019.

Donc vous savez, madame, c'est très facile d'aller prendre ici des messages, de les déformer, de les déformer. Non, mais attendez, attendez, attendez, attendez, attendez, attendez, madame. J'aimerais juste que vous répondiez sur ça, sur Charlotte Girard. Mais j'ai répondu, madame. Non, non, sur Charlotte Girard, parce que quand même, on a tous été étonnés quand on a vu ce message. Je suis venu, je suis venu.

21:27
Présentateur

De là, on aurait honte de toi en parlant de son ancien mari signé Jean-Luc Mélenchon.

21:30
Manuel Bompard

Madame, je... Depuis le début, là, c'est assez marrant quand même l'exercice auquel on est en train d'assister ce soir. C'est-à-dire que... Est-ce que vous avez remarqué que sur l'ensemble des questions que je vous ai posées, j'ai pu vous faire à chaque fois la démonstration que vous partiez d'un élément qui était un élément inexact, d'un élément qui était un élément déplacé de son contexte, d'un élément qui est un élément qui ne correspondait pas à la réalité de ce qui s'était passé. En gros, vous ne voulez pas répondre, quoi. Oui, c'est pas que je ne veux pas répondre. Ah si. Enfin, si je ne voulais pas répondre, de Yves-Treyard, je ne serais pas là aujourd'hui...

Non, mais est-ce que ça vous met mal à l'aise, ces messages ? Ce qui m'a mal à l'aise, madame, c'est que j'ai lu... Madame, j'ai lu ce livre et rien ne m'a mis mal à l'aise, mais j'ai trouvé que... J'ai trouvé juste que ce livre correspondait à une vision fantasmée de ce qu'était la France.

22:27
Présentateur

Mais enfin, les messages, ils ne sont pas fantasmés, il y a des preuves. Quand il dit à Marine Tondelier « Je vais te mettre la dose que tu mérites ». On parle comme ça quand on est un responsable politique ? « Je vais te mettre la dose que tu mérites ».

22:36
Manuel Bompard

Vous préférez quand le président de la République dit qu'il y a trop de mamadou dans les hôpitaux ?

22:40
Présentateur

Non, mais...

22:41
Manuel Bompard

Vous lui avez posé la question, là.

22:43
Présentateur

Honnêtement, Manuel Bompard.

22:44
Manuel Bompard

Non, mais c'est assez incorrect, en vérité, ce que vous êtes en train de faire. C'est-à-dire que vous m'interrogez sur des propos qui sont des propos mensongers, vous en faites la démonstration. Enfin, là, ce sont des textos, encore un.

22:54
Invité

Mais c'est des SMS, Manuel Bompard. C'est des SMS qui ont été envoyés.

22:57
Manuel Bompard

Vous les avez vus, vous ? C'est ça. Parce que vous... Attendez, vous remettez en question

23:01
Présentateur

la déontologie des journalistes qui ont fait cette enquête ?

23:04
Manuel Bompard

Madame, je vous ai donné tout à l'heure un exemple qui était un exemple très simple. Par exemple, il y a un extrait dans ce livre où il est dit que j'étais avec Jean-Luc Mélenchon dans les couloirs du Parlement européen et que Jean-Luc Mélenchon aurait dit de moi « Toi, achète-toi un cerveau ». Bon, il se trouve que peut-être qu'au moins sur ce point-là, vous pouvez me faire confiance. Allez-y. Cette scène n'a jamais existé. Ah oui. Or, il se trouve, comme je vous l'ai dit en introduction de cette interview, que j'ai passé deux heures et demie d'entretien avec les journalistes de cet ouvrage. Et à aucun moment, ils m'ont posé une question pour savoir si cette scène avait existé ou pas.

Donc, je ne sais pas. Vous trouvez que c'est un principe déontologique normal de ne pas interroger une personne sur les sujets sur lesquels il est cité pour avoir au moins sa version ? Vous trouvez ça normal ? Parce que si on m'avait interrogé sur ce sujet, moi, j'aurais pu répondre les choses de manière très simple. Cette scène n'a jamais existé.

23:57
Présentateur

Mais Benjamin Duhamel pourra poser la question demain aux journalistes. Mais je n'en sais rien.

24:01
Manuel Bompard

Définition, je ne peux pas le savoir, madame.

24:03
Invité

J'en ai d'accord. Et il y a une autre personne dans le livre qui tient un rôle central. C'est madame Sophia Chikirou qui ne se cache pas d'être en couple avec monsieur Mélenchon et qui disait « Oui, c'est ce qu'elle dit. C'est ce qu'on nous rapporte dans le livre. Non, non, c'est pas ce qu'elle dit. Oh là là là. Ah si, j'ai oublié à chaque fois. » Mais sûr que si, elle revendique elle-même, madame Chikirou, d'être la compagne du chef. C'est bien dit dans le livre.

24:31
Manuel Bompard

Ah bon, c'est dit ? Vas-y, lisez-moi le passage. C'est dans une page du livre. Non, non, il est dit que quelqu'un a dit que quelqu'un a dit qu'elle avait dit ça.

24:38
Invité

C'est pas tout à fait pareil, vous voyez. Et elle rapporte auprès de Clémentine Autain qui siège désormais d'ailleurs chez les écologistes parce qu'elle n'est plus dans la France insoumise. À la France insoumise, je peux leur dire, c'est madame Chikirou qui dit ça, « Ce que je veux, comme je suis la femme du chef, ils obéissent. » Voilà ce qu'il dit. C'est madame Clémentine Autain qui le rapporte. Ah, si Clémentine Autain le dit, c'est que ça doit être vrai, c'est ça ? Donc entre vous, vous êtes assez mauvais camarades.

25:04
Manuel Bompard

Non, mais enfin, je sais pas.

25:07
Invité

C'est-à-dire que vous mettez tout en cause juste que ceux qui ont été un peu éloignés de monsieur Jean-Luc Mélenchon,

25:13
Manuel Bompard

vous mettez tout en cause leur parole. Je ne mets pas tout en cause, mais vous êtes en train de m'interroger sur des propos que si vous interrogez les premiers intéressés, ils vous diront qu'ils ne les ont jamais prononcés. Donc moi, je ne vais pas, si vous voulez, donner de la crédibilité à des passages de ce livre qui n'en ont aucun... Ça veut dire qu'il y a une omerta à l'intérieur du parti ? Mais non, il n'y a pas d'omerta, on peut discuter de tout, mais Yves Tréhard, si je vous interroge sur des... Si je vous dis qu'il y a quelqu'un qui m'a dit que vous avez dit que j'étais très méchant, vous allez peut-être commencer par me dire que...

25:40
Invité

Ce n'est pas une insulte, hein ?

25:41
Manuel Bompard

Non, mais vous allez peut-être commencer par me dire que vous ne l'avez pas dit, vous voyez, avant de répondre sur le sujet. Donc, je ne sais pas, je ne suis pas sûr que ça soit très intéressant de commenter pendant 30 minutes des ragots, des calomies... En fait, comme si, c'était que des ragots, mais encore une fois, il y a des messages,

25:55
Présentateur

il y a des documents, il y a des témoignages à l'appui, enfin, je veux dire, c'est une enquête qui est éteillée, ben oui, il y a des messages qui sont dépeints.

26:03
Invité

Vous avez... Mais en fait, ce mode de fonctionnement... Il y a un mode de fonctionnement qui apparaît au fil des pages de ce livre. Alors, encore une fois... Oui, c'est le principe. Oui, mais il y a un mode de fonctionnement qui manifestement... Alors, je ne sais pas si c'est le bon mot, ils ont décidé d'appeler ça la meute ou la secte, mais qui est quand même un système assez clinique.

26:21
Manuel Bompard

Mais, enfin, je crois avoir déjà pas mal répondu à cette question, Bruno Jeudy. La France Insoumise, c'est un collectif de militantes et de militants qui sont engagés pour des idées, qui se battent au quotidien pour des idées, qui essayent de transformer la société et qui le font en se fédérant dans un outil politique dont ils considèrent que c'est le meilleur outil pour pouvoir transformer la société.

Et pareil, ce que je trouve un peu regrettable dans ce livre, c'est qu'à aucun moment, des sujets qui, normalement, devraient plutôt là nous occuper ce soir, par exemple, sur le plateau, c'est-à-dire, on pourrait discuter de la stratégie de la France Insoumise, on pourrait discuter de son programme, on pourrait discuter... On peut en discuter ? Attendez, on pourrait discuter de ses propositions, on pourrait essayer, dans une enquête, il manifestement remonte sur plusieurs années, d'essayer d'identifier les évolutions de comment un mouvement politique qui a commencé à sa première campagne présidentielle à 11%, ensuite a fait 19%, ensuite a fait 22%.

Pourquoi cette question-là, politique centrale, elle est abordée nulle part ? Donc, moi, en fait, si vous voulez, je ne suis pas critique de fiction, je suis responsable politique, coordinateur d'un mouvement politique, et ce qui m'intéresse, c'est les aspects politiques de l'action que je mène. Vous comprenez qu'en lisant ce livre... Les affaires, y compris parfois très personnelles, j'ai trouvé, par exemple, assez déplaisant parfois qu'on implique, y compris des enfants de parlementaires de la France Insoumise dans ce livre. J'imagine que si on faisait un livre sur votre travail journalistique et qu'on mettait en cause vos enfants à l'intérieur, vous ne le prendriez pas très bien.

27:55
Présentateur

Manuel Montart, vous comprenez qu'en lisant ce livre, forcément, ça suscite des interrogations. Mais vous comprenez ce que je suis en train de dire aussi ou pas ? Je comprends ce que vous êtes en train de dire, mais ça suscite des interrogations, et nous, notre boulot, il est aussi de vous demander de répondre à ce qui est formulé dans ce livre. Parce que la question qui est sous-jacente dans cette enquête, c'est de dire s'il y a de telles pratiques au sein de la France Insoumise, qu'est-ce que ça donnera si demain, Jean-Luc Mélenchon est à l'Élysée ? Et Jean-Luc Mélenchon, lui-même, s'en vante de ces méthodes. Dans le livre, il a rapporté une anecdote.

En août 2023, le Parti Socialiste, il est secoué par ses habituelles querelles internes. Et là, le député Laurent Bommel se retrouve face à Jean-Luc Mélenchon. Et Jean-Luc Mélenchon, il dit « Pourquoi vous vous emmerdez avec des mecs comme ça ? Pourquoi vous ne les purgez pas comme nous ? » Laurent Bommel répond parce qu'on a des processus démocratiques. Et Mélenchon balaie d'un revers de la main. C'est de la connerie, tout ça. Donc il assume cette direction verticale. Il les assume, ces purges.

28:53
Manuel Bompard

– Mais je vous ai décrit tout à l'heure le fonctionnement de la France Insoumise.

28:55
Présentateur

– Oui, mais lui, il assume en fait.

28:57
Manuel Bompard

– Madame, madame, madame, je vous ai décrit tout à l'heure le fonctionnement de la France Insoumise. Si ce que je vous ai décrit ne correspond pas à la réalité, expliquez-moi pourquoi. Dites-moi ce que j'ai dit qui ne correspond pas à la réalité du fonctionnement de la France Insoumise. Et vous verrez que vous n'en êtes pas capable. Maintenant, si vous êtes très vigilante, et de manière générale sur ce plateau, très vigilant aux modalités de fonctionnement démocratiques de notre pays, j'en serai le premier avis.

alors peut-être que vous pourriez vous interroger pour savoir comment, dans notre système politique aujourd'hui, vous avez un homme seul, le président de la République, qui peut décider de dissoudre l'Assemblée nationale sans aucune discussion collective avec ses amis. Ça, par exemple, ça pourrait vous intéresser. Et donc si votre inquiétude, c'est le fonctionnement de la société française, si la France Insoumise arrive demain au pouvoir, je vais vous dire, le fonctionnement de la société française, si la France Insoumise arrive demain au pouvoir, sera beaucoup plus démocratique que le fonctionnement

29:53
Invité

de la société française, que le mouvement des Insoumis. Non, plus démocratique. Bruno Jeudy, vous avez été élu sans... Bruno Jeudy, Bruno Jeudy. Votre désignation était assez contestée.

30:04
Manuel Bompard

Bruno Jeudy, Bruno Jeudy, Bruno Jeudy, Bruno Jeudy, Bruno Jeudy, le premier point du programme de la France Insoumise, c'est le passage à la VIème République par la convocation d'une assemblée constituante, c'est-à-dire que les Françaises et les Français puissent écrire eux-mêmes la constitution de la Nouvelle République. Dans le programme de la France Insoumise, il y a l'idée qu'on puisse révoquer des élus s'ils ne respectent pas leurs engagements.

Dans le programme de la France Insoumise, il y a le référendum d'initiative citoyenne, c'est-à-dire la possibilité pour les citoyens, quand ils sont attachés à un sujet et qu'ils sont un certain nombre de signataires, de pouvoir obtenir un référendum.

30:35
Invité

– Mais pour l'instant, vous ne faites pas œuvre de transparence

30:37
Manuel Bompard

en matière de démocratie. – Vous voyez, ce que je suis en train de vous dire, ce n'est pas des ragots, ce n'est pas des calomnies, c'est le premier chapitre de notre programme. – Comment vous expliquez que vous opposons à terre ? – Mais quand même, je remarque que vous êtes moins vigilants sur la question démocratique quand le président de la République passe ses budgets par 49-3, quand il décide tout seul de dissoudre l'Assemblée nationale, – Ça, c'est la Constitution ? – Quand le président est de la République, et ça fait plus de conversation, vous m'interrogez sur la démocratie

31:08
Invité

dans le cadre d'une éventuelle arrivée au pouvoir de la France Assoumise. – Il faut répondre sur le livre.

31:13
Manuel Bompard

– Non, attendez, Yves Tréhard, la question, c'était bien celle-là. C'était est-ce que la France Assoumise, si demain elle arrive au pouvoir, les modalités de fonctionnement seront plus démocratiques qu'aujourd'hui ? – Comment vous expliquez ?

31:24
Invité

– Vous avez lu ce livre et vous avez lu comme nous que la plupart de ceux qui témoignent à visage découvert dans ce livre disent que si la France Assoumise devait arriver au pouvoir, eh bien, précisément, ce serait l'autocratie qui dirigerait le pays. Alors là, vous dites quoi ? Ils ont de l'effroi ! Ce qu'on sent dans les témoignages, et c'est ce qui est très frappant pour les journalistes que nous sommes, les lecteurs de ce livre que nous sommes, c'est qu'il y a de l'effroi dans leur façon de se figurer, ce que pourrait être un Jean-Luc Mélenchon à l'Élilé.

31:59
Présentateur

– D'ailleurs, je vous donne la parole dans un instant, Manuel Bompard, mais on va en écouter un. – Non, pas du tout, je vous ai fait la démonstration inverse, madame. – Je vous donne la parole tout de suite, mais j'aimerais juste qu'on écoute un ancien Assoumi, pour aller dans le sens de Dana. – Sinon, c'est un peu une autocratie sur ce plateau. – Non, mais justement, vous allez pouvoir répondre, mais juste avant, j'aimerais qu'on écoute Alexis Corbière.

32:16
Auditeur

– Je suis l'exemple, il faut me mettre sous cloche et venir me visiter, je suis la démonstration de méthode brutale. Donc on ne me demande pas, monsieur Corbière, avez-vous été, que pensez-vous de méthode brutale ?

J'en suis la démonstration, voilà, de ça, oui, oui, oui, oui, j'ai essayé d'avoir porté un débat stratégique, c'est le débat stratégique, c'est est-ce qu'on fait une candidature solitaire à la prochaine élection présidentielle, coûte que coûte, en ne voyant pas que ce qui caractérise la période, c'est que l'extrême droite est à presque 40%, ou est-ce qu'on est sur une note stratégique qui a été prise dernièrement, qui est celle de participer, mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul responsable, de participer à l'éclatement du nouveau Front populaire, de dire je serai candidat, coûte, coûte, coûte, quoi qu'il arrive, rien à foutre.

32:56
Manuel Bompard

– Ben là, il parle d'un débat stratégique, madame. Donc moi, je veux bien qu'on aborde ce débat stratégique.

33:01
Présentateur

– Il n'y a pas de débat stratégique possible au sein de la France Insoumise ?

33:03
Manuel Bompard

– Mais pas du tout, madame. En fait, le problème, c'est que je comprends l'exercice qui consiste à m'interroger, mais à minima, peut-être qu'il faut que vous entendiez juste ce que je dis dans mes réponses. Donc par exemple, comme vous avez bien entendu ce que j'ai dit dans les réponses, sur la question des débats stratégiques à la France Insoumise, tout à l'heure, je vous ai dit quelque chose. Vous vous en rappelez ?

33:22
Présentateur

– La question…

33:23
Manuel Bompard

– Non, non, non, non, vous vous en rappelez. Je vous ai dit qu'à la France Insoumise, tous les six mois, on a un débat stratégique à l'intérieur du mouvement.

33:29
Présentateur

– Mais un débat stratégique, on ne peut pas émettre de critiques. C'est en fait ce qui est dit dans le livre par un certain nombre de témoignages. Mais c'est encore une fois un certain nombre de témoignages, Alexis Corbière entre autres, qui disent On ne peut pas émettre un certain nombre de critiques à partir du moment où il y a une tête qui dépasse, on la coupe. C'est ça en fait.

33:42
Manuel Bompard

– Non mais en fait, c'est-à-dire qu'à chaque fois que je vous réponds de manière très factuelle, sur un point en fait, vous revenez à une idée préconçue que vous avez de la France Insoumise.

33:49
Présentateur

– Je m'appuie sur ce qu'il dit.

33:50
Manuel Bompard

– Moi, j'ai beau avoir toute la patience du monde, je ne peux rien faire contre vos idées préconçues.

33:56
Présentateur

– Ah, si je n'ai pas d'idées préconçues, je vous ai réagi à ce que disaient Alexis Corbière et Anna.

33:59
Manuel Bompard

– Mais précisément, en l'occurrence, Alexis Corbière, il ouvre un débat stratégique sur la manière d'aborder la prochaine campagne présidentielle. La France Insoumise, ce débat, il a lieu. Et d'ailleurs, il a eu lieu à notre dernière assemblée représentative du mois de décembre. On a adopté une résolution, elle a été votée par 93% des Insoumises et des Insoumis qui ont voté cette résolution, dans laquelle on a dit, voilà, comment on compte s'engager dans la prochaine campagne présidentielle. Et ça, c'est le résultat d'un débat et d'une discussion. Alors peut-être qu'Alexis Corbière ne se retrouve pas dans cette orientation stratégique, c'est son droit.

Mais ce n'est pas parce qu'Alexis Corbière, vous êtes d'accord, ne se retrouve pas dans cette orientation stratégique. – Et donc tout le monde au sein de la France Insoumise se retrouve dans cette orientation stratégique. – Non, précisément, je vous ai dit que ça a été voté à 93%. Ça veut donc dire qu'il y avait des gens qui n'étaient pas d'accord avec cette orientation stratégique. Et pourtant, ils sont toujours membres de la France Insoumise, contrairement à l'idée que vous voulez faire penser.

34:48
Invité

– Et à propos de certaines accusations qui sont très graves, dans l'écosystème ultra-hiérarchisé, la place de Sophia Chiquirou, donc je reviens sur elle, et le récit l'a décrit en parangon de brutalité, se livrant à des diatribes notoirement antisémites, comme lorsqu'elle réduit ses deux anciens associés et ex-militants mélanchonistes à leur judéité, ce ne sont pas, ouvrez les guillemets, ce ne sont pas deux petits juifs qui vont me prendre mon argent, aurait-elle déclaré devant témoin.

35:20
Manuel Bompard

– Ben, aurait-elle quoi. – Mais c'est grave. – Mais je crois avoir, déjà, sur la question de l'antisémitisme, je crois que j'ai été… – Mais qui est quand même central. – Attendez, attendez, je crois que j'ai été amplement interrogé sur ce sujet depuis des mois et des mois, et j'ai toujours dit la même chose, en vérité, c'est qu'évidemment, la France Insoumise combat le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, et elle le fait sans relâche. Et donc, évidemment que ce type de propos ne sont pas tenus à l'intérieur de la France Insoumise.

35:51
Invité

– Enfin, quand il y a l'affiche d'Anouna, quand même, vous pouvez quand même reconnaître que là, il y a quelque chose qui ne ressemble pas à combattre l'antisémitisme. – Bruno Jeudy, Bruno Jeudy. – En fait, vous faites vous aussi, vous rajoutez au collage,

36:00
Manuel Bompard

vous collez en plus. – Mais je ne colle pas, la fiche, on ne l'a pas inventée, monsieur Bombard. – Elle a existé, cette affiche. – Monsieur Jeudy,

36:06
Invité

vous voulez qu'on revienne sur cette séquence ? – Non, je vous dis simplement, là, vous dites, vous luttez sans relâche. – Je vous confirme, quelle affiche ?

36:17
Manuel Bompard

– L'affiche de Cyril Hanouna. – Donc, on continue avec… – Qui ressemblait au juifsus. – Donc, on continue avec une fausse information. – Pourquoi ? – Parce qu'il n'y a jamais eu d'affiche. – Ah bon ?

36:28
Invité

– Franchement, on l'a vu. – Vous savez ce que c'est une affiche ou pas,

36:32
Manuel Bompard

monsieur Jeudy ? – Ah oui, je sais ce que c'est. – Donc, une affiche, c'est quelque chose qu'on imprime pour le coller sur les murs. Il n'y a jamais eu d'affiche de la France Insoumise représentant Cyril Hanouna. – Vous avez même dit que c'était une erreur. – Il y a eu, précisément, pendant quelques instants et pendant quelques minutes, un visuel qui a été publié sur les réseaux sociaux et qui a été supprimé au bout de quelques minutes. – Vous avez même dit que c'était une erreur. – C'était une erreur de l'un de vos… – Donc, ce n'est pas une affiche. Et sur ce point-là aussi, vous racontez à nouveau quelque chose qui est quelque chose de faux.

Donc, à un moment, il faut faire attention parce qu'on parle de sujets qui sont des sujets…

37:03
Invité

– Ce qui sont des sujets, c'est que vous n'avez jamais condamné l'attentat terroriste du Hamas de 7 octobre 2022.

37:09
Manuel Bompard

Jamais. – Vous pouvez ressortir, s'il vous plaît, le communiqué qui a été fait par le groupe de la France Insoumise, s'il vous plaît, puisque M. Tréhard vient de lancer une accusation extrêmement grave. Vous venez de dire que nous n'avons jamais condamné l'attentat… – Un groupe terroriste ? – Non, non, non, non, non, Yves Tréhard. – Groupe terroriste ? – Vous voyez les méthodes que vous employez ?

37:26
Invité

– Non, non, non, non, non, non, c'est vous qui jouez avec moi. Moi, je ne joue pas avec vous. – Non, si, si, vous jouez avec moi…

37:31
Manuel Bompard

– C'est un groupe terroriste ou pas le Hamas ? – C'est un groupe terroriste ou pas le Hamas ? – Yves Tréhard, vous venez de dire… – C'est un groupe terroriste ou pas le Hamas ? – Maintenant, je vous demande, sinon je vais quitter ce plateau, de corriger la fausse information que vient de donner Yves Tréhard à cet instant sur le fait que la France Insoumise n'aurait pas condamné les actions qui ont été commises par le Hamas le 7 octobre. Vous venez de dire, M. Tréhard, quelque chose qui ne correspond pas à la réalité. – Et pourquoi vous ne répondez pas trop de mal à la question de Yves Tréhard ? – Parce que madame, vous m'interrogez… – Parce que vous êtes en difficulté ?

– Mais évidemment que non, j'ai déjà dit à dix reprises, je peux le redire ici… – Bah, vous dites-le comme ça, vous dites-le comme ça, on clôt le débat ! – Attendez, attendez, madame, madame, vous inquiétez pas, je n'ai aucun problème à dire qu'il y a une branche armée dans le Hamas qui a une mode opératoire terroriste, je l'ai déjà dit à quinze reprises. Donc si vous avez l'impression d'avoir un scoop ce soir, vous n'en avez pas. Par contre, par contre, M. Tréhard vient de dire que la France Insoumise n'avait jamais condamné les actions commises le 7 octobre, et ça c'est un mensonge pur et simple. – Je vais sur les… – Et donc, je vous demande, M.

Tréhard, d'arrêter de raconter des mensonges sur ce que fait la France Insoumise. – Je ne raconte pas les mensonges, je dis que vous n'avez pas dit que c'est un groupe terroriste.

38:35
Présentateur

– J'aimerais juste qu'on fasse… – Mais c'est important l'effet de la réalité, pas des fausses informations, vous voyez. – C'est important, c'est important. Et j'aimerais qu'on revienne sur ce qui s'est passé avec Jérôme Gage, l'ancien ami de Jean-Luc Mélenchon. Il faut rappeler que dans les années 90, Jean-Luc Mélenchon c'était un peu son mentor, c'était un peu son fils spirituel, et puis après, Jean-Luc Mélenchon a quitté le Parti Socialiste et depuis, les relations se sont sérieusement envenimées. Jean-Luc Mélenchon qui a eu des mots très durs vis-à-vis de Jérôme Gage en disant qu'il était attaché à la laisse de ses adhésions.

Jérôme Gage était tout à l'heure l'invité de BFM TV et il dit que Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite, mais qu'il adopte un discours ambigu pour flatter une partie de son électorat. Écoutez.

39:13
Invité

Je demeure attaché à la solution à deux États, à la reconnaissance de l'État de Palestine, à la sécurité de l'État d'Israël, que je combat le gouvernement de Benyamin Netanyahou et de sa proposition criminelle aujourd'hui d'une déportation massive des Gazaouis du territoire qui méprise le droit international et tout simplement l'humanité commune qui doit être la nôtre, et que ce discours de nuance que je tiens ne lui suffit pas. Parce qu'il considère que cette nuance-là ne permet pas justement d'aller flatter ce qu'il croit être des bas instincts chez certains. Et je dis que c'est un mépris pour ceux auxquels il pense s'adresser ainsi en les assignant à une identité.

39:48
Présentateur

Qui dit, lui, qu'il connaît bien Jean-Luc Mélenchon, il dit que Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite. Mais par contre, derrière, il y a une stratégie. Une stratégie politique électorale.

39:56
Manuel Bompard

Peut-être déjà le fait qu'il dise que Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite, peut-être que vous pourriez en prendre acte plutôt que de continuer à colporter cette mauvaise information. Et pour le reste, pouvez-vous m'expliquer ce qu'il y a de stratégique à dire que le fait qu'il y ait 50 000 personnes qui sont mortes à Gaza sous les bombes de l'armée israélienne est insupportable ? Pouvez-vous m'expliquer ce qu'il y a de stratégique à dire que la France devrait prendre la parole sur ce sujet ? Vous voyez, pendant toute la journée qu'on a passé aujourd'hui à parler de ce livre, pendant toute l'émission, ce soir, qu'on a parlé de ce livre, on n'a pas parlé d'une chose, par exemple.

C'est qu'hier, le cabinet du Premier ministre, M. Netanyahou, a adopté un plan qui vise à la conquête de la bande de Gaza et au nettoyage ethnique de la bande de Gaza, c'est-à-dire à l'expulsion de toute la population palestinienne qui se trouve sur la bande de Gaza. Alors, peut-être que vous, vous préférez parler du livre, mais moi, personnellement, je préfère parler de ces 50 000 personnes qui sont mortes sous les bombes de l'armée israélienne du gouvernement de M. Netanyahou.

Et si vous voyez dans ces mots-là une stratégie électoraliste, puisque vous avez voulu, pendant toute la soirée, donner de moi et du mouvement politique que je représente une image de brutalité, vous m'excuserez de vous dire que si vous voyez dans le fait de dénoncer des actions aussi ignobles, avec un bilan aussi lourd, une stratégie politique, alors je pense que c'est vous qui manquez un petit peu d'humanité.

41:31
Invité

Manuel Bompard, l'électoralisme, c'est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui, dans le livre, s'en réclame, il n'y a pas plus électoraliste que moi parce qu'il s'entend à répéter, il assume son électoralisme. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon,

41:42
Manuel Bompard

quand il a utilisé cette expression...

41:44
Invité

Il n'y a pas plus électoraliste que moi, je le cite.

41:45
Manuel Bompard

À propos du conflit israélo-palestinien ?

41:48
Invité

Il a utilisé cette expression tout court.

41:51
Manuel Bompard

Pourquoi vous amalgamez les deux dans la discussion ?

41:53
Invité

Je n'ai rien à amalgamer. Je rebondis sur l'électoralisme. Vous dites que ce n'est pas de l'électoralisme. Je vous dis, Jean-Luc Mélenchon ne considère pas que l'électoralisme est une insulte puisqu'il se définit lui-même comme électoraliste.

42:04
Manuel Bompard

Mais je ne vous ai pas dit que l'électoralisme était une insulte. Je vous dis, madame, que considérer comme électoraliste le fait qu'une formation politique se lève contre ce qui s'apparente aujourd'hui à un génocide et à un projet de nettoyage ethnique à Gaza, je trouve ça, d'un point de vue humain, déplorable. Et l'idée sous-jacente, parce qu'à un moment, on va dire les choses, qui consisterait à considérer qu'il y aurait en France une partie de la population qui finalement ne se mobiliserait que sur une seule question sur le fait que la France Assoumise dénonce les actions horribles qui sont commises à Gaza.

C'est une manière, quand même, de prendre une partie de la population française pour des imbéciles. C'est là où je me permets de revenir sur une question... Qui ne peuvent pas essayer de choisir leurs options politiques. Non, mais Manuel Bompard, le fait de Jérôme Gage est intéressant

42:53
Présentateur

parce qu'il les dénonce aussi. Il dénonce aussi ce qui se passe en ce moment à Gaza. Mais il vous pose une question, Jérôme Gage, et j'aimerais bien que vous y répondiez. La question qu'il vous pose, c'est est-ce que je peux être sioniste et pro-palestinien ?

43:03
Manuel Bompard

Mais Jérôme Gage, il peut être sioniste au sens qu'il donne, lui, au terme de sionisme, c'est-à-dire sans doute la définition originelle du sionisme, c'est-à-dire l'établissement d'un État juif, d'un foyer juif...

43:16
Présentateur

Il est défenseur d'une solution à deux États.

43:17
Manuel Bompard

Oui, mais vous savez, Madame, pardon, qu'il existe, si vous voulez, on rentre dans ce niveau de détail, je n'ai pas de problème, mais vous savez qu'il existe plusieurs formes de sionisme. Vous savez peut-être, par exemple, qu'il y a un sionisme religieux aujourd'hui qui dit que l'État d'Israël... Il ne devrait pas exister. Il doit... Non, que l'État d'Israël doit se tenir sur l'ensemble de ce que ce sionisme religieux appelle la Judée Samarie, c'est-à-dire le territoire actuel de l'État d'Israël et le territoire qui est, dans le cadre des accords de 1967, considéré comme étant le territoire du futur État palestinien.

Donc, vous voyez, il y a une forme de sionisme, par exemple, qui nie la possibilité pour le peuple palestinien d'avoir un État...

43:54
Présentateur

Mais lui, en l'occurrence, il se dit sioniste et pro-palestinien, partisan d'une solution à deux États. Vous aussi, vous vous rejoignez sur ce point. Vous êtes partisan aussi d'une solution à deux États.

44:01
Manuel Bompard

Moi, je suis partisan, effectivement, du respect du droit international. Mais pourquoi vous... À quel moment j'ai dénié à Jérôme Gage le droit de pouvoir avoir telle ou telle position ?

44:10
Présentateur

Ce qui dit... Mais attendez,

44:12
Manuel Bompard

je ne l'ai pas dénié le droit d'avoir telle ou telle position. Ensuite, j'ai le droit aussi, dans le débat politique, de critiquer certaines prises de position du parti auquel il appartient. Pourquoi ? Quand Mme Delga, par exemple, appelle à interdire les manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, j'ai peut-être le droit de dire que je ne suis pas d'accord sans que ça revienne à dénier à l'un ou à l'autre le fait d'avoir telle ou telle position. En fait, ça s'appelle le débat politique. Ça s'appelle le débat démocratique. Donc, quand je ne suis pas d'accord avec Jérôme Gage, je dis que je ne suis pas d'accord avec Jérôme Gage.

Et si parfois, je suis d'accord avec Jérôme Gage, je dis que je suis d'accord avec Jérôme Gage, tout simplement.

44:48
Invité

Comment expliquer Jean-Luc Mélenchon est rompu aussi brutalement avec Jérôme Gage ? Mais en fait, il faut poser la question. Alors, vous avez un rapport filial, je le dis à nos téléspectateurs. Il a été attaché par le volontaire au Sénat de Jean-Luc Mélenchon. En plus, Jérôme Gage raconte à quel point Jean-Luc Mélenchon lui a tout appris et comment il les était. Il avait plus qu'une amitié.

45:07
Manuel Bompard

C'est incroyable comment vous reconstruisez la réalité.

45:11
Invité

On vous demande comment vous expliquez ça.

45:12
Manuel Bompard

Madame, c'est Jérôme Gage qui a rompu avec la NUPES. Mais c'est ses propos à lui.

45:19
Invité

Jérôme Gage dit que Jean-Luc Mélenchon ne le salue même plus. Non, mais ça, c'est autre chose. Ça, c'est autre chose.

45:25
Manuel Bompard

Vous me posez la question de savoir. Non, mais enfin, vous pouvez être énervé, mais Madame, vous me posez une question. Je ne suis pas énervée du tout.

45:34
Invité

Je m'étonne de voir comment vous déviez. Vous ne répondez à aucune de nos questions.

45:38
Manuel Bompard

Je ne suis obligé à chacune. Vous ne répondez à aucune de nos questions, Manuel. Madame, Madame, Madame,

45:42
Invité

Je le regrette pour nos téléspectateurs, je peux vous dire.

45:45
Manuel Bompard

Vous ne répondiez pas. Madame, je ne dévie pas. Je suis obligé à chacune de vos questions, et tout le monde pourra en faire l'expérience ce soir, de corriger votre question parce qu'elle contient une fausse information.

45:54
Invité

Donc, nous tous ici, sur ce plateau, nous posons des questions fausses.

45:57
Manuel Bompard

Là, précisément, excusez-moi. Mais depuis tout à l'heure, vous faites ça. Excusez-moi d'être attaché un peu aux faits, en fait.

46:01
Invité

À chaque fois que l'un d'entre nous prend la parole pour vous poser une question, vous dites « C'est faux. Ça n'existe pas. Ça n'a pas été dit. Ça n'a pas été écrit. »

46:08
Manuel Bompard

Interrogez-vous sur les questions que vous me posez.

46:10
Invité

On vous pose des questions à partir d'un livre de 200 pages qui résulte de deux ans d'enquête de deux journalistes. C'est vraiment très difficile

46:18
Manuel Bompard

parce que vous venez précisément de me poser une question pas à propos du livre mais vous venez précisément de me dire pourquoi vous avez rompu avec Jérôme Guelge et je vous ai fait une réponse. C'est dans le livre aussi. Et je vous ai fait une réponse. C'est aussi dans le livre. Je ne voulais pas entendre ma réponse donc après, ne me dites pas que je ne réponds pas à vos questions.

46:32
Invité

C'est dans le livre aussi. Donc dites-nous.

46:33
Manuel Bompard

Madame, Jérôme Guelge a fait un choix. C'est son choix politique. Je ne le commente pas. Y compris le choix, par exemple, aux élections législatives de 2024 de se présenter sous une autre étiquette. C'est le choix qu'il a fait. Il le dit lui-même. Ce n'est pas être infamant de dire ça. Donc ne commencez pas votre question en disant pourquoi vous avez rompu avec lui alors que c'est lui qui a fait le choix de rentrer avec nous. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

46:53
Invité

Plus globalement, Manuel Bompard, parce que on a compris que vous protestiez tous les éléments du livre. Ne dites pas ça.

47:01
Manuel Bompard

J'ai répondu à toutes vos questions, madame. C'est juste que vous posez des questions qui sont des questions mensongères.

47:06
Invité

Puisque ce livre concerne votre mouvement La France Insoumise, est-ce qu'il est possible d'être insoumis insoumis non-mélenchonistes dans ce mouvement ?

47:15
Manuel Bompard

Mais ça veut dire quoi, insoumis non-mélenchonistes ?

47:17
Invité

On explique que les insoumis, c'est un mouvement. Jean-Luc Mélenchon lui-même dit « Faites mieux ». Et il a pris ses distances avec le fonctionnement. Est-ce que c'est possible d'être insoumis ? Puisqu'il y a quand même beaucoup de gens qui ont été pas exclus.

47:32
Manuel Bompard

Mais à la France Insoumise, il n'y a pas de mélanchonistes. Il y a des insoumis, en fait. Non, mais est-ce que c'est possible d'être insoumis non-mélenchonistes ? C'est-à-dire, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'à la France Insoumise, les gens...

47:42
Invité

C'est-à-dire, est-ce que vous tolérez qu'il y ait des opposants à l'intérieur de votre mouvement ?

47:46
Manuel Bompard

Mais je vous ai dit tout à l'heure, précisément, par exemple, qu'on a fait adopter un texte stratégique et qu'il y a des gens, évidemment, qui n'étaient pas d'accord avec ce texte stratégique. Ils ont voté contre. Ils sont toujours à l'intérieur de la France Insoumise. Qu'est-ce que vous voulez me faire dire ? Il y en a quand même beaucoup qui sont partis. Mais non, mais d'accord, mais monsieur... Non, mais attendez. Vous voyez, c'est votre pratique du petit commentaire à la fin. C'est pas du petit commentaire. Mais vous m'avez posé une question simple. Est-ce qu'on peut être en opposition à l'intérieur de la France Insoumise ? Je vous réponds oui. Je vous en fais la démonstration.

Et vous me répondez oui, mais il y en a d'autres qui sont partis. En fait, vous ne voulez pas ma réponse. Vous voulez que je la sois votre version des faits qui s'ablit, quoi.

48:18
Invité

Je la prends votre réponse. Parce que vous l'agrémentez d'un commentaire postérieur.

48:22
Manuel Bompard

Vous aussi, monsieur le commentaire ? Non, mais j'essaye de ne pas le faire. On va s'arrêter là.

48:27
Présentateur

Merci en toute manière. Je veux quand même dire

48:28
Manuel Bompard

aux gens qui nous écoutent pour que tout le monde soit aussi informé. Madame, c'est qu'on a calé cette émission il y a trois jours. Et on avait, y compris cet après-midi, discuté des thèmes que nous allions aborder aujourd'hui. Et on avait prévu, par exemple, de parler de la situation d'ArcelorMittal. On avait prévu, par exemple, de parler des annonces qui ont été faites ce matin de fermeture d'entreprises et de suppression d'emplois dans le commerce.

48:49
Présentateur

Et je vais vous dire, on avait prévu aussi de parler de votre rendez-vous aujourd'hui avec François Bayrou sur la proportionnelle. On avait prévu de parler du référendum sur le budget de la proposition de François Bayrou. On avait prévu de parler de Boilem sans ça, légalement du vote. Aujourd'hui, la France insoumise qui a voté en partie contre. A 27 députés qui a voté contre cette résolution. On avait prévu plein d'autres sujets. On a été débordés. On n'a pas eu le temps.

49:08
Manuel Bompard

Je le dis juste aux gens qui nous écoutent parce que je ne voudrais pas qu'à la fin, on me reproche de venir parler uniquement des affaires internes de la France insoumise parce que ma volonté aujourd'hui c'était de parler des problèmes que rencontrent les Françaises et les Français et c'est le cadrage de votre émission qui m'a empêché de le faire et je le regrette.

49:24
Invité

Monsieur Bompard, avant vous il y avait Monsieur Wirt qui lui-même pensait qu'il allait parler de François Bayrou et il n'a pas parlé de François Bayrou. Il ne s'en est pas plein en direct à l'antenne.

49:32
Manuel Bompard

Ça arrive. Moi je le fais parce que je ne veux pas qu'à la fin, les gens qui ont écouté notre émission pensent que ce qui m'intéresse dans la vie c'est la France insoumise. Moi ce qui m'intéresse dans la vie c'est les problèmes auxquels sont confrontés les Français et je pense que c'est dommage qu'on ait pu en parler parce que j'avais beaucoup de réponses à apporter sur ce sujet.

49:46
Présentateur

On a été pris par le temps Manuel Bompard mais moi je vous propose une chose revenez demain et demain on poursuit cette interview et on parle de tous les sujets dont on devait parler ce soir.

49:53
Manuel Bompard

Alors ce serait avec plaisir mais malheureusement il se trouve que demain il y a tout de boule.

49:57
Présentateur

Non je suis à Marseille

50:01
Manuel Bompard

dans ma circonscription vous ne m'en voudrez pas mais ça me paraît important de le dire. Moi je souhaite qu'on puisse parler et aussi des problématiques concrètes auxquelles sont confrontés les gens aujourd'hui. Malheureusement il y a beaucoup de souffrance il y a des fermetures d'emplois il y a une hécatombe de plans de suppression d'emplois sur le sujet. J'ai des propositions politiques à faire sur ce sujet et je regrette qu'on passe notre temps à la place à commenter ce qui me paraît être une fiction plutôt que de parler de ces problèmes-là. Je voulais vous le dire parce que je pense que c'est important que les gens le sachent.

50:29
Présentateur

Et je tiens à vous remercier d'avoir joué le jeu parce qu'effectivement vous êtes venu pendant 40 minutes vous savez le format vous connaissez le format de l'émission et vous avez joué le jeu donc merci d'être venu Je vous en prie ce soir et je précise d'ailleurs que les journalistes de la meute seront les invités demain de Benjamin Duhamel et ils pourront répondre à vos interrogations que vous avez soulevées Les interrogations ?

50:49
Manuel Bompard

Non je ne crois pas

50:50
Présentateur

Si tout à l'heure quand vous me disiez ils ne m'ont pas interrogé sur un épisode concernant

50:54
Manuel Bompard

Non sur aucun épisode ne me concerne Allez je vous souhaite une très bonne soirée

50:59
Présentateur

Merci beaucoup Manuel Montpard