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interviewSud Radio (sur YouTube)· 2 mars 2026 15 min

Jean-Louis Thieriot - "Iran : la gauche a la vieille habitude d'être du mauvais côté de l’histoire"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, [musique] l'invité politique Jean-François [musique] Aili et Jean-François Aili, vous recevez ce matin l'ancien ministre délégué aux armées, le député LR de Saintmarne, Jean-Louis Thierot. Bonjour à vous Jean-Louis Tierriot. Bonjour et bienvenue.

Nous allons évoquer la position de la France, celle d'Emmanuel Macron. Il y a une réunion au qu d'ors à 8h15 ce matin. En ce moment même Jean-Louis Tiot mais tout d'abord Trump.

Le monde doit-il se sentir soulagé de la mort du guide suprême iranien Ali Ramene responsable de milliers de morts lors de la répression sanglante de janvier ? Vous dites quoi ce matin ? Merci Donald Trump.

Je dis que personne ne pleurera la mort d'un tyran. Euh il faut quand même se rappeler que euh le régime des molts de la répression. C'est une violation permanente du droit international à travers tous ces proxis euh Esbola outil et aussi indirectement du Hamas qui a été à l'origine des massacres en Israël.

C'est une illusion de la gauche française qui euh euh avait eu elle l'avait regardé avec les yeux de Chimen, on pense à Michel Fouco au moment de l'arrivée euh de euh la Yatola Comé dans l'Avance. Dans l'avion d'Air France. Donc personne ne pleurera la mort d'un tyran.

Après ce que la mort du tyran signifie la mort de la tyrannie, ça reste à voir. Moi, je reste très prudent sur l'idée d'un changement de régime imposé simplement par des frappes aériennes. Ça ne s'est jamais produit et aujourd'hui, on ne sait pas ce qui va en sortir.

Trump a dit 4 semaines ou moins, vous êtes un spécialiste des questions de défense. Ça vous paraît crédible, c'est le scénario qui se dessine. Ce qui me paraisse dessiné, c'est que Trump a d'abord euh le regard fixé sur son opinion publique.

Son opinion publique ne souhaite pas la guerre. Donc, il veut nécessairement une guerre euh courte. Je vois mal en 4 semaines comment euh on peut arriver à un changement de régime sans troupe au sol.

Et il n'y aura pas de troupe au sol. Je crains qu'on aille vers un scénario euh vénézuélien, c'est-à-dire euh des euh autorités local un peu plus souple qui prendrai le pouvoir. Il faut se rendre compte de la difficulté de la situation en Iran.

On a quand même une part de la population, les gardiens de la révolution, les Passes d'aran, les basjis qui sont des milices, les fondations religieuses qui tiennent l'économie qui fait que le basculement ne me semble pas évident. Il s'est adressé au peuple iranien Donald Trump. Le reste dépendra de vous", dit-il, mais nous serons avec vous.

Soyez audacieux. Voilà. Donc, c'est au peuple iranien de faire le job maintenant, ce qui paraît compliqué vu ce qu'il y a en face.

Un changement de régime ne s'impose pas de l'extérieur. On voit que toutes les tentatives ont échoué. Je crois que il y avait une carte à jouer au moment des grandes manifestations.

Le problème, c'est qu'à ce moment-là, l'armada américaine n'était pas déployée. Jean-Louis Thierot, la France va rehausser sa posture militaire dans le golfe et son accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense. C'est c'est la déclaration d'Emmanuel Macron, c'était hier soir au sortir de la du deuxème conseil de défense en 2 jours.

La France pourrait-elle être entraînée, malgré elle dans ses opérations militaires ? La France n'a pas été à l'initiative, était pas dans les premières opérations. Elle est absente au jour est totalement absente.

Aujourd'hui, nous avons trois priorités. Protéger nos ressortissants, il y en a beaucoup, y compris en Israël. Protéger nos emprises militaires et nos hommes.

Nous avons du monde aux EAU. Nous avons du monde en Jordanie, nous avons du monde au Liban. Je rappelle que le Esbola a frappé Israël et il y a des répliques israéliennes aujourd'hui.

Donc ça c'est la priorité. On a une troisième priorité qui est d'assurer la sécurisation de nos approvisionnements maritimes. La France a rehaussé sa posture dans l'opération ASPES et on a eu aujourd'hui trois un communiqué de le 3 France, Grande-Bretagne, Allemagne disant qu'on se réserve d'avoir des répliques défensives.

C'est un changement de temps quand même non ? Au départ, le président Emmanuel Macron a semblé quand même très très prudent avec son premier communiqué en expliquant qu'il fallait faire attention à une escalade incontrôlée et cetera. Là, c'est plus offensif.

Je crois que le président n'a pas le choix. L'escalade, elle est le faite de l'Iran. Le l'Iran a frappé des pays du golfe qui avaient refusé que les avions américains ne partent de chez eux.

La réalité c'est qu'aujourd'hui on a une dimension escalatoire iranienne qui nous met directement en première ligne. On a eu un hangar tapé à Abu Dhabi. Alors justement pourquoi vous avez écrit là-dessus sur X ?

Si l'attaque de drone visait bien notre base française aux Émirats euh si l'information est confirmée à l'époque ça ne l'était pas. Oui. Le conflit change de dimension pour notre pays.

C'est ce qui m'intéresse ce matin. Pourquoi vous dites ça ? Parce qu'à partir du moment où des intérêts français sont ciblés et à partir du moment où des États avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense sont frappés, forcément on est tenu et de nous protéger nous-mêmes et euh de respecter les accords de défense, c'est-à-dire de fournir un certain nombre de moyens et c'est semble-t-il ce qui est fait notamment en terme de défense solaire.

Jean-Louis Tiot, vous êtes euh spécialiste des questions de défense. Je le disais euh l'envoi du Charles de Gaul en Méditerranée oriental, ça vous semble confirmé ce matin ? Les deux sont évoqués.

Donc je n'ai pas de confirmation officielle et euh je n'en dirai pas plus. Ce qui est sûr, c'est qu'on a un renforcement notre posture navale. On a annoncé l'envoi de deux frégates dans le cadre de la mission SPIDES.

Ça paraîtrait cohérent. C'est pas seulement symbolique tout ça hein, parce qu'au fond le Charles de Gaul, c'est quand même une trentaine de rafales, le NH 90, il y a des forces militaires à bord, hein. Oui, la question c'est des forces militaires pour faire quoi ?

Euh ce qui On soutient de qui au juste ? On soutient, c'est pour ça que le le porte-avion est pas nécessairement indispensable. Ce qui est nécessaire sur place, c'est d'avoir des bateaux qui protègent le commerce maritime avec des missiles euh mer air.

Très important. Apparemment, c'est ce qui est fait. Évidemment, si on envoie le porte-avion, on est dans une autre dimension.

Cette autre dimension, c'est peser toute la puissance française et je crois que c'est toute l'utilité du porte-avion d'être 40000 tonnes de diplomatie en mer. Vous lisez les critiques comme nous euh Jean-Louis Tiot, vous diriez vous aussi que le président passe à côté de l'histoire, le président de la France, Emmanuel Macron, c'est ce qui se répète he la France totalement absente. Or l'Europe également hein.

Or, c'est à nos portes, hein. C'est une zone d'influence. Pensons au Liban.

Les enjeux pour notre pays sont considérables. Après, je crois qu'il faut se méfier du French bashing. Nous avons à essayer de porter un modèle qui est la puissance sans la conquête.

Nous avons cet enjeu qui est celui finalement de la dialectique pascalienne du droit et de la force. Euh le droit sans la force est impuissant, la force sans le droit est tyrannique. Je peux comprendre le balancement du début.

Aujourd'hui, ce qui est clair, c'est que l'Iran a été escalatoire. La France doit être présent sur place. Ne nous moquons pas de la France.

Le euh ministre italien de la défense euh s'est retrouvé coincé à Bah, ce qui veut dire que lui-même n'était strictement au courant de rien. Oui. Le droit international, est-ce qu'il a encore sa place ?

Tout le monde dit Trump s'assoit dessus mais au fond l'Iran s'est assis dessus également depuis longtemps. Non. Alors je crois qu'il faut faire une distinction entre la pratique et les principes.

Les principes d'accepter délibérément un monde totalement dépourvu de règle. Ça n'a pas de sens et ça peut aussi être un moyen d'influence vis-à-vis de ce qu'on appelle, je mets ça avec des guillemets le sud global. Une fois qu'on a dit ça, la réalité c'est qu'aujourd'hui l'épée est redevenue l'axe du monde, qu'on doit en tirer les conséquences et qu'on doit assumer la puissance et la force militaire.

La mort d'Alliamée bourreau du pape iranien, ne justifie pas les moyens qui l'ont provoqué. C'est ce qui écrit Jean-Luc Mélenchance, un peu la position chez les insoumis, les écologistes. Il fallait pas faire ça.

Voilà, il fallait juste essayer de les juger devant un tribunal international. vieille habitude de l'extrême gauche française, voire d'une partie de la gauche française, d'être du mauvais côté de l'histoire. Clairement aujourd'hui, la France doit être du côté du peuple euh iranien.

Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? On nen verra pas de trop au sol pour les aider, mais ça veut dire en tout cas diplomatiquement et politiquement les soutenir. Vous avez vu ce que dit également la députée européenne qui fait coller beaucoup d'encre, Rima Hassan pour qui l'Iran a le droit de se défendre et Israël a le droit de la fermer.

C'est ce qu'elle écrit sur X. Qu'est-ce que cela vous inspire ce matin Jean-Louis Thiot ? Ça m'inspire le même dégoût que je ressens en permanence à l'égard des LFI.

Ils sont contre le droit, ils sont contre l'humanité et euh ils sont euh contre un ordre international civilisé. 300 morts en Iran, visiblement pour les filles, ça ne compte pas. Seul comptent les morts de Gaza.

Nous nous considérons que l'humanité est la même partout. Alors Jean-Louis Tri Tier, c'est aujourd'hui une journée particulière également puisque euh Emmanuel Macron doit s'exprimer depuis euh la base des sous-marins nucléaires français de l'île longue. C'est dans la Rade de Brest.

Pour la doctrine nucléaire française, qu'en attendez-vous ? J'en attends euh de réaffirmer quelques principes et d'apporter le cas échéant les évolutions euh nécessaire. Euh je crois que dans ce domaine-là, il ne faut euh pas crier avant d'avoir mal et s'interdire tout ce que seront des exploitations démagogique.

C'est-à-dire c'est-à-dire que vous entendez un certain nombre de souverainistes dire "C'est la dissuasion qu'on va brader, on va européaniser". Ce que dit Bruno Rillo, le président de votre parti, il dit il dit dans le JDD la dissuasion nucléaire française ne se partage pas une communication de plus ou une transgression de trop. Il faut distinguer, je sais, mais il faut distinguer la titraille de l'article et euh le fond de l'article.

L'article est très différent. On rappelle quelques lignes rouges. Ces lignes rouges, c'est que la décision, elle doit être nationale.

L'opération en elle-même, toute la ligne de conduite doit être nationale. En revanche, personne ne peut contester qu'il y ait dans la définition de nos intérêts vitaux une dimension européenne. Le général de Gaulle l'avait dit dès 64 en évoquant l'Allemagne et le Bénéluc.

Ça a été réaffirmé par la totalité de euh des successeurs du président de la République. Vous savez aujourd'hui, je ne suis plus au gouvernement. De ce point de vue là, je suis un homme totalement libre.

Si on renforce l'épaulement de la dissuasion française par une meilleure coopération entre nos alliés, si on prévoit des frappes dans la profondeur coordonné hors nucléaire, tout cela a du sens. La seule chose qui doit être impérativement préservée, c'est le l'ambiguité stratégique qui est qu'on ne précise pas trop quelle est la dimension européenne de nos intérêts vitaux. Le parapluie nucléaire français ne doit pas être au fond au fond étendu sur les 27 sur l'Europe.

C'est ça l'ambiguité. L'ambiguité c'est ne pas dire jusqu'où on l'étend. C'est ça l'ambiguité. c'est que si vous dites "Demain, on étend euh les armes nucléaires françaises à l'ensemble de l'Europe, personne ne croira vraiment qu'on risquera Paris pour protéger Narva." Et dans ces conditions, c'est toute l'architecture qui est affaiblie.

Donc, c'est quoi ? Une menace fantôme, hein ? Non, c'est pas une menace fantôme, c'est mettre l'adversaire devant un dilemme.

Parce que si je parle de Narva, c'est à dessin, c'est que personne ne croira qu'on sera engagé sur Narva. Si demain c'est Varsovie, la question peut se poser et il faut surtout que l'adversaire ne le sache pas. Vous attendez de quoi du président Emmanuel Macron aujourd'hui quand qu'il s'affranchisse de l'OTAN.

Ah le temp quelle est votre position là-dessus vous ? Ma position est claire. Le temps est la seule alliance militaire en Europe qui peut fonctionner.

L'enjeu pour nous, c'est d'européaniser le temps en remplaçant les hommes et les technologies où nous dépendons des Américains. Là, je raisonne sur le conventionnel, le nucléaire, il restera français. Se débarrasser des Américains ou pas ?

La question est posée toujours hein. Tant que les Américains sont là, il faut essayer de les garder dans le jeu. Ça n'est pas à nous à nous débarrasser des Américains.

La question c'est le glissement vers l'Asie. l'Asie qui est considéré comme l'axe du monde va-t-il aboutir un désengagement américain ? Ce que nous européens devons faire, c'est être capable de dire si les Américains s'en vont, nous serons capables de faire face.

C'est ce que disait le chancelier Mertz à un moment quand il disait "Nous savons que nous pouvons être seuls". Et bien, nous devons savoir que nous pouvons être seuls et donc être capable d'utiliser les structures de l'OTAN pour faire face seul à des menaces, notamment la menace russe, mais pas seulement. Jean-Louis Tiot, l'ultime question.

Nous all voir ce que va nous dire le chef de l'État depuis Brest. Vous diriez qu'il se rêve un petit peu en en chef des armées européenne nouvellement constitué. Il y a pas d'armée européenne.

Il y a des nations européennes euh qui se défendent ensemble. La défense, elle est du ressort des États. Que la France joue un rôle important, voire de leader égar du fait que nous sommes la seule puissance continentale dotée et souveraine, ce serait assez naturel.

Mais je crois que ce discours sera calibré à la virgule près et qu'il faut le lire avant de le commenter et avant de le critiquer. Merci à vous Jean-Louis Thriot. Merci.

Merci Jean-François Kelli et Jean-Louis Thiriot. Ben nous allons continuer aussi avec Françoise Degouis dans un instant. Philippe David, on va s'interroger sur notamment deux deux questions.

Est-ce que vous comprenez sur la guerre en Iran la position de la France ? Je sais pas ce que vous en pensez vous. 0826 300 300 et puis est-ce que vous craignez aussi une escalade ?

Alors elle est en cours évidemment parce que il y a de nouveau l'offensive américaine et israélienne et il y a des répliques iraniennes jusqu'où ? Jusqu'à quel moment ? J'aimerais vous entendre de même que il y a évidemment la diaspora iranienne en France qui bah qui souhaite bien sûr que le peuple puisse prendre le dessus bien sûr en Iran.

Mais c'est extrêmement compliqué car ce que l'on nous disait tout à l'heure avec une iranienne qui est qui est en France, c'est que on demande à la population pour l'instant de ne pas sortir en fait dans les rues parce qu'il y a une répression terrible. Bien sûr 0826 300, vous avez la parole dans un instant. M.