Boulevard Voltaire - Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Contre quoi et pourquoi êtes-vous entré en Résistance ?
- 1:03ComplaisanteRéponse directe
Vous avez introduit ce livre avec un passage sur les gilets jaunes.
- 2:17OuverteRéponse directe
Le mouvement des gilets jaunes s'est politisé avec le temps.
- 4:37OuverteRéponse directe
Dans votre livre, vous chargez Emmanuel Macron.
- 8:57OuverteRéponse directe
Vous dites que Le Pen et Wauquiez ne pourront gagner seuls.
- 12:24OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un service à rendre à la cause que vous incarnez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:18Invité politiqueFait
« Manipulation de la justice pour abattre François Fillon. Manipulation des médias pour dissimuler qu'Emmanuel Macron était ministre conseiller de Hollande. »
- 5:47Invité politiqueFait
« L'élection présidentielle a été truquée. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan82 %
- Présentateur12 %
- ?7 %
≈ 64,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous publiez Résistance aux éditions du Rocher. Première question extrêmement simple, elle va concerner le titre. Contre quoi et pourquoi êtes-vous entré en Résistance ? Et appelez-vous à la Résistance tout simplement.
Contre
la disparition de la France, de ses valeurs, de sa civilisation,
qui
est méthodiquement mise en place, inconsciemment ou pas, je ne sais pas, par des dirigeants hors sol. Et quand on voit la propagande qu'il y
a
dans notre pays ce rouleau compresseur qui vise à desserveler les Français, à les manipuler,
que
cette propagande a fait élire un homme
qui
aujourd'hui applique, et c'est ce que j'explique dans mon livre, les mêmes recettes que pour la campagne présidentielle pour asseoir sa domination sur la société française, je dis qu'à un moment,
il
faut qu'on résiste, qu
'on
s'unisse et qu
'on
présente un projet. Parce que la résistance,
c
'est l'espérance, ce n
'est
pas simplement se refermer, mais c
'est
au contraire comprendre que c'est un moment vital pour la nation. C'est ça l'enjeu.
Vous
avez introduit ce livre justement avec un petit passage sur les gilets jaunes. On imagine que vous ne l'avez pas écrit il
y
a trois semaines, donc ce passage ne prend pas forcément compte toutes les évolutions qu'il y
a
eu dans ce mouvement. Donc ce message de résistance effectivement fait écho finalement au soulèvement des gilets jaunes qui a décommencé en novembre.
Oui,
j'ai écrit ce livre
à Noël pendant les fêtes et je suis parti, oui, de ce sentiment qu'enfin
une
partie des Français se levait.
Et
ce n'est pas parce qu'après,
ils
ont été salis,
qu
'il
y a
eu des dérives, mais surtout qu'il
y a
eu amalgame, organisé par la propagande gouvernementale, qu'il faut oublier que des millions de Français ont été courageux, qu'il faut oublier qu'aujourd'hui encore, 70% des Français les soutiennent et qu'il y a gilets jaunes et gilets jaunes. Et ce que j'ai voulu à travers ce livre, et je l'explique, c'est donner une issue politique
à
un mouvement de révolte sociale.
Car
dès Noël, j'avais bien vu que ce mouvement ne pouvait pas continuer comme ça. Et le livre, je l'ai écrit pour dire aux Français, voilà,
c
'est bien de résister,
mais
c'est encore mieux de proposer. Et il y a une partie d'analyse de la résistance, mais il
y
a une partie importante du livre de propositions.
Justement, le mouvement des gilets jaunes s'est politisé un petit peu avec le temps. On a vu des personnalités émerger de ce mouvement, notamment des essayistes comme Roi de Branco, des intellectuels comme Étienne Chouard. C'est un mouvement qui s'est quand même beaucoup décalé à gauche. On a vu énormément de violences de corpuscules d'extrême-gauche au cœur de ces manifestations. Est-ce qu'il n'est pas trop tard pour la droite, tout simplement, de parler à ce mouvement ?
Pas du tout, pas du tout, parce qu'il y a des millions de Français, gilets jaunes dans le cœur, qui ne vont plus manifester, parce qu
'ils
n'ont pas envie d'être mêlés avec des anarchistes et des gauchistes, mais qui, au fond, veulent vivre de leur travail. Ils sont artisans, ils sont commerçants, ils sont ouvriers, ils sont employés, ils sont fonctionnaires, ils sont policiers,
ils
sont infirmières, et ils sont retraités. Et ils voient bien que la classe politique a construit une soumission à l'égard de Bruxelles qui détruit notre pays. Ils voient bien que l'immigration est un thème qui a été sorti du débat,
alors
que c'est un point fondamental. Et moi, je m'adresse justement à ces millions de Français, et j'espère bien que notre liste portera aussi ce message aux Européennes. Donc, je crois pas du tout, je crois qu'en vérité, si vous voulez,
c
'est terrible ce qui se passe dans notre pays, parce qu
'il
y a l'écume de la vague
que
l'on scénarise à la télévision, sur les chaînes d'info,
et
puis il
y
a la puissance de la vague qui ne se voit pas. Et les hommes politiques, je trouve, surréagissent à l'écume et n'époussent pas la vague. En tout cas, on m'a assez reproché, justement, de ne pas désavouer les gilets jaunes.
De
ne pas, on m
'a
dit, oui, tu perds des voix, attention, les sondages, regarde Wauquiez, il a mis un gilet jaune, puis après il l
'a
enlevé. Eh
bien,
moi, je n'aime pas cette façon de faire de la politique.
Je
pense que les Français sont intelligents,
et
qu
'ils
voient très bien la différence entre des petits casseurs d'extrême-gauche et des manipulations du gouvernement, et la réalité d'une retraitée qu'à 600 euros de retraite. Quant à un immigré qui vient d'arriver, on a 800. Voilà, c'est tout. Je veux dire qu'il
y a
un moment, moi, je parie sur l'intelligence des gens, sur la nuance.
Et
voilà pourquoi je suis convaincu que notre liste, malgré les attaques incroyables du système contre moi, portera ses fruits et aura un très beau résultat au mois de mai. Parce qu'il
y
a un moment, il faut parier sur la réflexion, l'intelligence, la nuance.
Justement, dans votre livre, vous avez chargé avec beaucoup
de
violence, on peut le dire, Emmanuel Macron, en tout cas, les conditions de son élection et ce qu'il représente. On a vu un débat pour les européennes se polariser entre le camp du progrès et le camp des populistes. Vous êtes donc dans le camp des populistes ?
D
'abord, ce n
'est
pas moi qui suis violent. Je dis des choses
qui,
je crois, juste. Manipulation de la justice pour abattre François Fillon. Manipulation des médias pour dissimuler qu'Emmanuel Macron était ministre conseiller de Hollande. Manipulation du pays. Et attaques scandaleuses contre les uns et les autres. Donc, je dis les choses, ce n
'est
pas violent. Ce qui a été violent, c'est ce coup d'État démocratique.
Et
qui explique la crise des gilets jaunes. Car comment expliquer
que
18 mois seulement après la victoire, soi-disant éclatante, de ce personnage, mis sur le trône par des intérêts financiers, par Bruxelles, par les Américains, etc., comment se fait-il que 18 mois après, il soit si impopulaire ?
C
'est bien parce que l'élection présidentielle a été truquée.
Elle
a été truquée et j'explique.
Ce
n
'est
pas une charge.
J
'ai écrit des chapitres et vraiment, j'aimerais que les lecteurs le lisent parce qu'on ne peut comprendre la manière dont gouverne Emmanuel Macron aujourd'hui que quand on a vu les coulisses de la présidentielle. Et ces coulisses, je les livre. Alors, je reviens maintenant, il nous refait le coup.
Il
refait le coup de l'entre-deux-tours.
C
'est-à-dire que dans l'entre-deux-tours, il y avait le choix qu'entre Macron et Macron. Et bien maintenant, pour les Européennes, il nous fait rebolote Macron-Le Pen. Parce qu'en fait, il veut mettre en place un second tour 2022, Macron-Le Pen. Je suis le seul qui peut être totalement libre d'être objectif sur Marine Le Pen, car je suis le seul qui a pris tous les risques pour la soutenir. Donc, j'ai le droit, j'ai le brevet de pouvoir dire, je l'ai soutenu, je n'ai rien à me reprocher. Mais
j
'ai quand même le droit aussi de dire, est-ce qu'on va tirer les leçons un jour de cette défaite de 2017 ? Est-ce qu'on va tirer les leçons à droite
de
l'émiettement des forces politiques ? Est-ce qu'on va tirer les leçons
du
besoin d'un programme crédible ? Est-ce qu'on va arrêter de tomber dans le piège d'Emmanuel Macron, justement populiste, nationaliste, pour proposer, c'est le sens de ma candidature aux Européennes, pour proposer une voie
qui
soit une vraie alternative à Macron, mais qui en même temps rassure les Français. Car il ne
s
'agit pas simplement de critiquer Macron, il s'agit de proposer.
C
'est tout l'enjeu de la liste des amoureux de la France, c'est-à-dire rassembler, ce n
'est
pas facile. Ensuite proposer, ensuite incarner. Et comme c'est un scrutin proportionnel, chaque voix compte. Il n
'y a
pas de grand parti, de petit parti, puisque votre voix est égale.
Je
pense que c'est l'occasion pour notamment les électeurs de droite
de
dire ce qu'ils veulent. Et ce qu'ils veulent partir au Parlement européen avec Bardella, parce que ce n
'est
pas Marine Le Pen qui est candidate, un jeune de 23 ans sympathique, mais où on ne connaît pas le programme, et on ne connaît pas vraiment les alliés, si ce n'est des alliés qui ne gouvernent jamais, pour certains, d'autres qui gouvernent. Ou est-ce qu'on veut partir avec Bellamy
qui
dit tout et le contraire de tout, et qui dit préférer Juncker à Orban, qui est soutenu par les centristes qui veulent un budget fédéral, un impôt européen, bref, c'est la bouillie pour chat. Ou est-ce qu'on veut une liste, la nôtre,
qui
peut-être aujourd'hui est moins puissante, en chiffres,
les
sondages ils évolueront, mais qui a une cohérence interne,
qui
a des personnalités, vous les verrez bientôt, courageuses, et surtout qui a 24 pays alliés. 24 pays alliés qui sont des eurosceptiques ou des euros réalistes modérés, c'est-à-dire qui veulent transformer l'Europe, rendre aux nations les pouvoirs. Voilà, c'est ça l'enjeu. Après, moi je ne
suis
pas là pour critiquer les autres, je suis là pour dire,
si
on continue sur une polarisation nationaliste, populiste, si on continue sur ce qui a échoué en 2017, on n'y arrivera pas.
Vous
revenez dans votre livre, effectivement, vous dites que Divoitier ni Marine Le Pen ne pourront gagner seules, c'est une réalité, mais il y a aussi, on serait tenté de vous répondre, est-ce que vous ne participez pas vous aussi à l'émiettement de la droite, tout simplement en présentant une liste qui, finalement, est à la croisée des chemins, en fait, entre Laurent Wauquiez et Marine Le Pen
? Alors,
d'abord c'est un scrutin à un tour, donc il n
'y a
pas d'émiettement, puisque que vous votiez une liste ou une autre, ça fait un siège. Donc il n
'y a
pas de... Ce n
'est
pas comme un scrutin présidentiel de deuxième tour. Vous avez raison de poser la question, mais
est
-ce qu'à l'inverse, continuer avec des républicains
qui
mentent en permanence sur l'Europe, consigner tous les traités, qui racontent des histoires, et de l'autre côté continuer avec une liste qui n'a pas un programme crédible suffisant, et qui ne fait que répondre, être l'allié, le meilleur allié du système,
est
-ce que ça serait bien
? Est
-ce que, au contraire, la démarche que nous avons lancée n'est pas la seule positive pour après
? Et
j'ai tendu la main aux deux.
Si
Marine Le Pen était tête de liste, ce serait différent,
parce
que légitimement, elle aurait raison de dire « Mais pourquoi tu ne me soutiens pas ?
»
Mais elle a refusé d'être tête de liste, elle ne veut pas y aller.
Se
faisant, n'y allant pas,
est
-ce qu'on a le droit de prendre au notage toute la droite en disant « Ben voilà, on recommence comme avant
» ?
Ça ne suffit pas, ça ne marche pas. Et à l'inverse, est-ce qu'on peut laisser les républicains tromper les gens
? Car, je
veux quand même dire à ceux qui m'écoutent, j'ai regardé les votes, M. Hortefeu,
qui
a promis de contrôler l'immigration, il a voté les quotas de migrants, il a voté le pacte de Marrakech, il a voté tout ça.
Il
a voté le CETA, donc les républicains à Strasbourg, à l'exception parfois d'un ou deux députés, ont tout voté. Donc je comprends que Bellamy préfère Juncker à Orban, ils ont tout voté. Et quand il y
a
eu le conflit entre Orban, ils sont partagés et ils sont abstenus. Courageux mais pas téméraires. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, est-ce qu'on va laisser,
moi
je mets les pieds dans le plat, est-ce qu'on va laisser la droite prise en otage par deux personnalités qui défendent leur boutique et qui ne veulent pas travailler l'une avec l'autre ? Je suis convaincu
que
seule
une
liste comme la nôtre a un score élevé
pourra
faire, pourra obliger
les
républicains qui restent patriotes et le Rassemblement National de sortir de leur logique de boutique,
de
sortir de cette logique folle qui croit que chacun va gagner seul. Moi,
je
n
'ai
jamais prétendu gagner tout seul. J'ai tendu les bras, j'ai tendu les mains, j'ai bâti un programme sérieux, j'ai fait un travail incroyable avec 24 pays, vous aurez une liste de gens crédibles,
j
'ai tendu la main, chacun a dit non, ma boutique, ma boutique, ma boutique, c'est comme ma cassette, ma cassette, ma cassette.
Ce
n
'est
pas possible.
La
chance qu'on a, c'est que
c
'est un scrutin proportionnel, que les affaires différentes vont commencer avec les alliances municipales, régionales. Donc là, c'est un peu aux électeurs de dire qu'est-ce qu
'ils
préfèrent. Voilà. Est-ce qu'ils préfèrent continuer avec Bellamy ? On ne sait pas ce qu'ils proposent. Est-ce qu
'ils
préfèrent continuer avec Bardella ? Est-ce qu'ils préfèrent donner une chance à une autre démarche ? C'est tout.
Est-ce
qu'il est
président d'un parti politique national et allait s'enterrer, si on peut le dire médiatiquement, à Strasbourg ou à Bruxelles ? Est-ce que c'est un service à rendre à la cause que vous incarnez ?
C
'est une vraie question. C'est une vraie question. Mais je crois au contraire que les Français commencent à comprendre,
même
si les journalistes ne le comprennent pas toujours, et ce n
'est
pas vous qui êtes en cause, mais les journalistes du système, je dirais, je crois que les Français ont commencé à comprendre que si on ne débloque pas le verrou là-bas,
il
n
'y
aura pas de pouvoir d'achat pour les retraités, il n
'y
aura pas d'augmentation des salaires,
il
n
'y aura
pas de relocalisation, il n'y aura pas de contrôle de l'immigration.
Et
je veux me faire mentir cette fatalité
qui
veut que justement on fait des grands discours à Paris et on envoie des nuls à Bruxelles.
Nicolas Dupont-Aignan